Le Marxiste-Léniniste

Numéro 130 - 16 octobre 2014

L'annonce de 1000 nouveaux emplois chez Ford à Oakville

Tout n'est pas ce qui semble être


L'annonce de 1000 nouveaux emplois chez Ford à Oakville
Tout n'est pas ce qui semble être
Fonds publics et concessions ouvrières pour la Compagnie Ford Motor - K.C. Adams

La nécessité de garantir le droit à la sécurité à la retraite
Deuxième sommet national sur la réforme des pensions
Les travailleurs retraités et leurs alliés tiennent une ligne de piquetage au Sommet sur les pensions


L'annonce de 1000 nouveaux emplois chez Ford à Oakville

Tout n'est pas ce qui semble être

L'élite au pouvoir refuse de dire la vérité. Elle brouille les cartes sur toutes les questions pour faire croire au peuple qu'une nouvelle direction centrée sur l'être humain de l'économie n'est ni possible ni nécessaire.

Prenons comme exemple cette annonce des 1000 nouveaux emplois qui sont créés chez Ford à Oakville et toute l'excitation que cela suscite. Début octobre, Ford a annoncé l'embauche prochaine de 1000 travailleurs à son usine d'assemblage à Oakville en banlieue de Toronto pour l'assemblage du nouveau modèle Ford Edge. L'annonce survient environ un an après que Ford ait annoncé un investissement de 700 millions $ pour moderniser l'usine d'Oakville. De ce montant, 142 millions $ proviennent des gouvernements fédéral et provincial.

Enfin, un revirement de situation. On aura besoin de plus d'acier et peut-être même que les opérations vont se poursuivre un bout de temps à l'aciérie Stelco. En tout cas, ça n'est pas défendu d'espérer.

La première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne a dit que ces 1000 nouveaux emplois sont le « résultat direct » des 142 millions $ en fonds publics qui ont été donnés aux investisseurs de Ford. « Nous travaillons en partenariat avec les entreprises pour les aider à faire les investissements qui vont leur permettre d'affronter la concurrence », a-t-elle dit. L'annonce par Ford des 1000 nouveaux emplois est la preuve que le « modèle confrontationnel » de relations de travail ne fonctionne plus, a-t-elle ajouté. Au lieu de cela, lorsque tous se voient comme des partenaires, nous bénéficions d'un « avantage stratégique ».

Le problème, c'est que ces paroles ronflantes n'ont rien à voir avec la réalité. Wynne et Ford essaient de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Cela fait longtemps que la classe ouvrière n'a pas vécu un « avantage stratégique ». Les employeurs et le gouvernement ont pratiqué très activement un « modèle confrontationnel » et ont réussi à faire retomber le poids de la crise économique sur le dos de la classe ouvrière et des membres les plus vulnérables de la société. Les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent.

L'annonce de Ford elle-même est un exemple de « modèle confrontationnel ». Ford fait de la sous-traitance à l'interne avec deux usines de pièces qui emploient 525 travailleurs. Ces usines qui sont la propriété de Automodular Corporation vont fermer le 23 décembre 2014 alors que le travail va se déplacer vers l'usine de Ford. Si on soustrait les 525 emplois perdus des 1000 emplois promis, il reste donc 475 nouveaux emplois. Pourquoi Wynne et les investisseurs de Ford n'ont-ils pas dit d'entrée de jeu que c'était 475 nouveaux emplois comme il siérait à des gens honnêtes. Est-ce que ce serait parce que 142 millions $ en fonds publics pour attirer les investisseurs privés, cela paraît moins bien avec 475 nouveaux emplois qu'avec 1000 ?

Le problème cependant de cet enthousiasme pour ce partenariat tripartite à l'encontre du « modèle confrontationnel » va plus loin que la fabrication de chiffres. Le « modèle confrontationnel » et l'humiliation se portent bien malgré les paroles de Wynne. Les investisseurs de Ford refusent de transférer les 525 travailleurs de Automodular Corporation à l'usine de Ford avec la production que ces travailleurs ont fait jusque-là. Les investisseurs de Ford sont tout sauf amicaux. Jusqu'à maintenant, ils n'ont permis qu'à 50 de ces 525 travailleurs d'aller travailler chez Ford même si plusieurs d'entre eux sont eux-mêmes d'anciens travailleurs mis à pied pendant les six dernières années. Environ 475 travailleurs se retrouvent sans emploi ou sans perspective d'emploi tandis que les factures s'empilent et que d'autres problèmes leur tombent dessus. Pendant ce temps, cet argent public va vers les poches privées privilégiées pour permettre cette activité antihumaine.

