Le Marxiste-Léniniste

Numéro 78 - 11 juin 2014

Le travail se poursuit pour battre les libéraux et
les conservateurs le 12 juin en Ontario

Un vote pour Wynne est un vote pour l'austérité

Élection le 12 juin en Ontario
Un vote pour Wynne est un vote pour l'austérité
L'intérêt des enseignants, des travailleurs de l'éducation et des étudiants dans cette élection
Un enjeu électoral : justice pour les travailleurs accidentés
Journée des travailleurs accidentés: des actions à Queen's Park et à Windsor


D'autres articles du Ontario Political Forum
sur l'élection ontarienne

Dans ce numéro, Le Marxiste-Léniniste poursuit la publication d'articles du Ontario Political Forum sur l'élection générale du 12 juin en Ontario. Le Ontario Political Forum continue de publier un numéro par jour pour mobiliser les travailleurs pour défaire les libéraux et les progressistes-conservateurs, les deux principaux champions de l'austérité, et ne pas permettre l'élection d'un gouvernement majoritaire qui pourra prétendre avoir le mandat d'y aller à fond de train avec le programme d'austérité. Nous publions deux articles du numéro du 10 juin contre l'attaque à la conscience des électeurs menée par les libéraux de Kathleen Wynne à l'effet que leur seule option est d'élire un gouvernement libéral sinon ils se retrouveront avec les conservateurs de Hudak, lesquels vont dévaster la province (comme si ce n'était pas ce que les libéraux font eux-mêmes depuis qu'ils sont au pouvoir). Les deux autres articles que nous publions proviennent du numéro du 9 juin et traitent de la lutte des travailleurs accidentés pour leurs droits, qui est une contribution importante à la lutte de tous les travailleurs contre l'austérité.

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Élection le 12 juin en Ontario

Un vote pour Wynne est un vote pour l'austérité

À la veille de l'élection du 12 juin, les libéraux de l'Ontario ont énoncé en toutes lettres le plan d'extorsion de l'électorat qu'ils préparent depuis qu'ils se sont débarrassés de leur chef Dalton McGuinty, tombé en disgrâce, il y a 16 mois. La demande d'extorsion est présentée dans un article écrit par la chef actuelle du parti, Kathleen Wynne, paru le 8 juin dans le Toronto Star sous le titre : « Un vote pour Horwath est un vote pour Hudak » (en référence à la chef du NPD Andrea Horwath et au chef du Parti conservateur Tim Hudak). Il s'agit d'une tentative cynique et éhontée de faire chanter les Ontariens et de les forcer à voter contre leurs intérêts et à se soumettre à quatre autres années d'austérité libérale.

Madame Wynne courtise spécifiquement les supporteurs du NPD : « Si vous avez voté pour le NPD dans le passé, ou si vous songez à le faire à cette élection, c'est à vous que je m'adresse. » Elle commence par décrire Hudak et les conservateurs comme d'irresponsables mercenaires pour ensuite dire que ceux qui voteront pour le NPD porteront la responsabilité d'avoir donné aux conservateurs la chance de former un gouvernement. « C'est une élection très serrée. Alors c'est à vous de décider si notre province, si nos enfants et petits-enfants, auront un gouvernement progressiste ou un gouvernement réactionnaire. »

Elle cite le budget pré-électoral du Parti libéral comme preuve qu'elle dirigera un « gouvernement progressiste », par opposé à un « gouvernement réactionnaire » sous Tim Hudak. « Presque tous les observateurs de cette élection ont dit que le gouvernement que j'ai dirigé a présenté le budget le plus progressiste que l'Ontario a vu depuis des décennies », écrit-elle.

Kathleen Wynne cite la chroniqueuse bien connue du Toronto Star, Michele Landsberg, épouse de l'ancien chef du NPD Ontario Stephen Lewis, comme un exemple d'observateur électoral qui accepte la fraude que le budget libéral est un budget progressiste. Mais sa prétention que « presque tous les observateurs » disent que c'est le cas n'est pas fondée.

