Le Marxiste-Léniniste

Numéro 149 - 12 novembre 2014

Le Jour du Souvenir

Les Canadiens disent «Jamais plus ! »,
Harper dit « Encore et toujours! »


Le Jour du Souvenir
Les Canadiens disent «Jamais plus ! », Harper dit « Encore et toujours! » - Dougal MacDonald

Alberta
L'incohérence d'une économie fondée sur une ressource unique
Les hauts et les bas d'une économie à ressource unique

Colombie-Britannique
La controverse grandit autour des mises en candidature en vue de l'élection partielle fédérale dans Cariboo-Prince George - Peter Ewart


Le Jour du Souvenir

Les Canadiens disent «Jamais plus!»,
Harper dit «Encore et toujours!»

À chaque année, du 9 au 11 novembre, la dictature Harper intensifie sa rhétorique pour la promotion des guerres d'agression. Ce fut le cas à nouveau cette année. La désinformation commence avec l'évocation euphorique de la chute du mur de Berlin, qui sert à masquer la résurrection d'une Allemagne réarmée et le retour au pouvoir des monopoles qui ont appuyé les nazis. Cette désinformation s'amplifie jusqu'au point culminant des cérémonies du Jour du Souvenir, le 11 novembre. On ne retrouve par contre aucune référence au 9 novembre, l'anniversaire de la nuit de Cristal, quand les nazis ont annoncé au monde entier qu'ils allaient exterminer les juifs.

L'esprit de cette rhétorique proguerre est diamétralement opposé à l'appel collectif « Jamais plus ! » lancé par les peuples du monde suite à la Première Guerre mondiale et encore suite à la Deuxième Guerre mondiale. Il ne s'agit pas pour Harper de rendre hommage aux victimes de la guerre par un engagement à rejeter les agressions et la guerre comme moyen de résoudre les conflits, de sorte que d'autres vies ne soient pas sacrifiées, mais plutôt de donner à son gouvernement des raisons pour continuer d'agir en faveur de guerres agressives au service des monopoles et de l'impérialisme étasunien.

Le gouvernement Harper a déjà une réputation bien établie de gouvernement de guerre. En 2003, alors qu'ils étaient dans l'opposition, les conservateurs de Stephen Harper ont ouvertement appuyé l'invasion de l'Irak par les États-Unis. Depuis leur arrivée au pouvoir en 2006, ils ont, entre autres choses, accru l'engagement du Canada dans une guerre d'agression, l'invasion de l'Afghanistan par les États-Unis. Ils ont engagé le Canada dans deux autres guerres instiguées par les États-Unis, soit la destruction de la Libye et le bombardement de la Syrie souveraine sous prétexte de combattre l'État islamique. Le gouvernement Harper appuie de surcroît le régime sioniste d'Israël et fait tout pour blanchir les crimes de guerre génocidaires des sionistes qui occupent la Palestine. Ils disent que c'est de l'« autodéfense ». À ce propos, le gouvernement Harper, qui prétend s'opposer aux Canadiens qui vont à l'étranger pour s'engager comme « combattants étrangers », ne s'objecte nullement au fait qu'environ 145 Canadiens se soient illégalement enrôlés dans les Forces de la Défense israélienne parce que cette activité sert son ordre du jour étroit.[1]

Afin de promouvoir sa cause guerrière, Harper n'hésite pas à déformer les événements entourant les décès tragiques récents de l'adjudant Patrice Vincent et du caporal Nathan Cirillo.[2] Harper profite avec cynisme du fait que beaucoup de gens sont bouleversés par ces événements pour inciter des passions et jeter de l'huile sur le feu, alors que ce qu'il faut faire c'est traiter de ces événements avec profondeur et objectivité et appeler les gens à tirer les conclusions qui s'imposent et à s'unir en conséquence. Les faits montrent que ce sont les actions du gouvernement Harper au pays et à l'étranger qui représentent le plus grand danger pour la société en ce moment, et non les actions de quelques individus marginalisés. Le profilage raciste, au nom de grands idéaux, de gens souffrant de problèmes de santé mentale et socialement instables est totalement barbare.

