Le Marxiste-Léniniste

Numéro 95 - 29 juillet 2014

La lutte pour le droit d'exister

Tous pour la victoire du peuple palestinien dans sa lutte pour briser le blocus de Gaza, mettre fin à l'occupation de sa patrie et affirmer son droit d'exister!



La lutte pour le droit d'exister
Tous pour la victoire du peuple palestinien dans sa lutte pour briser le blocus de Gaza, mettre fin à l'occupation de sa patrie et affirmer son droit d'exister! - K. C. Adams
Les justes modalités du Hamas pour un cessez-le-feu
Le massacre de Shuja'iyya expose les crimes sionistes - Pauline Easton 
Les crimes d'Israël
Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies condamne les actions d'Israël
Demande d'échange de prisonniers
Actions au Canada et partout dans le monde

À titre d'information
Non, Israël n'a pas un droit de légitime défense au sens du droit international à l'encontre du territoire palestinien occupé - Noura Erakat, Jadaliyya 


La lutte pour le droit d'exister

Tous pour la victoire du peuple palestinien dans sa lutte pour briser le blocus de Gaza, mettre fin à l'occupation de sa patrie et affirmer son droit d'exister!


Manifestation à Naplouse en Palestine à la défense du droit d’exister le 24 juillet

Le peuple palestinien est engagé dans une lutte courageuse pour son droit d'exister depuis la Deuxième Guerre mondiale. Après la guerre, les impérialistes anglo-américains ont décidé de créer une entité coloniale sioniste en Palestine comme base militaire pour renforcer leur empire en Asie de l'Ouest et en Afrique du Nord. Le front impérialiste a fourni des armements, des équipements et autres actifs, et des personnes déplacées en Europe pour occuper la Palestine et chasser les Palestiniens natifs d'une grande partie de leurs terres.

Avec une puissance militaire écrasante et d'énormes ressources financières et humaines, l'entité coloniale sioniste a occupé la Palestine et nié le droit d'exister du peuple palestinien. Le droit d'exister et de se défendre de l'entité coloniale sioniste a entraîné la négation du droit d'exister du peuple palestinien, le vol de ses terres, sa répression violente et l'occupation militaire continue de la Palestine.

En Palestine occupée, une des enclaves, réserves ou ghettos où les Palestiniens ont été contraints d'exister est une petite bande de terre appelée bande de Gaza. L'entité coloniale sioniste a isolé la bande de Gaza en Palestine occupée et imposé un blocus, la coupant de tout contact, commerce et autres activités normales avec les autres régions de la Palestine occupée et le monde extérieur.

Les Palestiniens de la bande de Gaza et de la Palestine occupées n'ont jamais accepté leur négation et ont toujours combattu pour leur droit d'exister. Leur résistance héroïque contre une machine militaire puissante, soutenue par le système impérialiste d'États mené par les États-Unis, leur a gagné le respect et une place d'honneur au sein de l'humanité. Leur direction tout au long de cette longue résistance, y compris le mouvement Hamas, la force politique qui gouverne Gaza actuellement, a juré que leur lutte se poursuivrait jusqu'à ce que la Palestine soit libérée de l'occupation et que le droit d'exister du peuple palestinien soit pleinement garanti.

Les peuples du monde doivent rejeter avec mépris les calomnies et la désinformation du système impérialiste d'États mené par les États-Unis à l'encontre de la résistance des Palestiniens à l'entité coloniale sioniste. Les médias monopolisés et les représentants politiques des monopoles, au pouvoir et dans l'opposition officielle, au sein du système impérialiste d'États, n'ont jamais considéré ou traité avec sérieux les revendications et le programme de la résistance palestinienne et de ses représentants politiques comme le Hamas ni permis que leurs points de vue soient largement discutés de façon objective au sein du corps politique. Ils qualifient de terroristes les organisations politiques de la résistance palestiniennes et leurs programmes et, à des fins purement de propagande, traitent d'antisémite le refus populaire de reconnaître et d'accepter l'occupation de la Palestine par l'entité coloniale sioniste.

Comme le grand dirigeant palestinien Yasser Arafat a déclaré à l'Assemblée générale des Nations unies, le sionisme est du racisme et n'a pas sa place dans la société moderne. Tant que la Palestine est occupée et le droit d'exister du peuple nié, c'est toute l'humanité qui est avilie et abaissée par cette situation rétrograde et dangereuse.

C'était une situation de même nature qui prévalait avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale quand les fauteurs de guerre de l'Allemagne nazie occupaient les terres d'autres peuples et détruisaient leur droit d'exister. Seule la résistance à l'État nazi allemand et sa destruction ont permis à l'humanité d'affirmer ses droits et de se libérer de l'humiliation, de la terreur d'État et de la dégradation de la vie sous le fascisme et le militarisme. La conciliation avec le fascisme et le militarisme était un crime monstrueux à cette époque tout comme il l'est aujourd'hui. L'humanité ne peut s'affirmer et se débarrasser de tous les vestiges du médiévalisme et du colonialisme qu'en se libérant de l'ancien et en construisant le nouveau.

Tous pour la victoire du peuple palestinien dans sa lutte pour briser le blocus de Gaza, mettre fin à l'occupation de sa patrie et affirmer son droit d'exister !

À bas l'entité coloniale sioniste criminelle, ses alliés impérialistes,
ses collaborateurs et ses conciliateurs !

Vive la résistance palestinienne et la Palestine libre !

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Les justes modalités du Hamas pour un cessez-le-feu
  

Le Hamas, rejoint par l'Autorité palestinienne et soutenu par l'opinion publique palestinienne, insiste sur le fait que les conditions d'un cessez-le-feu avec Israël soient la levée complète du blocus et la libération des personnes arrêtées récemment en Cisjordanie.

