Numéro 47 - 28 décembre 2019

D'importants sujets de préoccupation pour les Canadiens

Qui l'économie doit servir

Un examen de la conception du financement des programmes sociaux et des services et infrastructures publics de l'élite dirigeante

- K.C. Adams -

Note aux lecteurs



D'importants sujets de préoccupation pour les Canadiens

Qui l'économie doit servir

Partout au pays, les travailleurs, les jeunes, les étudiants et les collectifs qui représentent des besoins de toutes sortes luttent contre l'offensive antisociale néolibérale et ses répercussions sur la société. L'effondrement des programmes sociaux entraîne une détérioration sans fin des services publics ainsi que des salaires et des conditions de travail. La question de savoir qui l'économie doit servir n'est pas du tout discutée. Les médias et les partis qui forment le système de partis cartels dans toutes les provinces lancent une grande diversion à savoir s'il faut augmenter les impôts pour payer les services sociaux ou s'il est préférable de réduire les impôts et les dépenses pour les programmes sociaux. Les deux parties au débat invoquent des idéaux élevés pour éviter de traiter du rôle des systèmes de santé et d'éducation, des services publics et des programmes sociaux dans l'économie socialisée.

Ce qui est obscurci, c'est que ceux qui travaillent dans les domaines de la santé et des services sociaux, de l'éducation et les autres programmes sociaux ajoutent tous de la valeur à l'économie. Leur travail, qui améliore la capacité de production de la classe ouvrière, est à l'origine de la valeur réalisée par ce secteur de l'économie qui contribue directement à d'autres secteurs. Le besoin de remettre cette valeur dans l'économie en tant qu'investissement pour répondre à tout ce qui est nécessaire pour maintenir un système de santé moderne et universel, un système d'éducation moderne et universel et des services publics au plus haut niveau n'est jamais discuté. De plus, les entreprises qui bénéficient directement des soins de santé que leurs travailleurs reçoivent sous forme d'une plus grande productivité ne paient pas pour l'avantage que cela leur donne, ce qui signifie que la valeur créée par ce travail en santé n'est pas réalisée. La chose est plutôt présentée comme une affaire individuelle, que c'est à chacun de payer pour des soins offerts par le privé ou de recevoir des soins financés par l'État, mais que chacun doit payer par les impôts.

Non seulement ce « débat » alimente-t-il l'idée que les services de santé, d'éducation et de protection sociale sont un « coût et un fardeau » pour l'« économie réelle », mais il sert également à masquer le fait que le secteur privé reconnaît effectivement cette création de richesse dans le secteur public et les programmes sociaux. C'est pourquoi les oligopoles liés aux services de santé, aux produits pharmaceutiques, aux soins aux personnes âgées et aux domaines connexes prennent le relais des services publics : ils reconnaissent la richesse créée dans ces domaines et ils veulent la réaliser pour eux-mêmes. Cette privatisation des services publics réduit considérablement la quantité de services offerts à la population et oblige les gens à les payer au moyen d'impôts ou de revenus directs. Il est également bien connu que les médias, les gouvernements et les partis cartels ne s'engagent pas dans des débats qui opposent l'augmentation des impôts à « l'équilibre fiscal » et l'élimination des déficits lorsqu'il s'agit de financer la guerre et la production de guerre, ou de secourir les riches et leurs intérêts quand ils sont en détresse.

Il est important que la valeur produite par les travailleurs de la santé, des services sociaux, de l'éducation et de tous les programmes sociaux soit reconnue. Il n'est pas possible d'organiser un quelconque aspect de la société sans la contribution du secteur public et des programmes sociaux. Dans une société moderne, aucun aspect de l'économie et de la vie ne peut fonctionner sans la disponibilité de personnes en santé et instruites et sans les programmes sociaux qui contribuent au bien-être de la société dans son ensemble, notamment l'aide sociale, les pensions de vieillesse, les services pour les travailleurs accidentés, les programmes pour les femmes et les enfants, les accidentés et les chômeurs, etc.

Dans une société moderne, les soins de santé, l'assistance sociale et l'éducation des travailleurs sont une réclamation vitale à la richesse créée par l'ensemble du peuple dans l'économie. Dire que ces programmes sociaux dépendent de l'équilibre fiscal, comme le font les médias, les gouvernements et les partis qui forment le système des partis cartels, c'est obscurcir la source de la richesse disponible afin de servir d'autres intérêts. C'est obscurcir notamment la source de la richesse du Trésor public qui sert à financer des stratagèmes pour payer les riches. Le peuple est en droit de faire une réclamation à l'ensemble de l'économie pour servir les intérêts généraux de la société et répondre aux besoins de tous en matière de services publics modernes. Voilà la voie vers l'avant pour laquelle les travailleurs se battent. Leurs réclamations à la société ouvrent la voie à la résolution de la crise des services de santé, des services sociaux et des autres programmes sociaux.

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Un examen de la conception du financement des programmes sociaux et des services et infrastructures publics de l'élite dirigeante

Trois récents articles du New York Times discutent des théories impérialistes sur le financement des programmes sociaux. Ces théories partent largement de l'idée que les programmes sociaux sont le produit d'un travail improductif ; ils sont donc consommateurs de valeur et ne produisent pas de valeur nouvelle pouvant être échangée contre une valeur équivalente dans d'autres secteurs de l'économie. La consommation de valeur dans le travail improductif tel que l'activité militaire devient un coût pour l'économie, un fardeau qui doit être porté par d'autres secteurs de l'économie. La classe ouvrière doit contester l'hypothèse que les programmes sociaux sont improductifs au même titre que les secteurs clairement improductifs dont l'existence consomme de la valeur produite ailleurs dans l'économie.

Pour les impérialistes, les programmes sociaux doivent remplir une ou plusieurs de ces fonctions :

- augmenter la productivité et la valeur de la capacité de travail de la classe ouvrière et assurer sa reproduction et sa disponibilité ;

- permettre à l'oligarchie financière d'utiliser et de profiter des avantages et de la productivité de l'économie socialisée moderne et de la classe ouvrière, mais sans payer directement la valeur produite socialement dans les programmes sociaux et les services et les infrastructures publics ;

- être organisés et conçus de manière à permettre à des entreprises particulières de l'oligarchie financière d'éviter de payer directement pour l'augmentation de la valeur sociale et la capacité de travail de la classe ouvrière qu'elles consomment ;

- offrir à l'oligarchie financière des possibilités d'exproprier la valeur ajoutée des programmes sociaux et des services et infrastructures publics plutôt que de la retenir dans le domaine public et dans les entreprises publiques pour renforcer le secteur public par des investissements accrus ;

- servir de moyen de prévenir dans certaines conditions un soulèvement révolutionnaire des travailleurs organisés et socialement conscients.

La vision ou la conception du monde de l'élite dirigeante sur le financement des programmes sociaux est en contradiction avec le caractère socialisé de l'économie. Sa conception du monde découle de son être social qui est enraciné dans la propriété privée et le contrôle des forces productives socialisées et de sa position de classe privilégiée qui lui permettent d'exproprier comme profit la valeur ajoutée que la classe ouvrière produit collectivement.

Voici une série d'extraits du premier des trois articles du New York Times accompagnés de commentaires de l'auteur du présent article. Les deuxième et troisième articles sont examinés dans les deuxième et troisième parties.[1]

Première partie

Premier article : « À propos du financement d'une politique progressiste : la fiscalité des propositions de politiques », Paul Krugman, New York Times, 19 février 2019[2]

New York Times : Celui ou celle qui remporte l'investiture démocrate fera campagne en partie avec une plate-forme qui propose une augmentation des dépenses gouvernementales. [...] On exigera du candidat ou de la candidate qu'il ou elle explique comment tout cela sera payé [...] et il ou elle devra répondre à de vraies questions sur l'aspect fiscal d'un programme progressiste.

[...] La dernière proposition d'Elizabeth Warren sur les garderies [...] m'a fait penser que nous pourrions utiliser une typologie (classification) approximative des propositions de dépenses, classées selon la façon dont elles pourraient être payées.

[Première classification de la manière dont les propositions de dépenses sociales pourraient être payées]

Investissement — Typiquement, il s'agit de dépenses pour les infrastructures ou pour la recherche, mais il peut y avoir une marge de manoeuvre permettant d'inclure dans la même catégorie les dépenses dans des domaines comme le développement de l'enfance. La caractéristique déterminante ici est que ce sont des dépenses qui amélioreront la productivité future de la société. [Une bonne partie de ce qui semble être dans le New Deal vert entre dans cette catégorie.] Comment devrions-nous payer pour ce type de dépenses ? La réponse est : nous ne devrions pas.

Commentaire : L'investissement public dans les infrastructures et la recherche accroît la productivité sur le lieu de travail et dans l'économie en général. Cette valeur sociale n'est généralement pas échangée contre de l'argent lorsque l'entreprise privée consomme directement ou bénéficie autrement de l'investissement. L'article du New York Times admet que certains programmes sociaux augmentent la valeur du temps de travail ou la capacité de travail de la classe ouvrière. Au lieu d'avancer la thèse que l'investissement et la production de la valeur sociale devraient être considérés et traités comme n'importe quelle marchandise et échangés sur le marché contre une valeur équivalente lorsqu'ils sont achetés ou autrement consommés, l'auteur propose de dégager les entreprises de l'obligation de payer directement par l'échange d'équivalents pour la valeur produite socialement qu'elles consomment. Krugman déclare carrément : nous ne devrions pas payer.

Mais cela soulève la question de savoir pourquoi ces marchandises produites socialement devraient être traitées différemment des autres marchandises que les entreprises consomment dans leurs opérations. Pourquoi les entreprises privées et les riches oligarques qui les possèdent devraient-ils être autorisés à consommer de la valeur produite publiquement sans payer ? Krugman se moque de la question en disant que « nous », le public, ne devrions pas payer en premier lieu. Le « nous » fait fi de la division de l'économie socialisée et de la société en deux principales classes sociales : la classe de ceux qui vendent leur capacité de travail pour gagner leur vie (la classe ouvrière) et la classe de ceux qui achètent la capacité de travail de la classe ouvrière pour faire fonctionner leurs entreprises dominées par l'oligarchie financière.

Nous ne devrions pas payer, propose Krugman, mais plutôt emprunter de l'argent au Trésor fédéral, puis l'oublier, comme si payer le service de la dette publique aux investisseurs privés n'avait aucune importance ou que la dette disparaissait simplement dans un trou noir économique sans aucune conséquence pour l'économie.

NYT : [...] Si vous pouvez collecter des fonds à moindre coût et les appliquer à des projets à haut rendement, vous ne devriez pas hésiter à emprunter. Et les coûts d'emprunts fédéraux sont très faibles - moins de 1 %, ajusté à l'inflation - alors que nous avons désespérément besoin d'investissements publics, c'est-à-dire qu'ils ont un rendement social élevé. Nous devons donc simplement le faire, sans chercher des moyens de les faire payer [frais d'usagers].

Commentaire : Le grain de vérité dans ce que Krugman propose ne se concrétise que si, premièrement, les fonds empruntés proviennent de sources gouvernementales (publiques) plutôt que de prêteurs privés, et si, deuxièmement, les fonds empruntés sont investis dans des entreprises publiques et privées qui consacrent une partie de leurs bénéfices au service de la dette publique et permettent de nouveaux emprunts publics et de nouveaux investissements.

La valeur des investissements publics « désespérément nécessaires » et leur « rendement social élevé » vont dans l'économie socialisée où les entreprises les consomment sans payer. Si elles les payaient comme il se doit, l'argent serait restitué à l'investisseur public pour rembourser l'investissement et la dette originale. Sinon, c'est le trésor public qui assume la dette et l'oligarchie financière continue allègrement d'utiliser son privilège de classe, d'exploiter la classe ouvrière et de vivre un style de vie ridiculement extravagant, tandis que les vrais problèmes sociaux sont laissés sans solution, en mal d'investissements publics.

Le commentaire « sans chercher des moyens de les faire payer (frais d'usagers) » laisse entendre que les individus devraient être libérés de l'obligation de payer la valeur produite socialement alors qu'en réalité les bénéficiaires ou les consommateurs réels sont des entreprises qui ont besoin de la valeur pour leurs opérations et devraient payer directement un équivalent en échange de la valeur consommée [réaliser sa valeur].

