Le Marxiste-Léniniste

Numéro 98 - 10 août 2014

Le Canada se joint aux sanctions contre la Russie

Rejetons le bellicisme du gouvernement Harper



Le Canada se joint aux sanctions contre la Russie
Rejetons le bellicisme du gouvernement Harper

Condamnons l'utilisation de la «puissance intelligente» à des fins d'ingérence dans les affaires intérieures des pays souverains!
Agissements suspects de l'Ambassade du Canada au Venezuela
Rejet du nouveau plan de subversion des États-Unis à Cuba

À titre d'information
Discours du président Obama à West Point: Poursuite de l'institutionnalisation des visées d'ingérence et d'annexion des États-Unis - Voice of Revolution
Le retour de la guerre de George Orwell et Big Brother en Palestine ; l'Ukraine et la Vérité - John Pilger


Le Canada se joint aux sanctions contre la Russie

Rejetons le bellicisme du gouvernement Harper

Les États-Unis, l'Union européenne, la Norvège, l'Australie, le Japon et le Canada ont annoncé des sanctions contre des entreprises russes, des secteurs économiques et de hauts responsables russes. Les sanctions à l'encontre de hauts responsables du gouvernement et d'acteurs de la vie économique russes restreignent leur capacité de voyager. Les sanctions économiques contre des entreprises et des secteurs de l'économie russes limitent leur capacité de lever des capitaux sur les marchés américains et européens, d'importer et d'exporter certains produits, et généralement de faire des affaires avec les pays qui ont imposé ces sanctions. Les sanctions financières en particulier peuvent avoir des répercussions qui dépassent le cadre des relations bilatérales avec les pays qui ont imposé les sanctions, car le dollar américain exerce une hégémonie et son influence presque partout dans le monde.

Les raisons invoquées pour justifier les sanctions contre la Russie varient d'un pays à l'autre. La dictature Harper s'est montrée extrêmement violente et belliciste dans ses déclarations, a accusé la Fédération de Russie d'agression en Ukraine et s'en est prise à la personne du président Poutine. Stephen Harper pousse les médias de masse à créer de l'hystérie parmi la population qu'une guerre avec la Russie sera peut-être nécessaire pour protéger les valeurs conservatrices intégristes et les intérêts nationaux du Canada. À cette fin, Stephen Harper a clairement pris position dans les conflits politiques qui secouent l'Ukraine en fournissant de l'argent et du matériel militaire à la faction qui a récemment pris le pouvoir par un coup d'État dans la capitale Kiev.

Le président élu a été renversé par la force par le coup d'État de Kiev et le nouveau régime fait maintenant la guerre à l'Est de l'Ukraine, où beaucoup parmi la population demandent une structure fédérale renouvelée avec une plus grande autonomie régionale. La guerre du régime putschiste contre les Ukrainiens dans l'Est a fait près d'un millier de morts, provoqué la destruction en vol d'un avion civil étranger, détruit une grande partie de l'infrastructure de la région et forcé 800 000 réfugiés à fuir les bombardements et les tirs d'artillerie de Kiev pour se réfugier en Russie.

En représailles de ces sanctions, la Fédération de Russie a annoncé une interdiction d'un an des produits de l'agriculture provenant de pays ayant imposé des sanctions à la Russie, à l'exception du Japon. Cette interdiction nuira considérablement au secteur du porc du Canada, dont les ventes croissantes à la Russie en ont fait le troisième plus grand marché étranger de viande de porc.

Les sanctions sont une arme politique aux mains des pays les plus puissants. L'impérialisme américain a fait un grand usage de l'arme des sanctions depuis le début du XXe siècle pour étendre son empire, briser la résistance des nations en lutte pour échapper à son emprise économique et politique et pour isoler et étrangler l'Union soviétique. Les sanctions sont des mesures inutiles pour les petits pays dont la capacité commerciale est limitée, sauf s'ils font front commun, comme cela a été fait pour faire tomber le régime raciste d'apartheid d'Afrique du Sud.

Souvent, les pays puissants élargissent les sanctions pour en faire un blocus, comme le blocus abominable de Cuba par les États-Unis qui dure depuis des décennies, le blocus de l'Irak qui a tué des centaines de milliers d'enfants et affaibli le pays jusqu'au point de l'effondrement et le blocus génocidaire contre les Palestiniens de la bande de Gaza par les États-Unis, en collaboration avec l'entité coloniale sioniste et l'armée égyptienne.

Les armes politiques des sanctions et des blocus sont souvent un prélude à la guerre, à l'occupation et à l'annexion, comme cela est arrivé en Irak, en Yougoslavie et en Libye. Ces pays étaient de petits pays qui n'étaient pas capables de se défendre contre la puissance militaire de l'impérialisme américain et de ses collaborateurs bâtisseurs d'empire. Attaquer la Russie avec des sanctions et parler en termes guerriers d'élargir la politique des sanctions à un blocus et à la guerre, comme le fait la dictature de Harper, confronte les Canadiens à une situation différente et très dangereuse. La Russie n'est pas l'Irak, la Yougoslavie ou la Libye. La Russie est un grand pays avec un vaste territoire, des ressources considérables et une armée puissante qui possède des armes nucléaires et les moyens de lâcher ces bombes n'importe où dans le monde, y compris au Canada.

Qu'espère obtenir la dictature Harper avec son activité belliciste concernant la Russie ? Veut-elle la guerre ? Les Canadiens devraient réfléchir sérieusement à la situation et discuter du discours politique de fauteur de guerre de Harper. Pour la plupart, les gens ne connaissent des contradictions et des combats qui ont lieu en Ukraine que ce que Harper et les médias ont dit. L'image de la situation qu'ils donnent présente la Russie comme un agresseur, décidé à s'emparer de toute l'Ukraine, et les auteurs du coup d'État à Kiev comme des saints vertueux qui défendent la démocratie et des valeurs fondamentalistes similaires à celles de Harper. L'expérience du peuple nous apprend que la politique ici ou à l'étranger n'est jamais aussi simple.

Au Canada, Stephen Harper tend à présenter toutes les questions sous l'angle des justes contre les pécheurs. Les justes sont invariablement ceux qui occupent des postes d'autorité et de privilèges politiques et économiques, tandis que les pécheurs sont ceux qui défendent leurs droits, en particulier la classe ouvrière, la nation québécoise, les Premières Nations et les plus vulnérables. La dictature Harper mène un combat constant pour transformer le Canada en un pays où les gens qui défendent leurs droits et même la Terre Mère sont criminalisés.

À tout le moins, Harper est très rigide dans sa pensée et ses actions. Sachant cela et connaissant ce que fait Harper au Canada, ne devrions-nous pas nous montrer très prudents avant d'accepter ses arguments pour des sanctions et la guerre contre d'autres ?

