Le Marxiste-Léniniste

Numéro 109 - 15 septembre 2014

Grève des enseignants de Colombie-Britannique

La lutte des enseignants doit être gagnée
par un grand effort de tout le monde

Grève des enseignants de Colombie-Britannique
La lutte des enseignants doit être gagnée par un grand effort de tout le monde

Proclamation d'un nouveau premier ministre en Alberta
Les Albertains doivent continuer de s'organiser pour défaire le programme néolibéral, antisocial et antitravailleur des riches
Jim Prentice: champion des États-Unis des Monopoles d'Amérique du Nord - Peggy Morton

Anniversaire de la « loi donnant priorité aux élèves » en Ontario
Les enseignants réaffirment que leurs droits ne sont pas des privilèges!
Les enseignants de l'éducation entament des négociations 
Un nouveau numéro de Justice pour les travailleurs accidentés 


Grève des enseignants de Colombie-Britannique

La lutte des enseignants doit être gagnée
par un grand effort de tout le monde

Le 10 septembre, les enseignants de la Colombie-Britannique ont voté en faveur de la proposition mise de l'avant par la direction du syndicat, à savoir qu'ils mettront fin à leur grève si le gouvernement accepte l'arbitrage exécutoire sur les questions en litige qui ne sont pas devant les tribunaux. Le fait que le gouvernement libéral ait immédiatement rejeté l'offre de la Fédération des enseignants de la Colombie-Britannique (BCTF) montre bien dans quelle situation difficile se trouvent les Britanno-Colombiens et quel courage il faudra pour surmonter le plan de destruction nationale des néolibéraux.

Tout juste avant le vote, le ministre de l'Éducation Peter Fassbender a émis un communiqué dans lequel il rejetait l'offre en disant agir suivant les conseils de Peter Cameron, son négociateur en chef auprès de l'Association des employeurs des écoles publiques de la Colombie-Britannique. Cameron a été nommé à ce poste par le gouvernement libéral en 2013 et il remplace le comité de négociation qui existait. Sa nomination et tout ce qui s'est produit depuis montrent que les associations d'employeurs du secteur public créées dans les années 1990 pour faciliter les négociations collectives n'ont plus de rôle à jouer. Leur élimination révèle la conception que le gouvernement a de la négociation, soit un diktat exécutif sur les conditions de base des conventions collectives dans le secteur public.

Le gouvernement ne reconnaît pas le droit des travailleurs de négocier leurs salaires et conditions de travail, qu'il réduit continuellement. L'objectif néolibéral est de réaliser le programme antisocial que réclament les riches, c'est-à-dire éroder les programmes sociaux, y compris l'éducation, la santé et l'aide aux plus vulnérables, et baisser le niveau de vie de l'ensemble de la classe ouvrière, pour transférer une partie toujours plus grande de la richesse collective dans leurs poches.

Cette offensive est suivie de la privatisation de programmes sociaux aussi fondamentaux que les centres de soins pour les aînés, les programmes pour les personnes handicapées et même l'éducation. L'élimination du plus important programme d'enseignement de l'anglais langue seconde de l'ouest canadien, celui du Vancouver Community College, est l'expression brutale de cette tendance régressive.

Les libéraux veulent soumettre la province à la conception médiévale de société où chacun doit pourvoir à ses besoins lui-même, où la société n'existe pas. Le syndicat des enseignants et les autres syndicats du secteur public affrontent courageusement cette offensive et c'est pourquoi le gouvernement libéral utilise tous les moyens à sa disposition pour les éliminer en tant qu'organisations de défense de la classe ouvrière, comme institutions nécessaires pour défendre l'intérêt général de la société en opposition à l'égoïsme et aux préoccupations centrées sur eux-mêmes des riches.

