Le Marxiste-Léniniste

Numéro 90 - 10 juillet 2014


In Memoriam
Byungho Yoon

11 novembre 1936 - 7 juillet 2014

In Memoriam
Byungho Yoon

Vaste mouvement de résistance pour une Palestine libre
Mettons fin à l'agression et à l'occupation israélienne!
La désinformation servant à déclencher la terreur d'État
La violence contre un jeune américain illustre les crimes des sionistes contre la jeunesse


In Memoriam

Byungho Yoon

C'est avec beaucoup de chagrin que le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) vous informe du décès du camarade Byungho Yoon, membre de notre Parti, patriote coréen et membre de l'organisation culturelle du Parti. Nous transmettons nos sincères condoléances à son épouse Sunbin, ses enfants Soonkwon, David et Hee Joo, à sa famille, ses camarades, compatriotes et amis. L'esprit révolutionnaire du camarade Yoon et sa dévolution aux lumières et au progrès de l'humanité ont marqué tous ceux et celles qui ont eu la chance de le connaître. Sa dévolution à la cause de la réunification de la Corée, son amour de la musique et sa fidélité à la grande voie de la civilisation éclairaient son visage et son merveilleux sourire.

Le camarade Yoon est né à Jung Up, un village dans le sud de la Corée, en 1936. Durant la guerre de Corée il se joignit aux Jeunes Partisans pour combattre les impérialistes américains et leurs alliés. Capturé et fait prisonnier, sa vie fut sauvée grâce à l'intervention d'un officier de l'armée sud-coréenne.

Il fut membre de l'orchestre de l'armée sud-coréenne et apprit à jouer du violon. Après la guerre, il devint un musicien accompli et un pionnier de la musique classique en Corée du sud par des concerts et des milliers d'enregistrements pour la télévision et la radio sud-coréennes entre 1960 et 1990. Il fut également enseignant et interprète de la musique classique coréenne et occidentale.

En 1991, le camarade Yoon déménagea au Canada avec son épouse et leurs deux enfants où il poursuivit l'interprétation et la composition et devint membre de l'Orchestre symphonique de York.

En plus de sa vie de musicien professionnel, le camarade Yoon a participé activement au mouvement pour la réunification de la Corée, n'épargnant aucun effort pour unir ses compatriotes et ses amis canadiens dans l'opposition à la division de la nation coréenne et la séparation des familles. Il n'a jamais accepté que sa patrie fût divisée en 1945 par les impérialistes américains et déplorait les grandes difficultés que cette division crée pour le peuple coréen encore aujourd'hui. Il a consacré sa vie à l'opposition à la domination américaine du sud de la Corée et à la réunification pacifique et indépendante de sa patrie. Sa plus grande joie fut d'avoir visité la République populaire démocratique de Corée en 1994 avec ses deux enfants et encore en 2005.

Membre actif de la Commission sur la vérité sur la Corée, le camarade Yoon a participé au Tribunal international sur les crimes de guerre à New York les 23 et 24 juin 2001 comme fier membre de la délégation canadienne.

Le camarade Yoon est décédé après avoir vaillamment combattu les conséquences d'une série d'accidents cardiovasculaires. La maladie l'a finalement emporté à 2 heures au matin du 8 juillet. Le service funèbre aura lieu le 10 juillet au R.S. Kane Funeral Home situé au 6150, rue Yonge, Toronto, à 19 h 30.

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Vaste mouvement de résistance pour une Palestine libre

Mettons fin à l'agression et
à l'occupation israélienne!


Joignons-nous aux actions pour
défendre Gaza et exiger l'arrêt immédiat
de l'occupation!




Montréal
Vendredi 11 juillet à 17h30
Départ: métro Guy/Concordia.
Arrivée:  bureau du Premier ministre du Québec
(Sherbrooke / McGill)

Groupes appelant à la manifestation : CJPP, PAJU, TADAMON, Bateau canadien pour GAZA, et de nombreux individus

