Le Marxiste-Léniniste

Numéro 100 - 18 août 2014

Anniversaires historiques

Les célébrations du mois d'août

Anniversaires historiques
Les célébrations du mois d'août
Les accomplissements du Parti - Hardial Bains
La tactique du PCC(M-L) dans la période de recul de la révolution
Organiser signifie rendre le peuple conscient de la tâche décisive comme condition de la victoire


Anniversaires historiques

Les célébrations du mois d'août


Hardial Bains
1939 - 1997

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) célèbre plusieurs anniversaires en août. Le Parti profite de l'occasion chaque année pour faire une pause et revoir ses réalisations, raviver l'impulsion révolutionnaire qui guide son travail et célébrer l'esprit profondément révolutionnaire et de démocratie de masse qui imprègne toute son activité.

Un des anniversaires importants qu'il marque chaque année est celui de la rencontre historique tenue à Chertsey, Québec, du 15 au 19 août 1989. Il y a 25 ans, le monde était à veille d'être entraîné dans un recul de la révolution avec l'effondrement de l'Union soviétique et des régimes d'Europe de l'Est. La rencontre de Chertsey affirma l'orientation adoptée par le Parti cinq ans auparavant qu'aucun individu, aucun collectif et aucune force sociale ne pouvait désormais agir comme avant et que tous devaient trouver leur orientation dans les conditions nouvelles du recul de la révolution. À Chertsey, au nom du Parti, son dirigeant Hardial Bains réaffirma le caractère du PCC(M-L) d'aller de l'avant courageusement dans toutes les conditions et circonstances, comme il l'avait toujours fait, quelles que soient les trahisons et les perfidies. Le PCC(M-L) a toujours montré ses convictions par ses actes, ses préparatifs constants pour diriger et sa détermination à défendre la ligne marxiste-léniniste, avait déclaré le camarade Bains.

Pour plus d'information sur la signification de la rencontre de Chertsey,  cliquer ici.

Le 15 août marque également l'anniversaire de la Conférence historique « Nécessité de changement » tenue à Londres il y a 47 ans. L'analyse « Nécessité d'un changement » de cette conférence est le fondement du PCC(M-L). Elle part d'une offensive résolue et totale contre la subversion idéologique et le blocage par les formes sociales. Elle le fait en lançant l'appel le plus révolutionnaire qui soit : « La compréhension nécessite un acte de participation consciente de l'individu, l'acte de découvrir », plaçant l'action au premier plan et la compréhension à son service.

Cette analyse ouvrit la voie au mouvement de la jeunesse et des étudiants de l'époque, lui permettant de devenir un digne contingent du mouvement communiste et ouvrier. Cela mena à la réorganisation des Internationalistes, fondé par Hardial Bains à l'Université de Colombie-Britannique le 13 mars 1963, comme mouvement marxiste-léniniste de la jeunesse et des étudiants, le précurseur du PCC(M-L).


Affiche de la Conférence «Nécessité de
changement» de 1967

Les célébrations d'août incluent l'étude et la discussion de l'analyse Nécessité de changement, ainsi que d'autres discours et écrits de Hardial Bains. Le but est d'élaborer le communisme moderne pour permettre aux travailleurs avancés de se donner des guides à l'action, comme façon pratique d'avancer dans toutes les conditions et en toute circonstance. Le programme vise aussi à permettre à la jeunesse de développer le mouvement pour les idées éclairées, dont eux et la société ont besoin pour se bâtir un brillant avenir. Ceux et celles qui entreprennent l'étude et la discussion de la Nécessité de changement et du communisme moderne le font comme une tâche pratique. Pour ouvrir la voie au progrès de la société, il faut une théorie avancée qui illumine la voie vers l'avant dans la situation complexe que nous vivons aujourd'hui.

En août, le PCC(M-L) organise des activités spéciales pour discuter de la signification de ces événements ainsi que d'autres événements qui, depuis 1963, ont fait du PCC(M-L) le type de Parti qu'il est aujourd'hui. Cette année cela comprend un Concert commémoratif au Monument du Parti au cimetière Beechwood en hommage à la mémoire de Hardial Bains, dont c'est le 75e anniversaire de naissance, et de tous nos camarades disparus. Une autre célébration aura lieu pour marquer le 44e anniversaire de la presse du Parti et le 25e anniversaire de la presse de masse du Parti et de la presse sans parti.

En cette occasion, le Comité central transmet ses salutations révolutionnaires à toutes les organisations et tous les camarades du Parti partout au Canada et à tous ceux et celles qui sont engagés dans le travail crucial d'ouvrir la voie au progrès de la société. Partout au pays les membres et activistes du Parti se préparent pour les batailles à venir, confiants dans la voie du Parti. Jamais leur contribution à l'effort pour faire de nouvelles percées ne sera aussi importante. Jamais ont-ils été mieux servis par le modèle établi par le PCC(M-L) et son dirigeant Hardial Bains qui déclarait :

Nous sommes nos propres modèles !
Montrons la couleur révolutionnaire du Parti par nos actes !

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Les accomplissements du Parti



Nous reproduisons un extrait du discours « Cinq ans après Chertsey » prononcé par Hardial Bains à la Seizième Conférence consultative du PCC(M-L) tenue en août 1994.

* * *

Camarades et amis, les accomplissements du Parti présentent d'une façon profonde son essence, ses traits et ses principales caractéristiques.

À partir d'août 1989, dans des conditions très très difficiles, le Parti s'est fixé un programme d'action. Quand on fixe un programme, il y a plusieurs choses à prendre en considération, dont le besoin de marcher au rythme du mouvement ouvrier. Comment avoir un effet dans la classe est le problème qui se pose à tout parti communiste.

Ils ne sont pas rares ceux qui choisissent de fonder leur politique sur des conditions passantes. Notre Parti n'a jamais oublié qu'il est un parti communiste et non pas une secte de propagande ou un groupe d'agitation. Il n'a pas oublié non plus qu'il est marxiste-léniniste et qu'il doit combattre le révisionnisme et l'opportuniste dans toutes les conditions.

Dans les conditions de 1989, le Parti s'est fixé une voie à suivre. Quel était l'aspect décisif ? Il fallait analyser la situation, non pas à partir des conditions passées mais à partir de ce qu'est le Parti aujourd'hui. A-t-il réalisé le plan qu'il s'est fixé en 1989 ? Cela se manifeste-t-il de façon concrète dans le monde réel ? Cela se voit-il dans les conditions actuelles ?

Il est très facile pour un parti communiste de faire la critique de la bourgeoisie. Il est facile aussi de critiquer les collaborateurs de la bourgeoisie. Pourquoi ? Parce que leurs agissements les exposent déjà à la critique de la classe ouvrière. Il n'est pas très difficile d'aller dire aux travailleurs que tel ou tel parti bourgeois est pourri à la moelle. Les travailleurs savent de leur expérience directe qui sont leurs amis et qui sont leurs ennemis. Ainsi, réduire le communisme à de quelconques déclarations à propos des crimes de la bourgeoisie, c'est abandonner le communisme.

Aujourd'hui le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) a entrepris de réaliser un plan grandiose, celui de faire en sorte que les communistes soient responsables envers leurs pairs et le Parti communiste responsable envers sa classe. C'est au mérite du Parti si aujourd'hui en plus de fixer un programme et des tâches pour les communistes, il établit un critère pour déterminer qui est un communiste et qui ne l'est pas.

Le Parti communiste est aux premières lignes du mouvement démocratique du peuple. Sur ce front, ils sont quand même rares ceux qui savent s'orienter à mesure que les problèmes se posent. Beaucoup se laissent au contraire mener par le bout du nez par les événements, mais lorsque le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) parle de son programme pour le renouveau démocratique, il ne fait pas que répondre aux événements. Le Parti ne lance pas ce programme dans le but de se dénicher une position pour lui-même. Le travail de la révolution, le travail de bâtir le socialisme, appartient à la classe ouvrière, pas seulement au Parti.

Comment amener la classe ouvrière à agir, comment amener la classe ouvrière à se rendre compte que dans son propre mouvement il y a des obstacles et reconnaître ce qu'ils sont et comment les surmonter. Voilà la tâche du Parti. Le Parti a établi que la tâche n'est pas d'analyser les attitudes ou les activités de tel ou tel bureaucrate, tel ou tel aristocrate syndical ou mauvais politicien, mais de mettre au point les formes d'organisation qui peuvent devenir des instruments aux mains de la classe ouvrière pour réaliser ses objectifs. Ce n'est pas la tâche du PCC(M-L) de prêcher le catéchisme. Le PCC(M-L) a un devoir envers sa classe. En tant qu'avant-garde de la classe, il doit être la plus haute expression des intérêts de la classe dans les domaines de l'organisation, de l'action politique, de la théorie et de l'idéologie.

Beaucoup de groupes ou de personnes croient que le but de la lutte idéologique est de prouver que l'adversaire est dans l'erreur. Pour la classe ouvrière le but de la lutte idéologique est de s'armer des idées et des formes de conscience qui l'aideront à bâtir un système par la révolution, qui l'aideront à protéger ce système dans toutes les conditions et en toute circonstance. Et ces idées ne peuvent provenir que de la classe elle-même. Elles ne peuvent provenir que de l'action des larges masses de la classe ouvrière. Elles ne sont pas l'apanage de l'avant-garde, elles ne sont pas des idées conçues dans un bureau en quelque part, détaché de la classe.

La masse de la classe ouvrière est très négligée. Elle est négligée à cause surtout d'une conception erronée de ce qu'est l'avant-garde, de l'idée que tant qu'il y aura des fins parleurs qui peuvent faire des discours sur les objectifs ultimes de la classe ouvrière ou de la théorie, alors tout est bien. Ce n'est pas ainsi que ça fonctionne, parce qu'aujourd'hui l'origine de ces idées qui peuvent être utiles sur la grande voie de la civilisation, c'est la classe ouvrière.

Comme je le disais, la bourgeoisie a abandonné le domaine des sciences et au cours du dernier quart de siècle il s'est produit sur ce front une régression formidable. Notre Parti ne sous-estime pas le besoin de scientifiques professionnels, mais ces scientifiques doivent se soumettre aux exigences de la classe dans les conditions actuelles et dans toutes les conditions. Aujourd'hui, la classe ouvrière est accablée par toutes sortes de fausses théories, comme celles voulant que le problème est que les gens ont une « mauvaise attitude ». C'est la faute des scientifiques professionnels qui restent silencieux devant ce genre d'inepties.

Ce qui se passe dans le domaine de l'éducation et de la santé, dans le domaine de la culture et ainsi de suite, tout cela intéresse la classe ouvrière. Déclarer simplement : « Je suis en faveur de telle ou telle idée » qui à un moment donné est progressiste ne rend pas l'intelligentsia révolutionnaire ou progressiste. Dans les conditions de son époque, Karl Marx ne cherchait pas à démontrer qu'il était le meilleur ou combien il était progressiste. Il s'est attaqué à l'un des problèmes les plus importants de son époque, le problème de la conception du monde, et à partir de ses découvertes il a donné naissance à la conception du monde nécessaire. Pour certains, la chose s'arrête-là. Or, simplement répéter que cette conception découverte par Marx existe n'est pas progressiste ; c'est au contraire réactionnaire et contre-révolutionnaire. Il existe de nombreuses écoles intégristes qui se combattent les unes les autres, cherchant à se convaincre qu'elles sont plus intégristes que les autres. En pratique, toutes constituent une réserve sociale de la bourgeoisie agonisante, du système capitaliste.

Aujourd'hui, quels sont les besoins de la classe ouvrière ? La classe ouvrière veut être politique, la section large exige que son avant-garde lui fournisse les instruments qui lui permettront de s'organiser elle-même. Notre Parti, ne reculant devant aucune difficulté, s'est fixé la tâche de lui fournir ces outils. C'est tout à l'honneur du PCC(M-L) si aujourd'hui notre Parti a sa presse de parti, une presse distincte qui s'adresse à ceux qui veulent devenir communistes, et une presse sans parti qui s'adresse à ceux qui veulent ouvrir la voie au progrès de la société. Ce sont des instruments importants et indispensables aux mains de la section large de la classe ouvrière.

Le progrès du travail des groupes de rédacteurs et de diffuseurs, la confiance grandissante des travailleurs dans leur capacité de se tenir debout, et que, dans les conditions actuelles, ils n'ont pas besoin que l'intelligentsia vienne à leur secours, achèveront le travail du Parti pour la classe ouvrière. Une intelligentsia de type nouveau naîtra, une intelligentsia qui prendra comme responsabilité et comme devoir d'éclairer les larges masses, de les armer des positions de l'avant-garde, permettant à la classe ouvrière d'avancer.

Camarades et amis, le PCC(M-L) n'est pas le seul à prétendre inventer des nouveaux mots. En fait, sur ce plan, le PCC(M-L) est très conservateur. Si vous regardez le vocabulaire qu'utilisent le Parti libéral et le Parti réformiste, ils parlent de consultations, de l'apport des Canadiens et des Canadiennes, de s'occuper des problèmes du peuple, etc. Mais que disent-ils ? Ils disent : « Acceptez les conditions actuelles, et plus tard, la situation changera. »

Si une avant-garde déclare aux masses qu'elle est actuellement occupée à mener des batailles sectaires, à régler des comptes, mais que bientôt elle sera libérée de cette tâche, alors cette avant-garde est passée dans le camp des libéraux, dans le camp du Parti réformiste. Comme vous le savez, c'est cette ligne que suit le Nouveau Parti démocratique. Cette position - « attendez, nous nous occuperons de vos problèmes plus tard » - est une position réactionnaire que le PCC(M-L) n'a jamais acceptée.

Notre Parti, dans les conditions actuelles, fait face aux pires attaques, au point que certains nous menacent de nous traîner devant les tribunaux. Pourquoi ? Parce que nous persistons à suivre le plan établi par le Parti. Que quelqu'un décide, à l'écart du mouvement, de se traîner dans la boue ne nous dérange pas. C'est lui qui se salit. Ce sont des conciliateurs qui veulent nous entraîner dans la conciliation. Mais le Parti ne s'engagera pas sur cette voie. Le Parti se consacre entièrement à son plan, à élaborer ses tactiques et ce genre de chose ne le fera pas dévier.

La situation était-elle la même en 1989 ? Oui. La situation exigeait du Parti qu'il reste ferme et, aujourd'hui, elle exige qu'il soit encore plus inébranlable, car les dangers qui menacent le Parti, que certains veulent provoquer contre le Parti, sont encore plus grands. Ce sont les conquêtes de la classe ouvrière qu'ils attaquent.