La résistance des enseignants de la Colombie-Britannique, leur brave déclaration qu'ils ne se soumettront pas au diktat qui dégrade leurs conditions de travail et les conditions d'apprentissage de leurs étudiants, donne de l'espoir à ceux qui veulent le progrès de la société et crée des difficultés pour le gouvernement libéral. La conviction inébranlable des enseignants que leur cause est juste et essentielle pour le fonctionnement d'une société humaine et moderne leur a gagné l'appui de nombreux parents, grands-parents, étudiants, travailleurs de tous les secteurs et gens de tous les milieux. Et cela éveille tout le monde à la nécessité de s'organiser pour résister à l'offensive néolibérale.

Le ministre Fassbender dit que l'offre du syndicat des enseignants de soumettre à l'arbitrage obligatoire toutes les questions en litige sauf celles devant les tribunaux « n'est pas sérieuse » et que le syndicat savait qu'elle ne serait pas acceptée. L'offre est pourtant très sérieuse. En offrant de soumettre les questions fondamentales à l'arbitrage obligatoire, la BCTF prend le gouvernement au mot et propose une voie honorable pour retourner en classe.

Le ministre dit que le syndicat essaie d'imposer des « préconditions » et que « les préconditions ne sont pas acceptables ». Pour lui le sens des mots n'a pas d'importance. Il est membre d'un gouvernement qui ne fait rien d'autre que d'imposer des préconditions. C'est par son obstination à imposer des préconditions qu'il a poussé les enseignants à déclencher la grève. Avant même de commencer le processus de médiation, il a insisté pour que le syndicat accepte la proposition E80, une cause qui aurait pour effet d'annuler en pratique la victoire que les enseignants ont remportée devant les tribunaux en 2011 sur la question du nombre d'élèves par classe et de la composition des classes.

Ce que le ministre entend quand il parle de préconditions, c'est que le gouvernement peut imposer des préconditions et refuser de négocier si ses préconditions ne sont pas acceptées, mais il n'a pas à tenir compte des opinions des enseignants sur leurs conditions de travail et les conditions d'enseignement.

L'obstination du gouvernement libéral à poursuivre sur la voie de la destruction de l'éducation publique et des autres fondements de l'État-nation a provoqué une grande opposition et une volonté populaire de défendre non seulement l'éducation publique mais la société elle-même. Des actions sont prévues dans les jours qui viennent à la défense des enseignants et de l'éducation publique partout dans la province. Plus que jamais, le mouvement ouvrier, les parents, les alliés de tous les secteurs de la société doivent participer à cet effort avec encore plus de vigueur et de détermination et faire savoir clairement au gouvernement libéral que la destruction de la société n'est pas acceptable et doit être vaincue !



Proclamation d'un nouveau premier ministre en Alberta

Les Albertains doivent continuer de s'organiser
pour défaire le programme néolibéral, antisocial
et antitravailleur des riches


L'élite au pouvoir a proclamé Jim Prentice premier ministre désigné de l'Alberta suite à sa victoire dans la course à la chefferie des progressistes-conservateurs (PC) provinciaux le 6 septembre. Lors du scrutin, auquel 23 396 membres du parti ont participé, Prentice a reçu 17 963 votes, soit environ 77 % du nombre total des voix, suivi par le député de Calgary Ric McIver avec 2742 votes et le député d'Edmonton Thomas Lukaszuk avec 2681 votes. C'est le taux de participation le plus faible depuis que les progressistes-conservateurs ont remplacé le congrès d'investiture par une vote ouvert à toute personne qui devient membre du parti. Le nombre de participants est en fait plus bas que ne le prévoyaient les pires prédictions des médias monopolisés.

