Le Marxiste-Léniniste

Numéro 77 - 9 juin 2014

Effort pour défaire libéraux et conservateurs à l'élection le 12 juin en Ontario

Ne pas permettre qu'on utilise l'autorité publique
pour servir les intérêts privés

Élection le 12 juin en Ontario
Empêchons qu'on utilise l'autorité publique pour servir les intérêts privés - Jim Nugent
Intensifions la lutte contre le programme d'austérité! - K.C. Adams


Note aux lecteurs

L'élection générale en Ontario a lieu ce jeudi 12 juin. Pour continuer à informer ses lecteurs sur cette élection de grande importance non seulement pour les travailleurs de l'Ontario, mais pour ceux du Canada tout entier, Le Marxiste-Léniniste publie aujourd'hui le numéro du 5 juin du Ontario Political Forum, un supplément du Marxist-Leninist Daily et en publiera d'autres dans les jours qui viennent. Le Parti lance l'appel à battre les libéraux et les progressistes-conservateurs et ne pas permettre l'élection d'un gouvernement majoritaire qui dira avoir le mandat d'appliquer à fond de train le frauduleux programme d'austérité comme c'est le cas au fédéral et maintenant au Québec.

Les jours qui viennent vont déterminer si les cercles dirigeants en Ontario pensent que les conservateurs de Tim Hudak sont en trop mauvaise posture pour obtenir ce mandat. Déjà ils poussent fort pour obtenir une majorité libérale, ce qui serait une mauvaise chose pour les travailleurs de l'Ontario, comme ce l'est aussi au Québec avec l'élection du gouvernement majoritaire de Couillard.

Pendant cette élection, le Ontario Political Forum paraît quotidiennement pour mobiliser les travailleurs de l'Ontario pour battre les libéraux et conservateurs comme la façon de faire échec au programme d'austérité de transfert massif de richesse sociale des travailleurs vers les riches et de destruction des programmes sociaux et services publics.


Élection le 12 juin en Ontario

Ne pas permettre qu'on utilise l'autorité publique
pour servir les intérêts privés

Une bonne partie du débat télévisé des chefs du Parti libéral, du Parti progressiste-conservateur et du Nouveau parti démocratique a porté sur le scandale d'un milliard de dollars des centrales au gaz dans lequel le gouvernement libéral a été impliqué.[1] Il fallait s'y attendre, puisque pour les partis d'opposition, le fait que ce scandale ait exposé la corruption flagrante des libéraux est un atout dans leurs jeux électoraux partisans. La façon dont ces chefs de parti ont traité de cette question montre leur manque de sincérité et leur cynisme. Qui peut croire au repentir de Kathleen Wynne ou à l'indignation de Tim Hudak et d'Andrea Horwath ? Après tout, est-ce qu'ils ne défendent pas tous ce même système qui donne lieu à une telle corruption ? La performance de chaque chef de parti est un spectacle mis en scène et bien rodé par des spécialistes du marketing politique.

Les scandales de corruption émanant de l'utilisation illégitime du pouvoir par des politiciens pour servir les intérêts privés sont fréquents et le fait de se servir de ces scandales pour obtenir un avantage politique partisan est de l'histoire ancienne en politique canadienne. Au lendemain de la confédération, les libéraux ont saisi le pouvoir des conservateurs lorsque Sir John A. MacDonald s'est vu obligé de démissionner pour avoir reçu des pots de vin de la part des monopoles ferroviaires. Plus près de nous, le coup électoral qui a porté les conservateurs de Harper au pouvoir en 2006 s'est fait sur fond de scandale des commandites dans lequel étaient plongés les libéraux de Jean Chrétien et de Paul Martin.

