Le Marxiste-Léniniste

Numéro 173 - 14 décembre 2014

Journée des droits de l'homme 2014

Tous les êtres humains ont des droits
du fait de leur humanité


Journée des droits de l'homme 2014
Tous les êtres humains ont des droits du fait de leur humanité
Le communisme et les droits humains - Hardial Bains
Fiche d'information: la Déclaration universelle des droits de l'homme

Défendons les droits de tous!
Les attaques incessantes du gouvernement Harper contre les réfugiés - Peggy Morton

67e anniversaire de la partition de la Palestine
Un jour sombre dans l'histoire de l'ONU - Ali Kazak, Palestine Chronicle


Journée des droits de l'homme 2014

Tous les êtres humains ont des droits
du fait de leur humanité

Le 10 décembre 1948, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme. En 1950, cette journée a été déclarée Journée internationale des droits de l'homme pour commémorer cet événement et rappeler au monde tous les droits auxquels les êtres humains ont droit.

La Déclaration universelle des droits de l'homme contient 30 articles qui incluent des droits tels que :

- le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne,

- l'interdiction de l'esclavage et de la traite des esclaves sous toutes leurs formes,

- nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,

- nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé,

- toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État,

- toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

L'Article 23 reconnaît comme un droit humain fondamental et une pierre angulaire de la démocratie le droit d'adhérer à un syndicat et de négocier collectivement. Le droit au travail et tous les droits humains, « appartiennent également à chacun d'entre nous et nous unissent en tant que communauté mondiale avec les mêmes idéaux et valeurs ».

Même si cette Déclaration est célébrée, les droits humains dans le monde entier restent dans un état déplorable. Le monde est encore loin d'appliquer les principes qui régissent les droits humains malgré les traités internationaux, les déclarations et les instruments relatifs aux droits humains adoptés par les gouvernements dans le monde entier. Les États-Unis, le Canada et les grandes puissances de la vieille Europe, ainsi qu'Israël et d'autres pays ont piétiné ces principes et la primauté du droit basée sur eux. Ils ont imposé leurs propres définitions anticommunistes et intéressées des droits humains qu'ils utilisent pour déclarer que quiconque ne respecte pas leurs principes n'a pas droit à l'existence. Cela montre que bon nombre des principes relatifs aux droits humains sont appliqués de façon sélective ou pas appliqués du tout. La situation des droits humains dans le monde montre qu'il faut des transformations matérielles et sociales fondamentales pour mettre fin aux violations des droits humains qui existent encore aujourd'hui dans beaucoup de pays.

La question des droits humains est la question la plus importante de notre temps. Elle est née de l'évolution de la situation objective, du développement prodigieux des forces productives. Ces droits exigent une restructuration complète de la société, de la théorie et de la philosophie qui la guident, ainsi que des théories économiques, politiques et des autres théories qui façonnent la vie moderne.

La définition moderne des droits humains peut se résumer en une phrase : les gens ont des droits du fait de leur humanité. C'est la pierre angulaire sur laquelle toute la base et la superstructure de la société doivent être construites -- tous ont des droits au sens objectif du terme, c'est-à-dire, du fait de leur humanité. Ces droits ne peuvent être donnés ni enlevés ni abandonnés de quelque manière que ce soit. Cela veut dire que quiconque essaie de retirer ces droits se heurtera à la résistance du peuple. Plus important encore, les gens doivent passer de la résistance à ceux qui les privent de leur capacité d'exercer leurs droits, à l'édification d'une société où ces droits sont protégées par une garantie constitutionnelle. La société doit être organisée pour garantir que tous sont en mesure d'exercer ces droits sans exception.

Dans ce LML, nous publions des informations et articles sur l'adoption des conventions relatives aux droits de l'homme et sur la situation des droits humains ainsi que sur la question cruciale du communisme et des droits humains.

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Le communisme et les droits humains


Hardial Bains s’adressant au Séminaire International sur le communisme et les droits humains,
Toronto,  27 mars 1995.

