Le Marxiste-Léniniste

Numéro 127 - 13 octobre 2014

Que justice soit faite à Ferguson, au Missouri

Appuyons la résistance aux attaques racistes organisées par l'État!


Que justice soit faite à Ferguson, au Missouri
Appuyons la résistance aux attaques racistes organisées par l'État!
L'échec du département de la Justice et d'Obama à Ferguson est un échec de la démocratie étasunienne - Voice of Revolution
Appuyons la résistance soutenue à Ferguson au Missouri - Voice of Revolution
Rapports de jeunes qui mènent la résistance à Ferguson


Que justice soit faite à Ferguson, au Missouri

Appuyons la résistance aux attaques racistes organisées par l'État!

Le 9 août, un jeune afro-américain sans arme, Michael Brown, a été abattu par l'agent de police Darren Wilson à Ferguson, au Missouri. L'incident est survenu alors que Wilson tentait d'appréhender Brown pour avoir traversé une rue à un endroit interdit, après quoi la situation s'est rapidement détériorée. Wilson a tenté de forcer Brown à monter dans son auto-patrouille, mais le jeune homme a réussi à s'échapper. Wilson a alors tiré des coups de feu en direction de Brown qui s'est arrêté pour ensuite se retourner en levant les bras. Wilson a ensuite tiré à nouveau, à plusieurs reprises, tuant Brown sur le coup. Depuis ce temps, les manifestations se sont tenues sans relâche à Ferguson et partout aux États-Unis pour exiger que justice soit faite pour Michael Brown et que le policier Wilson, la police de Ferguson et les autorités en place soient tenus responsables du meurtre brutal d'un jeune sans arme.

Dans la soirée du mercredi 8 octobre, un autre jeune noir a été tué par la police, dans le quartier Shaw à 20 km de Ferguson. Le Christian Science Monitor rapporte qu' « un agent de police blanc qui n'était pas de service a pourchassé et abattu un étudiant noir de niveau secondaire, Vonderrit Myers Jr., qui selon la police a tiré le premier sur le policier ». Selon les rapports, 17 coups de feu ont été tirés par le policier dont on n'a pas divulgué l'identité. Selon la famille du jeune homme de 18 ans, Vonderrit tenait dans sa main un sandwich et non une arme.

Entretemps, les enquêtes sur le meurtre de Michael Brown se poursuivent et un jury d'accusation se penche sur la question mais il y a des indications sérieuses de corruption de la part du procureur. D'autre part, le jury lui-même comprend un seul Afro-Américain alors que la population est à 60 % afro-américaine et n'est pas représentatif de la population locale. Les rapports de police sur l'incident prétendent que c'est Brown qui a agressé Wilson et tenté de s'emparer de son arme, ce qui de toute façon ne justifie pas qu'on abatte un jeune sans arme en train de se rendre.

Cette situation dépasse de beaucoup la simple erreur de jugement de la part d'un agent de police. L'explosion de colère parmi les gens de tous les milieux contre le meurtre de Michael Brown souligne l'injustice, le racisme, la violence d'État et la marginalisation politique que vivent sur une base quotidienne les Afro-Américains et les minorités nationales aux États-Unis, en particulier les jeunes. Le peuple américain s'organise pour mettre fin au racisme organisé par l'État, à la violence et à l'impunité policières. LML exprime ses sincères condoléances à la famille de Michael Brown et appelle tous les Canadiens à faire en sorte qu'il n'y aura pas de concessions faites avec les efforts qui sont faits pour excuser ce racisme de l'État contre le peuple américain.

Les manifestants ont clairement indiqué, au moyen d'actions quotidiennes tenues depuis le 9 août, que tant que justice ne sera pas faite, il n'y aura pas de paix. Ces manifestations se sont poursuivies en dépit d'une intensification de la violence policière contre elles dans le but de les supprimer. Les jeunes en particulier rejettent résolument ce recours à la force qui vise à ce qu'ils abandonnent leurs justes demandes. Au contraire, les jeunes reviennent à la charge avec une conviction redoublée. En ce sens, un appel a été lancé pour que tous se rendent à Ferguson pour participer aux actions du 10 au 13 octobre, y compris une manifestation de masse à Ferguson le 11 octobre.

