Le Marxiste-Léniniste

Numéro 152 - 17 novembre 2014

La mise à jour des projections économiques
et budgétaires du gouvernement Harper

Une attaque contre le peuple et la société


La mise à jour des projections économiques et budgétaires du gouvernement Harper
Une attaque contre le peuple et la société - K.C. Adams

Les travailleurs de la fonction publique fédérale défendent leurs droits
Les membres de l'Alliance de la Fonction publique du Canada rejettent les attaques contre leurs congés de maladie et les compressions dans les services publics
Congés de maladie: régime d'assurance désavantageux pour les employés en santé - L'institut professionnel de la fonction publique du Canada


La mise à jour des projections économiques et budgétaires
du gouvernement Harper

Une attaque contre le peuple et la société

Le ministre des Finances du gouvernement Harper, Joe Oliver, a présenté la mise à jour des projections économiques et budgétaires le 12 novembre à un groupe de gens d'affaires à Toronto. La véritable nouvelle n'est pas ce qu'Oliver a dit, ce qui a déjà été largement prédit et rapporté, mais ce qu'il n'a pas dit. Il n'a rien dit ayant un quelconque lien avec les problèmes auxquels les Canadiens sont confrontés.

Oliver a répété le refrain de Harper que l'économie mondiale « demeure fragile » et que le pays doit « maintenir le cap » pour assurer la prospérité. Cela est en soi une contradiction et n'a pas de sens. Si l'économie « demeure fragile », pourquoi le gouvernement voudrait-il « maintenir le cap » ? Pourquoi ne pas régler la fragilité ?

Bien sûr, la question est plus compliquée parce que la dictature Harper veut nous faire croire que nous vivons dans une sorte de « Far West » en dehors de toute société ou économie socialisée, une sorte de désert de marchés indomptés, au-delà du domaine de la science économique. Les néolibéraux ne veulent pas que le peuple s'imagine investi du pouvoir et en contrôle de la société et de son économie, avec des institutions et des autorités qui lui permettent de s'attaquer aux problèmes tels qu'ils se présentent.

Pour les néolibéraux, les problèmes auxquels le peuple et l'économie sont confrontés n'ont pas d'importance. Le véritable problème pour eux est que le gouvernement dépense trop pour les programmes sociaux et qu'il y a trop d'impôt et de règlements pour ceux qui possèdent les parties indomptées et concurrentes de l'économie, qui en dépit de sa « fragilité » et ses problèmes, doit « maintenir le cap ».

Harper présente son opposition aux dépenses du gouvernement dans les programmes sociaux comme une lutte pour un budget équilibré. Avec cette notion ou précondition d'équilibre, Oliver réclame la victoire d'une autre réduction de 500 millions $ dans les programmes sociaux, portant les dépenses de programmes à un nouveau creux historique pour le Canada.


Les coupures de programmes sociaux, la vente des biens publics et la privatisation des services publics, de pair avec le plus faible niveau de réclamation fédérale (imposition) en tant que pourcentage de la valeur que les travailleurs canadiens produisent, ont eu pour résultat un surplus de 1,9 milliard $ dans le budget fédéral du printemps prochain. Sabrez le champagne ! L'incohérence a conquis la conscience. L'équilibre a non seulement été atteint mais surpassé. La vie sera belle et en sécurité, baignée dans l'élixir magique de « l'équilibre ».

Dans l'esprit des néolibéraux, la déclaration d'un budget équilibré l'année prochaine devrait garantir la réélection du gouvernement Harper. Cela ne signifie rien pour eux qu'un budget prévoyant moins de programmes sociaux et de services publics et une réclamation moins élevée du gouvernement à la valeur produite dans l'économie, et ne résout aucun problème ni ne transforme une « économie fragile » en une économie forte, saine et dynamique, fonctionnant en harmonie avec toutes ses diverses composantes. L'« économie fragile » a plus d'un million de travailleurs officiellement au chômage, lequel frappe le plus durement la jeunesse.