Un des domaines les plus importantes où la lutte idéologique a éclaté est celui des droits humains. La bourgeoisie du monde entier crie sur tous les toits que le communisme viole les droits humains. Il est même suggéré que le communisme à cause de sa qualité propre est l'ennemi des droits humains. Le communisme et les droits humains, disent ses détracteurs, sont comme le pétrole et l'eau. Les deux ne se mélangent pas.

Est-il exact que le communisme viole les droits humains et que le communisme et les droits humains sont des ennemis naturels ? C'est bien sûr faux. Le communisme est la condition de l'émancipation complète de la classe ouvrière, une condition de l'émancipation de l'humanité tout entière. Comment se peut-il que le communisme qui est la condition de l'émancipation complète de la classe ouvrière puisse violer les droits humains ?

La définition moderne des droits humains stipule que tous les êtres humains ont des droits de par leur humanité. Puis il y a des êtres humains qui ont des droits en raison de leur condition propre, comme les femmes du fait qu'elles sont femmes ou les personnes handicapées en raison de leur condition concrète objective, ou encore les minorités nationales, linguistiques, religieuses et les autres minorités en raison aussi de leur réalité concrète objective.

Le communisme, dans son expression moderne, présente la collectivité des droits comme la condition fondamentale de la défense de tous les droits, qu'ils soient inaliénables et appartiennent à tous du fait que tous sont des êtres humains ou qu'ils leur appartiennent en raison des conditions concrètes objectives. Si, en tant que nation ou pays au sens collectif, tous ne jouissent pas de la collectivité de leurs droits, comment peuvent-ils jouir des autres droits ? Les États-Unis attaquent la collectivité des droits de Cuba en criant leur indignation sur l'absence de droits humains dans ce pays. La Corée du Nord et beaucoup d'autres pays, comme l'Iran, sont menacés pour les mêmes raisons.

Selon le Larousse, « collectif » signifie : « 1. Qui concerne un ensemble de personnes, qui est le fait d'un groupe. 2. Ling. Nom qui exprime une idée de groupe, comme foule, troupe, rangée, etc. » Et « collectivité » signifie : « 1. Groupe d'individus habitant un même pays, une même agglomération, ou simplement ayant des intérêts communs. Les communes et les départements. Collectivités publiques, nom générique recouvrant l'État, les collectivités locales, les établissements publics. Collectivisme : système économique visant à la mise en commun des moyens de production. »

La collectivité des droits, comme « collectivité du sol » ou « collectivité de la richesse sociale » ou une « autorité politique omnipotente et centralisée » est quelque chose qui existe et doit appartenir à tous. Quelles qualités doit avoir une personne pour avoir droit à la collectivité des droits ? Le fait d'être un être humain est la seule qualité. C'est la définition la plus large que l'on puisse lui donner puisque cela comprend tout le monde sans exception en raison de leur humanité. Non seulement le communisme reconnaît-il ces droits en pratique, comme allant de soi, mais il lutte pour cette définition quelles que soient les conditions et les circonstances. Peut-on dire alors que le communisme et les droits humains se repoussent mutuellement ?

La bourgeoisie donne une définition extrêmement étriquée des droits humains. Selon les fondateurs des États-Unis, ces droits appartiennent à l'« aristocratie naturelle », c'est-à-dire à ceux qui excellent sur le marché capitaliste. Éliminer le marché capitaliste par la socialisation des moyens de production est considéré par la bourgeoisie comme une « atteinte aux droits humains ». C'est pourquoi elle prêche et exige, notamment par la force des armes, que tous les pays du monde adoptent le système capitaliste et gardent « leurs portes ouvertes » aux grandes puissances pour qu'elles viennent y faire ce qu'elles veulent.