Par exemple, le Globe and Mail s'est moqué de cette caractérisation du budget libéral en disant : « Les libéraux et les conservateurs ont dit la même chose durant la campagne, à savoir que les libéraux sont à gauche. Pourquoi ? Parce qu'ils ne courtisent pas les mêmes électeurs. C'est pourquoi ils répètent la même fausseté à propos de la plateforme libérale. »

Bien que la rédaction du Globe and Mail donne son appui à Hudak et aux conservateurs, elle loue le budget libéral (précisément parce qu'il n'est pas progressiste). Elle écrit : « La plateforme libérale est bâtie sur un budget conservateur qui promet d'équilibrer les finances en trois ans, en grande partie en gelant les dépenses de programme (0% d'augmentation annuelle) jusqu'en 2017. Ajoutez à cela l'inflation et la croissance démographique, et vous avez une réduction de 3% par année, trois années de suite. La plupart des partis conservateurs seraient plus qu'heureux de livrer cette douce austérité. »

La publication de l'article de la chef libérale était la contribution du Toronto Star à la stratégie pour faire élire un gouvernement libéral, qui comprend provoquer l'effondrement du NPD par tous les moyens. Il qualifie le budget électoral des libéraux de « voie vers l'avant raisonnable et équilibrée » pour l'Ontario. Or, même dans son appui éditorial à madame Wynne le Toronto Star préparait déjà le terrain pour un revirement des libéraux après l'élection. La réalisation des objectifs de réduction budgétaire, écrit-il dans un éditorial, « est un projet très ambitieux et pour s'en assurer un gouvernement libéral devra à la fois jouer de la chance avec l'économie et prendre des décisions difficiles et impopulaires sur les dépenses ».

Que veut dire « décisions difficiles et impopulaires sur les dépenses » sinon encore plus d'austérité ? C'est le vieux refrain de l'ex-premier ministre Mike Harris : « Je n'ai pas été élu pour être populaire. J'ai été élu pour faire ce qui est nécessaire. » Un vote pour les libéraux est un vote pour l'austérité. Ne gaspillez pas votre vote. Votez contre l'austérité en défaisant à la fois les libéraux et les conservateurs.

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L'intérêt des enseignants, des travailleurs de l'éducation et des étudiants dans cette élection


Les enseignants, les travailleurs de l'éducation et les étudiants représentent des centaines de milliers de personnes en Ontario. On les trouve dans chaque village et chaque ville. En tant que personnes qui dispensent l'éducation à la société et qui la reçoivent, c'est leur intérêt de voter Non ! à l'austérité dans cette élection et de gagner chacun 3 personnes à faire la même chose. Ils peuvent le faire en utilisant leur vote pour empêcher les libéraux et les conservateurs d'obtenir un mandat pour gouverner par décret.

Les enseignants et les travailleurs de l'éducation du primaire et du secondaire vont commencer une nouvelle ronde de négociations à l'échelle provinciale après l'élection. Ces négociations vont se tenir sous l'égide d'une nouvelle législation en matière de négociation provinciale. Un gouvernement libéral majoritaire serait quelque chose de très nocif. Il utiliserait sa majorité pour prétendre avoir le mandat d'imposer ses paramètres d'austérité dans les négociations afin de retirer de l'éducation des milliards de dollars de plus qu'il n'en a déjà retirés en s'attaquant aux salaires et aux conditions de travail de ceux qui dispensent l'éducation. Les commissions scolaires sont déjà en train de faire les coupures qui ont été décrétées par le gouvernement de l'Ontario, de fermer des écoles et de couper les fonds aux autres pour augmenter le nombre d'élèves par classe et éliminer du personnel. Les libéraux utiliseraient leur majorité pour aller encore plus loin dans ce sens et tenter de faire en toute impunité ce qu'ils n'ont pas été capables de faire depuis l'adoption de la loi 115.