Mais soyons francs. C'est bien cela l'accord confrontationnel que les Canadiens sont forcés d'accepter. Nous devons attirer quelques riches investisseurs avec 142 millions $ en fonds publics pour qu'ils investissent dans une usine où les travailleurs canadiens vont leur faire faire des millions. L'humiliation ne s'arrête pas là. Ces travailleurs canadiens qui vont produire la valeur dont les investisseurs vont s'emparer sous la forme de profits doivent accepter des concessions sur leur niveau de vie et travailler à 20 $ de l'heure et arriver à l'échelon salarial le plus élevé seulement après 10 ans.

Plus encore, ils doivent abandonner leur régime de retraite à prestations déterminées et des avantages sociaux pour que cette poignée de riches que nous avons attirés avec des fonds publics puissent toucher le taux de profit qu'ils réclament. Et ce n'est pas tout, les attaques à notre dignité ne s'arrêtent pas là. Il y a 525 emplois qui ne sont pas nouveaux du tout, mais bien des emplois qui existent déjà à deux usines d'Oakville qui vont fermer. Seulement 50 de ces travailleurs vont pouvoir travailler à l‘usine de Ford et cela selon une décision qui a été prise par une firme de consultants américaine qui a jugé les autres travailleurs inaptes au travail industriel même si cela fait des années qu'ils font ce travail.

Vivement alors une nouvelle direction de l'économie centrée sur l'être humain et une politique prosociale nouvelle dirigée par la pensée et la vision indépendantes de la classe ouvrière !

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Fonds publics et concessions ouvrières
pour la Compagnie Ford Motor

La Compagnie Ford Motor a annoncé un investissement de 700 millions $ dans la production à son complexe d'Oakville en Ontario. Les gouvernements fédéral et ontarien vont fournir 142 millions $ de l'investissement total, soit plus de 20 %. La part de l'Ontario sera de 70,9 millions $ et celle du gouvernement fédéral de 71,6 millions $.

Selon Ford, cet investissement qui va aller à la construction d'une plateforme unique pour la génération prochaine des véhicules Ford Edge, va sécuriser les 2800 emplois qui existent présentement à l'usine d'Oakville et en créer 1000 de plus. Des représentants de la compagnie ont dit qu'un grand nombre de ces emplois ne seront pas réellement nouveaux, mais le produit de la sous-traitance à l'interne de production de pièces qui sont maintenant faites à l'usine d'Oakville par une entreprise séparée, la Automodular Corporation. Bien que l'investissement soit substantiel, il sera consacré principalement à la valeur fixe transférée déjà produite comme les robots et d'autres moyens de production qui ne requièrent que peu de travailleurs de la production.

Le premier ministre de l'Ontario Kathleen Wynne a dit que l'annonce de Ford est le « résultat direct » du versement de fonds publics que son gouvernement a fait. Elle a dit:

« Cela renforce notre stratégie, qui est à multiples facettes, mais une partie du succès provient de ce que nous travaillons en partenariat avec les entreprises pour les aider à faire les investissements qui vont leur permettre d'affronter la concurrence. »

La plupart des commentateurs ont noté que ce ne sont pas uniquement les fonds publics qui ont convaincu Ford d'investir mais également les concessions que les 3 grands fabricants de Détroit ont réussi à faire accepter aux travailleurs sous la pression lors des dernières négociations. Les travailleurs de l'automobile ont accepté non seulement des salaires et des avantages sociaux inférieurs à deux paliers, mais une échelle de salaire où l'échelon le plus élevé est atteint en 10 ans plutôt qu'en 6. Ils ont accepté un régime de retraite qui est un hybride entre un régime à prestations déterminées et un régime à cotisations déterminées. Ces concessions surviennent dans le contexte de la retraite globale de la révolution qui frappe le mouvement ouvrier et du programme de bas salaires des gouvernements fédéral, du Québec et des provinces.

