Le Marxiste-Léniniste

Numéro 71 - 23 mai 2014

Derrière les événements au Nigeria

La Maison-Blanche accroît son intervention


Derrière les événements au Nigeria
La Maison-Blanche accroît son intervention - Abayomi Azikiwe, Pan-African News Wire, le 13 mai 2014 -

Les États-Unis essaient de déstabiliser le Venezuela
Le ministre de l'Intérieur du Venezuela dénonce la participation étrangère à la «campagne de déstabilisation» Ewan Robertson, Venezuelanalysis.com
Le sale rôle de la Fondation nationale pour la démocratie au Venezuela - Eva Golinger, Postcards from the Revolution


Derrière les événements au Nigeria

La Maison-Blanche accroît son intervention

Une vidéo prétendument créée par la secte armée Boko Haram, dont la base est au Nigeria du sud-est, montrait ce qui semble être des étudiantes tenues prisonnières par le groupe depuis un mois. Le chef de Boko Haram a déclaré que les jeunes femmes seraient libérées en échange de prisonniers appartenant à leur organisation et qui auraient été capturés par le gouvernement nigérien.

Avec la tenue du Forum économique mondial à Abuja, la capitale politique du Nigeria, dans la semaine du 5 mai, les projecteurs des médias internationaux ont été braqués sur ce pays. La question de la sécurité intérieure du pays a aussi fait les manchettes depuis la détonation de deux bombes meurtrières à Abuja au cours d'une période de trois semaines et menant à la mort de plus de 80 personnes.

Simultanément, l'histoire des étudiantes du secondaire manquant à l'appel au village de Chibok, dans l'État de Borno, dans le nord-est du pays où depuis des mois le gouvernement a imposé un état d'urgence, a suscité l'intervention de forces militaires et de services de renseignement provenant de Washington, de Londres, de Paris et de Tel Aviv. Les problèmes liés à l'insurrection de Boko Haram remontent à 2009, quand le gouvernement avait déployé policiers et soldats pour attaquer les quartiers généraux et les résidences du groupe. Ce groupe, soit dit en passant, recevait depuis quelques années déjà l'appui public de certains politiciens bien en vue dans le nord du pays.

L'enlèvement des étudiantes doit être situé dans le contexte de la crise de sécurité globale à l'intérieur de la région du nord-est du pays et qui se répand vers Abuja et vers d'autres régions. Des milliers de personnes ont été tuées dans des conflits depuis cinq ans et plusieurs autres ont été déplacées.


Cliquer sur l'image pour agrandir

Bien que le Nigeria soit décrit dans la presse financière occidentale comme étant le pays ayant l'économie la plus importante de l'Afrique, il y sévit toujours une pauvreté et un chômage accablants. Rappelons aussi que ce pays de l'Afrique occidentale détient la plus grande population du continent. La richesse générée ces derniers temps n'a de toute évidence pas eu de retombées d'importance pour la classe ouvrière, la jeunesse et les pauvres puisque le pays est aux prises depuis deux ans avec des grèves dans les secteurs pétroliers, médicaux, de l'éducation et des services publics.

Les discussions tenues lors du Forum économique mondial n'ont annoncé rien de nouveau si ce n'est la même approche axée sur l'investissement dans le développement économique de l'Afrique. Lors de la réception organisée pour accueillir le forum, le président Goodluck Jonathan a salué l'intervention des États impérialistes pour assurer le retour des étudiantes, déclarant que le « terrorisme » n'allait pas interrompre le trajectoire politique du gouvernement actuel.

Le rôle de l'impérialisme et le legs du colonialisme

Le Boko Haram est une des expressions des conflits régionaux au Nigeria, conflits hérités du système colonial britannique et de la domination politique grandissante des États-Unis dans les affaires intérieures et extérieures de cet État riche en pétrole. Cette année fut en fait le centenaire de la consolidation du pouvoir colonial de la Grande-Bretagne.

Pendant des décennies, un système de pouvoir indirect a laissé le pays divisé dès l'indépendance nationale en 1960. Deux coups d'État militaires perpétrés en 1966 furent suivis d'une guerre civile qui fit rage de 1967 à 1970, lorsqu'une section de la bourgeoisie nationale du sud-est a tenté de se séparer et de former une nation séparée, celle du Biafra.

Depuis les années 70, une succession de gouvernements à la fois militaires et civils ont été dominés en grande partie par des intérêts militaires dont la base est au nord du pays. La manne pétrolière se trouve surtout dans les régions du sud-est et de plus en plus en haute mer dans le golfe de Guinée.

