Le Marxiste-Léniniste

Numéro 129 - 15 octobre 2014

Réunion de la Sixième Commission de l'Assemblée générale de l'ONU

De nouveaux efforts pour établir un cadre juridique complet dans la lutte au terrorisme international


Réunion de la Sixième Commission de l'Assemblée générale de l'ONU
De nouveaux efforts pour établir un cadre juridique complet dans la lutte au terrorisme international
Cuba dénonce la manipulation du terrorisme par les États-Unis
Le Mouvement des non-alignés condamne sans équivoque le terrorisme

Les nouvelles guerres sales
Terrorisme et assassinats au Venezuela - María Páez Victor, CounterPunch
Le parti pris des Nations unies dans sa défense des droits de la personne - Ulson Gunnar, New Eastern Outlook
La Chine demande aux États-Unis de cesser de « forger des histoires » sur la cybersécurité


Réunion de la Sixième Commission de l'Assemblée générale de l'ONU

De nouveaux efforts pour établir un cadre juridique complet dans la lutte au terrorisme international

Le 7 octobre, la sixième Commission (Commission juridique) des Nations unies a ouvert sa réunion annuelle à New York en mettant l'accent sur le terrorisme international. La sixième Commission assume la responsabilité de cette question en raison du mandat qui lui est confié par le Comité spécial de l'Assemblée générale sur le terrorisme, qui ne se rencontrera pas cette année. Lors de la 68e session de l'Assemblée générale, le comité spécial a recommandé que plus de temps soit accordé pour faire avancer les questions en suspens, et que la sixième Commission établisse un groupe de travail lors de la 69e session de l'Assemblée, en vue de finaliser le processus d'une ébauche de convention générale sur le terrorisme international ainsi que des discussions concernant la convocation d'une conférence de haut niveau sur cette question. C'est un travail que le comité spécial a commencé en 2000.

En abordant la séance d'ouverture de la sixième Commission, le représentant du Mouvement des pays non-alignés a condamné sans équivoque le terrorisme. Il a appelé tous les États à coopérer pour résoudre les questions en suspens, en réitérant son appel à une conférence internationale au sommet, sous l'égide de l'ONU, pour définir une riposte organisée commune qui comprend l'identification des causes profondes du terrorisme.

Un représentant de Cuba à la commission a déclaré que les objectifs du comité spécial sur le terrorisme n'ont pas été atteints en raison de la position d'un petit nombre d'États et il a mis en garde contre leur action qui suggère la préférence d'une guerre contre le terrorisme en violation de la charte de l'ONU et du droit international.

Le Comité spécial établi par l'Assemblée générale le 17 décembre 1996

Le mandat du comité spécial est encadré par la Déclaration de 1994 de l'Assemblée générale sur les mesures visant à éliminer le terrorisme international et la Déclaration de 1996 complétant la déclaration de 1994 sur les mesures visant à éliminer le terrorisme international. Le Comité doit également élaborer une convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire afin de mettre à jour les instruments internationaux existants, et un cadre juridique complet pour lutter contre le terrorisme international.

Ce mandat a été révisé et renouvelé chaque année par l'Assemblée générale dans ses résolutions à titre de point à l'ordre du jour intitulé « Mesures visant à éliminer le terrorisme international ».

Le Comité spécial a tenu chaque année une séance s'étendant sur une période d'une à deux semaines, généralement au début de l'année, avec le travail qui s'est poursuivi dans le cadre du Groupe de travail de la sixième Commission plus tard durant l'année au cours de la session ordinaire de l'Assemblée générale. Le Comité spécial n'a pas siégé en 2012 et ne siégera pas en 2014. Le groupe de travail ne s'est pas réuni en 2013.

Le Comité spécial fonctionne sur la base que rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu. Il est ouvert à tous les États membres de l'Organisation des Nations unies ou membres d'agences spécialisées ou de l'Agence internationale de l'énergie atomique.

Le Comité spécial a négocié des textes qui ont abouti à l'adoption de trois traités par l'Assemblée générale: la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes à l'explosif (Résolution 52/164 du 15 décembre, 1997); la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme (résolution 54/109 du 9 décembre 1999, tel que corrigé); et la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire (résolution 59/290 du 13 avril, 2005).