Le grand nombre d'incidents semblables partout aux États-Unis révèle le conflit entre les conditions vécues par les jeunes, les Afro-Américains et les minorités nationales, d'une part, et une autorité qui refuse de garantir les droits de tous, de l'autre. Il est totalement inacceptable que les États-Unis refusent d'accorder à ses citoyens les droits même les plus fondamentaux. Le meurtre injuste de Michael Brown et le recours à la violence de l'État contre ceux qui ne font que réclamer que justice soit faite démontrent jusqu'à quel point les cercles dominants aux États-Unis ne sont pas en mesure de moderniser les arrangements sociaux et politiques. La violation sans arrêt des droits crève les yeux et est une sévère condamnation de l'hypocrisie et de la pratique du deux poids deux mesures des États-Unis sur la question des droits de la personne, que les impérialistes étasuniens utilisent comme prétexte lorsqu'ils attaquent le droit d'être d'autres pays partout dans le monde.

LML salue la résistance soutenue de la jeunesse et de tous ceux qui luttent pour la justice et pour les droits de tous à Ferguson et aux États-Unis. Ce n'est que par leurs propres efforts qu'ils pourront ouvrir une voie vers l'avant pour la société, s'assurer d'un avenir et élaborer des mesures pratiques qui permettront d'affirmer les droits de tous.

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L'échec du département de la Justice et d'Obama à Ferguson est un échec de la démocratie étasunienne

Dans de multiples déclarations sur la résistance à Ferguson, au Missouri, au meurtre par la police d'un adolescent afro-américain sans arme, le président Obama a appelé au calme plutôt qu'à la colère. Il a dit comprendre le débordement d'émotions et la colère des gens, mais n'a pas dit que leur source c'est le racisme des départements de police partout au pays et la culture militariste qui imprègne les agences de l'ordre comme le FBI fédéral, l'Agence de lutte antidrogue, le Bureau de l'Alcool, du Tabac et des Armes à feu, les agences de l'Immigration et douanières, sans parler des forces policières des États, des comtés et des localités. À défaut d'identifier ces problèmes, les actions qui sont entreprises comme l'enquête du département de la Justice ne sont pas conçues pour les résoudre. Au contraire, l'objectif est précisément de reconnaître certaines lacunes tout en laissant intacte la source même des problèmes, le racisme et le militarisme de l'État américain.

Le président Obama ne s'est pas rendu lui-même à Ferguson sous prétexte qu'il attendait les résultats des « enquêtes» en cours. Il y a tout de même envoyé le procureur général Eric Holder qui a dépêché 50 agents du FBI à Ferguson pour faire sentir leur présence et interroger les gens. C'est ce même FBI qui est notoire pour son rôle d'aujourd'hui d'espionnage et de perturbation des groupes antiguerre, palestiniens et musulmans et son rôle d'hier d'armement et de protection du KKK et de répression des groupes et organisations de droits civils dont les Black Panthers. C'est une agence qui est raciste jusqu'à la moelle et notoire pour son rôle à couvrir les attaques racistes organisées par l'État au moment même où elle fait enquête sur elles !

Les commentaires du président Obama montrent que tout est fait pour empêcher que l'État américain et ses agences de police racistes, des échelons supérieurs aux échelons inférieurs, aient à rendre des comptes. Lors d'une allocution le 18 août, il a dit : « Nous avons tous vu les images de manifestants et de policiers dans la rue. De toute évidence, la vaste majorité des gens manifestent de façon pacifique. C'est clair cependant que pour une petite minorité d'individus, ce n'est pas le cas.

« Même si je comprends les passions et la colère que suscite la mort de Michael Brown, céder à la colère en ayant recours au vandalisme et en portant des armes et même en attaquant la police ne peut servir qu'à augmenter les tensions et le chaos. Cela ne fait que miner la justice et non la servir. » Il exhorte les manifestants à « chercher un terrain d'entente plutôt que de se crier par la tête. » On voit que même si Obama admet que la vaste majorité des manifestants sont pacifiques, c'est eux malgré tout qu'il cible. C'est la résolution des manifestants à s'opposer à la police et à la condamner qui mine la justice et non les actions brutales et racistes des policiers eux-mêmes, imprégnés comme ils le sont de la culture militariste. Comme les peuples du monde ne le savent que trop bien, cette culture militariste est raciste jusqu'à la moelle, elle déshumanise constamment les peuples et justifie le massacre contre eux en les dépeignant comme étant en dessous de l'humain, comme c'était fait avec les esclaves.