NYT : [Deuxième classification de la façon de payer pour les dépenses sociales proposées, selon Krugman.] Amélioration des bénéfices — L'amélioration des bénéfices, la deuxième catégorie, est un peu plus difficile à définir. Ce sont des initiatives qui élargissent un programme public existant ou utilisent des subventions pour créer des incitations à l'expansion d'une sorte d'activité privée socialement souhaitable.

Commentaire : Cette classification semble englober principalement les stratagèmes pour payer les riches sous une forme ou une autre. Le transfert, de diverses manières, de fonds publics à l'oligarchie financière dans tous les secteurs, qu'ils soient en situation de crise ou non, est maintenant devenu une pratique courante de tous les gouvernements.

Des fonds publics sont utilisés pour garantir l'expropriation directe des profits des programmes sociaux tels que l'assurance-maladie et l'éducation. Aux États-Unis, la plupart des hôpitaux sont des entreprises privées tandis qu'au Canada (et aux États-Unis également) des entreprises privées possèdent et contrôlent la construction et l'approvisionnement des hôpitaux, le secteur pharmaceutique et presque toutes les cliniques médicales locales. Cela fait en sorte qu'une énorme partie de la valeur sociale ajoutée produite dans le secteur de la santé et une partie considérable de celle produite dans le secteur de l'éducation sont directement expropriées pour aller remplir les coffres d'entreprises privées. La majeure partie de la valeur ajoutée expropriée est retirée de ces secteurs, sans compter qu'on ne sait pas si la marchandise produite, qui est l'augmentation de la valeur sociale de la capacité de travail, est réalisée ou non.

Le paiement de la valeur sociale d'une main-d'oeuvre en santé, fiable et instruite, qui augmente la valeur sociale de la capacité de travail, est devenu un fouillis d'impôts et de taxes de toutes sortes, de frais d'usagers, de régimes d'assurance de sociétés publiques ou privées et autres mesures et combines.

Plusieurs aspects importants sont évités et perdus de vue dans ce débat du New York Times : la santé et l'éducation pour tous sont un droit et l'État est tenu de garantir ce droit ; les entreprises sont responsables de réaliser [payer pour] la valeur sociale des services de santé et de l'éducation qu'elles consomment et qui se retrouve dans la capacité de travail des travailleurs qu'elles emploient.

Aujourd'hui, la santé et l'éducation sont des droits qui existent dans la relation entre l'individu et l'économie socialisée et la société moderne. L'économie socialisée a tout ce qu'il faut pour satisfaire ces droits de la naissance à la mort, mais pour ce faire, sa forme, qui comprend la propriété et le contrôle, doit correspondre à son caractère socialisé.

La réalisation en pratique de la valeur sociale des programmes sociaux, des services publics et des infrastructures publiques nécessite une confrontation directe avec l'oligarchie financière, elle nécessite la restriction de sa richesse sociale et de son pouvoir politique qui peut se faire par un renouveau démocratique et l'établissement d'arrangements modernes et des rapports humains modernes. Ce conflit ou cette lutte de classe est la pièce maîtresse d'un projet d'édification nationale que la classe ouvrière doit entreprendre et faire naître par ses propres efforts, avec son organisation, ses institutions et sa conscience sociale.

NYT : La Loi sur les soins abordables tombe dans cette catégorie [amélioration des bénéfices]. Elle a étendu la couverture de Medicaid tout en utilisant une combinaison de réglementations et de subventions pour rendre l'assurance privée plus accessible aux familles vivant en-dessous du nouveau seuil de Medicaid. La proposition de garderies d'Elizabeth Warren entre également dans cette catégorie, tout comme la proposition d'une « assurance-maladie pour tous » qui permettrait aux gens de contribuer à une assurance gouvernementale plutôt que de recevoir cette assurance gratuitement.

Vous voulez une sorte de paiement à l'usage (frais d'usagers ou taxe). C'est ainsi qu'Obamacare a été financé : les revenus provenaient presque entièrement des impôts sur les revenus élevés. [...] Warren propose un impôt supplémentaire pour les riches. Son impôt sur les fortunes de plus de 50 millions de dollars rapporterait environ quatre fois le coût de sa proposition de garderies. L'amélioration des bénéfices peut être payée avec des impôts sur les revenus élevés et les fortunes importantes. Il n'est pas nécessaire d'en imposer à la classe moyenne.

Commentaire : Cela perpétue une situation où les programmes sociaux en général sont considérés et traités comme des coûts pour l'économie qui n'ajoutent pas de valeur et nécessitent une fiscalité impérialiste. Les impôts et taxes payés par les riches peuvent tout aussi facilement être éliminés que majorés, comme cela s'est souvent produit par le passé quand il y a un changement de gouvernement. Les impôts et taxes payés par les travailleurs sont devenus constants et omniprésents, et s'y ajoute maintenant la fraude de la taxe sur le carbone, une forme de taxe de vente. D'autre part, la distribution des recettes publiques n'est pas du ressort du peuple. Comme les impôts, les programmes sociaux peuvent être mis en place ou supprimés selon ce que l'oligarchie financière ordonne à ses gouvernements de faire. L'offensive antisociale des dernières décennies est une leçon amère à cet égard.

Les conditions commandent que les programmes sociaux servent à résoudre les problèmes de la société, mais le peuple n'a pas le pouvoir et l'autorité d'y répondre. La forme établie de gouvernement, qui est dépassée, prive le peuple de tout pouvoir de décision et un renouveau démocratique est nécessaire pour constituer une nouvelle forme de gouvernance qui corresponde aux conditions d'aujourd'hui. Nous assistons à un affrontement historique entre les conditions et l'autorité, entre le contenu souhaité et la forme établie. Le peuple s'insurge contre l'offensive antisociale et aspire à résoudre les problèmes économiques, politiques et sociaux du pays, mais il est placé devant la réalité qu'il n'a pas l'autorité et la forme qui lui permettent de satisfaire ses revendications et construire le Nouveau. Cela met en évidence ce dont parle le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) : la nécessité d'énoncer dans tous les domaines d'activité les réclamations que tous sont en droit de faire à la société et d'instituer des arrangements basés sur l'exercice d'un contrôle par le peuple sur les décisions prises qui créent une autorité du peuple.

La proposition de Krugman, « une sorte de paiement à l'usage » (frais d'usager ou taxe) », détourne l'attention du fait que la valeur sociale qui est incorporée aux travailleurs par les programmes sociaux comme les soins de santé, l'éducation et les pensions doit faire partie de la valeur réalisée de la capacité de travail. Les autres secteurs et entreprises de l'économie socialisée doivent payer pour cette valeur sociale reproduite tout comme ils paient pour la valeur des immobilisations ou du matériel qu'ils utilisent et consomment dans leurs opérations.

La réalisation de la valeur des programmes sociaux doit devenir un élément intrinsèque du système actuel de production pour l'échange de produits sur un marché. Tant que le système économique ne produit pas principalement et directement pour l'usage et continue d'avoir un marché du travail où la capacité de travail de la classe ouvrière est achetée et vendue comme marchandise, la valeur sociale reproduite doit être réalisée comme partie du prix (valeur d'échange) de la capacité de travail.

NYT : [« Une révision majeure du système » est la troisième classification proposée par Krugman pour les propositions de financement des dépenses sociales] Révision majeure du système - L'archétype serait de remplacer l'assurance-maladie privée payée par l'employeur par un programme d'assurance publique financé par l'impôt - le modèle puriste d'assurance-maladie pour tous. Une expansion vraiment importante de l'aide sociale pourrait également entrer dans cette catégorie, mais pas les petites améliorations.

L'assurance-maladie privée représente actuellement 6 % du PIB. Pour mettre en oeuvre ces propositions [l'assurance-maladie pour tous financée par l'impôt et les autres politiques du New Deal vert], nous aurions besoin de beaucoup plus de revenus, lesquels devraient provenir de l'impôt sur la masse salariale et/ou d'une taxe sur la valeur ajoutée qui frapperait la classe moyenne.

Commentaire : Ce mélodrame n'a pas sa place ici. Le « modèle puriste de l'assurance-maladie pour tous » ayant « besoin de beaucoup plus de revenus » montre à quel point les programmes sociaux, les services publics et les infrastructures publiques sont importants dans une économie moderne. L'importance de leur rôle et de leur réalité est délibérément enveloppée dans un mélodrame pour permettre à l'oligarchie financière et aux entreprises particulières qu'elle possède d'éviter de payer directement pour la valeur sociale produite par les travailleurs, que toutes les entreprises consomment. « Le modèle puriste de l'assurance-maladie pour tous » et « une expansion vraiment importante de l'aide sociale » se résument à la fraude d'un « programme public financé par l'impôt [comme] l'impôt sur la masse salariale et/ou une taxe sur la valeur ajoutée qui frapperait la classe moyenne ».

« Remplacer l'assurance-maladie privée payée par l'employeur par un programme public financé par l'impôt » est ce que l'oligarchie financière a fait au Canada. Dans le dernier quart du XXe siècle, cela avait attiré les monopoles américains de l'automobile qui voulaient éviter « l'assurance-maladie payée par l'employeur ». Pour en profiter, et pour profiter du régime d'assurance-chômage du Canada qui a permis aux monopoles automobiles de licencier leurs travailleurs, mais en même temps de les maintenir en disponibilité avec les prestations publiques pendant la mise à pied, l'oligarchie financière a créé le Pacte de l'automobile entre les États-Unis et le Canada et a augmenté la production de véhicules au Canada. Depuis lors, l'offensive antisociale aux États-Unis a fait en sorte de transférer une grande partie du fardeau de l'assurance-maladie payée par l'employeur à l'employé, de sorte que l'avantage d'un « programme public financé par l'impôt » est moins attrayant pour l'oligarchie financière.

Les travailleurs de l'éducation, de la santé et des services sociaux en général ajoutent de la valeur à la capacité de travail des travailleurs, à la fois à la valeur spécifique de leur capacité spécifique de travailler et à leur reproduction et à leur condition d'existence à un certain niveau tout au long de leur vie. La valeur existe dans la capacité de travail et sa valeur d'échange, ce qui équivaut à la valeur moyenne qui a servi à la produire et à la reproduire. Lorsque la valeur d'échange de la capacité de travail des travailleurs est échangée et réalisée (vendue et achetée), une partie du revenu devrait retourner directement aux secteurs sociaux et aux entreprises qui ont produit la valeur sociale initiale de la capacité de travail. Ce n'est pas un impôt, c'est un échange d'argent contre une partie de la valeur d'une marchandise, en l'occurrence une marchandise humaine, sa capacité de travail, comme l'achat d'électricité, de minerai de fer ou de toute autre matière nécessaire au fonctionnement d'une entreprise. L'argent de l'échange réalisé ne devrait pas être intégré aux recettes publiques générales, il doit aller directement dans les secteurs et les entreprises qui produisent la valeur selon les calculs et l'évaluation faits par les travailleurs employés dans ces entreprises et ces secteurs.

La capacité de travail lorsqu'utilisée pendant le temps de travail (sa valeur d'usage) reproduit un équivalent de sa valeur d'échange appelée valeur reproduite et produit en surcroît une quantité appelée valeur ajoutée. La valeur d'usage de la capacité de travail de la marchandise humaine, la nouvelle valeur qu'elle produit, est supérieure à sa valeur d'échange, la valeur qui a servi à produire la capacité de travail.

Une partie de la valeur reproduite va au travailleur individuel en tant que valeur reproduite individuelle (salaires et avantages sociaux) et une partie va (ou devrait aller) aux entreprises sociales en tant que valeur sociale reproduite.

Ceux qui possèdent et contrôlent les forces productives exproprient la valeur ajoutée en tant que profit et se la répartissent entre eux.

Ensemble, la valeur reproduite et la valeur ajoutée constituent la valeur nouvelle produite par les travailleurs, sa valeur d'usage, qui est supérieure à sa valeur d'échange, le montant payé par l'employeur pour la capacité de travail de ses employés.