Dans une lettre envoyée aux États-Unis, aux membres de la Ligue arabe ainsi qu'aux autres gouvernements impliqués dans les négociations, le Hamas et l'Autorité palestinienne ont présenté leurs conditions pour un cessez-le-feu.

Les conditions détaillées dans cette lettre sont:

- l'ouverture des frontières et la liberté de mouvement pour les Gazaouis à la frontière avec Israël;

- l'ouverture du poste frontalier de Rafah avec l'Égypte;

- la libération de prisonniers, ceux qui avaient été dans un premier temps libérés en échange du soldat israélien Gilad Shalit en 2011 (et ceux arrêtés au cours de l'opération « Gardien de mon frère » dans laquelle Israël sans preuve ou sans procédure régulière a arrêté des Palestiniens après l'enlèvement et l'assassinat de trois adolescents israéliens);

- la réalisation de la quatrième libération des prisonniers (qu'Israël refuse de faire);

- l'autorisation de pêcher pour les pêcheurs palestiniens jusqu'à 12 milles marins des côtes de Gaza;

- la libre circulation des Palestiniens dans la « zone tampon » le long de la frontière de la bande de Gaza, y compris dans les zones agricoles;

Le Hamas et l'Autorité palestinienne demandent également la création d'un comité international pour garantir l'application de l'accord.

« Nous n'accepterons aucune initiative qui ne lève pas le blocus de notre peuple et qui ne respecte pas ses sacrifices, a réitéré Khaled Mechaal, dirigeant du Hamas, aux journalistes lors d'une conférence de presse au Qatar le 23 juillet. Les années de blocus ont tué plus de nos gens que les guerres. » Meshaal a déclaré qu'il « ne veut pas la guerre » mais a réaffirmé que le Hamas « ne cédera pas » à moins que ses conditions pour un cessez-le-feu soient remplies.

Se référant au blocus israélien en place depuis 2006, Ismaël Haniyeh, ancien premier ministre de l'Autorité nationale palestinienne et dirigeant du gouvernement à Gaza, a déclaré à la télévision le 21 juillet: « Nous ne pouvons pas revenir en arrière, à une mort lente... Les conditions de la résistance palestinienne constituent le minimum requis pour une trêve. La résistance et les fils de notre peuple qui ont fait de tels sacrifices dans cette guerre folle ne peuvent accepter rien de moins ».

La demande de la levée du blocus comme condition pour un cessez-le-feu a l'appui généralisé des Palestiniens. Des intellectuels, des personnalités publiques et des activistes palestiniens ont récemment rendu public une lettre ouverte au journal en ligne Electronic Intifada disant:

« Nous appelons à un cessez-le-feu que lorsque des conditions négociées donneront la liberté de circulation aux Palestiniens dans et hors de la bande de Gaza ». Gaza doit avoir « le droit illimité d'importer et d'exporter » des produits et « d'utiliser sans restriction le port maritime de Gaza ». « Toutes ces attentes sont une évidence pour la plupart des pays, et il est temps que les Palestiniens de Gaza jouissent des droits humains qu'ils méritent », lit-on dans cette lettre.

(Ha'aretz, Middle East Eye, Le Monde)

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Le massacre de Shuja'iyya expose les crimes sionistes

Le monde continue de regarder avec horreur le massacre des habitants palestiniens de la bande de Gaza par les occupants sionistes, pendant que les habitants de la Cisjordanie sont tués également pour le simple fait d'avoir manifesté. Le 21 juillet, les forces d'occupation ont commis un massacre dans le quartier de Shuja'iyya de la ville de Gaza. À 14 heures, le 26 juillet, les équipes médicales avaient dégagé 85 corps des décombres. Outre le fait d'avoir tué des Palestiniens, ce massacre a forcé plus de 60 000 habitants de Gaza à fuir leurs maisons par crainte d'autres attaques. Le nombre total de personnes déplacées à l'intérieur de la bande de Gaza a maintenant atteint les 183 000, sur une population de 1,7 million d'habitants. Tous les Palestiniens, incapables de s'enfuir à cause du blocus terrestre, maritime et aérien de Gaza sont des cibles de l'agression israélienne.

Beaucoup établissent la comparaison entre l'agression en cours dans la bande de Gaza et la Nakba de 1948, quand 750 000 Palestiniens ont été chassés de ce qui deviendrait Israël. Plus de la moitié des habitants de Gaza sont des réfugiés de la Nakba, des descendants de ceux qui ont été dépossédés par Israël, selon l'agence Ma'an News.

Parce que toutes les frontières sont fermées, la grande majorité des personnes déplacées ont cherché refuge dans des abris des Nations unies dans des zones plus éloignées de l'épicentre des combats.

Ces réfugiés, toutefois, ne sont pas nécessairement plus en sécurité -- un obus israélien a frappé un abri de Beit Hanoun le 23 juillet, tuant au moins 17 personnes.

Pour empêcher et éliminer la résistance, les sionistes ont systématiquement bombardé des hôpitaux, des écoles et des établissements religieux. Seulement si la résistance cesse, les attaques cesseront, affirment-ils.

Le calvaire des Palestiniens a été capturé par l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano qui dit: les Palestiniens ont perdu leurs terres, leurs maisons, leur eau et même leur patrie. Il leur est interdit de choisir leurs dirigeants. Ils ne peuvent même pas respirer sans autorisation.