Historique rencontre de Chertsey,Québec, le 19 août 1989

Le 19 août 1989, je déclarais au nom du PCC(M-L) que des femmes et des hommes nouveaux avaient vu le jour au Canada. Qui sont ces être nouveaux ? Ceux qui ont des idéaux élevés, sont honnêtes et sincères, ont la conscience tranquille, et qui ont tout sacrifié, qui ont inauguré une nouvelle façon de vivre dans les conditions du capitalisme décadent. Ces conquêtes sont maintenant sous le tir croisé de ceux qui veulent une vie révolutionnaire à temps partiel. Ils nous disent que c'est de l'extrémisme que d'exiger que l'on soit responsable de ses paroles et de ses actes, que le PCC(M-L) refuse toute conciliation que ce soit avec la puanteur et la putréfaction. Ils tentent de proposer que les communistes aient dans la vie deux attitudes différentes, qu'ils agissent d'une manière lorsqu'ils font de la politique et d'une autre le reste du temps. Si nous dégénérons au niveau de ce type de « communistes », nous deviendrons des hypocrites, une force décadente bourgeoise incapable de réaliser quoi que ce soit, quelles que soient les circonstances. Nous ne sommes pas une force de ce genre et nous ne le deviendrons pas. Nous n'avons jamais admis l'imbécillité ou l'impuissance, en termes de notre travail général, et nous n'acceptons pas l'impuissance face à la situation actuelle.

Au cours de cette période, le PCC(M-L) s'est consolidé. Il sait reconnaître les visages souriants qui de temps à autre se présentent à lui et disparaissent dès que surgissent les difficultés. Le PCC(M-L) sait également reconnaître ceux qui, lorsqu'ils voient que le Parti rencontre des difficultés, décident de l'attaquer. [...]

Il est ridicule que dans notre Parti il y a des gens qui se disent de « vétérans » communistes et qui ne font rien. Ils disent qu'ils sont actifs depuis 25 ans, mais on ne les voit nulle part. Ils ont des amis qui nous disent des sottises comme « l'appartenance ethnique est la chose la plus importante ».

Notre Parti s'est aguerri face à ceux qui dans nos congrès font de beaux discours et promettent des résultats alors qu'ils ont tout fait pour le miner, même au niveau de sa pensée et de sa ligne. Nous avons démontré, et nous continuerons de le faire, que nous suivons le mot d'ordre de Lénine : « Mieux vaut moins mais mieux. » Donnez-moi un seul exemple où notre Parti a courbé l'échine, s'est agenouillé devant les conciliateurs, devant ceux qui veulent que nous abandonnions nos principes à cause des difficultés. Sous tous les aspects, notre Parti s'est renforcé.


Hardial Bains s'adresse aux jeunes
en décembre 1996
.

Je vous parle au lendemain des grands exploits de nos jeunes et de nos enfants qui se sont rassemblés la semaine dernière et pendant toutes ces journées ont établi leur programme. Nous venons ici avec les jeunes après avoir combattu ceux qui disaient vouloir les organiser et avaient répandu la rumeur que nos jeunes sont désorganisés. Oui, c'est ce que sont les jeunes et les enfants, ils sont désorganisés. C'est de leurs rangs, à partir de leur propre expérience que sont nées les idées sur comment ils devaient s'organiser. C'est tout à leur honneur que ces jeunes, dont aucun n'est un « ancien », aient, dans les circonstances actuelles, créé un bulletin, un organe : Jeunesse d'aujourd'hui. C'est une grande réalisation.

Camarades et amis, notre Parti s'exprime avec grandes convictions sur tous les fronts. Aucun océan n'est plus profond que ses convictions. Ses idéaux sont plus élevés que les plus hauts sommets de l'Himalaya et sa détermination est telle que nul ne peut encore la mesurer. Vous ne trouverez pas au cours des 31 dernières années un seul exemple où nous avons baissé la tête. Nous avançons la tête haute, comme exemple pour la classe et pour le monde entier. Bien sûr, comme nous vivons dans les conditions du capitalisme, ce n'est pas sans raison qu'à chaque tournant des intrigants nous disent : « Oui, bien sûr, nous sommes d'accord pour garder la tête haute, mais pourquoi pas la tourner ailleurs, ce serait mieux. »

Certains nous disent que la grande tâche politique de préparer les conditions subjectives de la révolution pourrait avancer un peu plus si nous orientions le Parti vers la politique municipale ; nous deviendrions ainsi populaires et ainsi, discrètement, des gens deviendraient des communistes. À mon avis, c'est une opinion honteuse. Pourquoi ferions-nous cela ? Personnellement, je n'ai jamais été impopulaire dans ce pays. De populaire, je serais devenu impopulaire et ils veulent que je redevienne populaire. Qu'est-ce que je ferais si j'étais « populaire » comme ils l'entendent ?

Camarades et amis, dans la situation présente, la classe ouvrière et les larges masses veulent des politiciens au sujet desquels elles pourront dire à leurs petits-enfants : « Oui, nous les avons appuyés à l'époque et on peut toujours leur faire confiance. » Qu'adviendra-t-il de ma crédibilité, de votre crédibilité, si nous devenions des politiciens de la politique civile ?

L'oisiveté est mère de tous les vices, et ce sont ces personnes passives qui tentent de renverser le Parti. Ils ne savent même pas ce qu'est le Parti. Vingt-quatre heures par jour, notre Parti affronte avec héroïsme les problèmes du monde et trouve des solutions à différents problèmes. C'est ainsi qu'il continue d'avancer. Vous étiez présents en août 1989, et plusieurs d'entre vous demandez à ce qu'on vous informe de comment vont les choses depuis. Laissez-moi vous posez la question : la voix du Parti est-elle plus faible qu'en 1989 ? La résolution du Parti est-elle moins grande ? Le Parti a-t-il été ébranlé par les événements depuis 1989 ? Ce sont des questions importantes. Quand vous allez parmi les travailleurs, au sein de la classe, parmi les masses populaires, soulevez ces questions, regardez les gens, leur personnalité, leurs besoins et ce qu'il faut développer parmi eux. Ne vous tournez pas vers des idées qui ont fait leur temps. Comme je le soulignais au début, camarades et amis, ce sont les accomplissements du Parti qui parlent pour lui et c'est avec beaucoup de fierté que je vous en parle. [Applaudissements]

Camarades et amis, dans la politique canadienne, la plus grande menace qui pèse actuellement sur le mouvement ouvrier et les masses populaires se présente sous forme d'une illusion, une illusion entretenue délibérément par différentes forces selon laquelle la situation peut s'arranger dans les conditions actuelles. Lorsque nous parlons de la situation, nous ne parlons pas de questions à long terme, de problèmes à long terme qui ne peuvent être résolus. Nous parlons des questions immédiates. Par exemple, la question très importante de la constitution canadienne, on ne peut pas la considérer comme une question à long terme, car, comme vous le savez, il existe des partis politiques, particulièrement au Québec, qui prône ce qu'ils appellent le « séparatisme ». Cela exerce une grande pression sur les conditions dans tout le pays. Soit cette pression est renversée avec une constitution moderne, soit elle risque de mener à une guerre civile.

Que dit la bourgeoisie dans les circonstances actuelles ? Elle déclare que l'on ne devrait pas s'occuper de la question constitutionnelle. Dire que la situation peut être sauvée avec de la bonne volonté et que tout le monde devrait comprendre que l'unité du pays est bien meilleure que le « séparatisme » est une illusion propagée par la bourgeoisie. Celle-ci cherche à gagner du temps afin de pouvoir se préparer à déclencher, lorsque la situation sera favorable, une guerre civile contre le peuple. Bien entendu, une guerre civile bloquerait la voie au progrès de la société.

En même temps, la bourgeoisie parle de valeurs canadiennes, maintenant que tout le monde en a assez d'entendre parler des valeurs américaines [rires], des valeurs qui étaient déjà inutiles au XVIIIe siècle ! La raison en est que plus de 200 ans de révolution démocratique ont démontré que le peuple doit mettre au premier plan ses propres valeurs dans ses propres conditions. Cet aspect est très important. De la même façon que l'on ne peut exporter la révolution, on ne peut pas exporter les valeurs. Ceux qui pensent que leurs valeurs sont meilleures que celles des autres sont en général ceux qui ambitionnent de dominer les peuples des autres pays.

Les valeurs cruciales et importantes pour les peuples sont celles qui permettent d'ouvrir la voie au progrès d'une manière pacifique et sans conflit. Peut-on dire que les valeurs canadiennes ouvrent la voie au progrès ? Non. Même du point de vue de leur valeur littéraire, les valeurs canadiennes sont très rudimentaires. Il ne suffit pas de répéter que « le Canada est le meilleur pays au monde » et que « ce sont les Nations unies qui le disent ». De plus, les critères des Nations unies en ce qui concerne qui est le meilleur sont totalement discrédités. Étant donné son propre comportement dans le monde, on ne saurait dire de l'ONU qu'elle est un organisme qui peut se permettre de décréter des valeurs. Les Nations unies sont supposées être un instrument de paix mais elles sanctionnent la guerre. Les critères qu'elles établissent n'émergent pas de sociétés où l'exploitation n'existe pas. [...]

Faire la promotion des valeurs canadiennes et les substituer à une constitution moderne est une autre combine de la bourgeoisie. Elle propose que tous les citoyens jurent allégeance au Canada le 1er juillet, jurent allégeance aux « valeurs canadiennes ». Pourquoi un citoyen jurerait-il allégeance aux valeurs canadiennes quand il s'agit clairement des valeurs du Parti libéral ou du Parti progressiste conservateur ? On ne peut pas dire que ces valeurs ont tout à coup une signification nouvelle.

Par exemple, la primauté du droit est présentée comme l'une de ces valeurs. La primauté du droit ne saurait être une condition objective à laquelle tout le monde doit se plier. En en faisant une de ces valeurs, cela leur permet de définir la primauté du droit à leur façon. Par exemple, cette primauté du droit est présentée ainsi : un citoyen canadien peut devenir communiste mais un immigrant ne peut pas devenir citoyen s'il est communiste. Peut-on alors dire qu'il y a primauté du droit ? Un bourgeois peut faire sienne n'importe quelle conviction politique, mais être communiste est inacceptable.

Ainsi, il y a toute sorte de formulations qui contredisent une interprétation moderne de la primauté de droit. Une interprétation moderne de la primauté du droit signifie qu'un pays qui proclame se plier à la primauté du droit doit en premier lieu donner à ses citoyens, sans distinction d'aucune sorte et de façon directe, les moyens de décider de la loi fondamentale du pays. Les pays dans lesquels les citoyens ne l'ont pas fait sont en contradiction avec la primauté du droit.

L'Acte d'Amérique du Nord britannique (AANB) n'est pas une loi fondamentale ratifiée par le peuple du Canada. Il n'a même pas été approuvé au cours d'élections bourgeoises.

De plus, aux termes de la primauté du droit, l'État doit être bâti et le gouvernement élu conformément à cette loi fondamentale. Il ne peut exister d'autre structure étatique ou d'autre forme de gouvernement. La seule responsabilité de l'assemblée législative est de promulguer des lois habilitantes de façon à mettre en vigueur les principes fondamentaux de la loi fondamentale. Selon cette définition moderne de la primauté du droit, le Canada n'est pas un pays qui respecte la primauté du droit.

Ils parlent également de plusieurs autres choses, comme par exemple comment au Canada les différents problèmes sont résolus dans la paix et l'harmonie, à la « manière canadienne ». Mais sur toutes les questions, le peuple voit ce que signifient cette paix et cette harmonie. Lorsqu'une grève éclate, comment cette paix et cette harmonie sont-elles établies ? Un assisté social qui attire l'attention des enquêteurs de l'assistance sociale, qui ont derrière eux tout le poids de l'État, sait ce que signifie cette harmonie. C'est ce qu'ils entendent par résoudre les problèmes dans la paix et l'harmonie ! Et c'est sans parler des gens tués par la police sous divers prétexte, du recours à l'armée au Québec en 1970, ou encore de l'expérience des peuples autochtones et des Métis, etc.

Est-ce cela résoudre les problèmes de façon pacifique ? Non seulement les peuples autochtones et les Métis ont-ils été soumis par la force, mais ils ont été réduits à l'esclavage et mis sous la tutelle de l'État. Le peuple du Québec a été gardé dans l'État par la force des armes. Comment peut-on dire que résoudre les problèmes dans la paix et l'harmonie est une « valeur canadienne » ?

Au niveau international, le Canada n'est pas non plus un modèle. Le Canada est un partisan d'alliances militaires agressives comme l'OTAN. L'OTAN est une alliance militaire agressive qui a pour tâche d'empêcher les peuples de se rallier au socialisme et au communisme, que ce soit en Europe ou ailleurs dans le monde, d'empêcher les peuples d'oeuvrer pour le progrès de la société. Le Canada est également membre de l'Accord de défense aérienne de l'Amérique du Nord (NORAD). Ce ne sont pas là des exemples d'intentions pacifiques. Partout où il y a des troupes américaines, en général on retrouve des troupes canadiennes, que se soit dans des missions de maintien de la paix ou pour d'autres raisons.

Ces valeurs ont également un caractère raciste. L'une d'elles est l'adhésion à la dualité canadienne, qui signifie que nous parlons deux langues et que nous reconnaissons l'existence de deux nations fondatrices. Comment peut-on parler de la dualité canadienne alors qu'un grand nombre de gens qui n'ont pas la même origine forme un corps politique et que nous sommes dans une situation politique où l'ethnie d'une personne, son origine nationale n'est pas la question. Cette valeur qui est strictement raciste est inacceptable.

Sur cette question des valeurs canadiennes, le PCC(M-L) est celui qui prend les positions les plus éclairées. C'est le PCC(M-L) qui appelle le peuple à s'unir pour créer une situation nouvelle. Le PCC(M-L) veut créer un État nouveau, dont la loi fondamentale sera approuvée par le peuple et dont le gouvernement adoptera des lois qui créeront la primauté du droit.

Dans le renouveau démocratique du pays, un des plus grands dangers qu'affronte le peuple est le discrédit des politiciens et du processus politique. Dans tout le pays, les gens disent qu'ils ne font pas confiance aux politiciens, qu'ils ne font pas confiance au processus politique, à la Chambre des communes, etc. Cette situation ne peut que favoriser la réaction de droite, le fascisme. Croire qu'une telle situation est une situation positive est de la sottise.

En même temps, il y a une réaction négative aux accommodements interélitistes, aux lois sur la discrimination positive et tout ce type de choses qui, dit-on, visent à aider les pauvres, les démunis, ceux qui sont dans le besoin.

Tout cela contribuera à aider la droite, le mouvement fasciste, si le PCC(M-L) ne propose pas un programme profond de renouveau démocratique. La question d'une constitution moderne n'est qu'un aspect. En plus de poursuivre son propre travail, le PCC(M-L) est responsable devant ses pairs, il doit bâtir ses institutions, en particulier ses organisations de base dans la classe ouvrière. Le PCC(M-L) doit participer à cette bataille politique. Ce sera le facteur déterminant qui décidera à qui ce rejet profitera. Jusqu'à présent, comme vous le savez, c'est la bourgeoisie qui en profite. Elle a donné naissance au Parti réformiste et lui a donné une forte représentation au parlement. Le Bloc québécois y est également fortement représenté. Elle cherche à créer une situation qui permettra d'utiliser le mécontentement populaire pour empêcher le peuple d'entreprendre la réorganisation du pays sur la base d'une constitution nouvelle et de bâtir un corps politique dans lequel tous les citoyens auront les mêmes droits et devoirs.