La crise qui frappe l'Ukraine existe à divers degrés dans toutes les anciennes républiques de l'Union soviétique, qui cherchent leur voie dans des conditions nouvelles et doivent en même temps se battre contre l'ingérence arrogante des agents de l'impérialisme américain. Les Canadiens pourraient bientôt entendre parler des luttes en Moldavie et en Arménie, similaires à celles en Ukraine. En Ukraine, non seulement les régions orientales rejettent le régime putschiste de Kiev, mais aussi à l'Ouest, comme en Transcarpatie où beaucoup s'interrogent sur l'orientation qui leur est imposée. L'Ukraine fait l'expérience de la lutte de classes, de l'ingérence impérialiste et d'un effort pour donner une direction nouvelle au pays. Certains éléments en Ukraine ont accepté la politique d'annexion à l'Empire des États-Unis et de l'OTAN, tandis que d'autres rejettent cette ligne et veulent bâtir autre chose, qui soit leur propre fait, indépendant des grandes puissances. Qui sommes-nous pour juger et nous ingérer ?

Il ne serait pas du tout surprenant de voir ceux qui sont au pouvoir à Ottawa, qui ont annexé le Canada à l'impérialisme américain, glorifier l'annexion du monde entier à l'empire américain, y compris l'Ukraine et la Russie.

Les Canadiens résistent aux attaques contre leurs droits et à l'offensive antisociale ici au Canada et luttent activement pour engager le Canada sur une voie pro-sociale, libre de l'influence de l'empire des États-Unis et des fondamentalistes de Harper. Les travailleurs doivent rejeter la politique belliciste de Harper à l'étranger tout aussi vigoureusement qu'ils rejettent sa politique antisociale et capitularde au Canada.

Les Canadiens épris de paix, de toutes origines, de toutes professions doivent s'unir pour combattre la politique guerrière de Stephen Harper et contribuer à l'établissement d'un gouvernement antiguerre et pro-social au Canada.

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Condamnons l'utilisation de la «puissance intelligente» à des fins d'ingérence dans les affaires intérieures des pays souverains!

Agissements suspects de l'Ambassade
du Canada au Venezuela

Au Venezuela, les activités de l'Ambassade du Canada et du nouvel ambassadeur du Canada au Venezuela, Ben Rowswell, nommé par Stephen Harper à la fin de février 2014, et qui, sans tambour ni trompette, est entré dans ses nouvelles fonctions en mars, font l'objet d'une opposition grandissante.

Mision Verdad, un blogue du Venezuela, décrit par ses auteurs comme transmettant « des informations pour informer et pour dénoncer » et comme étant libre de la manipulation qui caractérise les médias contrôlés par les riches, a publié récemment un article sur les activités du nouvel ambassadeur du Canada au Venezuela intitulé « Qui est l'ambassadeur du Canada au Venezuela? » Une des premières questions posées dans cet article est: pourquoi le Canada a-t-il nommé un de ses cadres « de choc », qui compte parmi ses affectations passées certaines des pires zones de conflit dans le monde, pour être son nouveau représentant au Venezuela ?

Dans cet article, il est souligné que l'arrivée de Rowswell à la mi-mars a coïncidé avec la suspension « pour des raisons de sécurité » des vols d'Air Canada vers le Venezuela et est survenue peu après l'adoption à la Chambre des communes d'une résolution sur le Venezuela. Cette résolution avait été présentée par le porte-parole en matière d'affaires étrangères du NPD, Paul Dewar, et avait reçu le consentement unanime de tous les partis à la Chambre. Elle était une condamnation du gouvernement vénézuélien basée sur de fausses informations de « défenseurs des droits humains » liés aux forces réactionnaires derrière les manifestations de déstabilisation du pays qui avaient lieu à cette période au Venezuela.

L'article donne ensuite des informations sur ce que Ben Rowswell, décrit comme « un expert en matière de gestion des conflits » et de « renforcement de l'État », a fait depuis le début des années 1990. Sans aucun doute, le plus pertinent à son affectation au Venezuela est que « pendant qu'il supervisait les "transitions démocratiques" en Afghanistan, en Irak et en Égypte, le jeune attaché s'est spécialisé dans l'utilisation des médias sociaux dans le cadre des missions diplomatiques pour interagir directement avec les acteurs non étatiques et esquiver de fait le gouvernement du pays. »

Le journaliste vénézuélien bien connu et ancien vice-président durant le premier mandat du Président Hugo Chavez, José Vicente Rangel, a récemment exposé et dénoncé les activités louches qui auraient lieu à l'ambassade du Canada. Lors de de son émission télévisée hebdomadaire sur Televen du 6 juillet, il a révélé qu'il existait des rapports selon lesquels des membres d'une importante agence de renseignement reconnue internationalement sont introduits au Venezuela par l'intermédiaire de la mission diplomatique du Canada.

Sur la base de rapports du renseignement, a-t-il dit, on estime qu'au cours des trois derniers mois, quelque 30 agents, spécialistes de la déstabilisation, sont entrés de cette façon au Venezuela. Il a dit qu'ils régularisent ensuite leur situation par le biais d'une entreprise qui fournit des services à de grandes entreprises opérant dans le pays. Cette entreprise est dirigée par un ancien officier de la Garde nationale qui faisait partie des insurgés de l'occupation de la Place Altamira, située dans un quartier riche de Caracas, en 2002, après la tentative de coup d'État manqué contre le gouvernement du président Hugo Chavez par les forces militaires et politiques liées aux États-Unis. De plus en plus, l'ambassade du Canada semble être mêlée à des activités louches contre le gouvernement constitutionnel du Venezuela, dit Rangel.

Comme il fallait s'y attendre, dit Mision Verdad dans son article, suite aux révélations de José Vincente Rangel, l'ambassade du Canada a catégoriquement rejeté ces accusations, les qualifiant de « pures inventions ». Cependant, en même tant que Ben Rowswell démentait publiquement ces accusations, l'ambassade tenait une de ses activités de diplomatie directe à l'intention de plusieurs ONG invitées à « discuter des droits de l'homme ».

L'article note que, bien que Ben Rowswell donne l'impression que les initiatives de démocratie directe de l'ambassade du Canada sont ouvertes à toutes les opinions, indépendamment des opinions politiques des invités, le point de vue du gouvernement canadien est clair, comme le montre son appui monolithique aux décisions des États-Unis sur la scène géopolitique mondiale. Cela inclut l'adhésion du Canada à l'OTAN, son rôle à l'OEA et aux Nations unies, et son appui à certaines des plus grandes sociétés minières du monde, comme Barrick Gold, qui saccagent des pays comme la Colombie, le Pérou et l'Argentine.

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Rejet du nouveau plan de subversion
des États-Unis à Cuba

Le 5 août, le ministère des affaires étrangères de Cuba a demandé dans un communiqué que les États-Unis cessent leur activité subversive dirigée contre le gouvernement cubain. On y lit : « Une nouvelle fois se confirment les dénonciations renouvelées du gouvernement cubain concernant les plans subversifs que le gouvernement des États-Unis ne cesse de mener contre Cuba. » Le communiqué fait suite à des rapports d'agences de nouvelles étasuniennes au sujet d'un projet financé par l'Agence de développement international des États-Unis (USAID) ayant pour objectif d'influencer négativement la jeunesse cubaine. Ce projet, dont le gouvernement des États-Unis a accepté honteusement la conception et l'exécution, prétendait convertir en acteurs politiques des jeunes cubains, préalablement identifiés par des émissaires latino-américains recrutés à cette fin, et les organiser pour agir contre le gouvernement cubain. Cela faisait suite aux rapports en avril à propos d'une opération clandestine appelée Zunzuneo.