Cette vieille politique reste une arme importante pour diverses sections de l'élite dominante dans la rivalité qui les oppose, mais ne sert en rien la classe ouvrière. Les travailleurs ne peuvent pas se permettre de se laisser entraîner dans de tels mélodrames de corruption dignes du XIXe siècle. La question qui se pose pour les travailleurs et l'électorat dans son ensemble aujourd'hui n'est pas que des politiciens individuels se servent illégitimement de leur pouvoir pour servir des intérêts privés. C'est là l'ancienne définition de ce qu'est la corruption, une définition étroite. De nos jours, le problème est que l'élite dominante tente de corrompre tous les organes du pouvoir d'État en légitimant le recours à l'autorité publique pour servir les intérêts privés. La tâche politique qui se pose aux travailleurs aujourd'hui est d'empêcher que cela ne se produise.

Les libéraux ont brisé la confiance du public de nombreuses fois et doivent être appelés à rendre des comptes. Ils devraient être en prison, pas au gouvernement. Mais les travailleurs ont besoin de prises de position politiques qui dépassent la vieille politique de mettre dehors ces politiciens malhonnêtes. Comment cela changerait-il la situation quand on sait que les partis dominants se consacrent tous d'une façon ou d'une autre à légitimer le recours à l'autorité publique pour servir les intérêts privés ?

Le scandale des centrales au gaz du Parti libéral doit être replacé dans son contexte. Les libéraux avaient pris le flambeau des pratiques de privatisation de l'électricité des conservateurs de Harris en privatisant le secteur de l'électricité thermique au complet. C'est ce que demandent les intérêts privés qui dominent en Ontario. Les libéraux ont fermé et détruit les centrales électriques publiques au charbon qui généraient d'énormes montants de revenu gouvernemental. Ces centrales ont été remplacées par des centrales au gaz privées ainsi que par des centrales d'énergie renouvelable générant d'énormes revenus et profits pour les monopoles mondiaux de l'énergie et pour les financiers.

Les partis d'opposition ont endossé sans aucune objection cette trahison de l'intérêt public à coups de plusieurs milliards de dollars, jusqu'à ce que les libéraux mettent le grappin sur les milliards circulant dans le secteur de l'électricité à leurs propres fins partisanes. Le manque visible de sincérité des chefs des partis de l'opposition pendant le débat des chefs vient du fait que leurs partis sont engagés comme le Parti libéral dans l'ordre du jour néolibéral visant à remplacer l'intérêt public par l'intérêt privé.

Les travailleurs doivent concentrer leurs efforts à empêcher la minorité riche et ses représentants politiques d'imposer leur ordre du jour néolibéral. Dans cette élection, cela signifie s'opposer à la frauduleuse austérité mise de l'avant au nom de la réduction de la dette et du déficit alors que les riches siphonnent des milliards de l'économie par le biais de la privatisation des services publics et par d'autres arnaques visant à payer les riches.

Note

1. L'auteur se réfère aux 2 centrales électriques privées au gaz que le gouvernement libéral a fait construire au début des années 2010 en dépit de l'opposition populaire et dont il a annulé la construction avant l'élection générale de 2011, mentant sur le coût de l'annulation qui s'est monté à des centaines de millions de dollars de plus que le coût annoncé.

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Intensifions la lutte contre le programme d'austérité!

Les partis conservateur et libéral qui cherchent dans cette élection à obtenir un gouvernement majoritaire ont tous deux déclaré que leur objectif principal est d'encourager les monopoles privés à investir dans la province. Ils disent que le moyen d'y arriver est d'imposer l'austérité au peuple. L'austérité permet aux propriétaires des monopoles de réclamer une plus grande partie de la valeur que les travailleurs de l'Ontario produisent et de se saisir des biens publics. L'austérité veut dire priver le peuple de ses programmes sociaux comme l'éducation et les soins de santé publics et réduire ses salaires, avantages sociaux et pensions.

Les libéraux et les conservateurs disent qu'un transfert de la valeur de la classe ouvrière vers les propriétaires du capital va stimuler les investissements et créer des emplois. Cet argument néolibéral a été complètement répudié en Grèce, en Espagne et ailleurs. Les deux partis veulent un gouvernement majoritaire pour pouvoir dire qu'ils ont un mandat du peuple pour imposer leur programme antisocial d'austérité. Le peuple peut empêcher cela en s'activant lui-même pendant l'élection.

