Le Marxiste-Léniniste

Numéro 157 - 24 novembre 2014

Sommet du G-20 à Brisbane, Australie

L'opposition populaire sous haute surveillance


Manifestation à Brisbane au Sommet du G20 le 15 novembre 2014

Sommet du G-20 à Brisbane, Australie
L'opposition populaire sous haute surveillance
Coûteuse défense du droit de monopole et de l'ordre du jour antipeuple


Sommet du G-20 à Brisbane, Australie

L'opposition populaire sous haute surveillance

Les nombreuses manifestations à l'occasion du sommet du G20 à Brisbane les 15 et 16 novembre ont mis en lumière le conflit entre, d'une part, les conditions des Australiens et de tous les peuples du monde qui sont privés du pouvoir politique, et, de l'autre, l'autorité illégitime du G20, une instance qui prétend les représenter.

Mesures de sécurité

La sécurité a été accrue à Brisbane pour le sommet du G-20 2014. Selon le Brisbane Times, « les manifestants ont dénoncé la présence 'hautement exagérée' des forces policières alors que Brisbane a été littéralement fermée pour raisons de sécurité dès le vendredi 14 novembre, la veille du sommet ». Les dépenses totales pour la sécurité ont atteint les 100 millions $. Rappelons que, bien qu'élevée, cette somme est très inférieure aux dépenses en sécurité du sommet du G20 2010 à Toronto qui ont approché le milliard de dollars.

Toujours selon le Brisbane Times, durant les jours menant au sommet les forces de sécurité ont atteint le nombre de « 5000 policiers - 3500 du Queensland et 1500 agents d'autres régions - de même que des agents de la Nouvelle-Zélande et de la Police fédérale australienne. La police du Queensland affirme qu'il s'agit de la plus importante opération de sécurité en temps de paix dans la région et possiblement l'opération de sécurité la plus importante en temps de paix de l'histoire de l'Australie.

« Les Forces armées australiennes ont alloué 8 millions $ à des fins de sécurité pour le Sommet du G20. Plus de 900 soldats seront déployés à Brisbane pour l'occasion et 1000 autres seront sur appel.

« Les dépenses en sécurité comprennent aussi les 370 millions $ en financement fédéral pour frais généraux tels les frais d'emplacement et d'hébergement, d'information technologique et de personnel. Par exemple, le gouvernement a réservé un parc de limousines à l'épreuve des bombes au coût de 1,8 millions $ dans le but de protéger les chefs d'État et autres dignitaires. (On rapporte que Barack Obama et Vladimir Poutine utiliseront leur propre véhicule.) »

De plus, un projet de loi exceptionnel en matière de sécurité a été adopté, semblable à celui adopté en Ontario pour le G20 de 2010, par l'État australien du Queensland. « L'année dernière, le gouvernement du Queensland a adopté la Loi en matière de sécurité 2013, laquelle accorde des pouvoirs supplémentaires aux policiers du Queensland pour procéder à des arrestations, déclarer des 'zones interdites' et rendre illégal aux gens de porter des 'articles interdits' à Brisbane. »

Les Premières Nations résistent au colonialisme


Parmi les manifestations les plus imposantes on compte celles en appui aux Premières Nations de l'Australie. Comme c'est le cas au Canada, la relation entre l'Australie et ses Premières Nations est une vieille relation coloniale, aussi injuste que brutale. Des manifestations de masse et des marches ont eu lieu le 14 et le 15 novembre. Le 15 novembre, environ 2000 manifestants ont marché dans les rues du centre-ville de Brisbane pour la Marche du peuple, où les Premières Nations marchaient en tête. Leur bannière condamnait les excuses vides de l'État australien pour son génocide des peuples autochtones.

Des activistes autochtones ont tenu une série d'événements au cours de la semaine menant au sommet du G20 pour souligner leurs revendications de décolonisation qui comprennent la mise en place d'une ambassade autochtone souveraine dans le centre-ville de Brisbane.