La campagne de propagande de Harper semble plaire pour le moment aux propriétaires du capital monopoliste mais même eux deviennent inquiets concernant le programme bidon d'austérité et ont commencé à vanter les mérites du financement à déficit. Après tout, larguer des bombes sur l'Irak est dispendieux. La guerre sans fin contre le terrorisme coûte cher avec tous ces espions, agents et mercenaires. De plus, le capital monopoliste veut contrôler et profiter du secteur des services et se faire remettre gratuitement des infrastructures et subventions pour pouvoir investir tout comme Ford, Honda et les autres monopoles. Selon le capital financier, tous les aspects des services publics doivent leur être sous-traités, incluant même le maintien de l'ordre, les prisons, l'espionnage et la guerre. Toute cette pression pour des fonds publics pour payer les riches et mener des guerres d'agression peut demander un changement de l'obsession pour l'équilibre vers le financement à déficit. En plus, mettre de l'argent dans les prêts assurés au gouvernement durant ces temps « fragiles » est toujours plaisant pour les riches.

Oliver a utilisé l'occasion de la mise à jour pour attaquer les chefs du Parti libéral et du NPD. Il a dit à son auditoire que couper les programmes sociaux et réduire la réclamation du gouvernement fédéral à la valeur produite par les travailleurs est la politique du Parti conservateur et que Trudeau et Mulcair s'y opposent. En sollicitant les votes et le financement électoral des gens d'affaires, Oliver assimile l'opposition à l'ordre du jour néolibéral d'austérité à « enlever de l'argent des poches de la classe moyenne et des Canadiens à faible revenu », ce qui « ne ressemble pas à une plate-forme gagnante selon moi ». Plusieurs Canadiens trouvent offensant et un signe de corruption que le gouvernement utilise son devoir de faire rapport des finances du pays comme une tribune pour mousser un électoralisme crasse.

Harper dit que les dépenses du gouvernement dans les programmes sociaux et les services publics retirent de l'argent des poches des Canadiens. C'est le refrain du chacun pour soi des riches qui refusent de reconnaître que dans le monde d'aujourd'hui, les gens naissent en société et ont des droits en vertu du fait qu'ils sont des êtres humains. L'économie moderne a besoin d'une gestion au nom du peuple, pas seulement de quelques privilégiés et leurs intérêts privés qui brandissent leur propriété des moyens de production sociale comme une arme contre le peuple et la société. L'économie moderne est extrêmement intégrée et socialisée. Pour exploiter sa puissance collective et ne pas la gaspiller avec le chômage et la faible utilisation des capacités, l'économie a besoin de l'attention, la coopération et l'expertise minutieuse des travailleurs directement impliqués dans tous les secteurs. Mais les gens commencent à s'éveiller à la réalité que Harper et les autres néolibéraux les empêchent d'obtenir le pouvoir politique et économique ainsi que le contrôle nécessaire pour résoudre les problèmes, renouveler le pays et l'économie et leur fournir une direction prosociale.

Les Canadiens ne sont pas contents de voir les harpériens radoter et espérer que tous hochent la tête en accord. Les médias de masse en particulier s'attirent la honte en ne questionnant pas le non-sens de Harper et ne demandant pas des réponses et des actions pour traiter des vrais problèmes que les Canadiens connaissent bien parce qu'ils, leurs proches, collègues, voisins et petites entreprises, leur font face quotidiennement.

Harper utilise le vieux truc consistant à évoquer une prémisse ou un ordre du jour et demander que tous répondent à ce qu'il dit. On ne permet pas au peuple de formuler sa prémisse et son ordre du jour. On l'empêche de penser pour lui-même et d'aborder la situation telle qu'elle se présente. Il est censé répondre à l'ordre du jour prédéfini de Harper, qui dans ce cas est un budget avec des revenus et dépenses qu'il a inventés, avec un objectif irrationnel, qui est d'atteindre l'équilibre budgétaire. Quel problème un budget équilibré résout-il à part le fait d'être équilibré ?

Aucune discussion élargie n'est permise sur ce que sont les dépenses et les revenus. La méthode pour percevoir des revenus serait l'imposition et rien d'autre, et cette imposition est maintenant principalement individuelle, l'impôt des particuliers étant à son plus haut niveau à 7,1 % du PIB. Ce côté de l'équation n'est pas censé être questionné. Mais pourquoi dans une économie socialisée les réclamations du gouvernement ne sont-elles pas faites au point de production des biens et services, de la valeur produite et reproduite par les travailleurs ? Pourquoi les réclamations des travailleurs à la valeur qu'ils produisent et aux services qu'ils dispensent, leurs salaires, avantages sociaux et pensions, deviennent-ils la principale source de revenu du gouvernement ?