Les communistes mettent au premier plan la collectivité des droits pour la simple raison qu'il est nécessaire d'harmoniser les droits de l'individu avec l'intérêt général du collectif et les droits de l'individu et du collectif avec le bien-être général de la société. Les droits individuels ou collectifs ou le bien-être général de la société ne signifient rien si l'on ne défend pas d'abord la collectivité des droits. Comment la bourgeoisie peut-elle prétendre défendre les droits humains si elle exige la négation de la collectivité des droits ? Les communistes luttent par principe pour la création d'un corps politique fondé sur la collectivité des droits. Ils considèrent la collectivité des droits comme une garantie que les droits de l'individu et du collectif et l'intérêt général de la société soient respectés. Seule la collectivité des droits permet de coordonner et de subordonner tous les droits à l'ouverture de la voie au progrès de la société.

Il faut que tous les combattants pour le communisme et les droits humains discutent et débattent de ces questions d'importance vitale pour le progrès de la société dans les conditions d'aujourd'hui.

(Basé sur un article du LML Quotidien du 13 février 1995)

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Fiche d'information:
la Déclaration universelle des droits de l'homme

Dans une fiche d'information des Nations unies publiée à l'occasion du 50e anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme le 10 décembre 1948, il est souligné que cette Déclaration a été une des premières réalisations majeures de l'ONU qui continue d'exercer un impact considérable sur la vie des gens partout dans le monde. « C'était la première fois qu'une organisation internationale adoptait un document considéré comme ayant une valeur universelle. C'était aussi la première fois que les droits de l'homme et les libertés fondamentales étaient énoncées de façon aussi détaillée. La Déclaration a rencontré un large appui lorsqu'elle a été adoptée. »

« L'adoption de la Déclaration universelle découlait en grande partie du puissant désir de paix au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Bien que les 58 États membres qui constituaient alors les Nations unies différaient par leurs idéologies, systèmes politiques, valeurs religieuses et traditions culturelles et connaissaient des modes de développement socio-économique différents, la Déclaration universelle des droits de l'homme a représenté une déclaration commune des buts et aspirations - une vision du monde tel que la communauté internationale souhaitait qu'il fût. »

La Déclaration universelle a été traduite dans plus de 200 langues et reste le document relatif aux droits humains le plus connu et le plus souvent cité dans le monde, est-il souligné dans la fiche d'information des Nations unies. La rédaction et l'adoption de la déclaration a été « une tâche longue et ardue » :

« Lorsqu'elle a été créée en 1946, la Commission des droits de l'homme des Nations unies était composée de 18 États membres. Au cours de sa première session, le principal point inscrit à son ordre du jour était la Déclaration universelle des droits de l'homme. La Commission a constitué un comité de rédaction qui s'est consacré exclusivement à l'élaboration du projet de Déclaration universelle des droits de l'homme.

« Le Comité de rédaction comprenait huit personnes originaires de l'Australie, du Chili, de la Chine, de la France, du Liban, des États-Unis d'Amérique, du Royaume-Uni et de l'Union des Républiques socialistes soviétiques. Le Secrétariat de l'Organisation des Nations unies, sous la conduite de John Humphrey, rédigea l'avant-projet (400 pages) qui devait servir de document de travail de base du Comité. »

« Durant les deux années qu'a duré l'élaboration de la Déclaration universelle, les membres du Comité de rédaction ont toujours maintenu un terrain d'entente et un objectif commun : le respect des libertés et des droits fondamentaux. Malgré leurs divergences de vues sur certaines questions, ils décidèrent d'inclure dans le document les principes de la non-discrimination, des droits civils et politiques, et des droits économiques et sociaux. Ils décidèrent aussi que la Déclaration devait être universelle. »

« Le 10 décembre 1948, au Palais de Chaillot, à Paris, les 58 États membres de l'Assemblée générale des Nations unies ont adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme, avec 48 voix pour et huit abstentions. (Deux pays n'étaient pas présents lors du vote). » L'Assemblée générale a proclamé la Déclaration « comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société...s'efforcent...de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives...la reconnaissance et l'application universelles et effectives. »

Il est expliqué dans cette fiche d'information que :

« Bien que la Déclaration, qui comprend un large éventail de droits, ne soit pas un instrument ayant force obligatoire, elle a inspiré plus de 60 instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme qui, ensemble, constituent les normes internationales en matière de droits de l'homme. Ces instruments comprennent le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui sont tous deux des instruments ayant force obligatoire. Avec la Déclaration universelle, ces deux instruments constituent la Charte internationale des droits de l'homme.