C'est l'armée qui invente des termes racistes et les martèle dans la tête des soldats et les popularise dans les médias monopolisés. Cette culture militariste est basée sur la violence et la force et non sur des solutions politiques aux problèmes sociaux. La police de Ferguson, tout comme les autres agences de police au pays, ne peut échapper à cette culture omniprésente et elle la reproduit. En fait, c'est la culture de la démocratie américaine d'aujourd'hui et elle reflète l'échec de cette démocratie à mettre de l'avant des solutions ou même quelque protection de base en cette époque moderne.

Obama tente malgré tout de s'adresser à la question de la force excessive. Il dit : « Je tiens à dire clairement que nos droits constitutionnels de parler librement, de se réunir et de parler librement dans la presse doivent être protégés avec vigilance, et cela surtout dans des moments comme celui-ci. Il n'y a aucune excuse qui puisse justifier la force excessive exercée par la police ou des actions qui nient le droit du peuple de protester de façon pacifique. »

Selon Obama, il n'y a pas de place pour la force excessive de la part de la police, mais c'est précisément ce qui se passe et peut être constaté de par le monde entier. En témoignent les meurtres répétés d'adolescents et d'adultes afro-américains sans arme, à Ferguson, Shaw, Los Angeles, New York, Chicago et combien d'autres endroits.

Cet usage excessif de la force, que la police fait de façon répétée sur une base raciste, n'a pas sa place. Pourtant, le gouvernement fédéral n'a rien fait pour arrêter le recours excessif à la force et l'utilisation continuelle d'une force en formation de combat contre les manifestants. Pourquoi est-ce le cas ? Est-ce qu'on aurait besoin d'une enquête pour élucider ce qu'on peut voir de ses propres yeux ?

Ce ne sont pas les gens de Ferguson et leur juste colère qui sont le problème. Ce ne sont pas non plus les Afro-Américains, jeunes ou adultes. Le problème, c'est la démocratie à l'américaine, avec son essence raciste et sa culture militariste. C'est une démocratie en faillite et ses représentants échouent nécessairement à résoudre les problèmes sociaux.

Les gens de Ferguson ont démontré qu'ils savent ce qu'il faut faire pour que justice soit faite et qu'accuser le policier impliqué dans le meurtre est nécessaire mais insuffisant. Ils disent n'avoir aucune confiance dans le système actuel, dans ses nombreuses agences policières, ses procureurs, ses jurys d'accusation, son FBI et ses politiciens. Mais ce n'est pas eux qui décident de ces questions même s'ils devraient être ceux qui décident tout comme le peuple dans son ensemble devrait être investi du pouvoir décisionnel. C'est le peuple organisé et luttant pour ses droits, comme les gens de Ferguson à l'heure actuelle, qui est la source de la justice et de la démocratie. C'est le peuple qui a le droit de gouverner et de décider et c'est ce que requiert la démocratie aujourd'hui.

* Voice of Revolution est une publication de l'Organisation marxiste-léniniste des États-Unis.

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Appuyons la résistance soutenue
à Ferguson au Missouri

Michael Brown, non armé et les mains en l'air, a été abattu par le policier Darren Wilson le 9 août à Ferguson au Missouri. Il était un jeune afro-américain de 18 ans qui devait commencer ses études au collège.

La résistance à Ferguson contre le meurtre brutal se poursuit depuis par des actions organisées quotidiennes de plusieurs sortes. Une grande manifestation avec des gens de tout le pays s'est tenue le 11 octobre de même que d'autres actions du 10 au 13 octobre. Les manifestants inébranlables ont maintenu un mémorial en souvenir de Brown à l'emplacement des tirs. Ils ont aussi organisé de le reconstruire, avec des photos, des bougies et des poèmes, après de récents efforts de le brûler. Des campements de tentes de jeunes ont aussi été mis sur pied. Depuis des semaines, un des collectifs de jeunes qui s'est formé, Lost Voices, a un campement sur West Florissant Avenue, à quelques pâtés de maison du lieu où Brown a été tué. Les jeunes, dont plusieurs connaissaient Brown, se sont rassemblés pour discuter des tactiques pour poursuivre leur lutte et aussi pour s'informer au sujet de leurs droits. Un second campement a aussi été érigé près du poste de police qui est une des cibles principales des manifestations.