Le gouvernement cubain affirme : « Ces faits confirment que le gouvernement des États-Unis n'a pas renoncé à ses plans hostiles et d'ingérence contre Cuba, qui prétendent créer des situations de déstabilisation afin de provoquer des changements dans notre système politique et auxquels ils consacrent des millions de dollars chaque année.

« Le gouvernement des États-Unis doit cesser définitivement toutes ses actions subversives, illégales et secrètes contre Cuba, qui portent atteinte à notre souveraineté et à la volonté exprimée par le peuple cubain de perfectionner notre modèle économique et social, et renforcer notre démocratie. »

Granma International rapporte que les caractéristiques de ce nouveau plan de subversion le placent dans la catégorie d'une agression non conventionnelle et affirme que ce type de guerre vise à provoquer un changement de régime dans les pays que les États-Unis considèrent comme hostiles à leurs intérêts, c'est-à-dire un changement de régime sans une intervention militaire conventionnelle, par des moyens beaucoup moins coûteux pour le pays agresseur mais pas pour les victimes.

Le programme a été lancé peu après l'assermentation du président Barack Obama en 2008, alors que ce dernier s'engageait à établir « un nouveau départ » dans les relations entre les États-Unis et Cuba, écrit Radio Havana.

« L'idée d'un conflit militaire traditionnel, avec des bombardiers et des avions de combat, des chars et autres armes conventionnelles qui tuent et détruisent fait toujours partie de la pensée militaire étasunienne, mais l'agression non conventionnelle est de plus en plus présente dans les plans de la principale puissance impérialiste du monde. [...] USAID, une institution sous le contrôle du département d'État, est devenue l'exécuteur par excellence de ce nouveau type d'intervention hostile. Cuba, bien entendu, n'est jamais absente de la liste des pays ciblés, aux côtés de la Syrie, de la Libye et du Venezuela », écrit Radio Havana Cuba.

L'agence AP nous apprend qu'en vertu de ce nouveau programme, des dizaines de jeunes ont été envoyés à Cuba en provenance du Venezuela, du Costa Rica et du Pérou pour renforcer l'opposition politique au gouvernement cubain.

L'atteinte à la souveraineté de Cuba est dénoncée

La Ligue de la jeunesse communiste cubaine, dans un communiqué du 7 août, dénonce l'utilisation de jeunes latino-américains par le projet USAID. « Nous jeunes communistes cubains rejetons et condamnons ces manoeuvres et réitérons notre ferme opposition à toutes les tentatives de l'empire de provoquer une sale guerre contre notre pays. »

Les pays membres de l'Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP) a émis un communiqué le 7 août dans lequel elle exprime son indignation devant l'ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures de Cuba :

« Ce projet immoral, dont le gouvernement des États-Unis reconnaît, avec cynisme, la conception et la mise en route, confirme le caractère hostile et d'ingérence de la politique étasunienne à l'égard de Cuba et son objectif de provoquer des situations de déstabilisation tendant au renversement de l'ordre politique, économique et social de ce pays frère.

« L'ALBA-TCP condamne ce nouveau plan contre Cuba, et exige avec fermeté la cessation des actions de subversion, illégales et secrètes de la part du gouvernement des États-Unis, qui portent atteinte à la souveraineté et au droit du peuple cubain à l'autodétermination.

« Les pays membres de l'ALBA-TCP expriment leur plus profonde solidarité envers la République de Cuba et exigent au gouvernement des États-Unis de respecter la volonté exprimée par le peuple cubain de continuer à perfectionner son modèle économique et social et consolider sa démocratie, sans ingérence extérieure. »

Des législateurs américains et des activistes du secteur de la santé aux États-Unis ont critiqué les plans de Washington d'exploiter la lutte au VIH-Sida à Cuba pour faire de l'activisme politique, soulignant que ce type d'opérations clandestines met à risque les programmes d'aide en santé des États-Unis ailleurs dans le monde. Selon les documents préparés pour le programme financé et supervisé par USAID, tels que cités par l'Associated Press, la campagne de lutte contre le VIH a été « l'excuse parfaite » pour se livrer à une activité politique.

Le sénateur démocrate Patrick Leahy, qui préside une commission chargée de superviser les budgets de USAID, a dit que ce serait très irresponsable de la part de l'agence de concevoir un programme de lutte au VIH avec un objectif politique.

(Radio Havana Cuba)

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À titre d'information

Discours du président Obama à West Point:
poursuite de l'institutionnalisation des visées d'ingérence et d'annexion des États-Unis

Le 28 mai 2014, le président Obama a prononcé un discours à l'occasion de la remise des diplômes à l'Académie militaire de West Point. Ce discours est présenté comme un important discours de politique étrangère des États-Unis. Comme on pouvait s'y attendre, le président Obama a souligné que les États-Unis continueront de recourir à la force militaire partout dans le monde et à tout faire pour maintenir leur empire mondial. Tout au long de son discours, il a défendu les guerres, les frappes de drones et l'ingérence criminelles des États-Unis dans le monde entier, affirmant que les États-Unis allaient continuer d'entreprendre des actions unilatérales et de « ne jamais demander la permission » de le faire.

Le président Obama a aussi fait valoir que l'armée serait plus que jamais utilisée à des fins de « formation » et de « développement » partout dans le monde. L'armée doit travailler directement avec les militaires d'autres pays. Elle fera équipe avec les diplomates des États-Unis pour veiller à ce que le « développement » dans les pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine se fasse conformément aux exigences des États-Unis. Cela comprend esquiver les gouvernements et travailler directement avec les organisations non-gouvernementales, les réseaux et les « simples citoyens ». Obama oeuvre à la mise en place de financement et d'institutions à ces fins, comme par exemple le Fonds de partenariats contre le terrorisme, qui sera financé à la hauteur de 5 milliards $ pour « dispenser des formations, renforcer les capacités et faire office de facilitateur dans les pays partenaires en première ligne ». Il a aussi appelé à l'expansion de l'alliance militaire de l'OTAN « par-delà les frontières de l'Europe ».

Actions unilatérales et partenariats

Exprimant à la fois l'impuissance et l'arrogance des États-Unis face aux luttes des peuples du monde pour le progrès, Obama a dit: « l'Amérique a rarement été aussi forte par rapport au reste du monde. Ceux qui prétendraient le contraire — qui suggéreraient que l'Amérique est en déclin, ou que son leadership dans le monde s'amenuise — sont en train soit de mal interpréter l'histoire, soit de faire de la politique politicienne. Réfléchissez-y. Nos forces armées sont inégalées.... Les États-Unis sont donc et demeurent une nation indispensable. Cela était vrai au cours du siècle écoulé et cela le restera au siècle prochain.»

Commentant les divergences au sein des cercles dominants sur comment les États-Unis peuvent consolider leur empire, il a présenté les deux extrêmes, l'un prônant l'intervention militaire à tout prix, et l'autre prônant l'isolationnisme. Il a ensuite présenté la doctrine Obama comme étant celle qui était au centre.