Cette nomination du nouveau premier ministre arrive après une année où les travailleurs ont été des plus actifs à s'organiser pour défendre leurs droits et les droits de tous. Les travailleurs du secteur public et leurs syndicats ont été le fer de lance de la campagne à la défense des pensions et pour le droit à la sécurité à la retraite pour tous. Les travailleurs et leurs alliés ont tenu bon contre l'attaque brutale du gouvernement conservateur de Redford par le biais des lois 45 et 46 qui visent à imposer par la force leurs conventions collectives aux travailleurs de la fonction publique. Cette action du gouvernement de recourir à la force plutôt que de négocier s'est heurtée à une vive résistance et détermination pour faire échec à cet assaut contre les droits de tous. Les Premières Nations ont livré une lutte déterminée pour défendre leurs droits ancestraux, issus de traités et constitutionnels et ont demandé l'abrogation de la Loi 22, la Loi instaurant un impôt sur la consultation autochtone, qui nie le droit des Premières Nations à exercer un contrôle sur leurs terres des réserves. Les travailleurs de plusieurs secteurs se sont opposés à la destruction des programmes sociaux et en appui aux plus vulnérables, contre les attaques aux soins de santé et à l'éducation.

L'année écoulée n'a laissé aucun doute que la bataille pour l'Alberta et le Canada est bien enclenchée, une bataille pour défendre les droits de tous, pour investir le peuple du pouvoir et pour le renouveau démocratique qui permettra aux travailleurs d'établir une nouvelle direction pour l'économie et d'exercer leur contrôle sur les questions sociales et politiques qui affectent leur vie.

La course à la chefferie des progressistes-conservateurs s'est tenue dans le monde intéressé de l'élite dirigeante, un monde centré sur le capital qui ne reconnaît d'autre droit que le droit de monopole. Les efforts qu'on voyait lors des courses précédentes à la chefferie pour donner une certaine légitimité au couronnement du nouveau premier ministre ont été essentiellement abandonnés, ce qui montre à quel point le processus actuel est discrédité et fini. Le Parti progressiste-conservateur de l'Alberta n'a fait pratiquement aucun effort pour impliquer les Albertains dans la course à la chefferie contrairement à la précédente où on a même dit que les travailleurs avaient formé une coalition avec Redford et où beaucoup de pression a été faite sur les travailleurs pour qu'ils essaient de défendre leurs intérêts en participant à cette affaire sordide des riches.

Cette fois-ci, on a cherché à mettre au pouvoir le plus discrètement possible un premier ministre qui, le souhaite l'élite au pouvoir, sera mieux apte à faire avancer l'ordre du jour des monopoles du pétrole et du gaz et des banques avec lesquels ils sont fusionnés. Les monopoles qui ont de grands intérêts dans les sables bitumineux ainsi que dans le gaz et le pétrole de schiste en Colombie-Britannique et en Alberta ont donné l'avertissement que les gouvernements doivent tout faire pour désarmer l'opposition populaire et réaliser leurs demandes. Ces projets incluent les pipelines qui transporteront le bitume vers la côte ouest puis vers l'Asie et les terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) qui exporteront le GNL vers l'Asie.

Le manque de légitimité de cette proclamation d'un premier ministre est très évident et doit être dénoncé par tous. On n'a pas à attendre de voir ce que le premier ministre désigné Prentice a en réserve pour l'Alberta. Le programme des progressistes-conservateurs et de Wildrose est violemment antisocial, antiouvrier et anti-immigrant. Il ne dépend pas de qui devient premier ministre ou de quelles déclarations ils font. Ils sont prêts à commettre tous les crimes possibles pour servir leurs maîtres monopolistes. Le changement de premiers ministres et même de partis au pouvoir, que ce soit les progressistes- conservateurs ou Wildrose, vise à masquer la prise de contrôle totale du gouvernement par les monopoles les plus puissants, à obscurcir les relations désuètes de production et la destruction d'une autorité publique qui devrait en fait être réorganisée pour servir l'intérêt public sur une nouvelle base, laquelle exige qu'on empêche les monopoles de tailler la société en pièces.

Seuls les travailleurs sont capables de donner naissance au nouveau c'est-à-dire d'investir le peuple du pouvoir et de s'engager dans le renouveau démocratique afin que les élections deviennent un moyen de transformer la volonté populaire en une volonté juridique.

