Le Marxiste-Léniniste

Numéro 128 - 14 octobre 2014

Sur les questions importantes de la guerre et de la paix

Le terrorisme d'État et le droit de résister

Non au déploiement américain et canadien en Irak!
Non au bombardement de l'Irak et de la Syrie!

  

Montréal
Manifestation le dimanche 26 octobre - 13 h
Départ: Square Dorchester
Organisée par Échec à la Guerre et l'Alliance canadienne pour la paix
(Voir actions ailleurs au Canada)

Sur les questions importantes de la guerre et de la paix
Le terrorisme d'État et le droit de résister

Nouvelles sur la guerre aérienne contre l'Irak et la Syrie
Les pressions pour des troupes américaines au sol en Syrie s'intensifient
Les entrepreneurs de la défense font fortune - Dan Froomkin

Cuba commémore la Journée des victimes du terrorisme d'État
Le crime de la Barbade, le Vol Cubana 455 - Tony Seed
L'injustice continue de trembler


Sur les questions importantes de la guerre et de la paix

Le terrorisme d'État et le droit de résister


Manifestation d'urgence contre la guerre sur la colline du Parlement à Ottawa lors du « débat » à la Chambre des communes au sujet de la participation du Canada à l'agression dirigée par les États-Unis contre l'Irak, 6 octobre 2014.

« Sans une intervention, cette organisation terroriste (EIIL) se développera et rapidement. Elle a déjà fait connaître ses intentions terroristes à l'échelle locale et à l'échelle internationale et le Canada a été cité comme cible potentielle. » - Déclaration du Premier ministre du Canada, Stephen Harper, au sujet de la motion sur l'EIIL débattue au Parlement, 7 octobre 2014

* * *

« Plusieurs délégations ont réaffirmé que le projet de convention (sur le terrorisme) doit comprendre une définition claire du terrorisme qui se différencie de la lutte légitime des peuples dans l'exercice de leur droit à l'autodétermination. Certaines délégations ont également estimé que le projet de convention devrait porter sur toutes les formes de terrorisme, y compris le terrorisme d'État. La préoccupation a été exprimée que la proposition n'a pas adéquatement abordé ces questions ni la question concernant le rôle des forces militaires en temps de paix. » - Rapport du Comité ad hoc sur le terrorisme international à la réunion du 22 octobre 2009 de la Sixième Commission de l'ONU sur les mesures visant à éliminer le terrorisme international.

* * *

« La doctrine choc et effroi (de l'anglais Shock and Awe, ce qui peut aussi être traduit par « choc et stupeur »), ou de « domination rapide », est une doctrine militaire basée sur l'écrasement de l'adversaire à travers l'emploi d'une très grande puissance de feu, la domination du champ de bataille et des manoeuvres, et des démonstrations de force spectaculaires pour paralyser la perception du champ de bataille par l'adversaire et annihiler sa volonté de combattre. Elle est issue de l'Université de la défense nationale des États-Unis et a été rédigée par Harlan Ullman et James Wade en 1996. [...]

« Ullman et Wade affirment qu'« abattre le pays nécessiterait d'une part la destruction physique d'infrastructures ciblées, et d'autre part l'interruption et le contrôle de tous les flux d'informations et commerciaux importants, et ce, de façon si rapide qu'on puisse obtenir un choc comparable à celui obtenu par les bombardements nucléaires d'Hiroshima et de Nagasaki sur les Japonais. » [...]

Selon Brian Whitaker, correspondant du Guardian en 2003, « pour quelques pays arabes ou musulmans, la doctrine « choc et effroi » est un terrorisme sous un autre nom; pour d'autres, un crime qui n'a rien à envier au 11 septembre. De même, les opposants à la guerre ont qualifié l'action américaine en Irak de terroriste. » - Wikipedia

* * *

Dans ce numéro, LML continue de traiter des questions importantes de la guerre et de paix. Un des sujets de préoccupation est la présentation détaillée des crimes barbares commis par l'organisation appelée l'État islamique d'Irak et de la Syrie (EIIL) pour justifier l'envoi de forces armées du pays à la guerre. Le gouvernement du Canada déclare que l'EIIL est une menace à l'intérêt national, ce qui justifie une intervention pour se défendre. Le gouvernement Harper au Canada n'est pas le seul à donner cet argument; le gouvernement d'Obama et les gouvernements de Grande-Bretagne, de France, d'Allemagne et d'autres pays le donnent aussi.

