Le Marxiste-Léniniste

Numéro 110 - 16 septembre 2014

Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre!

Non à la participation du Canada aux nouvelles
aventures américaines en Irak et en Syrie!
Canada, hors de l'OTAN maintenant!


Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre!
Non à la participation du Canada aux nouvelles aventures américaines en Irak et en Syrie! Canada, hors de l'OTAN maintenant!
Piquetage contre le Festival culturel militaire dans le Vieux Port de Montréal


Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre!

Non à la participation du Canada aux nouvelles
aventures américaines en Irak et en Syrie!
Canada, hors de l'OTAN maintenant!

Les États-Unis sont la principale menace à la paix et à la sécurité dans le monde. Cela ne fait aucun doute. On le voit dans les ravages qu'ils font avec leur alliance militaire agressive qu'est l'OTAN, et avec leur proche allié Israël, en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Palestine, pour ne donner que ces exemples.

Maintenant en Irak et en Syrie, on assiste à une manoeuvre pour présenter le groupe appelé État islamique en Irak et au Levant (EIIL) comme une menace pour l'Irak et pour la paix mondiale. Après la destruction de l'Irak par une succession d'invasions, de sanctions brutales et de crimes abominables contre son peuple et la résistance, les États-Unis et leurs alliés, dont le Canada, ont le front de se présenter comme les sauveurs des peuples irakien et syrien. Ils omettent de dire que les groupes comme Al-Qaïda et l'EIIL sont le produit de la destruction provoquée par les impérialistes, si ce n'est qu'ils sont directement financés par les États-Unis et d'autres pour servir leurs desseins impérialistes. Cela est fait pour rendre impossible une enquête rationnelle sur les solutions à apporter aux graves problèmes créés dans ces pays.

En plus des frappes par appareils téléguidés, les États-Unis ont maintenant déployé 820 soldats en Irak. Ce nouveau développement a pour prétexte « la protection de diplomates américains dans la capitale irakienne ». Les États-Unis utilisent depuis longtemps ce prétexte galvaudé pour justifier leurs invasions au sol et leurs sales guerres.

Le gouvernement Harper au Canada est descendu encore plus bas dans sa servilité envers la politique guerrière des États-Unis en envoyant des « forces spéciales » en Irak, avec l'appui tacite du Nouveau Parti démocratique et du Parti libéral au parlement. La majorité des Canadiens s'est bruyamment opposée à la guerre en Irak sous l'administration de George W. Bush et à toute invasion de la Syrie par les États-Unis, mais maintenant le gouvernement Harper a engagé le Canada dans une nouvelle guerre en Irak et en Syrie. Les Canadiens sont placés devant un fait accompli et n'ont pas voix au chapitre.

Le 6 septembre, Radio-Canada rapportait que le Canada a envoyé 100 soldats des Forces armées en Irak, dont un régiment d'opérations spéciales. Stephen Harper dit que le président Barack Obama lui aurait personnellement demandé d'envoyer des « conseillers militaires » suivant une évaluation des besoins sur le terrain par l'armée américaine. On dit que le régiment d'opérations spéciales travaillera en étroite relation avec les forces américaines tout en restant sous le commandement du chef d'état-major de l'armée canadienne. Les déclarations sur la chaîne de commandement sont une diversion puisque le gouvernement canadien permet que sa politique étrangère soit décidée par le président des États-Unis, qui se dit le « commandant en chef ».

Un porte-parole du premier ministre a dit que la mission canadienne sera d'apporter « un conseil stratégique et tactique aux forces irakiennes avant le début des opérations tactiques » contre l'EIIL. « Il s'agit pour les Forces canadiennes de procurer conseil et assistance, pas d'accompagner les forces irakiennes dans des missions ou des opérations tactiques. Elles sont là pour conseiller le gouvernement de l'Irak et ses forces de sécurité pour les aider à être plus efficaces dans leur lutte contre l'EIIL », a dit Jason MacDonald, directeur des communications de Stephen Harper.