« La Déclaration reconnaît que la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde et est liée à la reconnaissance des droits fondamentaux auxquels chaque être humain aspire, à savoir le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ; le droit à un niveau de vie suffisant ; devant la persécution, le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays ; le droit à la propriété ; le droit à la liberté d'opinion et d'expression ; le droit à l'éducation, à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; et le droit en vertu duquel nul ne peut être soumis à la torture et aux traitements dégradants, entre autres choses. Ce sont des droits inhérents que doivent exercer tous les être humains du village planétaire - les femmes et les enfants, ainsi que tout groupe de la société, défavorisé ou non, et non des « cadeaux » qui peuvent être retirés, retenus ou accordés selon le bon vouloir ou la fantaisie de quelqu'un. »


Session de l’Assemblée générale des Nations unie au cours de laquelle la Déclaration universelle des droits de l’homme a été adoptée, 10 décembre 1948.

« Les droits énoncés dans la Déclaration et les deux Pactes ont été explicités davantage dans des instruments juridiques tels que la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, qui déclare délit punissable par la loi toute diffusion d'idées fondées sur la supériorité ou la haine raciale ; la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, qui prévoit des mesures devant être prises en vue d'éliminer la discrimination à l'égard des femmes dans la vie politique et publique, l'éducation, l'emploi, la santé, le mariage et la famille ; et la Convention relative aux droits de l'enfant, qui énonce des garanties en ce qui concerne les droits fondamentaux de l'enfant. »

Puis, en 1989-1990, l'Union soviétique s'est effondrée, entraînant avec elle les régimes de l'Est de l'Europe et mettant fin a la division bipolaire du monde. En 1991, les États-Unis, le Canada, les grandes puissances de la vieille Europe et les pays de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont adopté la Charte de Paris qui stipule que tous les pays du monde doivent avoir des économies de marché et se conformer à leur définition de la démocratie fondée sur le multipartisme et des droits de l'homme qui reposent sur leur opposition à toute interprétation qui porte atteinte à ce que ces puissances appellent leurs intérêts nationaux. Depuis les années 1990, l'ordre du jour des droits de l'homme a été manipulé par les États-Unis et les pays qui ont signé la Charte de Paris, ce qui a jeté le discrédit sur le droit et les pactes internationaux relatifs aux droits humains.

À la Conférence mondiale sur les droits de l'homme, qui s'est tenue à Vienne (Autriche) en juin 1993, 171 pays ont réitéré que les droits de l'homme sont universels, indissociables et interdépendants et réaffirmé leur adhésion à la Déclaration universelle des droits de l'homme. Ils ont adopté la Déclaration et le Programme d'action de Vienne, qui « énoncent le nouveau cadre de planification, de dialogue et de coopération en vue de permettre une approche intégrée de la promotion des droits de l'homme et la participation des acteurs aux niveaux local, national et international ».

Dans la conclusion de la fiche d'information des Nations unies sur la Déclaration universelle des droits de l'homme, il est indiqué :

« Depuis la création de l'Organisation des Nations unies, la promotion et la protection des droits de l'homme occupent une place centrale dans ses travaux. L'Article premier de la Charte des Nations unies fait référence à la promotion et au respect des droits de l'homme, ainsi qu'à la création d'une Commission pour la promotion des droits de l'homme, mentionnée à l'Article 68. Au fil des ans, l'Organisation a créé toute une série de mécanismes chargés de surveiller les violations des droits de l'homme.

« Des mécanismes conventionnels (organes créés en vertu d'instruments internationaux) et des mécanismes non conventionnels (Rapporteurs spéciaux des Nations unies, représentants spéciaux, experts et groupes de travail) ont été créés en vue de surveiller l'application par les États parties des différents instruments relatifs aux droits de l'homme et d'enquêter sur les allégations de violations des droits de l'homme. Au cours des dernières années, un certain nombre de bureaux extérieurs ont été ouverts à la demande des gouvernements, notamment, pour aider à mettre en place les institutions nationales chargées de la promotion et de la protection des droits de l'homme et à mener des campagnes d'éducation dans le domaine des droits de l'homme.