Ce travail du Parti exige la participation des masses populaires contre la bourgeoisie qui utilise des organisations de l'État, créées avec notre argent. Par exemple, il y a les ONG, les organisations non gouvernementales. Comment peut-on appeler certaines de ces agences ONG alors qu'elles sont financées par l'État ? Chaque fois qu'elles prennent une position qui mécontente la bourgeoisie, soit celle-ci ne les reconnaît plus, soit leur financement est coupé. Les ONG au Canada ont été créées au cours des dix dernières années pour empêcher le peuple de faire entendre sa voix. Toutes sortes de diversions sont utilisées, comme les audiences parlementaires. Les médias sont aussi utilisés pour donner l'impression aux gens qu'ils participent réellement au gouvernement de la société, alors qu'en réalité il n'en est rien.

Camarades et amis, le PCC(M-L) a, de ce point de vue, une grande responsabilité. Nous avons déjà établi le cadre général du travail du Parti, du travail sur le plan théorique et également sur le plan pratique en lançant d'importantes initiatives.

Il y en a qui prétendent qu'une organisation communiste ne peut faire qu'une chose à la fois. On ne peut pas dire cela d'un parti communiste ou d'un parti politique en général. C'est dire que le Parti est si faible, si incapable, qu'il ne peut faire qu'une chose à la fois. C'est dire que le Parti était faible au départ ou qu'il s'est affaibli. Ça ne rend pas compte de la force du Parti. Un parti communiste mène son programme d'ensemble et une gamme d'activités qui rassemblent la classe ouvrière et les larges masses du peuple dans la réalisation d'un seul but. Mais de dire que d'avoir un seul but c'est de mener une seule activité à la fois, c'est mêler les choses. Un parti communiste qui ne mène pas une vaste activité sera éventuellement désorienté.

Au cours des cinq dernières années, le PCC(M-L) s'est illustré par son traitement de divers problèmes et la vaste gamme d'activités qu'il a menées, tout en gardant bien en vue l'objectif fixé. Comme vous le savez, l'objectif d'ensemble est de créer les conditions subjectives pour la révolution, de rendre les gens conscients. Mais, outre la consolidation du Parti, de ses organisations de masses, qui sont à strictement parler des activités de parti, diverses autres activités doivent être menées en vue de la révolution. Par exemple il y a le renouveau démocratique, une vigoureuse action sur le plan international, etc.

Toutes ces activités doivent être dirigées vers un seul but. Et aujourd'hui, ce but est de gagner le peuple aux définitions modernes. Si l'organisation du parti est incapable d'analyser à quelle étape du développement se trouve un mouvement, il lui sera impossible d'avoir des définitions modernes. Ainsi, il est impossible d'avoir un parti qui soit le parti politique de la classe s'il ne sait pas où s'en va la société.

Beaucoup de gens ont commencé à croire que la société est en train de passer du capitalisme à une économie nouvelle. À strictement parler, le capitalisme ne va nulle part. L'« économie nouvelle » au Canada fait partie de la putréfaction du capitalisme. Peut-on qualifier la putréfaction de « mouvement » ? Dans le passé au moins on parlait ouvertement de comment le Canada ne devrait pas être qu'un peuple de porteurs d'eau et scieurs de bois, que le Canada devrait être industrialisé, que son économie devait se développer dans tous les secteurs. Mais de nos jours, qu'entend-on par nouvelle économie ? Il s'agit d'organiser l'économie canadienne pour le bénéfice des monopoles qui opèrent à l'échelle internationale, d'organiser l'économie strictement pour répondre aux besoins de ces monopoles au Canada.

Il y a souvent de la confusion quand on dit que ce slogan de servir les monopoles sert à rallier le peuple derrière les monopoles canadiens opérant à l'étranger. Ce n'est pas le cas. Ce slogan sert à rallier le peuple derrière les monopoles opérant au Canada et à leurs politiques ici au pays. C'est détourner l'attention des problèmes économiques ici.

Par exemple, à certains endroits une des couches qui dégénèrent très rapidement aujourd'hui cherche est en train de retourner au Moyen-Âge en s'adonner au gambling comme passe-temps. Le gambling était pour ainsi dire une caractéristique du Moyen-Âge. Aujourd'hui on nous le présente comme une forme d'économie. [...]

Déjà on dit de la prostitution qu'elle est « le plus vieux métier du monde ». Certains prétendent qu'elle a toujours existé, mais la prostitution n'appartient qu'à une époque où l'un possède quelque chose avec lequel il peut attirer l'autre. La prostitution est un trait des sociétés de classe, un instrument de plaisir. Il s'agit de la manière dont la classe dominante obtient les services que les gens lui refuseraient autrement. Alors si on en parle comme du plus vieux métier du monde, on pourrait tout aussi bien dire que mendier est une profession. La profession de fraudeur et de manipulateurs de gouvernements a déjà été légalisée. On appelle cela agences de relations publiques [rires] et elles ont pour fonction de tromper l'opinion publique.

Le plus important dans toute cette propagande à propos d'une nouvelle économie est qu'elle cherche à nous faire oublier ce qui se passe sous nos yeux. Ils veulent une économie pour servir entretenir une espèce bien précise de gens, une classe du loisir, de gens désoeuvrés, qui ne font rien. Leur profession, leur position dans la vie est de ne pas travailler, et pourtant tout le monde et toute l'économie doivent leur être subordonnés.

Comme vous le savez, au Moyen-Âge la descendance était la chose la plus importante. Encore de nos jours vous avez l'exemple de l'aristocratie française qui a peut-être perdu ses terres et ses titres mais qui insiste quand même sur sa descendance familiale. On trouve la même chose chez les maisons royales russes et les familles royales d'Europe. Aujourd'hui beaucoup insistent encore sur la descendance familiale alors que la famille a perdu son importance d'antan. On ne peut résoudre aucun des problèmes d'aujourd'hui sur la base de la famille. On raconte qu'il ne faut faire des choses que pour sa famille et pour personne d'autre. Nous avons même entendu des communistes répéter de telles idioties à une époque où tout est social.

J'ai grandi dans une société au Pendjab où jusqu'à trois ou quatre générations d'une même famille vivaient sur une même terre, et personne n'avait à chercher du travail ailleurs. Là au moins on pouvait dire : voilà une famille sur laquelle je peux compter. Mais dans un pays où il faut mettre vos enfants dehors à 10 ou 11 ans pour qu'ils aillent occuper de petits emplois comme livreurs de journaux afin d'avoir un peu d'argent de poche, et quand on sait que le travail des enfants est un phénomène mondial, comment peut-on croire que la famille médiévale existe encore ?

La famille existe-t-elle aujourd'hui ? Elle existe, mais elle est définie comme quelque chose qui sert au plaisir et pour s'épauler mutuellement. Ce ne sont pas des idées modernes. La famille moderne est celle qui au premier chef est fondée sur le besoin de créer et d'élever une nouvelle génération moderne. Si on ne répond pas à ce besoin, les familles seront bâties en fonction des exigences des vieilles familles capitalistes. Pas étonnant que ces familles s'écroulent, que le taux de divorce soit à plus de 50 %, que plus de 20 % des gens deviennent fous, que la violence dans les familles augmente, etc.

Toute force sociale qui refuse de rompre avec ses propres préjugés, qui ne veut pas régler les comptes avec sa vieille conscience, peut méditer sur ses idéaux, végéter sur place et rêver de créer un nouveau système, mais elle n'avancera pas d'un millimètre. Et c'est ce que veut la bourgeoisie. Elle ne veut pas d'une situation où tous réclament leur dû à la société, à savoir que j'ai une famille, et que pour assurer l'avenir de ma famille, la société doit faire telle et telle choses. Si cette réclamation n'est pas faite, il est impossible de voir comment on va créer un avenir.

On voit de telles stupidités dans les familles de gens qui se disent instruits. J'ai vu des gens ici au Canada qui insistaient pour apprendre Shakespeare à leurs enfants en 1994. Shakespeare était un produit de la transition du féodalisme au capitalisme. Et pourquoi veulent-ils lire Shakespeare ? Parce qu'il ne veulent pas s'occuper du présent. Ils ne veulent pas créer une littérature qui traite des conditions actuelles, une littérature de la transition du capitalisme au socialisme, afin que les enfants puissent voir comment se produit cette transition, comment les luttes héroïques des travailleurs ont progressé partant du temps de Marx et Engels, du temps de la Commune de Paris au temps présent.

C'est absurde d'enseigner aux gens les classiques de la révolution démocratique bourgeoise alors que cette dernière est devenue un cadavre en putréfaction. Comment serait-il possible qu'un jeune qui lit Shakespeare puisse y trouver un enseignement au sujet de ce qui se passe dans la société contemporaine ? De la même manière, on enseigne aux jeunes des auteurs classiques français ou américains dont les oeuvres regorgent de choses pourries du passé. Il est impossible d'avoir une force sociale qui puisse affronter le monde les yeux ouverts si elle reste toujours tournée vers le passé.

Le CPC(M-L) est extrêmement actif à assurer un développement sur tous les fronts. L'autre jour, alors que travaillant sur le programme culturel, quelqu'un a dit que les poèmes et la musique devaient avoir été écrits par des gens très accomplis. Or, les hommes et les femmes accomplis d'aujourd'hui sont occupés à autre chose. Ils ne créent rien qui soit utile. Ils fuient ce travail. Pour eux, les politiques indentitaristes sont le plus grand sujet de notre ère. Ils sèment la confusion sur la lutte contre le fascisme et ce qu'a été la lutte contre le nazisme. Ils sont davantage intéressés par la recherche du confort que la tâche d'ouvrir la porte du progrès de la société.

C'est ce même CPC(M-L) et sa direction qui sont le fer de lance du travail sur le front culturel. Bien sûr, les petits esprits ne peuvent pas comprendre que c'est ce même CPC(M-L) et sa direction qui, en avant-garde, vont ouvrir la voie dans toutes les directions. Nous avons commencé également à régler des comptes dans le domaine des sciences naturelles. Ces personnes accomplies se sont accomplies en accomplissant ce que veut la bourgeoisie. Oublions la comparaison entre ceux qui font preuve de professionnalisme avec ceux qui sont accomplies. Bien sûr, nous ne sommes pas ceux qui, en dernière analyse, vont créer les oeuvres d'art et la musique, parce que nous sommes trop occupés par d'autres tâches, mais nous allons rallier et engager ces personnes dans ce défi, comme nous le faisons déjà. [...]

Permettez-moi d'insister. Dans ce monde, il n'est pas difficile de prendre quelque chose du passé et de devenir un grande universitaire. Mais c'est autre chose que de créer quelque chose à partir du présent, analyser le présent, comment les choses se passent dans tous les domaines, en particulier le domaine politique, notamment dans le domaine du mouvement de la classe ouvrière, en particulier dans le domaine de l'élaboration des tactiques, de la construction des instruments qui donneront toute son efficacité à la ligne du Parti. Ce sont des tâches difficiles mais nécessaires.[...] Qu'est-ce que Lénine va vous dire au sujet de ces choses là ? Lénine est mort il y a longtemps. Son oeuvre portait sur une situation complètement différente. Cette situation a changé. Les problèmes auxquels nous avons affaire aujourd'hui ne sont pas ceux auxquels Lénine a eu affaire son temps. Bien sûr la théorie peut servir de guide, mais elle ne peut être utile au-delà de ce rôle. Le vieil adage tient toujours : On apprend la guerre en faisant la guerre. [... ]

En conclusion, camarades, pour célébrer Chertsey je me présente devant vous comme un combattant du Parti. Je me sens plus jeune que je ne l'étais en 1989 ! Tout cela à cause des profondes convictions du Parti auquel nous sommes loyaux et avec lequel nous avons fermement maintenu que nous pouvons accomplir ce que nous nous sommes fixé d'accomplir. Aujourd'hui on peut dire que la littérature du Parti, les tâches spécifiques du Parti ont été établies à Chertsey. [... ]

L'autre jour, une personne très très bourgeoise m'a demandé si cela prenait beaucoup de force morale pour être un communiste aujourd'hui. J'allais lui répondre que ça doit être très difficile d'être un capitaliste ! [rires] Montrez-moi quelque chose qui fonctionne pour les capitalistes. Pour ma part, je ne suis pas d'accord avec cette propagande qui raconte que le communisme a échoué et que les capitalistes vont bien. La situation, bien entendu, est différente. Une nouvelle force est née, même si elle restera longtemps petite. Mais tant qu'elle est nouvelle et que c'est une force, il y a de l'avenir. Camarades et amis, nous tenons les décisions de Chertsey comme extrêmement importantes. À cet égard, elles le sont pour tous les camarades, tous les communistes, tous ceux qui se sont unis autour du Parti et ont joué en cela un rôle méritoire.

Récemment, j'ai rencontré une personne qui était avec nous il y a longtemps. Elle m'a demandé si telle et telle personne était encoure autour. Je lui ai répondu qu'elles l'étaient toutes. Mais je n'ai pas dit ce qu'elles faisaient autour ! [rires] Et elle ne me l'a pas demandé. Elle voulait seulement prouver que tout comme elle s'était enfuie, les autres avaient dû s'enfuir aussi. Je voulais simplement infirmer sa thèse ! Que je sois autour, que vous le soyez, que quiconque le soit ou non, là n'est pas la question. La classe restera. Notre Parti restera. Dans cet esprit, scandons tous ensemble :

Vive le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) !
Gloire au marxisme-léninisme !

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La tactique du PCC(M-L) dans
la période de recul de la révolution


Ces notes sont tirées d'une sélection d'articles et de discours rassemblés sous le titre « Transformer les passifs en actifs ». La plupart ont été publiés dans LML de 1992 à 1997. En lisant ces articles, on voit comment le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) a développé sa tactique pour la période de recul de la révolution, la tactique qu'il appelle transformer les passifs en actifs. Cette période de recul de la révolution, qui s'est ouverte avec la fin de la division bipolaire du monde et l'effondrement de l'Union soviétique dans la période 1989-90, se caractérise par une offensive sans précédent non seulement contre le communisme, mais également contre toutes les réalisations progressistes du XXe siècle et le mouvement pour les idées éclairées.

En 1984-1985, le PCC(M-L) a déterminé que cette période marque un tournant majeur dans l'histoire du monde, et qu'aucune force ne peut désormais agir comme avant. L'importance de cette affirmation pour l'avenir de l'humanité peut être vue dans l'offensive actuelle de l'impérialisme anglo-américain qui, sous la bannière médiévale de « la force fait droit », cherche à imposer son diktat au monde entier. La guerre est son instrument principal, il rejette le droit international, attaque avec violence ceux qui se dressent sur son chemin et attaque les droits et les intérêts de ses propres citoyens. Une question préoccupe les gens pensants : comment éviter les catastrophes qui menacent, comment résoudre les choses dans l'intérêt de l'humanité et ouvrir la voie au progrès ?

