Le Marxiste-Léniniste

Numéro 93 - 18 juillet 2014

Les travailleurs de la Côte-Nord défendent leurs droits

Les travailleurs défendent leur
droit de travailler dans leur région


À Forestville le 20 juin 2014

Les travailleurs de la Côte-Nord défendent leurs droits
Les travailleurs défendent leur droit de travailler dans leur région
Nos gens ont l'impression de gérer des budgets plutôt que de traiter des patients - Entrevue avec Nathalie Savard, présidente du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ)

Attaques aux pensions du secteur public québécois
L'argument frauduleux sur les déficits des régimes de retraite des employés municipaux - Claude Moreau

Les magouilles criminelles de privatisation du gouvernement Harper
Les fonctionnaires fédéraux s'engagent à combattre le diktat et la fraude - Pierre Chénier


Les travailleurs de la Côte-Nord défendent leurs droits

Les travailleurs défendent leur
droit de travailler dans leur région

En mai et juin, les travailleurs de la Côte-Nord ont tenu plusieurs manifestations pour revendiquer des emplois pour les travailleurs de la région. Le 9 mai, ils ont manifesté à Baie-Comeau, Sept-Îles et Havre-Saint-Pierre. Le 20 juin, plus de mille travailleurs ont manifesté dans 4 villes soit Baie-Comeau, Sept-Îles, Havre-St-Pierre et Forestville. Les manifestants protestaient contre le peu d'emplois qui reviennent aux travailleurs de la région, en particulier dans la construction et le secteur minier. Souvent, les entreprises de la construction arrivent avec leurs travailleurs qui proviennent de tous les coins du Québec et n'engagent que peu de main-d'oeuvre locale. Les minières amènent des quantités de travailleurs de partout avec le « fly in fly out » et font peu appel aux travailleurs de la région. Les travailleurs sont logés dans des camps et ont très peu d'interaction avec les villes. Les travailleurs de la Côte-Nord demandent que plus de travailleurs de la région soient employés dans les principaux secteurs de l'économie.

Les manifestations avaient un caractère urgent parce que la construction est présentement à son point le plus fort de l'année, notamment au gigantesque complexe hydroélectrique de la Romaine d'Hydro-Québec qui comprend environ 2000 travailleurs. Si les travailleurs de la région ne sont pas engagés, ils passeront l'été à ne pas travailler et n'auront pas les heures nécessaires pour être éligibles à l'assurance-emploi pendant la basse saison. De nombreux travailleurs sont déjà sans revenu depuis des mois parce qu'ils sont en chômage depuis un bon moment et ont épuisé leurs prestations d'assurance-emploi. Les travailleurs aux manifestations ont rapporté que plusieurs travailleurs de la construction ont déjà rejoint les rangs de ceux qui doivent vivre de l'aide sociale. « Assez, c'est assez, il faut sauver nos communautés. Si on ne bouge pas, c'est le tissu social qui risque d'être touché, nos services qu'on ne pourra plus payer. C'est un cri du coeur », a dit un travailleur lors de la manifestation du 9 mai à Baie-Comeau.


Manifestation de travailleurs de la construction et supporteurs à Sept-Îles pour des emplois le 20 juin 2014

La situation de l'emploi s'est grandement détériorée
sur la Côte- Nord ces dernières années

De janvier 2013 à janvier 2014, le taux de chômage a augmenté de 2 % pour s'établir à 8,4 %. En mai 2014, le taux de chômage était à 9,4 %. La situation des travailleurs et des communautés s'est encore aggravée du fait qu'avec le Plan Nord et son « boom minier » le coût de la vie est monté en flèche sur la Côte-Nord. Il y a très peu de logements de libres et ceux qui le sont hors de prix. Les prix des denrées de base ont grandement augmenté. La baisse des emplois et des revenus combinée avec l'augmentation en flèche du coût de la vie composent une situation dramatique qui demande des changements immédiats, font valoir les travailleurs.

