Le Marxiste-Léniniste

Numéro 124 - 7 octobre 2014

Des élections partielles provinciales à Calgary et Edmonton

Occupons l'espace du changement en développant
la politique indépendante de la classe ouvrière


Des élections partielles provinciales à Calgary et Edmonton
Occupons l'espace du changement en développant la politique indépendante de la classe ouvrière
Les travailleurs des services médicaux d'urgence parlent de leurs conditions

Annulez le programme des travailleurs étrangers temporaires!
Non au trafic de travailleurs et aux attaques contre les chômeurs par l'État de la dictature de Harper!


Des élections partielles provinciales à Calgary et Edmonton

Occupons l'espace du changement en développant
la politique indépendante de la classe ouvrière


Les travailleurs de l’Alberta dénoncent les attaques du gouvernement contre les régimes de retraite, le 2 mars 2014 à Edmonton

Le premier ministre Jim Prentice a annoncé la tenue de quatre élections partielles le 27 octobre. Prentice, qui n'a pas été élu à l'Assemblée législative, briguera Calgary-Foothills. Ce siège est présentement vacant depuis que Len Webber, qui est devenu indépendant après avoir abandonné le caucus des progressistes-conservateurs en mars, a démissionné après avoir remporté la nomination conservatrice dans Calgary-Confederation pour les prochaines élections fédérales. Le ministre de l'Éducation, Gordon Dirks, et le ministre de la Santé, Stephen Mandel, se présenteront aux partielles dans Calgary-Elbow et dans Edmonton-Whitemud respectivement, qui étaient représentées par les deux plus récents premiers ministres, Alison Redford et Dave Hancock, qui ont tous deux démissionné. Aucun des deux ministres n'a un siège à l'Assemblée législative. Il y aura aussi une élection partielle dans Calgary-Ouest alors que Ken Hugues, un candidat de la première heure à la chefferie qui s'est retiré pour appuyer Prentice, démissionne et retourne au secteur privé.

Ces élections partielles visent à légitimer le coup de Prentice et son frauduleux nouveau départ. Elles visent à masquer que la corruption de l'ancienne première ministre n'est pas uniquement une question de Redford et de son parti mais qu'elle a ses racines dans les rapports de production qui ont fait leur temps, dans l'ordre du jour antisocial d'austérité et dans la destruction de l'autorité publique. Pour le peuple, elles sont l'occasion de s'opposer au « nouveau gouvernement » frauduleux de Jim Prentice qui représente en fait la prise de contrôle directe des institutions gouvernementales par les puissants monopoles mondiaux. Les ressources du peuple albertain vont être mises encore plus à la disposition de tel ou tel monopole ou groupe de monopoles qui cherchent à concentrer le pouvoir économique et politique entre leurs mains.

Prentice a été mis au pouvoir pour qu'il aide les sables bitumineux à avoir accès aux marchés mondiaux, pour qu'il détruise encore plus l'autorité publique et la réglementation en vigueur et qu'il fasse avancer l'intégration de l'Alberta aux États-Unis des monopoles de l'Amérique du Nord. La politisation des intérêts privés des monopoles du pétrole et du gaz est présentée comme étant équivalente aux intérêts des travailleurs et des intérêts généraux de la société. Ce n'est pas vrai du tout et on doit rejeter cela. La politisation des intérêts privés désinforme le corps politique et le rend vulnérable et désorganisé face aux attaques qui ne cessent de s'intensifier. C'est pour cela que c'est très important d'intensifier l'offensive idéologique contre les efforts du gouvernement Prentice de se couvrir de quelque légitimité que ce soit. C'est important à ce titre de défendre fermement les droits de tous.

L'intronisation de deux ministres non élus, Gordon Dirks à l'Éducation et Stephen Mandel à la Santé, qui se présentent maintenant aux partielles, font de celles-ci une occasion de s'opposer à la destruction et à la privatisation des soins de santé et de l'éducation et d'affirmer que la santé et l'éducation publiques sont un droit. Mandel, le ministre de la Santé, est un ancien promoteur immobilier qui été mandaté par Prentice pour mener à bien son plan d'accélérer le financement d'entités privées comme les « logements supervisés » pour aînés. Dirks est le président d'une école religieuse privée et on lui a confié la tâche d'installer des remorques dans les communautés à la place d'écoles, ce qui dégrade encore plus l'éducation publique.