Ce matériau de référence fournit un cadre pour étudier l'analyse générale que fait le PCC(M-L) de la période actuelle et ce qui doit être fait. Il montre comment peuvent participer ceux qui veulent s'attaquer aux problèmes de la société.

Le matériau des années 1992-1997 est composé ou est basé principalement sur les écrits et les discours d'Hardial Bains. Le camarade Bains a été le fondateur et le dirigeant des Internationalistes depuis leur fondation en 1963 et du PCC(M-L) de sa fondation en 1970 jusqu'à sa mort en 1997. Il révèle la clarté et la profondeur de l'analyse de la période actuelle faite par le camarade Bains et le Parti et indique la marche à suivre. On y trouve un plan concret et une vision pour créer une société nouvelle.

Pas une seule personnalité politique canadienne, que ce soit du mouvement communiste, du mouvement ouvrier ou un autre, n'a produit une oeuvre aussi importante et cohérente que le camarade Bains. Le matériau présenté ici souligne l'importance d'étudier les oeuvres d'Hardial Bains pour tous ceux qui souhaitent participer réellement à la transformation de la société au Canada et dans le monde.

Réduire et se replier

Dans ces articles et discours, il est expliqué ce que le PCC(M-L) entend par transformer les passifs en actifs, par réduire et se replier pendant cette période de recul de la révolution. Il est souligné qu'en cette période de recul, dans laquelle la bourgeoisie tente d'imposer la régression dans toutes les sphères de la vie, il est nécessaire d'adopter des tactiques différentes de celles de la période d'essor de la révolution. L'essor de la révolution a connu la lutte acharnée du socialisme contre le capitalisme, les victoires des luttes de libération nationale et les contradictions intenses entre les grandes puissances impérialistes. Alors que la plupart de ces choses sont à l'arrière-plan au cours de la période de recul de la révolution, cela ne signifie pas qu'il ne faut pas faire progresser le travail du Parti et les intérêts de la classe ouvrière et ses alliés. Il faut les défendre et les faire avancer pour préparer les prochaines tempêtes révolutionnaires.

Dans un article du LML sur le rapport présenté par le camarade Bains au Plenum élargi du 5e Comité central du PCC(M-L) le 26 décembre 1992, il est expliqué ce qu'a souligné le camarade Bains :

« La ligne générale et le programme politique que doit approuver le VIe Congrès doivent viser à faire en sorte que la classe ouvrière progresse en cette période de recul. La classe ouvrière ne doit pas devenir victime de la régression et perdre sa lutte indépendante pour le renouveau de la société.

« La régression et le renouveau sont les deux possibilités en cette période, mais la classe ouvrière n'a pas le choix. Elle doit poursuivre un vaste travail pour le renouveau de la société et unir ses efforts dans ce sens à ceux de l'ensemble de l'électorat. La régression n'est pas une option. Il incombe à la classe ouvrière non seulement de préserver ses positions actuelles mais aussi d'en conquérir de nouvelles. Dans ce sens, la demande de renouveau est l'une des plus importante. » [« Une évaluation précise de la situation actuelle est d'une importance capitale pour formuler la thèse du VIe Congrès », Le Marxiste-Léniniste quotidien, volume 22, numéros 78-81, 28-31 décembre 1992]

« Le Parti doit, comme point de départ, formuler des tactiques, trouver les formes d'organisation et de lutte pour la période actuelle. Il doit le faire en gardant à l'esprit qu'il ne doit pas perdre sa place dans la société en tant que parti de la classe ouvrière, dont il est indissociable, et qu'il ne peut pas laisser se rétrécir son champ de manoeuvre. Les slogans tactiques et les formes d'organisation et de lutte doivent garantir la réalisation du but d'ensemble pour la période actuelle : le renouveau de la société. Tous les slogans, toutes les formes et luttes tactiques qui ne correspondent pas à la période actuelle et ne répondent pas au besoin de renouveau de la société doivent être abandonnés. Ce n'est pas un choix mais une nécessité imposée par les conditions, par le caractère général de cette période.

« Le Parti doit faire un pas en arrière sans permettre la régression. Loin de se retirer des positions avancées, il doit les renforcer. En même temps, il doit s'emparer de positions qu'il ne pouvait occuper auparavant à cause du caractère de la période précédente, lorsque le mouvement révolutionnaire était en essor. Le Parti ne doit pas permettre un instant le sentiment que tout ce qui est progressiste et avancé est perdu et doit être abandonné. Au contraire, ce sont les positions régressives qui sont de plus en plus discréditées. On peut le constater dans des pays comme la Pologne où la régression a entraîné de graves tragédies pour le peuple et où les travailleurs sont encore une fois montés aux barricades de la lutte de classe. » [ibid.]

Le recul ne saurait être confondu avec la régression. La régression est ce que la bourgeoisie veut imposer dans son effort désespéré pour s'accrocher au pouvoir. Comme le camarade Bains l'a expliqué dans la discussion qui a suivi son rapport :

« Le repli et la régression ne sont pas synonymes. Le repli est un processus objectif. La régression dépend de la politique suivie, de la conscience de ce qu'il faut faire dans les conditions données. La régression est ce que réclament les sections les plus réactionnaires de la bourgeoisie pour la société. » [« Discussion sur l'ordre du jour présenté dans le Rapport au plénum élargi », LMLQ, Vol. 23, Numéro 1, 1er janvier 1993]

La revendication et les efforts de la classe ouvrière et ses alliés doivent porter sur le renouveau de tous les aspects de la vie, même dans cette période de recul. Comment progresser est expliqué clairement dans ce matériau, ainsi que comment on peut ouvrir un espace de manoeuvre dans les conditions actuelles, et comment la position de la classe ouvrière et ses alliés peut être consolidée de manière à profiter de la situation quand le recul se transformera en essor et qu'éclateront les batailles décisives pour décider du sort de l'humanité. La situation est comparable à celle de l'escalade d'un sommet quand un changement de direction s'avère nécessaire, ou qu'il faut se départir de ses bagages, mais que l'objectif d'atteindre le sommet reste le même.

« Lorsque vous escaladez une montagne, vous amenez vos bagages et tout l'équipement nécessaire, puis à mi-chemin vous vous heurtez à une falaise trop à pic, ou les conditions météorologiques changent, et vous êtes forcés de trouver un refuge ou de changer votre trajet. Vous êtes forcés de vous replier, mais cela ne veut pas dire que vous renoncer à votre but. Vous devez tout simplement vous y prendre d'une autre façon. Si vous vous obstinez à vous accrocher à vos bagages pour des raisons sentimentales, vous risquez d'y perdre la vie. Alors il faut faire un choix. Il est donc important de pouvoir déterminer ce qui est un actif et ce qui est un passif. Si vous jeter vos actifs, si vous prenez la voie de la régression au lieu de la voie du progrès et du renouveau, alors vous êtes ou bien un réactionnaire ou bien un idiot. Bref, le plan de réduction des opérations pour être effectif est un plan pour atteindre le même objectif par des moyens différents.

« À l'heure actuelle la régression est imposée à la société et cela a pour conséquence de créer un climat de désespoir.

« Le camarade Bains a poursuivi en parlant des changements que le Parti doit effectuer à cette étape-ci de son développement. Il a expliqué que le Parti doit d'une part réduire ses opérations et faire quelques pas en arrière et développer avec encore plus de vigueur un travail nouveau. Réduire et se départir de l'équipement non nécessaire équivaut à la « professionnalisation » du Parti, à le rendre encore plus apte à non seulement soutenir son travail comme il l'a si bien fait jusqu'à présent mais aussi à prendre un rythme de progression. Il a poursuivi en disant : « Bien sûr, cette avance ne peut être faite que sur la base de la mobilisation complète de tout le Parti, en prenant comme fer de lance la cadence accrue de son travail politique. La vigueur et l'audace qui caractérisent le Parti en ce moment, la vitalité de ses convictions et sa détermination à aller de l'avant sont montrées par sa conception, ses propositions pratiques, son travail pour la réalisation de ses tâches dans des domaines clefs comme la régularisation de son organe Le Marxiste-Léniniste. « » [« Une évaluation précise de la situation actuelle est d'une importance capitale pour formuler la thèse du VIe Congrès », LMLQ, volume 22, numéros 78-81, 28-31 décembre 1992]

« Compter sur ses propres forces dans tous les domaines doit être la méthode principale de travail. Le travail doit être établi, les tâches fixées, en éliminant les obstacles qui se dressent sur notre voie. Ce n'est pas la première fois que nous affrontons une telle situation. Notre Parti est aux prises avec des difficultés, mais il n'est pas en crise. Notre Parti rencontre des problèmes définis pour accomplir sa mission, mais il n'est pas à genoux. C'est pour cela qu'il est inacceptable de permettre les conceptions qui entravent la grande avance du Parti dans les circonstances actuelles. Si une institution du Parti est incapable de se tenir debout tout seule, alors il faut l'abandonner. Le Parti n'a pas besoin d'une institution qui ne peut justifier son existence politiquement, socialement, culturellement ou financièrement. C'est cette attitude que le Parti adoptera désormais envers toute chose. » [ibid.]

L'Initiative historique

En janvier 1995, le Parti a lancé son plan d'action, l'Initiative historique, son projet d'édification nationale. En formulant l'Initiative historique, le Parti part des besoins de la société à l'heure actuelle et de la nécessité pour le peuple canadien d'avoir un objectif qui peut être facilement apprécié et compris de tous. Le Parti a fixé comme but l'édification nationale - que la classe ouvrière se constitue en la nation et investisse le peuple du pouvoir souverain, et que la classe ouvrière et ses alliés établissent le programme de l'édification nationale. Les considérations pour ce projet d'édification de la nation partent de la nécessité pour la classe ouvrière d'arrêter la bourgeoisie de gaspiller les ressources nationales, de nuire à l'indépendance du pays et à son bien-être. Dans son discours à l'occasion du lancement de l'Initiative historique le 1er janvier 1995, le camarade Bains a dit :

« La question centrale de l'Initiative historique est : quel devrait-être le but ? Souvent dans le passé, diverses forces ont fixé le but en partant purement des prémisses théoriques et idéologiques que nous sommes pour le socialisme. Peut-on dire que le peuple devrait adopter le socialisme, que la classe ouvrière devrait adopter le socialisme comme but et qu'elle devrait mettre toutes ses ressources dans la construction du socialisme ? Bien sûr, nous pouvons prendre une telle décision. Elle est conforme à notre programme stratégique, mais elle n'arrêtera pas la bourgeoisie d'avancer ses objectifs. Nos considérations qui président au lancement de l'Initiative historique ne sont pas strictement théoriques et idéologiques. Elles ont surtout trait à comment la classe ouvrière doit arrêter la bourgeoisie de gaspiller les ressources nationales, de nuire à l'indépendance du pays et à son bien-être. Quel mot d'ordre la classe ouvrière doit-elle mettre de l'avant afin de vaincre la bourgeoisie et de rallier les masses du peuple de son côté ? La réponse à cette question est d'utiliser les ressources du pays pour servir les intérêts collectifs.

« Le mot d'ordre de bâtir la nation est de mise non seulement parce qu'il est contraire aux discours de la bourgeoisie - à savoir que tous doivent créer un climat favorable au succès des entreprises sur le marché mondial - mais également parce que c'est un appel au peuple de prendre ce qui lui appartient et de créer une société qui le favorisera. Évidemment, en dernière instance bâtir la nation revient à construire le socialisme, mais ce serait une erreur que de présenter les choses ainsi.

« Le programme doit être fixé non pas à partir d'un point de vue théorique, mais à partir des besoins de la société à un moment donné. La société canadienne a besoin d'un but actuellement. Le peuple canadien a besoin d'un but que tous peuvent facilement comprendre et saisir. Il ne peut s'agir que de l'édification de la nation. Le contenu essentiel de ce projet est que la classe ouvrière doit se constituer en la nation. En d'autres mots, le but de la classe ouvrière doit devenir le but de la nation, tout comme la bourgeoisie dans sa période ascendante avait avancé son but, le but de défendre l'intérêt individuel et la propriété privée comme but de la nation, et avait même subordonné la nation à cet objectif.

« Le temps est venu pour la classe ouvrière de se constituer en la nation. Elle doit établir son objectif comme étant celui de la nation. En d'autres mots, la classe ouvrière doit elle-même prendre en mains de bâtir la nation. Elle doit aussi gagner les larges masses du peuple à cet objectif. La classe ouvrière ne peut pas mobiliser toutes ses ressources sans adopter l'objectif de satisfaire les intérêts collectifs de la société en ce moment. Cela revient à édifier la nation. L'édification de la nation au Canada signifie une seule chose : que la classe ouvrière doit donner à la société une nouvelle constitution, avec un mécanisme politique moderne, une nouvelle direction à l'économie et l'indépendance. » [« Le facteur humain, la conscience sociale, est la clé de la solution à tous les problèmes contemporains », LMLQ volume. 25, numéro 3, 3 janvier 1995]

« L'Initiative historique a pour but de provoquer une discussion sur l'édification de la nation parmi les larges masses du peuple en utilisant toutes les ressources à notre disposition. L'Initiative historique est un plan d'action, dont l'objectif premier est de s'assurer qu'une discussion a lieu à ce sujet. En d'autres mots, elle a pour objectif de faire en sorte que les travailleurs déterminent l'ordre du jour de l'édification de la nation. » [ibid.]

La classe ouvrière a un autre objectif essentiel, ce qu'explique le camarade Bains :

« Dans ce cadre, l'autre objectif de la classe ouvrière est de créer les conditions pour la formation du parti communiste de masse. Cela signifie qu'une des tâches les plus importantes de l'Initiative historique est de s'approprier le meilleur du passé et du présent. Cela signifie qu'un travail est nécessaire au développement et à l'enrichissement de la pensée marxiste-léniniste contemporaine. Cela signifie examiner tous les phénomènes et tous les événements et faire la promotion de ceux qui favorisent la classe ouvrière et l'objectif de bâtir la nation. » [ibid.]

L'Initiative historique est un appel à la classe ouvrière et aux masses populaires de faire ressortir ce qu'il y a de mieux de tout ce que l'humanité a produit jusqu'à présent et de l'amener au niveau nécessaire pour les transformations profondes de la société qui sont à l'ordre du jour. L'Initiative historique est un programme pour mettre la classe ouvrière, plus précisément le facteur humain / conscience sociale, au centre de tous les développements. Cela ne peut être fait que par le peuple qui s'empare de sa destinée. Le camarade Bains explique :

« Le facteur humain ne peut être amené au niveau nécessaire aux transformations sans conscience sociale, sans débat et discussion parmi les larges masses, sans mouvement réellement révolutionnaire possédant un caractère de masse.