« L'Amérique doit toujours montrer la voie sur la scène internationale. Si nous ne le faisons pas, personne ne le fera. L'armée dont vous êtes devenus membres est, et sera toujours, l'épine dorsale de ce leadership. Mais une intervention militaire américaine ne peut pas être la seule — ni même la principale — composante de notre leadership en toutes circonstances. Ce n'est pas parce qu'on a le meilleur marteau qu'on doit voir chaque problème comme un clou. »

Il a ensuite souligné que les États-Unis étaient prêts à entreprendre des actions militaires unilatérales et préventives :

« D'abord, je tiens à répéter un principe que j'ai énoncé au début de mon mandat présidentiel : les États-Unis feront usage de la force militaire, unilatéralement lorsque cela s'impose, quand nos intérêts cruciaux l'exigent — lorsque notre peuple est menacé, lorsque nos moyens d'existence sont en jeu, lorsque la sécurité de nos alliés est en danger. Dans ces circonstances, nous nous poserons toujours les mêmes questions difficiles pour savoir si nos actions sont bien proportionnées, efficaces et justes. L'opinion internationale compte, mais l'Amérique ne doit jamais demander la permission de protéger notre peuple, notre patrie ou notre mode de vie.

« En revanche, lorsque des problèmes à l'échelle mondiale ne constituent pas une menace directe pour les États-Unis, lorsque des problèmes de ce genre sont en jeu — quand une nouvelle crise tiraille notre conscience ou met le monde sur une voie plus dangereuse sans pour autant nous menacer directement — la barre pour une intervention militaire doit alors être placée plus haut. Dans de telles circonstances, nous ne devons pas agir seuls. Nous devons plutôt mobiliser nos alliés et partenaires pour entreprendre une action collective. Nous devons élargir la gamme de nos outils pour y inclure la diplomatie et le développement ; les sanctions et l'isolement ; les appels au droit international ; et, si elle se révèle juste, nécessaire et efficace, l'action militaire multilatérale. »

Cette action militaire multilatérale comprend aussi l'expansion de l'OTAN. En ce sens, Obama a dit : « L'OTAN est l'alliance la plus robuste que le monde ait jamais connue. Mais nous travaillons maintenant avec des alliés de l'OTAN pour exécuter de nouvelles missions, aussi bien en Europe même où nos alliés de l'Est doivent être rassurés que par-delà les frontières de l'Europe où nos alliés de l'OTAN doivent fournir leur part d'efforts pour contrer le terrorisme, réagir face aux États en complète déliquescence et former un réseau de partenaires ».

Ces commentaires et d'autres de la part d'Obama indiquent clairement que les États-Unis ont l'intention d'avoir recours unilatéralement aux actions militaires, aux drones et aux forces d'Opérations spéciales. Il l'a exprimé ainsi : « Il y a des moments où ces actions (les frappes de drones) sont nécessaires et nous n'avons pas droit à l'hésitation quand il s'agit de protéger notre peuple ». Obama veut aussi multiplier les outils d'intervention et d'annexion, engageant les armées et les gouvernements d'autres pays à appuyer l'action des États-Unis sur tous « les problèmes d'importance mondiale ». Il a ajouté : « Nous devons donc formuler une stratégie qui étende notre portée sans que nous ayons à envoyer des forces dont le déploiement est une charge trop lourde pour notre armée ou attise le ressentiment des populations locales. Nous avons besoin de partenaires avec nous pour combattre les terroristes. Donner des moyens d'action aux partenaires, c'est en grande partie ce que nous avons fait et continuons à faire en Afghanistan. »

Fonds de partenariats contre le terrorisme

Pour Obama, l'Afghanistan est un bon exemple des types de partenariat qu'il a en tête. Il a dit que des « centaines de milliers de soldats et de policiers afghans » ont été formés. Il a aussi dit que la leçon à tirer de l'Afghanistan était que « nos forces armées sont devenues les champions les plus résolus de la diplomatie et du développement. » Mais l'expérience nous montre qu'il s'agit en fait de destruction et de contrôle des États-Unis, par les États-Unis et pour les États-Unis et leurs monopoles dans leurs propres intérêts et non d'un développement dans les intérêts du peuple. Il en va de même pour les militaires et les policiers formés. Suivant le modèle des militaires américains, ils agissent non pas en tant que force favorisant le développement mais plutôt en tant que force de répression du peuple. Les États-Unis laissent également environ 10 000 soldats d'occupation pour au moins un autre deux ans.

Le président Obama évite de parler du lourd bilan de morts, de destruction et de violence résultat des guerres d'agression illégales des États-Unis contre l'Afghanistan et l'Irak. Il ne dit mot non plus de la responsabilité des États-Unis de payer des réparations et d'assumer la responsabilité de ses crimes, notamment les massacres de civils, la destruction d'infrastructure civile, et l'empoisonnement de la population et de l'environnement par les déchets toxiques et radioactifs , ainsi que les graves problèmes de santé des populations d'Irak et d'Afghanistan. Il parle plutôt des plans des États-Unis d'institutionnaliser ses ingérences et ses annexions partout dans le monde.

Barack Obama déclare: « notre présence réduite nous permet de nous attaquer plus efficacement aux menaces naissantes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dès lors, cette année, j'ai demandé à mon équipe de sécurité nationale de formuler un plan pour constituer un réseau de partenariats de l'Asie du Sud au Sahel. Aujourd'hui, dans le cadre de cet effort, je demande au Congrès d'approuver un nouveau Fonds, le Fonds de partenariats contre le terrorisme, à hauteur de 5 milliards de dollars, ce qui nous permettra de dispenser des formations, de renforcer les capacités et de faire office de facilitateur dans les pays partenaires en première ligne. Ces ressources nous donneront la souplesse nécessaire pour exécuter différentes missions, y compris l'entraînement des forces de sécurité au Yemen qui sont passées à l'offensive contre Al-Qaïda, le soutien à une force multinationale pour maintenir la paix en Somalie, le travail avec les alliés européens pour former en Libye des forces de sécurité et une police des frontières opérationnelles, ou encore l'aide aux opérations françaises au Mali. »

Il ajoute que les États-Unis continueront de financer les forces violentes en Syrie et de s'ingérer en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Irak, tout en veillant à ce que ces partenaires continuent « de contribuer de façon équitable ». Même sans l'adoption du 5 milliards $ par le Congrès, qui est presque assurée, en tant que président, Barack Obama peut aller de l'avant avec les partenariats, les formations, le développement et d'autres formes d'ingérence et d'annexion - comme on peut le voir en Afrique en ce moment.

Le président Obama explique davantage comment il compte institutionnaliser ses interventions dans le monde. S'adressant aux cadets, il leur a dit qu'ils feront partie « d'une équipe qui va au-delà de vos unités ou même de nos Forces armées comme telles, car au cours de votre service militaire vous allez travailler en équipe avec des diplomates et des experts en développement. Vous allez connaître nos alliés et former nos partenaires. Vous serez l'incarnation même d'une Amérique qui dirige le monde ». Cette équipe « formera des alliances non seulement avec les gouvernements, mais aussi avec les simples citoyens ».