Ce qui complique davantage le problème régional laissé non résolu depuis 1960 est que la population musulmane du Nigeria habite surtout la région du nord. À cause du colonialisme britannique, un grand nombre de personnes du nord furent mobilisées dans l'armée et furent utilisées partout au pays pour supprimer la résistance à l'impérialisme.

Compte-tenu de ces différences régionales qui imprègnent les partis politiques et les structures gouvernementales du pays, il n'a pas été possible d'appliquer une stratégie administrative cohésive. Le Nigeria est le plus grand exportateur de pétrole brut de l'Afrique vers les États-Unis. Depuis 1956, l'industrie pétrolière est dominée par la Grande-Bretagne, l'Europe et les États-Unis.

Dans un éditorial récent publié par le Guardian, un important quotidien national au Nigeria, en réponse à un mémo du gouverneur de l'État d'Adamawa, Murtala H.J. Nyako, on écrivait : « La vérité incontournable est que l'insécurité au pays se transforme en monstre hybride. Il est évident que le président ne saisit pas le sérieux du problème que vivent son administration et le pays en entier, surtout quand on considère ses commentaires et ses gestes caractérisés par la frivolité. » (le 7 mai).

L'éditorial poursuit ainsi : « Un grand nombre de Nigériens ne croient aucunement que ce gouvernement a comme priorité leur sécurité et leur bien-être. Si Nyako y va d'un langage quelque peu vulgaire et que le moyen pour passer son message soit quelque peu inapproprié, ses frustrations sont néanmoins partagées par la plupart des Nigériens. Le président Jonathan devrait se servir de ses importants pouvoirs présidentiels pour empêcher un soulèvement de masse nourri par la colère populaire contre son gouvernement. »

Jonathan, qui fait partie du groupe ethnique Ijaw dans le sud du Nigeria, cherchera à se faire réélire en 2015 en pleine crise de sécurité intérieure qui prend de l'ampleur depuis les années soixante. Au cours des années 90, un groupe insurrectionnel du nom de Mouvement pour l'émancipation du delta nigérien (MEND) a surgi pour revendiquer une compensation adéquate pour la région du sud où gît le pétrole.

Ce mouvement, qui a condamné les enlèvements d'étudiantes, a entrepris des actions de sabotage contre l'industrie, de concert avec une campagne de relations publiques des plus efficaces. Ses actions ont été menées conjointement avec des manifestations de masse de femmes et de jeunes exigeant que les grandes compagnies occidentales -- les Shell-BP, Chevron et ExxonMobil -- remédient aux dommages environnementaux dans la région du sud et investissent une part des profits dans le développement de l'infrastructure dans le delta nigérien.

Le MEND a éventuellement accepté une amnistie comprenant des compensations financières, des bourses d'étude et d'autres avantages. Ainsi les actions armées dans le sud de la région ont ralenti considérablement mais malgré tout la sécurité intérieure demeure une grave préoccupation.

Pour leur part, les campagnes de Boko Haram ont ciblé des civils et des églises chrétiennes. L'organisation a aussi avoué son rôle dans la détonation d'une bombe dans les bureaux des Nations unies à Ajuba en 2011.

L'Afrique, le «terrorisme» et l'impérialisme

Beaucoup de questions ont été soulevées au sujet des origines de l'organisation Boko Haram et de l'appui dont elle a joui. Certains Nigériens bien informés prétendent que le groupe reçoit toujours un certain appui parmi des sections de l'élite économique et politique du nord du Nigeria.

Aussi les tactiques du groupe ont-elles changé depuis 2009. Il a proposé une alliance avec Al-Qaïda et voilà que la nature des actes de violence menés dans les nord-est et dans d'autres régions deviennent étrangement semblables aux attaques meurtrières menées dans d'autres pays tels l'Irak.

Fait intéressant, l'administration des États-Unis présidée par Barack Obama a refusé de reconnaître le Boko Haram en tant que groupe terroriste même après l'explosion à l'ONU. Hillary Clinton, qui était secrétaire d'État sous Obama, s'est mise à partager ses inquiétudes au sujet des enfants disparus, bien qu'au cours de son mandat au sein de l'administration elle n'a jamais reconnu le Boko Haram en tant qu'organisation terroriste.