« Au milieu de tout ça, il faut qu'on continue de payer nos taxes municipales, qu'on continue d'essayer de garder nos commerçants, a dit Réginald Poirier, le représentant des locaux 9 et 2366 de la FTQ-Construction au Forum ouvrier. On a de la difficulté à les garder. Les employeurs qui viennent de l'extérieur qui amènent leur monde, ils amènent aussi leurs denrées de base et tout le matériau dont ils ont besoin. Les matériaux de construction viennent d'ailleurs. Comment voulez- vous que la Côte-Nord vive correctement, elle qui devrait vivre encore plus hautement parce qu'il y a de l'ouvrage en masse. »

Les travailleurs demandent des mesures immédiates de la part du gouvernement provincial pour faire en sorte que plus de travailleurs de la région soient engagés. En début 2014 a été créée la Table régionale Côte-Nord sur la main-d'oeuvre dans les secteurs industriel et de la construction qui a remis son rapport au gouvernement en mai. La Table comprend entre autres des représentants du gouvernement, des entreprises, des syndicats, des villes, d'Hydro-Québec et des députés provinciaux de la région. Dans son rapport, la Table a émis une série de recommandations dont celle à l'effet que la Commission de la construction du Québec (CCQ) rende disponible quotidiennement à tous les employeurs le nombre de travailleurs de la construction disponibles sur la Côte-Nord. Les travailleurs ont accueilli la création de la Table régionale, mais ne veulent pas que les choses traînent et ils demandent que le gouvernement Couillard prenne des mesures immédiates pour ouvrir les emplois aux travailleurs de la région. Ils visent en particulier la Loi R-20, la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction,qui régit la mobilité de la main-d'oeuvre. La loi prescrit que priorité doit être donnée aux travailleurs de la région dans les projets de construction mais elle ne comporte pas d'obligation de le faire. Les travailleurs demandent des changements immédiats et ne veulent pas se faire dire par le gouvernement qu'amender les lois ou passer une réglementation spécifique qui changerait la situation est quelque chose de très complexe qui demande beaucoup de temps.

« Ce serait facile au gouvernement de dire aux employeurs qu'ils vont engager de la main-d'oeuvre régionale et ensuite aller chercher de la main-d'oeuvre où ils voudront, a dit Réginald Poirier. Quand ils disent qu'ils ne toucheront pas à une loi, c'est pour ne pas déplaire à leurs bailleurs de fonds. Les gouvernements passent les lois qu'ils veulent quand ils le veulent quand c'est pour nous nuire. Quand c'est pour nous aider ils ne sont pas capables. »

Le gouvernement libéral a réagi aux manifestations des travailleurs et au rapport de la table régionale en formant un comité interministériel pour favoriser l'embauche régionale. Là encore les travailleurs ont donné le message clair qu'ils veulent des changements immédiats qui vont améliorer leur situation.

Les travailleurs disent que les employeurs préfèrent arriver avec leur main-d'oeuvre sur les chantiers parce que c'est une main-d'oeuvre qu'ils considèrent captive et plus facile à faire travailler en dessous des conditions prescrites dans les conventions collectives. C'est plus facile pour eux de faire pression sur les travailleurs pour qu'ils acceptent de travailler les heures supplémentaires en temps simple ou de tenter de les faire taire quand ils se blessent en sortant la menace de les renvoyer chez eux s'ils déclarent leurs blessures. Des représentants en santé et en sécurité ont rapporté que des entreprises cherchent à faire payer aux travailleurs qui se blessent leur billet d'avion s'ils doivent aller se faire soigner à Montréal, ce qui est contraire à la réglementation en santé- sécurité.

« Je n'ai rien du tout contre les travailleurs de l'extérieur, a dit Réginald Poirier. Ce sont tous des travailleurs comme nous qui veulent gagner leur vie. Mais l'employeur qui dit au gars que tu t'en vas travailler dans cette région-là et tu te la fermes, c'est normal ça ? C'est facile de dire qu'un travailleur de la région n'est pas bon. Il y en a qui disent que du monde n'est pas bon parce qu'ils ne t'aiment pas la face ou parce que tu réclames tes droits. Sur la Côte-Nord on réclame nos droits, on n'en demande pas plus. »

Les participants aux manifestations ont clairement dit qu'ils vont continuer à défendre leur droit de travailler dans leur région et d'y mener une vie digne et stable.

(Photos: Métallos, FTQ-Construction)

(Tiré de Chantier politique)



Nos gens ont l'impression de gérer des budgets
plutôt que de traiter des patients

LML:Pouvez-vous nous donner un peu d'information sur le SIISNEQ ?