Cliquer ici pour les actions ailleurs au Canada

Une vaste résistance se développe en Palestine en réponse aux arrestations de masse, aux détentions pour des périodes indéfinies et aux raids de bombardements effectués par l'État sioniste d'Israël avec l'appui des États-Unis. Utilisant l'enlèvement et la mort des trois adolescents israéliens le 12 juin pour justifier leurs actes de représailles contre le gouvernement du Hamas à Gaza, qu'ils qualifient d'organisation terroriste, les sionistes ont une fois de plus lancé un assaut meurtrier principalement contre Gaza mais aussi la Cisjordanie. Le gouvernement israélien prétend que le Hamas est responsable des enlèvements, de la mort des adolescents et des tirs à la roquette mais il ne présente aucune preuve et ne suit aucune procédure qui établirait les faits. En fait, il utilise cette situation comme un prétexte pour lancer une nouvelle vague de terrorisme d'État et de châtiment collectif de masse. Le châtiment collectif est un crime haineux associé aux nazis, aux fascistes et aux militaristes japonais de la Deuxième Guerre mondiale et aux crimes commis depuis par les impérialistes américains dans des pays comme la Corée et le Vietnam.


Des jeunes Palestiniens ripostent aux Forces de défense israéliennes dans le quartier de Shuafat
à Jérusalem le 3 juillet 2014.

Depuis le 13 juin, les sionistes ont mené une campagne massive de raids sur des maisons et de détentions à domicile et ont lancé depuis quelques jours une campagne de frappes aériennes sur Gaza. Il y a des signes que l'attaque a été planifiée d'avance de façon à se produire avant les élections palestiniennes qui viennent. Le but visé est de bloquer le développement du gouvernement d'unité, qui a été annoncé récemment et qui met fin à la division entre Gaza et la Cisjordanie, et de cacher le fait que les sionistes n'ont aucune intention de régler quoi que ce soit qui mènerait à la fin de leur occupation de la Palestine.

Des milliers de Palestiniens participent aux protestations de masse dans toute la Palestine historique et dénoncent l'agression sioniste qui vient de s'intensifier. Le 5 juillet ont été tenues des actions aux États-Unis et en Europe en appui au droit du peuple palestinien de résister et à ses justes demandes et en opposition aux crimes de guerres israéliens. D'autres actions auront lieu notamment au Canada.



Manifestations à Chicago (en haut) et à Cleveland en appui à la Palestine le 5 juillet 2014

La répression de masse et la campagne de terreur d'État d'Israël n'ont pas amené l'héroïque peuple palestinien à renoncer à son droit de résister à l'occupation sioniste meurtrière. Les jeunes palestiniens en particulier ont affronté les forces d'occupation israéliennes armées jusqu'aux dents dans toute la Palestine historique. Des milliers d'entre eux ont manifesté et affronté la police israélienne surtout après l'assassinat du jeune palestinien Mohammed Abu Khdeir qui a été kidnappé, torturé et brûlé vif par des extrémistes israéliens à Jérusalem le 2 juillet. Ces bandes sionistes nous rappellent les bandes de lyncheurs du KKK soutenus par les États-Unis lorsqu'elles font irruption en groupes à la recherche de Palestiniens à kidnapper et à tuer. On rapporte de nombreuses tentatives d'enlèvement mais la plupart ont été rendues impossibles par les actions de masse des Palestiniens.

Pendant ce temps, les puissances étrangères qui appuient Israël et lui permettent de continuer de massacrer les Palestiniens se sont engagées dans les actions les plus hypocrites qui soient. Le président américain Obama et le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird blâment tous deux le Hamas et encouragent Israël à «résister à la terreur palestinienne » tout en enjoignant les Palestiniens à ne pas résister à l'occupation israélienne et aux crimes qui sont commis contre eux. Les deux pays ont condamné l'assassinat des jeunes israéliens mais ni les États-Unis ni le Canada n'ont condamné les bombardements contre les civils, les arrestations de masse et les démolitions de maisons. Comme si les crimes qui ont été commis et la souffrance dans la région avaient une nationalité, Obama a dit que la mort des trois jeunes israéliens est une tragédie uniquement pour les israéliens, cherchant à aggraver encore plus les tensions entre les peuples de la région, tandis que le Canada a tout de suite déclaré son appui à « tous les israéliens » et s'est dit uniquement « consterné » par l'assassinat revanchiste du jeune palestinien. On doit noter que dans le cas des jeunes israéliens le ministre Baird a nommé leur nom et que l'ambassade canadienne en Israël a marqué la shiv'ah, la période de deuil dans la foi judaïque. En ce qui concerne le jeune palestinien Mohammed Abu Khdeir, Baird n'a même pas jugé nécessaire de mentionner son nom.

