Le Marxiste-Léniniste

Numéro 126 - 9 octobre 2014

Une vaste opposition au projet Kinder Morgan

Le peuple a le droit de prendre les décisions
sur les questions qui l'affectent


Rassemblement à Burnaby Mountain le 13 septembre 2014

Une vaste opposition au projet Kinder Morgan
Le peuple a le droit de prendre les décisions sur les questions qui l'affectent
Contestations juridiques
Rassemblement à Burnaby
La décision de l'Office national de l'énergie met fin aux levés sur le mont Burnaby
Les maires et conseillers municipaux demandent à avoir un mot à dire dans le développement des ressources et le transport des matières dangereuses


Une vaste opposition au projet Kinder Morgan

Le peuple a le droit de prendre les décisions
sur les questions qui l'affectent


L'opposition au projet du monopole pipelinier américain Kinder Morgan d'augmenter ses expéditions de bitume d'Alberta vers son terminal de Burnaby s'intensifie et mobilise de plus en plus de gens. Le pipeline qui est déjà en opération, le pipeline Trans Mountain, est le seul pipeline qui transporte du pétrole de l'Alberta vers divers coins de la Colombie- Britannique et l'État de Washington. Le bitume qui arrive à Vancouver est chargé sur des pétroliers au terminal de Westridge situé près de la raffinerie Chevron dans la baie de Burrard. Les pétroliers transportent le pétrole à partie du port de Vancouver vers la Mer des Salish et le détroit Juan de Fuca et font route vers l'Asie et les États-Unis.

On lit sur le site web de la compagnie que « Trans Mountain propose l'expansion de son pipeline de 1150 km entre Strathcona County (près d'Edmonton) en Alberta et Burnaby en Colombie-Britannique. Ce projet d'expansion, s'il est approuvé, va créer un pipeline jumelé qui va accroître la capacité de production de 300 000 barils par jour à 890 000 barils par jour. »

Le pipeline date de 1953. Il est la propriété du monopole Kinder Morgan du Texas depuis 2005. La compagnie essaie de faire approuver son projet d'expansion par l'Office national de l'énergie. Le nombre de pétroliers quittant le terminal passerait de 2 à environ 10 par semaine. En plus de cela, Kinder Morgan propose de draguer la portion Second Narrows de la baie de Burrard pour donner accès au terminal Westridge aux pétroliers Suezmax qui sont plus gros que les pétroliers utilisés présentement.

Bien que Kinder Morgan dise que son projet est un « jumelage », ses propres cartes indiquent bien que la route qui est envisagée prévoit un nouveau pipeline qui passerait par Burnaby, une zone très populeuse du Vancouver métropolitain. Le pipeline actuel s'est fissuré en 2007, ce qui a entraîné le déversement de 234 000 litres dans une zone résidentielle.

La ville de Burnaby, le conseil de ville de Vancouver et d'autres conseils de ville se sont joints au mouvement d'opposition qui a été initié par les Premières Nations Salish locales, les nations Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh. Elles s'opposent au projet de Kinder Morgan parce que l'augmentation de capacité du pipeline et du nombre des pétroliers dans la baie de Burrard représentent des risques accrus pour l'environnement urbain et marin. On craint beaucoup que les monopoles du pétrole, les compagnies de pipeline et les expéditeurs n'aient en tête que leurs intérêts privés et non l'intérêt public du peuple et de l'environnement.

Kinder Morgan a établi des ententes de dix ans avec des compagnies américaines et chinoises en vertu desquelles il va leur livrer de plus grandes quantités de bitume. Cela fait mentir l'argument à l'effet que le pipeline va créer des emplois bien payés permanents. Les travailleurs de la raffinerie Chevron rapportent que Kinder Morgan est intéressé bien plus par l'exportation de bitume brut à cause des prix élevés outremer que par la fourniture de pétrole à la raffinerie. Sans approvisionnement garanti, la raffinerie va devoir fermer et le Vancouver métropolitain va devoir importer des produits pétroliers et gaziers de la grande raffinerie de Cherry Point dans l'État de Washington. Déjà, trois raffineries voisines de la raffinerie Chevron ont fermé dans les dernières décennies: Ioco, Shellburn et BA. Unifor, le syndicat qui représente les travailleurs de Chevron, a pris position contre l'augmentation de l'exportation du bitume à l'étranger et demande plutôt qu'il y ait plus de raffinage domestique et une production et une utilisation plus rationnelles des sables bitumineux.