Le conservateur antisocial Hudak

Selon Tim Hudak, l'intervention de l'État en Ontario est cruciale pour forcer un transfert de la valeur des travailleur vers les propriétaires du capital monopoliste. Les conservateurs de Hudak voudront utiliser le pouvoir de l'État pour ouvrir le secteur public aux investisseurs privés, notamment en licenciant 100 000 travailleurs du secteur public, en gelant les salaires de presque tous les autres employés du secteur public, en imposant des compressions dans l'ensemble des dépenses des programmes sociaux et des services publics, en réduisant les tarifs d'électricité à l'échelle provinciale pour les entreprises, en éliminant la réglementation qui régit les actions des monopoles, lesquelles peuvent être nocives au peuple et à la Terre Mère, et en réduisant l'impôt provincial des sociétés.

La libérale antisociale Wynne

Kathleen Wynne continuera d'utiliser le pouvoir d'État pour attaquer les droits des travailleurs du secteur public en réduisant leur réclamation à la valeur qu'ils produisent. Le pouvoir d'État sera utilisé pour donner directement des fonds publics aux monopoles par des subventions et des prêts sans intérêt comme avec le « Fonds pour l'emploi et la prospérité », pour « réduire les coûts de l'électricité jusqu'à 15 % pour les grands utilisateurs », utiliser les fonds publics pour construire des infrastructures que les entreprises privées des ressources naturelles utilisent presque gratuitement, pour canaliser les fonds publics vers des entreprises privées de construction pour construire des lignes de transport en commun, pour « continuer à dépenser moins par personne pour les programmes gouvernementaux que toute autre province » de manière à promouvoir la privatisation des services publics tels que les soins de santé et l'éducation, imposer une déduction de 1,9 % sur les salaires des travailleurs afin de financer un régime d'épargne-retraite, et maintenir « le quatrième plus bas taux d'imposition des sociétés au Canada » et « réglementer au besoin » les monopoles.

Les actions et les propositions des libéraux et des conservateurs sont une attaque directe contre les droits et le bien-être des Ontariens, leurs programmes sociaux, leurs services publics et l'économie. Concentrer plus de richesse entre les mains de la minorité et de ses monopoles ne fera qu'aggraver la situation et nuire à l'économie. L'austérité est un programme pour enrichir quelques-uns au détriment du plus grand nombre.

L'économie a besoin d'être stimulée par des investissements publics dans les programmes sociaux et les services publics qui sont sous le contrôle du public et non pas des monopoles parasitaires. L'accroissement des investissements dans les travaux publics permettra aux chômeurs de l'Ontario de travailler, de réduire leur dépendance à l'égard des programmes sociaux et d'avoir de meilleurs revenus qui circuleront dans nos communautés.

L'économie a besoin d'être stimulée par une plus grande réclamation des travailleurs à la valeur qu'ils créent et non pas par une pression vers le bas sur le niveau de vie.

L'économie a besoin de stimuli et non d'austérité. La dernière chose dont l'économie et le peuple ont besoin, c'est un programme d'austérité antisocial d'un gouvernement libéral ou conservateur majoritaire.

Ontario Political Forum lance l'appel aux électeurs de l'Ontario d'agir pendant cette élection de façon à empêcher les deux partis de l'austérité antisociale d'obtenir une majorité. Mobilisez-vous de même que vos collègues de travail et voisins pour défendre vos droits et les droits de tous. Votez stratégiquement en fonction de l'analyse que vous faites de votre circonscription et de la situation générale en Ontario en privant les libéraux et les conservateurs d'un gouvernement majoritaire. Cela mettra le peuple en bonne position pour priver le gouvernement antisocial de Harper d'une autre majorité à la prochaine élection générale au fédéral.

Ensemble, faisons échec au programme d'austérité antisocial !

(Sources: le programme du Parti libéral de l 'Ontario, le programme du Parti progressiste-conservateur)

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