Contredisant la désinformation des harpériens, l'amie de coeur de Nathan Cirillo a elle-même fait une déclaration publique le 4 novembre soulignant le rôle qu'a joué dans ces événements l'offensive antisociale de Harper, qui continue de décimer les programmes sociaux au Canada. Elle a déclaré : « En fait, nous devrions plutôt nous préoccuper de l'état lamentable des soins de santé mentale au pays. Un homme profondément perturbé a tué mon ami de coeur et cet incident devrait pousser les Canadiens à concentrer leurs efforts sur la façon de prévenir un autre incident semblable en rendant plus accessibles et efficaces les programmes de traitement de santé mentale qui s'attaquent à la vraie source du problème. » Les médias monopolisés pro-Harper ont immédiatement tenté de discréditer cette déclaration, disant qu'elle a été faite sous le coup de l'émotion.


Image affichée sur le groupe Facebook de Canadians Veterans Advocacy le 25 octobre 2014

Je suis canadien;
Je ne crois pas aveuglément ce que disent les médias et je ne vis pas dans la peur.

Je n'ai pas peur des hommes armés, j'ai plus de chances de mourir dans un accident d'auto,
Je n'ai pas peur du « terrorisme », j'ai plus de chances de mourir frappé par la foudre.

Je rejette les politiciens qui utilisent les tragédies pour nous enlever nos droits en disant vouloir nous « protéger »,
Je n'ai pas besoin de votre « protection » ni de votre campagne de peur ou de vos belles paroles.

Les soldats sont morts pour préserver les droits que les lâches à cravate sont si empressés de jeter par-dessus bord, 
Lâchez-les dans une zone de guerre et ça ne prendra pas de temps qu'ils vont laisser tomber leurs masques de « durs ».

Fermez la télévision, allez prendre un soldat dans vos bras et jurez de ne plus jamais voter pour la guerre.

Repose en paix, caporal Cirillo

De plus, en voyant le manque total de respect du gouvernement Harper pour les anciens combattants dans l'année qui s'écoule, on est à même d'apprécier le cynisme de son hommage aux deux soldats. Comment réconcilier les phases grandiloquentes avec l'offensive antisociale du gouvernement qui fait des compressions dans les Affaires des anciens combattants et néglige et maltraite ceux qui reviennent du front aux prises avec de profonds traumatismes physiques et psychologiques ? Le message, à ce qu'il semble, est que les seuls bons soldats sont ceux qui reviennent sans blessure ou qui reviennent dans un cercueil.

La dictature Harper répand le chauvinisme partout au Canada et un bon exemple en est le discours du Jour du Souvenir de 2011 de Jason Kenney, alors ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme. Kenney a dressé une liste chronologique des guerres, dont la majorité, à l'exception de la Deuxième Guerre mondiale, ont été des guerres d'agression. Dans sa liste de guerres injustes que Kenney a tenu à « commémorer » pour le Jour du Souvenir, retenons la suppression brutale par le gouvernement colonialiste de la Rébellion du Nord-Ouest de 1885, les guerres des Boers qui n'étaient qu'une tentative de consolider le pouvoir colonialiste britannique en Afrique du sud, la Première Guerre mondiale, qui était avant tout une guerre pour la redivision du monde parmi les États impérialistes, la guerre de Corée, une guerre d'agression menée par les États-Unis contre le peuple coréen, et l'agression criminelle actuelle contre le peuple d'Afghanistan. Cette désinformation et cette déformation de l'histoire qui font de guerres injustes des guerres justes sont faites de façon très consciente.