Le 16 novembre, le groupe Warriors for Aboriginal Resistance (WAR) a brûlé six drapeaux australiens. Dans un communiqué de presse, WAR a expliqué le pourquoi de cet acte de résistance :

« Le 16 novembre, des membres de WAR ont brûlé six drapeaux australiens. C'est un geste de défi face à l'État colonial, un message au gouvernement et au public australiens pour dire que nous poursuivons notre résistance à l'offensive de la colonisation, aux empiètements sur nos terres et sur nos vies. Le drapeau australien représente les piliers de l'idéologie coloniale, l'appât du gain et le racisme. Encore récemment les propos de Tony Allen ont été imprégnés de cette idéologie [à l'occasion d'un déjeuner avec le premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, le 14 novembre - LML] alors qu'il a déclaré qu'avant l'invasion de 1788, ce continent n'était rien qu'une 'vaste brousse'.

« Juste au cours du mois précédant le G20 à Brisbane, quatre personnes autochtones sont mortes aux mains des policiers, plusieurs autres enfants autochtones ont été enlevés de force à leurs familles et des compagnies minières ont continué de ravager les terres sacrées des autochtones. Les autochtones sont incarcérés à un taux cinq fois plus élevé que ne l'ont été les Noirs sous le régime d'apartheid de l'Afrique du Sud. L'Australie est première au monde en matière de linguicide, l'espérance de vie des autochtones est toujours de 10 ans de moins que celle des Australiens, et les incursions discriminatoires racistes de John Howard dans les communautés autochtones du territoire du nord de l'Australie vont se poursuivre pendant une autre décennie. Nous sommes un peuple du Quart Monde vivant au sein d'un pays du premier monde. Notre peuple vit dans des conditions de Tiers-Monde et son droit à l'autodétermination a été violé par l'État colonial. Les gouvernements australiens qui se sont succédé nous ont laissé tomber et ces mêmes gouvernements nous ont fait porter le blâme pour notre propre situation. Le drapeau australien ne représente pas la liberté. Brûler ce drapeau est un acte de défi, un symbole de notre lutte pour la liberté. En brûlant le drapeau australien, nous envoyons un message clair à l'Australie et au monde entier à l'effet que nous sommes toujours ici, que la négation de nos droits humains les plus fondamentaux persiste toujours et qu'un changement radical est nécessaire.

« Comme son prédécesseur le Union Jack, le drapeau australien représente le bastion de l'arrogance coloniale. Brûler le drapeau australien est un acte de résistance anticoloniale. Nous ne désirons pas coexister avec l'État colonial. Notre but ultime est de mettre fin au contrôle colonial de nos terres et de nos vies et d'oeuvrer à la restauration de notre souveraineté tribale. Nous résistons à la colonisation tout comme le font les autochtones d'Amérique, les Maoris d'Aotearoa et les autochtones de l'Amérique du Sud. Tout comme les nationalistes écossais et les peuples indigènes de l'Amérique du Sud, nous luttons pour la liberté et pour l'indépendance. Nous lutterons pour débarrasser notre peuple et nos communautés de l'ingérence et de l'oppression de l'État colonial australien. Nous oeuvrons pour un ordre du jour d'affirmation de nos droits fondamentaux et de nos responsabilités en tant que peuples autochtones. Le temps d'attendre la justice de la part du colonisateur est révolu. Désormais nous allons la gagner nous-mêmes. »

Changement climatique


L'une des autres grandes priorités des manifestants lors de la Marche du peuple du 15 novembre était le changement climatique et le manque d'initiative de l'Australie sur cette question. L'un des groupes, les Anges gardiens du Climat, qui a été formé il y a un an pour souligner l'importance de prendre en main la question du changement climatique, est venu de Melbourne pour y participer.

La porte-parole Liz Conor a dit :

« Nous avons formé les Anges gardiens du Climat parce que nous étions désespérés de voir que le gouvernement ne faisait rien pour la crise climatique et que l'avenir de nos enfants était totalement incertain pour nos enfants. »

Sur la plage Bondi à Sydney le 13 novembre, plus de 400 manifestants ont enfoui leur tête dans le sable à l'occasion du G20 pour dénoncer le premier ministre australien Tony Abbott et son refus de faire quoi que ce soit sur le changement climatique.