La réalité est que le Canada ne fait pas que fournir des « conseillers », il livre aussi des armes à l'Irak. Le Canada a envoyé deux transporteurs militaires dans la région : un appareil CC-1307 Hercules et un appareil CC-177 Globemaster de l'Aviation royale canadienne ont été déployés dans la région pour livrer des armes données par l'Albanie le 28 août. D'autres rapports indiquent que le Canada livre des fusils, des mortiers et des munitions à des « forces irakiennes » en coopération avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Australie et l'Italie.

Le Canada s'est engagé à procurer une « aide humanitaire » de 21 millions $ à l'Irak ainsi qu'une aide militaire « non destinée au combat ». Le 29 août, le ministre du Développement international Christian Paradis a annoncé que le Canada a commencé à envoyer des approvisionnements de secours à l'Irak à partir d'un nouvel entrepôt d'urgence établi à Dubaï. Cela fait partie des arrangements qu'il met en place partout dans le monde pour un déploiement plus rapide de son armée pour réagir à « des événements » en Asie et en Afrique.

Le mot humanitaire perd toute signification quand il sert à cacher le caractère criminel des gestes de guerre des gouvernements.

Selon les reportages, l'aide militaire à l'Irak est acheminée par l'entremise du gouvernement irakien, mais vise principalement à « soutenir les combattants kurdes dans le nord de l'Irak », considérés comme étant plus efficaces que les autres forces irakiennes. C'est oublier que les Irakiens ont combattu comme un seul peuple pour résister à l'occupation américaine de leur patrie pendant plus de dix ans. Ces forces de résistance ne sont sans doute pas enclines à combattre aux côtés des forces américaines dans leurs nouvelles aventures chez eux. Cela révèle par ailleurs que les États-Unis n'ont pas réussi à créer une armée irakienne fantoche qui soit efficace.

Une solidarité politique non partisane « de tous les partis »
pour l'ingérence dans les affaires de l'Irak

On dit que le gouvernement Harper a une « double approche » sur la question de l'Irak : d'une part l'invasion militaire, d'autre part la sale diplomatie pour amener le gouvernement irakien à « combattre la menace » que représente l'EIIL.

Le 3 septembre, le ministre des Affaires étrangères John Baird s'est rendu en Irak. Paul Dewar et Marc Garneau, les critiques en matière de politique étrangère pour le NPD et le Parti libéral respectivement, ont accompagné Baird à sa requête pour montrer une « solidarité politique non partisane ».

Baird a rencontré de hauts représentants du nouveau gouvernement de Haider-al-Abadi, successeur de Nouri al-Maliki qui a été premier ministre de l'Irak pendant huit ans. Le but de la visite était de dire au gouvernement irakien comment constituer le nouveau conseil des ministres et faire accepter la formule impérialiste de l'édification nationale basée sur le divide et impera.

« Le Canada a toujours demandé aux dirigeants irakiens de former un gouvernement pour tous les Irakiens, sans égard à la religion, pour réaliser la sécurité, la démocratie et la prospérité que les Irakiens veulent implanter dans leur pays, a dit le porte-parole du ministre Rick Roth avant leur arrivée à Bagdad. Nous espérons que cette visite souligne notre engagement à cet égard. »

Le 5 septembre, John Baird écrivait dans le Globe and Mail : « Nous avons parlé aux dirigeants à Bagdad et Erbil de la grave situation qui prévaut sur le plan de la sécurité et de la catastrophe humanitaire. Les pourparlers et la diplomatie jouent un rôle crucial dans des moments comme celui-ci. Mais les gestes pèsent plus que les paroles. Mes collègues et moi avons pu constater nous-mêmes l'impact positif de l'aide à double approche du Canada en Irak : aider les victimes des actions de l'EIIL et soutenir ceux qui sont sur la ligne de front dans la lutte contre l'EIIL. »

Pour sa part, parlant de ce que le nouveau conseil des ministres irakiens « devrait avoir l'air », le néodémocrate Paul Dewar a dit : « Il va falloir plus que le changement d'un seul visage. Le nouveau premier ministre doit avoir autour de lui une équipe qui comprendra toutes les minorités, en particulier les sunnites. » Il a dit que cette visite était « une tournée multipartisane pour évaluer ce qui se passe en Irak, pour évaluer ce que doit faire le Canada. »