Sans aucun doute, la célébration du Jour du Souvenir à laquelle les Canadiens adhèrent le plus, y compris les anciens combattants, est celle qui rend hommage aux membres des Forces armées qui ont donné leur vie pour défendre le peuple, ce qui met en lumière la nécessité de la paix et l'objectif de l'humanité de mettre fin aux guerres d'agression. Les Canadiens s'opposent à la guerre mais le Jour du Souvenir des harpériens est au service de la guerre et non de la paix. La caractéristique principale de cette désinformation est de faire un amalgame entre la cause juste et antifasciste de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque les peuples du monde, l'Union soviétique en tête, ont vaincu les nazis et leurs alliés, et toutes les guerres auxquelles le Canada a participé. Le but sinistre de la dictature Harper est de glorifier le recours à la force militaire comme moyen de régler les conflits dans le monde. Alors que le sentiment qui anime la classe ouvrière et le peuple canadien, qui ont dans leurs famille des gens qui ont consenti au sacrifice suprême pour vaincre les hitlériens et leurs alliés, est « Jamais plus ! », l'objectif du gouvernement Harper est « Encore et toujours ! » — en appui aux guerres sans fin des impérialistes étasuniens et à leur quête de domination mondiale.

Le comble est que le gouvernement Harper cherche à réhabiliter la mémoire des criminels de guerre nazis en érigeant un monument anticommuniste en leur mémoire à Ottawa.[3] Il s'agit clairement d'une manipulation cynique du Jour du Souvenir et des sacrifices consentis par ceux qui sont morts dans la lutte contre le fascisme.

Aujourd'hui les harpériens continuent de battre le tambour des guerres d'agression contre la Syrie et l'Irak. On a récemment expédié six avions de combat au Moyen-Orient, ce qui démontre que pour rendre service aux monopoles et aux impérialistes étasuniens, les harpériens n'ont aucune intention d'arrêter de sacrifier futilement le personnel des Forces canadiennes et vont continuer de contribuer au massacre des peuples de tout pays souverain ciblé pour invasion par les impérialistes étasuniens. Contrairement à ce que prétend Harper, la violation des lois internationales à l'étranger et la violation des droits au pays par le biais de projets de loi draconiens pour « défendre la sécurité » ne rendra pas la vie des Canadiens plus sécuritaire. Le peuple canadien, qui s'oppose aux guerres d'agression, doit continuer de s'opposer à l'ordre du jour de Harper et exiger que les conflits entre nations soient réglés de façon pacifique. Le peuple doit continuer d'oeuvrer sans relâche pour empêcher de nouvelles aventures agressives en s'organisant pour former un gouvernement antiguerre. Les prochaines élections fédérales seront une excellente occasion pour mettre de l'avant et concrétiser le mot d'ordre: « Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre ! »

Notes

1. Les 721 courageux Canadiens qui sont morts pendant la Guerre civile en Espagne en combattant « illégalement » contre le fascisme et le nazisme peu avant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale ne sont pas inclus dans les Livres du Souvenir de la Tour de la Paix et leur souvenir n'est pas commémoré dans les monuments aux guerres ou les cérémonies du Jour du Souvenir.

2. Les Forces armées canadiennes ont rapporté le 10 novembre que deux de leurs bases ont été nommées en hommage aux deux soldats tués tragiquement à Saint-Jean-sur-Richelieu le 20 octobre et au Monument commémoratif de guerre à Ottawa le 22 octobre.

Un communiqué des Forces armées canadiennes se lit ainsi:

« L'un des sites d'opérations de la Force opérationnelle aérienne — Irak (FOA-I) a été baptisé Camp Vincent, en l'honneur de l'adjudant Patrice Vincent, de l'Aviation royale canadienne. Parallèlement, la base d'opérations du Commandement des Forces d'opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) en Irak s'appelle désormais la Base de patrouille Cirillo, en l'honneur du caporal Cirillo, un réserviste de l'Armée canadienne au sein des Argyll and Sutherland Highlanders of Canada. »