Bethléem en Palestine le 17 juillet 2014

Toutefois, plus il y a massacres, plus la résistance est justifiée et plus les Israéliens sont condamnés. Seuls les alliés les plus lâches d'Israël, comme les États-Unis et le Canada, défendent les massacres et affirment qu'Israël a le droit de se défendre contre le Hamas qu'ils ont déclaré être une organisation terroriste parce qu'il dirige la résistance et persiste à affirmer le droit d'exister de la Palestine.

Lors d'une manifestation pro-Israël à Montréal, l'ultra-réactionnaire ministre de la Réforme dite démocratique du Canada, Pierre Poilievre, a déclaré: « Vous ne pouvez pas établir une équivalence entre une grande démocratie libérale, Israël, qui doit absolument défendre ses citoyens contre les attaques à la roquette violentes et une organisation terroriste, le Hamas, qui ne cesse pas de semer le chaos et la destruction. Cent pour cent du blâme est imputable au Hamas. Israël utilise ses armes pour protéger des civils, le Hamas utilise des civils pour protéger ses armes. »

Au moment de l'élection du Hamas en 2006, le gouvernement canadien a été le premier à refuser de reconnaître le résultat de l'élection parce que, selon lui, le Hamas est une organisation terroriste. Cela montre son hypocrisie quand il s'agit d'élections démocratiques et sa haine viscérale pour la résistance. À l'époque, le premier ministre Stephen Harper avait déclaré qu'il ne reconnaîtrait qu'un État palestinien « démilitarisé » vivant côte à côte avec Israël. Par conséquent, les déclarations récentes du gouvernement Harper que le Hamas utilise les civils « pour protéger ses armes » sont en fait une couverture pour sa position qui est qu'il veut que la résistance soit complètement désarmée afin qu'Israël puisse établir ses colonies de peuplement sur l'ensemble du territoire de la Palestine et imposer sa solution finale hitlérienne au peuple palestinien. C'est la raison pour laquelle le Canada collabore à la formation des forces de sécurité palestiniennes - pas pour protéger les Palestiniens des forces de l'occupation, mais pour supprimer toute résistance à l'occupation.

Dans le même sens, à un autre rassemblement pro-Israël à Toronto le 17 juillet, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Harper, John Baird, a pris la peine de souligner qu'aucun tir de roquettes ne venait de la Cisjordanie et que son gouvernement travaille avec l'Autorité palestinienne en Cisjordanie pour bâtir les institutions dont aura besoin un État palestinien indépendant, tout en préservant la sécurité d'un État israélien distinct. C'est de la fraude parce qu'Israël n'a pas l'intention de reconnaître un État palestinien, mais veut toutes les terres palestiniennes sans exception.

À leur très grande honte, les partis de l'opposition à la Chambre des communes blâment également la résistance pour les souffrances des Palestiniens. Dans leur lâcheté ils reprochent simplement au gouvernement Harper de ne plus avoir d'influence dans les affaires internationales pour négocier une paix favorable à Israël. Leur refus de s'aligner sur l'opinion publique canadienne et de défendre le droit international nie que l'occupation est un crime et la résistance un droit. Ils refusent également d'exiger la fin immédiate du blocus du peuple palestinien occupé, en butte au blocus et assiégé, tout en réclamant qu'il cesse sa résistance immédiatement.

Le 15 juillet, le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a fait « une déclaration à propos de la situation en Israël et à Gaza ». « Le Parti libéral du Canada condamne fermement le rejet par le Hamas de la proposition égyptienne de cessez-le-feu, ainsi que les tirs incessants de roquettes contre des civils, dit-il. Il conviendrait de féliciter Israël pour avoir accepté la proposition de cessez-le-feu et pour avoir démontré son attachement à la paix. Le Parti libéral du Canada et de nombreux acteurs de la communauté internationale, dont notamment les États-Unis, le Conseil de sécurité des Nations unies et l'Autorité palestinienne, avaient souligné l'urgence de décréter un cessez-le-feu qui aurait pu permettre de mettre un terme à cette tragédie que sont les pertes de vies humaines à Gaza et la souffrance des Israéliens victimes d'actes terroristes. Israël a le droit de se défendre et de protéger son peuple. Le Hamas est une organisation terroriste qui doit cesser immédiatement ses attaques à la roquette. »

Dans un communiqué le 22 juillet, le chef du NPD, Thomas Mulcair, a déclaré: « Nous sommes consternés par les récentes violences dans la région. Les frappes aériennes et terrestres à Gaza ont coûté la vie à un grand nombre de civils innocents. Ces morts ne laissent personne indifférent. Les tirs de roquettes du Hamas et des militants du Jihad islamique contre les civils sont absolument inacceptables. Le Hamas est une organisation terroriste et Israël a le droit de protéger ses citoyens contre ses attaques, tout en veillant à la protection des civils. Le conflit est entré dans une phase plus dangereuse récemment, alors que le Hamas a refusé la proposition égyptienne visant à instaurer un cessez-le-feu et qu'Israël a lancé une offensive terrestre dans la bande de Gaza. La communauté internationale doit redoubler d'efforts pour désamorcer le conflit et établir un cessez-le-feu. L'instauration de la paix à long terme doit être notre priorité absolue. »

Joignez-vous aux actions dans tout le Canada pour montrer que les Canadiens se tiennent aux côtés de la résistance palestinienne et soutiennent ses justes demandes : la fin du siège de Gaza, le retour de tous les prisonniers, que cessent les tueries et l'occupation !

Ô martyrs du génocide sioniste !
Que l'humanité se dresse pour mettre fin à l'assassinat de votre peuple courageux !