Nathalie Savard: Notre syndicat compte environ 1250 membres, infirmières, infirmières auxiliaires et inhalotérapeutes. Nous représentons des travailleuses et travailleurs de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Notre syndicat est actif depuis 60 ans et cela fait 60 ans que nous sommes actives dans la santé dans ces 3 régions.

LML: Vous avez fait une enquête parmi vos membres récemment sur l'impact des coupures à la santé sur leurs conditions de travail et sur les services à la population. Lors d'un récent point de presse, vous avez dit que l'impact est très sérieux. Pouvez-nous en dire plus ?

NS: Au cours des dernières années, un des rapports qui a été émis par le ministère de la Santé est venu démontrer que sur la Côte-Nord de plus en plus nos gens sont malades. Ce sont les maladies mentales qui sont en tête de liste. Le temps supplémentaire, le temps supplémentaire obligatoire, le fait que les gens sont en fardeau de tâches, tout cela s'amplifie en même temps que s'amplifie l'absentéisme au travail. Les cas de maladie mentale s'amplifient parmi nos membres parce qu'ils sont mis dans des situations où ils retournent chez eux en ayant l'impression de ne pas avoir été capables de donner le soin qui est requis par les patients. Nos travailleuses ont l'impression de ne pas avoir été capables de faire le travail pour lequel elles ont étudié.

On est une région où la pénurie d'infirmières est très élevée. Sur la Côte-Nord, on est en manque de 180 infirmières, d'une cinquantaine d'infirmières auxiliaires et d'une dizaine d'inhalotérapeutes. Il y a urgence d'agir, il faut trouver des solutions qui permettent d'attirer des gens dans notre milieu.

Il y a peu d'infirmières qui sortent des Cégeps de la région. Nous n'avons que deux Cégeps et cela ne suffit pas à combler nos besoins. Nous n'avons pas d'université alors celles qui veulent une formation universitaire peuvent suivre des cours par vidéo- conférence qui sont données par des universités mais pour faire leur bac à temps complet elles doivent sortir de la région et c'est toute la difficulté alors de les ramener en région.

LML:Vous avez dit que de faire partie du Plan Nord amène son lot de problèmes. Vous faisiez référence à quoi ?

NS: Le Plan Nord nous affecte beaucoup. Nous sommes en concurrence avec les minières pour tout ce qui est emploi, et souvent les conditions de travail et le salaire y sont meilleurs. Nous n'avons pas ce qu'il faut pour leur faire concurrence. On est dans un secteur où le coût de la vie a beaucoup augmenté. Cela coûte très cher de vivre ici. Le taux d'inoccupation des logements est à son plus bas et les logements qui sont disponibles sont très chers. Quand tu es une infirmière auxiliaire et que tu gagnes 30 000-35 000 $ par année, comment c'est possible de faire face au coût de la vie ? On n'est pas capables de trouver des logements à nos bénéficiaires qui sont en psychiatrie externe, ils vivent de l'aide sociale, ils n'ont pas de gros revenus.

Le Plan Nord a amené beaucoup de problématiques, de la violence, de la drogue, de l'alcoolisme.

À Fermont les travailleurs n'ont pas grand-chose à faire en dehors de leur travail, ils sont là sans leur famille. On a des jeunes qui quittent l'école pour aller travailler chez les minières en se disant qu'ils vont aller faire un bon salaire mais quand le fer va tomber qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils n'auront pas de scolarité, ils devront retourner à l'école. Est-ce que les services vont être là dans les municipalités et les institutions d'éducation pour leur permettre de le faire ?

En plus de cela, on n'augmente pas les budgets des centres de santé parce qu'on dit que la population n'augmente pas mais tous les travailleurs qui sont « fly in fly out » se servent de nos services. C'est une pression financière accrue sur nos services de santé et c'est notre personnel qui doit suppléer à la tâche.

On doit s'attaquer à ces problèmes. Pour résoudre un problème, il faut travailler sur plusieurs aspects de la société.

LML: Que pensez-vous de l'affirmation du gouvernement à l'effet que les services publics doivent être fournis de manière plus efficace et plus productive ?

NS: On doit toujours faire plus avec moins selon les politiciens. Cela a été prouvé que plus tu coupes dans les services publics plus tu coupes dans la qualité des soins que tu donnes. Nos gens sont très performants. Ils ont à coeur les bénéficiaires. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour que la qualité des soins ne tombe pas malgré les coupures budgétaires. Ces gens-là sont en train d'y laisser leur santé. On ne peut plus faire aucune coupure. Nos gens sont rendus à la limite.