Ces actions par le Boko Haram et l'incapacité de l'administration Jonathan à Ajuba d'agir avec efficacité font en sorte que les États impérialistes, dirigés par les États-Unis, saisissent l'occasion pour s'ingérer encore davantage dans la vie du pays. Tout récemment, des manoeuvres navales conjointes ont été menées dans le golfe de Guinée avec le Pentagone et divers États de l'Afrique occidentale, y compris le Nigeria, en tant que partie intégrante du commandement des États-Unis en Afrique (AFRICOM) et du projet interventionniste des forces militaires de l'Union européenne (EUFOR).

Dans un autre article, celui-là de Laolu Akande, publié dans le Nigerian Guardian, il est dit que « la sénatrice Susan Collins, une républicaine du Maine, se fait la porte-parole de vingt femmes sénatrices étasuniennes exigeant une assistance militaire de la part des États-Unis. Dans une entrevue au réseau CNN la semaine dernière, cette sénatrice a spécifiquement demandé l'intervention des Forces spéciales. Lors d'un point de presse international à Washington environ au même moment, les dirigeants de l'Association chrétienne d'Américains Nigériens (CANAN) ont aussi demandé que les Forces spéciales soient déployées au Nigeria pour secourir les filles de Chibok. » (le 11 mai).

Selon le même article : « Collins a dit : ' J'aimerais voir un déploiement des Forces spéciales pour aller à la rescousse de ces jeunes filles '. Et plus tard, lors d'une conférence de presse internationale à Washington, le président de CANAN, le docteur James Fadele, au nom de l'association, a demandé au président des États-Unis d'envisager d'expédier des Forces spéciales comme l'a déjà suggéré la sénatrice Susan Collins. CANAN a aussi déclaré que ' les États-Unis devraient utiliser tout ce qu'ils ont d'arsenal pour débusquer, talonner et détruire le Boko Haram. ' »

Pour bien comprendre ces déclarations de membres en vue du sénat américain et des porte-parole qui prétendent exprimer le sentiment de la communauté nigérienne expatriée, il ne faut pas oublier le rôle joué par les médias privés et gouvernementaux en Occident. Des expressions de colère et d'indignation deviennent des prétextes pour justifier une intervention militaire impérialiste au Nigeria.

Et pourtant, un passé récent d'interventions dirigées par les États-Unis, la France et d'autres membres de l'OTAN ainsi qu'Israël démontre que ces actions n'ont aucunement été garantes de paix et de sécurité au Mali, au Soudan, en Somalie, au Kenya, en Libye ou dans d'autres régions affectées. Les problèmes de sécurité intérieure du Nigeria doivent être placés dans le contexte de phénomènes hérités du passé : des relations de production capitalistes, des divisions de classe grandissantes au sein de la société (divisions entretenues, bien sûr, par les impérialistes) ainsi que la nécessité d'une véritable révolution démocratique et de la construction d'une économie socialiste.

En un mot, ce qui motive les actions des États impérialistes envers le Nigeria et les autres États africains est leur soif de domination. Les organisations antiguerre, les organisations en faveur de la justice sociale, les organisations de femmes et des droits de la personne doivent prendre la mesure de l'impact négatif d'une nouvelle intervention à long terme de forces militaires et de services de renseignement au Nigeria.

Haut de page


Les États-Unis essaient de déstabiliser le Venezuela

Le ministre de l'Intérieur du Venezuela dénonce
la participation étrangère à la «campagne
de déstabilisation»


Le ministre de l’Intérieur et de la Justice du Venezuela Miguel Rodriguez Torres donne de l’information sur les tentatives de déstabilisation du pays le 2 mai 2014. (LaVoz)

Le ministre de l'Intérieur et de la Justice du Venezuela, Miguel Rodriguez Torres, a donné des informations [ le 2 mai] sur des plans présumés visant à déstabiliser le pays, donnant des preuves de la participation étrangère dans les actions de barricades organisées récemment par l'opposition.

Des secteurs de l'opposition vénézuélienne, les anciens présidents colombien et mexicain Alvaro Uribe et Vicente Fox, de même que le département d'État des États-Unis et d'autres institutions ont tous été accusés d'être impliqués de fomenter une stratégie de déstabilisation du pays.

Selon Rodriguez, des membres de l'opposition vénézuélienne se sont rencontrés en 2010 au Mexique pour planifier le renversement du gouvernement de Hugo Chávez. C'est lors de cette réunion que le politicien de la droite vénézuélienne Leopoldo Lopez aurait été choisi pour mener des actions de déstabilisation.