« Qu'est-ce que le facteur humain ? Le facteur humain est l'organisation de la classe dans un but bien précis. Ce but est de mobiliser et de créer tous les facteurs qui peuvent frapper la bourgeoisie et la vaincre. Le facteur humain fait appel à tous les meilleurs sentiments, les meilleures aspirations et les meilleures idées. Il est diamétralement opposé à la barbarie des monopoles et des oligopoles, à la notion brutale que les coupures dans les programmes sociaux doivent être faites peu importe ce qui arrive aux gens, à la propagation des soi-disant valeurs familiales et des autres théories destinées à endormir le peuple et à lui faire oublier ce qui est essentiel dans la société.

« Nous avons besoin d'une vision qui peut traverser non seulement quelques mois ou quelques années, mais des décennies et des siècles, et qui peut provoquer le feu qui réduira en cendres la barbarie de la bourgeoisie. » [ibid.]

Le communisme moderne


Au lancement du livre Communisme
moderne
en 1996

Dans ces articles et discours choisis, il est expliqué ce que le Parti entend par communisme moderne et pourquoi son étude et la discussion sont si importantes. En particulier, le livre Le communisme moderne : Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) par Hardial Bains devrait être étudié. Le communisme a été créé comme système pour résoudre les problèmes de l'humanité au cours du XXe siècle. Il a accompli de grands exploits, a été lié à toutes les réalisations progressistes du siècle, a élevé la conscience des peuples du monde entier et a marqué le début d'une époque nouvelle, l'époque de l'impérialisme et de la révolution prolétarienne.

« Le communisme en tant que système répondant au besoin de résoudre les problèmes de l'humanité durant le XXe siècle est le fruit d'une intense lutte de classes entre l'ancien et le nouveau. Cette lutte de classes assumait une dimension internationale. Elle prit la forme de la Révolution d'Octobre, la forme de la création de l'URSS, la forme de la Grande Guerre patriotique en Union soviétique et de la grande guerre antifasciste durant la Deuxième Guerre mondiale. Elle établit des démocraties populaires dans les pays d'Europe de l'Est, conduisit à la création de la République populaire de Chine et à l'indépendance d'autres pays socialistes souverains. Elle a conduit à la montée et à la victoire des luttes de libération nationale et à la formation de l'Afrique et de l'Asie modernes. Elle a élevé le niveau de conscience des peuples du monde, l'assoyant sur une base moderne. » [« L'étude et la discussion du communisme moderne pour combattre l'interprétation dogmatique de la vie réelle », LMLQ volume 26, numéro 123, 25 juin 1996]

Nous vivons toujours à l'époque de l'impérialisme et de la révolution prolétarienne, mais le communisme moderne qui correspond à l'évolution historique qui a eu lieu à la suite des luttes du XXe siècle doit être mis à l'ordre du jour. Ce communisme moderne représente les idées éclairées dans tous les domaines. Son essence est de prendre la réalité comme point de départ d'étude et de discussion et d'agir sur ce que révèle cette réalité. Le communisme moderne redonnera sa signification à la lutte politique, afin que les gens puissent être efficaces dans leurs luttes. Son objectif sera de briser les dogmes et la désinformation qui bloquent les peuples opprimés et les empêchent de participer à la résolution des problèmes auxquels ils sont confrontés.

« L'importance de la phase actuelle du travail entrepris par le PCC(M-L) dans le cadre de l'Initiative historique est qu'il faut habiliter les Canadiennes et Canadiens, la classe ouvrière en tête, à changer la situation au Canada et à l'échelle internationale. Pour ce faire, le PCC(M-L) doit engager dans l'étude et la discussion du communisme moderne les plus larges sections de la population, les Canadiennes et les Canadiens par centaines et par milliers, pour faire sauter les obstacles qui les empêchent de participer à l'effort pour changer leurs conditions de vie. À moins de combattre de front toute l'activité de la bourgeoisie pour se maintenir au pouvoir et pour maintenir le statu quo en démolissant l'interprétation dogmatique de la réalité, la voie au progrès continuera de nous échapper. En ce sens, on peut dire que l'essence du communisme moderne est de détruire l'interprétation dogmatique de la réalité en prenant la réalité comme point de départ de l'étude et de la discussion et en agissant selon ce que la réalité révèle.

« La situation est extrêmement explosive et dangereuse. La bourgeoisie est incapable de rétablir son ordre international, son nouvel ordre mondial, ni de changer la situation dans les différents pays. À moins d'examiner la vie politique dans toute sa profondeur, les peuples du monde ne sont pas en mesure de saisir ce qui se passe et de s'armer pour intervenir de façon efficace et apporter des changements réels à leur avantage. Le communisme moderne est synonyme de la conscience la plus avancée.

« Le communisme moderne a d'abord et avant tout des solutions à proposer dans différents aspects importants de la vie des êtres humains. Il a sa théorie sur le plan de l'économie, de la politique et de la conception du monde. » [« L'étude et la discussion du communisme moderne s'amorcent dans le cadre de l'Initiative historique pour changer la situation au Canada », LMLQ volume 26, numéro 122, 22 juin 1996]

Entraîner l'ensemble du corps politique dans la discussion

Le contenu de ce livre souligne que tout au long de leur histoire, les Internationalistes et le PCC(M-L) ne se sont jamais considérés comme une force unique, à part ou sectaire, mais une partie intégrante de l'ensemble des forces qui luttent pour changer la société. Ils ont toujours impliqué les masses populaires dans la discussion à chaque étape de leur travail.

Avec le lancement de l'Initiative historique, le but est d'entraîner l'ensemble du corps politique dans la discussion. Comment les gens peuvent participer à cette discussion ? La pensée du PCC(M-L) est présentée clairement dans la partie qui traite du commencement du Projet d'information sur le communisme moderne (PICM) en juin 1996.

« Le Projet d'information sur le communisme moderne est le travail le plus important jamais entrepris par le PCC(M-L). C'est le plus important parce que tout le travail qui a été fait avant cela a créé les conditions pour le travail crucial du développement du facteur humain/conscience sociale avec comme but la transformation du PCC(M-L) en un Parti communiste de masse et pour entraîner le peuple dans l'édification d'un système dans lequel il aura les moyens de décider de son avenir. Le PICM est au centre de tout cela. Son succès repose sur la participation de gens de tous les milieux à la discussion et au débat sur ce que doit être le communisme selon les conditions contemporaines. La discussion sur le genre de système qui doit être instauré, sur qui doit l'élaborer, qui doit participer à son édification est nécessaire, c'est-à-dire que la discussion historique sur la forme et le contenu de ce système qui permettra au peuple d'être maître de son avenir a commencé. L'ouverture de cette discussion à toutes les sections du peuple contribuera de manière très importante à l'ouverture des portes du progrès de la société.

« Avec comme point de départ le PICM, le PCC(M-L) fournira à toutes les sections du peuple toutes ses connaissances. La pensée marxiste-léniniste contemporaine sera utilisée pleinement pour armer le peuple de l'information idéologique, politique et théorique sur la lutte pour la création d'une société nouvelle. En même temps qu'il diffuse audacieusement cette information, le PCC(M-L) développera des programmes et des actions qui feront appel aux masses de façon à ce qu'elles élaborent et déterminent elles-mêmes le genre de système qui leur permettra de prendre leur destinée en mains. » [« Le projet d'information sur le communisme moderne commence », LMLQ volume 26, numéro 118, 18 juin 1996]

La classe ouvrière en particulier doit discuter sérieusement ce qu'elle doit faire maintenant pour libérer son initiative afin d'établir un nouveau système qui la libérera, comme condition de l'émancipation de l'humanité tout entière.

« Le PCC(M-L) sait parfaitement que la classe ouvrière n'a pas un intérêt futile à apprendre le communisme moderne. Au contraire, elle considère le communisme comme elle considère tout autre système : elle veut décider consciemment lequel permettra à la société de passer du stade de l'exploitation capitaliste et d'esclavage salarié au stade de la négation de l'exploitation capitaliste et de l'esclavage salarié, un système supérieur où les droits humains et non pas les simples droits civils seront reconnus. Autrement dit, la classe ouvrière recherche une discussion concrète à partir des conditions concrètes qui révèlent un besoin immédiat de faire échec à l'offensive antisociale avec un programme pro-social et de s'atteler à la création d'une société nouvelle qui garantira que l'exploitation de l'être humain par l'être humain ne se reproduise plus.

« La classe ouvrière n'est pas intéressée à un quelconque exercice intellectuel. En tant que classe dont le rôle historique est d'être le fossoyeur de la bourgeoisie et dont la mission est de réaliser sa propre émancipation comme condition à l'émancipation de l'humanité, son objectif immédiat est de devenir le dirigeant de la société, ce qu'elle ne peut faire qu'en développant un système permettant au peuple d'exercer lui-même un contrôle sur son existence.

« La classe ouvrière, dans le sens objectif, est l'arme matérielle de la théorie tandis que la pensée marxiste-léniniste contemporaine est son arme spirituelle. Les deux réunies constituent le facteur humain/conscience sociale qui naîtra lorsque les idées avancées de la classe ouvrière seront saisies par les larges masses du peuple et qu'éclatera la révolution. [ibid.]

Transformer le PCC(M-L) en un parti communiste de masse


Au VIIIe Congrès du PCC(M-L) tenu à Ottawa en août 2008 sous la bannière:
« Jeter les fondements du Parti communiste de masse »

Il ressort clairement de ces textes que l'« accoucheuse » de ces développements sera le parti communiste de masse. Un des principaux objectifs de l'Initiative historique est de jeter les fondements d'un tel développement et de transformer le PCC(M-L) en un parti de masse. Jeter les fondements et la transformation du PCC(M-L) en un parti communiste de masse sont des tâches complémentaires à mobiliser les gens pour élaborer leur système, le mettre en place et ainsi prendre en main leur destin.

Dans son important rapport « Le défi que nous relevons », présenté en novembre 1996, le camarade Bains souligne qu'un succès initial a été atteint dans la construction du parti communiste de masse. Un tel parti organise les masses, établit de nouveaux arrangements selon les conditions concrètes, défend les intérêts des masses et donne une cohérence aux objectifs de la classe ouvrière. Armé de cette cohérence, un tel parti relève le défi d'éliminer l'isolement et la marginalisation pour ne pas se retrouver embourbé dans les combats de diversion présents dans la société. Le camarade Bains explique :

« Quand nous disons que notre Parti a connu un succès initial dans la création des conditions subjectives de la révolution, nous entendons par là que maintenant le Parti existe. Non seulement il existe, mais il a atteint désormais le point d'avoir une vision du genre de parti qu'il doit être, de comment il doit être organisé et de quel est son avenir. Quand ce genre de Parti sera transformé en un parti communiste masse, le succès initial va se transformer en victoire permanente. L'ensemble de la classe ouvrière et des masses populaire sera fécondé par ce Parti communiste et il deviendra impossible de revenir en arrière. Un tel Parti communiste organisera alors la révolution.

« Un Parti communiste qui n'est pas conscient de la nécessité d'élaborer des arrangements pour briser l'alliance libérale-syndicale au moins dans quelques endroits, un Parti communiste qui est incapable d'analyser ce qu'est la base et ce que sont les arrangements pour mener la lutte extra-parlementaire, un parti communiste qui n'est pas en mesure de faire la différence entre ce qu'est l'action révolutionnaire et ce qui ne l'est pas, n'a aucun avenir.

« La position de base d'un parti communiste de masse est d'organiser les masses, d'établir de nouveaux arrangements et de créer les conditions d'une société nouvelle. Il n'est pas un parti communiste de masse parce qu'il peut répondre aux besoins de tout le monde. Un Parti communiste de masse existe parce qu'il met au premier plan les intérêts des masses, tant dans sa conception que dans tout son travail. Il assure la cohérence des objectifs de la classe ouvrière. Le Parti de masse fournit à la classe ouvrière de sa propre conscience afin que la classe ouvrière voit qu'elle n'est pas irrationnelle ou ignorante. Toute la pression de la bourgeoisie vise à éliminer cette cohérence.

« Quelle genre de cohérence sera fournie à la classe ouvrière par l'offensive antisociale ? Que va-t-on dire à la classe ouvrière ? La bourgeoisie et l'aristocratie syndicale ne peuvent que promouvoir des idées irrationnelles et l'ignorance, et conseiller aux travailleurs de ne penser qu'à leurs propres intérêts, que chaque personne ne se préoccupe que d'elle-même, que sa famille, sa sécurité d'emploi, ses intérêts personnels sont tout ce qui compte. La bourgeoisie veut éliminer la collectivité, le plus grand phénomène social qui ait vu le jour.

« Partir de la thèse fondamentale que notre Parti communiste est un arrangement moderne ayant sa propre base idéologique est ce qui assure la cohérence du corps politique, c'est ce qui fait penser à la direction que doit prendre la société et c'est ce qui donne à la classe ouvrière son rôle de premier plan.

« Les arrangements doivent être faits après avoir analysé où sont les personnes qui veulent être organisées. Il y a toujours des gens qui voudraient être organisés. Que peut-on faire pour eux ? Les raisons doivent déjà exister. En d'autres termes, nous devons voir quelles possibilités existent déjà chez les masses et prendre des mesures en conséquence. En même temps, le travail constant du Parti doit se poursuivre. Le Parti doit établir les organisations de la jeune génération. Il doit continuer de renforcer ses organes, comme Le Marxiste-Léniniste, et poursuivre ses autres activités. En d'autres termes, il faut comprendre que les arrangements ne sont pas une question de présupposition ou de tirer des conclusions à l'avance sur ce qui peut être fait et ce qui ne peut pas être fait.

« Un tel parti communiste vivra un autre 25 ans, mais dans des conditions nouvelles. Il fera chavirer le bateau de l'impérialisme anglo-américain. Une fois ce bateau ébranlé au Canada, l'impérialisme sera plus en mesure de le diriger où que ce soit, pas aux États-Unis et pas en Grande-Bretagne, en l'Australie ou en Afrique du Sud, sans de parler de l'Inde. » [« Le défi nous acceptons, discours du camarade Bains au Forum consultatif central du CPC(M-L) », 9 novembre 1996]

Une article du LML indique au sujet de ce discours du camarade Bains :

« Le camarade Bains a communiqué aux participants une thèse extrêmement importante sur la nécessité pour la classe ouvrière de saisir la théorie et la pratique d'un nouvel arrangement pour l'organisation de la société, un arrangement qui formera la base de la création d'une société nouvelle, qui reconnaît et garantit les réclamations de tous ses membres et de tous ses collectifs. Dans son allocution, le camarade Bains a expliqué que la tâche d'éliminer l'isolement et la marginalisation du communisme est indispensable et cruciale. Il a expliqué les traits essentiels et indispensables du Parti communiste moderne dans cette période de tournant historique. » [« Relever le défi, ouvrir la voie de la victoire », LMLQ volume 26, numéro 219, 13 novembre 1996]

La destruction de masse

Tout ce travail a eu lieu et se poursuit face aux destructions entreprises par la bourgeoisie qui visent à la fois le Parti et la société tout entière. Le matériau explique l'intensité que cette destruction a atteint dans la période 1995-1996 et comment le Parti a surmonté cette pression.