Les jeunes et les nombreux adultes qui les appuient ont également continué à affronter la brutalité policière et des centaines d'arrestations, usant de tactiques variées au besoin. Lorsqu'ils se sont fait dire qu'ils ne pouvaient bloquer la circulation pédestre sur le trottoir, ils ont utilisé des bicyclettes dans les rues. Lorsque la police a tenté d'appliquer une règle de cinq secondes, où quiconque s'arrêtant plus de cinq secondes serait arrêté, les manifestants se sont pris les bras pour ne pas être arrêtés et poursuivre leur action. Ils ont aussi poursuivi en justice le service de police en soutenant que la règle visait à bloquer leur droit de manifester.

En réponse aux affirmations de la police que les manifestations devraient arrêter afin que les choses « reviennent à la normale », les jeunes ont répondu « Comment nous vivions avant n'était pas normal ! ». Ils ont affirmé leur droit de résister à la brutalité policière ainsi qu'aux meurtres et au racisme du gouvernement, qu'ils confrontent régulièrement. Au cours de la bataille, ils en apprennent plus sur leurs droits et s'organisent pour les affirmer.

Les deux campements ont récemment été perquisitionnés par la police, sans qu'il y ait eu provocation. Elle a confisqué tous les biens privés des jeunes. Au campement Lost Voices, par exemple, le 26 septembre, dix voitures de patrouilles et trois camions plateformes ont été utilisés pour entourer le campement et enlever de force les effets personnels. Cela incluait 13 matelas gonflables, 10 tentes et cinq glacières. Deux personnes ont été arrêtées, dont une jeune organisatrice, pour avoir revendiqué leurs droits. Elle a demandé du temps pour ranger ses effets et elle a été maîtrisée par une prise d'étranglement puis arrêtée. La police a mené ces actions dans une courte période, peut-être dans un effort pour intimider les manifestants qui s'organisent en prévision des événements d'octobre. Les jeunes s'organisent pour rétablir leurs campements dans d'autres sites.

Dans d'autres batailles, la police a insisté pour que les manifestants se dispersent après 23 heures, utilisant comme excuse une ordonnance sur le bruit. Les manifestants ont refusé. Un soir, environ 200 personnes ont cogné sur des casseroles durant une bonne partie de la soirée.

Le 27 septembre, le soir suivant la perquisition du campement, les manifestants se sont de nouveau rassemblés dans la rue devant le poste de police. Ils ont été rejoints par un groupe de membres du clergé. Les jeunes scandaient « J'ai mis mes mains sur ma tête, ne me tuez pas ! ». Avec leurs slogans et en levant leurs mains lors des manifestations, les manifestants ont montré leur respect pour Brown ainsi que leur défi envers la police, que même menacés d'être abattus, les mains en l'air, ils ne céderont pas.

Peu après 23 heures, la police a dit aux manifestants de quitter ou risquer l'arrestation. Les policiers ont commencé à s'enligner de manière militaire, tenant boucliers et bâtons. Les membres du clergé se sont agenouillés pour prier. Deux lignes de jeunes gens ont été formées. Ils ont demandé aux membres du clergé de se placer derrière eux afin de les protéger. Tandis que les policiers s'avançaient, les jeunes étaient imperturbables, disant qu'ils avaient le droit de manifester. Ils se sont pris par les bras et ont dit : « Prenez en un, prenez-nous tous ! » Se tenant ferme, comme ils l'ont fait à plusieurs reprises, leur manifestation s'est poursuivie. Ce soir-là, la police s'est retirée.

La lutte à Ferguson se poursuit pour révéler le caractère injuste et raciste de l'État américain de haut en bas ainsi que la voie vers l'avant, lutter pour les droits. Le défi des gens de Ferguson a été une inspiration pour tous. Les nombreux résistants ont démontré qu'en prenant les choses en main et en défendant les droits, nous pouvons priver les riches et leur police de leur pouvoir de nous priver de nos droits. C'est l'impunité de la police et du gouvernement qui est le crime, la résistance est la solution. Ferguson a été inflexible sur cette question, sa demande pour la justice. Voice of Revolution exhorte les gens à se joindre à l'action le 11 octobre et apporter un appui par d'autres moyens, tels que des rassemblements le 11 octobre et promouvoir cette lutte pour la justice maintenant !