Regardez ce qui se passe en ce moment en Colombie-Britannique sous un gouvernement libéral majoritaire. Les enseignants une fois de plus ont eu à entrer en grève après que la Cour suprême ait émis un jugement en leur faveur. Le gouvernement pendant ce temps a fait des coupes dans leurs salaires plutôt que d'affirmer les droits des enseignants. Au Québec, le nouveau gouvernement libéral majoritaire est en train de lancer une nouvelle ronde d'austérité pour payer les riches, une attaque contre la société qui est faite au nom de « défendre l'avenir ».

En essayant de gagner une majorité à tout prix, les libéraux créent les conditions qui pourraient permettre aux conservateurs de former un gouvernement minoritaire. En poussant les gens du secteur de l'éducation à voter pour elle par peur de Hudak en dépit de ce qu'ils ont vécu sous les libéraux, Wynne crée une hésitation parmi ceux qui autrement ne voteraient pas libéral et les pousse en fait à ne pas voter, ce qui aide Hudak à former un gouvernement minoritaire. C'est la chose même qu'elle dit vouloir éviter. Il ne faut pas que cela passe !

Dans le secteur de l'éducation postsecondaire, le personnel et les étudiants des collèges et des universités ont eux aussi un intérêt à empêcher que quelque parti ne forme un gouvernement majoritaire. Les collèges sont déjà en négociation par le biais du Conseil des employeurs des collèges de l'Ontario. Une majorité libérale va aiguiser les dents de ces employeurs et les pousser à aller à fond de train dans leurs attaques contre les salaires et conditions de travail et dans la privatisation. Un gouvernement conservateur aurait le même effet. Les étudiants d'université savent que les libéraux ont continué les hausses substantielles de frais de scolarité que le gouvernement Harris avait imposées. Des libéraux majoritaires vont aller encore plus loin dans cette direction tout en continuant de forcer les universités à privatiser leurs activités sous prétexte d'accomplir des mandats stratégiques et de prendre la route de l'innovation. Un gouvernement minoritaire conservateur donnerait lui aussi carte blanche aux administrations d'universités d'attaquer les salaires et les conditions de travail et imposerait probablement des mesures régressives comme le remboursement des prêts étudiants selon les notes obtenues par les étudiants.

L'éducation est un droit !

Les enseignants et les travailleurs de l'éducation ajoutent par leur travail une grande quantité de valeur à l'économie sous la forme d'une population instruite. Plutôt que d'investir dans cette voie, les libéraux et les conservateurs veulent mettre l'éducation à tous les niveaux plus directement au service des monopoles et de leur concurrence intermonopoliste afin qu'ils deviennent numéro un dans le monde. Ils attaquent les salaires et les conditions de travail de ceux qui dispensent l'éducation même si ces conditions de travail sont les conditions d'apprentissage des étudiants. Les enseignants, les travailleurs de l'éducation et les étudiants peuvent faire une différence et influencer le résultat de l'élection en mobilisant toutes leurs énergies pour battre les libéraux et les conservateurs dans des circonscriptions comme London, Kitchener-Waterloo, Hamilton, Niagara Falls, Mississauga, Sudbury, Oshawa de même que Trinity-Spadina et Davenport à Toronto. Mobilisez-vous et gagnez autant d'amis et collègues que possible à voter Non ! à l'austérité ! Votez de façon à influencer le cours des choses !

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Un enjeu électoral: justice pour
les travailleurs accidentés


Les organisations de travailleurs accidentés de l'Ontario saisissent l'occasion de l'élection provinciale pour présenter leurs demandes que justice soit faite et pour obliger les gouvernements à rendre des comptes pour avoir foulé aux pieds leurs droits. Leur lutte les place au coeur des positions prises par les travailleurs en Ontario et au Canada à la défense des droits de tous. Avec le dernier numéro de Justice For Injured Workers en main, ils informent les Ontariens sur la réalité du programme d'austérité imposé aux travailleurs accidentés, dans lequel leurs prestations sont réduites et ils se voient privés d'une indemnisation et de soins de santé afin de remettre les indemnisations des travailleurs à des assureurs privés. Ils rejettent vigoureusement les forces mercenaires mises en place à la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents de travail (CSPAAT). Par exemple, le président et directeur général de la CSPAAT, I. David Marshall, reçoit non seulement un salaire pharamineux de 400 000 $ par année pendant cinq ans, mais aussi une prime de 20 % pour éliminer les travailleurs accidentés au nom de la réduction « du déficit de solvabilité » du régime d'indemnisation » et « accroître l'efficacité ». La destruction du système d'indemnisation des travailleurs s'est intensifiée à mesure que tous les gouvernements poursuivent l'offensive néolibérale antisociale.