La nécessité des programmes sociaux des services publics et des infrastructures publiques découle objectivement de la complexité des forces productives modernes et des grands progrès de la productivité et du commerce nécessitant une classe ouvrière instruite, en santé et fiable et une vaste gamme de services, des machines, des matériaux, un financement et des moyens de transport. Les services publics, les infrastructures publiques et le financement public (y compris les stratagèmes pour payer les riches pour les entreprises les plus puissantes) reflètent la nature interconnectée et coopérative de l'économie socialisée. Sans eux et sans le facteur humain, les entreprises individuelles ne pourraient pas fonctionner ni même exister.

Du point de vue des travailleurs, les programmes sociaux sont nécessaires pour garantir leur existence en tant que travailleurs tout au long de leur vie à un niveau de vie déterminé par leur lutte de classe et le développement des forces productives. Cette nécessité découle de l'être social des travailleurs en tant que force productive humaine essentielle dans l'économie socialisée de la grande production industrielle qui doit vendre sa capacité de travail pour survivre et assurer sa reproduction et la continuité de la société. Les programmes sociaux sont l'expression matérielle au sein de l'économie socialisée du fait que les droits pour tous et un certain niveau de vie tout au long de la vie ne peuvent être garantis socialement, collectivement et coopérativement que par des rapports humains modernes.

L'économie socialisée repose maintenant sur la grande production industrielle, l'extraction et le transport des ressources, les programmes sociaux, les services publics, les infrastructures publiques et le financement. L'ensemble nécessite une coopération entre tous ces secteurs et toutes ces parties pour l'avantage réciproque, le développement et la reproduction élargie afin de garantir le bien-être et les droits de tous, l'humanisation du lieu de travail et de l'environnement social et naturel, et l'avancement de la société. La classe ouvrière a la responsabilité sociale d'activer le facteur humain/conscience sociale pour faire naître de nouvelles formes économiques, politiques et sociales et de nouveaux rapports économiques, politiques et sociaux qui correspondent au caractère socialisé de l'économie et de la société modernes, et établir une autorité créée par elle.

Deuxième partie

S'il était reconnu et accepté, comme il se doit, que la plupart des programmes sociaux et des services publics sont producteurs de valeur, la valeur produite pourrait, voire devrait, être échangée contre une valeur équivalente produite par d'autres secteurs et entreprises de l'économie.

La consommation de valeur par des programmes improductifs comme l'armée, la police et les agences d'espionnage est un coût pour l'économie, un fardeau qui doit être porté par d'autres secteurs et entreprises. La classe ouvrière doit remettre en question l'hypothèse que les programmes sociaux et les services publics sont généralement improductifs, comme les secteurs clairement improductifs tels que l'armée dont l'existence et l'utilisation consomment de la valeur produite ailleurs dans l'économie.

La conception de l'élite dirigeante du financement des programmes sociaux et des services et infrastructures publics est en contradiction avec le caractère socialisé de l'économie moderne. Elle découle de son être social qui est enraciné dans la propriété et le contrôle privés des forces productives socialisées et de sa position de classe privilégiée qui lui permettent d'exproprier à titre de profit privé la valeur ajoutée que la classe ouvrière produit collectivement au sein de l'économie socialisée. Le fait de classer la plupart des programmes sociaux et des services publics comme secteurs improductifs permet aux entreprises que contrôle l'élite dirigeante d'utiliser et de consommer une valeur produite socialement sans payer, comme cela devrait être la norme dans une économie ancrée dans la production pour l'échange et non pour usage direct.

Les extraits suivants sont tirés d'un deuxième article du New York Times et sont accompagnés de commentaires de l'auteur du présent article.


Vos petits-enfants sont déjà endettés : il est irresponsable de prétendre que l'Amérique peut ajouter d'étincelants nouveaux programmes sociaux sans trouver de moyen de les payer
- Steven Rattner, New York Times, 11 février 2019.[3]

NYT : Il est irresponsable de prétendre que l'Amérique peut ajouter de splendides nouveaux programmes sociaux sans trouver de moyen de les payer.

L'assurance-maladie pour tous. Le New Deal vert. L'abolition des frais de scolarité.

Avec chaque nouveau participant à la loterie présidentielle du Parti démocrate arrive une nouvelle cascade de programmes sociaux ambitieux pour attirer et enthousiasmer les partisans potentiels.

Commentaire : Les énoncés de politique tels que ceux contenus dans le New Deal vert sont monnaie courante dans les élections impérialistes, car ils servent à « attirer et enthousiasmer » des électeurs. Les énoncés de politique ne sont pas conçus pour être des solutions globales qui prennent en compte l'économie socialisée dans son ensemble et remettent en question le privilège de classe enraciné et le contrôle de la richesse sociale et de l'économie par des intérêts privés. Le gouvernement ne contrôle pas l'économie. L'économie est contrôlée par des intérêts privés concurrents de l'oligarchie financière et tout énoncé de politique qui nuit en pratique à leurs intérêts privés sera farouchement combattu.

Les intérêts privés disparates qui contrôlent différentes parties de l'économie rivalisent pour ce qui sert le mieux leurs intérêts rivaux distincts et ne s'intéressent pas, ou ne pensent même pas, à ce qui est le mieux pour l'ensemble ou au rapport qui devrait exister entre leurs intérêts privés particuliers et les autres intérêts privés pour servir l'ensemble.

D'autre part, ces énoncés de politique se contredisent tous dès qu'il s'agit de déterminer la façon de les financer. Le financement des programmes sociaux exige une vue globale de comment l'énoncé de politique s'inscrit dans l'ensemble, et l'ensemble n'est pas sous le contrôle du gouvernement, mais sous le contrôle d'intérêts privés concurrents qui se battent bec et ongles pour ce qui convient le mieux à leurs intérêts privés particuliers. Leur richesse sociale, leurs multiples connexions et leur contrôle des médias de masse et des institutions étatiques bloquent le développement de l'opinion publique en faveur de la résolution concrète des problèmes auxquels l'économie et la société sont confrontées, laquelle impliquerait la restriction du droit de monopole des détenteurs des intérêts privés. Une réforme solide qui favorise le peuple ne peut naître que d'une mobilisation politique massive des travailleurs.

Dans les conditions actuelles, des intérêts privés adoptent de soi-disant réformes qui, d'une façon ou d'une autre, favorisent leurs intérêts privés, notamment les stratagèmes pour payer les riches qui canalisent les fonds publics vers leurs entreprises, leur donnent des contrats d'État à bénéfices garantis et leur permettent de prêter leur richesse sociale accumulée à l'État en échange de paiements d'intérêt.

Le droit de monopole des propriétaires de certaines parties de l'économie socialisée est sanctionné par la loi, en opposition aux droits que possèdent tous les membres de la société du seul fait qu'ils sont humains. Par exemple, tant l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) actuel que son remplacement, l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, interdisent aux entreprises d'État de faire concurrence aux entreprises privées ou de nuire de quelque façon que ce soit aux intérêts privés et à leur propriété de certaines parties de l'économie, aussi nobles et souhaités que soient les réformes et les objectifs des entreprises publiques et quels que soient les problèmes qu'elles sont censées résoudre.

Les énoncés de politique sont généralement conçus pour propulser les partis politiques cartellisés et leurs candidats à des postes gouvernementaux. Ils deviennent les phrases-chocs des campagnes électorales. Les énoncés de politique ne peuvent pas revêtir un caractère global comme Rattner propose de le faire quand il explique en détail comment la réforme fonctionnerait en pratique et comment elle affecterait l'économie globalement. Si les partisans des énoncés de politique présentaient une vision globale de la garantie et de la livraison des services de santé pour tous, ils heurteraient nécessairement divers intérêts privés tels que les hôpitaux privés, les fournisseurs privés d'appareils médicaux, les compagnies d'assurance privées et les entreprises pharmaceutiques privées. Ils auraient aussi à démontrer comment les autres secteurs et entreprises de l'économie doivent réaliser la valeur que produisent les travailleurs de la santé.

Pour une réforme de la prestation et de la production des soins de santé et des produits associés qui soit en faveur du peuple, il faut reconnaître le rapport entre ce secteur et le reste de l'économie. Il s'agirait de revoir en détail comment les autres secteurs de l'économie bénéficient de la valeur que représentent les travailleurs en bonne santé. On verrait comment la plupart des programmes sociaux et des services et infrastructures publics augmentent et ajoutent de la valeur à l'économie et qu'il est nécessaire que les autres secteurs et entreprises paient pour cette valeur lorsqu'ils l'utilisent et la consomment.

Les politiciens du système impérialiste sont impuissants à proposer et à appliquer des énoncés de politique qui favorisent le peuple parce que le gouvernement ne contrôle pas l'économie et la machine d'État au sens large. Des intérêts privés concurrents et leurs entreprises contrôlent l'économie impérialiste. Les énoncés de politique et les réformes qu'ils préconisent se heurtent au mur des intérêts privés et du droit de monopole. Leurs réformes doivent ménager ces intérêts privés et le droit de monopole et éviter de les affecter négativement, quand elles ne sont pas carrément à leur avantage. Les énoncés de politique ne peuvent pas aller en profondeur dans les problèmes qu'ils proposent de résoudre parce que cela signifierait affronter de puissants intérêts privés et leur droit de monopole de faire tout ce qui favorise leurs intérêts privés et leur privilège de classe. Souvent, ces intérêts privés et ce droit de monopole exploitent à leur profit les problèmes sociaux et économiques qu'ils proposent de résoudre, sans compter qu'ils en sont souvent la cause.

NYT : La liste des « paiements à l'usage », pour utiliser un peu de jargon de Washington, s'allonge plus lentement. Ils vont payer pour ça comment encore ? Taxer les riches, taxer les riches - ou se réfugier derrière un dogme progressiste pratique : ne vous inquiétez pas pour l'impact fiscal parce que les déficits budgétaires et les niveaux d'endettement de l'Amérique n'ont pas beaucoup d'importance.

Cette dérive de la pensée est effrayante et cela devrait sonner l'alarme pour tout Américain. Une augmentation considérable de la dette compromettra tôt ou tard la capacité de Washington à maintenir sa gamme actuelle de programmes de dépenses, sans parler d'en ajouter de nouveaux, et menacera notre niveau de vie.

[...]

Sur la trajectoire actuelle et avec la vitesse actuelle, les États-Unis sont en passe de connaître les déficits les plus élevés de leur histoire, qui pourraient atteindre plus de 2 billions de dollars par an d'ici 2029. Ces écarts annuels devraient porter la dette totale de l'Amérique à près de 33 billions de dollars d'ici là, selon le Comité pour un budget responsable. C'est le double du niveau actuel et plus que l'équivalent de la taille de notre économie, un record en temps de paix.

[...]

L'Amérique se complaît à satisfaire simultanément deux désirs qui font croître les déficits : des impôts plus bas et des programmes gouvernementaux solides. Tôt ou tard, l'intérêt sur la dette obligera les gouvernements des générations futures à inverser ces politiques fiscalement imprudentes pour payer la débauche d'aujourd'hui.

Commentaire : Rattner obscurcit la réalité de la dette publique envers les prêteurs privés. Les emprunts d'État auprès de prêteurs privés sont une magouille de la pire sorte pour payer les riches. Un État moderne n'a pas besoin d'emprunter auprès d'une autre institution que lui-même. Une solution ou une réforme de la dette publique existante serait d'imposer un moratoire sur le service de la dette et d'entamer une enquête sur l'origine et la légitimité de cette dette, ce qui permettrait certainement d'en annuler la majeure partie, ou du moins la partie qui a déjà été remboursée à plusieurs reprises par l'escroquerie de l'intérêt composé.

En plus d'imposer un moratoire sur le service de la dette publique existante et d'arrêter de faire des emprunts publics à des intérêts privés, il faut étudier les autres options existantes pour accroître le financement de l'État dans les programmes sociaux.

L'emprunt de l'État pour investir dans les programmes sociaux, les services publics et les infrastructures publiques, et pour relancer l'économie et accroître la productivité n'est pas différent de l'emprunt que fait une entreprise pour stimuler sa production. Les sommes nécessaires pour rembourser la dette proviennent de la valeur ajoutée future réalisée par les travailleurs. Le problème en ce qui concerne les programmes sociaux productifs et les services et infrastructures publics est que les autres secteurs et entreprises de l'économie socialisée refusent de reconnaître la valeur sociale que ces programmes produisent et refusent donc de payer pour le bénéfice qu'ils en tirent par un échange juste comme pour l'achat de tout autre produit. Lorsque cette valeur produite socialement est utilisée, mais n'est pas réalisée dans un échange de valeur juste, la valeur sociale des programmes sociaux et des services et infrastructures publics devient ni plus ni moins qu'un énorme don fait à l'oligarchie financière puisque cela lui permet d'augmenter le profit qu'elle exproprie et la richesse sociale qu'elle possède aux dépens du peuple et de son bien-être et de celui de l'économie. Sans compter que cela renforce le privilège de classe des oligarques au pouvoir.