Du côté des dépenses, les problèmes sociaux et économiques sont ignorés et enterrés par un barrage de propagande à l'effet que les dépenses doivent être égales ou inférieures aux revenus et les revenus réclamés directement aux grands monopoles doivent être toujours plus bas.

Même la plaie béante du chômage permanent est réduite à traiter le symptôme à partir du revenu qui est disponible sur la base des primes payées au régime d'assurance emploi. L'assurance-emploi a un surplus de 3,8 milliards $ en croissance; malgré cela les chômeurs ont beaucoup de difficultés à toucher des prestations et en plus, rien n'est fait pour résoudre la cause du problème puisque les harpériens disent qu'il faut seulement « maintenir le cap ».

Les Canadiens sont censés attendre le rapport mensuel sur l'emploi de Statistique Canada et s'extasier ou être déprimés à lire les chiffres sur les emplois créés ou perdus alors que la source du problème du chômage n'est jamais résolue. Harper continue encore et toujours sur la question de l'équilibre et de la réduction des programmes sociaux mais personne, incluant les médias, ne parle de l'énorme perte de valeur que représentent les 6,5 % de travailleurs au chômage, en particulier le dommage causé à la précieuse jeunesse du pays et la perte prodigieuse de valeur du fait que la capacité des moyens de production n'est pas pleinement utilisée ou parce que des intérêts privés étroits ferment les usines, comme par exemple la production d'acier et de coke à l'usine Hamilton Works de US Steel.

La mise à jour annonce un surplus de revenus pour l'année prochaine et tout le pays est supposé sauter de joie, donner une tape dans le dos aux harpériens et les réélire pour un travail bien fait. Eh bien, les Canadiens n'en sont plus à ces réactions infantiles. Ils veulent que les problèmes économiques et sociaux de l'économie et de la société soient traités, pas ignorés et enfouis sous une propagande mensongère. Ils demandent leur propre ordre du jour prosocial, pas un ordre du jour prédéterminé pour servir les quelques privilégiés et attaquer la société, que les médias de masse serviles applaudissent bêtement.

Arrêtez les attaques contre le peuple et la société !

Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !

Organisons-nous et luttons pour un ordre du jour prosocial et une nouvelle direction pour le pays et l'économie !

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Les travailleurs de la fonction publique fédérale défendent leurs droits

Les membres de l'Alliance de la Fonction publique du Canada rejettent les attaques contre leurs congés de maladie et les compressions dans les services publics


À Québec le 30 octobre2014

Le 30 octobre, les travailleurs de la fonction publique fédérale, membres de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), ont organisé des manifestations, des piquetages et des sessions d'information partout au pays, déterminés à faire reculer le Conseil du Trésor qui veut détruire les arrangements actuels en matière de congés de maladie. La présente ronde de négociations a commencé au mois de juillet et touche près de 100 000 travailleurs. Par leurs actions, ceux-ci ont affirmé qu'ils refusent les concessions et défendent leur droit à leurs congés de maladie ainsi que le droit des Canadiens à des services publics de grande qualité. Ils ont dénoncé les compressions du gouvernement Harper dans les services publics, demandé des régimes de congés de maladie pour tous les travailleurs et lancé l'appel à tous d'Arrêter Harper ! À Québec, les membres de l'AFPC se sont joints à la coalition des syndicats de la fonction publique lors d'un grand rassemblement devant l'Assemblée nationale le 30 octobre. La région de l'Atlantique de l'AFPC a aussi organisé une Journée d'action le 17 octobre et les membres y ont mené des actions dans les quatre provinces maritimes.

Le gouvernement Harper veut retourner au temps où les travailleurs du secteur public n'avaient pas de syndicats et éliminer les clauses de congés de maladie qui ont été négociées il y a de cela cinquante ans. Le 10 septembre, le Conseil du Trésor, qui négocie les conventions collectives avec les syndicats des travailleurs du gouvernement fédéral, a déposé une proposition qui élimine les congés de maladie. Le nombre de congés de maladie par année serait réduit de 15 à 5 par année et le programme ferait désormais partie d'un Régime d'assurance-invalidité de courte durée (AICD) qui ne serait plus géré par la convention collective. Les journées de congé de maladie que les travailleurs ont accumulées au cours des années seraient éliminées et il n'y aurait plus d'accumulation de congés de maladie non utilisés. Le nouveau régime proposé par le gouvernement prévoit une période de sept jours ouvrables non payés avant que le travailleur ne soit éligible à des prestations. Le travailleur recevrait 100 % de son salaire pour les quatre premières semaines de prestations et 70 % par la suite pendant un maximum de 26 semaines.