« Des problèmes restent à résoudre, malgré les nombreux progrès réalisés dans le domaine des droits de l'homme. Nombreux sont ceux dans la communauté internationale qui considèrent que les droits de l'homme, la démocratie et le développement sont indissociablement liés. Le maintien de la paix et de la sécurité internationales et la promotion du développement économique et social passent obligatoirement par le respect des droits de l'homme. Le monde demeure en proie à des incidents liés à la haine ethnique et à des actes de génocide. Des gens sont encore victimes d'attitudes xénophobes et de la discrimination fondée sur la religion ou le sexe et sont victimes d'exclusion. Dans le monde, des millions d'êtres humains demeurent privés d'aliments, d'abri, de l'accès aux soins médicaux, d'éducation et de travail et trop nombreux sont ceux qui vivent dans l'extrême pauvreté. Leur humanité et leur dignité inhérentes ne sont pas reconnues.

« L'avenir des droits de l'homme dépend de nous. Nous devons tous agir lorsque les droits de l'homme sont violés. Tant les États que les individus doivent assumer leurs responsabilités aux fins de la réalisation et de la protection efficace des droits de l'homme. »

(La fiche d'information a été publiée par le Département de l'information des Nations unies DPI/1937/A--décembre 1997)

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Défendons les droits de tous!

Les attaques incessantes du gouvernement Harper contre les réfugiés

Avec le projet de loi omnibus C-43, appelée frauduleusement Loi no 2 sur le plan d'action économique de 2014, le gouvernement Harper poursuit ses attaques contre les réfugiés et montre son mépris pour les tribunaux et les obligations du Canada sous la loi internationale. Le projet de loi cible les personnes cherchant asile au Canada dont le statut de réfugié n'a pas été déterminé. Elle amende la Loi sur les arrangements fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces pour permettre aux provinces d'établir un minimum de résidence requis pour l'assistance sociale basé sur le statut d'immigration.


Le but de ces mesures régressives et arbitraires est d'empêcher les réfugiés sans parrains de chercher asile au Canada. Le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Chris Alexander, et son prédécesseur, Jason Kenney, ont faussement déclaré que les demandeurs d'asile qui arrivent au Canada sans autorisation préalable sont des « resquilleurs » qui sont illégalement au Canada. Ces allégations sont complètement fausses. Il n'y a pas de « file » pour les réfugiés et c'est le gouvernement Harper qui agit illégalement, pas les demandeurs d'asile. Le droit international, notamment la Convention (1951) et le Protocole (1967) relatif au statut des réfugiés, dont le Canada est signataire, oblige les pays à protéger les réfugiés comme obligation juridique et interdit aux pays de renvoyer les réfugiés dans leur pays où ils feront face à la persécution. Le gouvernement Harper a constamment violé ces principes, déclarant un état permanent d'exception où il ne reconnaît aucune obligation de respecter la primauté du droit.

L'article 23 de la Convention — Assistance publique — déclare : « Les États contractants accorderont aux réfugiés résidant régulièrement sur leur territoire le même traitement en matière d'assistance et de secours publics qu'à leurs nationaux. »

Le projet de loi proposé a rencontré une large opposition, notamment celle de 160 organisations qui exigent son retrait immédiat.[1] Dans une condamnation quasi universelle, les Canadiens soulignent que cette nouvelle attaque contre les réfugiés viole les obligations du gouvernement sous la Charte canadienne des droits et libertés et le droit international, lesquels exigent la préservation d'un standard national non-discriminatoire qui garantit les nécessités de base pour la vie des réfugiés alors que leurs demandes sont examinées.