(Sources provenant du Centre d'actualités de l'ONU, Fars News Agency, Prensa Latina)

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Cuba dénonce la manipulation
du terrorisme par les États-Unis

Lors de la réunion du 8 octobre de la Sixième Commission de l'Assemblée générale des Nations Unies, Cuba a dénoncé la manipulation par les États-Unis de la question du terrorisme à des fins politiques en incluant Cuba dans sa liste unilatérale des pays soutenant le terrorisme.

Le département d'État des États-Unis publiait le 30 avril 2013 son rapport, désignant Cuba pour la 32e fois en tant qu'« État commanditaire du terrorisme », a déclaré au Comité sur les questions juridiques Tanieris Dieguez, troisième secrétaire de la mission permanente de Cuba.

La diplomate cubaine a dit que les États-Unis gardent Cuba sur leur liste pour justifier le blocus économique, commercial et financier imposé contre la nation insulaire depuis plus d'un demi siècle. Ils le font même sans avoir une quelconque information au sujet de la livraison d'armes ou d'entraînement par le gouvernement cubain à des groupes extrémistes, et en reconnaissant que Cuba appuie et est l'hôte des négociations de paix pour la Colombie.

Dieguez a réaffirmé le rejet par Cuba du fléau du terrorisme dans toutes ses expressions, ainsi que son rejet de la manipulation d'une question aussi délicate.

Elle a noté que pour défendre son indépendance et sa dignité, Cuba a subi durant des décennies les conséquences des actions terroristes organisées, financées et exécutées à partir du territoire des États-Unis, tuant 3 500 personnes et en blessant 2 099 autres.

Elle a aussi noté que la lutte contre le terrorisme ne pourra l'emporter que si ses causes sont traitées d'une manière organisée par la communauté internationale sans violation de la souveraineté des peuples.

Elle a exprimé l'appui de Cuba envers l'adoption d'une convention générale sur le terrorisme et la tenue d'une conférence mondiale parrainée par l'ONU pour répondre de manière coordonnée à ce fléau.

« Ces objectifs n'ont pas été atteints en raison de la position d'un petit nombre d'États, dont l'action suggère la préférence d'une guerre contre le terrorisme en violation de la Charte des Nations Unies et du droit international », a-t-elle mis en garde.

(Prensa Latina)

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Le Mouvement des non-alignés condamne
sans équivoque le terrorisme

Le Mouvement des non-alignés (MNA) a fait entendre sa condamnation sans équivoque du terrorisme lors de la réunion annuelle de la Sixième Commission (Questions juridiques) de l'Assemblée générale des Nations unies à New-York le 7 octobre.

L'Iran, qui assume la présidence du MNA, représentait l'organisation lors de la session. Dans une déclaration s'adressant à l'article 107 de l'ordre du jour de l'Assemblée de l'ONU, « Mesures pour éliminer le terrorisme international », l'ambassadeur de l'Iran à la Commission de l'ONU Gholam-Hossein Dehqani a condamné toutes les formes de terrorisme et appelé les nations du monde à faire grandir l'union contre la propagation de groupes terroristes.

Le MNA a été fondé en 1961 à Belgrade dans l'ancienne Yougoslavie. Les pays du MNA représentent près de deux-tiers des membres des Nations unies et comptent pour 55% de la population mondiale.

Le but de l'organisation défini dans la « Déclaration de la Havane » de 1979 est d'assurer « l'indépendance nationale, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité des pays non alignés ». L'Iran assume la présidence pour un mandat de trois ans depuis la tenue en août 2012 du congrès du mouvement à Téhéran. Le texte de la déclaration est reproduit ci-dessous.

Texte des remarques du Mouvement des non-alignés aux Nations unies

Monsieur le Président,

J'ai l'honneur de parler au nom du Mouvement des non-alignés.

Le Mouvement des non-alignés condamne sans équivoque et rejette le terrorisme en tant qu'acte criminel sous toutes ses formes et manifestations, ainsi que tous actes, méthodes et pratiques du terrorisme n'importe où, par qui que ce soit, contre qui que ce soit, incluant ceux dont les États sont directement ou indirectement impliqués, qui sont injustifiables peu importe les considérations ou facteurs qui peuvent être invoqués pour les justifier. Dans ce contexte, les membres du MNA réaffirment leur appui aux dispositions de la résolution 46/51 du 9 décembre 1991 de l'Assemblée générale et autres résolutions pertinentes des Nations Unies.