De cette manière, ces gouvernements justifient leurs propres actes de terrorisme d'État par la défense de leurs intérêts nationaux. Cela montre qu'ils ont désespérément besoin de donner à leurs guerres d'agression et d'occupation une légitimité qu'elles n'ont pas. Cet argument de la défense de l'intérêt national tient de la raison d'État, la sauvegarde de la sécurité intérieure et extérieure. Une des principales justifications de la mise en place des instruments de coercition, et quand la coercition peut et ne peut pas être utilisée, est la raison d'État. Les instruments de coercition englobent tous les aspects de l'application de la loi, les établissements pénitentiaires et une règle de droit qui incorpore les conditions dans lesquelles la restriction des droits est autorisée, ainsi que les conditions dans lesquelles les forces armées peuvent être déployées. Les moyens de coercition doivent être perçus par la population comme étant utilisés légitimement pour obtenir son soutien au plan d'action choisi.

En ce qui concerne les questions cruciales de la guerre et la paix, la légitimité de la décision d'une intervention armée des forces armées est primordiale. Actuellement, les gouvernements américain et canadien, ainsi que ceux d'Europe font collusion et luttent pour contrôler les territoires et les ressources des autres pays. Seuls ou collectivement, ces gouvernements déclarent de plus en plus fréquemment que leurs intérêts nationaux sont menacés par l'EIIL et qu'ils doivent déployer des forces armées à l'étranger pour défendre leurs intérêts nationaux. Cependant, cette affirmation ne peut être vérifiée, surtout lorsque leurs actions violent le droit international et sèment le chaos, la mort et la destruction partout où ils vont. Ainsi, l'agression de la Syrie et de l'Irak ne peut pas avoir de légitimité aux yeux du peuple.

Aujourd'hui, partout dans le monde, les peuples livrent une lutte cruciale contre la terreur d'État déchaînée contre eux par les puissances étrangères, en particulier les États-Unis et les grandes puissances de la vieille Europe, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, etc. Un de ses aspects est la désinformation de l'opinion publique sur ce qu'est le terrorisme, en particulier la terreur d'État comme celle pratiquée par les États-Unis ou Israël et d'autres, et leur politique de deux poids deux mesures qui leur sert à qualifier de terrorisme le droit de résister du peuple. Ils ont recours au terrorisme d'État au nom de la lutte contre le terrorisme pour justifier ce qui n'est pas justifiable. Le fait qu'ils agissent ainsi montre qu'ils n'ont rien à offrir et sont incapables d'apporter des solutions aux problèmes de l'humanité.

Beaucoup de pays qui s'opposent au terrorisme sous toutes ses formes sont victimes de la terreur d'État des États-Unis et d'autres pays, de leurs agences d'espionnage et de leurs forces spéciales. Ces pays se battent pour que les problèmes soient résolus dans le cadre de la primauté du droit sur le plan national et international.

Ces pays défendent le droit du peuple de résister à la terreur d'État ainsi que leur droit à ce que les différends soient résolus de manière pacifique, par la négociation et sur la base de la défense de la primauté du droit. Loin de chercher à justifier l'injustifiable, ils élaborent les stratégies et tactiques nécessaires pour défendre le droit d'exister du peuple et pour établir le système et le mode de vie qu'ils ont choisi, et ils respectent le droit d'autrui de suivre la même voie.

Cette semaine, une fois encore, nous avons été témoins de la lutte pour leur droit d'exister de pays comme Cuba, le Venezuela et d'autres. Aux Nations unies, pendant les réunions de l'Assemblée générale de l'ONU et celles des commissions spéciales, les pays du Mouvement des pays non-alignés ont donné avec conviction une définition du terrorisme qui défend les droits des peuples, en opposition aux maraudeurs impérialistes, à leurs guerres sales et à leurs guerres d'agression et d'annexion. Alors que nous soutenons les peuples du monde qui se battent pour leur droit d'exister, nous devons également intensifier notre travail pour établir un gouvernement antiguerre au Canada. Aucun gouvernement ne doit pouvoir justifier l'injustifiable sous couvert de la défense de l'intérêt national.