Des actions ont été menées dans la rue par des groupes de jeunes de l'opposition, le JAVU, le Mouvement 13 et Opération Liberté, qui ont fait « la grève de la faim », « se sont enchaînés » et ont organisé des campements de rue pour faire pression sur le gouvernement au moment où Chavez recevait des traitements pour son cancer au début de 2013 peu avant son décès.

Suite à cela, de janvier à avril de cette année, des barricades ont été érigées dans les grandes villes dans le cadre d'une vague de perturbations, d'émeutes et de protestations menées par l'opposition. Rodriguez a dit que les barricades de rue sont fondées sur une stratégie précédemment utilisée contre le gouvernement Chavez en 2004 et « financée par l'extrême-droite ».

« Cette fois, ils ont essayé d'autres méthodes, avec d'autres techniques et d'autres personnes et essayé de réactiver et de raffiner la méthode de barricades de rue », a déclaré Rodriguez .

Le ministre qui a fait sa présentation sur la chaîne nationale de télévision avec des organigrammes et des photos de présumées réunions et conversations, a déclaré que les barricades de rue ont été utilisées en tandem avec la stratégie diplomatique et médiatique pour « attaquer la révolution bolivarienne ».

Cette campagne impliquerait le département d'État des États-Unis dont l'objectif selon le ministre serait « d'empêcher la propagation à l'échelle du continent des idéaux bolivariens et de s'approprier et contrôler les plus grandes réserves de pétrole sur la planète ».

Rodriguez a dit que les deux aspects principaux de cette stratégie sont d'accuser les hauts responsables vénézuéliens de financer le narco-trafic ou des activités terroristes et d'attaquer le gouvernement sur la question des droits humains pour accuser le Venezuela d'être un « État voyou ».

Sur ce dernier point, des politiciens de l'opposition comme Antonio Ledezma, Maria Corina Machado, Leopoldo Lopez et Diego Arria auraient fourni de l'information « manipulée » sur la question des droits humains à des sources diplomatiques américaines et d'autres pays.

« Les institutions américaines et les ONG ont recueilli des informations manipulées pour tenter de répandre le bruit dans le monde que le Venezuela viole systématiquement les droits fondamentaux », a déclaré Rodriguez .

Au Venezuela, la direction de quelques universités indépendantes publiques et privées, le dirigeant étudiant pro-opposition Juan Requesens et deux fonctionnaires de l'ambassade des États-Unis ont également été accusés d' être impliqués dans les plans présumés de déstabilisation.

Rodriguez a révélé que 58 personnes de nationalité étrangère ont été arrêtées alors qu'elles participaient à des barricades, « presque toutes impliquées dans l'utilisation d'armes ». Cela inclut des Colombiens, un Américain et un Espagnol, et deux parmi ceux qui ont été arrêtés sont sur la liste d'alerte rouge d'Interpol.

Des personnalités de l'opposition nient que les manifestations et les troubles sont une stratégie de déstabilisation visant à destituer le président Nicolas Maduro et prétendent que ce sont des manifestations spontanées en réponse à des problèmes économiques et aux pratiques « autoritaires » du gouvernement.

Si certaines manifestations ont été pacifiques et ont mis de l'avant diverses demandes, la principale revendication de nombreux dirigeants des protestations et des barricades de rue violentes a été « le départ » de Maduro. Les émeutes répétées dans la partie ouest très riche de Caracas et d'autres régions ont également causé des dommages importants à la propriété, aux édifices gouvernementaux, au transport public, aux supermarchés et aux cliniques de santé gratuites.

L'agitation a mené à la mort de 41 personnes et fait 800 blessés et on compte parmi les morts des activistes de l'opposition, des partisans du gouvernement, d'autres civils et des officiers de la Garde nationale civile [En date du 17 mai, le bilan officiel est de 44 personnes décédées et plus de 800 personnes blessées - ndlr.]

La vie est progressivement revenue à la normale dans les régions touchées, après que les dernières barricades de rue aient été enlevées le mois dernier. De petites manifestations sporadiques et des actes de violence persistent cependant.

Dans la ville de San Cristobal, dans l'État occidental de Tachira, de petits groupes d'étudiants de l'opposition ont protesté contre la reprise des cours à l'université locale [le 5 mai]. Un groupe a brûlé un camion appartenant à la société pétrolière d'Etat PDVSA et des affrontements avec la police ont également eu lieu, menant à plusieurs arrestations.