Le Mouvement des non-alignés réaffirme que les actes terroristes constituent une violation flagrante du droit international, incluant l'humanitarisme international et les droits humains, en particulier l'absence de la pleine jouissance des droits humains et des libertés fondamentales des peuples. De tels actes mettent en danger l'intégrité territoriale et la stabilité des États ainsi que la sécurité nationale, régionale et internationale. Ils déstabilisent des gouvernements légitimement constitués ou l'ordre constitutionnel en vigueur et l'unité politique des États, affectent la stabilité des nations et les bases même des sociétés, créent des conséquences adverses pour le développement économique et social et causent la destruction des infrastructures physiques et économiques des États.

Le terrorisme ne doit pas être assimilé à la lutte légitime des peuples sous domination coloniale ou étrangère et occupation étrangère, pour l'autodétermination et la libération nationale. Le traitement violent des peuples sous occupation étrangère devrait continuer à être dénoncé en tant que forme la plus grave de terrorisme, et l'usage du pouvoir d'État pour la suppression par la violence contre les peuples luttant contre l'occupation étrangère en exerçant leur droit inaliénable à l'autodétermination devrait continuer à être condamné. Le Mouvement réaffirme sa principale position sous la loi internationale et en accord avec la résolution 46/51 du 9 décembre 1991 et autres résolutions pertinentes des Nations Unies sur la légitimité des luttes d'un peuple sous domination coloniale ou étrangère et occupation étrangère pour la libération nationale et l'autodétermination.

De plus, le terrorisme ne peut et ne doit pas être associé et ne devrait pas être associé à une religion, une nationalité, une civilisation ou un groupe ethnique et ces attributions ne devraient pas être utilisées pour justifier le terrorisme ou les mesures de lutte contre le terrorisme qui incluent, entre autres, le profilage des suspects et l'intrusion dans la vie privée.

Monsieur le Président,

Conscient de la nécessité de prendre des mesures rapides et effectives afin d'éliminer le terrorisme international, le Mouvement exhorte tous les États, en accord avec la Charte des Nations Unies, à remplir leurs obligations sous le droit international et le droit de l'humanitarisme international en combattant le terrorisme, notamment en poursuivant, ou, lors qu'approprié, d'extrader les auteurs d'actes terroristes; en prévenant l'organisation, l'instigation ou le financement d'actes terroristes contre d'autres États de ou de l'extérieur de leurs territoires ou par des organisations basées sur leurs territoires; en s'abstenant d'organiser, d'instiguer, d'assister, de financer ou de participer à des actes terroristes sur les territoires d'autres États; en s'abstenant d'encourager ces activités sur leurs territoires orientées vers l'exécution de tels actes; en s'abstenant d'autoriser l'utilisation de leurs territoires pour planifier, entraîner ou financer de tels actes; ou en s'abstenant de fournir des armes ou d'autres armes qui pourraient être utilisées pour des actes terroristes dans d'autres États.

Le Mouvement des non-alignés rejette les actions et mesures, l'usage de menace d'utilisation de la force, imposée ou menacée d'être par tout État contre tout pays membre du Mouvement sous le prétexte de combattre le terrorisme ou de poursuivre ses buts politiques, incluant en les catégorisant directement ou indirectement en tant qu'État soutenant le terrorisme. Il rejette entièrement la constitution unilatérale de listes accusant des États de prétendument soutenir le terrorisme, ce qui est en désaccord avec le droit international et constitue de leur part une forme de terrorisme psychologique et politique.

Le Mouvement des non-alignés appelle tous les États à condamner toute forme d'appui, et s'abstenir de fournir un appui, politique, diplomatique, moral ou matériel au terrorisme et prie instamment tous les États en accord avec la Charte des Nations Unies et en remplissant leurs obligations sous le droit international, de s'assurer que le statut de réfugié ou tout autre statut légal n'est pas abusé par les auteurs, organisateurs ou facilitateurs d'actes terroristes et que leurs revendications de motivations politiques ne sont pas reconnues en tant que base pour refuser les requêtes pour leur extradition.