Le libéral Marc Garneau a tenté de blâmer le gouvernement irakien, plutôt que les États-Unis, pour le chaos qui existe dans la région et la destruction de l'Irak en disant qu'al-Maliki n'avait pas été capable d'unir les sunnites, les chiites, les minorités chrétiennes et les autres groupes « et c'est une des raisons pour lesquelles l'État islamique a pu s'implanter si solidement en Irak ». Il a dit à la Presse canadienne que « nous avons tous les mêmes intérêts ici. L'EIIL est un fléau et nous sommes venus pour aider l'Irak. »

Appels au consensus pour une nouvelle guerre en Irak

Une réunion spéciale du Comité permanent de la Chambre des communes sur les Affaires étrangères et le Développement international a été convoquée le 9 septembre pour informer les députés du déploiement du personnel des Forces canadiennes en Irak, avec la participation des ministres des Affaires étrangères et de la Défense nationale, ainsi que du chef de l'état-major général de la Défense.

Sur les ondes de Radio-Canada le 5 septembre, un représentent du NPD a proposé que « toute nouvelle mission importante soit approuvée par la Chambre ».

On prépare ainsi les conditions pour rallier les Canadiens avec un débat sur comment envahir l'Irak et la Syrie, tout comme on l'a fait en préparation pour la guerre en Irak en 2003. À l'époque, le débat portait sur la participation du Canada à l'invasion « seulement si elle est approuvée par l'ONU ». Les Canadiens avaient rejeté cette fraude et ils vont faire de même aujourd'hui.

Disons Non à l'invasion de l'Irak par le Canada! Défaisons le gouvernement Harper en luttant pour un gouvernement antiguerre!

Le gouvernement Harper parle ouvertement de quels gouvernements il veut et ne veut pas dans tel ou tel pays, comme si le peuples de ces pays n'avaient aucune importance et aucun droit de décider de leur avenir et du gouvernement qu'ils veulent. À leur très grande honte, les partis de l'opposition donnent un verni d'« appui non partisan de tous les Canadiens » malgré toutes les indications du contraire. C'est conséquent avec leur mépris total pour le corps politique ici au Canada également.

Les Canadiens ont besoin d'une nouvelle constitution, une constitution moderne qui interdit que les forces armées canadiennes servent à des fins d'agression, ce qui veut dire entre autres le retrait immédiat de l'OTAN. Le Canada a besoin d'un gouvernement antiguerre qui défend une position indépendante qui contribue à la paix dans le monde et qui s'oppose à l'usage de la force dans les affaires internationales. Il faut défaire le gouvernement Harper si l'on veut que le Canada puisse contribuer à la paix dans le monde.

La défaite du gouvernement Harper ne veut pas dire voter différemment, cela veut dire défaire les politiques de guerre et de militarisation de l'économie et de la culture dont le gouvernement Harper est le champion. Les Canadiens ne veulent pas une version plus aimable du gouvernement pro-guerre, pro-occupation et pro-militarisation. Ils veulent un Canada indépendant qui n'est pas lié à la machine de guerre des États-Unis et à leurs desseins guerriers. Ils veulent un gouvernement qui défend les normes du droit international comme principe, pas comme un choix. Ils veulent un gouvernement qui bâtit des rapports d'amitié entre et parmi les peuples du monde, pas qui divise le monde entre « le bien et le mal ».

La conception coloniale du gouvernement Harper divise le monde entre les forces du « bien » et les forces du « mal », entre ceux qui sont pour la « liberté » et ceux qui sont contre. Cela mène à la destruction de l'humanité. Les Canadiens sont censés se rallier derrière les forces de la « liberté » et accepter le massacre des forces du « mal ». L'objectif du gouvernement Harper est d'amener les Canadiens à renoncer à leurs principes contre la guerre et à abandonner toute idée de s'organiser de façon indépendante pour qu'ils soient passifs face à la destruction de toutes les normes nationales et internationales de comportement civilisé.

Les peuples du monde représentent une seule humanité qui aspire à la paix et à l'amitié. L'image que peint le gouvernement Harper d'un monde divisé entre l'extrémisme islamique et le reste du monde, ou entre d'une part la Chine et la Russie et de l'autre « le monde libre », sert à cacher que ce sont les États-Unis qui représentent la menace à la paix et à la liberté dans le monde avec leur ingérence dans les affaires des peuples, avec leurs invasions de pays souverains et leurs assassinats télécommandés par drones.