Le Conseil du Trésor exige aussi du syndicat qu'il accepte des clauses dans la convention collective qui reconnaîtraient toute action arbitraire de la part de l'employeur. Les congés de maladie ne serait autorisés que si le travailleur convainc l'employeur, « de la manière et au moment déterminés par l'employeur», de son incapacité à accomplir son travail à cause d'une maladie. Le nouveau régime AICD serait géré de façon privée, ce qui aurait comme effet d'enrichir les monopoles de l'assurance.

L'AFPC qualifie avec raison les propositions du gouvernement comme étant l'instauration d'un régime qui va forcer les travailleurs à « travailler quand ils sont malades », ce qui va à l'encontre de toutes les normes de santé publique d'une société moderne. Cela aurait l'impact le plus nocif sur les travailleurs forcés de choisir entre aller travailler malades ou perdre du salaire et sur les collègues de travail et le public qu'ils servent.

Le gouvernement Harper invoque injustement les « coûts » engendrés par les congés de maladie afin de justifier ses attaques contre les droits des travailleurs du secteur public et contre les services qu'ils dispensent. L'AFPC fait valoir que l'information produite par le directeur parlementaire du budget et par Statistique Canada montre que le gouvernement utilise des données tronquées pour tenter de démontrer que les travailleurs « abusent des congés de maladie ». Le gouvernement dresse un portrait exagéré du nombre de congés de maladie que les travailleurs de la fonction publique fédérale utilisent et dit que cela représente un « fardeau pour les contribuables ». En prétendant que les congés de maladie représentent un « coût », le gouvernement nie par le fait même que les congés de maladie sont un droit qui revient à tous les travailleurs. Les salaires, les avantages sociaux et les régimes de retraite des travailleurs de la fonction publique sont loin de représenter un coût pour la société. Au contraire, celle-ci ne pourrait tout simplement pas fonctionner sans les services que ces travailleurs dispensent. Loin d'être un coût, ces travailleurs sont garants d'un immense mieux-être pour la société. Décrier les congés de maladie comme étant un coût est une attaque contre les droits et les conditions de travail de tous et contre les services publics dispensés par les travailleurs.

Des négociations ont lieu présentement avec l'AFPC et avec seize autres syndicats du service public fédéral. Tous les syndicats ont signé un pacte de solidarité pour faire front commun sur la question du régime de congés de maladie.

LML félicite les travailleurs du service public fédéral pour leur prise de position déterminée et appelle tous les Canadiens à les appuyer dans leur juste lutte.

Journée d'action du 30 octobre

Région de l'Atlantique


Halifax


Gagetown


Saint John

Près de 200 personnes ont manifesté au centre-ville de Halifax le 30 octobre. Christine Collins, présidente du Syndicat canadien des employés du transport a exposé la feuille de route du gouvernement Harper et l'importance des congés de maladie pour tous les Canadiens.

Des actions ont aussi eu lieu le 17 octobre à Gagetown et à Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Région de Québec

Des centaines de membres de l'AFPC ont convergé sur l'Assemblée nationale pour se joindre à une coalition de syndicats québécois qui luttent pour la défense des droits des travailleurs et des services publics.



Québec

Région de l'Outaouais

À Gatineau, une action de masse a eu lieu à la Place du Portage où les membres du syndicat ont traversé les lieux pancartes en main. Ils ont aussi tenu une table d'information. Il y a aussi eu une action à la cafétéria d'Asticou où les membres de la section locale 70139 ont porté des masques chirurgicaux et dénoncé la proposition du gouvernement de les forcer à travailler malades en attaquant le régime de congés de maladie et ont exprimé leur appui à leur comité de négociation.



Ottawa


Gatineau

Région de l'Ontario

À Chatham, le syndicat local d'Emploi et Immigration Canada (SEIC), une composante de l'AFPC, a tenu un piquetage d'information sur l'heure du dîner. Il y a aussi eu un piquetage d'information à midi à l'édifice Judy LaMarsh.

À Toronto, un piquetage d'information s'est tenu sur l'heure du midi à l'édifice Arthur Meghen. On y a distribué des cartes d'affaires exprimant le besoin de milieux de travail sains de même que des collants et des dépliants appelant les membres à faire une action le 19e jour de chaque mois. Les travailleurs des sections locales du Grand Toronto ont aussi participé à la journée d'action en se rendant au travail vêtus de blanc.