Le Mouvement des non-alignés encourage aussi tous les États, qui ne l'ont pas déjà fait, à considérer ratifier ou d'accéder aux treize instruments internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme. Nous appelons également tous les États à respecter et mettre en oeuvre les dispositions de tous les instruments internationaux ainsi que régionaux et bilatéraux en lien avec le terrorisme dont ils sont partie.

Le Mouvement appelle aussi tous les États à respecter tous les droits humains et les libertés fondamentales en contrant le terrorisme et à réaffirmer leur engagement afin de prévenir les violations des droits humains en respect avec la règle de droit et leur obligation sous le droit international, en particulier le droit humain international, le droit international pour les réfugiés et le droit humanitaire international, conformément aux résolutions pertinentes de l'Assemblée générale. Nous appelons les comités des sanctions du Conseil de sécurité de rationaliser davantage les procédures d'inscription et de radiation afin de répondre aux préoccupations d'une procédure officielle et la transparence.

Le Mouvement des non-alignés réitère son appel à une conférence internationale sous les auspices des Nations unies pour formuler une réponse conjointe organisée de la communauté internationale au terrorisme sous toutes ses formes et manifestations incluant identifier ses causes profondes.

Nous réitérons en outre l'importance de la conclusion d'une convention de lutte contre le terrorisme international, notant les négociations du Comité Ad Hoc établi par la résolution 51/210 de l'Assemblée générale du 17 décembre 1996, pour l'élaboration d'une convention de lutte contre le terrorisme international et les efforts continus à cette fin. Nous appelons tous les États à coopérer afin de résoudre les questions en suspens.

Le Mouvement réaffirme que la Stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme des Nations Unies ainsi que la responsabilité première des États membres à la mettre en oeuvre, accueille l'examen de la Stratégie et appelle à sa mise en oeuvre transparente et complète.

Le Mouvement des non-alignés rappelle la résolution 66/10 du 18 novembre 2011 sur la mise en place du Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme et encourage tous les États membres de collaborer avec le Centre et de contribuer à la mise en oeuvre de ses activités en accord avec la Stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme.

Le Mouvement des non-alignés condamne fermement les incidences criminelles de la prise d'otages ayant pour résultat la demande de rançon et/ou autres concessions politiques par des groupes terroristes et appelle tous les États à coopérer activement afin de s'adresser à cette question, incluant ses aspects légaux.

Je vous remercie.

(Fars News Agency, Radio Havana Cuba)

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Les nouvelles guerres sales

Terrorisme et assassinats au Venezuela



Les funérailles de Roberto Serra et María Herrera, Caracas, 3 octobre 2014. (MINCI, TeleSUR)

Vendredi dernier [le 3 octobre 2014], le centre de Caracas était envahi par des milliers de citoyens en deuil venus accompagner deux cercueils drapés de deux drapeaux et chargés de fleurs déposées en hommage.

Si un député de l'opposition vénézuélienne avait été brutalement torturé et poignardé à mort dans sa propre maison, la presse occidentale--y compris celle du Canada— aurait mis cette information à la une des journaux du monde entier.

Pourtant, c'est ce qui s'est passé, un député du parti au pouvoir du Venezuela a été assassiné et les médias internationaux, pour la plupart, sont restés silencieux. Les personnalités politiques internationales ne se sont pas tordues les mains d'indignation ou de regret comme elles l'avaient fait lors de l'incarcération légitime du chef de l'opposition, Leopoldo López, qui, à plusieurs reprises et publiquement, avait incité à la violence lors de manifestations qui ont coûté la vie à au moins 47 personnes.

Le mercredi 1er octobre 2014, Robert Serra, 27 ans, un avocat, membre du PSUV au pouvoir et le plus jeune député à l'Assemblée nationale vénézuélienne, et sa compagne María Herrera ont été assassinés à leur domicile dans un quartier populaire du centre de Caracas. C'était un acte de terreur outrageux et délibéré. Robert Serra et María Herrera ont été torturés, poignardés et puis saignés à mort. Il s'était spécialisé en criminologie et travaillait à enrayer la criminalité dans le pays. María Herrera l'assistait dans ce travail vital. Robert Serra venait d'une famille pauvre; sa mère avait travaillé comme colporteuse pour l'aider à faire ses études de droit. Il était reconnu pour ses interventions perspicaces à l'Assemblée nationale et était très aimé. Certains parlaient de lui comme d'« un futur Chávez. ».