Que penser de ce deux poids deux mesures? Dans un des deux cas, on parle de terrorisme auquel on doit opposer la représaille du châtiment collectif contre la résistance palestinienne. Dans le cas de l'assassinat du jeune palestinien, on parle d'un incident regrettable et on appelle les Palestiniens à ne pas se venger ou former des groupes qui se font justice eux-mêmes. Dans les deux cas, le contexte qui est celui de l'occupation illégale par Israël et de sa brutalité envers Gaza est évacué.

Le Marxiste-Léniniste appelle tous les Canadiens à se joindre à l'héroïque peuple palestinien dans sa lutte sans peur contre l'occupation, l'agression et les crimes haineux. Le peuple israélien et le peuple de la Palestine occupée ont un intérêt commun à appuyer la résistance palestinienne et à demander que cessent les crimes sionistes. Ces crimes sont commis et appuyés par ceux qui, tels les États-Unis et le Canada, ne veulent pas que cesse l'occupation de la Palestine et que justice soit faite dans la région. C'est cela le fonds de l'affaire.


Funérailles à Jérusalem-Est le 4 juillet 2014 du jeune palestinien Abu Khdeir qui a été tué en représailles de la mort des trois adolescents israéliens. Environ 8000 personnes y ont participé et dénoncé le meurtre et l’occupation israélienne.

(Photos: Xinhua, Activestills, S. Ji Fotographia, ANSWER, A. Hamideh)

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La désinformation servant à
déclencher la terreur d'État

Depuis le 13 juin, le gouvernement sioniste d'Israël répand la désinformation au sujet de trois jeunes Israéliens - Naftali Frenkel et Gilad Shaar, 16 ans, et Eyal Yifrac, 19 ans -, à commencer par la prétention qu'ils ont été enlevés par des forces liées au gouvernement du Hamas à Gaza. C'est sur cette base que le 13 juin les sionistes ont lancé l'opération « Brother's Keeper» pour retrouver les trois jeunes. Cette campagne massive de terreur d'État a mené à des descentes dans plus de 2 200 domiciles et à plus de 700 arrestations de jeunes en particulier. Selon l'Association Addameer des droits de la personne et d'appui aux prisonniers, depuis le 4 juillet le nombre total de Palestiniens détenus est de 475 et de ce nombre 170 ont été placés en détention administrative.


Les ruines d’un immeuble détruit par les frappes israéliennes à Khan Younis dans la bande de Gaza le 8 juillet 2014.

Une vive résistance à cette répression n'a pas tardé. Cette résistance même est devenue à nouveau un prétexte pour justifier une campagne de bombardement aérien déclenchée officiellement le 7 juillet sous le nom de « Operation Protective Edge». À 1 heure du matin heure locale, les forces israéliennes ont effectué 65 frappes aériennes et trois bombardements à partir de navires contre une cinquantaine de cibles dans la bande de Gaza, détruisant cinq maisons de civils et blessant 16 Palestiniens, dont sept enfants. Depuis le mercredi 9 juillet, le nombre de personnes tuées en trois jours a grimpé à 38. Plus de 300 personnes ont été blessées, la majorité des civils.

Quelle est la vérité au sujet de la disparition et du meurtre des trois jeunes israéliens? Des faits récents révèlent que le gouvernement israélien était au fait depuis longtemps que les jeunes avaient été tués peu après leur enlèvement mais il s'est servi du prétexte d'être toujours à leur recherche pour procéder à la répression de masse du peuple palestinien. Le gouvernement a délibérément répandu de la désinformation au sujet de l'état et des conditions de ces jeunes, même auprès de leurs parents, prolongeant leur souffrance dans le but de gagner à la fois l'opinion publique et l'appui au terrorisme d'État et au châtiment collectif des Palestiniens.

Cette campagne de désinformation a permis à Israël de se venger en tuant le jeune Palestinien Mohammed Abu Khdeir. Malgré tout, les familles des trois adolescents israéliens tués ont émis un communiqué condamnant cet assassinat. « Si ce jeune Arabe a été tué pour des raisons de nationalisme, alors cet acte est terrible et condamnable, ont-elles déclaré. Il n'y a pas de différence entre le sang arabe et le sang juif. Un meurtre est un meurtre. Il ne peut y avoir ni pardon ni justification lorsqu'il s'agit de meurtre.»