Les travailleurs du secteur public, avec l'appui des autres secteurs de la classe ouvrière, ont pris position à la défense de leurs droits et ont forcé le gouvernement Redford à retirer les projets de loi 45 et 46 et à retraiter dans ses attaques contre les pensions. Organisons-nous maintenant pour conserver le momentum et nous assurer que le programme prosocial et une nouvelle direction pour l'économie auront le haut du pavé dans ces élections partielles. Travaillons aussi à priver d'influence l'ordre du jour antisocial d'austérité des progressistes-conservateurs et de Wildrose.

Calgary-Elbow et Edmonton-Whitemud ne sont pas gagnés d'avance pour les progressistes-conservateurs. Les électeurs dans Edmonton-Whitemud se sont débarrassés du premier ministre progressiste-conservateur Don Getty en 1989, par exemple, bien que son parti ait gagné les élections générales.

Disons Non! à toute tentative de détruire l'autorité publique et d'imposer le droit de monopole ! Occupons l'espace du changement afin de priver les monopoles et leurs commis-vendeurs de leur capacité de bloquer les efforts du peuple pour se doter du pouvoir. L'alternative est dans la lutte pour des solutions prosociales aux problèmes créés par la destruction des programmes sociaux aux mains de l'élite dirigeante et par ses manoeuvres pour payer les riches. L'économie a besoin d'une nouvelle direction et non des politiques de destruction de l'élite au pouvoir.

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Les travailleurs des services médicaux d'urgence parlent de leurs conditions

L'élection partielle de Edmonton-Whitemud, où le ministre non élu de la santé Stephen Mandel tente d'obtenir un siège, est une occasion pour les travailleurs de la santé de défaire les conservateurs, Wildrose et leur ordre du jour antisocial d'austérité. Travailler à les défaire c'est prendre position contre la privatisation et le démantèlement du système public de santé. L'élection partielle offre l'occasion de mettre de l'avant des solutions prosociales pour le système public de santé et notamment pour les services médicaux d'urgence de l'Alberta. En faisant cela, nous défendons le droit à des soins de santé publics pour tous et demandons que le gouvernement le garantisse.

L'Association des sciences de la santé de l'Alberta (la HSAA) représente les travailleurs des services médicaux d'urgence (SMU) dans la province. L'association demande qu'on traite du problème des temps d'attente inacceptables pour les patients et des conditions de travail des employés SMU. La présidente de HSAA, Elisabeth Ballerman, explique qu'en 2012 son organisation a mené une enquête sur les praticiens SMU qui a indiqué que les services ambulanciers manquent de ressources adéquates ce qui affecte sérieusement les soins aux patients et crée des conditions de travail inacceptables pour les employés SMU.

Les Services de santé de l'Alberta (AHS) ont pris en charge en 2009 les services ambulanciers de la province gérés jusque-là par les municipalités. Cela n'a fait que priver encore plus les travailleurs de tout mot à dire et a imposé aux communautés des arrangements qui ne convenaient pas à leurs besoins. Ce processus a été arrêté en 2010 parce que les temps de réponse étaient en hausse et, depuis ce temps, un système bric-à-brac a été mis en place qui ne répond absolument pas aux besoins des collectivités tant urbaines que rurales.

Le ministre de la Santé de l'époque a répondu à l'enquête de l'HSAA en demandant au Conseil de la qualité des soins de santé de l'Alberta (HQCA) d'évaluer les services d'ambulance. Le rapport du Conseil a été publié en janvier 2013. Il a fait cinq recommandations générales, dont aucune selon Ballerman n'a été appliquée entièrement.

L'HSAA a publié les résultats d'une nouvelle enquête le 25 septembre. « Les praticiens SMU en Alberta ont identifié sept questions clés qui doivent être traitées afin de créer et maintenir un environnement de travail positif. Les répondants étaient très préoccupés par le manque de ressources, la pauvre gestion des SMU, le manque d'opportunités de carrière, le faible moral des employés, l'impossibilité de prendre congé, le système de répartition, la sécurité du public et des praticiens SMU », a dit Ballerman.