(Photos: K.J. Tarasoff, ECAWAR)

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Nouvelles sur la guerre aérienne contre l'Irak et la Syrie

Les pressions pour des troupes américaines
au sol en Syrie s'intensifient

La semaine dernière, le Canada s'est joint à l'intervention militaire dirigée par les États-Unis en Irak. Le premier ministre Stephen Harper a justifié l'envoi des Forces armées canadiennes en Irak en disant que l'État islamique d'Irak et de Syrie (EIIL) constitue une menace pour la sécurité du Canada et donc qu'il s'agit de la défense des intérêts nationaux du Canada. Plusieurs autres pays se sont joints également à la guerre aérienne des États-Unis en Syrie et aux frappes contre les bases de l'EIIL. Selon des rapports, l'EIIL poursuit ses avancées malgré l'utilisation massive de frappes aériennes, et, aux États-Unis, les pressions pour une intervention militaire terrestre s'intensifient. Jusqu'à présent, le gouvernement d'Obama maintient que son approche « choc et stupeur » sera suffisante.

Ceux qui exigent des troupes au sol, parmi eux l'ancien président des États-Unis Jimmy Carter, disent que c'est la seule façon de combattre efficacement l'EIIL. Ces appels sont à l'opposé de la déclaration d'Obama faite en août dans laquelle il déclarait qu'il n'y avait pas de « solution militaire américaine » en Irak contre les terroristes de l'État islamique. Maintenant, il propose une longue campagne de bombardements aériens « de plusieurs années » pour détruire « le réseau de la mort » en Irak et en Syrie. Depuis fin septembre, les États-Unis et leurs soi-disant alliés arabes — l'Arabie saoudite, le Bahreïn, le Qatar, la Jordanie et les Émirats arabes unis — effectuent des frappes aériennes contre l'EIIL à l'intérieur de la Syrie sans aucune autorisation du gouvernement syrien et sans mandat de l'ONU.


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Selon les agences de presse, au cours des derniers jours, les États-Unis ont utilisé des bombardiers, des avions de combat et des drones pour mener plus de 37 frappes aériennes sur la ville syrienne de Kobané et ses environs. La ville de Kobané est située à la frontière de la Turquie. Les militants de l'EIIL ont cependant réussi à prendre le contrôle d'un tiers de cette ville stratégiquement importante.

La semaine dernière, le Pentagone a annoncé que l'EIIL avait capturé les villes de Hit et de Kabiusa dans la province d'Anbar dans l'ouest de l'Irak, forçant les forces de sécurité irakiennes à abandonner leurs postes et leurs armements, cela malgré plus de 345 frappes aériennes effectuées depuis le 8 août par la coalition dirigée par les États-Unis.

Jusqu'à présent, le gouvernement d'Obama a ignoré les appels pour des troupes au sol, mais ceux-ci se font de plus en plus pressants et la position d'Obama semble devenir de plus en plus insoutenable. Dans ce contexte, il est probable que Harper changera également sa position que le Canada n'entreprendra rien en Syrie qui soit contraire au droit international, interprétée comme signifiant que le Canada attendrait l'autorisation du gouvernement syrien pour intervenir en Syrie.

Mais les contradictions au sein des milieux officiels américains sont tellement fortes qu'elles s'expriment en public. Le général Martin Dempsey, le chef d'état-major des armées des États-Unis, est un partisan de l'envoi de troupes au sol, tandis que Leon Panetta, l'ancien directeur de la CIA, a tenu des séances d'information pour les médias demandant à Obama de refuser d'escalader les frappes aériennes dirigées par les États-Unis en une guerre au sol en Syrie. L'ancien président Jimmy Carter a écrit dans le Fort Worth Star-Telegram que « Tout d'abord, nous avons attendu trop longtemps. Nous avons laissé l'État islamique accroître son financement, sa capacité et sa force et son armement alors qu'il était encore en Syrie. Il faut avoir du monde sur le terrain pour diriger nos missiles et pour être sûr que vous avez la bonne cible. Ensuite, il faut avoir des troupes pour intervenir et combattre l'EIIL après les frappes ».

Hillary Clinton, qui aspire à la présidence des États-Unis, est également parmi les plus grands critiques de la façon dont Obama conduit les guerres dans lesquelles les États-Unis sont embourbés. Elle a déclaré à la Conférence Canada 2020 à Ottawa la semaine dernière que « l'intervention militaire en Irak et en Syrie est essentielle ». L'été dernier, elle a dit à un magazine américain que l'administration Obama aurait dû agir plus tôt pour arrêter l'avancée de l'EIIL. Le président de la Commission des forces armées de la chambre, Buck McKeon, a déclaré à Fox News : « Après deux mois de frappes aériennes, la stratégie du président clairement ne fonctionne pas. L'EIIL continue de grandir, d'engloutir plus de territoire de Bagdad à Kobané.[...] Il continue d'avancer et de se renforcer. Il y a deux mois, le président a expliqué dans un discours la gravité de la menace et comment nous allions la dégrader et la détruire. Eh bien, nous ne le faisons pas. »