Naplouse, Cisjordanie, 24 juillet 2014

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Les crimes d'Israël

Selon les rapports, en date du samedi 26 juillet, le nombre de morts à Gaza résultant des attaques d'Israël était de 907. Le 26 juillet, juste avant qu'une trève humanitaire de douze heures ne soit acceptée par Israël et la résistance palestinienne, des missiles israéliens ont frappé une maison dans la ville de Beit Hanoun, tuant les dix-huit membres de la famille qui s'y trouvait.

Depuis le début de l'assaut, 5 860 Palestiniens ont été blessés et l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNWRA) rapporte que le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays et réfugiées dans 83 écoles de l'UNWRA continue d'augmenter et qu'il dépasse maintenant 162 862. Depuis le 1er juin, 93 installations de l'UNWRA ont été ciblées à de nombreuses reprises. De surcroît, on estime que 20 000 personnes déplacées ont trouvé refuge chez des membres de la famille et dans des écoles publiques, des mosquées, des églises, des édifices inachevés et dans des zones ouvertes, faisant en sorte que le total de personnes déplacées se rapproche davantage de 183 000 sur une population de 1,86 million. Le nombre de personnes déplacées est maintenant trois fois plus élevé qu'il ne l'a été au moment le plus fort des attaques israéliennes de 2008-2009.

Le Centre palestinien pour les droits de la personne de Gaza a confirmé que 81,5 % des personnes tuées étaient des civils et 24 %, des enfants.

« À toutes les heures, un enfant est tué à Gaza depuis deux jours », a dit Kyung-Wha Kang, l'assistant secrétaire-général des Affaires humanitaires et coordonnateur adjoint des secours d'urgence des Nations unies, le 23 juillet.

Quarante-trois pour cent du territoire de Gaza a été soumis à des avertissements d'évacuation de la part d'Israël ou désigné « zones interdites » par les forces d'occupation, selon l'ONU. En fait, il n'existe aucun endroit sécuritaire dans l'enclave côtière en état de siège. Les bombardements à partir du sol et de la mer de même que les frappes aériennes ont touché toute la région.

Israël prétend avoir lancé des avertissements à tous les résidants, les prévenant de quitter leurs domiciles avant un bombardement aérien. « Où pourraient-ils bien aller ? », ont dit plusieurs, puisque la « frontière » d'Israël avec Gaza est fermée hermétiquement et que celle avec l'Égypte est fermée elle aussi.

Les crimes d'Israël ont atteint des proportions inimaginables. Les militaires israéliens ont « ciblé des endroits spécifiques » dans l'hôpital de réhabilitation de al-Wafda « suite à des coups de feu qui en sont parvenus » et « en dépit d'avertissements renouvelés contre de telles choses », ont-ils dit. Les médecins n'ont eu d'autre choix que de quitter les lieux avec leurs patients, dont 14 étaient paralysés ou dans le coma. Le 21 juillet, des tirs israéliens ont fait quatre morts et 60 blessés à l'hôpital Al-Aqsa à Deir al Balah.

Les sionistes ont réitéré ce qu'ils avaient dit le 23 juillet à l'effet que leurs attaques étaient justifiées du fait qu'il s'agissait de cibles militaires et que des avertissements avaient été donnés aux civils pour qu'ils quittent l'hôpital. « Des avertissements ont été transmis directement à l'administration de l'hôpital et à d'autres responsables palestiniens », ont-ils dit.

Un porte-parole du ministre palestinien de la Santé a indiqué qu'une de leurs ambulances avait été la cible d'attaques aériennes en route vers l'hôpital européen de Gaza en provenance de l'hôpital Nasser à Khan Younis. Le chauffeur, le médecin et l'infirmière ont été blessés suite à un tir de missile, mais ont réussi à fuir avant que l'ambulance ne soit frappée par deux autres tirs qui l'ont complètement détruite.

Les hôpitaux ont aussi fait face à de nombreuses pannes d'électricité. Le pouvoir électrique a été réduit de plus de 70 % suite aux bombardements israéliens et au siège en tant que tel qui même avant l'assaut avait déjà imposé des limites de services de huit heures à la fois.

Un médecin norvégien travaillant à l'hôpital de Shifa, l'installation médicale la plus importante de Gaza, a écrit une lettre ouverte au président étasunien Obama, l'invitant à visiter l'hôpital et à y passer une nuit avec les travailleurs.

« L'invitation est lancée - passez une nuit, juste une nuit - avec nous à Shifa. Déguisez-vous en employé d'entretien s'il le faut », a écrit le médecin Mads Gilbert. « Je suis convaincu à 100 % que le cours de l'histoire changerait. »

« Personne qui a un coeur et du pouvoir ne pourrait passer une nuit à Shifa sans être déterminé à mettre fin au massacre du peuple palestinien », a-t-il dit.

« Les besoins en nourriture à Gaza sont urgents », a affirmé le directeur du Programme alimentaire mondial des Nations unies (le WFP), Pablo Recalde. « Nous voyons jusqu'à quel point les programmes du WFP sont efficaces à nous donner la capacité d'agir avec rapidité et flexibilité pour fournir une aide alimentaire urgente quand elle est nécessaire. »

Depuis la dernière vague de combats, l'agence a fourni des rations et des bons alimentaires à plus de 20 000 personnes déplacées. Elle a demandé une aide de 20 millions $ afin de pouvoir poursuivre ses programmes d'assistance alimentaire à plus de 600 000 personnes parmi les plus vulnérables de la région.

(UNRWA, Middle East Monitor, Ma'an Agency)

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Le Conseil des droits de l'homme des
Nations unies condamne les actions d'Israël
 

Le 23 juillet, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a condamné à une très forte majorité les actions d'Israël et décidé de lancer une enquête indépendante sur les violations présumées du droit humanitaire et des droits humains international dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.