« L'adoption des désignations Base de patrouille (BP) CIRILLO par les membres de la Force opérationnelle d'opérations spéciales — Iraq, et Camp Vincent par les membres de la Force opérationnelle aérienne — Iraq, rend hommage au décès de deux militaires des Forces armées canadiennes au cours des dernières semaines », écrit le brigadier-général Michael Rouleau, commandant, Commandement des forces d'opérations spéciales du Canada. « Camp Vincent rend hommage à un militaire qui était un exemple d'aide aux autres en sa qualité de membre de l'Unité interarmées de soutien du personnel. La BP CIRILLO rend hommage à un soldat décédé alors qu'il montait la garde pour protéger ceux qui ne sont plus en mesure de le faire sans demander quelque reconnaissance que ce soit pour cette fonction. Les officiers et les militaires du rang du COMFOSCAN se sont intrinsèquement identifiés à cette situation. Le changement des noms de notre BP et de la base opérationnelle aérienne rend hommage à la disparition de ces deux militaires et à l'engagement du Canada à faire face aux menaces contre notre pays. »

De son côté, dans son discours au Jour du Souvenir, le premier ministre Harper a fait un lien non fondé entre les deux meurtres au Canada et la mission de guerre en Irak et la soi-disant guerre à la terreur dans un effort pour justifier l'agression à l'étranger et la violation des droits au pays. « Les récentes attaques mortelles contre l'adjudant Patrice Vincent et le caporal Nathan Cirillo, qui ont été ciblés simplement parce qu'ils portaient fièrement leur uniforme, ne font qu'affermir la détermination du Canada à continuer à se battre contre ceux qui voudraient nous nier nos droits et libertés et qui font preuve du plus grand mépris pour la vie humaine.

« Nous ne pourrons jamais effacer la dette que nous avons envers les hommes et les femmes intrépides qui ont payé de leur vie notre liberté, mais nous pouvons rappeler leurs immenses sacrifices et rendre hommage à leur bravoure et à leur patriotisme.

« N'oublions jamais. »

3. Lire « La croisade anticommuniste fait la promotion des SS nazis - Dougal MacDonald » dans Le Marxiste-Léniniste du Numéro 75 - 2 juin 2014

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Alberta

L'incohérence d'une économie fondée
sur une ressource unique

Le gouvernement provincial du premier ministre Jim Prentice fait de nouveau tout un tapage à propos de « l'austérité budgétaire ». Les déclarations récentes sont à l'effet que le sort des Albertains est déterminé par un facteur unique et soi-disant incontrôlable, le prix de vente d'un baril de pétrole. À l'heure actuelle, le prix mondial du pétrole est d'environ 83 $ le baril, en baisse d'environ 30 % par rapport au prix relativement stable des quatre dernières années de 110 $ le baril.

Les analystes centrés sur le capital indiquent que le faible prix mondial est dû à « une demande plus faible ajoutée à la flambée de la production américaine ». La production de pétrole aux États-Unis est à son plus haut niveau en près de 30 ans. Actuellement, selon les dernières données du gouvernement, la production des États-Unis est d'environ 8,8 millions de barils par jour, soit environ un million de barils de plus qu'à la même époque l'an dernier. La hausse de production d'hydrocarbures aux États-Unis est principalement due à l'augmentation de l'extraction du pétrole et du gaz à partir de formations de schiste en utilisant la méthode controversée de fracturation hydraulique.

Il est dit que la situation difficile du prix du pétrole en Alberta reflète les arcanes du « marché libre » qui fixent comme par magie le prix du pétrole en dépit de ceux qui ont le pouvoir d'influer sur les choses. En fait, le prix mondial du pétrole est fixé en partie par trois centres boursiers: le New York Mercantile Exchange, l'International Petroleum Exchange de Londres et le Singapore International Monetary Exchange. Ces centres boursiers sont des institutions financières centrales où les riches effectuent des transactions sur des « contrats à terme », à savoir des contrats pour acheter dans le futur des quantités spécifiques d'un produit, comme le pétrole, à un prix déterminé selon une livraison fixée à un moment précis.

Les prix indiqués pour les transactions effectuées à ces trois centres boursiers sont la base du prix payé à travers le monde pour divers produits comme le pétrole. Les spéculateurs qui participent à ces échanges ne produisent rien de valeur mais tentent de devenir riches en prévoyant avec précision l'ascension et la chute des prix, ce que leurs propres spéculations influencent. La plupart des institutions financières et les particuliers fortunés qui effectuent des transactions sur les marchés à terme n'ont pas l'intention de réellement prendre livraison des produits pour lesquels ils effectuent des transactions.