Selon le plan Obama, une version recyclée de l'Opération Choc et Stupeur de l'ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, des militants syriens « modérés », formés et équipés par le Pentagone, mèneront l'offensive au sol contre l'EIIL et aussi contre les forces du gouvernement syrien. Pour contrer ces appels à une offensive terrestre, les responsables américains ont déclaré que l'objectif principal de la campagne aérienne n'était pas de sauver des villes mais plutôt de cibler les dirigeants de l'EIIL, leurs centres de commandement et leur contrôle des raffineries de pétrole et des autres infrastructures. Le secrétaire d'État John Kerry, dont les déclarations contredisent souvent la politique officielle de Maison-Blanche, a d'abord dit que le plan présenté par la Turquie de créer une zone tampon le long de la frontière avec la Syrie était une bonne idée. Puis, ayant été rappelé à l'ordre, il a déclaré la semaine dernière qu'empêcher la chute de Kobané n'était pas un « objectif stratégique » des États-Unis. « Malgré la crise Kobané, les premiers objectifs de nos efforts ont été les centres de commandement et de contrôle, et l'infrastructure », a dit Kerry.

Pour sa part, le président Obama a indiqué que « nous n'allons pas stabiliser [la Syrie sous Assad] », ce qui a conduit certains analystes à affirmer que les États-Unis et ses alliés se sont saisis de la menace de l'EIIL pour cibler le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad.

« Je crois qu'éventuellement les bombardement en Syrie auront lieu là où ils peuvent cibler le gouvernement syrien », a déclaré à Press TV le journaliste d'enquête américain David Lindorff le mois dernier.

Rodney Martin, un commentateur politique américain, a également déclaré dans une interview que « les États-Unis ont des antécédents horribles dans la région à cause de leur politique actuelle, mais il est clair qu'un des sous-objectifs de toute cette mission stratégique contre l'EIIL est de renverser le gouvernement Assad ».

(Press TV, Global Research)

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Les entrepreneurs de la défense font fortune

La valeur des actions de Lockheed Martin, General Dynamics, Raytheon et Northrop Grumman a atteint des niveaux record la semaine dernière quand c'est devenu de plus en plus clair que le président Obama s'engageait dans une guerre aérienne massive et soutenue en Irak et en Syrie.

Ce sont des profits exceptionnels inattendus qu'engrangent ces entrepreneurs et d'autres comme eux qui devenaient de plus en plus inquiets des pressions budgétaires fédérales qui menaçaient de ralentir le taux d'augmentation des dépenses militaires.

Maintenant, alors que les forces militaires américaines dépensent littéralement des dizaines de millions de dollars en munitions à chaque jour, l'industrie ne fait pas que compter sur de grandes dépenses militaires pour regarnir ses inventaires, mais sur une nouvelle ère de développement d'un arsenal militaire extrêmement dispendieux.

« Si l'accent premier est mis sur l'équipement plutôt que sur les troupes elles-mêmes, alors cela représente une occasion pour nous », a dit à Bloomberg Jack Ablin le responsable en chef de l'investissement à la BMO Private Bank dont le portefeuille d'investissement de 66 milliards $ comprend des actions de Northrop Grumma et Boeing.

La performance des actions des entrepreneurs de défense dépasse de beaucoup celle du marché des actions en général. L'index Bloomberg de 4 des plus grands entrepreneurs du Pentagone a augmenté de 19 % cette année comparativement à 2,2 % pour les 500 entreprises de Standard and Poor.

Ce sont les fabricants de munitions qui « peuvent s'attendre à toucher le plus de profits, surtout dans le court terme », écrit le magazine Fortune, qui mentionne parmi d'autres les missiles longue portée Tomahawk de Raytheon et les Hellfires de Lockheed Martin. « Les bombes à petit diamètre pourraient s'avérer les plus payantes parce que les avions peuvent en transporter un plus grand nombre par sortie », a confié un analyste au magazine.

Les forces armées des États-Unis ont utilisé 47 missiles Tomahawk dans la seule nuit de lundi [le 22 septembre], à 1,5 million $ la bombe.

Les « bombes à petit diamètre » intelligentes coûtent environ 250 000 $ chacune.

Richard Clough écrit dans Bloomberg:

« Pour les entreprises de défense, l'offensive contre les extrémistes de l'État islamique et de Al-Qaeda est bien plus qu'une vitrine de démonstrations pour les armes lourdes comme l'avion de combat F-22 Rapter de Lockheed, qui a eu son baptême de combat cette semaine.