C'est là que l'on peut voir avec clarté la tactique de transformer les passifs en actifs. Dès le début de la période de recul, cette tactique a consisté à identifier et à renforcer le travail principal, à accroître l'activité politique, à identifier les forces qui avaient un intérêt à faire le travail et à assurer son succès par la mobilisation politique maximale. Cela était considéré comme une épreuve de force pour l'existence même du Parti. Donnant la priorité à la qualité, on a choisi pour ce travail des forces qui accompliraient le plan plutôt que de choisir celles qui se déclaraient d'accord en paroles mais ensuite ne feraient rien. Une attention particulière a été portée à l'intégration et à la convergence, et à combattre la pression liquidatrice. Le principe de l'appui sur ses propres forces a été appliqué sur tous les fronts.

À la fin de 1995, alors que le Parti était à la veille de faire ses plus grandes avancées, les pressions liquidatrices ont atteint le niveau des plus basses calomnies et des campagnes de diffamation, de la conciliation avec le libéralisme, de l'indifférence crasse, de la trahison et de l'irrationalisme. Le Parti a subi la pression liquidatrice de la bourgeoisie et de son aristocratie syndicale agissant comme son soutien social. Comme toujours, le Parti s'est protégé de la pression liquidatrice en intensifiant ses efforts pour exécuter son plan, tout en reconnaissant ses actifs dans la classe ouvrière et le travail du Parti, et en éliminant ses passifs, la vieille façon de faire les choses et l'ancien qui refusait de se renouveler.

Le Parti était entièrement préparé à régler ses comptes avec quiconque essayerait de lever la main contre lui et son travail, confiant que lorsque vient le temps des décisions, ce sont les ennemis du communisme qui se rompent le cou. Le Parti avait confiance en la classe ouvrière, la jeunesse et l'intelligentsia, confiant que de leurs rangs allaient se dresser ceux qui peuvent organiser sur la base la plus avancée et considèrent le travail comme le but de leur vie. Parce que le Parti a toujours accordé la plus grande attention à son propre travail, créant ainsi sa propre histoire, son idéologie et sa théorie, les différents éléments qui se sont opposés au Parti se sont heurtés à un mur de granit et se sont cassés le cou.

Au sujet du 9e Plenum du Comité du central du PCC(M-L) tenu en janvier 1996, LML écrit :

« Le plénum a identifié la pression liquidatrice comme une pression qui a pour but de faire succomber le PCC(M-L) à l'irrationnel et aux campagnes de salissage, les armes de l'offensive anticommuniste dans ses efforts hystériques, frauduleux et vains d'empêcher que soient ouvertes les portes du progrès de la société. Le plénum s'est vigoureusement opposé à la pression liquidatrice, a rejeté la méthode des campagnes de salissage contre une personne ou une organisation tout en soulignant que le PCC(M-L) repose sur une seule ligne, que le fondement de sa pensée théorique est la pensée marxiste-léniniste contemporaine, et que l'émancipation finale de la classe ouvrière est son seul but.

« Le plénum a identifié la pression liquidatrice comme un élément du travail contre-révolutionnaire de ceux qui concilient avec le libéralisme. Le plénum a engagé toutes les organisations du PCC(M-L) et tous les membres et sympathisants à éviter les pièges de l'irrationnel et des campagnes de salissage que tend la bourgeoisie. Le plénum a invité tous les marxistes-léninistes et toutes les forces démocratiques et progressistes à faire échec à l'irrationnel, aux méthodes de scission et aux campagnes de salissage utilisés par la bourgeoisie et les conciliateurs du libéralisme. Le plénum a invité tous les membres et sympathisants à avancer au rythme du travail pour le renouveau démocratique et des efforts pour conduire la société hors de la crise. » [« Les décisions du 9e Plenum du Comité central du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) », LMLQ volume 26, numéro 3, 4 janvier 1996]

« Le camarade Bains a souligné que les dix dernières années de travail ont été inaugurées par le IVe Congrès avec l'objectif de développer le rôle dirigeant du Parti. Un des plus grands projets politiques durant cette période fut la construction de la presse de masse du Parti et le développement du mouvement pour les idées éclairées. Ce fut une rupture avec tout ce qui s'appuyait sur la simple répétition des idées, sur un projet de propagande et d'agitation. La période entre 1982 et 1985 a vu naître un projet pratique pour la classe ouvrière. Ce projet fut entrepris vigoureusement et à mesure qu'il a progressé des ennemis se sont fait jour. Une des ruses préférées de certains fut d'écouter attentivement et de se déclarer en accord avec toutes les décisions pour ensuite ne faire absolument rien pour les mettre en application. Le PCC(M-L) ne fut pas exaspéré par cela. Dans un mouvement pour de si grands idéaux, dirigé vers la création des conditions pour l'émancipation complète de la classe ouvrière, cette indifférence ne saurait s'ériger en obstacle. Tôt ou tard, le rideau s'ouvre et vient le moment de prendre une décision, et alors les ennemis du communisme sont perdus

« Le camarade Bains a expliqué que la période depuis 1982 a vu de ces personnes, notamment des gens provenant des couches moyennes, se rallier en masse à la bourgeoisie tout en créant toutes sortes d'illusions à propos du système actuel. D'autres se sont déniché une position dans la classe ouvrière, réclamant un statut spécial : tout le monde doit travailler à la réalisation des projets du Parti, mais eux ont autre chose à faire. Il y en a même qui s'obstinent à ne pas reconnaître ce fait élémentaire que le PCC(M-L) est guidé par sa propre pensée théorique, ses principes organisationnels, sa stratégie et ses tactiques, et surtout par sa propre histoire. Le comportement des forces qui prétendent être du côté du progrès abaisse le prestige du mouvement progressiste, comme s'il n'avait jamais rien accompli et qu'il n'était rien. Le camarade Bains a fait remarquer que l'apparition de ces ennemis qui se dressent en obstacle au progrès du Parti n'est pas un phénomène nouveau. Or, ils ne sont jamais parvenus à détourner le Parti de sa lutte à la défense des intérêts de la classe ouvrière, à la défense des sections éclairées de la société, à la défense des intérêts de tous ceux qui, au pays comme à l'échelle internationale, sont pour le renouveau démocratique dans le monde.

« C'est précisément parce que le Parti a toujours accordé une attention de premier ordre à son propre travail, à créer sa propre histoire, sa propre théorie et sa propre idéologie, que ceux qui se lancent à l'assaut contre lui viennent se fracasser la tête contre un mur de pierre.

« Le camarade Bains a expliqué que la raison pour laquelle la décision que le Parti prend actuellement peut être qualifiée de périlleuse, c'est que le Parti est à la veille d'un de ses plus grands progrès. Elle est périlleuse parce que dans une entreprise aussi courageuse, on risque d'être battu et de subir un revers. Toutefois, a dit le camarade Bains, seuls ceux qui tentent d'escalader les plus hauts sommets peuvent dire qu'ils ont au moins essayé, même s'ils subissent un revers au début. C'est pour cela également, a déclaré le camarade Bains, que la situation exige la plus grande vigilance. Il faut être vigilant en premier lieu en termes de notre idéologie et de notre théorie. » [« Discours au 9e plénum élargi du Comité central du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) », LMLQ volume 26, numéro 1, 2 janvier 1996 ]

Au sujet du 10e Plenum du Comité du central du PCC(M-L) tenu en mars 1996, LML écrit :

« Tout au long des délibérations du Plénum ont été discutés la pression liquidatrice, le rôle des faiblesses dans le travail qui contribuent à accentuer cette pression et le rôle de la perfidie et de la trahison au cours de cette période de retraite de la révolution. Tous les participants au Plénum ont salué le succès historique remporté dans le travail du PCC(M-L) dans l'année écoulée, au cours de laquelle le Parti a développé son dynamisme sur tous les fronts, détachant ce travail des nuisances et des revers qui pourraient se produire dans d'autres domaines à cause de la perfidie et de la trahison. » [« Le CC du PCC(M-L) tient son 10e Plénum », LMLQ volume 26, numéro 55, 19 mars 1996]

Au sujet d'une réunion des militants du Parti du centre du Canada (Ontario et Québec) présidé par le camarade Bains le 28 avril 1996 à Toronto, LML écrit :

« Le point principal à l'ordre du jour portait sur mettre un terme au travail de « transformer les passifs en actifs » afin d'assurer le succès de la tâche politique clef de la présente période, c'est-à-dire la consolidation de la presse de masse du Parti.

« Dans le cours du travail d'organisation, il est crucial de saisir l' »essence » d'une tâche. Il ne suffit pas de simplement « poser le problème » ou d' « adopter des résolutions » pour le résoudre. Pour résoudre un problème, il faut en saisir l'essence. Notre Parti ne se base pas sur la spontanéité. Au contraire, il crée tout consciemment. C'est la raison pour laquelle il insiste tant sur le travail d'organisation. Le PCC(M-L) ne possède que sa classe et son propre travail comme actifs et ceux-ci doivent être placés à la disposition de la tâche à accomplir.

« Le vieux monde, l'ancienne façon de faire les choses, la bourgeoisie et la pression liquidatrice sont ses passifs. L'élimination des passifs du Parti est la condition pour permettre le déploiement de ses actifs pour assurer la victoire du nouveau. En dernière analyse, le développement opère selon ses propres lois. Il faut d'abord détruire avant de construire. » [« Une réunion consultative enthousiaste », LMLQ volume 26, numéro 84, 30 avril 1996]

Le Parti se protège, se développe et grandit en renforçant ses nouveaux arrangements, en les modernisant pour répondre aux besoins de l'époque, comme le souligne le camarade Bains dans « Le défi nous relevons » en novembre 1996.

« Le Parti fait du travail dans de nombreux domaines. L'important est qu'il ne succombe pas à la pression de la liquidation et de la désintégration dans la sphère du travail lié au parti communiste.

« Le mouvement communiste s'est effondré, mais le PCC(M-L) ne s'est pas désintégré. Comme vous le savez, un parti communiste se renforce en surmontant une scission. Un parti communiste surmonte une scission non pas en se regardant ou en espionnant ses membres pour voir qui va provoquer la scission. Au contraire, un Parti se protège, se développe et grandit en renforçant ses nouveaux arrangements, en les modernisant pour répondre aux besoins de l'époque.

« La base idéologique d'un parti devient plus claire et il surmonte une scission en s'assurant que de plus en plus de gens fasse scission avec la bourgeoisie et se rallient au Parti et à la classe ouvrière. » [« Le Défi que nous relevons »]

Au Forum consultatif central du PCC(M-L) tenu le 1er janvier 1997, le camarade Bains a déclaré :

« En dépit de tous les progrès accomplis dans leur travail par le PCC(ML) et ses organisations de masse, la période de recul de la révolution et de régression tous azimuts continue d'exercer une pression liquidatrice, brutale et inhumaine sur l'ensemble du mouvement communiste et ouvrier au Canada ainsi qu'à l'étranger. Au cours des dernières années, notamment en 1995 et 1996, elle a pris la forme d'une grande destruction. La lutte contre la destruction du mouvement communiste et ouvrier est de la plus grande importance, tant dans le domaine de l'idéologie que dans les domaines organisationnel et politique. Mille neuf cents quatre-vingt-dix-sept connaîtra un développement vigoureux, la lutte résolue et sans compromis contre la destruction. »

Au Forum consultatif central du PCC(M-L) tenu le 30 mars 1997, le camarade Bains a déclaré :

« En août 1964, les Internationalistes ont expulsé officiellement 41 membres sur 43. Ce n'était pas une lutte entre deux lignes. C'était une lutte d'une ligne unique. Et cette ligne était la ligne de deux personnes. Ainsi, si après le VIIe Congrès ou à un autre moment, si une occasion similaire se présente d'ici le début du XXIe siècle, en ce qui me concerne, ce sera fait à nouveau. Ce ne sera pas fait de la façon que je viens de décrire, c'est-à-dire que nous nous réunirons pour expulser des membres. Cela se fera juste sous nos yeux par les gens eux-mêmes. J'ai pleinement confiance dans notre classe sociale, la classe ouvrière, et dans notre jeunesse et dans notre intelligentsia. Je suis convaincu que de leurs rangs s'avanceront ceux qui peuvent organiser tout sur la base la plus avancée. Camarades, quiconque a des yeux et toute personne qui ouvre les yeux de temps en temps peuvent voir si ils le souhaitent. Ils peuvent voir que les conditions exigent une force sociale qui est impliquée dans ce travail et le considère comme le but de sa vie. »

Qui est extrême, perturbateur, anti-canadien ?

La bourgeoisie et ses apologistes présentent le communisme et les communistes comme anti-canadiens, extrêmes, détachés du peuple et la cause de toutes les perturbations dans leur poursuite de ce qui ne fonctionnera jamais. Mais qu'en est-il en réalité ? Le PCC(M-L) peut dire avec fierté que depuis sa fondation, comme les Internationalistes en 1963, il est une tendance authentiquement canadienne. Le Parti n'est jamais devenu une agence d'une puissance étrangère et n'a jamais vécu d'idées empruntées ou en plagiant ou singeant les autres. Quel autre parti politique au Canada peut l'affirmer ? Certainement pas ceux qui assujettissent le Canada à la machine de guerre américaine, ouvrent le pays et son économie à la domination étrangère et imposent de soi-disant « valeurs canadiennes » qui sont dans leur essence un affront au droit de conscience des Canadiens et sont carrément antiouvrières, antisociales, racistes et anticommunistes. Les partis qui soutiennent et font la promotion du néolibéralisme antisocial ne sont-ils pas les fauteurs de troubles, les extrémistes anticanadiens déconnectés du peuple ?

Non seulement le PCC(M-L) se fonde-t-il sur une analyse profonde des problèmes auxquels les Canadiens font face et de leurs besoins dans cette situation concrète, mais il a toujours établi son travail sur la base d'un plan qui engage la classe ouvrière et ses alliés dans la discussion et le débat sur la voie vers l'avant. Par cette méthode de travail moderne, la classe ouvrière et ses alliés sont entraînés dans la transformation de la situation et prennent en main leur avenir.

Qui sont véritablement les fauteurs de troubles et leurs apologistes, qui détruisent la vie des gens, en les entraînant dans des guerres coloniales, en attaquant leurs droits, leurs moyens de subsistance, les services et la base industrielle, en privatisant et en bradant le bien commun et les ressources naturelles des Canadiens ? Qui sont ceux qui font miroiter la promesse d'un avenir meilleur, mais le temps venu n'offrent que des énoncés principe et plus de chaos et de dévastation ?