Ainsi, du revers de la main, la souveraineté est complètement éliminée, le recours à la force militaire dans tous les aspects de la vie est sanctionné et promu, et toutes les normes régissant les relations entre gouvernements remplacées par des relations militaires avec quiconque les États-Unis décident de financer et d'appuyer. Les résultats de cette direction sont déjà évidents en Syrie, où les tentatives de changement de régime des États-Unis ont donné lieu au chaos, à la mort et aux souffrances. Aussi cette direction est visible dans les tentatives répétées des États-Unis de renverser le gouvernement du Venezuela, d'abord celui d'Hugo Chavez et maintenant celui du président Maduro.

L'« opposition » et les « rebelles » auxquels les États-Unis fournissent financement et armes sont au nombre des « simples citoyens » dont parle Barack Obama, tout comme le sont les organisations non-gouvernementales, les institutions d'enseignement et d'autres. Il veut mettre en place, au bénéfice du pouvoir exécutif, un appareil militaire engagé dans la militarisation de tous les aspects de la vie au pays et à l'étranger. Il n'y aura désormais plus aucun débat quant à savoir si l'armée doit être impliqué dans le développement, et il n'y aura plus de débat si la diplomatie et tous les autres aspects de l'intervention des États-Unis doivent être subordonnés à l'armée. Tout est désormais subordonné à l'armée qui sera au poste de commande sur tous les fronts.

Avertissement au Congrès

Obama déclare aussi que l'armée plutôt « nos milieux du renseignement » assumera une plus grande responsabilité pour fournir des informations au public sur les actions des États-Unis: « Nous devons être plus transparents en ce qui concerne aussi bien le fondement de nos mesures de lutte antiterroriste que la manière dont nous les exécutons. Nous devons pouvoir les expliquer publiquement, qu'il soit question de frappes de drones ou de la formation de nos partenaires. Je vais compter de plus en plus sur nos forces armées pour qu'elles prennent l'initiative de fournir des informations au public sur nos efforts. Nos milieux du renseignement ont fait un travail remarquable, et nous devons continuons à protéger nos sources et nos méthodes. Mais quand nous ne pouvons pas expliquer nos efforts clairement et publiquement, nous nous exposons à la propagande des terroristes et à la méfiance de la communauté internationale, nous érodons notre légitimité aux yeux de nos partenaires et de notre population, et nous rendons notre gouvernement moins responsable. »

Ainsi Obama réfléchit tout haut sur les divergences sans fin au sein des cercles dominants alors que le pouvoir est de plus en plus concentré au sein du cabinet du président et que ceux qui se trouvent à l'extérieur, comme la CIA et la NSA rivalisent pour d'autres sources de pouvoir. Aussi le rôle du Congrès de décider du recours à la force militaire est en grande partie éliminée par ce réseau de Partenariats contre le terrorisme. Le président Obama cherche aussi à limiter le rôle de la CIA et des autres agences du renseignement qui sont plus indépendantes de l'armée, notamment en donnant un plus grand contrôle à l'armée et à son Commandement du groupe opérationnel interarmées (JSOC) sur l'utilisation des drones à des fins militaires.

C'est aussi une tentative de manipuler la colère du public contre la NSA et sa perte de légitimité. Obama veut que les yeux restent tournés vers l'agence de sécurité nationale plutôt que sur l'armée, qu'il présente comme étant le plus puissante au monde, l'essence même de l'âme américaine.

Ainsi, il indique clairement que les forces militaires des États-Unis et leurs partenariats seront utilisées au pays et à l'étranger. C'est un avertissement lancé au Congrès mais aussi au peuple qu'ils doivent se soumettre à l'armée et à son commandant suprême.

Le but du président Obama n'est pas de mettre fin aux crimes de guerre d'agression et d'ingérence des États-Unis. Au contraire, il veut s'assurer de la mise en place d'un appareil militaire flexible en mesure d'entreprendre des actions unilatérales, de se livrer à la guerre de drones et de dicter le développement politique et économique des pays partout dans le monde. Il s'agit d'une direction des plus dangereuses qui ne peut mener qu'à des guerres et à une destruction encore plus intenses.

Partout au pays et à l'étranger les gens sont unis dans leurs demandes : le rapatriement immédiat de tous les soldats américains ! Les peuples veulent une nouvelle direction dans des relations internationales, basée sur l'avantage et le respect réciproques, et non sur l'ingérence et l'annexion. La politique étrangère des États-Unis ne peut contribuer à la paix mondiale que sur la base de la défense des droits de tous chez-soi et à l'étranger !

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Le retour de la guerre de George Orwell et Big
Brother en Palestine ; l'Ukraine et la Vérité

« Le despotisme est un mode de gouvernement légitime si l'on a affaire à des barbares, à condition que le but soit leur amélioration, et les moyens sont justifiés par l'accomplissement effectif de ce programme. »
- John Stuart Mill, « De la liberté », 1859

L'autre soir, je suis allé voir une interprétation de 1984, de George Orwell, dans un théâtre de Londres. Bien qu'une mise à jour contemporaine eut été intéressante, l'avertissement d'Orwell n'y fut présent que sous la forme d'un exercice de style : distant, pas le moins du monde menaçant, quasiment rassurant. Comme si Edward Snowden n'avait rien révélé, que Big Brother n'était pas devenu un espion numérique, et qu'Orwell lui-même n'avait jamais dit : « Pour être corrompu par le totalitarisme, nul besoin de vivre dans un pays totalitaire ».

Encensé par les critiques, cette production talentueuse était à la mesure culturelle et politique de notre époque. Quand les lumières se sont rallumées, les gens étaient déjà en train de sortir. Ils ne semblaient pas avoir été touchés, ou peut-être que d'autres distractions les attendaient. « Quelle prise de tête ! », s'est exclamée une jeune demoiselle, en allumant son téléphone.

À mesure que les sociétés avancées se dépolitisent, les changements sont à la fois subtils et spectaculaires. Dans les discours quotidiens, le langage politique est une inversion, comme Orwell l'avait prédit dans 1984. « Démocratie » n'est plus qu'un outil de rhétorique. « La Paix » c'est en réalité un état de guerre perpétuelle. « Global » signifie impérialiste. Le concept de « réforme », autrefois porteur d'espoir, signifie aujourd'hui régression, voire destruction. « Austérité » signifie le passage au capitalisme extrême pour les pauvres et au socialisme pour les riches : un système ingénieux où la majorité travaille à rembourser des dettes, au profit de la minorité.

Dans les arts, l'hostilité vis-à-vis des vérités politiques est un article de la foi bourgeoise. « La période rouge de Picasso », titrait un journal, « et pourquoi la politique et l'art ne font pas bon ménage ». Imaginez cela dans un journal qui aurait fait la promotion du bain de sang de l'Irak en tant que croisade libérale. L'opposition au fascisme qui a marqué la vie de Picasso n'est plus qu'un détail, comme le radicalisme d'Orwell qui s'est détaché de son nom.