La lutte pour le renouveau démocratique du processus politique est un élément central du travail pour arrêter la destruction et l'intégration du Canada aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord et ses guerres de conquête constantes. Le moment est venu de s'organiser pour défaire le programme néolibéral, antisocial, antitravailleur et anti-immigrant des riches ! C'est le temps maintenant que le programme prosocial des travailleurs occupe le devant de la scène !

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Jim Prentice: champion des États-Unis
des Monopoles d'Amérique du Nord

C'est sans compétition véritable que Jim Prentice a battu les autres prétendants à la chefferie du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta dans une course dont le résultat avait été décidé dès le premier jour. Il a été élu premier ministre désigné sans un siège à l'Assemblée législative et avec seulement 17 000 voix dans une province où la population atteint 4 millions cette année. Son discours d'acceptation a été ponctué des platitudes habituelles, que l'Alberta est grandiose, que son travail est de rétablir la confiance des Albertains envers le Parti progressiste-conservateur, un projet qui peut seulement être entrepris par la fraude.

Prentice s'est bien gardé de dévoiler son jeu pendant la course à la direction, mais comme vice-directeur sénior et vice-président de la Banque CIBC, il a été un conférencier des plus prolifiques, rencontrant nombre de fois l'élite politique et économique de même que les Premières Nations.

En tant que haut dirigeant de la Banque CIBC, il a agressivement promu l'annexion du Canada aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord. Il a présenté les préoccupations et les problèmes des propriétaires du capital monopoliste qui exigent de gros retours découlant de l'expansion continue de l'exploitation des sables bitumineux et du gaz naturel. Il a parlé ouvertement de ce que les monopoles attendent des gouvernements et de la machine de l'État. Comme premier ministre désigné, il est maintenant prêt à livrer la marchandise et mettre l'appareil d'État de l'Alberta pleinement à leur service pour mener le combat pour leurs intérêts privés étroits.

Prentice ne peut pas concevoir une alternative pour le Canada, si ce n'est que la perte totale de la souveraineté. Il ne voit pas d'avenir pour le Canada, pas d'alternative à l'intégration totale du Canada aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord, où l'énergie et son transport vers les marchés demeurent le facteur le plus important. Il prône le « génie » de l'Accord de libre-échange et l'Accord de libre-échange nord-américain, un « génie » qui, malheureusement, a été miné, dit-il, par l'administration Obama et certaines forces au Canada. Il cite à titre d'exemples négatifs la non-approbation de Keystone XL et les normes d'émission de carbone aux niveaux local et national des États-Unis visant à bloquer le pétrole des sables bitumineux.

Prentice représente le programme dans lequel la totalité des êtres humains et des actifs matériels du gouvernement ainsi que d'autres composantes de l'État sont mobilisés pour lutter pour un nouveau partage du monde en faveur des intérêts privés étroits des monopoles nord-américains. Il dit que le libre-échange est « le commerce basé sur l'avantage mutuel ».

Comment le libre-échange sous les monopoles peut-il être du commerce à avantage mutuel ? Le libre-échange sous la domination des plus puissants monopoles mondiaux n'a jamais été pour l'avantage mutuel, mais pour la domination et l'exploitation mondiale. Il ne conduit pas à l'avantage mutuel entre les nations mais à l'agression et la guerre, comme on peut le voir en ce moment avec la menace directe d'une autre guerre mondiale cataclysmique pour la redistribution des territoires et des zones stratégiques d'influence, des matières premières, du travail à rabais et des zones pour l'exportation et l'importation des capitaux. Pour que le commerce soit mutuellement avantageux, il doit conduire au développement concerté de tous les partenaires commerciaux et non à leur exploitation et leur dépossession.