Un moratoire sur le service de la dette publique existante et l'arrêt de tout emprunt public auprès de prêteurs privés exigeraient de restreindre le droit de monopole, comme c'est le cas pour toute véritable réforme sous l'impérialisme. Cela mettrait également un terme au mensonge que pour investir dans les programmes sociaux et les services et infrastructures publics en général il faille un impôt ou des emprunts de l'État auprès de prêteurs privés. Si la valeur qu'ils produisent était réalisée comme il se doit, les programmes sociaux et les services et infrastructures publics seraient en mesure d'augmenter les investissements en utilisant les revenus qu'ils tirent de la vente de leur valeur sociale et, le cas échéant, d'emprunter auprès d'une institution financière de l'État. Le remboursement des emprunts serait garanti par l'augmentation de la production de valeur sociale et des revenus des programmes en question. La plupart des impôts sur les particuliers, des retenues sur la paie, des contributions et des péages provinciaux liés aux programmes sociaux et aux services et infrastructures publics pourraient être annulés.

Les travailleurs doivent bien comprendre que l'économie socialisée n'est pas un mystère ou quelque chose d'insaisissable. Pour comprendre l'économie, il faut l'acte de découvrir. Les travailleurs sont tout à fait capables, par leurs propres actes, de déterminer la grandeur de la valeur qu'ils produisent à l'hôpital, à l'école, dans une société d'État ou par la construction d'un pont ou d'un métro et de celle que produisent le programme ou le secteur social dans lequel ils sont engagés. Par d'autres actes de découvrir, ils peuvent également déterminer où et comment doit être utilisée et consommée la valeur qu'ils produisent et quelle partie de cette valeur doit être réalisée et retournée directement dans l'hôpital, l'école, le chantier de construction ou le secteur en question. Ils peuvent déterminer combien de valeur additionnelle est nécessaire de produire et d'investir pour affirmer les droits et le bien-être de tous et jouer un rôle positif dans la reproduction élargie de l'économie.

NYT : [...] Mais ce n'est pas tout. La mesure généralement acceptée de la dette nationale des États-Unis n'inclut pas d'obligations envers les prestations futures de retraite et de soins de santé.

Dans un monde parfait, ces programmes fonctionneraient comme une assurance ; les primes annuelles de chaque génération paieraient les prestations reçues pendant les années de l'âge d'or.

Commentaire : Rattner introduit la confusion sur la retraite et les pensions et les met dans le même panier que les soins de santé. Cela donne un gâchis incompréhensible. La classe ouvrière vend sa capacité de travail aux employeurs dans l'économie socialisée. Cette vente de la capacité de travail doit être reconnue à la fois dans sa forme particulière et dans sa forme générale.

La forme particulière est l'emploi immédiat de travailleurs actifs vivants. La forme particulière n'existe que dans le général, c'est-à-dire le travailleur instruit et en santé qui est membre d'une grande classe ouvrière toute sa vie et de génération en génération. Sans générations successives de travailleurs, il n'y aurait pas de travailleur particulier pouvant vendre sa capacité de travail à ceux qui possèdent et contrôlent l'économie socialisée.

L'aspect particulier ou individuel du travailleur ne peut être séparé de la classe ouvrière sociale ou générale et de la nécessité de reproduire la prochaine génération et de garantir son existence tout au long de sa vie comme un droit et une nécessité pour l'économie et la société modernes. L'économie ne peut fonctionner sans une quantité constante de travailleurs d'une génération à l'autre à un niveau moderne de santé et d'éducation, dont les droits sont affirmés et garantis.

Des travailleurs particuliers ou individuels reçoivent des salaires et des avantages qui reproduisent leur capacité de travail. Ils reproduisent cette valeur par leur temps de travail, qui est leur valeur reproduite individuelle. La valeur reproduite individuelle est réalisée avec la vente du produit et retournée à l'employeur qui a payé le salaire.

L'ensemble de la classe ouvrière reçoit ses programmes sociaux, dont les pensions et les soins de santé, pour garantir son existence à un niveau de vie convenu de la naissance à la mort, en tant que productrice de la valeur dont l'économie et la société ont besoin pour se perpétuer. La classe ouvrière en général, par sa forme particulière ou individuelle, reproduit collectivement cette valeur sociale par son temps de travail, qui est la valeur sociale reproduite. La valeur sociale reproduite est réalisée par la vente de la marchandise et retournée à l'employeur qui a payé le montant aux institutions sociales appropriées en échange de la valeur consommée.

NYT : [...] Pendant ce temps, les progressistes soutiennent que certains types de dépenses sont, en réalité, des investissements qui rapporteront de gros dividendes à l'avenir. Puisque les taux d'intérêt sont encore faibles, ils soutiennent que le rendement de l'emprunt pour ces investissements dépasserait largement les frais d'intérêt.

Commentaire : Les investissements dans les programmes sociaux et les services et infrastructures publics devraient provenir principalement de la valeur ajoutée réalisée telle que contenue dans la valeur des programmes sociaux et des services et infrastructures publics, lorsque la valeur est vendue dans un échange juste avec d'autres secteurs et entreprises de l'économie, qui utilisent et consomment la valeur.

L'emprunt auprès d'institutions financières publiques, et non privées, pourrait compléter l'investissement. Lorsque l'emprunt public est limité aux institutions financières d'État ou publiques, il n'y a pas d'intérêts à verser à des prêteurs privés. Le remboursement des fonds empruntés doit être égal au montant principal majoré des frais administratifs et provenir de la reproduction élargie du programme social, du service public, de l'infrastructure et de la valeur supplémentaire qu'il apporte.

NYT : Bien que cela soit vrai [que les investissements apporteront d'importants dividendes à l'avenir], décider ce qu'est un investissement et ce qui n'est qu'une dépense sans rendement potentiel deviendrait inévitablement un débat politique. Les démocrates et les républicains pourraient rapidement convenir d'investir dans la construction de routes et de ponts, mais serait-ce le cas pour les dépenses en éducation ? Cela devrait-il être considéré comme un investissement ? Qu'en est-il de la formation de la main-d'oeuvre ou de la recherche et du développement ? Je crains qu'en fin de compte, de nombreux programmes de dépenses ne soient classés comme des investissements uniquement pour donner l'impression que le déficit budgétaire n'est pas si grand.

Commentaire : Quel gâchis il fait de l'économie socialisée ! Mais cela ne nous fait pas peur parce que nous avons un cerveau et l'initiative, et par des actes de découvrir nous pouvons comprendre tous les problèmes qui se posent.

Rattner craint de reconnaître que les programmes sociaux et les dépenses publiques pour les services et les infrastructures sont à la fois nécessaires et, surtout, qu'ils produisent de la valeur que d'autres secteurs de l'économie et entreprises doivent reconnaître et réaliser lorsqu'ils l'utilisent et la consomment. Peut-être craint-il qu'une telle restructuration de l'économie la rende plus conforme au caractère socialisé des forces productives. L'interdépendance évidente des secteurs ouvrirait les yeux aux travailleurs et les inciterait à aller plus loin et à agir sur la nécessité de coopération et de planification et, ce qui serait encore plus effroyable pour les oligarques, s'engager dans des actions avec analyse pour socialiser les rapports de production et finalement résoudre les problèmes d'une manière qui favorise le peuple.

Où cela finirait-il, s'inquiète Rattner. La chose risque de devenir évidente pour tout le monde. Cela pourrait mener à des revendications conscientes en faveur d'un changement révolutionnaire de l'économie pour amener les rapports de production qui correspondent au caractère socialisé des forces productives et où les producteurs réels prendraient le contrôle de l'économie socialisée et, surtout, de la distribution de la valeur ajoutée que les travailleurs produisent et son expression concentrée dans le pouvoir politique et l'habilitation du peuple.

Rattner croit que tous peuvent convenir que les investissements dans « les routes et les ponts » « apporteront d'importants dividendes à l'avenir », mais les désaccords abondent quand il s'agit des programmes sociaux et des autres services publics et infrastructures. Mais qui serait en désaccord, sommes-nous en droit de demander, quand le caractère socialisé de l'économie est déjà amplement évident ? Se pourrait-il que la fraude des emprunts d'État auprès de prêteurs privés soit menacée si le caractère socialisé de l'économie s'emparait de la conscience sociale ? Se pourrait-il qu'il faille fermer les yeux sur la nécessité de réaliser la valeur des programmes sociaux et des services et infrastructures publics dans un échange convenable avec d'autres secteurs et entreprises de l'économie pour protéger les intérêts privés, leur contrôle économique et politique et leur privilège de classe ? Que Dieu nous protège ! Des cris surgiraient de partout pour réclamer l'élimination du contrôle de l'économie et de la politique par une petite élite de riches oligarques qui chérissent avant tout leur propriété privée et leur privilège et contrôle de classe.

NYT : Quoi qu'il en soit, les taxes et impôts doivent augmenter.

Commentaire : C'est l'affirmation dépassée qui part du point de vue de ceux qui possèdent et contrôlent l'économie socialisée et refusent de reconnaître que leurs intérêts d'affaires privés opèrent dans une économie socialisée. Ils doivent payer la valeur des programmes sociaux et des services et infrastructures publics qu'ils utilisent et consomment quotidiennement. Cet argent doit aller directement au secteur ou aux entreprises qui fournissent les biens ou services sociaux, comme les secteurs de l'éducation et de la santé, ou les routes, les ponts et les métros. Ce paiement de la valeur qu'ils utilisent et consomment ne devrait pas passer par le gouvernement sous forme de taxes et impôts. Ce n'est pas une taxe et ne doit pas être considéré comme telle, pas plus que l'achat de minerai de fer par une aciérie ne peut être considéré comme une taxe.

Les employés des transports en commun de Toronto demandent un transport gratuit pour tout le monde lors de la Fête du Travail 2019.

Le transport en commun urbain est un exemple qui mérite l'attention. Il y a un gros problème avec le transport en commun : qui devrait payer et qui profite du fonctionnement et des immobilisations des métros, trains, routes, ponts et bus ? La classe ouvrière est obligée de payer des frais élevés pour se rendre au travail, pour aller à l'école et pour aller faire l'épicerie alors que cette nécessité n'est pas un moyen de consommation mais un moyen de production, et le paiement devrait par conséquent provenir de l'économie elle-même et de ses secteurs et entreprises et non des particuliers.

Le transport en commun existe comme moyen de production au service de l'économie. Comment les travailleurs se rendraient-ils au travail sans transport en commun dans les régions métropolitaines ? Les autres secteurs et entreprises de l'économie doivent acheter la capacité de travail des travailleurs et, dans la majeure partie des cas, cela signifie que ces travailleurs doivent se présenter sur un lieu de travail pour que leur valeur d'usage soit consommée.

Comment les étudiants se rendraient-ils à l'école et à l'université sans transport en commun ? L'éducation est cruciale pour l'économie socialisée moderne. L'éducation élève la capacité de travail des travailleurs individuels et de la classe ouvrière dans son ensemble au niveau requis par les secteurs et les entreprises de l'économie moderne.

Comment les acheteurs pourraient-ils se rendre dans les grands magasins sans transport en commun ? Le transport en commun est également considéré comme nécessaire à une économie moderne pour lutter contre les conséquences négatives de la culture de l'automobile et de la pollution, et réduire les encombrements et les retards lors des déplacements, qui sont des obstacles à la productivité des travailleurs et au transport efficace des marchandises.

Le transport en commun est une forme de moyen de production que toutes les forces productives doivent considérer comme tel et pour lequel elles doivent payer dans la poursuite de leurs activités, comme tout autre moyen de production fixe et circulant, comme les machines, les bâtiments, les pièces, les minéraux, l'électricité, les services d'eau, les égouts et la cueillette des déchets.