Il y a quelques années, Terry Eagleton, alors professeur de littérature anglaise à l'université de Manchester, admit que « pour la première fois depuis deux siècles, il n'y a pas d'éminent poète britannique, de metteur en scène, ou de romancier prêt à remettre en cause les fondamentaux du style de vie occidental ». Aucun Shelley ne parle pour les pauvres, pas de Blake pour défendre les rêves des utopistes, ni de Byron pour maudire la corruption et la classe dominante, et pas de Thomas Carlyle ni de John Ruskin pour révéler le désastre moral qu'est le capitalisme. William Morris, Oscar Wilde, HG Wells, George Bernard Shaw n'ont aucun équivalent aujourd'hui. Harold Pinter fut le dernier à s'insurger. Parmi les voix du "consumé-féminisme", aucune ne fait écho à celle de Virginia Woolf, qui décrivait "les arts de domination des autres peuples de régner, de tuer, d'acquérir la terre et le capital". »

Au théâtre national, une nouvelle pièce, « Grande-Bretagne », satirise le scandale des écoutes téléphoniques, qui aura fait juger et condamner des journalistes, dont un ancien éditeur du « News of the World » de Rupert Murdoch. Décrite comme une « farce avec des crocs qui soumet l'ensemble de la culture médiatique incestueuse au ridicule impitoyable », les cibles de la pièce sont les personnalités « heureusement très drôles » de la presse tabloïd britannique. C'est bien bon, et si familier. Mais qu'en est-il des médias non-tabloïd qui se considèrent eux-mêmes comme crédibles et réputés, et pourtant jouent le rôle parallèle de bras armé du pouvoir de l'État et du capital, en promouvant et en soutenant les guerres illégales ?

L'enquête Leveson sur les écoutes téléphoniques a légèrement laissé entrevoir ce phénomène. Tony Blair énonçait des preuves, se plaignant auprès de monsieur le juge du harcèlement des tabloïds sur sa femme, quand il fut interrompu par une voix qui s'éleva du public. David Lawley-Wakelin, un réalisateur, demandait l'arrestation de Blair et son jugement pour crimes de guerre. Il y eut un long silence : le choc de la vérité. Lord Leveson se leva, ordonna l'expulsion de celui qui osait dire la vérité, et s'excusa auprès du criminel de guerre. Lawley-Wakelin fut condamné, pas Tony Blair.

Les complices aguerris de Tony Blair sont plus respectables que les hackers de téléphone. Quand le présentateur de la BBC, Kirsty Wark, le reçut pour le 10ème anniversaire de l'invasion de l'Irak, elle lui offrit un moment dont il ne pouvait que rêver ; elle lui permit d'agoniser sur sa décision « difficile » sur l'Irak au lieu de lui rappeler ses crimes. Ceci rappelle la procession de journalistes de la BBC qui en 2003 déclaraient tous que Blair pouvait se sentir « justifié », et la série qui s'ensuivit sur la BBC, « Les années Blair », pour laquelle David Aaronovitch fut choisi comme écrivain, présentateur et interviewer. Un serviteur de Murdoch qui fit campagne pour la guerre en Irak, en Lybie, et en Syrie.

Depuis l'invasion de l'Irak — l'exemple d'un acte d'agression non-provoquée, ce que le procureur de Nuremberg Jackson qualifiait de « crime international suprême qui diffère des autres crimes de guerre en ce qu'il les contient tous » — Blair et son porte-parole et principal complice, Alastair Campbell, ont eu droit à pas mal de place dans le Guardian afin de réhabiliter leurs réputations. Décrit comme une étoile du Labour Party, Campbell a voulu s'attirer la sympathie des lecteurs en prétextant une dépression, et a montré son intérêt, à l'instar de Blair, bien que cela ne soit pas son assignement actuel comme conseiller, pour la tyrannie militaire égyptienne.

Alors que l'Irak est démembré suite à l'invasion de Blair et Bush, un titre du Guardian énonce : « Renverser Saddam était juste, mais nous nous sommes retirés trop tôt ». Ceci dans un article phare du 13 juin écrit par un ancien fonctionnaire de Blair, John McTernan, qui a aussi travaillé pour le dictateur Irakien installé par la CIA, Iyad Allawi. En appelant à répétition à l'invasion d'un pays que son ancien maître avait aidé à détruire, il ne fit jamais référence aux 700 000 morts, ni aux 4 millions de réfugiés et au tournant sectaire qui avait eu lieu dans une nation autrefois fière de sa tolérance.

« Blair personnifie la corruption et la guerre », a écrit le journaliste radical du Guardian, Seumas Milne, dans un article très inspiré en date du 3 juillet. Dans le milieu on appelle cela « la balance ». Le lendemain, le journal publia une pleine page de publicité pour un bombardier américain. Sur la photo menaçante du bombardier était écrit: « Le F-35, Génial pour l'Angleterre ». Cette autre personnification de « corruption et de guerre » va coûter aux contribuables britanniques 1,3 milliard de £, les précédents modèles de la gamme F ayant déjà servi à massacrer des gens un peu partout dans le monde en développement.

Dans un village d'Afghanistan, où vivent les plus pauvres des pauvres, j'ai filmé Orifa, s'agenouillant devant les tombes de son mari, Gual Ahmed, un tisserand, et de 7 autres membres de sa famille, dont 6 enfants, et de deux enfants qui furent tués dans la maison d'à côté. Une bombe « de précision » de 500 livres est directement venue s'exploser sur leur petite maison de boue, de pierre et de paille, laissant à la place un cratère de 50 pieds de long. Lockheed Martin, le fabricant de l'avion a le privilège de bénéficier de pages publicitaires dans le Guardian.

L'ancienne secrétaire des affaires étrangères des USA et aspirant présidente, Hillary Clinton, est récemment passé à la BBC, à l'émission « Women's Hour », la quintessence de la respectabilité médiatique. La présentatrice, Jenni Murray, présenta Mme Clinton comme l'exemple même de la réussite féminine. Elle ne rappela pas à l'audience les propos déplacés de Mme Clinton qui prétendait que l'Afghanistan était envahi afin de libérer les femmes comme Orifa. Elle ne posa aucune question à Mme Clinton sur la campagne de terreur de son administration qui utilise des drones pour tuer femmes, hommes et enfants. Elle ne fit pas non plus mention de la menace de Mme Clinton, durant sa campagne présidentielle, d' « éliminer » l'Iran, et rien non plus sur son soutien aux surveillances illégales, et son acharnement contre les lanceurs d'alertes.

Murray posa une question « osée ». Mme Clinton avait-elle pardonné à Monica Lewinsky d'avoir eu une affaire avec son mari ? « Le pardon est un choix, répondit Mme Clinton, pour moi ce fut le bon choix ». Cela nous rappelle que dans les années 90 et pendant la période secouée par le scandale « Lewinsky », le président Bill Clinton envahissait Haïti et bombardait les Balkans, l'Afrique et l'Irak. Il détruisait aussi les vies d'innombrables enfants Irakiens ; l'Unicef rapporte la mort d'un demi-million d'enfants Irakiens de moins de 5 ans, en conséquence de l'embargo mis en place par les USA et la Grande-Bretagne.

Ces enfants furent ignorés par les médias, tout comme les victimes des invasions soutenues par Hillary Clinton — l'Afghanistan, l'Irak, le Yémen, la Somalie — sont ignorés par les médias. Murray n'y fit jamais allusion. Une photo d'elle et de son invité de marque fut mise en avant sur le site de la BBC.