Il s'agit d'un assassinat planifié, organisé et exécuté avec minutie. Ernesto Samper, ancien président de la Colombie et secrétaire général actuel de l'UNASUR (Union des Nations sud-américaines) a déclaré: « Ce crime est un signe préoccupant d'infiltration du para-militarisme colombien au Venezuela ».

Il y a quelques semaines, le président Santos de la Colombie a expulsé au Venezuela un jeune homme, Lorent Saleh, qui avait eu des rencontres avec les groupes paramilitaires en Colombie pour conspirer contre le gouvernement vénézuélien. On le voit dans une vidéo avec Alvaro Uribe, ancien président de Colombie, qui doit sa carrière politique à ses relations avec [Pablo] Escobar, le chef des narcotraficants colombiens et est accusé par le Sénat colombien d'être derrière la prolifération des groupes paramilitaires dans le pays. Lorent Saleh a déclaré qu'il était en Colombie pour acheter des armes de guerre et recruter des tireurs d'élite et des experts en explosifs, parce que « eux » allaient commettre l'assassinat sélectif de 20 dirigeants du gouvernement vénézuélien afin de le faire tomber. Puis il a dit que « eux » étaient : les dirigeants des partis d'opposition du Venezuela.

À l'Assemblée nationale, quelques, jours avant son assassinat, Robert Serra avait dénoncé de manière très claires les plans terroristes d'Alvaro Uribe et Lorent Saleh.

Le gouvernement vénézuélien du président Nicolás Maduro est la cible d'attaques incessantes et continuelles depuis son élection. Dans le but de créer une apparence de chaos et d'incapacité de gouverner, l'opposition a orchestré une campagne de sabotage économique, par la contrebande et le retrait du marchés des denrées alimentaires et de biens, une campagne délibérée de fausses rumeurs et trois mois de manifestations violentes. Ces actions subversives ont été habilement contrées par un gouvernement qui s'en est tenu à la lettre de la loi, a refusé de tomber dans le piège de répondre à la violence par la violence, et dans le cadre de son appel à la paix a engagé des négociations avec l'opposition, facilitées par des ministres des pays voisins. Le peuple vénézuélien a massivement rejeté la tactique de violence de l'opposition et la popularité de M. Maduro a connu un élan encore plus grand.

Dans le but de provoquer un « changement de régime », la violence est escaladée pour maintenant inclure les assassinats. Ce plan a été élaboré lors d'une réunion tenue à Guadarrama, en Espagne, à la fin de juin et organisée par l'agence d'espionnage espagnole, le Centre d'intelligence d'Espagne ( CNI ) et un groupe de réflexion, la Fondation pour l'Analyse et les Études sociales (FAES), du Parti Populaire de l'ex-président du gouvernement espagnol José Marie Aznar. C'est la CIA américaine qui finance et entraîne la CNI, comme Edward Snowdon l'a révélé.[1]

Deux dirigeants de l'opposition vénézuélienne, Julio Borges et Ramón Muchacho, qui étaient également derrière les manifestations violentes, étaient présents à cette conférence, et un message vidéo de Maria Corina Machado a été présenté. Elle ne pouvait être présente parce ce qu'elle fait l'objet d'une enquête pour sa participation aux manifestations violentes, qu'elle a dirigées avec enthousiasme. Machado, alors qu'elle était députée à l'Assemblée nationale du Venezuela, a accepté honteusement le poste d'ambassadrice du Panama afin de prendre la parole à l'OEA en 2014. Selon la Constitution, elle a de fait perdu son poste de député en représentant un gouvernement étranger, qui à cette période s'opposait au Venezuela.

Machado, ainsi que López, sont parmi les instigateurs des manifestations violentes qui ont causé tant de morts et des millions de dommages. Pourtant, au mépris de la primauté du droit, elle a été invitée par le Conseil canadien pour les Amériques à parler devant le prestigieux cabinet d'avocats canadien de Cassels Brock et Blackwell en mai dernier. C'est un exemple clair de la complicité canadienne ou bien d'une ignorance délibérée.