« Lors de leur première nuit de frappes sur la Syrie, les États- Unis ont lâché environ 200 bombes et 47 missiles cruise Tomahawk fabriqués par Raytheon », selon le U.S. Central Command. Ils ont aussi déployé des missiles d'attaque GBU-32 de Boeing et des missiles Hellfire fabriqués à Bethesda par Lockheed qui est basé au Maryland, créant une occasion de refaire les inventaires. »

Un article de Tory Newmyer dans le magazine Fortune décrit bien la trépidation qui anime l'industrie de la défense:

« Des nouveaux combats, ça veut dire de la nouvelle machinerie. Après le retrait des États-Unis d'Irak et d'Afghanistan, et les restrictions au Pentagone à cause des coupures budgétaires, les fournisseurs militaires font la file maintenant pour satisfaire un besoin soudain pour leur machinerie...

« Les analystes en défense parlent d'une manne qui tombe de deux façons avec cette nouvelle campagne: vers ceux d'abord qui fabriquent et entretiennent les avions, avec ou sans pilotes, qui vont envahir l'espace aérien de la région, ensuite vers ceux qui produisent les missiles et les munitions.

« Les fabricants de drones vont connaître leur jour de gloire, a dit Dov Zakheim, qui était contrôleur au Pentagone sous l'administration Bush ...

« En fait, l'élargissement du conflit pourrait très bien renverser la tendance à la réduction des investissements dans la technologie, a dit Mark Gunzinger, un colonel à la retraite de l'Air Force et ancien vice-secrétaire à la Défense qui travaille aujourd'hui au Centre des évaluations stratégiques et budgétaires. ' Une des choses qui peut relancer une nouvelle capacité est une opération très concentrée comme une grande campagne aérienne ', a-t-il dit.

« Dans une perspective à long terme, prédit un lobbyiste en défense, un espoir dans la voix: ' nous allons devoir faire sauter les limites budgétaires qui ont été imposées aux militaires par les tenants de la coupure. On ne peut pas mener un tel conflit à petits frais ', a-t-il dit. »

La compagnie Zacks Investment Research recommande aux investisseurs d'acheter Lockheed Martin, General Dynamics et Northrop Grumman:

« C'est probable que le conflit avec l'EIIL va se poursuivre pendant un bon moment. Cette campagne va donner un élan aux actions en bourse des entrepreneurs de défense dans les jours et semaines qui viennent. Ces actions seraient un très bon ajout à votre portefeuille d'investissements. »

Le Pentagone a estimé récemment que les opérations militaires en Irak ont coûté environ 7,5 millions $ par jour entre juin et la mi-septembre, soit en moyenne 2,7 milliards $ par an. Mais même si les coûts montaient, disons, jusqu'à 15 milliards $ par année, ce serait encore loin de ce que nous dépensons encore aujourd'hui en Afghanistan soit environ 1,3 milliard $ par semaine.

Pour l'instant, il n'y a pas de problèmes à trouver l'argent comptant: Obama a juste à piger dans le budget des « Opérations contingentes outremer », « la carte de crédit de 85 milliards $ pour financer n'importe quelle guerre » que le Congrès vient de lui donner, soit 26 milliards $ de plus que ce qu'il avait demandé.

* Dan Froomkin est un journaliste, chroniqueur et rédacteur qui s'occupe surtout de la politique américaine et des médias américains. Un promoteur du journalisme de responsabilité, il a été l'auteur de la populaire chronique « White House Watch » de 2004 à 2009. Dans ses près de 30 ans de carrière journalistique, qui a débuté dans les nouvelles locales, il a été correspondant principal et chef de bureau du Huffington Post, rédacteur en chef de WashingtonPost.com et vice-rédacteur en chef de NiemanWatchdog.org. Il vit à Washington, DC. Publié originellement dans the Intercept, le 25 septembre 2014. Traduction: LML

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Cuba commémore la Journée des victimes du terrorisme d'État

Le crime de la Barbade, le Vol Cubana 455


Cérémonie commémorative des victimes du crime du vol Cubana 455, près de Bridgetown (La Barbade), 4 octobre 2014.

Le 6 octobre 2014 marque le 38e anniversaire du premier acte de terrorisme contre l'aviation civile dans l'hémisphère occidental - la catastrophe sans précédent de Cubana Airlines sur les côtes de la Barbade le 6 octobre 1976, le crime de la Barbade. Le vol Cubana 455 a été détruit en vol par deux bombes d'explosif C-4 peu après son décollage de l'aéroport Seawell (maintenant l'aéroport Grantley Adams International) à la Barbade, à une altitude de 5 500 mètres.