Quand on nous parle d'être plus productifs, on parle par exemple de la méthode « lean », la méthode Toyota. Tant de minutes pour un patient, tant de patients par jour, tant de minutes pour une opération, etc. On ne tient pas compte de la complexité du cas, parfois ça prend 10 minutes pour visiter un patient, parfois ça en prend 45. Nos membres ont l'impression de gérer un budget plutôt que de traiter des patients. Cela affecte beaucoup leur santé.

LML: Quel travail faites-vous face à tous ces problèmes ?

NS: Il va falloir se parler, que tous les acteurs régionaux regardent ce qu'il y a à faire dans ce défi, travailler ensemble sur toute cette problématique. On doit s'asseoir à la même table avec les mêmes préoccupations. Cela veut dire les députés, les employeurs, l'agence régionale de la santé, les syndicats. Les députés doivent réaliser qu'ils ont été élus pour servir les besoins de la population de la région. Il faut s'assurer que les employeurs ne travaillent pas de manière isolée pensant qu'ils vont juste gérer leurs propres affaires par eux- mêmes. C'est seulement tout le monde ensemble qu'on peut résoudre les problèmes.


Nathalie Savard, à gauche, lors d'un point de presse à Sept-Îles, le mercredi 28 mai dernier

Cela fait 60 ans que notre syndicat existe dans la région. Nous avons fait plusieurs propositions qui sont rationnelles et pratiques et nous continuons d'en faire. Nous voulons par exemple que les infirmières reçoivent plus de formation afin qu'il y ait plus d'actes qui leur soient délégués dans l'exercice de leur profession. La négociation qui s'en vient doit nous permettre d'examiner et de revoir certaines conditions de travail des personnes qui veulent venir travailler sur la Côte-Nord. Il faut tenir compte dans nos demandes des disparités régionales afin qu'on soit capable de fournir les soins de qualité qui sont requis et d'attirer et garder nos gens dans les soins de santé sur la Côte-Nord. Un problème que nous avons ce sont les longues distances que les gens doivent parcourir pour avoir accès aux soins de santé. Parfois on doit utiliser l'avion. Cela coûte plus cher de fournir les soins de santé ici que dans d'autres régions mais on paie nos impôts comme tous les citoyens et on a droit à nos services. On doit être capable d'offrir la même qualité de soins que partout ailleurs au Québec.

(Photo: Le Nord-Côtier)

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Attaques aux pensions du secteur public québécois

L'argument frauduleux sur les déficits des régimes
de retraite des employés municipaux


Manifestation devant l'hôtel de ville de Montréal le 17 juin dernier contre
le projet de loi sur les régimes de retraite du secteur municipal

Le gouvernement, les médias monopolisés et divers experts ne cessent de dire que les régimes de retraite des employés municipaux sont en crise à cause de l'énormité de leurs déficits et que cela serait dû au fait qu'ils sont trop généreux envers les employés municipaux. C'est important de démasquer cet argument frauduleux.

La fraude commence avec le fait que l'État ne protège pas l'épargne-retraite alors qu'il accourt à la rescousse du système financier comme au moment de la crise de 2008. Des dizaines de milliards de dollars des caisses de retraite ont été mis dans les mains des spéculateurs et des fraudeurs financiers et se sont envolés en fumée sans qu'aucune accusation ou condamnation des fraudeurs ne s'ensuive. Qu'est-ce qui a conduit à cela ?

Les gestionnaires municipaux se sont habitués à de hauts rendements qui leur ont permis de se payer des congés de cotisation ou des baisses de taxes, comme ce fut le cas de la ville de Québec, avec les surplus des années 1990. Au début des années 2000, dans les conditions où les taux d'intérêts et les rendements des obligations étaient bas, ils ont pris de plus en plus de risques, remettant la caisse dans les mains des spéculateurs et remettant à toujours plus loin le remboursement des déficits actuariels prévus qui était à leur charge. L'argent des surplus généré par les cotisations de l'employeur n'étant pas laissé dans la caisse, il ne peut générer de rendements, affectant par là la capacité du fonds à rencontrer ses obligations futures. Quand on regarde cela sur le long terme, les principales caisses ont connu malgré les années 2008 et 2011 un rendement légèrement supérieur aux prévisions actuarielles.