Chatham



Toronto

Région des Prairies

À Régina, les membres de l'AFPC ont manifesté devant l'Assemblée législative où des centaines d'activistes syndicaux réunis à Régina pour le 59e Congrès annuel de la Fédération des travailleurs de la Saskatchewan se sont joints à eux.

Des membres du Centre psychiatrique régional de Saskatoon et de la section locale 40170 du Syndicat des employés du Solliciteur général (SESG) ont mené des actions matinales alors qu'ils ont donné de l'information sur les négociations et les congés de maladie aux employés arrivant au travail. Le jour suivant, des membres travaillant au pénitencier de la Saskatchewan à Prince Albert (SESG, section locale 40023) ont appelé les travailleurs à s'engager à appuyer des congés de maladie payés pour les travailleurs du gouvernement fédéral et pour tous les travailleurs du Canada. Plus de 500 personnes ont pris l'engagement.

À Edmonton, des unités du Conseil du Trésor ont organisé un événement réunissant plusieurs sections locales à Place Canada pendant l'heure du dîner. Un membre de l'équipe de négociation a exhorté les gens présents à s'opposer à la négociation de concessions.

À Calgary, des membres de l'AFPC ont tenu une ligne de piquetage devant le bureau de circonscription de Stephen Harper.

Ailleurs en Alberta, des agents correctionnels, membres du SESG, ont mené des actions à leurs endroits de travail. Des travailleurs de l'Institut de Stony Mountain en Alberta se sont déguisés comme s'ils étaient malades. Des piquetages d'information ont eu lieu à l'Institut d'Edmonton, au Centre Pê Sâkâstêw (Hobbema) et à l'Institut Drumheller. Les membres travaillant à l'Institut Bowden (Innisfail) ont tenu une réunion de solidarité pour discuter de l'importance des congés de maladie et de la solidarité au cours de la période de négociation. Des membres travaillant à l'Institut de Grande Cache ont organisé une manifestation pour exiger des milieux de travail sains et des congés de maladie pour tous les travailleurs.




Régina


Saskatoon


Prince Albert


Calgary


Stony Mountain


Grande Cache

Région de Colombie-Britannique

Un événement d'appréciation et de solidarité des membres envers leur équipe de négociation a eu lieu au Harbour Centre à Vancouver. Près de 150 membres ont reçu de l'information au sujet des négociations, des congés de maladie et des compressions dans les services publics.


Vancouver

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Congés de maladie: régime d'assurance désavantageux pour les employés en santé

À la veille des négociations collectives, l'IPFPC veut s'assurer que le régime de congés de maladie et d'invalidité du gouvernement fédéral protège les revenus des membres absents pour des raisons médicales et que les membres ayant besoin d'une longue convalescence reçoivent sans attendre des prestations d'invalidité de longue durée.

L'IPFPC appuie toute amélioration proposée au régime de congés de maladie et d'invalidité, à condition qu'elle vise la prévention des maladies et des blessures et le bien-être de ses membres.

Or, le nouveau régime de congés de maladie du gouvernement est une solution à un problème qui n'existe pas. Les dernières déclarations du régime fédéral sur les congés de maladie visent à diaboliser les employés de la fonction publique, à déformer les faits, à fausser les données et à éviter de trouver des solutions aux problèmes qui sont bien réels.

Faits déformés

Le Conseil du Trésor (CT) soutient que les crédits de congé de maladie accumulés représentent un passif de 5,2 milliards de dollars, prouvant incontestablement ainsi que l'abus de congés de maladie n'existe pas. Nos membres accumulent en moyenne 111 jours de congé de maladie, qu'ils n'ont pas le droit d'encaisser au moment de la retraite.

Le CT prétendait qu'ils prenaient en moyenne 18,2 jours de congé de maladie par année, mais ce chiffre était gonflé puisqu'il comprenait les jours de congé de maladie non payés. De plus, les 11,5 jours de congé de maladie par année rapportés par le Bureau du directeur parlementaire du budget sont erronés, car ils comprennent les congés de maladie pris en attendant les prestations d'invalidité de longue durée (ILD). En fait, les employés du secteur privé prennent pratiquement autant de congés de maladie que les fonctionnaires (un écart de 0,8 jour) une fois les différences démographiques comptabilisées, dont la prédominance des fonctionnaires féminins, parfois mères monoparentales, et l'âge moyen plus avancé des employés de l'État, deux facteurs qui contribuent à l'absentéisme médical.