« Cette loi est un désastre pour les réfugiés, a dit M. Peter Showler, ancien président de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada. La plupart des demandeurs d'asile sont profondément vulnérables lorsqu'ils arrivent au Canada. Ils sont démunis. Ils ne sont pas autorisés à travailler. Plusieurs ont subi de graves blessures physiques et psychologiques. Sans assistance sociale de base, il sera presque impossible de survivre, sans parler de compléter toutes les étapes requises afin de prouver leurs demandes de réfugié. Ces amendements mettent en péril la vie et la sécurité des réfugiés. Depuis quand le Canada est-il devenu si cruel ? »[2]

Le Canada est aussi signataire du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) et l'article 9 stipule que les États parties au présent Pacte, notamment le Canada, « reconnaissent le droit de toute personne à la sécurité sociale, y compris les assurances sociales ».

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CESCR) a déclaré : « alors que tout le monde a le droit à la sécurité sociale, les États parties devraient accorder une attention particulière à ces individus et aux groupes qui, traditionnellement confrontés à des difficultés dans l'exercice de ce droit, en particulier [...] les réfugiés [et] demandeurs d'asile. »

La Déclaration de Philadelphie de l'Organisation internationale du travail reconnaît le droit aux « mesures de sécurité sociale en vue d'assurer un revenu de base à tous ceux qui ont besoin d'une telle protection ».

Le gouvernement Harper met de l'avant cette loi malgré le jugement de la Cour fédérale du Canada qui a invalidé la loi refusant les soins de santé aux réfugiés. Ce jugement interdit clairement aux gouvernements de refuser arbitrairement l'assistance sociale aux réfugiés.

En 2012, le gouvernement a retiré l'accès à l'assurance-médicaments, aux soins dentaires et oculaires à tous les réfugiés à l'exception des réfugiés assistés par le gouvernement. Les réfugiés des pays d'origine désignés, qui sont considérés alliés, se voient refuser toute couverture de soin de santé sauf s'il s'agit de santé ou de sécurité publique. En invalidant la loi, la juge MacTavish a déclaré :

« En ayant apporté les modifications au Programme fédéral de santé intérimaire en 2012, l'exécutif a délibérément cherché à compliquer encore plus les choses pour ces personnes défavorisées dans le but d'encourager les personnes venues au Canada afin d'y demander sa protection à quitter le pays plus rapidement et de dissuader les autres de venir au Canada.

« Je suis convaincue que les personnes touchées sont victimes d'un « traitement » au sens de l'article 12 de la Charte et que ce traitement est effectivement « cruel et inusité », et ce, tout particulièrement, mais non exclusivement, car il touche des enfants qui ont été amenés au Canada par leurs parents. »

Les Harpériens violent aussi directement ce jugement de la cour et continuent à nier les soins de santé à certains groupes de réfugiés au mépris de la loi.

Les amendements à la Loi sur les arrangements fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces doivent être retirés. En plus de ses responsabilités légales aux termes du droit international et canadien, le Canada a une profonde responsabilité pour le bien-être de millions de personnes partout dans le monde qui sont devenues réfugiées à la suite de guerres d'agression, de changements de régimes et de la destruction de leur pays par l'impérialisme anglo-américain. Le Canada a participé activement dans la guerre de Corée, aux bombardements de la Yougoslavie par l'OTAN, à la guerre en Afghanistan,au coup d'État en Haïti, à la destruction de la Libye et maintenant l'agression contre l'Irak. Tout cela a créé des crises humanitaires et de réfugiés. Les tentatives brutales et vulgaires du gouvernement Harper d'inciter au racisme contre les réfugiés au lieu de s'acquitter de ses obligations juridiques et morales sont une tache sur le Canada. Le mépris du gouvernement Harper pour la primauté du droit et ses déclarations qu'il choisira quelles lois il respectera et celles qu'il défiera montrent qu'il doit être arrêté et défait.