Les fonds publics destinés aux investisseurs privés et les concessions ouvrières sont un phénomène mondial du capitalisme contemporain. Ces deux facteurs sont à l'oeuvre dans presque toutes les nations au sein du système impérialiste mondial d'États. Ils ne peuvent pas expliquer à eux seuls pourquoi l'argent privé qui soutient Ford ou tout autre monopole va être investi ici plutôt que là. Dire comme le fait Wynne ou d'autres comme elle que les investissements sont le « résultat direct » des fonds publics versés par les gouvernements ou des concessions faites par les travailleurs est un non-sens. Les monopoles investissent ici ou là selon ce que leur dictent leurs intérêts privés étroits et cela met en jeu un vaste ensemble de facteurs. Ces facteurs, tels l'infrastructure, la présence ou non de travailleurs éduqués ou de ressources, la pression que le chômage exerce sur les travailleurs, l'influence et le contrôle des investisseurs sur le gouvernement, la collusion et la concurrence internationale entre les monopoles et leur contrôle sur le commerce international, la localité, les facilités de transport, etc. seront discutés dans un article séparé.

Le versement de fonds publics et les concessions ouvrières sont chose normale dans ce qu'on pourrait appeler le contexte du capitalisme monopoliste d'État et de la retraite de la révolution. De puissants intérêts monopolistes privés contrôlent l'État et ils en font usage non seulement pour s'approprier les fonds publics mais également pour attaquer les droits des travailleurs. Les investisseurs demandent la protection de leur capital investi et des assurances qui vont croître rapidement pendant que les travailleurs produisent la valeur. Si les gouvernements ne versaient pas de fonds publics dans les investissements privés, des investissements privés comme ceux de Ford dans la valeur fixe transférée (machines, installations, etc.) ne seraient pas profitables. Le rendement sur l'investissement y est si maigre, quand il existe, que ces investissements ne satisferaient jamais l'attente d'un investisseur pour un haut taux de rendement réalisé dans un court laps de temps.

Le système capitaliste monopoliste d'État est la dernière étape de la période de transition entre la petite production féodale clairsemée et la production industrielle de masse socialisée. Le système capitaliste transitoire ne peut plus servir les demandes des propriétaires privés des composantes de l'économie sans l'aide des fonds et de l'infrastructure publics, sans les concessions organisées de la classe ouvrière et sans la répression d'État de la résistance de la classe ouvrière luttant pour défendre ses droits.

L'économie socialisée est en rébellion ouverte contre son régime de propriété privée des composantes de l'économie en concurrence les unes avec les autres; il faut transformer radicalement les rapports de production afin que les vrais producteurs, la classe ouvrière, prennent possession de l'économie et la contrôlent. Le mouvement ouvrier ne doit pas se laisser prendre à discuter si oui ou non les fonds publics pour des investissements privés et les concessions ouvrières sont nécessaires pour sécuriser les emplois. Ces pratiques sont non seulement mauvaises moralement mais nuisibles à l'économie. L'utilisation de fonds publics au profit d'intérêts privés est une utilisation corrompue du pouvoir d'État au détriment du droit et de l'intérêt public. Ces deux pratiques nuisent à l'économie et sont des facteurs des crises économiques et de la pression à la baisse sur le niveau de vie du peuple. Elles détournent l'argent des mains du peuple et des autres secteurs de l'économie, menant au développement inégal et au fossé toujours plus grand entre les riches et les pauvres. Elles obscurcissent la réalité économique à l'effet que la production moderne a besoin de l'entreprise publique et non de l'entreprise privée dans les secteurs fondamentaux; elles empêchent le peuple de reconnaître et d'accepter une formule moderne des prix de production qui est établie consciemment et scientifiquement et contient un taux de profit qui n'est pas gouverné par la cupidité mais par le niveau de productivité et le bien public.

L'utilisation de fonds publics pour les intérêts privés et les concessions ouvrières n'ont pas comme but de créer ou non des emplois. Elles sont le fruit de la crise du capitalisme à son stade ultime pendant lequel l'élite dirigeante utilise le pouvoir de sa richesse économique et de l'État pour priver la classe ouvrière de ses droits et prolonger le système capitaliste moribond au moyen de la corruption systémique. Les travailleurs doivent reconnaître le système capitaliste monopoliste d'État auquel ils font face pour ce qu'il est réellement, c'est-à-dire un pouvoir de priver les travailleurs de leurs droits et de prolonger un système qui est mûr pour laisser la place au nouveau.