Le rôle du transport en commun comme moyen de consommation pour la population est minime, voire inexistant. Même la plupart des loisirs nécessitent de se rendre à un lieu d'affaires, comme les centres de sport professionnel, le restaurant, le théâtre ou les parcs d'attractions. Cela signifie que les individus ne devraient pas payer pour le transport en commun ou toute autre infrastructure qui existe principalement comme moyen de production pour l'économie.

La grande économie urbaine ne peut fonctionner sans ses moyens de production sous forme de transports en commun. Les entreprises privées doivent reconnaître et réaliser par un paiement convenu, dans un échange de valeur, la partie de la production des transports en commun que chaque secteur et entreprise consomme, à la fois en valeur fixe et en valeur circulante, comme pour tous les autres services publics et infrastructures dont l'économie a besoin pour fonctionner.

Très révélateur également dans la complainte de Rattner que « quoi qu'il en soit, les taxes et impôts doivent augmenter » est son refus de même mentionner les dépenses de programme les plus importantes et les plus improductives, parasitaires et accablantes de toutes : l'armée américaine, les agences d'espionnage et les autres institutions de l'immense pouvoir de police de l'impérialisme américain.

NYT : [...] Du côté des dépenses, malheureusement, il est essentiel d'examiner attentivement les programmes de prestations. Je ne propose pas de les éviscérer, mais il faut explorer la possibilité d'une hausse modeste de l'âge de la retraite ou d'un ajustement des prestations en fonction des besoins. Même la mise en oeuvre de tous ces ajustements ne créera pas une marge suffisamment prudente pour de nouveaux vastes programmes sociaux. Leur adoption nécessiterait des choix encore plus difficiles en matière d'augmentation des impôts et de réduction des dépenses.

Commentaire : L'offensive antisociale au service de puissants intérêts privés et de privilèges de classe est là où s'arrête la pensée arriérée et dépassée de Rattner. Cette conception du monde antisociale sert à attaquer les droits que possèdent tous les êtres humains du fait qu'ils sont humains.

Par exemple, l'élimination de l'universalité, ou « l'ajustement des prestations en fonction des besoins », comme il le dit, est un moyen d'affaiblir, sinon de détruire, les programmes sociaux qui réalisent le droit à l'éducation et à la santé pour tous. Une fois que la réforme place les programmes sociaux en concurrence avec le secteur privé, comme l'enseignement privé ou les services de santé privés, les riches abandonnent le secteur public au profit du secteur privé plus privilégié, où ils bénéficient d'un traitement préférentiel basé sur la possession de richesse sociale. Cela conduit à la détérioration du secteur public parce que la riche élite dirigeante n'a pas besoin de la fonction publique et n'aime pas que de l'argent lui soit destiné, car elle soutient que cet argent sert à meilleur escient lorsqu'il est utilisé dans des stratagèmes pour payer les riches.

La suggestion de Rattner d'« alléger » les dépenses pour les programmes sociaux, d'« examiner attentivement les programmes de prestations » et d'« ajuster les prestations en fonction des besoins » est une recette pour l'offensive antisociale.

La conception du monde impérialiste refuse de reconnaître les problèmes auxquels est confrontée l'humanité moderne, sans parler de s'intéresser le moindrement à la résolution de ces problèmes d'une manière qui favorise le peuple. Les travailleurs eux-mêmes doivent organiser et préparer leurs propres forces, institutions et conscience pour s'attaquer aux problèmes auxquels eux et la société font face. Ces problèmes et leur résolution tournent autour de la question de savoir qui contrôle le pouvoir politique, qui décide comment et dans l'intérêt de qui doivent être résolus les problèmes qui touchent le peuple et la société, et comment des êtres humains éclairés modernes affirment les droits qui leur appartiennent du fait de leur humanité.

Troisième partie

Le refus de payer pour la valeur sociale produite par les programmes sociaux et les services et infrastructures publics permet à d'autres secteurs de l'économie et entreprises de consommer cette valeur sans la payer directement dans la plupart des cas. Cela affaiblit grandement les programmes sociaux et leur reproduction élargie et entrave leur capacité de garantir le bien-être et les droits du peuple.

Cette dernière partie de l'article contient des extraits et des commentaires sur un troisième article du New York Times :

« L'assurance-maladie pour tous : un rêve impossible »
David Brooks, New York Times, 4 mars 2019[4]

NYT : L'assurance-maladie pour tous ne fonctionne que si les politiciens imposent impitoyablement des réductions de dépenses.

Commentaire : Cet article commence par une affirmation brutale : les programmes sociaux drainent les fonds les uns des autres ainsi que des secteurs productifs de l'économie. Brooks soutient que la seule façon de garantir le droit à des soins de santé pour tous est de nier d'autres droits. Pour lui, le problème de l'affirmation du droit de tous à des soins de santé et aux autres programmes sociaux est un problème de manque d'argent. Ce point de vue découle en partie de la conception que les problèmes sociaux, comme la pauvreté, l'itinérance et le pouvoir de l'élite dirigeante de priver les gens de leur droit aux soins de santé et à l'éducation et d'autres droits, ne sont pas la conséquence des conditions sociales et des rapports humains qui existent ni des mesures que prennent l'oligarchie financière et son État pour empêcher la classe ouvrière de moderniser ces conditions et ces rapports, mais la conséquence d'un manque d'argent.

NYT : [...] Donc les soins de santé à payeur unique, ou dans notre cas « l'assurance-maladie pour tous », valent la peine d'être pris au sérieux. Je n'ai tout simplement jamais compris comment nous allons d'ici à là.

Commentaire : Brooks se présente comme quelqu'un en faveur de l'assurance-maladie pour tous au lieu de s'y déclarer carrément opposé. Il trouve que le concept « vaut la peine d'être pris au sérieux », mais dit ne pas comprendre comment cela peut se faire. Ensuite, il bloque la discussion sur la voie vers l'avant en rejetant l'option comme impossible et condamne même les mesures timides et les points de vue timorés de différents politiciens des partis politiques cartellisés américains sur la question. Il est l'envers de la médaille des forces politiques qui sont totalement opposées à l'affirmation des droits modernes de tous. Ensemble, ils cherchent à arrêter tout développement de l'opinion publique sur la façon de construire le Nouveau.

Essentiellement, l'assurance-maladie pour tous devrait contenir le concept du droit moderne aux soins de santé pour tous. Brooks réduit cela à un système de « soins de santé à payeur unique » où le trésor public achète la valeur sociale créée dans le secteur privé des soins de santé, mais ne reçoit rien en retour lorsque cette valeur est consommée dans l'économie. Pour que son modèle de régime d'assurance-maladie pour tous puisse exister comme régime public à payeur unique, il doit puiser dans les fonds d'autres programmes sociaux et du Trésor public parce que le régime d'assurance à payeur unique n'a aucune autre source de revenus.

Cette conception erronée ou fausse représentation de l'économie et en particulier du secteur de la santé empêche de voir le problème tel qu'il se présente, à savoir comment garantir les soins de santé pour tous en tant que droit moderne, et que le secteur de la santé ajoute de la valeur à l'économie et qu'il ne draine la valeur d'aucune façon. C'est une tentative d'empêcher les gens de prendre des mesures pour forcer la résolution du problème. Elle obscurcit la contribution vitale du secteur de la santé, son interconnexion et ses rapports avec les autres secteurs de l'économie et les entreprises, et la façon dont chaque partie productive doit échanger avec les autres et réaliser la valeur des autres.

Brooks fait preuve de malhonnêteté lorsqu'il dit qu'il n'a « jamais compris comment nous allons d'ici à là ». Il ne comprend pas parce qu'il ne veut pas comprendre. Il ne veut pas faire le premier pas d'ici à là. Le premier pas, la première mesure prise, révélerait par réflexion l'étape suivante sur le chemin d'ici à là.

Pour « aller d'ici à là », l'impératif est d'« aller d'ici à là », et le but est l'affirmation du droit de tous aux soins de santé et l'avancement sur la voie de l'affirmation de tous les droits qu'ont les êtres humains du fait qu'ils sont des êtres humains. Il faut pour cela bâtir une opinion publique favorable et créer les formes pour investir le peuple du pouvoir afin qu'il puisse bâtir le Nouveau.

Brooks remplace le monde objectif, où les soins de santé pour tous sont un droit qui doit être affirmé, par son manque de compréhension de la manière d'y arriver. Pour lui, c'est une question de manque de compréhension, alors qu'en fait il comprend très bien, mais dans sa conception du monde dépassée qui ferme la porte à l'affirmation des droits de tous. Cette conception du monde le conduit à nier la nécessité objective d'affirmer le droit de tous aux soins de santé et à se plaindre de ne pas savoir comment « aller d'ici à là ». Pour justifier son refus de reconnaître la nécessité d'affirmer le droit de tous aux soins de santé, il offre une construction mentale d'un système public d'assurance à payeur unique pour payer la valeur des soins de santé et, puisque pour lui les soins de santé ne produisent aucune valeur réalisable, il est sidéré quand il découvre que, selon les comptes publics, il n'y a pas assez de fonds publics disponibles, ce qui oblige le gouvernement à augmenter les impôts et à « imposer d'impitoyables réductions de dépenses ».

Brooks affirme que les programmes sociaux comme les soins de santé et l'éducation se privent de fonds les uns les autres et drainent ceux des secteurs productifs de l'économie. Déshabiller Pierre pour habiller Paul devient son refrain et l'explication de son refus de reconnaître la nécessité donnée par le monde objectif d'affirmer le droit de tous aux soins de santé. Il tente d'entraîner ses lecteurs dans sa conception du monde, son objectif et son manque de compréhension, où aucune alternative n'est possible.

Cette conception du monde n'a pas celle de l'affirmation des droits de tous parce que cela exigerait de changer les conditions sociales et la direction de l'économie, y compris les rapports entre les personnes dans cette économie. Cela, Brooks ne le veut pas parce que l'élite dominante est satisfaite de son être social, de ses privilèges de classe et de ses rapports de production qu'elle domine et ne veut pas perturber. L'être social de l'élite dominante qui jouit de privilèges et de richesses l'aveugle et l'empêche de reconnaître la nécessité.

Brooks est déterminé à convaincre les autres qu'ils ne doivent pas envisager d'alternative ou, pire encore, s'engager audacieusement dans des actes de participation consciente de découverte pour « aller d'ici à là » en agissant suivant l'objectif moderne d'affirmer les droits de tous et en faisant ce premier pas.

NYT : [...] Malgré les différences entre les différentes propositions, les grandes lignes de l'assurance-maladie pour tous sont faciles à comprendre. Nous prendrions l'argent que nous dépensons pour l'assurance-maladie privée et les soins de santé privés, et nous le transférerions au gouvernement fédéral en augmentant les impôts sous une forme ou une autre.

Ensuite, comme les soins de santé seraient un monopole public, le gouvernement pourrait fixer les prix et obliger les fournisseurs de soins de santé à accepter les taux de paiement actuels de l'assurance-maladie.

Commentaire : Il est intéressant de noter que Brooks affirme d'abord ne pas comprendre comment « aller d'ici à là » puis, soudainement, devient un expert en disant que « les grandes lignes de l'assurance-maladie pour tous sont faciles à comprendre ». Il nous dit ensuite quelles sont ces grandes lignes qui se butent au manque d'argent.

Pour Books, l'assurance-maladie pour tous est une affaire d'argent et de transfert des fonds d'un programme social à l'autre, ce qui requiert que « les politiciens imposent d'impitoyables réductions de dépenses » et augmentent les impôts. De cette façon, il occulte le principe et l'objectif de l'affirmation des droits et les noie dans un débat sur comment transférer « les dépenses de l'assurance-maladie privée et des soins de santé privés [...] au gouvernement fédéral en augmentant les impôts » et en imposant « d'impitoyables réductions de dépenses ».