Solidarité avec les étudiants mexicains disparus

Les manifestants ont dénoncé la visite du président mexicain, Enrique Pena, au sommet du G20 et ont exigé que justice soit faite pour les 43 étudiants disparus d'Ayotzinapa dans l'État du Guerrero. Des gens se sont rassemblés dans sept villes de l'Australie - Hobart, Canberra, Adelaide, Perth, Melbourne, Sydney et Brisbane - pour demander que Pena Nieto quitte l'Australie. Le président mexicain a été sévèrement critiqué au Mexique pour avoir quitté le pays pour participer au Forum de coopération économique Asie-Pacifique en Chine et au sommet du G20 malgré les problèmes sérieux qui font rage au Mexique.

À Brisbane, un groupe de manifestants portant les drapeaux australien et mexicain arborant le numéro 43 s'est rassemblé à la place de Rome. Sur leurs bannières on pouvait lire : « Tu n'es pas le bienvenu en Australie ! », ainsi que des slogans exigeant la démission de Nieto.

(Source : WAR, Brisbane Times, Telesur, Voxmedia. Photos : P. Cunningham, BASE, D. Power, WAR, 350 Australia, Xuyuanze)

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Coûteuse défense du droit de monopole
et de l'ordre du jour antipeuple

Le Groupe des vingt (G20) a tenu son sommet du 15 au 16 novembre à Brisbane en Australie. En plus des dirigeants des pays membres, quelque 4000 délégués y ont assisté. Le G20 comprend l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Arabie Saoudite, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du sud, les États-Unis, la France, l'Inde, l'Indonésie, l'Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie et l'Union européenne.


Autre photo de la manifestation de Brisbane le 15 novembre 2014

Le système impérialiste d'États dirigé par les États-Unis a créé le G20 en 1999 pour maintenir le contrôle des États-Unis et du Royaume-Uni sur le système financier international, en particulier l'influence de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Le G20 a été créé pour mettre directement en contact les pays en développement les plus forts avec les grandes puissances et empêcher des États comme la Chine, l'Inde, la Russie, l'Indonésie et le Brésil de former leur propre bloc.

Le G20 est une autre organisation que le bloc impérialiste anglo-américain a formée pour façonner l'économie internationale en sa faveur. Les Nations unies en principe défendent l'égalité des nations grandes ou petites et tentent de donner une voix à toutes. Le système impérialiste d'États mené par les États-Unis a créé des organisations en dehors des limites et principes de l'ONU. Le G7 et les autres organisations internationales sous le contrôle des grandes puissances et de leurs alliés créent une hiérarchie de pays selon leur puissance économique et militaire et leur allégeance politique au bloc impérialiste anglo-américain.

Les sommets du G20 incluent des représentants gouvernementaux, principalement des chefs d'États et des gouverneurs de banques centrales, apparemment pour discuter de questions générales reliées à la situation économique mondiale et de comment atténuer les conséquences des crises récurrentes. Habituellement, les préoccupations politiques spécifiques des grandes puissances s'infiltrent dans l'ordre du jour et le Sommet de Brisbane n'y a pas échappé.

La «croissance économique et la résilience financière»
du Sommet de Brisbane

Le G20 a dit accorder la première place à la « croissance économique et à la résilience financière ». L'ordre du jour a débuté lors du Sommet en 2013 à Saint-Pétersbourg en Russie, visant à « élaborer des stratégies globales de croissance pour chacun des pays d'ici le Sommet de Brisbane en 2014. Le défi pour le G20 en 2014 a été de transformer cet engagement en résultats concrets. »

L'ordre du jour indique : « Les stratégies de croissance des pays du G20 contiendront un mélange de réformes macroéconomiques et structurelles au niveau national qui répondent à la situation de chaque pays dans les zones ayant le plus grand potentiel pour stimuler la croissance mondiale », en augmentant les investissements dans les infrastructures, en libéralisant le commerce, en promouvant la concurrence, en réduisant la paperasserie administrative et en augmentant l'emploi. D'autres domaines d'attention comprenaient des mesures anticorruption, l'énergie, les réglementations financières, les stratégies de croissance, la réforme des institutions mondiales, la fiscalité et le commerce.