Plutôt que de s'écraser sur la plage de sable blanc de Paradise Beach qu'il approchait et de tuer des vacanciers, le pilote de la Cubana, Wilfredo Pérez Sr., a courageusement fait un virage vers l'océan Atlantique, sauvant ainsi la vie de nombreux touristes. L'avion s'est écrasé dans une boule de feu à deux kilomètres au nord de la baie Deep Water et à environ huit kilomètres avant d'atteindre l'aéroport.

Le vol Cubana 455 était un vol commercial régulier, un vol de passagers sans aucune importance militaire. Il n'y a eu aucun survivant. Tous les 73 passagers et les 5 membres d'équipage à bord ont été assassinés: 57 Cubains, 11 Guyanais et 5 Nord-Coréens.

Parmi les morts se trouvaient les 24 membres de l'équipe olympique cubaine d'escrime de 1975 et des responsables sportifs du gouvernement cubain. Les jeunes athlètes, dont beaucoup étaient des adolescents, venaient de remporter toutes les médailles d'or des Championnats d'Amérique centrale et des Caraïbes. Ils portaient fièrement leurs médailles d'or à bord de l'avion.

La piste de sang mène aux États-Unis et au Canada.

C'est une des ironies des plus cruelles que cet anniversaire survienne le même jour où le gouvernement de Harper demande l'approbation du Parlement pour déployer des forces militaires dans une mission d'agression dans un autre hémisphère sous prétexte de lutte contre le terrorisme alors qu'il reste silencieux sur les actes de terrorisme commis dans les Caraïbes.

C'est une des ironies des plus cruelles que le gouvernement Harper qualifient les « terroristes islamistes » de la plus grande menace à laquelle fait face l'humanité, alors que celui qui a revendiqué cet attentat monstrueux, Luis Posada Carilles, connu comme le Ben Laden de l'Amérique, vit encore confortablement à Miami, en Floride, sous la protection des autorités américaines.


La Barbade, 4 octobre 2014. Le monument commémorant les victimes de l'attentat terroriste contre le vol Cubana 455
surplombe la baie non loin de l'endroit où l'avion s'est écrasé.

Le gouvernement et des médias, qui parlent de « répercussion » et de « victimes du terrorisme », restent silencieux au sujet de la destruction par des terroristes cubano-américains d'un avion qui était en fait la propriété d'Air Canada et l'un des trois DC-8 d'Air Canada loués à la Cubana de Aviación. Ce n'était pas non plus le premier attentat. Quelques mois plus tôt, le 9 juillet 1976 à Kingston, en Jamaïque, une bombe dans une valise qui était transportée vers un DC-8 d'Air Canada loué à la Cubana de Aviación a explosé.

Ils restent tout aussi silencieux sur la réunion qui avait eu lieu juste quatre mois auparavant, le 11 juin 1976, pour planifier des attentats terroristes, dont l'assassinat d'Orlando Letelier, l'ancien ministre des Affaires étrangères du Chili, puis résident à Washington, la capitale des États-Unis. Cette rencontre s'est déroulée dans un hôtel luxueux de Bonao, en République dominicaine, appartenant à Falconbridge Mines, une multinationale enregistrée au Canada mais de propriété américaine et le deuxième plus grand monopole de nickel au monde (après INCO). Au cours de cette réunion, plus de 20 représentants des factions terroristes ont fondé la CORU, un acronyme pour la Coordinación de Organizaciones Revolucionarias Unidas, dirigée par Orlando Bosch. Cette organisation terroriste a été créée à la demande du directeur de la CIA, George H. Bush, qui voulait que l'offensive contre la République de Cuba soit coordonnée centralement sous la direction de la CIA et financée dans le cadre de l'Opération Condor. À la même période, en juin 1976, Bosch a publiquement reconnu qu'il avait envoyé un colis piégé à l'ambassade de Cuba à Ottaw, pour nuire aux relations entre le Canada et Cuba et renforcer le blocus illégal des États-Unis de Cuba. L'ambassade de Cuba à Ottawa a été une des nombreuses cibles attaquées au cours des années 1960, 1970 et 1980 par les terroristes cubano-américains à l'intérieur et à l'extérieur du territoire canadien.


Manifestation devant l'édifice de l'immigration à El Paso, au Texas, lors de l'audience d'extradition de Carriles le 10 janvier 2011 pour exiger son extradition vers le Venezuela et la libération des Cinq Cubains.