Le mouvement ouvrier doit se défendre et défendre ses droits dans les conditions du système capitaliste monopoliste d'État et se préparer à donner une nouvelle direction centrée sur l'humain à l'économie socialisée, en opposition au système actuel qui est contrôlé par des intérêts privés rivaux. La classe ouvrière se doit d'avoir sa propre pensée indépendante centrée sur l'être humain et son propre ordre du jour de défense des droits des travailleurs et de lutte pour le nouveau. Le mouvement indépendant de la classe ouvrière doit gagner de la force politiquement en privant les détenteurs du capital monopoliste de leur capacité à utiliser leur richesse économique et l'État pour priver les travailleurs de leurs droits et bloquer la transition vers de nouveaux rapports de production.

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La nécessité de garantir le droit à la sécurité à la retraite

Deuxième sommet national
sur la réforme des pensions


Le Deuxième sommet national sur la réforme des pensions a eu lieu à Toronto du 8 au 9 octobre 2014. Le Sommet national sur la réforme des pensions est une initiative du Forum des politiques publiques (FPP) fondé en 1987. Le FPP se décrit comme étant une « organisation sans but lucratif indépendante » oeuvrant à une meilleure gouvernance au Canada en rapprochant gouvernement, secteur privé, syndicats et organisations sans but lucratif dans le but de discuter diverses questions d'ordre de politique publique.» Selon l'information obtenue sur son site web, les membres du FPP sont d'avis « qu'un secteur public efficace et performant est important pour la compétitivité du Canada à l'étranger et pour la qualité de vie au pays.» Les pensions sont l'un des principaux sujets qui sont discutés par cette organisation et ses membres.

Le Premier sommet national sur la réforme des pensions a eu lieu les 19 et 20 février 2013 à Frédéricton, au Nouveau-Brunswick. Selon le rapport final, près de 200 « dirigeants de régimes de retraite » ont discuté de la problématique de comment « relever le défi de la viabilité des pensions » et « ont discuté et débattu des mérites liés à réinventer certaines de nos pensions qui sont de véritables piliers, tels le Régime de pensions du Canada ». On y a aussi discuté de « pensions et d'innovations » telles que les Régimes de pension agréés collectifs afin « d'accorder à davantage de Canadiens la possibilité de se préparer à une retraite dans la sécurité en épargnant à même les endroits de travail ».

Bien que le FPP prétende être non-partisan, les solutions qu'il met de l'avant pour les pensions sont très partisanes et prônent une approche centrée sur le capital plutôt que sur l'être humain. Le FPP défend des régimes de retraite « flexibles » qui rendraient les Canadiens responsables d'épargner dans des régimes de retraite privés en vue de leur retraite. Or, ces régimes ne sont pas à prestations définies et peuvent varier selon la condition individuelle et sociale tels un accident de travail, le chômage, des bas salaires, des crises économiques, etc. En d'autres mots, ils n'offrent aucune garantie pour la sécurité à la retraite.

L'argent investi dans ces régimes d'épargne est mis à la disposition des banques et des institutions financières à des fins de spéculation et pour servir de prêts aux monopoles des infrastructures et d'autres pour qu'ils s'en servent comme bon leur semble. Ces régimes d'épargne sont non seulement fragiles selon les circonstances individuelles mais aussi selon les circonstances externes telles les crises économiques ou la corruption financière. Ils sont un moyen par lequel les gouvernements se lavent les mains de leur responsabilité de veiller à ce que le droit de tous les Canadiens à vieillir dans la sécurité soit garanti comme partie intégrante d'une société moderne. Se servant des régimes d'épargne comme d'une arme idéologique, les gouvernements et leurs riches patrons, de la façon la plus immorale et détachée, accusent les aînés vivant dans la pauvreté et le désespoir, les rendant eux-mêmes responsables de leur situation.