Un nombre croissant de Canadiens s'organisent pour priver les monopoles mondiaux de leur règne du libre-échange et du droit de monopole pour exploiter la classe ouvrière et les ressources naturelles canadiennes de même que celles de tous les autres pays. Les travailleurs de Alberta proviennent de partout au Canada et de partout dans le monde. Collectivement, ils ont une grande expérience de la destruction qui est causée par le droit de monopole. De nombreux travailleurs et leurs familles ont une expérience directe de la destruction de l'industrie manufacturière, de l'industrie forestière, de la pêche, des communautés entières au Canada, et du pillage et de la destruction des nations et des pays partout dans le monde par les monopoles.

Il y a une alternative ! Une nouvelle direction pour l'économie peut être organisée, une direction d'autosuffisance économique fondée sur la reconnaissance des droits de tous, l'humanisation de l'environnement social et naturel, et la coopération dans le commerce international sur une base véritable d'avantage mutuel et non de concurrence inter-impérialiste menant à la destruction mutuelle.

Le point de départ de l'opposition ouvrière est un projet d'édification nationale pour développer une base économique canadienne souveraine, autosuffisante et indépendante, ce qui limite le droit de monopole et garantit le bien-être et les droits humains. Une autorité publique doit jouer un rôle central dans la promotion du commerce coopératif pour le développement et l'avantage mutuels, et priver les monopoles mondiaux de la capacité de s'ingérer dans les affaires économiques et politiques souveraines des peuples du monde en commençant par notre propre pays et notre province.

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Anniversaire de la « Loi donnant priorité aux élèves » en Ontario

Les enseignants réaffirment que leurs droits
ne sont pas des privilèges


Immédiatement après l'adoption de la loi 115 le 11 septembre 2012, des travailleurs partout en Ontario ont organisé des
actions pour affirmer les droits des enseignants. Ci-dessus: à Waterdown, près de Hamilton, les enseignants et travailleurs
de l'éducation, en compagnie de métallos, de pompiers et de travailleurs accidentés manifestent devant le bureau
du député libéral Ted McMeekin.

Le 11 septembre en est venu à souligner plusieurs anniversaires de triste mémoire, en particulier le coup d'État brutal des États-Unis contre le gouvernement élu de Salvador Allende au Chili en 1973, et les attaques contre les tours du World Trade Centre à New York en 2001, suite à quoi les États-Unis ont perpétré les pires actes de terreur d'État contre les peuples d'Afghanistan et d'Irak et contre tous les peuples qui refusent de se soumettre à leur diktat.

Le gouvernement McGuinty a décidé de choisir cette journée pour adopter en 2012 son projet de loi 115 draconien, la Loi donnant priorité aux élèves. Le préambule du projet de loi 115 expose sans ambiguïté les intentions du gouvernement et son besoin de se donner des pouvoirs arbitraires afin de dicter à la classe ouvrière des mesures permettant au gouvernement de siphonner des milliards de dollars du système d'éducation ontarien - plus particulièrement à même les salaires des enseignants et des travailleurs de l'éducation et la détérioration de leurs conditions de travail. La prémisse du projet de loi était qu'afin de sauver l'Ontario et d'atteindre la prospérité, même les droits de négociation collective, aussi limités soient-ils, établis en tant que partie intégrante du contrat social d'après-guerre visant à établir la paix syndicale, devaient être détruits puisque les mécanismes prévus par ces arrangements empêchaient le gouvernement d'imposer sa volonté. L'obstacle venait donc du fait que les travailleurs pouvaient affirmer leur droit de dire Non ! Avec l'adoption du projet de loi 115, la résistance des travailleurs à la violation de leurs droits a été rendue illégale de diverses façons, par exemple en rendant la participation à des activités strictement volontaires, comme les activités parascolaires, sujettes aux ordres du gouvernement.

Autrement dit, le gouvernement a prétendu que les droits des travailleurs représentaient un obstacle à la prospérité de la province et que ces droits devaient être attaqués tout en empêchant le droit d'appel ainsi que tout recours à la Charte canadienne des droits et libertés, au Tribunal des droits de la personne de l'Ontario et à la Commission des relations de travail.