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Piquetage contre le Festival culturel militaire
dans le Vieux Port de Montréal


Piquetage contre le Festival culturel militaire dans le Vieux Port de Montréal le 13 septembre 2014

Les 13 et 14 septembre, le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) a organisé une ligne de piquetage contre le 3e Festival culturel militaire de Montréal. Le festival est un instrument de désinformation sur les questions de la guerre et de la paix. Par exemple, il essaie d'établir une égalité entre la Première Guerre mondiale qui a été une boucherie organisée par les impérialistes et la lutte contre le fascisme et le nazisme lors de la Deuxième Guerre mondiale. Il fait aussi la promotion des invasions perpétrées par les États-Unis avec l'aide de pays comme le Canada, comme l'invasion de l'Afghanistan, qui était un des thèmes de l'événement cette année.

Le festival se tenait cette année dans le cadre de l'intensification de l'hystérie de guerre sur une échelle sans précédent avec le discours du 10 septembre d'Obama qui a dit entre autres choses que les États-Unis vont maintenant bombarder la Syrie et poursuivre les bombardements contre l'Irak et provoquer la mort et la destruction dans tous les pays qui refusent de se soumettre à leur diktat.

La ligne de piquetage a reçu beaucoup d'appui des gens qui entraient et sortaient du Vieux Port, dont bon nombre étaient des touristes de nombreux pays, la France, les États-Unis, le Chili, la Colombie et plusieurs autres. « Je suis du Chili et mon ami est de Colombie et nous avons vécu directement ce que cela veut dire que les États-Unis s'ingèrent dans la vie des autres pays au nom de la démocratie. » Il y a 41 ans le 11 septembre, les États-Unis ont organisé un coup d'État sanglant pour renverser le gouvernement de Salvador Allende au Chili, tout cela au nom de la lutte contre le communisme. Le coup d'État qui a mis au pouvoir la dictature de Pinochet a fait des milliers de morts et de disparus parmi les Chiliens. Toute l'Amérique latine a été soumise à cette subversion meurtrière des États-Unis dans le cadre de l'Opération Condor. Les Chiliens et le monde entier n'ont pas oublié.

Plusieurs jeunes des États-Unis ont exprimé leur ferme opposition au discours d'Obama, disant que cela ne va qu'accroître tous les problèmes auxquels les peuples font face, y compris le peuple américain. Un jeune cadet s'est dit très préoccupé par l'ingérence américaine en Ukraine et dit qu'à son avis porter l'activité de l'OTAN jusqu'en Ukraine, c'est de la provocation.

Les Canadiens réservaient leurs commentaires les plus acerbes au gouvernement Harper fauteur de guerre. C'est un gouvernement qui aime la guerre et l'agression et est celui qui crie le plus fort et avant tous les autres quand il est question d'attaquer un autre pays, ont dit des passants. Se débarrasser de ce gouvernement revenait dans toutes les conversations.

Un Français s'est dit outré de voir que la France attaque ses anciennes colonies et se met sur un pied de guerre elle aussi et il a dit que selon lui c'est une façon de détourner l'attention des problèmes que le peuple connaît en France même. « Qu'est-ce que la France a à offrir aujourd'hui à ces gens qui migrent chez nous pour se faire une vie ? Rien, rien que la misère et une économie dans le plus mauvais était possible. »

Le sentiment général exprimé par tant de gens est que des actions comme ce piquetage sont importantes parce que les médias présentent une image déformée de la réalité, ils essaient de faire croire que les peuples appuient ces guerres d'agression et d'occupation, ce qui n'est pas vrai. Comment influencer la situation alors que les gouvernements, qui sont ceux qui devraient faire preuve de réflexion et de justice, s'engagent à pieds joints dans la guerre et ne discutent même pas avec leur peuple ? — telle était la question que plusieurs soulevaient en exprimant leur appui à l'action organisée à l'initiative du PMLQ.

(Tiré de Chantier politique)

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