Au coeur de l'opposition au projet de Kinder Morgan comme à celui de Northern Gateway, il y a le fait que les monopoles et les gouvernements à leur service prennent eux-mêmes les décisions sur les questions qui affectent le peuple sans que lui-même y consente ou ait son mot à dire ou ne contrôle ces décisions.

La résolution du peuple s'est encore renforcée avec le désastre minier du 4 août dans la province, qui a révélé que c'est la déréglementation gouvernementale et l'autoréglementation par les entreprises qui a créé les conditions pour la catastrophe. Les faits montrent que le déversement du contenu des bassins de résidus aurait pu être évité n'eut été de la négligence de la compagnie et du gouvernement. De plus en plus de gens deviennent convaincus que les intérêts privés se sont emparés des gouvernements et que le peuple doit s'organiser et résister afin de protéger l'intérêt public et l'intérêt général de la société et priver le doit de monopole de son pouvoir de supplanter le droit public.

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Contestations juridiques

La résistance contre Kinder Morgan comprend deux contestations juridiques. La Première Nation Tsleil-Waututh en a initié une en mai contre l'Office national de l'énergie (ONE). Les Tsleil-Waututh soutiennent que l'ONE a ignoré les droits autochtones, dont le droit des Premières Nations de refuser leur consentement à des projets qui traversent leurs terres.

La deuxième poursuite concerne la ville de Burnaby qui conteste le droit de Kinder-Morgan, lui aussi accordé par l'ONE, de faire de la coupe d'arbres sur la montagne Burnaby afin de voir si le terrain est suffisamment stable pour qu'on creuse un tunnel dans la montagne. La Cour suprême de la Colombie-Britannique a rejeté l'injonction de la ville tandis que l'ONE a rejeté récemment la demande d'injonction de Kinder-Morgan visant à empêcher la ville de Burnaby de faire appliquer ses règlements en faisant valoir que cela demanderait une contestation constitutionnelle. Cette décision arrête le projet d'exploration sur la montagne Burnaby pour le moment.

Dans le cadre de son conflit avec la ville, Kinder Morgan a menacé d'abandonner le projet de tunnel dans la montagne Burnaby et de retourner à son tracé originel dans les quartiers très populeux de Burnaby. La compagnie a envoyé une lettre aux résidents déclarant que l'oléoduc irait de l'avant d'une façon ou d'une autre. La compagnie y disait que les résidents seraient sages d'appuyer son plan de tunnel dans la montagne plutôt que voir le nouvel oléoduc serpenter dans les rues de la ville.

L'intimidation organisée par l'État contre les opposants au projet a aussi augmenté. Le service de renseignement de la GRC a ouvert une enquête sur une résidente de Burnaby pour simplement avoir photographié les installations de réservoirs de Kinder-Morgan alors qu'elle était de l'autre côté de la clôture.

Les orateurs au rassemblement à la montagne Burnaby contre la proposition d'oléoduc, le 13 septembre, ont dit que les gens doivent tenir tête au droit de monopole. Les gens réalisent de plus en plus qu'au nom des « emplois » et de « l'économie », les gouvernements Harper et Clark soutiennent le droit privé de monopole, particulièrement le droit des extracteurs de pétrole et de gaz de fouler aux pieds le droit public et les intérêts publics. Cela doit changer. Le peuple doit avoir le pouvoir politique de dire son mot et de contrôler les décisions qui l'affectent.

La nation Tsleil-Waututh entreprend une poursuite légale

Le 2 mai dernier, la nation Tsleil-Waututh a émis le communiqué de presse suivant:

« Aujourd'hui, la nation Tsleil-Waututh, 'le peuple d'Inlet', lance une poursuite légale contre l'évaluation qu'a faite l'Office national de l'énergie (ONE) du projet de pipeline et de pétrolier Kinder Morgan Trans Mountain. La Nation déclare que les erreurs légales sérieuses qu'ont faites la Couronne fédérale et l'ONE ont mené à un processus défaillant et illégal qui met à risques Burrard Inlet et tous ceux qui y vivent. C'est la première contestation légale que fait une Première Nation de cette proposition de nouveau pipeline et cette contestation impose au projet un délai sérieux et le rend très incertain.