Au sujet de la fraude des déficits, on doit dire que présentement il y a de l'argent dans les caisses et les chèques sont émis pour payer les rentes, les indexations, etc. Il n'y pas de déficit et on n'est pas obligé d'emprunter pour payer les sommes qui sont dues. Il s'agit d'un calcul actuariel qui prévoit un déficit futur par rapport aux obligations à rencontrer dans l'avenir. Un malheur se serait abattu sur la ville. Les gens ne meurent pas assez vite. Ils vivent plus vieux, quel malheur, et les caisses seraient trop généreuses pour la capacité de payer des contribuables. Souvenons-nous des surplus que les gestionnaires municipaux ont utilisés pour baisser les taxes à Québec ou prendre des congés de cotisations. Les employés par contre ont payé leur part du contrat. Quant à la capacité de payer des retraités, lorsqu'on leur coupe l'indexation, elle n'est pas prise en considération. C'est un cas d'abus sur les aînés.

Récemment, la Caisse de dépôt et placement du Québec, où sont déposées les principales caisses de retraite, a reçu l'autorisation d'augmenter la proportion de ses investissements à l'étranger !

Les gérants du bas de laine des Québécois ont la permission d'essayer de faire plus d'argent sur les marchés financiers étrangers. Est-ce qu'on est en train de faire plus de la même chose qui a mené à la crise financière de 2008 et a causé des pertes considérables pour les caisses de retraite ? Est-ce que l'administration est faite en fonction des besoins à combler ou au contraire les besoins de sécurité financière des gens devront s'adapter à l'administration ? Alors que les bénéfices de retraite pour lesquels les gens ont payé sont réduits, leurs argents dans les caisses de retraite sont liquidés. Effectivement cela soulève alors la question de à qui appartiennent les cotisations, à qui appartiennent les surplus. Les régimes actuels prévoyaient que les gestionnaires municipaux pouvaient disposer des surplus actuariels par des congés de cotisation ou des baisses de taxes. Mais les éventuels déficits étaient à leur charge. Les employés municipaux ont réinvesti les surplus dans l'achat des bénéfices additionnels, les surplus générés par leurs cotisations sont donc restés dans la caisse. Maintenant qu'il y a des déficits à combler à la charge des municipalités, qui à l'instar de la cigale avaient chanté pendant la période des surplus, voilà que l'État intervient brutalement pour imposer le partage moitié-moitié des déficits à la fourmi. Est-ce là un exemple de changements structurels dont parle le gouvernement libéral majoritaire de Philippe Couillard ?


Autre aperçu de la manifestation devant l'hôtel de ville de Montréal le 17 juin dernier

(Tiré de Chantier politique)

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Les magouilles criminelles de privatisation du gouvernement Harper

Les fonctionnaires fédéraux s'engagent
à combattre le diktat et la fraude

Les centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux dont les conventions collectives arrivent à terme cette année se préparent à la bataille contre le plan du Conseil du trésor de voler leurs congés de maladie, de les forcer à travailler quand ils sont malades et de détourner des tonnes d'argent public vers les profiteurs privés. Dans le cadre de la mise en oeuvre de son budget 2013, le gouvernement Harper a adopté des mesures qui affectent sérieusement la capacité des syndicats des fonctionnaires fédéraux de mener une lutte qui a un impact réel. Le gouvernement, par exemple, s'est donné la possibilité de décider que 80 % des travailleurs d'une unité de négociation peuvent être déclarés « essentiels ». Les fonctionnaires fédéraux n'en insistent pas moins pour que des négociations de bonne foi se tiennent qui reconnaissent le travail difficile qu'ils font pour fournir les services publics et ils rejettent l'extorsion et le diktat. Ils veulent préserver et améliorer leur régime de congés de maladie dont ils ont besoin plus que jamais. Les problèmes de santé parmi eux ne cessent de s'aggraver, en particulier les problèmes de santé mentale, des problèmes qui sont causés par le chaos que les attaques du gouvernement Harper ont créé dans la fonction publique.