Dans un rapport du Procureur général de États-Unis par intérim, Joe D. Whitley, en mai 1989, Orlando Bosch a été déclaré ennemi public des États-Unis et s'est vu refuser le droit d'asile à cause des actes de terrorisme qu'il avait commis une trentaine d'années auparavant, notamment le crime de la Barbade. Dans son rapport, le procureur général des États-Unis soulignait cet acte terroriste en particulier: « En octobre 1976, Bosch a été arrêté au Venezuela en relation avec l'attentat commis contre un avion de ligne cubain le 6 octobre 1976, qui a tué 73 hommes, femmes et enfants à bord ». Malgré cela, Bosch a été admis quand même aux États-Unis à la demande du gouvernement de Bush, où il a vécu et continué de comploter jusqu'à sa mort il y a environ deux ans.


Le Canada est un pays signataire de la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes à l'explosif et de la Convention pour la répression d'actes illicites contre la sécurité de l'Aviation civile. Pourtant, les gouvernements fédéraux successifs n'ont pas soutenu la demande d'extradition fondée et légitime de Posada Carriles faite aux États-Unis par le gouvernement bolivarien du Venezuela, et soutenue par Trinité-et-Tobago, la Barbade et Cuba. Ces pays souverains voulaient traduire en justice Posada Carriles pour ses crimes terroristes commis sur leur territoire, plus particulièrement pour l'attentat contre l'avion de Cubana en octobre 1976 et les attentats dans les hôtels de La Havane en 1997, notamment le meurtre de Fabio di Celmo, un résident de Montréal, qui était en visite à Cuba avec son père. Les libéraux de Chrétien ont été complices de ce crime, car ils ont refusé que le Canada s'implique en déclarant que la victime innocente de ce meurtre était techniquement un ressortissant italien et que, par conséquent, cette affaire ne relevait pas du gouvernement du Canada. Les libéraux de Trudeau ont déclaré que la destruction du vol Cubana /Air Canada DC-8 455 en 1976 n'empêchait pas la poursuite d'activités normales et se sont satisfaits de la collecte de l'assurance sur la perte de la propriété d'Air Canada, une société de la Couronne à l'époque. Pour sa part, le gouvernement de Harper est complice par instigation du terrorisme international au même titre que l'impérialisme américain.

La « guerre contre le terrorisme » des gouvernements canadien et américain est réellement hypocrite parce qu'ils abritent et récompensent les terroristes qu'ils préfèrent, tout en accusant autrui des crimes qu'ils commettent. Cette année, agissant comme juge et jury, les régimes d'Obama, d'Harper et les régimes alliés, dans le cadre de leur campagne belliciste, ont monté une offensive hystérique sans aucun élément de preuve pour mettre en accusation la Fédération de Russie et son président, sous prétexte qu'ils étaient responsables directement ou indirectement de la destruction du vol 17 de la Malaysian Airlines le 17 juillet 2014 au-dessus de la zone de guerre dans l'est de l'Ukraine.


Le résident canadien Fabio Di Celmo a été tué dans un attentat
terroriste contre Cuba à La Havane en 1997. Sur la photo,  son
père Giustino tient sa photo lors d'une cérémonie du souvenir
des victimes des attentats terroristes contre Cuba en 2011.

Le postulat central est que les États-Unis sont le seul État au monde qui ne tue pas de civils innocents, qui n'est en guerre avec personne, qui obéit à une loi supérieure au-dessus du droit international et des Nations unies et a donc l'autorité morale pour accuser tous les autres d'activités criminelles. Tous les peuples, comme le peuple cubain, le peuple ukrainien ou le peuple palestinien, qui résistent à cette autorité sont soit des «terroristes », soit des agents d'une puissance étrangère, ou ont un gouvernement « illégitime » qui doit être renversé, comme c'est le cas pour le République arabe syrienne. Cependant, cette désinformation reste muette sur les antécédents criminels des États-Unis qui ont abattu des avions de ligne civils et, comble de tout, ont décerné les plus grands honneurs à ceux qui ont appuyé sur la gâchette, comme ils l'ont fait pour les officiers qui ont tiré les missiles qui ont abattu le vol 655 d'Iran-Air le 3 juillet 1988 dans l'espace aérien de l'Iran, tuant les 290 passagers et membres d'équipage sans défense. Deux ans plus tard George H. Bush, devenu président des États-Unis, a décoré de la Legion of Merit le commandant et l'officier responsable des batteries anti-aériennes de l'USS Vincennes pour « l'atmosphère calme et professionnelle » sous leur commandement lors de la destruction en plein vol de l'avion de ligne iranien.