« La Couronne et l'ONE violent notre titre et nos droits autochtones. Le processus d'examen de la proposition de pipeline et de pétrolier de Kinder Morgan a été conçu sans la consultation et la participation des Premières Nations. Le calendrier semble avoir été conçu pour que le projet soit approuvé à toute vapeur », déclare la chef de la nation Tsleil-Waututh Maureen Thomas.

« Les documents légaux qui seront déposés aujourd'hui à la Cour d'appel fédérale vont démontrer qu'entre autres choses l'ONE n'avait pas l'autorité légale de commencer l'examen parce que le gouvernement fédéral n'avait pas procédé à la consultation préalable de la nation Tsleil-Waututh sur des questions clés comme l'évaluation environnementale et l'examen réglementaire du projet. On trouvera en cliquant ici du matériel de référence sur la poursuite. »

« Nos lois établissent un lien sacré, la responsabilité de veiller sur nos terres, notre air et nos cours d'eau. Le gouvernement fédéral nous a forcés à nous adresser au tribunal pour nous défendre et défendre notre territoire. Nous allons combattre par tous les moyens légaux ce processus d'évaluation unilatéral et à sens unique et le projet lui-même », a dit Rueben George, le responsable du lien sacré et de l'engagement public de la nation Tsleil-Waututh.

Selon le processus à sens unique, les aînés Tsleil-Waututh pourraient être contre-interrogés par les avocats de la compagnie tandis que les experts et les représentants de la compagnie ne seraient pas tenus de témoigner eux-mêmes sous serment.

« Notre poursuite s'adresse au coeur même de l'assertion de la Couronne à l'effet qu'elle peut prendre des décisions unilatérales au sujet de nos territoires », poursuit la chef Maureen Thomas.

« Notre nation a l'autorité en vertu de l'autonomie gouvernementale d'évaluer les projets selon sa propre loi et de prendre des décisions qui affectent notre territoire. » Les lois d'évaluation environnementales du Canada reconnaissent cette juridiction, et le gouvernement est forcé de paraître en cour aujourd'hui parce qu'il a failli à son devoir de nous consulter et de coopérer avec nous. Nous faisons appliquer nos propres lois. Nous faisons appliquer la loi environnementale canadienne. »

S'il est approuvé, le projet de Kinder Morgan va accroître le transport du pétrole des sables bitumineux de son niveau actuel d'environ 300 000 barils par jour à 890 000 barils par jour. Cela représente sept fois plus de pétroliers qui vont naviguer de Burrard à la Mer des Salish, ce qui va augmenter les échouements, les accidents, les incidents, les fuites et les déversements de pétrole.

Un déversement de pétrole sérieux endommagerait l'environnement marin déjà perturbé, pourrait détruire les stocks de saumons et contaminerait encore plus les bancs de coquillages et supprimerait les droits de pêche et de récolte des autochtones.

La nation Tsleil-Waututh est une communauté côtière Salish vibrante et progressiste d'environ 500 membres. Elle habite le long des côtes de Burrard Inlet au nord de Vancouver tout près du terminal de Burnaby du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan.

L'Initiative du lien sacré de la nation a comme mission de s'opposer et d'arrêter le projet de pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan. Pour plus d'information, visiter:

www.twnsacredtrust.ca and follow the Sacred Trust Initiative on Twitter: @TWNSacredTrust.

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Rassemblement à Burnaby


Plus de 500 personnes ont participé à un rassemblement au sommet de la montagne Burnaby le 13 septembre, organisé par Burnaby Residents Opposing Kinder-Morgan Expansion (Résidents de Burnaby opposés à l'expansion de Kinder-Morgan - BROKE). Y ont pris la parole le maire de Burnaby Derek Corrigan, le président de l'Union des chefs indiens de Colombie-Britannique le grand chef Stewart Phillip, le député NPD de Burnaby-Douglas Kennedy Stewart et Eugene Kung, conseiller principal chez West Coast Environmental Law.

Burnaby, une ville qui fait partie de la région métropolitaine de Vancouver, est le site du terminal Westridge où l'oléoduc de Kinder-Morgan aboutit présentement. Au terminal Westridge, 300 000 barils sont chargés quotidiennement dans des pétroliers. L'approbation du plan de Kinder-Morgan d'augmenter la quantité de pétrole expédié au terminal Westridge nécessiterait l'expansion du terminal, l'augmentation de la taille de l'oléoduc de même qu'un nouvel oléoduc et résulterait en une grande augmentation de la quantité de pétroliers qui voyagent par l'Anse Burrard et la mer de Salish, transportant le pétrole pour l'exportation. Kinder-Morgan est impliqué activement dans l'exploration afin de déterminer un nouveau tracé d'oléoduc ce qui implique la coupe d'arbres dans l'aire de conservation de la montagne Burnaby qui appartient à la ville de Burnaby.