Le rapport final du premier Sommet national sur la réforme des pensions a fait l'éloge de l'ancien gouvernement conservateur Alward du Nouveau-Brunswick, l'hôte du sommet de l'année dernière. Le gouvernement Alward a introduit au Nouveau-Brunswick un modèle de régime de retraite à risques partagés (PRP) afin de mettre à risque les pensions des travailleurs du secteur public du Nouveau-Brunswick. En vertu du nouveau PRP, les travailleurs doivent payer des cotisations plus élevées à leurs régimes de pension pour des rendements plus faibles; un plafond a été mis en place sur les prestations de pension des travailleurs du secteur public lorsqu'ils prennent leur retraite; les travailleurs paient des pénalités s'ils prennent leur retraite avant l'âge de 65 ans, lequel a été arbitrairement élevé du seuil précédent de 60 ans; et, surtout, les travailleurs prennent tous les risques d'un PRP qui s'écroulerait à cause d'une économie en crise constante, au sujet de laquelle le gouvernement et les monopoles refusent d'amener des solutions en lui donnant une nouvelle direction.

Sans aucune preuve scientifique concrète, le rapport final du premier Sommet sur la réforme des pensions fait l'éloge du modèle à risques partagés comme « un exemple frappant de ce qui est vraiment possible, si les conditions sont réunies ». Bien sûr, « ce qui est vraiment possible » est jugé à partir de la perspective centrée sur le capital et non centrée sur l'humain. À cet égard, le plan d'épargne tant vanté par le gouvernement Wynne de l'Ontario, connu sous le nom de régime de retraite enregistré de l'Ontario vient sous la rubrique de ce que le PPF considère comme un « exemple frappant de ce qui est vraiment possible, si les conditions sont réunies » et ce que d'autres juridictions devraient considérer comme la « meilleure pratique ».

Ces sommets et conférences par le biais d'organisations telles que le PPF, le Conference Board du Canada et les centres de réflexions contrôlés par les monopoles tel que l'Institut Fraser, qui est connu pour ses positions en faveur de la privatisation du Régime de pensions du Canada, sont des fronts de la lutte contre la conception moderne du droit à une retraite en sécurité garantie par l'État. Ils rappellent à la classe ouvrière qu'elle doit diriger le peuple partout au pays pour édifier une société qui assure à tous les citoyens et résidents des prestations définies à la retraite à un niveau qu'ils ont atteint pendant leurs années de travail et selon un standard canadien établi.


Grande manifestation de plus de 2000 travailleurs et retraités du secteur public au Nouveau-Brunswick contre l'offensive du gouvernement Alward sur les pensions à Fredericton le 6 novembre 2013

Les travailleurs doivent rejeter ces régimes d'épargne diversionnaires et intensifier la lutte pour le droit à une retraite sécuritaire garantie par le gouvernement. Ils doivent s'opposer à l'assaut contre leur pensée qui est commis par les « experts » en retraite, un assaut quotidien de plus en plus intense. Ces experts veulent tout simplement faire accepter des plans d'épargne privatisés comme des régimes de retraite, ce qu'ils ne sont pas, de manière à dissimuler ce que les gouvernements font de l'argent du trésor public. Ce sont des arnaques pour forcer les gens à mettre leurs revenus actuels dans des plans d'épargne, tels que les régimes d'épargne enregistrés, les régimes de retraite en gestion commune et d'autres mécanismes pour fournir aux banques et à l'oligarchie financière de grandes sommes d'argent, qu'ils peuvent se permettre de dilapider par la spéculation, soit sous forme d'obligations hypothécaires à haut risque qui leur ont explosé au visage en 2008, soit en les prêtant aux gouvernements afin de mettre la main sur des paiements d'intérêts garantis.

Les régimes d'épargne ne sont pas des pensions et ne peuvent jamais être des pensions. Les pensions modernes sont des prestations définies garanties par le gouvernement tout au long de la retraite selon un standard canadien.

(Sources provenant de www.ppf.ca. Photos: Public Policy Forum, Pension Coalition NB, LML)

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Les travailleurs retraités et leurs alliés tiennent une ligne de piquetage au Sommet sur les pensions

Une ligne de piquetage et un rassemblement durant l'heure de pointe à la défense des pensions a eu lieu au Acadian Court à Toronto où se tenait le deuxième Sommet sur la réforme des pensions organisé par le Forum des politiques publiques du Canada. Des tracts ont été distribués aux passants. On demandait aux gens de poster le tract au critique de l'opposition officielle sur les pensions. Le tract disait: « Ne touchez pas à nos pensions ! Et retirez-vous du chemin de la grande majorité des Canadiens qui veulent améliorer les pensions et bonifier le RPC. »

L'action était organisée par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes et son comité des retraités, l'Association des syndicalistes à la retraite du Canada et la Fédération nationale des retraités.