L'épidémie d'Ebola et le changement climatique ont fait partie des questions spécifiques présentées comme prioritaires au Sommet de Brisbane. Avant le Sommet, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'UE ont dit que la Russie et l'Ukraine feraient aussi partie des priorités de l'ordre du jour.

Plan d'action pour l'économie mondiale

Dans ses remarques de conclusion du Sommet, le premier ministre australien Tony Abbott a déclaré que le plan d'action de Brisbane émis par le Sommet, « permettrait d'atteindre une augmentation de 2,1 % de la croissance mondiale au cours des cinq prochaines années au-delà de la performance prévue normalement. Le plan d'action de Brisbane contient plus de 800 mesures distinctes de réformes et si nous faisons tout ce que nous nous sommes engagés à faire, le FMI et l'OCDE nous disent que notre PIB sera ... plus élevé de 2,1 %... »

Utilisant le verbiage néolibéral typique pour attaquer l'autorité publique, Abbott a ajouté : « [Le G20 est] centré sur des politiques qui visent à accroître la concurrence » et « à libérer le secteur privé de la réglementation inutile. »

Abbott a aussi dit que le G20 lance une initiative d'infrastructure mondiale « pour combler l'écart de 70 000 milliards $ dans l'infrastructure nécessaire en 15 ans d'ici 2030 et un mécanisme clé pour mener cette initiative à bien est le Centre mondial des infrastructures qui sera situé à Sydney. Cela sera financé par les contributions des gouvernements et aussi du secteur privé. »

Cela concorde avec les accords existants et proposés de libre-échange qui remettent le développement des infrastructures aux monopoles mondiaux de la construction et du financement les plus puissants. Cela supprime toutes les initiatives et les obstacles des autorités publiques qui défendent les économies régionales et l'environnement social et naturel.

Égalité des sexes pour les travailleurs

Le G20 s'est emparé du langage de l'égalité des sexes. Pour citer Abbott : « Nous avons eu un engagement de 25 par 25 de tous les pays du G20 à réduire d'un quart l'écart entre la participation de la main-d'oeuvre féminine et masculine au cours des 10 prochaines années, ce qui a le potentiel d'ajouter 100 millions de femmes à la main-d'oeuvre mondiale - une réalisation extraordinaire si nous pouvons y arriver, mais c'est une aspiration claire et un objectif réalisable, responsable. »

Abbott présente cela comme une victoire pour les femmes mais n'offre que des mots creux quand on sait que les salaires et conditions de travail des travailleuses dans les grands pays impérialistes sont encore systématiquement inférieurs à ceux des hommes.

Les impérialistes salivent à la perspective de 100 millions de travailleuses additionnelles à exploiter mondialement, surtout s'agissant d'une section historiquement surexploitée. Les femmes seront de plus en plus entraînées dans la compétition du marché du travail capitaliste mettant une pression à la baisse sur les salaires et conditions de travail de tous.

La classe ouvrière fait face au défi de défendre les droits de tous. Un aspect de ce défi est d'éliminer le marché du travail capitaliste comme un pas en avant pour l'élimination du chômage, de la discrimination sur la base du genre et de toutes les autres formes de discrimination aux endroits de travail. La « liberté pour tous » pour les détenteurs de capital, qui est maintenant le marché du travail capitaliste, doit être abolie et remplacée par des garanties dans la loi des droits des travailleurs à un moyen d'existence et des salaires, avantages, pensions et conditions de travail qui défendent la dignité de la classe ouvrière en tant que productrice de toute valeur. De telles garanties apportent la sécurité d'esprit et de corps à tous les travailleurs, sachant que leur bien-être est assuré politiquement et économiquement, et par conséquent, en bonne conscience, ils peuvent pleinement contribuer au bien-être de tous et à l'amélioration de leur société.