Réuni en session d'urgence, le Conseil a résolu d'envoyer une équipe d'enquêteurs suite à un vote où 29 pays ont voté pour la résolution, 17 se sont abstenus et un seul, les États-Unis, a voté contre. La résolution condamne dans les termes les plus forts « les violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l'homme et des libertés fondamentales découlant des opérations militaires israéliennes menées dans le territoire palestinien occupé depuis le 13 juin 2014 », et demande un cessez-le-feu immédiat.

« Le Conseil condamne toutes les violences contre les civils où qu'elles se produisent, y compris le meurtre de deux civils israéliens à la suite de tirs de roquettes », a déclaré le Bureau du haut commissaire des Droits de l'homme.

Le Conseil demande aussi qu'Israël ouvre immédiatement la bande de Gaza occupée et invite la communauté internationale à fournir une assistance et des services humanitaires d'urgence au peuple palestinien dans la bande de Gaza.

Réagissant à la condamnation, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a à nouveau jeté le blâme sur la résistance palestinienne pour les crimes d'Israël.

« Cette résolution ignore totalement ce qui se passe sur le terrain et du fait qu'il n'y ait qu'un seul responsable de la souffrance du peuple palestinien, soit le groupe terroriste international Hamas », a-t-il dit.

Niant totalement qu'Israël est une Puissance occupante, Baird a poursuivi : « Le Hamas continue de tirer des roquettes à l'aveugle sur les collectivités israéliennes, semant la terreur chez des millions d'Israéliens. Comme tout autre État souverain des Nations unies, Israël a le droit absolu et le devoir fondamental de protéger ses citoyens.

« Aucune équivalence morale ne peut être établie entre une organisation terroriste internationale et un État démocratique et libéral. La décision d'aujourd'hui mine la crédibilité de cette organisation.

« L'absence de condamnation des actes répréhensibles du Hamas n'a fait qu'accroître leur violence et qu'encourager ces terroristes à poursuivre leurs actions inadmissibles », a-t-il dit.

Pendant ce temps, le 25 juillet des avions de guerre israéliens ont frappé la mosquée Hamza à Khan Younis à deux reprises.

Le gouvernement équatorien a rappelé son ambassadeur de Tel Aviv suite à l'invasion de Gaza par Israël. Le ministre des Affaires étrangères de l'Équateur, Ricardo Patino, a dit : « Nous condamnons l'incursion israélienne en territoire palestinien, nous exigeons que cessent les opérations et les attaques sans discrimination contre les civils. »

Le Brésil a aussi rappelé son ambassadeur d'Israël en guise de protestation contre « le recours disproportionné à la force » du régime de Tel Aviv dans la bande de Gaza en état de siège. Dans une déclaration émise à Brasilia le 24 juillet, on peut lire : « Le gouvernement brésilien considère que l'escalade de la violence est inacceptable. Nous condamnons dans les termes les plus forts le recours disproportionné à la force par Israël dans la bande de Gaza, qui a causé la mort de nombreux civils, dont des femmes et des enfants. »

« À la lumière de cette situation extrêmement sérieuse, poursuit la déclaration, le gouvernement brésilien a voté en faveur de la résolution mise de l'avant par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à ce sujet. Nous avons de plus rappelé notre ambassadeur de Tel Aviv à Brasilia pour des consultations. »

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Demande d'échange de prisonniers

Les Brigades al-Qassam, affiliées au Hamas, ont annoncé le 20 juillet avoir capturé un soldat israélien au cours de combats dans la bande de Gaza. Plusieurs Palestiniens espèrent que le soldat sera échangé contre des palestiniens prisonniers dans les prisons israéliennes dont le nombre atteint près de 6 000, nombre d'entre eux incarcérés de façon arbitraire par Israël en représailles pour l'enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens qu'Israël impute au Hamas sans avancer aucune preuve.

Quarante pourcent des hommes palestiniens des territoires occupés ont été détenus dans des prisons israéliennes depuis 1967 et pour plusieurs d'entre ceux qui s'y trouvent toujours le seul espoir d'être libéré réside dans un échange de prisonniers.

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Actions au Canada et partout dans le monde

Canada

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25 juillet



18 juillet

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18 juillet

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25 juillet



18 juillet

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Mexico

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Grèce

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Sarajevo

Liban

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Iran

La réunion des États membres du Conseil islamique à Téhéran le 22 juillet condamne l’agression israélienne contre Gaza.

Syrie


Damas

Yémen

Sanaa


Pakistan

Dhaka


Peshawar


Quetta

Inde


Indonésie

Jakarta

(TML, Xinhua, Active Stills, Ifran, A. Sidique, L. Sababa, A Al Bazz, Khalid, H. Memija, M. Kolos, N. Celaya, A. Kane, B. Simpson, CAIA, L. Diop, CritiqueMyPhoto, Muslims of Calgary)

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À titre d'information

Non, Israël n'a pas un droit de légitime défense
au sens du droit international à l'encontre
du territoire palestinien occupé

[Compte tenu des affirmations d'Israël que ses attaques actuelles conduites dans sur la bande de Gaza sont l'exercice du droit de légitime défense, Jadaliyya re-publie une analyse de cette affirmation de la co-rédactrice Noura Erakat initialement publiée en 2012.]