Un des orateurs au rassemblement était Jean-Claude Parrot, un ancien président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes. Il a dit que nos droits sont attaqués par le gouvernement Harper et l'attaque contre les pensions en est un aspect. Il a noté que les changements que les divers niveaux de gouvernement apportent aux régimes de retraite tentent de dresser les jeunes travailleurs contre les retraités et les travailleurs plus âgés. Il a dit que les retraités doivent montrer dans leur travail qu'ils ne se battent pas contre les intérêts des jeunes travailleurs et qu'en même temps ils doivent maintenir les droits pour lesquels ils se sont battus et les pensions qu'ils ont négociées dans leurs conventions collectives.

La directrice du Service des pensions et avantages sociaux d'Unifor, Jo-Ann Hannah, a parlé en détail des changements aux pensions qui sont prévus dans la Loi sur les régimes à prestations cibles que le gouvernement devrait présenter au Parlement cet automne. Elle a dit que le gouvernement Harper, par ces changements, dit aux retraités qu'ils doivent faire comme tout le monde et se débrouiller seuls.

Herb John, le président de la Fédération nationale des retraités (FNR), a dit que si la lutte pour les retraites implique surtout les travailleurs du secteur public en ce moment, les compagnies du secteur privé sont en train de préparer des changements similaires. La FNR s'oppose à l'optique même qui anime le gouvernement Harper sur la question des pensions, a-t-il dit. Il a montré que les monopoles ont eu une bien plus grande influence sur les décisions du gouvernement que les citoyens. Les coupures aux régimes publics de retraite ont lieu au moment où il y a beaucoup plus de richesse créée au pays que lors des années 1950-1960 pendant lesquelles de nombreux programmes sociaux ont été institués. La richesse va de plus en plus dans les poches d'une très petite minorité.

Herb John a dénoncé l'utilisation de l'argument de « l'équité intergénérationnelle » qui est utilisé envers ceux qui ont bâti le Canada pour les forcer à accepter la dégradation de leurs pensions. Nous devons remettre en question la capacité des entreprises de fixer l'ordre du jour de la nation, a-t-il dit; ce n'est pas leur droit mais notre droit et notre responsabilité de contrôler cet ordre du jour. Nous devons dire au gouvernement que l'année prochaine nous allons voter pour quelqu'un qui représente nos intérêts.

Mark Janson du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a donné l'appui du syndicat à la lutte contre les réformes régressives des régimes de retraite annoncées par le gouvernement Harper.

La présidente de la section locale de London de l'Association des syndicalistes à la retraite du Canada a dit que plusieurs de ses membres sont syndiqués. Ils ont renoncé à des augmentations de salaire pour avoir des régimes de retraite à prestations déterminées et dans certains cas ont négocié des avantages sociaux en santé à la retraite. Tout cela est maintenant menacé alors que les compagnies demandent des concessions aux travailleurs. Nous devons défendre nos prestations de retraite pour pouvoir vivre une retraite dans la dignité, a-t-elle dit. Nous devons utiliser le « pouvoir gris » à l'exemple des milliers de retraités qui ont confronté le gouvernement Mulroney et l'ont obligé à reculer sur ses plans de désindexer partiellement les pensions.

Jean-Claude Parrot a repris la parole pour réitérer que les travailleurs et les retraités lutteront pour protéger leurs droits et leurs pensions et qu'ils n'acceptent pas d'être les victimes du programme d'austérité du gouvernement Harper.

Peter Whitaker, qui agissait comme maître de cérémonie, a annoncé que les organisateurs et les membres vont participer aux réunions publiques organisées par le gouvernement de l'Ontario et manifester au Parlement le jour où la Loi sur les régimes à prestations cibles va être déposée.

Le président du Congrès du travail du Canada Hassan Yussuff était le dernier orateur. Il a souligné l'importance de la lutte menée par les syndicats affiliés au CTC pour défendre les régimes de retraite à prestations déterminées et dit que le CTC va y participer activement. Ce n'est pas acceptable, a-t-il dit, que les gens passent leur vie à travailler puis vivent une retraite en pauvreté.


(Photos: LML, Fédération nationale des retraités)

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