En politique, comme dans le journalisme et dans les arts, il semblerait que la contestation autrefois tolérée dans les médias mainstream se soit abaissée à un simple désaccord : un sous-sol métaphorique. Quand j'ai commencé ma carrière à Fleet Street en Angleterre dans les années 60, il était acceptable de critiquer fortement le pouvoir occidental. Il suffit de lire le rapport de James Cameron sur les explosions des bombes à hydrogène à l'atoll Bikini, où celui sur la guerre de Corée et sur le bombardement américain du Nord-Vietnam. La grande illusion de notre époque est ce mythe de l'ère de l'information, alors qu'en vérité nous vivons à une époque où la propagande des multinationales et du monde de l'entreprise est insidieuse, contagieuse, efficace et libérale.

Dans son essai de 1859 « De la liberté », auxquels les libéraux modernes rendent hommage, John Stuart Mill écrivait :

« Le despotisme est un mode de gouvernement légitime si l'on a affaire à des barbares, à condition que le but soit leur amélioration, et les moyens sont justifiés par l'accomplissement effectif de ce programme. »

Les « barbares » étaient de larges sections de l'humanité dont « l'obéissance implicite » était exigée.

« C'est un mythe utile et commode de croire que les libéraux sont pacifistes et les conservateurs belliqueux, écrivait l'historien Hywel Wiliams en 2001, mais il est possible que l'impérialisme du libéralisme soit plus dangereux de par sa nature explicite : sa conviction qu'il représente une forme supérieure de vie ». Il avait en tête un discours de Tony Blair dans lequel l'ex premier ministre promettait de « remettre de l'ordre dans le monde autour de nous » selon ses propres « valeurs morales».

Richard Falk, autorité reconnue sur la loi internationale et rapporteur spécial de l'ONU sur la Palestine, a décrit une « bien-pensance, unilatérale, un écran légal/moral avec des images positives des valeurs occidentales et de l'innocence dépeinte comme menacée, justifiant une campagne de violence politique sans restriction ». Et « largement acceptée au point d'en devenir virtuellement incontestable. »

Favoritisme et mandature récompensent les gardiens. Sur la Radio 4 de la BBC, Razia Iqbal reçut Toni Morrison, la lauréate Afro-Américaine du prix Nobel. Morrison se demandait pourquoi les gens étaient « si énervés » contre Barack Obama, qui était pourtant « cool » et souhaitait seulement construire une « économie et un système de sécurité sociale solide ». Morrison était fière d'avoir parlé au téléphone avec son héros, qui se trouvait avoir lu un de ses livres et l'avait invité lors de sa prise de fonction.

Ni elle ni la présentatrice n'évoquèrent les sept guerres d'Obama, dont sa campagne de terreur par drones, à cause de laquelle des familles entières, leurs secouristes et leurs proches furent assassinés. La seule chose qui semblait avoir de l'importance était qu'un homme de couleur « qui s'exprime bien » s'était élevé au plus haut échelon de l'échelle du pouvoir. Dans « Les damnés de la terre », Frantz Fanon écrivait que « la mission historique » des colonisés était de servir de « ligne de transmission » aux dirigeants et autres oppresseurs. À notre époque, l'utilisation des différences ethniques par le pouvoir occidental et ses systèmes de propagandes est perçue comme essentiel. Obama incarne parfaitement cette idée, bien que le cabinet présidentiel de George W. Bush — sa clique belliciste — ait été le cabinet le plus multiracial de l'histoire présidentielle.

Alors que la cité Irakienne de Mosul tombait aux mains des djihadistes d'ISIS, Obama fit la déclaration suivante : « Le peuple américain a beaucoup investi et sacrifié afin que les Irakiens aient l'opportunité de se choisir une meilleure destinée ». À quel point ce mensonge est-il « cool » ? À quel point s'est-il « bien exprimé » lors de son discours à l'académie militaire de West Point le 28 mai ? Lors de son discours sur « l'État du monde » à la cérémonie de remise des diplômes de ceux qui « vont prendre la direction des États-Unis » à travers le monde, Obama déclara que : « Les États-Unis utiliseront la force militaire, unilatéralement s'il le faut, quand nos intérêts seront menacés. L'opinion internationale compte, mais l'Amérique ne demandera jamais la permission »

En répudiant la loi internationale et le droit de souveraineté des nations, le président américain s'octroie un droit divin basé sur la puissance de son « indispensable nation ». C'est un message d'impunité impériale familier, bien que toujours étonnant à entendre. Évoquant la montée du fascisme des années 30, Obama a dit « Je crois en l'exceptionnalité américaine de tout mon être ». L'historien Norman Pollack écrivait « Au lieu de ceux qui marchent au pas, on substitue l'apparemment inoffensive militarisation de la culture. Et au lieu du leader grandiloquent, nous avons le réformateur manqué, qui travaille allègrement, planifie et exécute des assassinats, tout en souriant ».

En février, les USA préparaient un de leurs coups d'États contre le gouvernement élu d'Ukraine, en exploitant de véritables protestations contre la corruption à Kiev. La conseillère nationale à la sécurité d'Obama Victoria Nuland, sélectionna personnellement le leader d'un « gouvernement d'intérim ». Elle le surnomma « Yats ». Le Vice-Président Joe Biden se rendit à Kiev, tout comme le directeur de la CIA John Brennan. Les troupes de choc de leur putsch étaient des fascistes ukrainiens.

Pour la première fois depuis 1945, un parti néo-nazi ouvertement antisémite contrôle des secteurs clés du pouvoir étatique d'une capitale européenne. Aucun leader européen n'a condamné cette résurgence fasciste près de la frontière où l'invasion des Nazis d'Hitler couta la vie à plusieurs millions de Russes. Ils étaient soutenus par l'UPA, une armée d'insurgés Ukrainiens, responsable de massacres de juifs et de russes qu'ils appelaient « la vermine ». L'UPA est l'inspiration historique du parti actuel Svoboda et de leurs compagnons de droite. Oleh Tyahnybok, leader de Svoboda a appelé à une purge de « la mafia Mosco-Juive » et des « autres vermines », dont les gays, les féministes et tous ceux de gauche.

Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, les USA ont entouré la Russie de bases militaires, d'avions de guerre et de missiles nucléaires, suivant le projet d'élargissement de l'OTAN. Reniant la promesse faite au président soviétique Mikhail Gorbatchev en 1990 de na pas étendre l'OTAN « d'un centimètre vers l'Est », l'OTAN occupe militairement l'Europe de l'Est. Dans l'ancien Caucase soviétique, l'expansion de l'OTAN est le plus important chantier militaire depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Le cadeau de Washington au régime issu du coup d'État à Kiev est un plan d'action pour l'adhésion à l'OTAN. En août, l'opération « Rapid Trident » placera les troupes américaines et britanniques à la frontière entre la Russie et l'Ukraine et l'opération « Sea Breeze » placera des navires de guerre américains en vue de ports russes. Imaginer les conséquences si ces actes de provocations, ou d'intimidations, s'effectuaient contre les États-Unis.