Le quatrième jour de l'attaque la plus récente d'Israël contre la population palestinienne de Gaza, le président Barack Obama a déclaré: « Aucun pays sur terre ne tolérerait que des missiles lancés de l'autre côté de ses frontières pleuvent sur ses citoyens ». Se faisant l'écho des responsables israéliens, il a présenté les frappes aériennes de missiles d'Israël contre la bande de 360 km2 comme l'emploi justifié de la force armée contre un pays étranger. La faculté d'Israël de présenter son agression contre le territoire qu'il occupe comme un droit de légitime défense est une dénaturation du droit international.

Un État ne peut pas en même temps exercer un contrôle sur un territoire qu'il occupe et attaquer militairement ce territoire en prétendant qu'il est « étranger » et qu'il constitue une menace exogène à la sécurité nationale. Faisant précisément cela, Israël fait valoir des droits qui peuvent être compatibles avec la domination coloniale mais n'existent tout simplement pas en droit international.

Certes, le caractère exécutoire du droit international dépend en grande partie du respect du droit et du consentement volontaires des États. En l'absence de la volonté politique d'accorder le comportement des États au respect du droit, les violations deviennent la norme plutôt que l'exception. Néanmoins, un examen de ce que dit le droit international sur la question du droit de l'occupant de recourir à la force est utile étant donné les tentatives délibérées d'Israël depuis 1967 de réinterpréter et transformer les lois applicables aux territoires occupés. Ces efforts se sont multipliés depuis le soulèvement palestinien de 2000 et, en cas de succès, la réinterprétation d'Israël transformerait le droit en un instrument qui protège l'autorité coloniale aux dépens des droits des civils non-combattants.

Israël a le devoir de protéger les Palestiniens qui vivent sous l'occupation

L'occupation militaire est un statut reconnu par le droit international et, depuis 1967, la communauté internationale a désigné la Cisjordanie et la bande de Gaza comme occupées militairement. Tant que l'occupation perdure, Israël a le droit de se protéger et de protéger ses citoyens contre les attaques de Palestiniens qui résident dans les territoires occupés. Toutefois, Israël a également le devoir d'assurer l'ordre public, également appelé « vie normale », dans le territoire qu'il occupe. Cette obligation inclut non seulement assurer mais donner priorité à la sécurité et au bien-être de la population occupée. Cette responsabilité et ces devoirs sont énumérés dans le droit de l'occupation.

Le droit de l'occupation fait partie des lois relatives aux conflits armés; ce droit envisage l'occupation militaire comme le résultat de la guerre et énumère les obligations d'une puissance occupante jusqu'au rétablissement de la paix et la fin de l'occupation. Pour s'acquitter de ses obligations, la puissance occupante dispose du droit d'utiliser les pouvoirs de police, ou la force acceptable à des fins répressives. Comme l'a déclaré le Tribunal militaire des États-Unis lors du Procès des otages (The United States of America vs. Wilhelm List, et al.), le droit international confère au général commandant la responsabilité d'assurer le maintien de l'ordre public, de punir le crime et de protéger la vie et la propriété en territoire occupé. Son pouvoir pour l'atteinte de ces fins est aussi grand que sa responsabilité.

La portée et le degré de la force constituent la distinction entre le droit de légitime défense et le droit de police. L'autorité de police est limitée à l'usage du minimum de force requis pour rétablir l'ordre et maîtriser la violence. Dans un tel contexte, l'utilisation de la force létale n'est légitime que comme une mesure de dernier ressort. Même lorsque la force militaire est jugée nécessaire pour que soit maintenu l'ordre public, cette force est circonscrite par les risques pour la population civile non combattante. Le droit de légitime défense, invoqué par les États contre d'autres États, offre cependant un spectre plus large de l'utilisation de la force militaire. Les deux sont légitimes en vertu du droit des conflits armés et se distinguent donc du régime juridique en temps de paix réglementé par le droit des droits de l'homme.

Quand il est juste de commencer à combattre

Le droit des conflits armés figure essentiellement dans le Règlement de la Haye de 1907, les quatre Conventions de Genève de 1949 et leurs protocoles additionnels I et II de 1977. Cet acquis juridique repose sur un simple équilibre entre, d'une part, les préoccupations humanitaires et, d'autre part, l'avantage et la nécessité militaires. Le procès de Nuremberg qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale a défini les exigences militaires comme la permission d'utiliser « toute la force nécessaire pour contraindre la soumission complète de l'ennemi » en autant que la destruction de la vie et de la propriété ne soit pas faite par vengeance ou volonté de tuer. Ainsi, l'usage acceptable de la force au cours de la guerre, bien que très large, n'est pas illimité.

En droit international, la légitime défense est la justification légale de l'État pour prendre l'initiative de l'emploi de la force armée et de déclarer la guerre. Cela est considéré comme jus ad bellum - ce qui signifie « quand il est juste de commencer à combattre ». Le droit de combattre en légitime défense se distingue du jus in bello, les principes et les lois régissant les moyens et méthodes de guerre. Le jus ad bellum vise à limiter le recours à l'emploi de la force armée conformément à l'article 2 (4) de la Charte des Nations unies; la seule justification de l'emploi de la force armée, figurant à l'article 51, est en réponse à une agression armée (ou une menace imminente conformément au droit coutumier en la matière). Le seul autre moyen légitime de commencer une guerre, conformément à l'article 51, est avec l'accord du Conseil de sécurité, une option réservée - au moins en principe - à la défense ou au rétablissement de la paix et la sécurité internationales.

Une fois le conflit armé ouvert, et quelle que soit la raison ou la légitimité de ce conflit, le cadre juridique du jus in bello s'applique. Par conséquent, là où l'occupation est déjà en place, le droit d'utiliser la force militaire en réponse à une attaque armée, plutôt que la force policière pour rétablir l'ordre, n'est pas un recours à la disposition de l'État occupant. Le commencement d'une occupation militaire marque la victoire d'un des belligérants sur l'autre. Dans le cas d'Israël, l'occupation de la Cisjordanie, de la bande de Gaza, des hauteurs du Golan et du Sinaï en 1967 a marqué une victoire militaire contre les belligérants arabes.