Ansam Abu Khdeir, un cousin de Mohammed Abu Khdeir, a dit que des témoins avaient noté le numéro de plaque de l'auto impliquée dans son enlèvement et que la police examinait présentement des images vidéo de la chaîne CCTV. « Peu avant les prières matinales, nous avons pris connaissance de l'enlèvement de Mohammed par trois Israéliens. Un témoin les a vus et a noté le numéro d'immatriculation», a-t-il dit à AFP.

La famille a aussi nié des allégations que le garçon aurait été tué suite à une dispute familiale. Des témoins auraient même tenté d'empêcher l'enlèvement d'Abu Khdeir. La police israélienne a répandu la désinformation à l'effet qu'Abu Khdeir avait été tué par des membres de sa propre famille parce qu'il était homosexuel dans le but de diviser la résistance et cacher le rôle de l'État israélien dans les arrestations, les détentions indéfinies, les meurtres et, dans l'esprit des lynchages du KKK, l'incitation à la violence de gangs de colons terroristes. Le 8 juillet, six suspects ont été arrêtés en lien avec cet incident et trois d'entre eux ont avoué leur rôle dans ce meurtre.

Invocation d'une équivalence morale dans une situation de crimes de guerre et d'occupation et du droit des Palestiniens à la résistance

Le journaliste étasunien Justin Schwegel fait valoir que l'histoire des jeunes Israéliens qui auraient été enlevés « a été répétée à volonté pendant des semaines pour gagner du temps, ce qui a permis aux Israéliens de préparer une opération militaire en Cisjordanie et d'influencer au maximum l'opinion publique». Selon Schwegel : « D'abord, il faut dire que l'image publique d'Israël en prend pour son rhume depuis quelques mois. La Palestine a réussi à prendre le dessus sur Israël tant du point de vue de l'opinion publique qu'au niveau des manoeuvres politiques. La campagne des universités, des groupes religieux et des ONG partout dans le monde pour retirer tout investissement des compagnies profitant de l'occupation illégale continue de la Palestine connaît une réussite sans précédent.

« La fondation Gates et l'Église méthodiste ont récemment retiré leurs investissements de G4S, une entreprise britannique qui face à la pression exercée sur elle s'est engagée à cesser ses opérations de sécurité dans les prisons israéliennes. L'Église presbytérienne [des États-Unis] a aussi retiré ses investissements d'entreprises qui profitent de l'occupation, nommément Hewlett-Packard, Motorola et Caterpillar, celui-ci étant tristement célèbre pour la fabrication de bulldozers armés dont se servent les soldats israéliens pour détruire les maisons palestiniennes et les oliveraies. C'est avec ces bulldozers que les forces israéliennes ont tué l'activiste pacifiste étasunienne Rachel Corrie.

« Cependant, une menace encore plus grande pèse sur l'entreprise de colonisation d'Israël. Il existe des lois internationales et ces lois ont été intégrées au cadre législatif national d'un grand nombre de pays, faisant en sorte que pour bien respecter les régimes juridiques nationaux, il est important d'établir une distinction entre Israël en tant que tel, d'une part, et les colonies occupées illégalement, de l'autre. En vertu du droit international, les colonies israéliennes illégales ne sont pas partie intégrante d'Israël. La situation fait en sorte que ce statut différent nécessite un traitement juridique différent.

« À titre d'exemple, l'Union européenne ne peut subventionner la recherche scientifique dans les universités israéliennes qui se trouvent en Cisjordanie, ni peut-elle accorder un traitement préférentiel à des produits israéliens provenant des colonies en vertu de l'Entente de l'association Union européenne-Israël. L'Union européenne ne peut non plus reconnaître la certification israélienne en matière de produits issus des colonies (par exemple, la certification vétérinaire des volailles ou la certification d'aliments organiques) parce qu'Israël n'a tout simplement pas l'autorité d'accorder de telles certifications pour ce qui est des produits des colonies. Cette évolution juridique tout à fait dénudée de grands élans idéaux, vient d'une nécessité de cohésion entre le régime juridique de l'Union européenne et les normes fondamentales du système juridique international.

« Cette froide rationalité n'a rien à voir avec l'idéal moral animant le mouvement des Boycotts, Désinvestissements et Sanctions (BDS), mais n'est pas moins un casse-tête pour les décideurs israéliens qui ont souvent tendance à confondre les deux concepts. Qui plus est, plusieurs gouvernements se doutent très bien que mis à part ces problèmes juridiques connus, il peut y en avoir d'autres moins connus qui pourraient éventuellement nuire aux affaires suite à un premier investissement. Par conséquent, plus d'un gouvernement a mis des entreprises en garde de ne pas s'établir dans les colonies israéliennes illégales établies en Cisjordanie.