La lutte pour une juste indemnisation, pour des soins médicaux et des services de réadaptation est celle où chaque travailleur de l'Ontario y trouve son compte. La lutte pour la justice envers les travailleurs accidentés met de l'avant clairement pourquoi les Ontariens doivent prendre position à la défense des droits de tous et s'opposer aux principaux champions de l'austérité dans cette élection ! Autant les libéraux que les conservateurs se présentent comme les champions de l'austérité et de l'élimination des déficits et des dettes. C'est sous cet angle qu'ils prétendent que le système d'indemnisation des travailleurs crée un déficit de solvabilité qui doit être éliminé. Il s'agit d'une fraude au détriment des travailleurs les plus vulnérables. Cela ne doit pas passer !

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Journée des travailleurs accidentés:
des actions à Queen's Park et à Windsor

Le 1er juin, des travailleurs accidentés, leurs organisations et leurs supporteurs ont tenu la 30e Journée annuelle des travailleurs accidentés devant le parlement de l'Ontario à Queen's Park à Toronto. D'autres actions se sont aussi tenues à London, Thunder Bay et, pour la première fois, à Windsor. Par leur esprit militant, ces actions ont démontré que les travailleurs accidentés ne se laissent pas intimider par les menaces des conservateurs ou impressionner par les promesses libérales. Rendre justice aux travailleurs accidentés est un enjeu de l'élection et peu importe le parti élu, les travailleurs accidentés vont continuer de lutter contre la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail (la CSPAAT). Inspirés par les travailleurs accidentés de l'Ontario, le Groupe de travailleurs accidentés de la Colombie-Britannique, qui vient d'être mis sur pied, de même que la Fédération du Travail de la Colombie-Britannique ont eux aussi marqué, pour la première fois, le premier juin en tant que Journée des travailleurs accidentés.

Les travailleurs qui ont pris la parole à Queen's Park ont dénoncé la destruction du système de compensation des travailleurs. C'est à l'époque du gouvernement conservateur de Harris que la Commission de compensation des travailleurs a changé de nom pour devenir la CSPAAT. Du même coup, on a sabré dans les prestations et la contribution des employeurs a été réduite. Depuis quelques années, la Commission fait des coupures de prestations illégales sur la base de prétendues « conditions préexistantes » comme des blessures bénignes associées à l'enfance et sur la base du vieillissement naturel. La Commission tente présentement de rendre ces compressions légales par le biais d'un examen de la politique de prestations. Les travailleurs accidentés ne veulent pas de ces changements qui s'attaquent à leur droit à une juste compensation et c'est de vive voix qu'ils déclarent: « Aux poubelles, votre projet de politique de prestations ! »

Le groupes de travailleuses accidentées Femmes d'inspiration a ouvert l'événement à Toronto. Cela fait plus de 10 ans qu'elles tiennent une vigile nocturne à Queen's Park la veille de la Journée des travailleurs accidentés en hommage aux travailleuses accidentées qui ne peuvent dormir à cause de leur accident et de leur inquiétude pour elles-mêmes et leurs familles. « Unies et solidaires, nous pouvons obtenir justice pour les travailleuses accidentées et les générations à venir », a dit leur porte-parole. Elle a remercié tous ceux qui sont venus appuyer la vigile ainsi que les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) qui ont fourni de la nourriture.

S'en est suivie une minute de silence en hommage aux travailleurs - ceux-là mêmes qui produisent tout dans la société - accidentés ou tués à l'ouvrage. La sécurité au travail se détériore, a-t-on dit, parce que les travailleurs sont considérés comme des objets jetables après usage.