La politique des gouvernements de Bush et d'Obama aux États-Unis et à l'étranger a réveillé un géant endormi et silencieux sur ce continent. Et, oui: l'Amérique est un continent et non deux comme certains manuels américains voudraient nous le faire croire.


« Nous demandons Justice! »

(Photos: Ambassade de Cuba à la Barbade, U.S. National Committee to Free the Five, AIN)

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Trente-huit ans d'injustice


Les héros de la lutte contre le terrorisme, Fernando González et René González, et les familles des cinq Cubains conduisent la procession au cimetière Colón de La Havane, le 6 octobre 2014, pour commémorer la Journée des victimes du terrorisme d'État.

Trente huit ans après, les peuples clament toujours justice face à la barbarie. Le terrorisme, placé sous les auspices de la CIA, n'a pas payé sa dette envers l'histoire, envers la paix. Le 6 octobre 1976, soixante-treize personnes, dont 11 Guyaniens, 5 Nord-coréens et 57 Cubains ont été assassinés en plein vol.

Les auteurs de ce crime brutal et abominable se sont promenés par les rues de la ville de Miami et des États-Unis; ils ne se sont pas cachés pour dire que la CIA et les gouvernements étasuniens les protégeaient.

Le pays qui a déployé des prétendues guerres contre le terrorisme partout dans le monde, qui a tué pour lutter contre ce fléau, n'a jamais jugé les terroristes qui ont fauché ces vies lorsqu'elles rentraient chez elles, après une escale dans l'île de la Barbade.

Ce 6 octobre a plongé dans le deuil un pays, qui depuis 1959 et jusqu'à nos jours, a été victime des mains assassines comme celles de Luis Posada Carriles et d'Orlando Bosh, pour le simple fait d'avoir établi sa souveraineté à 180 kilomètres du pays le plus puissant de la Terre. Cela fait 4 ans, le président cubain signalait : « Nous sommes ici précisément pour rendre honneur aux 3478 Cubains qui sont morts et 2099 handicapés à vie à cause d'actes terroristes perpétrés durant un demi-siècle contre notre Patrie, qui ont laissé au total 5 577 victimes. Les martyrs de la Barbade font partie de la longue liste de Cubains morts que nous n'oublierons jamais ».


Le président Raul Castro et d'autres dirigeants cubains à la
cérémonie marquant la Journée des victimes du terrorisme
d'État à La Havane le 6 octobre 2014

Avant ce discours, prononcé au théâtre du ministère des Forces armées révolutionnaires, avait été rendu public le Décret loi 279 déclarant officiellement le 6 octobre la Journée des victimes du terrorisme d'État.

En même temps, pour avoir souffert en chair et en os la cruauté de cette politique criminelle, le gouvernement et le peuple cubains ont confirmé leur décision de condamner et d'affronter le terrorisme dans toutes ses formes et manifestations, en particulier le terrorisme d'État, où qu'il sera commis et indépendamment des arguments brandis par ses auteurs.

Le 6 octobre 2010, Raul Castro assurait : « Notre pays a souscrit aux 13 conventions internationales existant en la matière et il s'acquitte strictement des obligations et engagements qui découlent des résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies. Il ne possède pas et n'a pas l'intention de posséder des armes d'extermination massive d'aucun type. Il s'acquitte de ses obligations en vertu des instruments internationaux en vigueur sur les armes nucléaires, chimiques et biologiques. Le territoire de Cuba n'a jamais été utilisé et il ne sera jamais utilisé pour organiser, financer ou exécuter des actes terroristes contre aucun pays y compris les États-Unis ».

L'indignation et le courage ont toujours été la réponse de Cuba devant chaque acte de terreur et de mort, qui ont prétendu semer la panique dans une terre où chacune de ces manoeuvres ont trouvé un peuple capable de radicaliser encore davantage sa révolution. C'est la raison pour laquelle retentit encore dans tous les coins du monde, la phrase prononcée par le Commandant en chef, Fidel Castro, le 15 octobre 1976 aux obsèques des victimes du sabotage de l'avion cubain: « Lorsqu'un peuple énergique et viril pleure, l'injustice tremble ».


Des escrimeurs rendent hommage à leurs camarades tués dans l'attentat contre le vol d'Air Cubana.
À droite: couronne de fleurs du camarade Fidel Castro.

(Tiré de Granma)

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