Dans un sens large, les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont pu influencer les prix en contrôlant la quantité de pétrole sur le marché. Cependant, depuis sa création, l'OPEP a été l'objet d'attaques par la politique impérialiste agressive des États-Unis pour défendre et étendre son empire par le biais d'actions militaires, économiques et d'autres moyens. Les guerres menées par les États-Unis contre l'Irak, en premier pour que les États-Unis reprennent le Koweït, puis détruire le régime de Saddam Hussein, la guerre menée par les États-Unis pour renverser le régime en Libye, le blocus économique mené par les États-Unis contre l'Iran et leur constant bombardement à l'aide de drones du Yémen, du Pakistan et d'autres pays d'Asie occidentale ont gravement affaibli l'OPEP et sa capacité à contrôler la commercialisation du pétrole.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé directement les États-Unis d'avoir créé la récente chute des prix mondiaux du pétrole. Le président Maduro a déclaré que les États-Unis inondent le marché mondial à l'aide du pétrole de schiste produit moins cher afin de faire baisser les prix et éventuellement d'avoir un impact sur la Russie et d'autres pays producteurs de pétrole. « Les États-Unis et ses alliés [les États du Golfe, en particulier l'Arabie saoudite et le Koweït] veulent influencer les prix du pétrole afin de nuire à la Russie qui produit environ 10 millions de barils par jour, ce qui représente un revenu essentiel pour son économie », a déclaré le président Maduro.

La dépendance irrationnelle envers une seule ressource

Construire entièrement une économie et façonner le budget du gouvernement en se basant sur les fluctuations du prix contrôlé par les monopoles d'une seule ressource non renouvelable est irrationnel, mais c'est le cas en Alberta depuis des décennies. Les gouvernements conservateurs qui ont gouverné l'Alberta depuis 1972 ont fait semblant de « diversifier l'économie », mais peu a été fait sur ce front, sauf la tentative de soi-disant diversification en construisant des pipelines pour transporter plus du pétrole brut vers des clients, principalement en Asie.

La principale raison de la continuelle dépendance envers une ressource unique est que les véritables dirigeants de l'Alberta sont les monopoles de l'énergie, à la fois sous contrôle étranger et domestique. Le gouvernement Prentice est leur champion et fera tout son possible pour s'assurer que, quel que soit le prix du pétrole, les monopoles énergétiques se feront payer par-dessus tout. Pendant ce temps, le financement des programmes sociaux et les salaires, avantages sociaux et pensions des travailleurs seront réduits pour rejeter le fardeau de la crise des « bas prix du pétrole » sur le peuple travailleur.

Une chose est certaine dans tout cela. L'incohérence de faire reposer l'ensemble de l'économie provinciale sur une seule matière première et planifier les budgets provinciaux basés sur les prix du pétrole fixés par les marchés boursiers étrangers monopolisés et par l'impérialisme américain montre la nécessité urgente d'une nouvelle direction pour l'économie de l'Alberta.

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Les hauts et les bas d'une économie
à ressource unique


Les avertissements terribles des manipulateurs de médias des conservateurs de l'Alberta à propos des malheurs à venir ont commencé en septembre 2013, lorsque le prix du pétrole brut de l'Alberta est devenu inférieur au prix mondial du pétrole brut, la soi-disant « bulle du bitume ». Le 1er septembre 2013, l'ancien ministre des Finances de l'Alberta, Doug Horner a déclaré, lors de la mise à jour financière de son parti pour le premier trimestre, qu' « à moins que les prix des produits de base [les prix du pétrole brut de l'Alberta] ne s'améliorent, cela pourrait entraîner un déficit provincial de 2,3 à 3 milliards $ ».