C'est cette même logique qui anime le gouvernement Wynne aujourd'hui lorsque celui-ci traite des travailleurs accidentés, alors que leur droit à une compensation est devenu sujet à la capacité des employeurs de verser des cotisations au système de compensation des travailleurs. Selon cette logique, les travailleurs n'ont pas le droit à la compensation suite à un accident de travail, mais seulement à des privilèges qui peuvent être accordés ou retirés selon la bonne volonté des individus triés sur le volet par le gouvernement pour couper dans ce qui appartient aux travailleurs, comme ces individus choisis par les libéraux pour gérer le Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail de l'Ontario.

En ce 11 septembre, le Ontatio Political Forum rejette la notion à l'effet que les droits du peuple ne sont que des privilèges que l'État peut accorder ou retirer à volonté. Une notion des droits aussi médiévale et vétuste est mise de l'avant afin de justifier que les pires crimes peuvent être commis contre le peuple en toute impunité. Une définition moderne des droits est fondée sur le principe selon lequel les droits appartiennent au peuple du fait que chacun est un être humain et que les droits de chacun ne peuvent être accordés ou retirés. Une définition moderne des droits telle qu'enchâssée dans une nouvelle constitution moderne exigerait du gouvernement que sa seule et unique vocation est d'affirmer les droits du peuple à un système de santé, à l'éducation, à un moyen de subsistance et à la sécurité sans que celui-ci ne craigne quelque persécution que ce soit. La lutte pour affirmer ces droits doit aboutir à une nouvelle constitution moderne qui enchâsse avec rigueur ces droits, plutôt que de les rendre sujets à des critères arbitraires tels que celui des « limites raisonnables » invoqués par les gouvernements afin de justifier n'importe quel crime pour ensuite avoir recours aux tribunaux pour se donner un semblant de légitimité.

Aujourd'hui, il faut affirmer avec audace la défense des droits de tous et rejeter tous les raisonnements frauduleux à l'effet que les problèmes peuvent être réglés autrement que par cette affirmation des droits.

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Les enseignants du secondaire
entament des négociations

La Fédération des enseignants et enseignantes du secondaire de l'Ontario tient des réunions et des votes de grève partout dans la province. Deux votes de grève, l'un pour autoriser le recours à la grève si nécessaire sur des questions discutées à la table centrale avec le gouvernement et les représentants provinciaux des commissions scolaires, et l'autre sur des questions de négociations locales avec les commissions scolaires respectives. Cette question de ce qui est discuté centralement aux tables et ce qui l'est localement est présentement en discussion entre l'équipe de négociation de la fédération syndicale et le gouvernement et l'employeur. Elle provient de la nouvelle loi du gouvernement Wynne, la Loi de 2014 sur la négociation collective dans les conseils scolaires. En vertu de la loi, ce qui appartient à la négociation provinciale et locale doit être déterminé par la négociation entre les parties avant que puisse commencer quelque négociation que ce soit sur les clauses des conventions.

Les enseignants ont pu voir de leurs propres yeux à quel point l’ordre du jour du gouvernement Wynne d’imposer l’austérité se poursuit lorsqu’ils ont reçu leur premier chèque de paie en septembre. Le gouvernement a retenu la moitié des fonds dont avaient besoin les commissions scolaires pour couvrir les progressions de leurs échelles salariales et les enseignants qui n’en sont pas à leur échelle maximum devaient toucher ces augmentations en septembre ce qui n’a pas été le cas. Cela veut dire une autre moitié d’année de coupures salariales pour bon nombre d’enseignants. Tout ceci est contraire à l’entente que les enseignants disent avoir conclue avec le gouvernement ontarien à l’effet que les coupes prévues dans la loi 115 maintenant retirée devaient cesser au 31 août 2014, que la « période de restrictions » était maintenant terminée. 