Fiscalité et austérité

Selon Abbott, le G20 veut que les « compagnies paient leur juste part d'impôt et nous voulons qu'elles paient leurs impôts dans les juridictions où leurs profits sont tirés. Cela est particulièrement important pour les économies émergentes et en développement et nous prenons des mesures concrètes et pratiques pour y arriver. Il faut que les pays du monde, et les peuples du monde, reçoivent les avantages fiscaux qui leur sont dus et cela leur est nécessaire pour que les gouvernements puissent financer les infrastructures et les services auxquels les gens s'attendent et qu'ils méritent. »

Les gouvernements néolibéraux, par le système impérialiste d'États, imposent l'austérité brutale aux peuples. La plus grande partie de l'argent des impôts provient des individus, en particulier l'impôt sur le revenu de la classe ouvrière, les déductions à la source, taxes de vente et frais d'utilisateur, pas des sociétés. Le manque de taxation des sociétés est en partie dû à l'effondrement de l'autorité publique, la concentration des pouvoirs dans les mains d'intérêts privés et les monopoles financiers et industriels qu'ils contrôlent.

En plus du manque de taxation des sociétés, l'autre question est comment les fonds publics sont utilisés. Les intérêts privés dictent où sont dépensés les fonds publics parce qu'ils contrôlent les gouvernements. Le concept de gouvernement au service de l'intérêt et du bien public a été renversé et corrompu par le pouvoir concentré des monopoles mondiaux se saisissant du contrôle des institutions publiques. Un aspect important de cette corruption sont les ententes de libre-échange niant le pouvoir de l'autorité publique et les réglementations.

Les Canadiens, ayant une longue expérience des gouvernements néolibéraux qui imposent l'austérité au peuple tout en payant les riches — par des subventions et allégements fiscaux — sont à même de voir que le discours d'Abbott ne reflète pas leur réalité, peu importe ce à quoi le gouvernement Harper ait pu s'engager à Brisbane.

La préoccupation d'Abbott est que suffisamment d'argent des taxes soit disponible pour financer les infrastructures et autres projets que les monopoles mondiaux ont en tête pour faire faire un gros coup d'argent à leurs intérêts privés. Le projet favori d'Abbott est le « Centre mondial des infrastructures qui sera situé à Sydney. Il sera financé par les contributions des gouvernements et du secteur privé également. » L'ordre du jour d'austérité comprend les manigances pour payer les riches mais exclut l'augmentation des investissements dans les programmes sociaux et les services publics pour servir l'intérêt et le bien public.

Le président Obama exprime les préoccupations de l'impérialisme américain

Le président Barack Obama a pris la parole lors d'une conférence de presse de clôture avec l'arrogance typique qui lui vient de sa vision impérialiste. Selon Obama, le monde tourne autour des intérêts américains qui ont la préséance sur tous les autres. Le leadership des États-Unis signifie soumettre les autres aux intérêts américains par la force des armes ou la puissance économique.

Obama a dit : « [Les États-Unis] vivent la plus longue période ininterrompue de croissance de l'emploi du secteur privé de leur histoire. Durant les dernières années, nous avons remis plus de gens au travail que toutes les autres économies avancées combinées. Et cette force économique croissante au pays prépare le terrain pour les progrès que nous avons faits lors de ce voyage. Cela a été une bonne semaine pour la direction américaine et pour les travailleurs américains. »

Il a parlé du rétablissement de la richesse des riches, alors que les marchés boursiers américains ont atteint de nouveaux sommets. Ce qui n'est pas dit c'est l'inondation du monde entier par le pétrole de fracturation, qui, en coordination avec l'Arabie Saoudite, a fait baisser le prix du pétrole en dépit du chaos, de la violence et de l'anarchie que les États-Unis ont déclenchés en Libye, en Irak et en Syrie et de la perturbation de l'activité pétrolière de ces régions. Le bas prix du pétrole vise la Russie, l'Iran et le Venezuela et leurs efforts pour se défaire du diktat d'un monde dominé par l'impérialisme américain.

