Les nazis ont créé des ghettos dans les villes de l'Europe orientale qu'ils occupaient. Le ghetto de Varsovie était le plus grand de Pologne, établi peu après l'invasion des Allemands en septembre 1939. Plus de 400 000 juifs à Varsovie, la capitale de la Pologne, étaient confinés dans une zone de 2,5 kilomètres carrés. En novembre 1940, ce ghetto était entouré d'un mur de plus de trois mètres de haut, surmonté de barbelés, et étroitement surveillé pour empêcher les mouvements entre le ghetto et le reste de Varsovie. Les nazis contrôlaient le ravitaillement et la quantité de nourriture qui entraient dans le ghetto et les maladies et la famine tuaient des milliers de gens chaque mois. Pendant l'occupation nazie de la Pologne, plus de 250 000 juifs du ghetto de Varsovie ont été déportés ou tués. En juillet 1942, Heinrich Himmler, chef du corps paramilitaire nazi Schutzstaffel (la SS), ordonna que les juifs soient « réinstallés » et déportés vers les camps d'extermination. On a dit aux juifs qu'ils étaient transférés dans des camps de travail ; cependant, on a su rapidement dans le ghetto que la déportation vers les camps signifiait la mort. Deux mois plus tard, 265 000 juifs avaient été déportés du ghetto de Varsovie au camp d'extermination de Treblinka et plus de 20 000 autres avaient été envoyés dans des camps de travail forcé ou massacrés dans le ghetto pendant les opérations de déportation. Il restait environ 55 000 à 60 000 juifs dans le ghetto de Varsovie. Quand les informations de massacres au centre d'extermination de Treblinka parvinrent au ghetto, un groupe de survivants, pour la plupart des jeunes, a formé une organisation connue sous le nom polonais de Zydowska Organizacja Bojowa, l'Organisation juive de combat (OJC). L'OJC a émis une proclamation appelant le peuple juif à résister à être conduit de force au point de transfert et embarqué dans les wagons de marchandises. Le 18 janvier 1943, lorsque les nazis entrèrent dans le ghetto pour reprendre les déportations vers les camps, une unité de l'OJC, armée d'armes introduites clandestinement par la résistance polonaise antinazie, leur a tendu une embuscade. Après quelques jours, les troupes ont reculé et les nazis ont suspendu les déportations du ghetto de Varsovie pour les prochains mois. Cette petite victoire a inspiré les combattants du ghetto à se préparer à la résistance future. L'OJC a été élargie pour incorporer des membres d'organisations politiques clandestines. Les forces de la résistance polonaises ont fourni un entraînement, des armements et des explosifs. Mordechaj Anielewicz, âgé de 23 ans, a été nommé commandant. L'organisation de combat a été unifiée, des stratégies ont été planifiées, des bunkers souterrains, des tunnels et des passages sur les toits ont été construits. Les juifs du ghetto de Varsovie se sont préparés à se battre jusqu'à la mort. Le 19 avril 1943, Himmler envoya des troupes
SS sous le commandement du général SS Juergen Stroop pour
continuer les déportations. Mais la population du ghetto ne se
présenta pas aux déportations. Au lieu de cela, les
organisations de combat du ghetto s'étaient barricadées
à l'intérieur de bâtiments et de bunkers,
prêts à
résister aux Allemands. Sept cent cinquante combattants, en
infériorité numérique et d'armement, ont combattu
les nazis lourdement armés et bien entraînés.
Après trois jours, les Allemands ont commencé à
brûler le ghetto, bâtiment par bâtiment, pour forcer
les juifs à sortir de leurs cachettes. La résistance
s'est poursuivie alors que les Allemands,
avec leurs auxiliaires, des chars et de l'artillerie lourde,
réduisaient le ghetto en décombres, bloc par bloc,
détruisaient les bunkers où de nombreux habitants
étaient cachés. Ce n'est que le 16 mai que la
révolte fut écrasée et que le ghetto tomba sous le
contrôle des nazis. Ce jour-là, comme un ultime acte de
vengeance, les Allemands ont
détruit la Grande Synagogue de Varsovie. |