Le maire Corrigan a dit que le conseil municipal tout entier de Burnaby est opposé au projet de Kinder-Morgan de construire un tunnel à travers la montagne Burnaby ou encore de faire passer un pipeline dans l'aire de conservation de la montagne Burnaby. Mettant en lumière l'histoire progressiste des résidents du Vancouver métropolitain, incluant Burnaby, Corrigan a parlé de l'opposition des résidents au danger de guerre nucléaire, de la lutte qu'ils ont menée contre la guerre du Vietnam et de leur opposition au racisme et à la discrimination contre les femmes. Corrigan a dit que la lutte actuelle est dirigée contre « la culture d'entreprise, l'idée que des multinationales peuvent devenir plus grosses et plus puissantes que des pays ».

Ces compagnies ont des employés à temps plein qui font du lobbying dans des endroits comme Ottawa pour convaincre les politiciens qu'ils ont les mêmes intérêts que les multinationales, a dit Corrigan. Les multinationales n'agissent pas dans le meilleur intérêt des citoyens canadiens mais dans leurs propres intérêts, a-t-il souligné. Dans le cas de Kinder-Morgan, il a expliqué que la compagnie a dit à l'Office national de l'énergie qu'elle avait besoin de plus d'argent pour préparer la présentation de son projet. L'Office leur a attribué 135 millions $ sous la forme d'un tarif spécial sur le pétrole qu'ils expédient, qui sera payé par les consommateurs, non taxable, pour aider la compagnie à monter son dossier en vue de l'approbation du projet. Le président de Kinder-Morgan Ian Anderson s'est vanté lors de la dernière assemblée générale annuelle que la présentation du projet ne va rien coûter aux actionnaires parce que ce sont les Canadiens qui vont en payer les frais.

Le maire Corrigan a dit que bien que le projet ait été décrit comme un « jumelage » de l'oléoduc actuel, Kinder-Morgan n'a jamais eu l'intention d'utiliser le droit de passage existant. Si le plan de creuser un tunnel à travers la montagne Burnaby est jugé dangereux d'un point de vue sismique, la ville de Burnaby croit que Kinder-Morgan va déterminer un tracé dans l'aire de conservation de la montagne Burnaby qui pourrait être utilisé. Il a dit que le conseil municipal de Burnaby, appuyé par celui de Vancouver et d'autres villes, est opposé à la proposition de Kinder-Morgan parce qu'entre autres choses elle va multiplier de 7 fois le danger d'une marée noire dans l'Anse Burrard qui serait catastrophique pour la population et l'environnement.

Eugene Kung, le conseiller principal chez West Coast Environmental Law, a rappelé aux participants que Kinder-Morgan veut non seulement creuser à travers le parc de la montagne Burnaby, mais a aussi demandé au gouvernement de la Colombie-Britannique de construire son oléoduc à travers quatre parcs provinciaux. Cela a été rendu possible par une nouvelle loi que l'Assemblée législative a adoptée en février dernier, qui ouvre les parcs de la Colombie-Britannique au développement industriel.

Kung a dit que la résistance à cette multinationale géante doit défier les règles conventionnelles. Il a parlé du jugement de la Cour suprême en faveur de la nation Tsilhqot'in qui reconnaît le caractère collectif des droits de titre ancestraux et du droit des générations futures de bénéficier de ces terres. Il a dit que les gens devraient défendre leurs actifs comme les parcs en tant que droits collectifs eux aussi, qui doivent être remis aux générations futures.

Le grand chef Stewart Phillip a tout d'abord remercié la première nation hôtesse de la région. Il a parlé de l'opposition des intérêts du peuple, des Premières Nations et de tous ceux qui se sont établis et travaillent en Colombie-Britannique, aux intérêts des multinationales qui se reflètent dans les actions du gouvernement. Il a dit que lorsque plus de 200 chefs des Premières Nations en Colombie-Britannique ont rencontré le cabinet libéral le 11 septembre et travaillé à la rédaction d'un communiqué conjoint, ils ont été choqués d'apprendre que le communiqué avait été montré au Conseil des entreprises de Colombie-Britannique avant la rencontre. Cela montre bien à qui le gouvernement Clark rend des comptes.