En haut à gauche: Beryl Brown et les Justice Singers; à droite, Peter Page chante « Debout ! Debout ! »
En bas à gauche et vers la droite: Jeannie Howe, vice-présidente de ONIWG pour le sud-ouest de l’Ontario; Christine Nugent du Groupe des travailleurs accidentés de Barrie; Heather Cherron von Atzigen récite un poème et Costa un vétéran de l’action historique de 1983 à Queen’s Park

La Fédération du Travail de la Colombie-Britannique a envoyé un message de salutations au rassemblement. Le message mentionne que le nouveau groupe de travailleurs accidentés mis sur pied en Colombie-Britannique s'est inspiré des nombreuses années de leadership, de mentorat et d'expérience du Réseau ontarien des groupes de travailleurs accidentés (ONIWG).

Par la poésie, des sketches, des chansons et des discours, les représentants des groupes de travailleurs accidentés ont fait connaître le travail qu'ils mènent pour arrêter les attaques de la Commission contre leurs prestations. Les présentations ont été faites dans l'esprit édifiant et de principe du droit des travailleurs accidentés à une compensation juste et digne, sans conciliation aucune avec les semeurs de désinformation qui présentent la lutte de ces travailleurs comme une quête pour une aumône et des miettes dans le cadre de l'effort de tous pour se serrer la ceinture au nom de l'austérité. L'ancien président d'ONIWG, Peter Page, a chanté la chanson « Debout ! Debout ! » pour illustrer le travail qu'il mène pour mettre sur pied le Fonds de défense légale des travailleurs accidentés. Les travailleurs accidentés ont aussi reconnu les efforts de la députée du NPD Cheri DiNovo (Parkdale-High Park), qui a participé à la gréve de la faim d'un résident de sa circonscription et travailleur accidenté, Jimmy Velgakis, pour obtenir de la Commission qu'elle entende sa cause à nouveau.

Parmi les participants au rassemblement se trouvaient des travailleurs qui avaient participé à la toute première Journée des travailleurs accidentés il y a de cela 31 ans. Ce jour-là, des milliers de travailleurs accidentés sont venus au parlement en compagnie de leurs familles et de leurs supporteurs et ont forcé le gouvernement, qui voulait éliminer la pension d'invalidité permanente, à les rencontrer devant l'Assemblée législative, tellement ils étaient nombreux.

Le ministre du Travail, Kevin Flynn, a brillé par son absence. Selon la tradition, le ministre est invité à venir écouter ce que les travailleurs accidentés ont à dire et à y répondre. Même en pleine campagne électorale, le ministre n'y était pas pour rendre des comptes du traitement scandaleux que le gouvernement réserve aux travailleurs accidentés.

Le Parti progressiste-conservateur est arrivé comme un cheveu sur la soupe, démontrant son manque de respect total pour les travailleurs accidentés. L'autobus électoral du chef du parti Tim Hudak est arrivé à Queen's Park au beau milieu des discours, ce qui montre bien que les conservateurs ne savaient même pas de quoi il s'agissait. Les travailleurs ont scandé des slogans et levé le poing avec une telle force que l'autobus a du déguerpir amenant Hudak et sa triste cohorte avec lui.

Plusieurs syndicats sont venus appuyer les travailleurs accidentés dont la Fédération du Travail de l'Ontario, les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce, le District de l'Ontario du Syndicat des Métallos et la section locale 1005, Unifor et le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario.