Nul doute que le gouvernement retient ces fonds, qui pourraient permettre aux nouveaux enseignants et employés de soutien de monter dans l’échelle salariale, comme une arme de négociation qui lui permette de dire qu’il n’a pas de « nouvel argent » à mettre et que celui-ci sera mis à la disposition des enseignants et employés seulement si ceux-ci signent une convention qui est du goût du gouvernement.

Le chantage n'a plus de fin et doit être rejeté par les enseignants et les travailleurs de l'éducation. Il faut continuer de dire Non ! à toutes les tentatives du gouvernement Wynne de faire accepter son programme d'austérité illégitime et ses effets néfastes sur l'éducation publique.

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Un nouveau numéro de
Justice pour les travailleurs accidentés


Le plus récent numéro du journal Justice pour les travailleurs accidentés est maintenant disponible et a déjà été distribué dans plusieurs coins de l'Ontario lors des marches de la Fête du Travail et à d'autres événements.

Dans ce numéro on trouve des reportages sur les diverses actions entreprises par les groupes de travailleurs accidentés partout dans la province, comme celle tenue le premier juin, Journée des travailleurs accidentés, qui tiennent le gouvernement Wynne responsable de la destruction du système de compensation et du mauvais traitement des travailleurs accidentés par la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail de l'Ontario et par le ministère du Travail de l'Ontario. Toutes les actions tenues depuis les élections ontariennes indiquent que les travailleurs accidentés défendent leurs droits de façon proactive et sont de toutes les luttes où les travailleurs et le peuple s'opposent à l'ordre du jour d'austérité, défendant les droits de tous. Les commentaires émis par des fonctionnaires ayant travaillé à la commission et par le mouvement syndical confirment que le gouvernement Wynne n'a pas mis fin aux attaques contre le système de compensation malgré ses prétentions à l'effet que son gouvernement est plus progressiste. En fait, on a annoncé tout récemment que le gouvernement Wynne avait gelé les cotisations de l'employeur au régime de compensation même s'il prétend que le régime est sous-financé. Le nouveau numéro s'adresse spécifiquement à cette question. Pendant ce temps, les travailleurs accidentés sont de plus en plus harcelés par des agents privés à la solde de la commission dans le but de les criminaliser et de couper leurs prestations de compensation.

Justice pour les travailleurs accidentés explique que certaines des récentes attaques contre les droits des travailleurs accidentés sont partie intégrante des nouvelles politiques en matière de compensation qu'on applique de façon illégale depuis quatre ans. De plus en plus, les réclamations des travailleurs sont rejetées et leurs prestations coupées, ce qui aggrave leur situation et celles de leurs familles. Par exemple, certaines incapacités de travailler liées au travail sont maintenant attribuées à des « conditions préexistantes » ou à des conditions asymptomatiques et non-diagnostiquées antérieurement, dont des symptômes liés au processus normal de vieillissement, le tout dans le but de priver les travailleurs accidentés de leurs prestations.

Face à ces activités hostiles du gouvernement Wynne et de la commission des accidentés du travail envers les travailleurs accidentés et leur revendication à une juste compensation, ce nouveau numéro montre l'importance de bâtir un Fonds d'action juridique et lance l'appel à participer à la campagne visant à amasser des pièces de un et de deux dollars pour contribuer au fonds. C'est une initiative importante visant à contrer les attaques contre les travailleurs accidentés par la commission des accidentés du travail ainsi que ses politiques injustes et visant aussi à populariser au maximum la lutte des travailleurs accidentés pour que justice soit faite.

Ce nouveau numéro du journal prend en main la tâche importante d'unir toutes les forces et de contrer la destruction du système de compensation des travailleurs. Salut aux travailleurs accidentés et à leurs organisations pour leur détermination à fournir aux travailleurs accidentés et à tous les travailleurs toute l'information voulue au sujet des plus récentes attaques contre leurs droits.

Pour commander Justice pour les travailleurs accidentés, contacter :

Eugène Lefrançois - téléphone : (807) 767-7827 courriel : munso@tbaytel.net

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