Certainement pas les communistes qui sont à l'avant-garde de la résistance à ces attaques anticanadiennes !

Seul le PCC(M-L) présente une vision et un plan pour la réalisation d'une société nouvelle et défend fièrement dans les nouvelles conditions l'édifice du communisme, qui est l'espoir de toute l'humanité. Toute enquête sérieuse et impartiale pour briser le brouillard et la noirceur de la désinformation montre que le communisme est au centre et à l'avant-garde de chaque étape positive franchie par l'humanité au cours du siècle dernier et sera également à l'avant-garde de toutes les avancées progressistes du XXIe siècle.

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Organiser signifie rendre le peuple conscient de la tâche décisive comme condition de la victoire

Hardial Bains, leader national du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste), s'est adressé à des activistes responsables du Comité régional de l'Ontario du PCC(M-L) le 20 juillet 1996 à Toronto. Il a présenté une thèse importante que nous présentons ici à des fins de discussion.

La thèse porte sur les problèmes relatifs à l'organisation, notamment en ce qui concerne des mesures à prendre objectivement pour assurer la croissance du facteur humain/conscience sociale. Elle a rapport avec rendre le peuple conscient des tâches décisives. Voici quelques aspects importants de cette thèse.

Qui doit être au centre de tous les développements sociaux ? Cette question d'importance cruciale a déjà été réglée. C'est la classe ouvrière qui doit être au centre de tous les développements. La classe ouvrière doit être la force principale et dirigeante pour ouvrir la voie au progrès de la société. Le PCC(M-L), en tant qu'avant-garde de la classe ouvrière, a formulé des mécanismes politiques pour faire en sorte que ce soit la classe ouvrière qui soit au centre de tous les développements sociaux, et cela comprend, entre autres, son principe organisationnel, le centralisme démocratique, ainsi que la méthode de travail collectif/responsabilité individuelle.

Hardial Bains a commencé la discussion en parlant des organisations du PCC(M-L) et des institutions de la base technique. Ces organisations et ces institutions jouent un rôle crucial dans la création du facteur conscient, c'est-à-dire la création des conditions subjectives de la révolution. La base technique comprend toutes les institutions qui facilitent le travail du PCC(M-L) : le bureau national, les instituts de recherche, les instituts liés à la production du Marxiste-Léniniste, à la distribution et à l'ensemble du processus de production. Le PCC(M-L) a accordé une grande attention à ce travail depuis 1968, lorsque les Internationalistes se sont réorganisés et que la décision fut prise de créer les conditions pour bâtir le PCC(M-L).

Comment ces organisations du PCC(M-L) et ces institutions de la base technique contribuent-elles au développement du facteur conscient ? Sur les épaules de qui doivent-elles s'appuyer pour se renforcer, sinon sur les épaules de la classe ouvrière qu'on rend consciente de ses responsabilités envers elle-même et envers la société ? Par exemple, le bureau national peut-il développer son travail sans l'aide des femmes, des travailleurs, des jeunes et des étudiants ? Où trouvera-t-on la force pour compléter le travail sinon en rendant la classe ouvrière consciente de la nécessité du bureau national et de ses tâches ? Ce n'est qu'en mobilisant les femmes, les travailleurs, les jeunes et les étudiants qu'on peut progresser vers la réalisation des objectifs du bureau national.

Déjà en 1965-1966, il était devenu évident que les partis politiques bourgeois au Canada ne pouvaient pas fonctionner sans s'appuyer entièrement sur les riches. Cette dépendance, en plus de créer un terrain inégal pour les partis politiques, leur amène aussi le discrédit aux yeux du peuple puisque chaque jour il devient plus évident qu'ils sont les représentants des riches. On sait que « qui paie les musiciens commande la danse ». Ces partis bourgeois ont amendé la loi électorale pour se munir d'immenses ressources tirées du trésor public pour faciliter leurs manoeuvres électorales pour s'emparer du pouvoir.

Cependant, une étude sérieuse de l'état des partis politiques en 1965-66 et en 1996 révélera que les ressources financières comme telles ne sont pas la clé de l'organisation politique. Non, la clé est l'élévation du niveau idéologique et politique du peuple. Les partis bourgeois ne sont pas intéressés à placer le peuple au centre de tous les développements sociaux. Ils sont les gardiens du pouvoir politique dont la tâche est de maintenir le peuple à l'écart. Ces partis politiques progressent non pas en élevant le niveau idéologique et politique du peuple, mais plutôt en l'abaissant.

Le PCC(M-L) est le champion de l'ascension du peuple au pouvoir. Il est pour la démocratie directe dans laquelle c'est le peuple qui sélectionne les candidats aux élections et qui les porte au pouvoir, et c'est le peuple qui doit conserver le contrôle des affaires politiques du pays. Le pouvoir législatif doit être subordonné au peuple.

Pour le PCC(M-L) le problème posé et à résoudre est l'organisation et la mobilisation du peuple pour la réalisation d'une tâche précise, non pas le problème financier et autre. Concrètement, c'est l'organisation et la mobilisation du peuple autour des organisations du PCC(M-L) et des institutions de la base technique qui sont devenues la tâche cruciale. Hardial Bains a souligné que sans réaliser cette tâche, toutes les organisations du PCC(M-L) et toutes les institutions de la base technique deviendront une force agissant contre le but pour lequel elles ont été établies.

La première institution de la base technique fut l'Institut d'études idéologiques « Nécessité d'un changement » établi en 1967. La raison d'être de cette institution était que le travail d'étude, d'enquête et de recherche appartienne à la classe ouvrière et aux larges masses du peuple. Un institut professionnel de recherche était nécessaire pour satisfaire les besoins du peuple en matériel scientifique, surtout des sciences sociales. L'institut fut établi en s'appuyant sur l'enthousiasme du peuple. Mais ce n'était pas une organisation politique comme telle. En tant qu'une des entreprises de la base technique, il a joué et continue de jouer un rôle crucial dans l'élévation du niveau idéologique et politique du peuple.

Pour faire avancer ce travail, pour en élever la qualité et la quantité, il est absolument nécessaire d'organiser et de mobiliser le peuple par tous les moyens. Cela signifie rendre la classe ouvrière consciente du fait que ce travail est crucial pour son émancipation. Deux ingrédients sont nécessaires pour ce développement qualitatif.

Le premier est le facteur humain, les ressources matérielles nécessaires. Pour être spécifique et direct, celles et ceux qui travaillent dans ces instituts doivent pouvoir se nourrir, se vêtir et se loger avant de pouvoir faire quel que travail que ce soit. L'institut aura-t-il un produit qui saura devenir populaire, qui fera en sorte que les masses du peuple seront disposées à soutenir financièrement celles et ceux qui y travaillent en échange de cette production ?

Le deuxième ingrédient est la conscience sociale. Les travailleurs de l'institut sont-ils pleinement dévoués à leur produit, résolus à ce qu'il satisfasse les besoins du peuple d'élever son niveau idéologique et politique ? En d'autres mots, l'institut doit produire le matériau dont le peuple a besoin sans placer le profit aux commandes. En même temps, les travailleurs de l'institut doivent être entièrement convaincus qu'ils susciteront une réponse précise du peuple par le matériau qu'ils produisent. À toutes fins pratiques, l'institut appartient au peuple, est administré par le peuple et pour le peuple — aussi banal cela puisse-t-il sembler.

Hardial Bains a fait appel à tout le monde d'accorder une attention de premier ordre à ce que signifie objectivement administrer l'institut ou les autres institutions de la base technique comme le bureau national, l'entreprise de distribution, les imprimeries, etc. Il a dit que la seule institution de la base technique qui existait au début de 1968 était l'Institut d'études idéologiques « Nécessité d'un changement ». Mais en août 1968 une autre institution fut établie, suivie tout de suite par plusieurs autres. Au cours des 28 dernières années, les marxistes-léninistes ont eu plusieurs institutions importantes à leur disposition. Comment ces institutions doivent-elles se développer en 1996 ? Doit-on chercher à obtenir des subventions du gouvernement comme le font les partis politiques de la bourgeoisie depuis 1965 ? Ou faut-il ouvrir une voie, éliminer les faiblesses des institutions existantes et les développer pour en faire des forteresses du communisme ?

Les vraies forteresses du communisme sont celles où ceux qui y travaillent sur une base professionnelle et ininterrompue, s'éduquent constamment sur le but de l'institution et s'efforcent de rendre le peuple conscient de la nécessité et de l'importance de ce travail. Par exemple, une entreprise qui distribue des publications progressistes doit bien comprendre le besoin du peuple en publications progressistes. Elle doit en comprendre l'urgence et l'importance. Elle doit populariser l'existence de ces publications qui aidera le peuple dans son effort pour créer le nouveau. Ce n'est pas une affaire de télémarketing. Il s'agit de répondre en profondeur au besoin idéologique et politique du peuple et de le rendre conscient du service qu'offre l'entreprise.

La comptabilité de ces entreprises se fait suivant un partage des revenus en fonction du genre de travail accompli par chacun et des capacités que chacun apporte au travail de même que, dans une certaine mesure, en fonction des besoins individuels. L'important à saisir est que le travail n'est pas considéré comme un coût. Au contraire, le revenu total moins les coûts appartient non seulement au collectif qui travaille à l'entreprise mais à l'ensemble de la classe ouvrière. Le collectif y contribue son travail et s'intéresse au succès de l'entreprise pour qu'elle puisse soutenir et même commencer d'autres entreprises. En d'autres mots, cette institution appartient à la classe ouvrière dans le vrai sens du terme. C'est ce genre d'institution qui a de l'avenir aujourd'hui. C'est ce genre d'institution qui aide à la croissance du facteur humain/conscience sociale, qui produit des individus qui pourvoient à leurs besoins dans le cadre de satisfaire les besoins du collectif et de la société en général et qui contribuent à ouvrir la voie au progrès de la société.

Par contraste, qu'est-ce que la bourgeoisie offre ? Sa plus récente invention est la notion de « société de bénéficiaires ». C'est une notion conçue pour diviser la classe ouvrière et amener les travailleurs à se faire la guerre. S'étant regroupés au sommet sous la forme du tripartisme — les gouvernements, les grandes entreprises et l'aristocratie syndicale — ils sont maintenant à la recherche d'une forme de tripartisme qui pourrait agir aussi à la base. Il y a une préparation idéologique dans ce sens en Grande-Bretagne qui a déjà des manifestations au Canada. Elle rappelle le recrutement des masses en appui à l'impérialisme allemand en « rétablissant l'Allemagne dans toute sa grandeur » par le « socialisme national » du Parti nazi. À cette fin, aujourd'hui le Parti travailliste en Grande-Bretagne a inventé le concept de « société de bénéficiaires » dans le cadre de la campagne de la bourgeoise britannique pour « redonner à la Grande-Bretagne toute sa grandeur. »

Selon les idéologues « néo-travaillistes » du Parti travailliste de Grande-Bretagne, la société n'est pas constituée de classes mais de « bénéficiaires ». La force motrice du développement social n'est pas la lutte de classes mais la recherche d'un « équilibre » entre ces « bénéficiaires » disparates. Conformément à ce matérialisme vulgaire, au niveau de l'entreprise tous les êtres humains sont des bénéficiaires. Les distinctions de classe disparaissent devant la communauté des « bénéficiaires ».

Seule la bourgeoisie et ses alliés bénéficient du capitalisme, mais, habilement, elle veut convaincre la classe ouvrière qu'elle en bénéficie également. Le seul intérêt que trouve la classe ouvrière au capitalisme est qu'elle doit le renverser et bâtir le socialisme. Les différentes personnes qui ont un intérêt au capitalisme importent, qu'elles soient des détenteurs d'actions, des administrateurs, certains consommateurs et clients, des fournisseurs, les gouvernements, des grandes entreprises et l'aristocratie syndicale. L'ouvrier sait d'instinct que ces « bénéficiaires » travaillent ensemble pour créer des « valeurs » dans une entreprise dont ils tirent profit au détriment des intérêts de la classe ouvrière. Sur une plus grande échelle ils travaillent ensemble pour « redonner à la Grande-Bretagne toute sa grandeur » pour accroître leur influence et leur pouvoir. Mais il est supposé oublier tout cela. Il est supposé se déclarer, envers et contre toute logique, un « bénéficiaire » du système capitaliste. Selon les idéologues « néo-travaillistes », l'ouvrier doit renoncer à la lutte de classe et aux antagonismes de classe, il doit croire que tout ira bien pour tous les « bénéficiaires » lorsqu'un équilibre aura été établi entre eux.

Le système capitaliste, qui progresse par la destruction violente des forces productives et qui a créé une armée permanente et grandissante de chômeurs et de pauvres, est censé maintenant aider l'ouvrier parce que celui-ci serait devenu un « bénéficiaire » du capitalisme. Quelle farce ! Quelle perfidie ! On pourrait en rire si ce n'était si tragique de voir l'aristocratie syndicale se vouer à la réalisation de ce tripartisme à la base, une grande diversion extrêmement préjudiciable aux intérêts de la classe ouvrière.

La thèse fallacieuse de la « société de bénéficiaires » part de l'hypothèse que le monde contemporain représente « la fin de l'histoire » et que tout développement ultérieur de la société est impossible. Prenant cette fausseté comme une vérité éternelle, les « néo-travaillistes » deviennent les partisans de remaniements à l'intérieur de la société actuelle. Ils cherchent à créer une alliance à la base constituée autant des capitalistes que des travailleurs qui auraient tous intérêt à défendre le système capitaliste et à aller en guerre s'il le faut pour « redonner à la Grande-Bretagne toute sa grandeur ».

La conséquence de cette grande diversion est d'encourager de grandes divisions parmi les travailleurs et les amener à lutter les uns contre les autres plutôt que de mener la lutte de classes et de préparer les conditions à l'avancement de la société au stade suivant. Au lieu de contribuer au renversement du capitalisme, la classe ouvrière s'occuperait de défendre le système même qui est la cause de son exploitation et de son oppression. Au lieu de développer l'antagonisme contre la propriété privée et l'exploitation de l'humain par l'humain, un antagonisme sera développé contre ceux qui mènent la lutte de classes pour renverser le système capitaliste et bâtir une société socialiste.

Si cela réussit, les forces productives humaines, la plus grande richesse de la société, seront impitoyablement gaspillées et le facteur antihumain/anticonscience connaîtra une croissance effrénée, présentant les pires infamies et la brutalité comme le plus grand exploit pour la plus grande gloire de la Grande-Bretagne, fermant la porte au progrès de la société pour très longtemps. Ce tripartisme à la base vise à désarmer complètement la classe ouvrière idéologiquement.