Obama a déclaré ce qui suit sans faire allusion au fait que les divers accords conclus avec la Chine au Sommet du G20 sont en contradiction avec le Partenariat transpacifique, qui exclut délibérément et tente d'isoler la Chine. Il a aussi dit cela alors que son pivot militaire en Asie est en cours et que les États-Unis construisent une énorme base militaire sur l'île de Jeju, en Corée du sud, faisant directement face à la côte chinoise : « Nous avons fait d'importants progrès dans nos efforts pour ouvrir des marchés aux biens américains et pour augmenter les exportations qui soutiennent les emplois des Américains, a-t-il dit. Nous continuons de faire des progrès vers le Partenariat transpacifique. Notre entente avec la Chine pour étendre les visas pour les gens d'affaires, les touristes et les étudiants stimulera le tourisme, la croissance de nos deux économies et créera des emplois pour les Américains et les Chinois. Nous avons également convenu avec la Chine de poursuivre un traité bilatéral d'investissement, ainsi que de nous accorder sur une approche de l'Accord sur les technologies de l'information qui, est-il estimé, appuierait quelque 60 000 emplois américains. Et ici, au G20, la Chine s'est engagée à plus de transparence sur ses données économiques, y compris ses réserves de change. C'est une étape vers le taux de change dirigé par le marché sur lequel nous insistons car il permettrait de promouvoir des règles du jeu équitables pour les entreprises américaines et les travailleurs Américains. »

Ebola

Obama prétend que les États-Unis sont à la tête de la lutte contre le virus Ebola, ce qui n'est pas le cas. La plupart des commentateurs reconnaissent que Cuba, en dépit de sa petite taille, a fait beaucoup plus que les États-Unis pour ceux qui souffrent de l'épidémie. Obama a offert une évaluation condescendante : « Je suis heureux que plusieurs pays se soient avancés et se soient joints à l'effort des États-Unis pour mettre fin à l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest. Dans la foulée de notre programme aux États-Unis sur la sécurité sanitaire mondiale, les pays du G20 se sont engagés à aider les pays comme ceux de l'Afrique de l'Ouest à renforcer leur capacité à prévenir, détecter et répondre à de futures éclosions avant qu'elles ne deviennent des épidémies. »

Sur la question du virus Ebola, le premier ministre britannique Cameron a dit : « La Grande-Bretagne a joué un rôle de premier plan avec le partenariat que nous avons avec la Sierra Leone où nous avons déployé des troupes, des navires de guerre britanniques, des hélicoptères britanniques et où nous formons 800 personnes chaque semaine en Sierra Leone ».

L'arrivée des forces armées américaines avec toutes sortes de matériel militaire et d'armes de destruction massive, ainsi que celle d'une ancienne puissance coloniale doit être une source de grande inquiétude pour ceux vivant en Sierra Leone et ailleurs en Afrique de l'Ouest, en plus de la misère qu'entraîne l'épidémie.

Sensiblement absente des reportages des médias sur la crise de l'Ebola et de la déclaration officielle émise par le G20 est toute tentative d'enquêter et d'isoler la cause de cette épidémie. Certains commentateurs ont mis en évidence un manque inquiétant d'installations médicales modernes et de tout système de santé public accessible à tous dans les pays touchés. Beaucoup attribuent ce manque aux siècles de pillage des ressources humaines et naturelles dans les mains violentes de colons européens et américains et des marchands d'esclaves dont l'Afrique de l'Ouest a souffert. S'ils ont le moindre semblant d'humanité, ces pays responsables de la situation actuelle confrontant les Africains de l'Ouest devraient à tout le moins offrir réparation pour les dommages qu'ils ont causés aux peuples, ce qui a conduit directement à leurs difficultés actuelles.

Les changements climatiques


Le président Obama a pris une approche similaire sur la question des changements climatiques comme il l'a fait dans le cas du virus Ebola, affirmant que le récent accord entre les États-Unis et la Chine confirme ainsi que les États-Unis sont un leader sur cette question. Mis à part le fait que les États-Unis ont une longue histoire de subversion des actions à l'échelle mondiale pour atténuer les changements climatiques, il faut bien sûr ne pas oublier que les émissions massives de gaz à effet de serre des forces armées américaines sont considérées comme classifiées et ne sont pas comptabilisées dans le volume total des émissions ou de combien elles doivent vraiment être réduites.

Le premier ministre britannique David Cameron

Le premier ministre britannique a tenu des propos des plus incompréhensibles : « Mon objectif est très clair. C'est de mettre en place un plan économique à long terme qui contribue à remettre sur pied la Grande-Bretagne, c'est aider nos gens à retrouver du travail. Cela veut dire assurer la prospérité pour chaque famille en Grande-Bretagne. C'est mon objectif et cela a été mon objectif ici durant les dernières 48 heures. Je pense que nous avons fait des avancées importantes qui vont vraiment porter assistance à ce plan économique à long terme, et aider à la croissance et aux emplois que les gens veulent en Grande-Bretagne. »

Les gens continuent d'être surpris d'entendre les politiciens impérialistes parler et parler sans jamais rien dire.