Brooks ne voit pas ou refuse de voir à quel point son argument sur le manque d'argent dans le secteur de la santé est absurde. Pourquoi toutes ces entreprises privées seraient-elles engagées dans l'industrie de la santé depuis des décennies si elles y étaient confrontées à un manque d'argent ? Les intérêts privés et les entreprises privées dominent tout le système de santé des États-Unis, notamment les hôpitaux, les cliniques médicales, les fournitures d'hôpital, les produits pharmaceutiques, les laboratoires et les compagnies d'assurance. Transférer les dépenses du secteur privé au secteur public pour acheter la valeur des soins de santé sous contrôle privé ne change pas le but de cette industrie, qui est actuellement de faire le plus d'argent possible le plus rapidement possible, à celui d'affirmer le droit de tous aux soins de santé. En fait, cela renforcerait le droit des entreprises privées du secteur de la santé, à l'exception des compagnies d'assurance, de garantir l'atteinte de leur but, la réalisation de plus de profits possibles, parce que les fonds publics financeraient leur but.

Ceux qui possèdent et contrôlent les entreprises de soins de santé s'enrichissent en expropriant le profit de la valeur ajoutée que les travailleurs de la santé produisent dans toutes les divisions. Le paiement de la valeur que leurs travailleurs produisent provient principalement de « l'assurance-maladie privée et des soins de santé privés ». Clairement, cet arrangement n'a pas résolu le problème de garantir le droit de tous aux soins de santé. Le refus de changer les conditions sociales et les rapports humains pour garantir le droit de tous aux soins de santé provient de l'être social et de la conception du monde de ceux qui contrôlent l'économie, l'État, les médias et la politique, ceux qui profitent des conditions actuelles et qui sont déterminés à défendre leurs privilèges de classe au détriment des travailleurs, de l'économie et de la société.

Pour faire un pas en avant vers l'affirmation du droit de tous aux soins de santé, il faut que l'industrie des soins de santé renonce à son but actuel qui est la réalisation du profit maximum pour des intérêts privés en faveur du but moderne qu'est l'affirmation du droit de tous aux soins de santé. Les intérêts privés de ceux qui contrôlent le secteur des soins de santé ont montré concrètement que le problème n'est pas un manque d'argent ou la nécessité de réduire les dépenses des autres programmes sociaux, car depuis des décennies ils s'enrichissent de la valeur que leurs travailleurs de la santé produisent. Tout au long de ces décennies au cours desquelles les intérêts privés ont retiré du profit privé du secteur des soins de santé, le droit de tous aux soins de santé n'a pas été affirmé, comme le révèlent clairement les conditions sociales. Cela prouve que le manque d'argent n'est pas le problème dans le secteur des soins de santé et que le problème réside plutôt dans le but et les rapports de production dépassés.

L'argent pour augmenter les investissements pour affirmer les droits de tous à des soins de santé a toujours été disponible en raison de la valeur ajoutée que produisent les travailleurs de la santé. Un problème constant est l'expropriation de cette valeur ajoutée par les intérêts privés qui contrôlent le secteur et qui en retirent une grande partie.

En fait, de nombreuses entreprises privées du secteur des soins de santé accueilleraient favorablement un changement de système à un système public d'assurance à payeur unique qui non seulement garantirait leurs profits actuels, mais étendrait leur revenu brut potentiel aux dizaines de millions de personnes qui n'ont pas les moyens de se payer des soins de santé privés ou qui n'ont pas d'assurance privée, une assurance fournie par leur entreprise ou qui possèdent une assurance inadéquate qui ne couvre pas les nécessités de base essentielles comme les produits pharmaceutiques et certains traitements ou dont la couverture comporte des restrictions.

Pour changer les conditions dans l'industrie pour qu'elle puisse affirmer le droit de tous aux soins de santé, il faut entre autres deux changements importants :

- utiliser la valeur ajoutée de ce secteur pour la reproduction élargie, ce qui nécessite d'arracher le contrôle des soins de santé à l'oligarchie financière qui domine actuellement tous les aspects de ce secteur et en exproprie la valeur ajoutée produite pour servir ses intérêts privés ; et

- adopter des mesures qui garantissent que les autres secteurs et entreprises dans l'ensemble de l'économie réalisent (achètent) la valeur produite par le secteur des soins de santé (c'est-à-dire, la capacité de travail d'une classe ouvrière instruite et en santé capable de travailler et de se reproduire) dans un échange de valeur juste et remettent la valeur réalisée en argent aux entreprises et aux institutions de soins de santé qui l'ont produite ou, dans le cas où ces entreprises restent dans des mains privées, font des paiements directement au système public d'assurance à payeur unique, qui rembourse ensuite les entreprises privées de soins de santé.

Brooks brandit le spectre de « l'augmentation des impôts » et d'« impitoyables réductions de dépenses » dans les autres programmes pour financer l'assurance-maladie pour tous. Sa vision du secteur des soins de santé et l'assurance-maladie pour tous est très étroite et il ne voit que les garanties publiques de dépenses dans un « système à payeur unique » de l'assurance publique, où les impôts et vraisemblablement les primes individuelles et les frais d'utilisation sont la seule source de revenu pour la compagnie d'assurance publique. Il exclut tout paiement direct à la compagnie d'assurance publique à payeur unique des entreprises qui utilisent et consomment la valeur sociale incorporée dans leurs employés.

Dans ce concept tronqué, c'est aux dépenses publiques pour les soins de santé que revient l'immense responsabilité de payer le plein prix de la production aux entreprises privées pour les biens et services de tout le secteur, notamment la prestation des soins de santé dans les hôpitaux et les cliniques médicales, les foyers de soins infirmiers et les foyers pour personnes âgées, les fournitures d'hôpital, les produits pharmaceutiques et les laboratoires. Le système public d'assurance à payeur unique est censé parvenir à cette réalisation de la production sans profiter de la valeur ajoutée que les travailleurs produisent dans le secteur et sans recevoir de paiement des entreprises et des secteurs de l'économie qui consomment la valeur produite dans le secteur des soins de santé, qui est en gros la capacité de travail d'une classe ouvrière instruite et en santé capable de travailler et de se reproduire.

Ce n'est pas de faire un premier pas conscient dans un acte d'affirmation du droit de tous aux soins de santé que Brooks, soudainement devenu expert, propose mais un pas en arrière, c'est-à-dire payer les riches en faisant des dépenses en soins de santé des dépenses publiques, en gardant l'ensemble du secteur sous contrôle privé et sans recevoir d'argent en retour de la valeur sociale des soins de santé que toutes les entreprises consomment dans l'économie. Cela impose au trésor public le fardeau de la réalisation (paiement) du prix total de la production de biens et services sous contrôle privé produits par le secteur des soins de santé, ce qui inclut le profit de la valeur ajoutée. Dans le modèle de Brooks, le système public à payeur unique ne reçoit aucun paiement ultérieur en retour de la valeur des soins de santé contenue dans la classe ouvrière et sa capacité de travail lorsqu'elle est achetée sur le marché du travail et ensuite utilisée et consommée pendant le temps de travail.

Son système public à payeur unique est obligé de prendre de l'argent des recettes fiscales générales pour payer pour la valeur sociale que produisent les travailleurs à l'emploi d'entreprises privées de soins de santé et puis de transférer cette valeur sociale aux entreprises dans l'économie qui la consomment sans que le système d'assurance publique à payeur unique ou le trésor public ne reçoive en retour un paiement direct de ces entreprises pour ce qui devrait être un échange juste d'un produit contre de l'argent.

NYT : [...] Si ce modèle d'assurance-maladie pour tous fonctionnait comme prévu, tout le monde serait assuré, l'utilisation des soins de santé augmenterait considérablement parce qu'elle serait gratuite, sans même un copaiement, et l'Amérique dépenserait moins dans l'ensemble en soins de santé.

Cela semble bien. Mais l'astuce est dans la transition.

Commentaire : La plupart des entreprises achètent maintenant une assurance-maladie privée pour leurs employés à laquelle ils font des copaiements. Brooks dit : « Nous prendrions l'argent que nous dépensons pour l'assurance-maladie privée et [...] nous le transférerions au gouvernement fédéral en augmentant les impôts sous une forme ou une autre. »

Le « nous » qui fait les dépenses ou paie actuellement sont surtout les entreprises qui achètent une assurance-maladie privée pour leurs employés, généralement avec les copaiements. Brooks propose de transférer ou d'éliminer les compagnies d'assurance-maladie privées et de les transformer en une entreprise publique à payeur unique. Mais, par un tour de passe-passe, il propose également de transférer le paiement de l'assurance-maladie des entreprises, le « nous » qui achètent actuellement la plupart des assurances-maladie privées, au gouvernement fédéral qui aurait alors à augmenter les impôts et à imposer « d'impitoyables réductions de dépenses ».

De nombreuses entreprises seraient favorables à cette transition, car cela les libérerait de l'obligation de payer directement l'assurance-maladie privée de leurs employés. Auquel cas, le passage à un système public d'assurance à payeur unique entraînerait l'utilisation de fonds publics provenant principalement des recettes fiscales générales, renforcées par des frais d'utilisation et des primes d'assurance-maladie individuelles plutôt que par des paiements directs des entreprises. Il faut souligner que dans cette hypothèse, les monopoles mondiaux qui paient maintenant l'assurance-maladie privée de leurs employés sont notoires pour leur habileté à se soustraire à l'impôt sur les sociétés. Les revenus d'impôts, sous leurs nombreuses formes, sont maintenant principalement tirés de l'impôt des particuliers plutôt que de provenir directement de la production et de la circulation de la valeur des entreprises dans l'économie socialisée.

Aux États-Unis, un système de soins de santé presque entièrement privatisé avec une assurance publique à payeur unique serait immédiatement confronté à la nécessité de payer pour la valeur produite dans les hôpitaux privés, les cliniques médicales, les foyers de soins infirmiers et les foyers pour personnes âgées, les laboratoires et pour les produits pharmaceutiques, et les autres biens et services.

Plusieurs ont immédiatement remis en question ce concept de Brooks qui libère complètement les entreprises de l'obligation de payer pour l'assurance-maladie publique à payeur unique. Pourquoi Brooks et d'autres ne proposent-ils pas au moins que les entreprises continuent de cotiser à un système à payeur unique de la même manière et au même taux qu'elles paient actuellement pour l'assurance-maladie privée ?

Une telle réforme, pour être prise au sérieux en tant que réforme positive qui favorise le peuple, pourrait simplement transférer les paiements de l'entreprise pour l'assurance privée à un système d'assurance publique à payeur unique et éliminer tous les copaiements et autres formes d'assurance privée et de paiement pour les soins de santé. Toutes les personnes seraient couvertes également par le régime public d'assurance-maladie, sans discrimination fondée sur la richesse.

Les grandes et moyennes entreprises qui en ce moment ne versent rien pour l'assurance-maladie privée de leurs employés seraient également inscrites au régime d'assurance à payeur unique et seraient tenues de payer leur part au prorata. Par exemple, les entreprises qui emploient plus de 20 travailleurs ou atteignent un certain seuil de revenu annuel brut seraient inscrites et tenues de verser un montant d'assurance-maladie publique au prorata directement dans le plan. Cela comprendrait les paiements d'assurance-maladie provenant des sièges sociaux de toutes les chaînes nationales et à l'échelle de l'État, comme Starbucks, Subway et McDonald's, et non des franchises ou des points de vente individuels. Avec cette augmentation des revenus du système à payeur unique bien supérieure à ce que l'assurance-maladie privée reçoit actuellement, les seuls fonds publics fédéraux nécessaires seraient ceux requis pour combler le déficit au stade initial, une fois que l'assurance-maladie pour tous aura été étendue à tous ceux qui ne sont pas couverts en ce moment. Au fur et à mesure que le changement se concrétise, le montant total pour que le système à payeur unique soit universel et égal pour tous, sans privilège ni discrimination fondée sur la richesse ou toute autre considération, pourrait être calculé et le montant payé par les entreprises ajusté sur une base annuelle, ce qui éliminerait toute nécessité de recettes fiscales.

Un tel pas en avant ouvrirait également la discussion sur la nécessité de transformer l'ensemble du secteur de la santé en un système public et de permettre que la valeur ajoutée que les travailleurs de la santé produisent soit réinvestie dans le secteur. Le plan pourrait alors être ajusté afin qu'il soit plus précis quant à la valeur sociale que les entreprises consomment directement et doivent réaliser, et quant au montant nécessaire pour assurer la santé de tous tout au long de leur vie.