Célébration à Simferopol, en Crimée, suite au vote pour rejoindre
la Russie le 16 mars 2014

En récupérant la Crimée — que Nikita Khrouchtchev avait illégalement détachée de la Russie en 1954 — les Russes se défendent comme ils l'ont fait depuis presque un siècle. Plus de 90% de la population de la Crimée a voté pour le rattachement à la Russie. La Crimée, c'est aussi la base navale de la mer Noire, et sa perte signifierait la mort de la flotte Russe et un trésor pour l'OTAN. Semant la confusion au sein des parties belliqueux de Kiev et de Washington,Vladimir Poutine retira les troupes russes de la frontière ukrainienne et urgea les ethnies russes de l'Est de l'Ukraine d'abandonner le séparatisme.

Suivant une logique orwellienne, cela a été traduit à l'Ouest par « la menace russe ». Hillary Clinton compara Poutine à Hitler. Sans ironie aucune, les commentateurs d'extrême-droite allemands firent de même. Dans les médias, les néo-nazis ukrainiens ne sont plus que des « nationalistes » ou « ultra-nationalistes ». Ils ont peur que Poutine soit habilement en quête d'une solution diplomatique, et qu'il réussisse. Le 27 juin, en réponse au compromis de Poutine— sa requête devant le parlement russe de révoquer la législation qui lui avait octroyé le pouvoir d'intervenir en faveur des ethnies russes d'Ukraine — le secrétaire d'État John Kerry publia un autre de ses ultimatums. La Russie doit « agir dans les prochaines heures, littéralement » pour mettre un terme à la révolte en Ukraine de l'Est. Nonobstant le fait que Kerry soit largement considéré comme un guignol, le propos sérieux de ces « avertissements » est de conférer le statut de paria à la Russie et de faire écran de fumée aux nouvelles de Kiev et de la guerre que mène le régime intérimaire contre son propre peuple.

Un tiers de la population ukrainienne est russophone et bilingue. Ils souhaitent depuis longtemps la naissance d'une fédération démocratique qui reflèterait la diversité ethnique ukrainienne et qui serait autonome et indépendante de Moscou. La plupart ne sont ni « séparatistes » ni « rebelles » mais des citoyens qui veulent vivre en paix sur leur terre natale. Le séparatisme est une réaction à l'attaque de la junte de Kiev sur ces mêmes citoyens, causant l'exode de plus de 110 000 d'entre eux (estimation de l'ONU) vers la Russie. Pour la plupart, des femmes et des enfants traumatisés.

Comme les enfants de l'embargo irakien, et les femmes et les jeunes filles « libérées » d'Afghanistan, terrorisées par les seigneurs de guerre de la CIA, ces ethnies d'Ukraine ne sont pas les bienvenues dans les médias occidentaux, leurs souffrances et les atrocités auxquelles elles sont soumises sont minimisées, ou passées sous silence. L'intensité de l'assaut mené par le régime n'est pas retransmise par les médias occidentaux mainstream. Ce n'est pas une première. En relisant le chef d'oeuvre de Phillip Knightley « Première victime : le correspondant de guerre comme héros, propagandiste et faiseur de mythes », je renouvelle mon admiration pour le journaliste du Guardian Philips Price, le seul reporter occidental à être resté en Russie pendant la révolution de 1917 et à avoir rapporté la vérité sur les invasions désastreuses des alliés occidentaux. Objectif et courageux, Philips Price à lui seul dérange ce que Knightley appelle un « silence sombre » antirusse en occident.

Le 2 mai, à Odessa, 41 ukrainiens d'origines russes furent brulés vivant dans le QG des syndicats, sous les yeux de la police qui regardait sans rien faire. Il y a de nombreuses preuves vidéo sans équivoque. Le dirigeant de droite Dmytro Yarosh a dit de ce massacre qu'il était « un jour glorieux pour l'histoire de la nation ». Dans les médias américains et britanniques, ceci fut présenté comme une « sombre tragédie » résultant d'affrontements entre « nationalistes » (néo-nazis) et « séparatistes » (des gens collectant des signatures pour un référendum pour une Ukraine fédérale). Le New York Times passa cela sous silence, ayant classé comme propagande russe les avertissements sur les politiques fascistes et antisémites des nouveaux clients de Washington. Le Wall Street Journal a maudit les victimes — « Un incendie ukrainien mortel probablement l' oeuuvre des rebelles, selon le gouvernement ». Obama félicita la junte pour sa « retenue ».

Le 28 juin, le Guardian dévoua une quasi pleine-page aux déclarations du « président » du régime de Kiev, l'oligarque Petro Poroshenko. Encore une fois, la règle orwellienne d'inversion s'appliqua. Il n'y avait pas eu de putsch ; pas de guerre contre les minorités ethniques ; les Russes étaient à blâmer pour tout. « Nous voulons moderniser mon pays, écrivit Poroshenko. Nous voulons introduire la liberté, la démocratie et les valeurs européennes. Quelqu'un n'aime pas ça. Quelqu'un ne nous aime pas pour cela. »

À la lecture de son article, le reporter du Guardian, Luke Harding, n'a jamais questionné ces affirmations ou mentionné les atrocités d'Odessa, les attaques aériennes et de l'artillerie du régime sur des zones résidentielles, le meurtre et le kidnapping de journalistes, les incendies des journaux d'opposition, et la menace de « libérer l'Ukraine des poussières et des parasites ». Les ennemis sont « des rebelles », des « militants », des « insurgés », des « terroristes » et des larbins du Kremlin. Allez chercher dans les archives de l'histoire les fantômes du Vietnam, du Chili, du Timor-Est, d'Afrique du Sud, d'Irak, vous remarquerez les mêmes qualificatifs. La Palestine est la pierre angulaire de cette escroquerie sans fin. Le 11 juillet, à la suite des derniers massacres à Gaza, commis par les Israéliens, équipés par les Américains — 80 personnes dont 6 enfants de la même famille — un général israélien écrivait dans le Guardian, le titre de son article : « Une démonstration de force nécessaire ».

Dans les années 70, j'ai rencontré Leni Riefenstahl et je lui ai posé des questions sur ses films qui glorifiaient les nazis. À l'aide de caméras révolutionnaires et de techniques d'éclairages, elle a produit une sorte de documentaire qui hypnotisa les allemands ; son film « Le triomphe de la volonté » est réputé avoir scellé le destin d'Hitler. Je lui ai posé des questions sur la propagande des sociétés qui s'estimaient supérieures. Elle répliqua que « les messages » dans ses films ne dépendaient pas « d'ordres venant d'en haut » mais d'un « vide de soumission » au sein de la population germanique. « Cela inclut-il la bourgeoisie libérale et éduquée ? » ai-je demandé, « tout le monde » m'a-t-elle répondu, « et bien sûr l'intelligentsia ».

* John Pilger est un journaliste, cinéaste et auteur, Australien d'origine, basé à Londres. Pour ses reportages à l'étranger et de les guerres, allant du Vietnam et du Cambodge au Moyen-Orient, il a remporté deux fois le plus haut prix de la Grande-Bretagne pour le journalisme. Pour ses films documentaires, il a remporté un British Academy Award et un Emmy américain. En 2009, il a reçu le prix des droits humains de l'Australie, le prix Sydney de la Paix.

(Traduction: Nicolas CASAUX du 4ème Singe)

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