Le passif accumulé de 5,2 milliards de dollars prouve que nos membres n'abusent pas des congés de maladie. Une fois rajusté pour tenir compte des différences démographiques, le nombre moyen de congés de maladie pris chaque année dans le secteur public est égal à celui du secteur privé.

Solutions évitées

La hausse du nombre de congés de maladie pris ces 10 dernières années est directement liée à la hausse fulgurante du nombre de demandes de prestations d'ILD, dont 48 % découlent de problèmes de santé mentale.

Elle s'explique sans doute par la prolifération des lieux de travail toxiques causée par les réductions budgétaires radicales dans la fonction publique et l'échec chronique du gouvernement à respecter son obligation juridique de prendre des mesures d'adaptation à l'égard des employés en convalescence prolongée ou incapables de retourner au travail sans le soutien recommandé par le médecin.

Le gouvernement pourrait régler la plupart de ces problèmes en bonifiant les programmes de prévention et de réadaptation de la Sun Life, ce qui se traduirait par une intervention plus rapide des professionnels de la santé, de meilleurs choix de traitement et un retour au travail plus sécuritaire et rapide. Cette bonification est nécessaire, même si le gouvernement adopte un nouveau régime d'invalidité de courte durée.

On pourrait régler bien des problèmes rien qu'en bonifiant le régime de la Sun Life afin d'offrir de meilleurs services de prévention, de réadaptation, d'intervention précoce et de gestion des cas pour favoriser un retour au travail plus rapide et sécuritaire.

La hausse récente des demandes de prestations d'ILD est directement attribuable aux lieux de travail toxiques qui détruisent la santé mentale des employés et à l'inaction du gouvernement face aux besoins en mesure d'adaptation de ses employés malades.

Le gouvernement devrait montrer l'exemple et adopter les normes de santé mentale de l'Association canadienne pour la santé mentale, en plus d'offrir une formation aux gestionnaires et aux employés pour les aider à reconnaître les premiers signes de problèmes de santé mentale.

Les gestionnaires devraient être tenus responsables de la gestion et de la supervision de leurs employés lorsqu'ils sont absents pour cause de maladie.

Données faussées

En proposant le remplacement des congés de maladie par un régime d'invalidité de courte durée, le gouvernement omet de mentionner que les employés défavorisés par cette mesure sont nettement plus nombreux que ceux qui en bénéficieront, puisque 80 % des congés de maladie durent au plus trois jours. Une fois leurs crédits annuels de congé de maladie épuisés, nos membres malades ou blessés n'auront pas de revenus assurés en attendant d'être admissibles aux prestations d'invalidité de courte durée. Cela favorisera probablement le « présentéisme » et l'exposition de plus d'employés à des maladies contagieuses puisque de nombreux employés malades se présenteront au travail à défaut d'avoir une protection de leur revenu.

Le pourcentage élevé de membres lésés par le nouveau régime d'invalidité de courte durée n'a pas été pris en compte.

Autres recommandations

Il faudrait modifier la définition de la période d'attente dans le régime de la Sun Life en retirant l'« épuisement des congés de maladie » de la période d'attente actuelle pour que nos membres soient admissibles aux prestations d'invalidité après 13 semaines.

La retraite « forcée » pour raisons médicales devrait être supprimée et les prestataires d'invalidité de longue durée devraient continuer à accumuler des années de service ouvrant droit à pension.

Il faudrait accélérer le règlement des griefs concernant le retour au travail et les mesures d'adaptation au travail.

Négociations

À la prochaine ronde de négociations, l'Institut s'assurera que les discussions sur la modification du régime actuel de congés de maladie ne porteront pas sur le nombre de congés de maladie, mais sur la nécessité de donner aux fonctionnaires en congé de maladie les soins et le soutien dont ils ont besoin. Appuyez votre équipe de négociation. Parlez-en à vos amis et collègues. Travaillons solidairement pour que nos membres aient suffisamment de congés de maladie lorsqu'ils en ont besoin. Nous sommes bien mieux ensemble. Pour plus d'information sur les congés de maladie, veuillez consulter www.pipsc.ca ou écrire à SickLeave@pipsc.ca.

(Magazine Communications, Volume 40, No 1, automne 2014)

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