Le pourcentage des travailleurs SMU qui ont répondu que les conditions se sont détériorées « un peu ou beaucoup » est le suivant:
ressources, 66 %;
gestion, 62 %;
développement de carrière, 51 %;
moral des employés, 81%;
possibilité de prendre congé, 68 %;
répartition, 63 %;
sécurité, 44 %.

« Les résultats de l'enquête devraient préoccuper sérieusement la direction de l'AHS, notre nouveau ministre de la santé, le gouvernement Prentice et en fait tous les Albertains », a dit Ballerman. « L'enquête démontre que les professionnels SMU sont d'avis que leur capacité à fournir la qualité de soin à laquelle les Albertains devraient pouvoir s'attendre est sérieusement compromise. »

La population de l'Alberta a augmenté d'environ 100 000 personnes annuellement depuis 2009, tandis que le nombre d'ambulances et de postes est resté inchangé. Les hôpitaux fonctionnent à 105-110 % de leur capacité. Ils ne sont pas capables d'accélérer le transfert des patients. Il faut maintenant en moyenne une heure aux travailleurs SMU pour transférer le soin des patients au personnel hospitalier. Pendant ce temps, les ambulances ne sont pas disponibles pour répondre aux urgences.

Les intervenants SMU savent très bien ce qu'il faut faire pour assurer la sécurité des patients et fournir des conditions de travail qui respectent les droits des patients et des travailleurs SMU. Les répondants d'urgence font leur devoir dans ce système dysfonctionnel, mais ce n'est pas le cas du gouvernement. Non seulement les praticiens SMU et les communautés qu'ils servent n'ont pas les ressources adéquates mais le facteur humain est bloqué et ceux qui sont capables de résoudre les problèmes se voient nier un rôle réel dans la prise de décision.

Côte-à-côte avec les urgentologues, les infirmières et les autres employés, les travailleurs SMU sont parfaitement capables d'organiser et de fournir des services d'urgence adéquats, lesquels sont un aspect fondamental du droit à la santé et littéralement une question de vie ou de mort. Ce qui manque aux travailleurs, c'est le pouvoir politique.

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Annulez le programme des travailleurs étrangers temporaires!

Non au trafic de travailleurs et aux attaques contre
les chômeurs par l'État de la dictature de Harper!

Ces jours-ci, les médias monopolisés ne cessent de rapporter les déclarations de Jason Kenney à l'effet qu'il défend les travailleurs canadiens et que les employeurs sont devenus trop dépendants du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Les médias rapportent une série de tweets entre Jason Kenney et Mark Milke, un des principaux collaborateurs de l'Institut Fraser.

Pendant la dernière année, Milke s'est affairé à propager de manière virulente de la désinformation antitravailleur sur les régimes de retraite du secteur public. Il fait campagne maintenant pour que les employeurs de l'Alberta puissent embaucher autant de travailleurs étrangers temporaires (TET) qu'ils le veulent. Il dit que les hôtels à Banff et Jasper ne peuvent pas fonctionner sans faire appel au trafic des travailleurs provenant de l'étranger.

Kenney a réagi en rappelant à Milke qu'un promoteur du libre marché comme lui ne devrait pas favoriser l'intervention du gouvernement. Au contraire, une solution « libre marché » va entraîner une hausse des salaires, a dit Kenney et il a demandé à Milke de prouver qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre.

La dictature de Harper a criminalisé les travailleurs qui luttent pour défendre leurs salaires, avantages sociaux et conditions de travail. Elle a lancé des attaques sans précédent contre les travailleurs du secteur public fédéral en tentant par exemple de mettre fin à leur régime de congés de maladie, en privatisant la gestion du nouveau régime qu'elle veut imposer et en réduisant leurs pensions. Quand Kenney dit que le PTET fait baisser les salaires et que c'est une forme de « quasi servitude » c'est évident qu'il prépare quelque chose et les travailleurs ne peuvent pas être complaisants là-dessus.

Kenny suggère que les TET créent un excès de travailleurs, alors qu'il y a à peine quelques mois, les harpériens ont utilisé le grand nombre d'annonces en ligne pour des emplois sur Kijiji comme une preuve qu'il y a pénurie de main-d'oeuvre. C'est possible qu'en changeant son refrain, de pénurie à excès de travailleurs, il cherche à réduire les fonds publics qui vont aux chômeurs.