Tout le monde n'y a vu que du feu car les bilans financiers ont révélé que les monopoles du pétrole avec des opérations de raffinage en aval ont effectivement fait d'énormes profits grâce au prix bas du pétrole brut de l'Alberta, qui a servi à alimenter leurs raffineries, tout en revendant le pétrole raffiné au prix élevé du brut mondial.

Lors d'une entrevue effectuée le 13 octobre pour le compte du Globe and Mail, le premier ministre Jim Prentice a chanté un refrain semblable à celui de Horner en ce qui a trait au prix mondial actuel du pétrole: « Les prix qui sont à leurs niveaux actuels ont des implications importantes pour notre province ... Cela veut dire que c'est une période où il faut agir prudemment et agir avec prudence en termes des dépenses publiques ... Il faut faire attention lorsqu'il est question d'imposer des coûts, y compris les coûts de la réglementation, à notre industrie parce que nous avons besoin de demeurer concurrentiels ».

Prentice insiste pour dire que la conséquence de prix inférieurs pour le pétrole sera la diminution des investissements dans les programmes sociaux, les demandes de concessions aux travailleurs, et plus de cadeaux aux monopoles privés pétroliers déjà fortement subventionnés dont il est le champion.

Comme on le sait, pendant des décennies l'économie de l'Alberta a reposé sur l'industrie pétrolière et est structurée de telle sorte que les monopoles de l'énergie peuvent engranger d'énormes profits grâce à l'extraction et le transport subventionnés par le gouvernement des ressources pétrolières à l'état brut, principalement à partir des sables bitumineux, mais également par le biais de forages de type conventionnel. Dans la répartition des recettes budgétaires prévues par le gouvernement provincial, la plus importante source a longtemps été « les revenus tirés des ressources non renouvelables » ou des redevances provenant principalement du pétrole. Cela a changé dans le budget de mars 2013, lorsque les impôts personnels ont surpassé les redevances. Le montant des recettes provenant des monopoles du pétrole en 2013 ont été d'environ 4 milliards $ de moins que les montants prélevés en 2012 en raison de la manipulation frauduleuse de la « bulle du bitume ». Elles ont ensuite augmenté dans le budget de mars 2014, un modeste 6 % par rapport au montant de 2013, soit bien en dessous du niveau de 2012.

Révélant ses véritables objectifs, le gouvernement provincial et les monopoles énergétiques qu'il représente répandent maintenant l'idée que les recettes pétrolières sont trop volatiles pour être une source garantie de financement pour les programmes sociaux. La province doit chercher ailleurs pour un tel financement, à savoir, dans les poches du peuple travailleur qui produit par son labeur toute la richesse de l'économie.

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Colombie-Britannique

La controverse grandit autour des mises
en candidature en vue de l'élection partielle
fédérale dans Cariboo-Prince George

Le processus des mises en candidature du Parti conservateur du Canada dans Cariboo-Prince George est le sujet d'une controverse qui prend de l'ampleur jour après jour. Le député de la circonscription, Dick Harris, a occupé le siège durant plus de 20 ans et la circonscription est considérée comme l'un des plus sûrs sièges conservateurs en Colombie-Britannique. Comme plusieurs s'y attendaient, Dick Harris prend sa retraite et ne se présentera pas à l'élection fédérale de l'année prochaine. Et donc la question est sur le bout des lèvres de tous: qui au juste dans le parti va le remplacer ?

L'année dernière, les partisans du maire de Prince George, Shari Green, ont repris l'association locale de la circonscription d'une manière qui inquiète un certain nombre de membres de longue date. Green qui est en train de terminer son mandat de mairesse, est profondément impopulaire auprès de nombreux résidents de la ville en raison de ses politiques en tant que mairesse. Elle n'est également pas populaire auprès de nombreux électeurs locaux du Parti conservateur.

Néanmoins, elle et ses partisans contrôlent désormais des postes clés dans l'association de circonscription et, le 5 novembre, Green a annoncé publiquement son intention de briguer l'investiture du Parti conservateur dans Cariboo-Prince George.