« Lorsque les pourparlers pour la paix entre la Palestine et Israël ont achoppé, les observateurs internationaux, dont le secrétaire d'État des États-Unis, John Kerry, ont unanimement pointé du doigt Israël pour le non-respect des échéanciers de libération de prisonniers et pour la construction de nouvelles colonies en Palestine. Des semaines plus tard, l'échec des pourparlers a plutôt été attribué par Netanyahu à la formation d'un gouvernement de l'Unité Fatah-Hamas tel qu'annoncé par Abu Mazen. Netanyahu a alors saisi l'occasion du meurtre des jeunes Israéliens pour dénigrer le Hamas (qui a nié toute implication dans cette affaire), pour attaquer le nouveau gouvernement d'Unité et pour retrouver un peu de sa crédibilité internationale.

«De plus, le fait d'étirer les évènements touchant au soi-disant enlèvement a donné aux Forces d'occupation israéliennes le prétexte voulu pour procéder aux arrestations de masse de centaines de dissidents politiques et au châtiment collectif de tout un peuple. L'opération militaire en Cisjordanie visait, selon la version officielle, à retrouver les Israéliens enlevés, mais à la lumière des preuves que tenaient les politiciens au moment de ces opérations et de l'ampleur des arrestations, ce n'est tout simplement pas crédible. À la base, l'opération massive en Cisjordanie (Operation Brother's Keeper) a eu comme objectif de briser le gouvernement de l'Unité palestinienne.

« On n'a questionné que quelques personnes arrêtées au sujet des meurtres. Depuis plusieurs années, le gouvernement Likud dénonce le fait que l'OLP n'est pas un véritable partenaire pour la paix puisqu'elle ne parlerait pas d'une seule voix pour les Palestiniens vivant dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Depuis quelques semaines, Netanyahu a de façon répétée exprimé son opposition au gouvernement de l'Unité Fatah-Hamas et cherchait un prétexte pour le dénigrer. C'est ainsi qu'il a saisi l'occasion des trois jeunes Israéliens.

« Enfin, il était nécessaire d'amplifier la souffrance d'Israël aux yeux du monde sans quoi il serait impossible pour Israël, qui est dénoncée universellement, de poursuivre son oppression systématique des Palestiniens et son appropriation des terres et des ressources palestiniennes. Pour désinformer au sujet de l'occupation israélienne, les médias présentent inévitablement l'histoire d'un conflit bilatéral complexe qui déforme la réalité de la domination unilatérale d'un peuple par un autre. Selon le Bureau des statistiques de Ramallah, depuis le soulèvement de la deuxième Intifada en 2000 jusqu'en avril 2013, Israël a tué 1 518 enfants, ou l'équivalent d'un enfant palestinien tué à chaque trois jours pendant 13 ans.

« Pendant la première année de la deuxième Intifada, le New York Times a publié à la une des articles touchant à 125% des enfants israéliens tués, soit dans le titre ou dans le premier paragraphe, c'est-à-dire qu'ils ont traité des mêmes incidents plus d'une fois. Pendant ce temps, seulement 18% des enfants palestiniens tués ont été mentionnés soit dans le titre ou dans le premier paragraphe. Le résultat d'une telle manipulation est l'illusion d'une souffrance symétrique dans un conflit asymétrique. [...] »

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La violence contre un jeune américain illustre les crimes des sionistes contre la jeunesse

Durant la soirée du 3 juillet, un jeune américain de 15 ans d'origine palestinienne, Tariq Abu Khdeir, a été brutalement battu par des policiers israéliens masqués dans le quartier de Shuafat de Jérusalem-Est occupée. La veille, son cousin de 16 ans Mohammed Abu Khdeir a été lynché par des extrémistes sionistes dans la région. Les autorités israéliennes affirment que Tariq a été arrêté pour avoir participé à une manifestation contre le meurtre de Mohammed. La vidéo de l'attaque montre Tariq brutalement battu jusqu'à en être inconscient.