La thèse présentée par le camarade Bains pose la question suivante : une entreprise ou une société est-elle possible sans antagonisme ? Une entreprise ou une société sans antagonisme est une entreprise ou une société sans vie. L'absence d'antagonisme suppose qu'il n'y a plus de lutte en fonction de l'opposition des contraires et que tout ce qui peut être réalisé l'a déjà été. La société arrive à sa fin et il ne reste plus qu'à trouver un équilibre entre tous ceux qui sont « bénéficiaires » de cette société. En d'autres mots, le moteur du développement de la société serait de chercher un équilibre entre les « bénéficiaires », d'éliminer tout antagonisme d'une société fondée sur l'antagonisme de classe. Mais l'antagonisme entre exploiteurs et exploités dans la société capitaliste existe objectivement. À la tête des exploités se trouve la classe ouvrière et à la tête des exploiteurs se trouve la bourgeoisie.

L'antagonisme sous le socialisme est entre les forces de la révolution et les forces de la restauration du capitalisme, et sous le communisme il est entre l'ancien et le nouveau. La création d'une société de « bénéficiaires » sous le capitalisme n'établira pas un équilibre, elle exacerbera l'antagonisme actuel entre exploiteurs et exploités, engendrant le conflit partout. Seule la révolution socialiste peut surmonter la division dans la société entre exploités et exploiteur, éliminer les antagonismes de classe et créer la condition de l'émancipation complète de l'humanité.

L'antagonisme a sa place dans la société, mais pas quand il agit comme force destructrice. C'est précisément ce que font les antagonismes de classe dans la société actuelle. La classe capitaliste les maintient par la force car elle s'oppose obstinément à la socialisation de la propriété des moyens de production — qui est la condition de l'élimination des divisions de classe. L'humanisation de l'environnement social et naturel requiert l'utilisation des forces productives humaines contre tous les antagonismes de classe. Mais l'antagonisme dans la société ou dans la nature n'est pas en soi une force négative. Il est destructeur lorsqu'il sert à bloquer le progrès de la société dans l'intérêt d'une minorité, comme le fait la bourgeoisie à l'heure actuelle.

L'acte d'affirmation de l'être humain est le rejet du rapport entre la forme actuelle de propriété par laquelle la vaste majorité de la population est asservie à une petite minorité. Chercher un équilibre entre les intérêts des membres d'une société fondée sur cette forme de propriété, c'est être extrêmement antagoniste envers le peuple et envers la voie vers l'avant. La raison exige le rejet de cet effort pour établir un soi-disant équilibre ; être rationnel, c'est éliminer cet assaut irrationnel, ce facteur antihumain/anticonscience, qui tente un équilibre là où il n'y en a pas.

La thèse du 20 juillet reconnaît l'existence d'une abondance de problèmes dans la société. La question est la suivante : pouvons-nous croire que ces problèmes qui existent dans la société sont causés par l'« attitude » d'un individu ou de mauvaises « mesures de politique » d'un certain parti politique ? Qui blâmer pour les problèmes apparemment insurmontables comme le chômage, l'insécurité d'emploi et la pauvreté et les problèmes sociaux, culturels et spirituels ? Pour les idéologues « néo-travaillistes » du Parti travailliste de Grande-Bretagne, il suffirait que tous les membres de la société se considèrent comme des « bénéficiaires » du système capitaliste. Or, comment l'ouvrier peut-il se considérer un bénéficiaire au même titre que la reine d'Angleterre ? Dans sa tentative désespérée pour prolonger un peu son existence, la bourgeoisie fait miroiter la « société des bénéficiaires » aux yeux des travailleurs — un peu comme une corde à noeud coulant pour les inviter à se pendre.

Dans son déclin, le capitalisme invente une multitude de notions prétendant qu'il est devenu humain. Elles font partie d'un effort pour faire croire que le capitalisme est le système le plus avancé que les humains soient capables de créer et que son seul problème est qu'il a certaines faiblesses à corriger. Une fois qu'on les aura corrigées, ce sera un système plus humain. Selon ces idéologues, les problèmes du capitalisme relèvent uniquement de la politique gouvernementale. En d'autres mots, le système capitaliste n'est pas examiné objectivement, il est vu par le prisme des visées des capitalistes qui sont la force économique dominante de la société. Ces points de vue de la force économique dominante, ses idées dominantes, exercent une pression sur la classe ouvrière et les larges masses du peuple. Au lieu de mesures permettant de s'attaquer à la situation dans le sens objectif, on blâme des personnes ou des politiques gouvernementales. On crée des illusions qu'en changeant les attitudes, d'une personne ou d'un groupe de personnes, la situation peut changer. Cela escamote le fait que la société obéit à des lois objectives dans son développement et son déclin.

Il y a environ un an et demi, s'adressant à un groupe de personnes qui avaient entrepris un « litige » contre certaines institutions, Hardial Bains avait insisté sur le fait qu'il ne s'agit pas de trouver qui blâmer dans le Parti et parmi le peuple. Il s'agit de reconnaître que ces problèmes existent. Ils sont le résultat de l'intensification de la lutte de classe et il appartient au peuple de les résoudre par un effort concerté. Il avait par ailleurs souligné que le fait de passer par les tribunaux pour résoudre ce problème revient à mener la lutte de classe contre le peuple. Comment un tribunal bourgeois peut-il résoudre un problème qui a son origine dans le fait qu'il y a des êtres humains qui sont pour l'ouverture de la voie au progrès de la société et d'autres qui sont contre ?

Un des « plaignants » avait déclaré : « C'est Hardial Bains qui est responsable. » Ceci dit, il n'a pas proposé comment on pourrait résoudre le problème « causé » par Hardial Bains. Au contraire, le problème demeure et les plaideurs poursuivent leur litige. Qui plus est, on a demandé à la GRC d'intervenir et de mener une « enquête criminelle ». En d'autres mots, on vient de déclarer que le problème relève de la loi et l'ordre. En somme, les « plaignants » mènent la lutte de classe en utilisant les tribunaux et la GRC. Leur prétention à vouloir résoudre le problème n'était que pour la galerie et visait à discréditer Hardial Bains.

Cet exemple sert à mettre en évidence que celui qui a accusé Hardial Bains d'être prétendument « la cause » du problème ne cherchait qu'à le diffamer. Il ne voulait pas résoudre le problème. Les partis politiques bourgeois ont l'habitude de s'accuser les uns les autres pour les problèmes dans le but explicite et implicite de discréditer leurs ennemis. Ces partis et ces organisations politiques ne s'intéressent pas à résoudre les problèmes. Ils s'accusent mutuellement des choses les plus terribles, mais leur but est uniquement d'arriver au pouvoir. Cette habitude de discréditer l'adversaire en créant des « hommes de paille » ne rapproche personne de la solution du problème à résoudre.

Les êtres humains transformés sont le produit de sociétés transformées. À généralement parler, les êtres humains sont le produit des conditions de leur travail. La condition de travail la plus importante dans les institutions de la base technique du PCC(M-L) est le fait que tous les moyens de production sont de propriété collective et sont à la disposition de la classe ouvrière pour établir une société socialiste.

Si les personnes agissent suivant cette réalité que les institutions de la base technique leur appartiennent et qu'elles doivent les gérer en s'en tenant au concept de bâtir une « forteresse du communisme », elles seraient elles-mêmes transformées et feraient le lien entre toutes les institutions du même type, inspirant les autres à leur emboîter le pas. Elles seraient des modèles de vie et de travail humains. Cela contribuerait à l'élévation du niveau idéologique et politique de la classe ouvrière et des larges masses du peuple.

Le facteur humain/conscience sociale naît spontanément en raison de la division de la société en classes opposées. Toutes les mesures prises pour encourager la croissance du facteur humain/conscience sociale doivent être prises strictement en fonction du but visé. Les notions de « forteresse du communisme » et que les actifs appartiennent au collectif favorisent la croissance du facteur humain/conscience sociale.

Selon la thèse du 20 juillet, si les institutions de la base technique produisent le facteur antihumain/anticonscience, et ne défendent pas les notions de « bâtir une forteresse du communisme » et que tous les actifs appartiennent au collectif, cela signifie que ces institutions ne sont pas utilisées pour élever le niveau idéologique et politique du peuple. Qui plus est, ces institutions aboutiraient à leur propre perte.

Il se mène une lutte très intense à l'heure actuelle entre le facteur humain/conscience sociale et le facteur antihumain/anticonscience. La bourgeoisie organise ses entreprises et l'ensemble de la société capitaliste de sorte que le facteur antihumain/anticonscience reste dominant.

Il ne peut y avoir de coexistence ou d'équilibre entre le facteur antihumain/anticonscience et le facteur humain/conscience sociale. Cette lutte n'est pas entre individus ; la victoire du facteur humain/conscience sociale ne se réalise pas par des conférences sur son essence ni par la lutte acharnée d'un « guerrier solitaire » qui essaie de tout faire par lui-même. Il s'agit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le sens objectif qui aideront à sa croissance.

Le PCC(M-L) agit en tant que force de classe et il se dote d'un plan pour gagner cette bataille. Ce plan requiert une action extrêmement radicale et révolutionnaire de la part de toutes les organisations du PCC(M-L) et de toutes les institutions de la base technique pour faire un bilan et se donner un programme militant pour avancer chacun sur son front respectif. Il est clair que le PCC(M-L) ne permettra pas l'utilisation de ses propres institutions pour spontanément créer et produire le facteur antihumain/anticonscience, mais ce n'est pas la question. La question, c'est que les institutions de la base technique et toutes les organisations du PCC(M-L) doivent être des facteurs favorisant la croissance du facteur humain/conscience sociale.

Les problèmes qui existent au Canada ont leur origine dans le fondement de la société canadienne et lui sont inhérents. Ce système, c'est le capitalisme monopoliste d'État. La solution à ces problèmes est le renversement de ce système capitaliste monopoliste d'État qui est à la base de la société et l'établissement d'une société nouvelle qui permet de résoudre la contradiction fondamentale à la base de la société et de résoudre rapidement les problèmes engendrés par le capitalisme.

Toute proposition qui détourne l'attention de la nécessité de changer le fondement de la société est acceptable à la bourgeoisie en autant que le blâme ne soit pas attribué au système capitaliste. Tantôt on blâme les politiques suivies par certains partis, tantôt on dénonce certains capitalistes assoiffés de sang ou même un secteur particulier de l'économie, comme les banques. On considère toutes les solutions sauf une : le renversement de la société capitaliste monopoliste et son remplacement par un programme pro-social qui mène à la construction du socialisme. Si une approche de diversion similaire acceptable à la bourgeoise est prise en ce qui concerne les institutions de la base technique, les problèmes vont se multiplier pendant que les travailleurs de ces institutions vont se quereller.

Le PCC(M-L) existe dans la forme de ses organisations et des institutions qu'il a établies pour faciliter différents aspects du travail, comme le bureau national, ses publications et leur distribution et d'autres institutions de nature technique. Des organisations de base du PCC(M-L) agissent à l'intérieur de ces institutions pour leur fournir la direction afin qu'elles ne dégénèrent pas en leur contraire et ne commencent pas à agir contre les intérêts des travailleurs. Les membres et sympathisants du PCC(M-L) persistent dans ce travail avec esprit de dévouement. Pour progresser, ces organisations doivent élargir et développer leur actif.

Quels sont les actifs de ces organisations ? Le plus grand actif matériel est la classe ouvrière et les larges masses du peuple. Si les organisations du PCC(M-L) et les institutions de la base technique fonctionnaient sur la base de l'appui de la classe ouvrière et des larges masses du peuple, elles contribueraient à élever leur niveau idéologique et politique et à élargir leur actif.

Le plus grand actif spirituel des organisations du Parti est la théorie qui guide leur pensée, la pensée marxiste-léniniste contemporaine. Le travail pour développer cette théorie tiendra compte de leur actif suivant les conditions concrètes. Les plus grands actifs, à côté de la classe ouvrière et de la théorie, sont la lutte idéologique, la force organisatrice et mobilisatrice, la réalisation du concept de « forteresse du communisme ». Les organisations du PCC(M-L) à différents niveaux et les institutions de la base technique doivent s'engager dans une lutte idéologique implacable suivant les conditions concrètes, en rehaussant l'image et le profil de leur propre travail aux yeux des masses.

La thèse du 20 juillet conclut de tout cela que la tâche qui est devant les organisations du PCC(M-L) et les institutions de la base technique est de développer leur travail chacun dans son secteur respectif. La faiblesse dans le travail du PCC(M-L) est causée par la pression de la régression qui affecte les actifs du PCC(M-L) et cause beaucoup de dommages. Ces dommages causés aux actifs du PCC(M-L) ne peuvent pas être réparés sans que toutes les organisations du PCC(M-L) et toutes les institutions de la base technique ne mènent leur propre travail sur la base des ressources qu'elles trouvent dans les conditions concrètes là où elles ont été établies.

La thèse du 20 juillet affirme clairement que le problème n'existe pas à cause d'un problème d'« attitude » de telle ou telle personne ou de la politique suivie par une organisation du PCC(M-L) ou une institution de la base technique. Le problème a clairement son origine dans la pression des forces de la régression, la pression de classe qui vise à faire abandonner la tâche de créer le facteur conscient, l'opposition à l'utilisation du plein poids des ressources disponibles pour assurer le succès de leur travail.

Une transition s'observe dans le travail de certaines organisations du PCC(M-L) qui à l'origine dépendaient entièrement des masses et qui sont maintenant devenues un fardeau sur les épaules d'une poignée d'individus. On peut en dire autant des institutions de la base technique qui connaissent une sorte d'implosion et sont devenues un drain des ressources du PCC(M-L). Le but de la thèse du 20 juillet est de renverser la situation. Le PCC(M-L) doit être dans la classe ouvrière comme un poisson dans l'eau. Toutes les organisations du PCC(M-L) et les institutions de la base technique doivent avoir l'appui des masses sur le front où elles agissent.

De tous les actifs de la société, le plus important et le plus décisif est le facteur humain/conscience sociale. Cet actif se développe lorsque les mesures sont prises dans le sens objectif. Ces mesures doivent être prises par les organisations du PCC(M-L) et les institutions de la base technique elles-mêmes pour encourager la croissance de ce facteur suivant les normes établies et en formulant de nouvelles normes propres à la croissance de ce facteur. Ce n'est qu'en remportant des succès dans leurs propres organisations que le facteur humain/conscience sociale peut se développer et ce n'est que par le développement du facteur humain/conscience sociale que le succès peut être transformé en victoire. Le travail de toutes les organisations du PCC(M-L) et des institutions de la base technique dépend de l'engagement des femmes, des travailleurs, des jeunes et des étudiants. Plus les femmes sont engagées dans ce travail, plus le travail a des chances de réussir, et c'est la même chose pour les travailleurs, les jeunes et les étudiants.

En conclusion, la thèse du 20 juillet lance un défi à toutes les organisations du PCC(M-L) et à toutes les institutions de la base technique de contribuer à la croissance du facteur humain/conscience sociale de sorte que tout ce travail devienne invincible. Ce défi doit être relevé tout de suite.

(LMLQ volume 26 numéro 142, 23 juillet 2006)

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