Les forces impériales considèrent que le pétrole du Venezuela est tout simplement trop grande source de profit pour le laisser entre les mains de son peuple. La direction remarquable de ce pays s'est distinguée dans la promotion de l'intégration de l'Amérique latine afin de résoudre ses problèmes sociaux communs et de protéger ses ressources naturelles. Cela est tout simplement inacceptable pour les multinationales, les États-Unis, et leurs alliés serviles qui semblent penser que le pétrole est à eux.

Les assassinats de Robert Serra et María Herrera, de Eliézer Otáiz, maire de Caracas, il y a cinq mois, les meurtres lors des émeutes de mars dernier qui ont été commis par des paramilitaires (pas par des étudiants comme la presse mondiale l'a déclaré) et l'assassinat du procureur Danilo Anderson, tué dans un attentat, il y a dix ans, ainsi que ceux de centaines de dirigeants ruraux qui ont été assassinés par des mercenaires paramilitaires par les grands propriétaires fonciers, ne font que renforcer la détermination du peuple vénézuélien qui sait que leur gouvernement Bolivarien, peu importe les attaques et les difficultés, est de leur côté, pas du côté des élites puissantes et de leurs patrons qui, jamais dans toute l'histoire du Venezuela, ne se sont rangés du côté des pauvres ou des intérêts de la nation.

Alors que la foule progressait lentement vers le cimetière où Robert Serra et María Herrera devaient être enterrés, le cri: « La Justice ! Justice ! Nous voulons la justice! » retentissait à chaque pas. Les autorités vénézuéliennes n'ignoreront pas cette clameur.

Note

1. Carlos Fazio, « Violencia y terrorismo son ejes de la nueva fase de desetabilizacion subversive », Resumen Latinoamericano, 2 octobre 2014, http://www.resumenlatinoamericano.org/

* María Páez Victor, Ph.d. est une sociologue d'origine vénézuélienne qui vit au Canada. Traduction: LML

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Le parti pris des Nations unies dans sa défense
des droits de la personne


Depuis quelques années déjà, l'ONU sert de tribune aux ennemis de la Syrie pour accuser celle-ci d'abus des droits de la personne qui servent ensuite de justification pour avoir recours à l'agression militaire contre ce pays. Des histoires de « bombes à tonneau» utilisées contre la population civile, de bombardement de positions ennemies au détriment de la population elle-même et de la destruction d'infrastructure indispensable font toutes parties des fabulations de l'Occident contre le gouvernement syrien.

Maintenant que les États-Unis eux-mêmes bombardent la Syrie, tuant des Syriens, y compris des hommes, des femmes et des enfants innocents, ainsi que l'infrastructure indispensable à la survie des populations locales, l'ONU reste silencieuse. Aussi la presse occidentale propage-t-elle à nouveau ses vieilles notions de « dommage collatéral». Voilà que soudain ces mêmes terroristes contre lesquels le gouvernement syrien a tenté d'alerter le monde entier depuis plusieurs années déjà et qu'il combat depuis longtemps dans les villes et dans les régions rurales, seraient maintenant devenus suffisamment menaçants pour qu'on veuille intervenir. Ainsi combattre les terroristes sert-il de justification pour tuer des civils à l'occasion, en autant que les armes utilisées sont maniées par les États-Unis et non par la Syrie.

Cette hypocrisie sans bornes est exacerbée par le fait que l'armée syrienne agit sur son propre territoire, menant des opérations de sécurité visant à protéger ses propres frontières ainsi que tout le territoire à l'intérieur de ces frontières, tandis que les États-Unis agissent à des milliers de milles de chez eux, dans un pays étranger, évoquant un prétexte et un ordre du jour plus que douteux pour justifier leur agression.

Mais où est donc l'ONU? Les frappes aériennes contre la Syrie menées par les États-Unis, les États du golfe Persique et plusieurs pays d'Europe sont effectuées sans le consentement du gouvernement syrien. Aussi, aucun parti reconnu de l'opposition n'a accordé son consentement et aucune résolution de l'ONU n'a été adoptée autorisant l'Occident à exercer la force militaire contre la Syrie. Ne serait-ce que sur ce point, l'ONU devrait se faire entendre et imposer des sanctions contre tous ceux qui participent à cet acte d'agression militaire unilatéral et, surtout, illégal. Aussi, l'ONU devrait dénoncer la perte de vies humaines, tout comme elle n'a pas hésité à le faire au cours des dernières années de chaos interminable qu'a engendré le conflit syrien. Aussi, l'ONU devrait y expédier des équipes d'inspecteurs pour mesurer l'impact de ces frappes.