Le 6 juillet, la porte-parole du département d'Etat américain, Jen Psaki, a indiqué que le 5 juillet, deux jours après l'attaque brutale, un fonctionnaire consulaire a visité Tariq. Elle a dit que « le Département d'Etat est profondément troublé par les informations selon lesquelles il a été sévèrement battu lors de sa détention par la police et condamne fermement tout usage excessif de la force. Nous appelons à une enquête rapide, transparente et crédible et à la pleine responsabilité pour tout usage excessif de la force. » La vidéo et les photos de Tariq après avoir été battu ne laissent planer aucun doute qu'il a été battu par la police israélienne. En outre, rien n'a été dit sur le fait qu'il est toujours détenu (maintenant en résidence surveillée) et qu'il n'a à aucun moment été accusé d'aucun crime. C'est seulement la question de l'usage excessif de la force et non les circonstances de l'incident qui est soulevée. La famille a demandé que le jeune homme soit retourné aux États-Unis pour recevoir un traitement médical pour ses blessures. La réponse du Département d'Etat ne fait que mettre en lumière le soutien du gouvernement américain pour les crimes sionistes. Si la violence avait été exercée par n'importe quel autre gouvernement de la région et contre un américain d'une autre nationalité que palestinienne, un immense tollé aurait été soulevé par les États-Unis. .

Le meurtre de Mohammed Abu Khdeir et le passage à tabac de Tariq Abu Khdeir illustrent les crimes des sionistes et en particulier ceux contre la jeunesse palestinienne. L'organisation des droits des prisonniers Addameer rapporte que Tariq est l'un des onze Palestiniens qui ont été battus et arrêtés le 3 juillet à Shuafat dont beaucoup sont des mineurs. « La violence continuelle contre les enfants, sanctionnée par l'État, est illégale et inacceptable », a déclaré Addameer dans un appel à manifester contre le traitement infligé à Tariq.

« Addameer appelle à l'action immédiate et demande aux Nations unies, au Comité international de la Croix-Rouge, au consulat des États-Unis et ainsi qu'à toutes les ambassades et tous les consulats, aux organisations des droits humains et aux journalistes à assister à l'audience de Tariq Abu Khdeir le dimanche 6 juillet pour enquêter sur l'intensification des agressions contre les enfants palestiniens », a ajouté le groupe.

En outre, un rapport publié le 30 juin par l'ONG Euro-Mid, un observatoire de droits humains, fait état que les enfants palestiniens sont de plus en plus à risque face aux forces israéliennes. Selon le rapport, Israël a saisi environ 2500 enfants et jeunes palestiniens entre janvier 2010 et juin 2014. Parmi ceux-ci environ 400 sont âgés seulement d'entre 12 et 15 ans.

«La police israélienne ou militaire entre généralement par infraction dans les maisons au milieu de la nuit ou enlève les jeunes directement sur la rue sans leur dire de quoi ils sont accusés ou sans informer leurs parents, comme l'exige le Pacte international relatif aux droits civils et politiques », a déclaré Ihsan Adel, un conseiller juridique à l'Euro-Mid. « Comment est-ce différent de l'enlèvement signalé des étudiants israéliens? Et cela se produit chaque jour de chaque année. Où est l'indignation internationale? »

Le rapport fait état des enlèvements incessants de jeunes et d'enfants palestiniens, ainsi que de nombreuses violations des droits humains telles que la torture et les aveux obtenus sous la contrainte lors de détention, en violation des lois internationales. Les faits rapportés par Euro-Mid sont conformes aux conclusions qu'ont tirées d'autres organismes internationaux. Dans un rapport en date de février 2013, l'UNICEF a conclu que « le mauvais traitement des enfants qui sont mis en contact avec le système de détention militaire israélien semble être généralisé, systématique et institutionnalisé durant tout le processus.»

Euro-Mid en appelle aux médias internationaux à couvrir également la situation des enfants palestiniens et aux Etats signataires des Conventions de Genève et autres acteurs internationaux à mettre toute la pression à leur disposition ( y compris le refus de pactes et d'aide financière) sur Israël pour qu'elle cesse immédiatement la violation de leurs droits humains.

« La disparition ou le mauvais traitementsd'un enfant est tragique et devrait indigner tout être humain ayant une conscience », a dit Sandra Owen, responsable de la politique chez Euro-Mid. « Est-ce que la vie et la liberté des enfants palestiniens ont moins de valeur que d'autres? »

(Agences de presse, Euro-Mid)

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