Avec la croissance des soins de santé publics, la valeur sociale réalisée pourrait être redonnée directement aux entreprises publiques des soins de santé où les travailleurs de la santé pourraient se servir de leur expertise pour évaluer la valeur qu'ils produisent, où la valeur est utilisée et consommée, et combien d'argent supplémentaire doit être investi pour bien remplir leur rôle de garantir le droit à des soins de santé pour tous au niveau le plus avancé. Cela stimulerait également la discussion sur la nécessité de faire la même chose dans toutes les divisions sociales de manière à garantir le droit à l'éducation pour tous au plus haut niveau voulu.

Quant aux compagnies d'assurance-maladie privées, elles n'ont aucun rôle à jouer dans l'affirmation du droit aux soins de santé. Ce sont indiscutablement des parasites qui devraient être éliminés et leurs employés devraient être transférés vers d'autres emplois. En fait, ceux qui contrôlent l'industrie privée des soins de santé dépensent la valeur ajoutée que les travailleurs produisent au lieu de permettre son utilisation pour renforcer le secteur. Ceux qui contrôlent le secteur empêchent qu'une grande partie de la valeur ajoutée soit investie dans la reproduction élargie et que les travailleurs de la santé décident eux-mêmes où il est le plus nécessaire de l'investir pour résoudre les problèmes de santé urgents. Le peuple doit faire face à la réalité de l'économie socialisée moderne et à la nécessité du changement avec courage et détermination pour établir une nouvelle direction claire pour que les droits de tous soient affirmés comme ils le doivent et que les travailleurs eux-mêmes prennent le contrôle de leur économie et du produit social qu'ils produisent.

En ce qui concerne les médecins, Brooks peint un avenir sombre et, par une campagne de peur, cherche à mobiliser les professionnels de la santé contre tout mouvement ou discussion pour créer une opinion publique en faveur d'une assurance-maladie pour tous quelle qu'en soit la forme. Il laisse entendre qu'un monopole public sur les paiements d'assurance pourrait causer des difficultés aux médecins et aux autres professionnels de la santé. Il écrit : « Les pertes salariales [pour les médecins] seraient différentes selon la spécialité, mais imaginez que vous sortiez de l'école de médecine surendetté et que vous appreniez que votre rémunération [selon son modèle d'un système public d'assurance à payeur unique] sera réduite de disons 30 %. De tels chocs se répercuteraient sur les autres travailleurs de la santé. »

Le droit à l'éducation pour tous est actuellement nié. Les jeunes de la classe ouvrière n'ont pas les moyens de faire des études de médecine et d'autres études supérieures sans s'endetter énormément envers l'oligarchie financière. Brooks se sert du déni du droit de tous à l'éducation et de la réalité actuelle de l'endettement étudiant accablant pour empêcher les futurs professionnels de la santé de participer au développement de l'opinion publique pour affirmer le droit de tous aux soins de santé et le droit à l'éducation.

Pour ajouter à sa liste d'obstacles qui empêchent de faire un pas en avant et avec comme objectif d'étouffer le développement de l'opinion publique pour affirmer le droit aux soins de santé, Brooks dit que le peuple américain serait traumatisé par la transformation du système privé de soins de santé et d'assurance privée existant parce que : « Les Américains sont plus décentralisés, plus diversifiés et plus individualistes que les gens de pays qui ont un système à payeur unique. Ils se méfient davantage d'un gouvernement centralisé et ont tendance à ne pas aimer les impôts élevés. » De cette façon, il oppose une certaine conscience et un manque de compréhension aux définitions modernes des droits et au développement de l'opinion publique dans une direction prosociale.

La compréhension et la conscience correspondante se développent dans les actes de recherche de solutions aux problèmes existants par des actes de résolution de ces problèmes dans la pratique. Les grands domaines des actes de découverte sont la lutte pour la production, la lutte des classes et l'expérimentation scientifique. Si les êtres humains tout au long de leur développement avaient refusé de résoudre les problèmes auxquels ils font face en raison d'un manque de compréhension ou parce que cela heurte leur conscience existante, de nombreux problèmes seraient restés non résolus, ce qui aurait entravé considérablement leur progression. Comme pour tout, la compréhension et la conscience humaines sont en constant changement, développement et mouvement.

La résolution des problèmes auxquels l'humanité fait face requiert des actions avec analyse et non des diversions et des lamentations superficielles sur la difficulté ou l'impossibilité de le faire à cause de notre compréhension actuelle ou que la solution aux problèmes peut heurter une certaine conscience. Aujourd'hui, le facteur humain/conscience sociale est nécessaire pour changer le monde pour que les responsabilités sociales soient prises sur tous les fronts. Le facteur humain/conscience sociale est entravé par la conscience impérialiste. Le point de départ est d'avancer pour résoudre les problèmes auxquels l'humanité fait face par des actes de participation consciente à des actes de découvrir.

La compréhension requiert un acte de participation consciente de l'individu, l'acte de découvrir.

NYT : [...] Le plan de [Bernie] Sanders augmenterait les dépenses fédérales d'environ 32,6 billions de dollars au cours de ses dix premières années, selon une étude du Mercatus Center. [...] Ce genre de choc des prix est la raison pour laquelle un plan pour instituer un système à un payeur unique dans le Vermont s'est effondré en 2014 et pourquoi les électeurs du Colorado ont massivement rejeté un tel plan en 2016. C'est pourquoi les législateurs de la Californie en ont tué un. Dans ce plan, les impôts sont immédiats, les économies visées viennent plus tard.

Après qu'on leur a dit que l'assurance-maladie pour tous éliminerait l'assurance privée et augmenterait les impôts, seulement 37 % des Américains la soutiennent, selon un sondage de la Kaiser Family Foundation. En 2010, les républicains ont remporté une énorme victoire électorale parce que les électeurs craignaient que le gouvernement prenne en charge leurs soins de santé, même si Obamacare ne l'avait pas vraiment fait. Maintenant, avec l'assurance-maladie pour tous, ce serait vraiment le cas. Cela semble être un excellent moyen de faire réélire Donald Trump.

Commentaire : Ces déclarations de Brooks font partie d'une campagne de peur pour tuer dans l'oeuf l'idée d'un programme social et empêcher toute discussion sur les mesures qui pourraient être prises pour résoudre un problème social existant d'une manière qui favorise le peuple. Brooks prétend être en faveur d'une certaine forme d'assurance-maladie pour tous, mais présente le financement de ce programme d'une manière déformée et apocalyptique, comme nuisant aux gens et ne les aidant pas. Il cherche à empêcher le développement d'une opinion publique favorable à un programme pour résoudre les problèmes dans le secteur des soins de santé. Les exemples qu'il donne sur les votes de rejet de certains systèmes à payeur unique ont pour objectif de confirmer sa thèse selon laquelle rien ne peut être fait.

Cette attaque contre l'assurance-maladie pour tous vient de l'objectif profond de l'élite dominante de refuser d'affirmer les droits de tous sur tous les fronts. C'est la raison pour laquelle elle refuse d'accepter la vérité que la plupart des programmes sociaux produisent de la valeur pour l'ensemble de l'économie et ses nombreux secteurs et entreprises. Les intérêts privés qui contrôlent l'économie, les entreprises et la politique du pays ne veulent pas payer pour la valeur produite socialement incorporée dans les travailleurs, car cela transférerait de manière générale la richesse sociale de l'oligarchie financière au peuple en plus d'améliorer la vie d'un grand nombre de gens.

L'affirmation des droits que toutes et tous possèdent en tant qu'êtres humains implique en pratique un certain transfert de la richesse sociale que les travailleurs produisent, de l'oligarchie financière au peuple. Par les programmes sociaux, les travailleurs revendiquent généralement une plus grande part de la valeur nouvelle qu'ils produisent, en tant que valeur sociale reproduite, tandis que l'oligarchie financière exproprie moins de valeur ajoutée. L'offensive antisociale des deux dernières décennies a entraîné une réduction des réclamations des travailleurs à la valeur ajoutée, tant sociale qu'individuelle, et une augmentation de la valeur ajoutée que l'oligarchie financière exproprie sous forme de profits d'entreprise, d'intérêts, de profit locatif et de profits des dirigeants d'entreprises.

Dans cette situation, ceux qui contrôlent la richesse sociale et la politique, pour appuyer un programme social ou un service public particulier, doivent voir comment ceux-ci avantagent leurs intérêts privés ou être contraints de céder à la demande des travailleurs des investissements accrus dans les programmes sociaux par la mobilisation politique de masse des travailleurs qui n'exigent rien de moins que l'affirmation de leurs droits.

NYT : Le gouvernement devrait aussi faire une transition. L'assurance-maladie pour tous ne fonctionne que si les politiciens appliquent ces impitoyables réductions de dépenses. Mais dans notre système de gouvernement, les membres du Congrès sont très mauvais en matière de discipline financière. Ils sont aux petits soins pour les groupes d'intérêts spéciaux, terribles à dire non. Pour que le système à payeur unique fonctionne vraiment, il faudrait probablement se débarrasser du Congrès des États-Unis et passer à un système parlementaire plus centralisé.

Commentaire : Brooks admet que les intérêts privés dominent la politique et le Congrès. Toutefois, si le problème était vraiment l'absence d'un système « centralisé », les États-Unis y sont presque maintenant que le pouvoir est plus concentré que jamais dans les mains du président, de l'exécutif et des pouvoirs de police. Le problème n'est pas le Congrès ou l'absence de centralisation du pouvoir, mais le contrôle politique privé de tout le système et la nécessité de renouveler la démocratie en investissant le peuple du pouvoir, de nouvelles formes de gouvernance et d'une constitution moderne.

Brooks répète son argument d'imposer « d'impitoyables réductions de dépenses ». Il fait spécifiquement référence aux programmes sociaux et ne dit pas que les dépenses militaires devraient être réduites. Le 25 juillet, la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé un budget fédéral de 2,78 billions de dollars sur deux ans, que le Sénat a approuvé le 1er août et que le président Trump a signé le 2 août. Les dépenses militaires représentent la majorité absolue des fonds budgétisés, soit 1,48 billion de dollars, tandis que le reste des dépenses discrétionnaires du gouvernement, y compris l'administration des Anciens Combattants, reçoit 1,3 billion de dollars. Deux cent dix-neuf démocrates de la Chambre et 65 républicains ont voté en faveur du budget. Il convient de noter que tous les politiciens des partis cartellisés sauf deux, qui sont en faveur de l'objectif de politique de l'assurance-maladie pour tous, ont voté pour le budget de l'économie de guerre, y compris les représentants Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et Ro Khanna, qui est coprésident de la campagne présidentielle du sénateur Bernie Sanders.

Le problème des droits se pose d'une manière directe. Ce problème, l'élite dirigeante refuse de le considérer ou même d'en discuter. La plupart des programmes sociaux représentent les droits du peuple d'une manière ou d'une autre. L'économie et la société doivent les garantir en pratique et les forces productives socialisées actuelles de la grande production industrielle sont tout à fait capables de les réaliser. Si les intérêts privés et les entreprises privées font obstacle à la satisfaction de ces droits, ils doivent être écartés.

La nécessité d'affirmer les droits présente à la classe ouvrière la tâche de construire ses propres institutions, développer sa conscience sociale avancée, la personnalité démocratique et le mouvement de masse pour le changement à travers des actions avec analyse en opposition à l'oligarchie financière, ses institutions, son État, sa conscience et son ordre du jour impérialistes.

NYT : [...] Si l'Amérique était une ardoise vierge, l'assurance-maladie pour tous serait une option plausible, mais nous ne sommes pas une ardoise vierge. À ce stade-ci, la façon la plus facile d'en arriver à un système à payeur unique serait probablement de revenir en 1776 et de renverser toute cette histoire de la Révolution américaine.

Commentaire : Non pas « renverser toute cette histoire de la Révolution américaine », mais l'engager dans le monde moderne avec une nouvelle constitution et des formes politiques qui garantissent les droits du peuple et lui donnent les moyens de se gouverner et de contrôler les affaires qui touchent sa vie.