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Rapports de jeunes qui mènent
la résistance à Ferguson

« Dans le comté de Saint-Louis, la police a une histoire de profilage racial et d'abus de son autorité. Dans le comté de Saint-Louis, tout joue contre les jeunes noirs. La mort qui a frappé prématurément Mike Brown a fait tout basculer dans le comté de Saint-Louis. Nous croyons qu'il a été brutalement assassiné. Pendant plus de quatre heures, son corps est resté étendu dans les rues du complexe des appartements résidentiels de Canfield Green. C'est comme s'il a été publiquement lynché par la police de Ferguson et son corps a été laissé à la vue de tous pour inspirer la peur.

« La communauté a répondu à cet acte répréhensible avec beaucoup de dédain et la police a déclenché une énorme offensive militaire préventive. Nous avons subi les gaz lacrymogènes et avons été tirés dessus dans la rue avec des balles de bois et de caoutchouc comme si nous étions des chiens. Je me suis réveillé un matin et il y avait des véhicules militaires blindés stationnés au coin de la maison de ma mère. J'ai vu des hélicoptères et des avions de chasse volant au-dessus de l'école primaire de mon enfance. Des Palestiniens nous ont tweeté des conseils sur la façon de se confectionner des masques à gaz de fortune à Saint-Louis. Une grande majorité des agents de police qui ont tiré sur nous ne vivent même pas dans ou à proximité des quartiers où ils sont intervenus.

« Il y a un dicton dans la rue: ' Mike Brown signifie que nous devons riposter. ' Darren Wilson a abattu Mike Brown et le service de police de Ferguson a tenté de diffamer la victime. Les jeunes dans la ville de Saint-Louis voient ces actes répréhensibles comme une déclaration de guerre. Personne ne s'est concertée. Mike Brown a provoqué chez les jeunes noirs une étincelle universelle de conscience. Nous ressentons que tous ceux qui sont dans une position d'autorité ne nous respectent pas, comme si nous n'étions pas perçus comme des humains. Les policiers ne se gênent pas pour nous comparer à des singes et des chiens. Quelques-uns ont perdu leur poste à cause de leurs actions, mais un grand nombre d'eux conservent leur emploi.

« Nous nous sommes retrouvés tout à coup dans le stationnement du McDonald entourés des membres de la Garde nationale armés de M-16 pointés vers nous pour épier nos moindres mouvements. Notre comportement était tout à fait légal et pacifique ... À ce moment, j'ai réalisé que c'était à peu près tout le monde ensemble en opposition à un ordre tyrannique de la police et de la Garde nationale.

« C'est le moment où je me suis demandé: ' Pourquoi ai-je voté deux fois pour Barack Obama ? Pourquoi sommes-nous traités ainsi pour avoir demandé simplement justice pour notre frère décédé ? ' J'ai décidé qu'il est possible que je ne voterai jamais plus pour un autre président américain pour aussi longtemps que je vivrai. Nous vivons en Amérique, mais nous ne sommes clairement pas inclus en tant qu'Américains. Les Américains ne lâchent pas une force complètement militarisée contre d'autres Américains. Les Américains ne lancent pas des gaz lacrymogènes contre d'autres Américains. Les Américains ne piétinent pas la pelouse d'autres Américains avec un char d'assaut. Selon la définition classique, nous sommes encore des pauvres noirs qui résident en Amérique, mais nous ne sommes pas considérés égaux face à nos concitoyens et législateurs américains. Nos espoirs et nos aspirations ne sont pas valorisés ou respectés. Nos inquiétudes et préoccupations tombent souvent dans l'oreille d'un sourd.

« Pendant ce temps, j'ai tiré des enfants hors des nuages de gaz lacrymogène. J'ai été témoin de femmes blanches membres du clergé venir prier collectivement face aux chars d'assaut et aux véhicules blindés. Une de ces femmes a été impitoyablement abattue par une balle en caoutchouc par la police, tout en priant pour la paix. Notre quartier a été occupé par la police comme si elle était une armée d'invasion assiégeant leur ennemi et pillant les restes. On nous a dépouillés de nos droits civils fondamentaux en nous traitant comme du bétail au nom d'une expérience sadique en loi martiale. Nous avons supposé que notre bien-aimé président noir viendrait à notre défense et parlerait des dangers de la brutalité policière, du profilage racial et de la mort malheureuse de Mike Brown. Au lieu de cela, nous nous sommes sentis comme s'il a endossé ce traitement injuste et approuvé la force brutale policière affichée à notre égard ...