Notes

1. La liste des organisations est accessible ici (http://ccrweb.ca/fr/lettre-ouverte-aide-sociale)
2. Communiqué de presse, Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés.
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67e anniversaire de la partition de la Palestine

Un jour sombre dans l'histoire de l'ONU

Aujourd'hui, le 29 novembre, est l'un des jours les plus honteux de l'Organisation des nations unies et de l'histoire humaine moderne ; c'est le 67e anniversaire de la partition de la Palestine par l'Assemblée générale des Nations unies (résolution de l'AGNU 181 (II)), adoptée par un vote de 33 pays en sa faveur, 13 votes contre et 10 abstentions. Elle partage la Palestine, contre la volonté de la majorité de ses habitants, en deux États, un État arabe et un État juif. À l'époque, l'ONU était dominée par les puissances colonialistes.

Aux colons juifs européens nouvellement arrivés, qui ont été autorisés en Palestine par les colonialistes britanniques sans le consentement du peuple palestinien et constituaient alors le tiers de la population détenant 5,6 % de la terre, la résolution a donné 56,47 % des meilleures parties de la Palestine et ses grandes villes. Elle a donné à la majorité palestinienne qui formait les 2/3 de la population et possédait 94,4 % de la terre, 42,88 % de son pays et a déclaré sa capitale Jérusalem (0,65 %) comme un corpus separatum international. Les Palestiniens ont naturellement refusé d'accepter la résolution injuste et illégale de l'ONU, comme tout autre peuple l'aurait fait.


Scènes de la Naqba

Par conséquent, l'ONU a donné une légitimité à l'organisation colonialiste sioniste mondiale. Les groupes terroristes juifs, la Haganah, le groupe Stern et l'Irgoun, ont déclenché une guerre de nettoyage ethnique contre les Palestiniens non armés et non protégés, occupant 78 % du territoire de la Palestine en 1948, soit 21,53 % au-delà de ce qui était prévu dans la résolution de partition. Ils ont procédé au nettoyage ethnique, perpétré 70 massacres horribles et expulsé par la terreur entre 770 000 et 950 000, selon l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA), ce qui représente environ 70 % de la population et a transformé la majorité palestinienne en une minorité et la minorité juive en une majorité et instauré une « démocratie » totalement fausse. Les Palestiniens appellent cela Al Naqba (la Catastrophe).

Plus de 513 villes et villages palestiniens ont été dépeuplés et totalement détruits afin que les habitants ne puissent jamais y retourner.

Dans son livre « La question de la Palestine », le juriste en droit international Henry Cattan a écrit : « Rarement dans l'histoire, à tout le moins dans l'histoire moderne, une majorité de la population d'un pays a-t-elle été déplacée de force et déracinée par une minorité militante provenant de l'étranger. C'est pourtant ce qui se est passé en 1948 dans la Palestine originelle, quand près d'un million de Palestiniens ont été expulsés ou autrement forcés de quitter leurs maisons, leurs villes et villages ; ont été dépouillés de leurs terres, leurs propriétés et leurs biens et sont devenus des réfugiés sans abri et sans moyens de subsistance. »

Un autre groupe de 300 000 Palestiniens ont été dépossédés suite à la guerre de 1967 et à l'occupation militaire israélienne de ce qui restait de la Palestine, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza.

En 1977, avec le changement de la composition de l'ONU et le fait que de plus en plus de nations ont obtenu leur liberté et l'indépendance, l'Assemblée générale de l'ONU a appelé à marquer chaque année le 29 novembre, le jour où l'ONU a divisé la Palestine, comme la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien (AGNU résolution 32/40 B).

Aujourd'hui le peuple palestinien vit sous l'occupation la plus longue de l'histoire moderne ; sa diaspora doit prendre fin. La communauté internationale qui paie le prix des agressions, des expansions, de l'occupation, des violations flagrantes et de la déstabilisation répandue partout dans le monde par Israël, doit prendre ses responsabilités et obliger Israël à reconnaître les droits légitimes et inaliénables des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs villes, villages et propriétés dont ils ont été chassés par le nettoyage ethnique, et à accorder au peuple palestinien son droit à l'autodétermination, la liberté et l'indépendance.

* Ali Kazak est un ancien ambassadeur palestinien. Il a écrit cet article pour PalestineChronicle.com. Traduction: LML



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