« Tout d'abord, a continué Cameron, nous nous sommes concentrés sur le commerce : si longtemps paralysé par le processus, l'accord de facilitation des échanges est bon et va maintenant aller de l'avant. Cela a été une percée au G20. Aussi, nous avons concentré nos efforts sur les accords commerciaux qui sont un ajout à la croissance britannique, aux emplois britanniques, et en particulier, nous venons juste d'avoir une réunion fructueuse entre les pays de l'Union européenne d'une part, et les États-Unis de l'autre, afin d'accélérer le Partenariat pour le commerce et l'investissement transatlantique, le PCIT qui, croyons-nous, va ajouter quelques 10 milliards de £ à notre côté de l'équation, et pourra conduire à de vrais emplois. Je pense qu'il est important de commencer à répondre à nos détracteurs face à cette entente et démasquer certains de leurs contre-arguments. C'est bon pour la Grande-Bretagne, bon pour l'emploi, bon pour la croissance, bon pour les familles britanniques. »

Cameron a oublié de dire « bon pour les monopoles mondiaux ». Alors que lui et d'autres comme lui au G20 épousent le besoin du libre-échange néolibéral pour que les monopoles ne soient pas entravés par la souveraineté des nations, la réglementation, les impôts et les tarifs douaniers, Cameron affirme du même souffle que le Royaume-Uni va également sévir contre les entreprises qui ne paient pas leurs impôts : « [la] question que j'ai mise à l'avant-plan lors du G8 que j'ai accueilli il y a quelques années en Irlande du Nord ... est de s'assurer que les grandes entreprises paient les impôts qu'ils doivent. Nous avons fait des progrès réels sur le plan de la coopération entre les différentes autorités fiscales afin d'avoir une plus grande transparence sur les impôts et de s'assurer qu'il y ait une plus grande équité face à l'impôt. Il y a maintenant plus de 92 pays et autorités fiscales différentes qui partagent correctement l'information. Comme l'OCDE les a énoncées lors de cette réunion du G20, les mesures que nous avons déjà prises ont abouti à 37 milliards $ en impôts supplémentaires payés par les grandes entreprises ».

La contradiction entre le libre-échange et « sévir contre les entreprises » montre la crise dans laquelle le G20 est embourbé et l'incohérence promue comme solution aux crises économiques et autres crises récurrentes.

Stephen «hors de l'Ukraine» Harper

Pour sa part, le premier ministre du Canada Stephen Harper, en plus d'être l'ultime hooligan par son comportement envers la Russie, qui n'a rien de la conduite d'un homme d'État, a publié un communiqué de presse après le sommet qui le cite ainsi :

« La réunion du G20 de cette année a été couronnée de succès. Les membres se sont engagés à prendre des mesures qui permettront à l'économie mondiale de connaître une forte croissance. Je félicite l'Australie d'avoir accueilli ce sommet et d'avoir vu à ce que le programme soit bien ciblé sur la promotion d'une plus grande croissance économique, sur les résultats en matière d'emploi et sur le renforcement de la résilience de l'économie mondiale. J'étais heureux de dire aux autres membres que les solutions de relance à court terme, la réduction des coûts et le programme ambitieux de libre-échange de notre gouvernement contribuent à renforcer l'économie du Canada. »

Son commentaire au sujet de l'Australie « d'avoir vu à ce que le programme soit bien ciblé » est intéressant. Cela fait penser qu'Abbott n'a pas été content des frasques antirusses de Harper et qu'il lui a sans doute dit de « rester sur le sujet ».

Échec des tentatives d'isoler la Russie

Les médias de l'empire anglo-américain ont d'abord mis l'accent sur la présence du président russe Vladimir Poutine lors du sommet. Ils ont spéculé quant à savoir si sa présence conduirait à une confrontation sur la question de l'Ukraine. Le coup d'État en Ukraine et les attaques armées ultérieures contre le peuple de l'Est de l'Ukraine orchestrées par le gouvernement issu du coup d'État à Kiev sont manipulés par les pays dans l'orbite de l'impérialisme américain, dont le Canada, dans une tentative d'isoler la Russie. Leurs efforts à Brisbane n'ont pas réussi.