Le droit de l'occupation interdit à une puissance occupante le recours à la force armée à l'encontre de son territoire occupé. La simple existence de l'occupation militaire fait qu'une agression armée, y compris une agression qui serait conforme à la Charte des Nations unies, a déjà eu lieu et est terminée. Par conséquent, par définition depuis 1967, Israël ne dispose pas du droit de légitime défense au sens du droit international en ce qui concerne les menaces réelles ou perçues émanant de la population de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Pour atteindre ses objectifs en matière de sécurité, Israël ne peut recourir qu'au pouvoir de police, ou l'utilisation exceptionnelle de la force militaire, qui lui est conféré par le droit humanitaire international. Cela ne veut pas dire que Israël ne peut pas se défendre, mais ces mesures défensives ne peuvent ni prendre la forme de la guerre, ni être justifiées par la légitime défense au sens du droit international. Comme l'explique Iain Scobbie:

« Assimiler les deux, c'est tout simplement confondre le sens légal du terme ‘défense' avec sa dénotation linguistique. Tout comme la ‘négligence', en droit, ne signifie pas ‘ insousciance', mais plutôt se réfère à une structure doctrinale élaborée, ainsi la ‘légitime défense' se réfère à une doctrine complexe qui a une portée beaucoup plus restreinte que les notions ordinaires de ‘défense'. »

Soutenir qu'Israël utilise la « légitime défense » quand il attaque militairement Gaza revient à donner à la puissance occupante le droit d'utiliser la force policière et la force militaire dans le territoire occupé. Une puissance occupante ne peut pas justifier l'emploi de la force militaire comme étant de la légitime défense dans le territoire dont elle est responsable comme occupant. Le problème est qu'Israël n'a jamais adopté en Cisjordanie et à Gaza une conduite conforme au droit de l'occupation.

Les tentatives d'Israël de modifier le droit international

Depuis le début de l'occupation en 1967, Israël a rejeté l'applicabilité du droit humanitaire international dans le Territoire palestinien occupé (TPO). Malgré l'imposition d'un régime militaire en Cisjordanie et à Gaza, Israël a fait valoir que la Quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre (la pierre angulaire du droit de l'occupation) ne s'appliquait pas à son occupation. Israël a soutenu que parce que les territoires ne constituaient pas un État souverain et n'étaient pas des territoires souverains des États évincés à l'époque de la conquête, il a simplement administré les territoires et ne les occupent au sens du droit international. Le Conseil de sécurité des Nations unies, la Cour internationale de Justice, l'Assemblée générale des Nations unies, ainsi que la Haute Cour de Justice d'Israël (HCJ) ont rejeté catégoriquement la position du gouvernement israélien. De manière significative, la HCJ reconnaît l'ensemble des dispositions du Règlement de la Haye et des Conventions de Genève de 1949 qui portent sur l'occupation militaire comme faisant partie du droit international coutumier.

Le refus d'Israël de reconnaître le statut de territoire occupé du territoire, soutenu par l'opposition résiliente et intransigeante des États-Unis à la responsabilité internationale au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, a engendré la situation qui existe aujourd'hui: l'occupation militaire prolongée. Alors que le seul moyen de remédier à l'occupation est normalement la cessation de l'occupation, un tel recours ne suffira pas à remédier à l'occupation militaire prolongée. Du fait de décennies de régime militaire, Israël perçoit tous les Palestiniens comme une menace pour la sécurité et les ressortissants juifs comme leurs victimes potentielles, justifiant par là le traitement différent, et violent, des Palestiniens. À sa session de 2012, le Comité des Nations unies sur l'élimination de la discrimination raciale a qualifié les conditions actuelles, après des décennies d'occupation et de répression, comme similaires à l'apartheid.

Au mépris total du droit international, et de ses conclusions institutionnelles, Israël continue de traiter le territoire palestinien occupé comme une possession coloniale. Depuis le début de la deuxième Intifada palestinienne en 2000, Israël a formulé le concept qu'il était engagé dans une « quasi-guerre » internationale en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. En conséquence, il soutient qu'il peut 1) invoquer la légitime défense, conformément à l'article 51 de la Charte des Nations unies, et 2) utiliser la force au-delà de ce qui autorisé pour le maintien de l'ordre, même en territoire occupé.