Depuis que Green et ses partisans ont pris le contrôle de l'association de la circonscription, des choses intéressantes se sont passées. L'un des candidats qui envisagent de se présenter comme candidat, Todd Doherty, a soudainement quitté son poste de collecteur de fonds des prochains Jeux d'hiver du Canada à Prince George, en dépit du fait qu'il a accompli près de 100 % de l'objectif de collecte de fonds des Jeux. La ville de Prince George est un partenaire important et la ville hôte des Jeux d'hiver.

En outre, l'association de la circonscription a convoqué sans préavis une réunion de nomination prévue pour le 15 décembre. Cela a pris de court un autre candidat, TJ Grewal, qui sera exclu de la course parce qu'il lui manquera une semaine pour que le renouvellement de son adhésion respecte les délais de temps exigés pour qu'il puisse se qualifier comme candidat.

Tous ces incidents mettent en lumière la corruption du processus de mise en candidature dominé par les partis pour le poste de député au Parlement fédéral. Parce que cela est considéré comme un siège « sûr » par le Parti conservateur, le député éventuel de la circonscription peut ainsi être décidé, non pas par les 75 000 électeurs éligibles de la circonscription, mais par quelques centaines de membres du parti. Comme T.J. Grewal a candidement avoué au PG Citizen, « La mise en candidature est l'élection. »

Pire encore, on pourrait faire valoir qu'une poignée d'administrateurs de l'association de circonscription, par leur contrôle de la date de mise en candidature, des listes des partis et de l'approbation des adhésions, seront ceux qui décideront en fin de compte qui sera le candidat et, par conséquent, qui obtiendra le siège « sûr » au Parlement. Est-ce étonnant qu'une atmosphère malsaine se développe ?

En tout cas, 75 000 électeurs viennent d'être mis au rancart. Et ce n'est pas un problème qui se limite aux mises en candidature du Parti conservateur du Canada. Il existe également, à un degré ou à un autre, au sein d'autres partis fédéraux tels que le NPD et les libéraux. Quels que soient les règlements particuliers de ces partis, le problème demeure entier: le parti contrôle le processus de mise en candidature.

Le résultat est que de plus en plus de gens au Canada se sentent impuissants ces jours-ci, et avec les pouvoirs presque dictatoriaux que le bureau du premier ministre s'est octroyés, la mise à l'écart du Parlement, l'érosion des libertés civiles, le musellement des scientifiques et ainsi de suite, une crise dans notre démocratie se prépare, et pas seulement au niveau local, mais aussi au niveau national.

Les partis d'opposition, et même certains conservateurs, appellent à une réforme électorale d'une forme ou d'une autre, et tous privilégient leurs propres options. Mais la question n'est pas « de privilégier les options » de leur parti mais plutôt celles du peuple canadien.

Le Canada est doté d'un système extrême de partis, qui empire d'année en année. En effet, nous avons besoin d'une réforme et du renouveau de notre démocratie qui a comme point de départ le peuple canadien et non pas les exigences ou le contrôle des partis politiques.

Il y a d'autres options à considérer, y compris enlever la sélection des candidats des mains des partis politiques et la mettre entre celles de l'électorat. Pourquoi ne pas mettre en place un processus non partisan afin que les électeurs dans une circonscription, peu importe le parti qu'ils appuient, puissent se réunir pour nommer quatre ou cinq candidats ? Le vainqueur, bien sûr, devra avant tout prêter allégeance à l'électorat de la circonscription et non pas à un parti politique en particulier.

Et d'autres modèles existent. En effet, la Colombie-Britannique a eu un système électoral non partisan jusqu'au début des années 1900 et il y a d'autres modèles électoraux au Canada (par exemple, au Nunavut), aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Le fait est que nous, le peuple du Canada, devons discuter du renouveau démocratique et nous avons besoin d'un processus non partisan pour le faire. Sinon, nous sommes condamnés à être soumis à un système électoral corrompu, essentiellement antidémocratique et à d'interminables controverses et luttes comme celles qui se déroulent actuellement dans la circonscription de Cariboo-Prince George.

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