Le grand chef Phillip a dit que le gouvernement Harper n'est pas différent. De plus, c'est encore plus urgent de lutter pour défendre les droits du peuple contre les intérêts des multinationales comme Kinder-Morgan suite à la nomination de Jim Prentice comme nouveau premier ministre de l'Alberta. Prentice est un ancien employé d'Enbridge et son travail était de gagner les nations autochtones au projet d'oléoduc Northern Gateway.

Sous les applaudissements, le grand chef a dit que le peuple, par ses actions unies, est la force qui peut arrêter Kinder Morgan.

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La décision de l'Office national de l'énergie met fin
aux levés sur le mont Burnaby


Au début de septembre, Kinder Morgan a commencé des levés sur le mont Burnaby dans une zone de conservation contrôlée par la ville de Burnaby, en effectuant des forages et de l'abattage d'arbres. L'entreprise a déclaré que cette opération soudaine fait partie des préparatifs pour mettre en oeuvre sa proposition d'augmenter l'expédition de bitume par oléoduc de l'Alberta à ses réservoirs d'entreposage et son terminal maritime de Westridge, situé à Burnaby.

La ville a émis une ordonnance d'arrêt des travaux le 3 septembre, affirmant que les règlements municipaux interdisent les actions de la firme dans une zone de conservation. La ville est disposée à permettre à l'entreprise d'effectuer des levés « non destructeurs ».

Le porte-parole de Kinder Morgan a déclaré que l'entreprise agit conformément à la Loi sur l'Office national de l'énergie, partie V, « Pouvoirs des compagnies », selon l'article 73, qui stipule, en partie:

« Sous réserve des autres dispositions de la présente loi et de toute loi spéciale la concernant, la compagnie peut, dans le cadre de son entreprise :

a) pénétrer sans autorisation sur tout terrain, appartenant ou non à la Couronne et situé sur le tracé de son pipeline, et y faire les levés, examens ou autres préparatifs requis pour fixer l'emplacement de celui-ci et marquer et déterminer les parties de terrain qui y seront appropriées; »

La ville de Burnaby allégue qu'elle exerce son droit d'appliquer ses règlements. Le maire Corrigan a été cité dans le Vancouver Observer: « Il est étonnant qu'en tant que société privée, Kinder Morgan pense qu'elle a le droit de passer outre aux souhaits de nos citoyens et des lois qui ont été mises en place pour tenir compte de l'importance que nos citoyens accordent à ces écosystèmes vulnérables irremplaçables. »

Kai Nagata, directeur de l'énergie et de la démocratie auprès de l'organisme Dogwood Initiative, est cité dans un article sur le site web Desmog Canada dans lequel il indique que l'Office national de l'énergie (ONÉ) ne fournit aucun forum légitime qui permette d'évaluer la pertinence d'un projet d'oléoduc: « Il n'y a pas de forum démocratique crédible pour contester ces projets mais, en attendant, Burnaby tente de toutes les façons d'affirmer sa compétence juridique limitée afin de faire valoir son opposition à ce projet au niveau de la gouvernance. On peut se poser la question à savoir où la province se situe dans tout cela. Si la ville de Burnaby peut retarder ce projet pendant sept mois et émettre des ordonnances de suspendre les travaux, et mettre ainsi des bâtons dans les roues de Kinder Morgan, qu'est-ce que la province attend pour représenter ses électeurs et défendre l'intérêt public avec les ressources et les compétences à sa disposition ? Je pense que ce que nous voyons ce sont essentiellement des dirigeants provinciaux qui se lavent les mains de toute cette lutte et laissent cela entre les mains des Premières Nations, des municipalités et des citoyens plutôt que d'assumer leurs responsabilités. »

Le 17 septembre, la juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique, Brenda Brown, a rejeté la demande de la ville pour une injonction visant à empêcher Kinder Morgan de procéder aux travaux de levés. La ville a alors déposé une poursuite au civil pour réclamer que le régulateur fédéral n'exempte pas l'entreprise des règlements municipaux.

Kinder Morgan a ensuite déposé une motion exigeant que l'Office national de l'énergie (ONÉ) interdise à la ville d'entraver son travail.