La bande de Gaza n'est pas le World Trade Center

Afin de justifier son recours à la force dans le territoire palestinien occupé comme conforme au droit de légitime défense, Israël cite la résolution 1368 (2001) du Conseil de sécurité des Nations unies et la Résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité des Nations unies. Ces deux résolutions ont été adoptées en réponse directe aux attaques d'Al-Qaïda contre les États-Unis le 11 septembre 2001. Elles affirment que les actes terroristes constituent des menaces à la paix et la sécurité internationales et donc déclenchent l'application de l'article 51 de la Charte des Nations unies qui autorise l'utilisation de la force comme mesure de légitime défense. Israël a donc délibérément caractérisé tous les actes de violence palestinienne - y compris ceux qui sont dirigées exclusivement contre des cibles militaires légitimes - comme des actes terroristes. Deuxièmement, il présente ces actes comme une agression armée qui déclenche le droit de légitime défense en vertu de l'article 51, indépendamment du statut de territoire occupé de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Le gouvernement israélien a énoncé clairement sa position dans une contestation de la légalité de sa politique d'assassinats ciblés devant la HCJ en 2006 (Comité public contre la torture en Israël et al v gouvernement d'Israël). L'État a fait valoir que, malgré le débat juridique existant, « il ne fait aucun doute que l'agression terroriste contre Israël correspond à la définition d'une agression armée », ce qui qui permet de fait à Israël d'utiliser la force militaire contre ces entités. Par conséquent, les responsables israéliens affirment que les lois de la guerre peuvent s'appliquer « à la fois à un territoire occupé et à un territoire qui n'est pas occupé, tant que le conflit armé se déroule sur ces territoires » et que l'utilisation acceptable de la force n'est pas limitée à des opérations de maintien de l'ordre. La HCJ a confirmé cet argument dans au moins trois de ses décisions: Comité public contre la torture en Israël et al v gouvernement d'Israël, Hamdan v commandant militaire du Sud, et Médecins pour les droits de l'homme c Le commandant de Tsahal dans la bande de Gaza. Ces jugements sanctionnent la position du gouvernement selon laquelle il est engagé dans un conflit armé international et, par conséquent, que son usage de la force n'est pas limité par le droit de l'occupation. La justice israélienne autorise effectivement l'État à utiliser la force de police pour contrôler la vie des Palestiniens (par exemple, par des arrestations, des poursuites, des postes de contrôle) et la force militaire pour briser leur résistance à l'occupation.

La Cour internationale de Justice (CIJ) a traité de ces questions dans son avis sur l'utilisation de la force acceptable en Cisjordanie occupée en 2004, Avis consultatif sur les conséquences juridiques de l'édification d'un mur dans le territoire palestinien occupé. La CIJ a estimé que l'article 51 prévoit une agression armée par un État contre un autre État et « Israël ne prétend pas que les attaques contre lui sont imputables à un État étranger. » En outre, la CIJ a jugé que parce que la menace pour Israël trouve « son origine à l'intérieur et non en dehors » de la Cisjordanie occupée, la situation est donc différente de celle envisagée par les résolutions 1368 (2001) et 1373 (2001) du Conseil de sécurité et, de ce fait, Israël ne saurait en tout état de cause invoquer ces résolutions au soutien de sa prétention à exercer un droit de légitime défense. En conséquence, la Cour conclut que l'article 51 de la Charte est sans pertinence au cas particulier.

Malgré le jugement de la CIJ, Israël persiste à dire qu'il exerce son droit légitime de légitime défense dans l'exécution de ses opérations militaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Depuis 2005, Israël a légèrement modifié sa position vis-à-vis la bande de Gaza. Le gouvernement insiste sur le fait que, en raison de son désengagement unilatéral en 2005, l'occupation a pris fin. En 2007, le gouvernement a déclaré la bande de Gaza une « entité hostile » et fait la guerre sur le territoire sur lequel il continue d'exercer un contrôle effectif en tant que puissance occupante ....

En fait, Israël déforme / réinterprète le droit international pour justifier son recours à la force militarisée afin de protéger son autorité coloniale. Bien qu'il rejette de jure l'application du droit de l'occupation, Israël exerce un contrôle effectif sur la Cisjordanie et la bande de Gaza et donc a recours à des pouvoirs de police. Israël utilise ces pouvoirs de police pour poursuivre son expansion coloniale et imposer un régime d'apartheid et, au mépris du droit international, invoquer son droit de légitime défense au sens du droit international pour faire la guerre à la population dont il doit assurer la protection. L'invocation du droit pour protéger sa présence coloniale rend la population civile palestinienne doublement vulnérable. En particulier dans le cas de Gaza,

« Cela force les habitants de la bande de Gaza à faire face à l'une des armées les plus puissantes du monde sans le bénéfice de leur propre armée, ou de tous moyens réalistes d'acquérir les moyens de se défendre. »

Plus largement, Israël repousse lentement les limites du droit existant dans une tentative explicite de le remodeler. C'est une violation du droit humanitaire international qui vise à protéger les civils en temps de guerre en minimisant leurs souffrances. Les tentatives d'Israël ont réussi dans le domaine des relations publiques, comme en témoigne le soutien inconditionnel du président Obama aux récentes attaques d'Israël sur la bande de Gaza qu'il considère comme un exercice du droit de légitime défense. Puisque le droit international n'a pas de pouvoir d'exécution hiérarchique, son sens et sa portée dépendent largement de la prérogative des États, en particulier les plus puissants. Les incidences de ce changement sont donc palpables et dangereuses.

L'incapacité à faire respecter la loi permettrait aux États d'agir comme ils l'entendent dans la poursuite de leurs intérêts nationaux, même dans les cas où cela aurait des conséquences dévastatrices pour les civils non combattants et le droit international. Pour le meilleur ou le pire, le fardeau de résister à ce changement et de préserver la protection des civils repose sur les épaules des citoyens, des organisations et des mouvements de masse qui peuvent influencer leurs gouvernements pour qu'il appliquent le droit international. Il n'y a pas d'alternative à la mobilisation politique pour transformer la manière d'agir des États.

* Co-rédactrice en chef de Jadaliyya.com Arab Studies Journal, Noura Erakat est une avocate en droits humains et écrivaine. Elle est actuellement professeur à la faculté de droit Beasley de l'Université Temple et est un membre du réseau de soutien juridique pour le Centre Badil pour des réfugiés palestiniens et le droit de résidence. Elle enseigne le droit international des droits de la personne et du Moyen-Orient à l'Université de Georgetown depuis le printemps 2009. Récemment, elle a été conseillère juridique pour un sous-comité du Congrès à la Chambre des représentants, présidée par le représentant Dennis J. Kucinich.


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