Après avoir déclaré que le but de l'assurance-maladie pour tous n'est pas de garantir le droit de tous aux soins de santé, Brooks propose son propre modèle de « système à payeur unique ». Il dénigre la réforme positive en faisant de l'augmentation des impôts la question plutôt que de trouver comment mettre en oeuvre une réforme qui favorise clairement le peuple. Son assertion est basée sur la fausse supposition que l'objectif ou le but de l'assurance-maladie pour tous est sa propre construction mentale selon laquelle un système à payeur unique drainerait les fonds des autres programmes et nécessiterait des réductions de dépenses dans les autres programmes sociaux, l'augmentation de l'impôt des particuliers, des frais d'utilisation et des primes de soins de santé. C'est faux. Le but est de garantir les soins de santé comme un droit pour tous et de trouver une façon de résoudre ce problème dans la pratique.

La valeur sociale produite dans le système de soins de santé, qui est essentiellement la capacité de travail constante et continue des êtres humains en santé, doit être réalisée par d'autres secteurs et entreprises de l'économie. Comment y parvenir est un problème qui pourrait être résolu dans le cadre d'une réforme du système économique actuel et qui devrait être résolu immédiatement. Brooks déclare que la constitution originale des États-Unis et ses institutions politiques ne conviennent pas à une telle réforme. Il semble indiquer que les gens aux États-Unis n'ont fait aucun progrès depuis 1776 et la constitution originale. Une telle assertion reviendrait à nier les réalisations de la Guerre civile, du mouvement des droits civiques, le vaste développement du mouvement ouvrier, la victoire sur le fascisme et le militarisme de la Deuxième Guerre mondiale, et l'existence d'une conscience antiguerre cohérente, de la volonté d'émancipation et d'affirmation des droits.

La réforme pour créer l'assurance-maladie pour tous est possible dans le cadre de l'arrangement politique actuel et peut se faire grâce à une mobilisation politique de masse du peuple pour affirmer le droit aux soins de santé. Au lieu d'encourager le développement de l'opinion publique dans une telle direction, Brooks et le New York Times dressent systématiquement des obstacles.

Brooks fait diversion en disant qu'un autre type de gouvernement est nécessaire, « un système parlementaire plus centralisé » dans la même forme et avec le même contenu de base que ceux de l'État existant et de la constitution en vigueur qui servent les intérêts de l'oligarchie financière au pouvoir. Ce qu'il suggère n'a rien à voir avec « revenir en 1776 et renverser toute cette histoire de la Révolution américaine ». Il fait cette blague de mauvais goût pour prouver qu'il est impossible d'affirmer les droits dans le système actuel, qu'il n'a aucun intérêt à changer ou à contester, tout comme il n'a aucun intérêt à changer ou contester son privilège de classe, son être social et sa conscience impérialistes, et aucun intérêt à affirmer le droit de tous aux soins de santé.

L'élite dirigeante aux États-Unis n'a aucun intérêt à ce que le système soit restructuré de façon révolutionnaire pour donner le pouvoir au peuple et le rendre souverain. Elle veut garder le peuple sujet de la personne artificielle de l'État qui est le pouvoir de police souverain qui règne sur le peuple au nom des intérêts privés les plus puissants, l'oligarchie financière.

La question n'est pas de « renverser toute cette histoire de la Révolution américaine », mais de faire entrer la pensée politique, la constitution et les institutions dans le XXIe siècle avec de nouvelles formes et un nouveau contenu révolutionnaires sur tous les fronts pour que le peuple soit souverain et s'investisse du pouvoir politique.

La lutte pour l'affirmation du droit de tous aux soins de santé est un front de lutte sur la voie d'un changement révolutionnaire fondamental. Les travailleurs doivent organiser leurs propres institutions indépendantes dans le présent pour prendre le contrôle de leur propre richesse sociale, de leur pensée et de leur ordre du jour, et s'engager dans des luttes militantes pour affirmer leurs droits et développer leur force collective, leur pouvoir, leur conscience sociale et leur personnalité démocratique.

Les luttes dans l'ici et maintenant servent les intérêts collectifs et individuels des travailleurs pour défendre leurs droits dans le présent en élevant leur bien-être matériel, culturel et spirituel. Plus que tout, les luttes pour l'affirmation des droits dans le présent, quand elles sont menées sans relâche par les travailleurs avec leur propre pensée, leur théorie et leurs organisations, préparent également les travailleurs, leur conscience, leur direction et leur personnalité démocratique pour les tempêtes révolutionnaires à venir afin qu'ils puissent guider le mouvement de masse dans une direction qui garantit que l'économie, la politique et la société se transforment consciemment sur la base des définitions modernes et avec de nouvelles formes qui correspondent aux forces productives et aux conditions sociales avancées.

Conclusion

L'impérialisme est le stade suprême de la période de transition de la petite production à la grande production industrielle avant le changement révolutionnaire nécessaire dans les rapports de production pour qu'ils correspondent au caractère socialisé des forces productives modernes.

La contradiction non résolue entre les forces productives socialisées modernes et les anciens rapports de production accélère plusieurs tendances dominantes de l'impérialisme. Les vieux rapports de production sont incarnés dans la dialectique entre les riches oligarques de l'oligarchie financière et la classe ouvrière. Les riches oligarques possèdent et contrôlent les forces productives socialisées et le produit social. Ils achètent la capacité de travail de la classe ouvrière pour maintenir et élargir la richesse sociale qu'ils contrôlent.

Pour subsister et gagner sa vie, la classe ouvrière vend sa capacité de travail à l'oligarchie financière qui possède et contrôle les forces productives socialisées. La classe ouvrière est au coeur de la bataille historique de la démocratie pour prendre le contrôle des forces productives socialisées, de sa capacité de travail, du produit social qu'elle produit et de leur expression concentrée dans les affaires politiques. Les tendances impérialistes sont en partie les suivantes :

- la tendance à l'enrichissement des riches et à l'appauvrissement des pauvres ;

- la tendance vers une économie de guerre, des ventes d'armements de plus en plus importantes à l'échelle mondiale et à l'incitation aux guerres régionales et des guerres toujours plus étendues, et à la destruction des nations que les grandes puissances, en particulier l'impérialisme américain, ne peuvent pas dominer ;

- la tendance à la concentration et au contrôle de la richesse sociale dans les mains d'un nombre de plus en plus restreint de personnes et l'utilisation de cette plus grande richesse sociale pour étendre leur contrôle à l'échelle mondiale et pour recruter des mercenaires pour la police et l'armée et soudoyer des représentants politiques pour servir leurs intérêts privés et attaquer leurs rivaux et les travailleurs ;

- la tendance à une concurrence plus agressive entre les cartels mondiaux qui dégénèrent en guerre civile réactionnaire et autres types de guerre alors qu'ils luttent pour dominer toutes les institutions publiques et de l'État à l'échelle mondiale pour qu'elles servent leurs intérêts privés ;

- la tendance au développement inégal des forces productives sous l'impérialisme qui mène à la guerre interimpérialiste pour le contrôle de la classe ouvrière internationale, des marchés, des secteurs économiques, des ressources naturelles et des régions, et le recours à des sanctions économiques et à des blocus pour renforcer la domination du système impérialiste d'États dirigé par les États-Unis et punir tous ceux qui refusent de se soumettre ;

- la tendance à l'intensification des luttes de la classe ouvrière pour défendre ses droits et son niveau de vie et pour changer la direction de l'économie et révolutionner les rapports de production en les harmonisant avec les forces productives socialisées de la grande production industrielle.

L'enrichissement croissant des riches et la concentration et le contrôle de la richesse sociale en moins de mains sont reflétés dans le diktat de ceux qui contrôlent les monopoles privés et les institutions publiques, qui attaquent le mouvement ouvrier et exercent une pression à la baisse sur les salaires, les avantages sociaux, les pensions et les conditions de travail. Cela se voit dans les réductions des dépenses publiques consacrées aux programmes sociaux et aux services publics qui servent la population, et la direction donnée aux secteurs privé et public de l'économie, de payer les riches. On peut le voir dans les guerres d'agression perpétuelles, en particulier celles de l'impérialisme américain contre d'autres nations et ses guerres économiques, le recours aux sanctions et aux blocus contre tous ceux qui ne se plient pas à sa volonté et ne se soumettent pas à sa domination.

L'oligarchie financière contrôle maintenant presque toute la richesse sociale de l'économie, qu'elle la possède directement ou non. Les fonds de pension et d'épargne des travailleurs sont sous le contrôle de l'oligarchie financière qui les utilise pour ses intérêts privés étroits. Elle contrôle également les emprunts publics et les dettes des gouvernements à tous les niveaux et les utilise comme sources de richesse privée supplémentaire garantie. Elle contrôle également les recettes publiques de tous les ordres de gouvernement et utilise ces fonds publics pour son intérêt privé et son économie de guerre.

Une grande partie des recettes publiques retirées des programmes sociaux est systématiquement transférée du trésor public de tous les ordres de gouvernement aux entreprises les plus puissantes et aux cartels mondiaux dans le cadre de stratagèmes pour payer les riches, comme les remises de fonds publics et l'octroi de contrats aux intérêts privés les plus influents sous forme de subventions, de subventions de recherche, de contrats publics garantis, de partenariats public-privé, de prêts gouvernementaux à des entreprises privées qui sont par la suite radiés sans remboursement, comme dans le cas du secteur de l'automobile, et les rachats gouvernementaux, comme l'achat du pipeline Trans Mountain par le gouvernement fédéral canadien. De bien d'autres manières, l'ensemble de l'économie est orienté pour payer les riches et pour l'expropriation de la valeur nouvelle produite par les travailleurs.

L'affirmation du droit aux soins de santé est un aspect de la lutte pour le pouvoir politique et le renouveau démocratique en préparation de la transformation révolutionnaire des rapports de production pour libérer les forces productives socialisées de l'emprise destructrice de l'oligarchie financière et de ses guerres perpétuelles, des crises et de la destruction et les mettre sous le contrôle et la direction des travailleurs.

Notes

1. Les citations des articles du New York Times sont traduites de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste.

2. Le New York Times indique que Paul Krugman a rejoint le journal en 1999 comme chroniqueur. Il est professeur à la City University of New York et à la Woodrow Wilson School de l'Université Princeton. En 2008, le prix de la Banque de Suède en sciences économiques à la mémoire d'Alfred Nobel (le prix Nobel) a été décerné à M. Krugman pour « ses travaux sur la théorie du commerce international ».

3. Steven Lawrence Rattner fait partie de l'élite dirigeante américaine. Lors de la crise économique de 2008, Rattner a été conseiller principal du Groupe de travail sur l'industrie automobile du président Obama qui a préparé le renflouement de l'industrie automobile des États-Unis en plein désarroi, alors que les oligarques investisseurs étaient au bord de perdre des fortunes considérables. Le plan d'Obama pour le secteur automobile et les sauvetages bancaires qui ont suivi ont permis de remettre des milliards de dollars à l'oligarchie financière et de sauver la richesse sociale privée de nombreux riches oligarques. Les sauvetages pour payer les riches ont fermé la porte à toute discussion ou à toute ouverture sur une nouvelle direction pour l'économie.

Selon Wikipedia (anglais), « [Rattner] est actuellement président et chef de la direction de Willett Advisors LLC, le groupe d'investissement privé qui gère les actifs personnels et philanthropiques de l'ancien maire de New York Michael Bloomberg. Il continue d'intervenir sur les questions de politique publique comme analyste économique du Morning Joe de MSNBC, et comme chroniqueur au New York Times. »

4. David Brooks écrit pour The New York Times, The Wall Street Journal, The Weekly Standard, Newsweek, et le Atlantic Monthly. Il est commentateur pour les émissions NPR, PBS NewsHour et NBC's Meet the Press.

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Note aux lecteurs

Mis à part les deux numéros qui couvriront la revue de l'année en photos pour les mois de novembre et décembre, Le Marxiste-Léniniste termine sa publication pour 2019. Il reprendra sa parution régulière le 26 janvier 2020. Nous vous souhaitons de passer la période des fêtes en toute sécurité et vous encourageons à prendre le temps de considérer et de discuter avec d'autres les développements sérieux qui se produisent au Canada et dans le monde et de voir comment intervenir efficacement dans la nouvelle année.

La revue de photos mensuelle a commencé le 16 décembre et se termine le 30 décembre. Nous encourageons tout le monde à la partager et à examiner les réalisations des travailleurs au Canada au cours de la dernière année, afin de voir comment aller plus loin.

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