Outre la Syrie, il existe un autre champ de bataille où l'ONU brille par son absence, et c'est l'Ukraine. Dans ce pays, Kiev y mène des campagnes de violence de plus en plus sanguinaires contre son propre peuple. Depuis que Kiev perd graduellement le contrôle du territoire à l'est de l'Ukraine, il appert qu'il a de plus en plus recours aux tueries de masse, à la torture, et aux exécutions sommaires. Mais voilà qu'aucune voix ne s'élève de l'ONU pour contester ces actes criminels, aucune équipe n'est mobilisée pour examiner les scènes de crime qu'on a déterrées, ni aucune mesure n'est-elle prise contre les auteurs de ces crimes dont certains sont des groupes de militants de l'extrême-droite, comme le Secteur de droite qui prône ouvertement le nazisme.

Si certains prétendent qu'il ne s'agit que d' « inventions du Kremlin», ce sont pourtant les inspecteurs d'une organisation bien occidentale - l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (l'OSCE) - qui rapportent sur le terrain, et ce, sur une base quotidienne, ce qui se passe en Ukraine, et qui ont souligné la présence de militants de l'extrême-droite. Ils ont aussi souligné la destruction par ces néonazis du patrimoine historique de l'Ukraine, la persécution de leurs adversaires politiques, ainsi que la violence qu'ils ont déchaînée partout au pays, de l'Ukraine de l'est jusqu'à la capitale elle-même.

Récemment l'OSCE a signalé que le bataillon néo-nazi Azov, dont le drapeau arbore l'emblème des SS Wolfsangels d'Adolphe Hilter, a dirigé des émeutiers dans le démantèlement du monument de Vladimir Lénine dans la ville ukrainienne de Kharkiv. Un autre rapport de l'OSCE souligne que le Secteur de droite dirigeait des bandes d'émeutiers à Odessa. Un rapport de l'OSCE du mois d'août a aussi révélé qu'un autre « bataillon volontaire» semblable aux bataillons d'Azov et du Secteur de droite - le soi-disant « bataillon Aidar» - avait été responsable de plusieurs atteintes aux droits de la personne, y compris des enlèvements, la torture et la détention en otage d'Ukrainiens de l'est.

Il est clair que des abus ouverts et inacceptables sont perpétrés par des groupes extrémistes prônant une idéologie qui est illégale dans la plupart des pays d'Europe, mais tout de même appuyée par l'Union européenne, l'OTAN et les États-Unis. Pourquoi l'ONU reste-elle muette sur cette question alors que sur d'autres elle n'hésite pas à se faire entendre? Ce silence soulève de sérieuses questions sur l'objectivité et l'impartialité de l'organisation internationale.

L'ONU en tant qu'instrument d'intérêts spéciaux

Alors qu'en principe l'ONU est censée être un arbitre impartial du droit international, il est clair par ses actions souvent ouvertement biaisées qu'elle joue le jeu de certains intérêts spéciaux, se servant des droits de la personne et du droit international comme prétexte pour promouvoir de façon partiale l'ordre du jour de certains pays membres tout en ignorant complètement ces mêmes principes lorsque cela lui convient.

En Syrie, des bombes étasuniennes tuent présentement des civils syriens, détruisant l'infrastructure et violant la souveraineté même de la nation syrienne. L'acte d'agression militaire que les États-Unis et leurs partenaires commettent en Syrie est contraire à la charte même de l'ONU et constitue une grave violation du droit international. Si on constate une érosion certaine de la légitimité, de la popularité et de l'efficacité de l'ONU, on ne peut aussi que constater que c'est cette pratique des deux poids deux mesures qui en est la cause.