Les médias canadiens en particulier ont joué à fond « la confrontation » du premier ministre Stephen Harper avec Poutine, rapportant les paroles de Harper qui sont celles d'un écolier voyou plutôt que d'un homme d'État lors d'une réunion internationale. Pour les Canadiens engagés dans la défense du pays face à l'annexion par l'impérialisme américain, il est assez pénible de regarder le spectacle de Harper défendant un régime néo-fasciste réactionnaire en Ukraine, qui a pris le pouvoir par un coup d'État ni plus ni moins. Harper refuse de défendre la souveraineté de son pays, de reconnaître la souveraineté des Premières Nations et du Québec ou les droits qui appartiennent à tous les Canadiens du fait qu'ils sont des êtres humains.

Avant le sommet, le premier ministre australien Tony Abbott s'est vanté publiquement en disant qu'il servirait à Poutine un « shirtfront », un terme de football australien où un joueur est renversé afin de prendre le contrôle du ballon. Dès que la réunion a commencé, au lieu d'un « shirtfront », les médias ont montré un Abbott souriant côte à côte avec Poutine qui donnait des câlins à des koalas.

Lors de sa conférence de presse de clôture du G20, le président Obama a répondu à une question concernant ses discussions avec le président Poutine, en prenant le manteau du défenseur de la souveraineté de l'Ukraine face à toute ingérence présumée russe. Cela vient du commandant-en-chef des forces armées des États-Unis, qui se sont engagées dans des guerres actives et la subversion politique d'États souverains en Asie de l'Ouest, en Afrique du Nord, dans les Amériques, les Caraïbes et ailleurs.

Il a déclaré aux médias avec une satisfaction évidente que les sanctions américaines contre l'économie de la Russie ont porté fruit : « [Mes] communications avec [Poutine] n'ont pas été différentes de ce que j'ai dit publiquement ainsi que ce que je lui ai dit en privé durant cette crise en Ukraine, et c'est que la Russie a la possibilité de prendre un chemin différent, pour résoudre le problème de l'Ukraine d'une manière qui respecte la souveraineté de l'Ukraine et qui est conforme au droit international. C'est ce que nous souhaitons et s'il le fait alors je serai le premier à suggérer que nous reculions sur les sanctions qui ont, franchement, un effet dévastateur sur l'économie russe. »

Pour sa part, le président Poutine a déclaré que les sanctions étaient contraires au droit international et aux règles et règlements de l'Organisation mondiale du commerce. En dépit des divergences sur le coup d'État en Ukraine et de la répression violente continuelle des personnes dans l'Est de l'Ukraine par le régime issu du coup d'État, Poutine a déclaré que la délégation russe a été accueillie chaleureusement et que le sommet a été très utile. En réponse à une question à propos du commentaire sur le « shirtfront » fait par le premier ministre Abbott avant le Sommet, Poutine a déclaré : « Les partenaires australiens ont créé une ambiance très conviviale pour notre travail, très cordiale, je dirais, et cela nous a encouragés à rechercher des solutions aux problèmes auxquels l'économie mondiale est confrontée. »

Poutine a déclaré qu'il attribuait les déclarations négatives dans la presse aux politiciens de bassecour : « Rien de tout cela ne s'est passé durant les travaux [au Sommet]. Nous avons abordé de manière très constructive non seulement les sujets que nous sommes venus discuter, mais aussi des questions très complexes concernant l'écrasement du Boeing malaysien, de manière approfondie et constructive. Je vous assure que tout s'est déroulé non seulement de manière très civilisée mais aussi très bienveillante. »

Les documents du G-20

Le G20 a publié un communiqué pour résumer le Sommet, ainsi que divers documents, y compris le Plan d'action de Brisbane et une Déclaration sur l'Ebola. Ils sont disponibles sur le site Web du G20 : https ://www.g20.org/

Tirés du site officiel du G20, BPM, Spoutnik international, Photos : P. Cunningham, BASE)

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