Un des objectifs du gouvernement Harper est de continuer de réduire le nombre de personnes sur l'assurance-emploi, pas le nombre de chômeurs, mais ceux qui sont admissibles à l'AE. Seulement 38 % des chômeurs touchent maintenant des prestations d'assurance-emploi. La dictature de Harper a récemment baissé les cotisations d'assurance-emploi des employeurs de petites entreprises, ce qui affame la caisse de l'assurance-emploi et devient une arme de plus pour justifier de nouvelle attaques contre les prestataires de l'AE.

Kenney a donné l'exemple des provinces de l'Atlantique où les travailleurs des usines de poisson sont au chômage alors que les usines embauchent des TET. Il a dit que les travailleurs et les employeurs doivent être « jumelés ». Le « jumelage » dont il parle est « le service de jumelage d'emplois » créé par le Guichet emplois Canada pour forcer les prestataires de l'assurance-emploi à accepter des emplois en dessous de leur salaire normal, et/ou à parcourir de plus longues distances pour travailler sinon ils perdent leurs prestations.

C'est un piège qui est tendu, ce genre de choses dont les harpériens sont notoires. Les nouveaux règlements rendent en fait plus facile d'embaucher des TET dans les métiers spécialisés, avec un délai de 10 jours garanti pour leur approbation. Même si les modifications apportées au PTET peuvent réduire le nombre de travailleurs étrangers temporaires dans les industries de la restauration rapide, le commerce de détail et l'hôtellerie, les employeurs de ces secteurs peuvent utiliser les programmes de mobilité internationale (PMI), qui sont exonérés des études d'impact sur le marché du travail (EIMT). Dans le PMI, les employeurs n'ont pas à démontrer qu'ils ont essayé d'embaucher des Canadiens et n'ont pas à payer le taux de rémunération en vigueur dans l'industrie. Selon Citoyenneté et Immigration Canada, 69 % de tous les TET travaillant le 21 décembre 2013 au Canada ont reçu un permis de travail en vertu des PMI, ce qui veut dire sans qu'on ait eu recours aux études d'impact sur le marché du travail (le programme EIMT).

Le programme Expérience internationale Canada permet aux employeurs d'embaucher de jeunes travailleurs entre 18 à 35 ans provenant de 32 pays, principalement d'Europe. La durée du programme a discrètement été modifiée, d'une période d'un an à « un maximum de deux ans ». Les travailleurs ne sont pas liés à un seul employeur, mais les employeurs peuvent facilement les lier en pratique grâce à leur capacité à demander un prolongement. Les monopoles mondiaux ont accès aux dispositions de transfert entre compagnies, sans parler des accords de l'ALÉNA et d'autres accords de libre-échange qui ne requièrent pas qu'on passe par le EIMT.

Si Kenney admet maintenant que les travailleurs du PTET sont quasiment dans un état de servitude, c'est pour ne pas avoir à rendre de comptes sur les crimes passés et futurs contre les droits des travailleurs et non pour les réparer. Les changements que Kenney a faits visent à créer une porte tournante de travailleurs étrangers temporaires qui ne peuvent s'installer au Canada et font face à la pire exploitation.

Beaucoup de travailleurs présentement au Canada ont payé des milliers de dollars aux trafiquants d'esclaves salariés des temps modernes, avec qui les employeurs sont de mèche dans ce commerce international de travailleurs organisé par l'État. Cela viole le principe d'une société moderne qui reconnaît les droits de tous. Ce trafic des travailleurs doit cesser, ses auteurs doivent être punis et les employeurs contraints de rembourser les victimes. Toute personne travaillant actuellement au Canada doit avoir plein droit de vivre ici en paix, sans menace d'expulsion, de perte d'emploi et de perte de moyens de subsistance. Le programme social de l'AE doit être renforcé et non affaibli dans le but d'éliminer complètement le marché du travail comme arme d'exploitation et de privilèges de classe. Il faut chasser le gouvernement Harper du pouvoir pour montrer que les Canadiens ne toléreront pas la traite de travailleurs et les attaques contre leurs droits.

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