Manifestation contre l'appui du Canada aux forces fascistes
ukrainiennes au Parlement le 5 octobre 2014 
(L. Mitsner)

Il en va de même en Ukraine, où des militants de l'extrême-droite embrassant le nazisme commettent des violations des droits de la personne de façon si ouverte et fréquente que même l'OSCE européenne se voit dans l'obligation de les souligner tandis que l'ONU reste muette et inactive, ce qui mine non seulement l'intégrité de l'ONU elle-même mais aussi celle du droit international.

Lorsque le droit international est cité et appliqué de façon partiale par certains pays membres de l'ONU, et que ces mêmes pays se servent de l'ONU comme forum pour légitimer des actes tout à fait illégaux, l'ordre mondial en est ébranlé et risque de s'effondrer pour laisser place au désordre, ne laissant aux autres pays membres de l'ONU d'autre choix que de chercher des alternatives pour résoudre des injustices qui sont commises plutôt que contestées par l'ONU.

Pour les Ukrainiens de l'est, les Syriens et leurs alliés respectifs il ne reste d'autre choix que d'agir unilatéralement pour défendre eux-mêmes leur territoire et leur peuple ainsi que leurs intérêts face à des pays délinquants qui se moquent littéralement de l'ONU et qui à toutes fins pratiques en ont pris le contrôle.

Note du LML

Le récent rapport sur la situation des droits de la personne en Ukraine publié par le Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l'homme ne contient aucune information sur les fosses communes trouvées vers la fin de septembre près de la ville de l'Ukraine de l'est, Donetsk, selon l'agence de nouvelles RIA Novosti. Le porte-parole de l'ONU, Stephane Dujarric, avait déclaré que le rapport allait traiter de cette question, mais la publication du rapport a été retardée du 3 au 8 octobre et la question n'y a pas été soulevée.

Le sixième rapport sur la situation des droits de la personne en Ukraine couvre la période du 18 août au 16 septembre. Cependant, le 23 septembre, plusieurs fosses communes ont été trouvées dans la région nord-sud de la ville ukrainienne de l'est, Donetsk. On y a trouvé plus de 400 corps de civils et de combattants pro-indépendance qui semblent avoir été exécutés.

Les supporteurs de l'indépendance dans le sud-est de l'Ukraine soutiennent que le massacre a été commis par les combattants de la Garde nationale, qui étaient présents dans cette région depuis avril, lorque Kiev a déclenché son opération militaire dans la région. Les autorités ukrainiennes ont démenti ces accusations.

Le Comité d'enquête russe soutient qu'il a en main des preuves irréfutables à l'effet que la Garde nationale et le groupe nationaliste affilié au Secteur de droite ont bel et bien participé à ces tueries de masse.

Plus tôt cette semaine, le président russe Vladimir Poutine, ainsi que le chef de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Didier Burkhalter, ont souligné l'importance d'une enquête exhaustive pour faire toute la lumière sur cet incident.(RIA Novosti)

* Ulson Gunnar est un analyste géopolitique qui vit à New York. Il est aussi auteur, en particulier pour le magazine en ligne « New Eastern Outlook».

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La Chine demande aux États-Unis de cesser de
« forger des histoires » sur la cybersécurité

Le 9 octobre, le ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté les États-Unis à arrêter de « forger des histoires » et « de dénigrer » la Chine après que le Federal Bureau of Investigation (FBI) ait officiellement accusé la Chine d'avoir volé des secrets d'entreprises américaines.

« Les lois chinoises interdisent le piratage ou tout autre comportement préjudiciable à la sécurité cybernétique et il est incontestable que le gouvernement chinois punit résolument ces crimes », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hong Lei, lors d'un point de presse quotidien, en réponse à une question sur les remarques du représentant du FBI.

Le 5 octobre, le directeur du FBI James Comey a déclaré à la télévision que la Chine est en tête de liste des pays qui cherchent à dérober des secrets aux entreprises des États-Unis, leur coûtant annuellement des milliards de dollars.

« Encore une fois, nous exhortons la partie américaine à abandonner sa fabrication de fausses histoires et son dénigrement délibéré de la Chine, et aussi à mettre fin à ses cyber-attaques à grande échelle et systématiques contre d'autres pays », a déclaré le porte-parole chinois.

La tentative des États-Unis de détourner l'attention en accusant les autres ne réussira pas, a ajouté Hong.

(Xinhua)

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