« L'ensemble du système est corrompu de haut en bas. Nous n'allons pas arrêter de nous battre et de résister à toutes formes de brutalité policière. Nous pouvons être la minorité dans ce pays, mais vocalement, nous serons la majorité. Ils ne peuvent pas nous tuer tous. Ils ne peuvent pas nous jeter tous en prison. Nous voulons la justice pour Michael Brown et toutes les victimes de la brutalité policière. » (Kareem Jackson, militant et rappeur de Tef Poe)

Le peuple va continuer de lutter

« Ces semaines de la rébellion ont été définies par quelque chose que les médias ne vous expliqueront pas. Ils ne vont pas vous dire qu'au cours de ces manifestations, la jeunesse locale a déjoué maintes fois le service de la police locale de Ferguson ...

« Ce qu'ils ne vous disent pas, c'est que les policiers du comté de Saint-Louis ont utilisé des balles réelles contre des citoyens américains non armés dans les rues de Ferguson et que le service téléphonique 911 a répondu à vos appels de détresse par: ' Nous viendrons plus tard '.

«Vous ne savez probablement pas que les soirs où le couvre-feu de minuit a été mis en vigueur des heures plus tôt, les services locaux de la police se sont promenés tout en tirant des balles en caoutchouc pour meurtrir les corps des jeunes adolescents qui n'avaient pas peur des chars d'assaut et des véhicules blindés circulant sur l'avenue Florissant Ouest.

« De mes propres yeux, j'ai été témoin des (gangs de rue rivales) Bloods et Crips qui se sont unies pour protéger les femmes et les enfants qui étaient trop fatigués pour s'enfuir des gaz lacrymogènes, alors que ces citoyens américains cherchaient simplement à quitter la scène chaotique approuvée par la Garde nationale. Les jours où les gens voulaient juste se réunir pacifiquement et rester sur place, nous avons été forcés par des tirs provenant de tireurs embusqués et d'agents équipés d'un équipement militaire complet, comme en temps de guerre, de marcher ou d'être arrêtés sous l'accusation frauduleuse de ' refuser de se disperser '.

« Alors que va-t-il se passer maintenant ? Nous, le peuple, allons continuer le combat. Des jeunes gens comme moi se sont réunis sous la bannière de ' Hands Up United ' et nous travaillons avec des organisations nationales comme les Dream Defenders (les défenseurs des aspirations) pour faire de ce mouvement un mouvement national. Nous appelons à une période de mobilisation nationale ici, à Ferguson, du 9 au 13 octobre. Nous devons persister car c'est notre meilleure chance de se voir accorder la liberté et la justice pour tous à lesquelles nous avons toujours cru ». (Taurean Russell, Hands Up United)

C'est le terrorisme policier qui est la vraie violence

« Comment certaines personnes osent-elles critiquer la résistance de nos jeunes gens face à la police qui nous terrorise ? C'est le terrorisme policier qui est la vraie violence ! Ces jeunes hommes et femmes là-bas sont une source d'inspiration pour le monde entier. Ils se rendent compte que des gaz lacrymogènes ne vont pas les tuer. Ils ont connu la douleur et la violence de rue bien avant et donc ils n'ont pas peur. Un jeune homme à qui nous avons parlé a dit: ' Comment suis-je censé respecter un couvre-feu s'ils ne respectent pas la vie humaine ? ' Une autre jeune femme a déclaré: ' J'ai été poignardée 15 fois et on m'a tiré dessus deux fois ! Mon oncle vient de sauter du haut d'un pont et s'est suicidé. Vous pensez que j'ai peur ? ' Grâce aux messages de solidarité des rebelles en Palestine et en Grèce, ils ont appris à composer avec les gaz lacrymogènes et à riposter efficacement. Le monopole de la violence que le système détient a cours depuis trop longtemps et ils ont appris comment y faire face de façon efficace...

« Ce sont des jeunes femmes et hommes noirs qui ont vécu et survécu à des combats de gangs de rue. Beaucoup se sont fait tirer dessus bien avant et ils sont courageux face à ces camions lourdement blindés. Ils ont mené le combat pendant 14 [maintenant presque 50] jours consécutifs et même s'ils sont inférieurs en nombre et en puissance de feu ils reviennent encore et encore. C'est une population déterminée qui ne s'arrêtera pas jusqu'à ce que justice soit faite pour Mike Brown et aussi pour leur communauté entière. » (rappeur Rod Starz de Rebel Diaz)

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