Le 25 septembre, l'ONÉ a rejeté la demande de Kinder-Morgan, selon le motif que la question de savoir si les règlements de la ville de Burnaby ont force de loi ou non est une question constitutionnelle. Pour que l'Office se prononce, il faut que l'entreprise serve une mise en demeure aux procureurs généraux du Canada et aux provinces.

Cela permet d'arrêter efficacement les levés que Kinder Morgan prétend devoir faire pour évaluer son projet de tunnel sous le mont Burnaby. Si l'entreprise conteste la décision de l'ONÉ, elle devra présenter une contestation constitutionnelle complexe qui mettra sur la table la question de savoir si les pouvoirs des compagnies de pipeline supplantent les règlements municipaux.

À titre d'information

Voici le texte du communiqué du 25 septembre de l'Office national de l'énergie:

« L'Office national de l'énergie exige un avis de question constitutionnelle avant d'étudier la demande d'ordonnance

CALGARY - L'Office national de l'énergie exige que Trans Mountain Pipeline ULC (Trans Mountain) signifie un avis de question constitutionnelle avant de se pencher sur la demande de celle-ci visant à obtenir une ordonnance lui donnant accès au mont Burnaby. La société avait déposé cette requête dans le but de pouvoir mener des études et faire des relevés dans cette région dans le cadre du projet d'agrandissement de son réseau pipelinier.

Dans sa décision [Dépôt A63041], rendue aujourd'hui, l'Office a déclaré que la requête déposée par Trans Mountain soulève une question constitutionnelle relativement à l'applicabilité des règlements administratifs de la Ville de Burnaby à la société qui exerce les pouvoirs que lui accorde la Loi sur l'Office national de l'énergie et à la pertinence d'empêcher la Ville de faire exécuter ces règlements.

Ni Trans Mountain ni la Ville de Burnaby n'ont encore transmis d'avis officiels aux procureurs généraux du Canada et des provinces, comme cela est exigé lorsqu'une question constitutionnelle est soulevée. Par conséquent, l'Office ne peut se pencher sur la requête déposée tant qu'un tel avis n'a pas été donné.

Selon l'Office, puisque c'est Trans Mountain qui demande qu'une ordonnance à l'encontre de la Ville de Burnaby soit rendue, c'est à elle qu'il revient de donner l'avis en question. L'Office a indiqué que, si Trans Mountain choisit la voie constitutionnelle, il tranchera la question rapidement. »

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Les maires et conseillers municipaux demandent à avoir un mot à dire dans le développement des ressources et le transport des matières dangereuses

Le congrès annuel de l'Union des municipalités de la Colombie-Britannique s'est tenu du 22 au 26 septembre à Whistler. Le dernier jour du congrès, des résolutions d'urgence ont été adoptées au sujet de l'expansion proposée de l'oléoduc Kinder Morgan et du processus d'approbation du gouvernement fédéral. Les résolutions, soumises par Burnaby, Victoria et Vancouver demandent des audiences publiques avant que l'ONE ne prenne sa décision, une évaluation environnementale indépendante du projet par la province et que l'ONE développe des plans spécifiques aux sites pour faire face à un déversement de bitume dilué, ainsi qu'une évaluation provinciale de ces plans.

Le congrès a battu une résolution de Burnaby qui s'opposait purement et simplement au plan d'expansion de Kinder Morgan.

L'expansion de l'oléoduc de Kinder Morgan est particulièrement préoccupante pour les municipalités du Vancouver métropolitain en raison à la fois du danger accru posé par l'oléoduc lui-même et l'énorme augmentation du trafic de pétroliers, puisque la capacité augmentée est destinée à l'exportation. Des préoccupations semblables ont mené les Premières Nations et des milliers de résidents de la Colombie-Britannique à s'opposer à l'oléoduc Northern Gateway à Kitimat sur la côte nord et au trafic accru de pétroliers.

Le danger pour l'environnement d'un déversement catastrophique de pétrole et le manque de confiance dans les monopoles de les prévenir ou de leur capacité de les contrôler et les nettoyer sont des préoccupations majeures qui poussent les conseils municipaux à demander des comptes aux gouvernements fédéral et provincial et d'avoir leur mot à dire dans les décisions qui affectent leurs communautés.

Dans cet esprit, le congrès a adopté une résolution demandant au gouvernement fédéral de restreindre immédiatement l'utilisation des vieux wagons, qui doivent être retirés du service d'ici 3 ans, dans le transport des liquides volatils.

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