Certains des représentants syndicaux: Nancy Hutchison, secrétaire-trésorière de la Fédération du travail de l’Ontario; Sherry Backus de la section locale 175 des TUAC; Rolf Gerstenberger, président de la section 1005 du Syndicat des Métallos et Scott McIlmoyle, secrétaire financier de la section 112 d’Unifor

Rolf Gerstenberger, président de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos a dit que les métallos de Hamilton ne participent pas à ces actions par simple solidarité ou à des fins charitables. « C'est notre lutte à nous aussi », a-t-il dit. « Nous en faisons partie. Quand j'ai commencé à travailler à la vieille usine de Stelco, il y a eu un travailleur de tué à chaque année pendant les douze premières années. Nous avons des centaines de retraités qui sont encore blessés après toutes ces années et qui se battent toujours pour leur compensation. C'est un vrai cauchemar pour nous. Nous travaillons dans l'industrie lourde. Nous savons à quel point la question est importante et chaque jour nous faisons face à la CSPAAT. C'est pour ça que nous participons activement à la distribution du journal Justice for Injured Workers afin d'unir tout le monde dans l'action pour mettre en échec l'ordre du jour d'austérité et nous assurer qu'aucun parti n'obtiendra une majorité pour continuer ces attaques contre les travailleurs accidentés. Ceux qui sont responsables des attaques contre les travailleurs accidentés n'ont pas leur place au parlement, a-t-il ajouté. Commettre ces crimes puis déclarer être pour l'équité est absolument inacceptable. »

« Et que dire de nos 8 000 retraités ? », a renchéri Rolf. « Le gouvernement veut convaincre tout le monde que leurs régimes de retraite vont disparaître. Ce sont des crimes contre les travailleurs et nous devons nous assurer que nos travailleurs accidentés et nos retraités obtiennent justice. Nous sommes à la hauteur de ce défi », a dit Rolf. Il a appelé les travailleurs de l'Ontario à faire en sorte qu'aucun gouvernement majoritaire ne va être élu dans cette élection. Cela veut dire, a-t-il conclu, ne voter ni pour les libéraux et ni pour les conservateurs.

Tout le monde a pris sa copie de ce cinquième numéro de Justice for Injured Workers et les activistes en ont pris plusieurs pour leur travail dans leur région. Une table d'activistes présentait les diverses pétitions, le matériel de ressource et les questions destinées aux candidats dans ces élections. On encourageait les gens à se servir de ces ressources dans leur travail dans ces derniers jours de la campagne.

Par la richesse des présentations, les slogans militants et les performances culturelles, cette Journée des travailleurs accidentés restera comme une des plus réussies et inspirantes à avoir été organisée.






Une première à Windsor


Un premier piquetage pour souligner la Journée des travailleurs accidentés a été dressé à Windsor devant les bureaux de la CSPAAT. Plusieurs travailleurs et leurs supporteurs y sont venus réclamer justice pour les travailleurs accidentés et dénoncer les attaques du gouvernement et de la Commission. Justice for Injured Workers a été très bien accueilli et plusieurs travailleurs en ont pris plus d'une copie pour les distribuer dans leurs milieux.

Tracie Edwards de la Fédération des enseignants et enseignantes des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO), district 9, a salué les participants et les a remerciés d'être venus. Elle a dit que l'objectif des actions était d'attirer l'attention sur les attaques du gouvernement et de la Commission contre les travailleurs accidentés. Elle s'est opposée à la pratique de la Commission visant à refuser les demandes des travailleurs en invoquant de soi-disant « conditions préexistantes ». Plusieurs participants ont donné leur appréciation de l'importance de ces actions. Un représentant local du Syndicat canadien de la fonction publique du Canada, Patrick Hannon, a dit que si le 28 avril est la journée pour commémorer les travailleurs décédés, le premier juin est celle de la lutte des survivants. Il a dénoncé la Commission pour son refus de reconnaître les besoins en prestations des travailleurs. Il a dit que les choses sont rendues à un tel point qu'un travailleur a presque besoin d'avoir le bras coupé pour que la Commission lui accorde une compensation. Enver Villamizar, un enseignant et membre du district 9 de la FEESO, a expliqué la position du syndicat qui demande des comptes au gouvernement pendant la campagne électorale et il a appelé tout le monde à utiliser son vote pour dire Non ! aux attaques contre les travailleurs accidentés et Non ! au cynisme et à la corruption des libéraux qui ont confié la présidence de la CSPAAT à l'ancienne ministre du Travail de Mike Harris, Elizabeth Witmer.

(Photos: TML, UFCW)

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