Le Conseil du Trésor entend faire des changements drastiques dans le régime des congés de maladie des fonctionnaires. Le système présentement en place est négocié entre le Conseil du trésor et les syndicats et géré dans le cadre de la convention collective. Le président du Conseil du trésor Tony Clement a dit que les changements fondamentaux qu'il veut faire ne seront pas négociés. Seule l'application des détails de la nouvelle politique sera négociée. Le Conseil du trésor passe par-dessus les syndicats et remplit les médias de son hystérie à l'effet que les fonctionnaires abusent des congés de maladie et donc des payeurs de taxes.

Selon les conventions collectives présentement en vigueur, les fonctionnaires fédéraux ont 15 jours de congés de maladie par année. Ils peuvent accumuler les congés non utilisés d'année en année mais ne peuvent pas les échanger pour de l'argent quand ils quittent la fonction publique. Les fonctionnaires ont un régime d'invalidité à long terme qui commence à s'appliquer après que le travailleur ait été absent du travail pendant 13 semaines. Les fonctionnaires qui sont malades pendant une longue période doivent épuiser tous les congés de maladie qu'ils ont accumulés avant d'être admissibles aux prestations d'invalidité à long terme. Ceux qui n'ont pas 13 semaines de congés de maladie accumulés doivent vivre de l'assurance-emploi avant qu'ils ne deviennent admissibles à l'invalidité à long terme.

Le Conseil du trésor veut imposer un régime d'invalidité à court terme pour faire le pont entre le moment où les fonctionnaires ont épuisé leurs congés de maladie accumulés et le début des prestations d'invalidité à long terme. Une fois les congés de maladie épuisés, les prestations d'invalidité à court terme entrent en jeu pour une période d'une semaine à six mois et sont suivis des prestations d'invalidité à long terme. Clement dit que le nouveau système est modelé sur le secteur privé où selon lui la moyenne de congés de maladie payés se situe entre 5 et 7 par année.

Plus les choses avancent et plus le stratagème du Conseil du trésor est exposé. Le nouveau régime va réduire drastiquement le nombre des congés de maladie et les fonctionnaires ne pourront plus les accumuler. La gérance du régime de congés de maladie va être retirée de la convention collective et confiée à des profiteurs privés qui vont recevoir des millions de dollars de fonds publics. C'est une firme privée qui sera responsable de la gestion de cas dans le régime d'invalidité à court terme. C'est elle qui va contester les réclamations des fonctionnaires, leur nier leurs prestations et s'assurer qu'ils retournent au travail le plus vite possible. L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), qui représente environ 100 000 travailleurs qui seront affectés par ces mesures, a dit qu'elles mèneront à une situation où les fonctionnaires vont retourner au travail alors qu'ils sont toujours malades ce qui va aggraver leur condition et possiblement rendre leurs collègues malades eux aussi.

Le 7 juillet, l'Alliance de la fonction publique du Canada a déposé une plainte pour pratique déloyale contre le Conseil du Trésor. L'AFPC allègue que le Conseil du Trésor déroge à son obligation de négocier de bonne foi en cherchant à imposer son régime d'invalidité à court terme et qu'il empêche l'Alliance de représenter ses membres, ce qui contrevient à la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique,en cherchant à induire le public et les fonctionnaires en erreur.

Cette proposition scandaleuse est un nouvel exemple de la corruption rampante qui est le fait de l'offensive antisociale. Le gouvernement de Mike Harris (1995-2002), dont proviennent de nombreux harpériens incluant Clement, a commencé sa soi-disant « Révolution du bon sens » par une guerre contre les gens les plus vulnérables dont les personnes sur l'aide sociale. Harris a engagé la firme de consultants Anderson pour la modique somme de 180 millions $ pour saccager l'aide sociale et pousser les gens dans une pauvreté extrême. Un autre exemple est celui du gouvernement libéral de l'Ontario qui en 2009 a nommé le banquier international David Marshall à la tête de la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail (l'ancienne Commission d'indemnisation des travailleurs accidentés), au salaire de 400 000 $ par année assorti d'une prime de 20 % par année selon son succès à couper les prestations des travailleurs.

Cela ne doit pas passer ! Les fonctionnaires fédéraux nous fournissent à tous des services importants. LML appelle tous les travailleurs du Canada à exprimer leur appui aux fonctionnaires fédéraux qui se battent contre cette corruption et ce diktat. Défendons-les et les services qu'ils dispensent et mettons dehors ce gouvernement !

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