Dans sa présentation de vendredi, Rodriguez a déclaré que les activistes de l'opposition ont maintenant mis en place une campagne de « violence ciblée » après l'échec des barricades de rue. Il a présenté l'assassinat du politicien et activiste pro-gouvernemental bien connu Eliecer Otaiza comme un exemple de cela.

Haut de page


Le sale rôle de la Fondation nationale
pour la démocratie au Venezuela

Des manifestations antigouvernementales au Venezuela qui visent un changement de régime ont été menées par plusieurs personnes et organisations ayant des liens étroits avec le gouvernement américain. Leopoldo Lopez et Maria Corina Machado - deux des dirigeants publics derrière les manifestations violentes qui ont débuté en février - ont une longue histoire en tant que collaborateurs, bénéficiaires et agents de Washington. La Fondation nationale pour la démocratie (la NED) et l'Agence américaine pour le développement international (USAID) ont versé plusieurs millions de dollars pour le financement des partis politiques de Lopez, Primero Justicia et Voluntad Popular et de l'ONG Súmate de Machado et ses campagnes électorales.

Entre 2013 et 2014, ces agences de Washington ont également acheminé plus de 14 millions $ à des groupes d'opposition au Venezuela, notamment pour le financement de leurs campagnes électorales en 2013 et des manifestations antigouvernementales en 2014. C'est la continuité du modèle de financement du gouvernement américain aux groupes anti-Chavez au Venezuela depuis 2001, quand des millions $ ont été remis à des organisations de la société dite civile pour organiser un coup d'État contre le président Chavez en avril 2002. Quelques jours après l'échec du coup d'État, l'USAID a ouvert un Bureau des initiatives de transition (OTI) à Caracas pour, de concert avec la NED, injecter plus de 100 millions $ dans des efforts pour saper le gouvernement de Chavez et renforcer l'opposition pendant les huit années suivantes.

Au début de 2011, après avoir été publiquement exposé pour ses graves violations du droit et de la souveraineté du Venezuela, l'OTI a mis fin à ses activités au Venezuela et les opérations d'USAID ont été transférées à ses bureaux aux États-Unis. Le transfert d'argent vers des groupes antigouvernementaux n'a pas cessé, malgré l'adoption par l'Assemblée nationale du Venezuela, de la loi sur la souveraineté politique et l'autodétermination nationale à la fin de 2010, qui interdit purement et simplement le financement étranger des groupes politiques dans le pays. Des agences américaines et des groupes vénézuéliens qui reçoivent leur argent continuent en toute impunité de violer la loi. Depuis 2012, de 5 à 6 millions $ ont été inclus dans les budgets d'opérations à l'étranger de l'administration Obama pour financer des groupes d'opposition au Venezuela par le biais d'USAID,

La NED, une « fondation », créée par le Congrès en 1983 pour essentiellement faire le travail de la CIA ouvertement, a été l'un des principaux bailleurs de fonds de déstabilisation au Venezuela durant l'administration Chavez et maintenant contre le président Maduro. Selon le rapport annuel de 2013 de la NED, l'agence a acheminé plus de 2,3 millions $ vers des groupes et des projets de l'opposition vénézuélienne. Ce montant inclut 1 787 300 $ qui sont allés directement à des groupes antigouvernementaux au Venezuela, tandis que les autres 590 000 $ ont été distribués aux organisations régionales qui travaillent avec l'opposition vénézuélienne et la financent. Plus de 300 000$ ont été consacrés aux efforts pour développer une nouvelle génération de jeunes dirigeants qui s'opposent à la politique du gouvernement de Maduro.

Un des groupes financés par la NED pour travailler spécifiquement avec les jeunes est FORMA (http://www.forma.org.ve), une organisation dirigée par Cesar Briceño et liée au banquier vénézuélien Oscar Garcia Mendoza. Celui-ci dirige la Banco Venezolano de Crédito, une banque vénézuélienne qui a servi d'intermédiaire pour l'écoulement des dollars de la NED et d'USAID vers les groupes d'opposition au Venezuela, y compris Súmate, CEDICE, Sin Mordaza, Observatorio Venezolano de Prisiones et FORMA, parmi tant d'autres.

Une autre partie importante des fonds de la NED dédiés au Venezuela en 2013-2014 a été remise à des groupes et des projets au sein des médias qui dirigent la campagne visant à discréditer le gouvernement du président Maduro. Parmi les organisations médiatiques les plus actives à s'opposer ouvertement à Maduro et qui reçoivent des fonds de la NED se trouvent Espacio Publico, Instituto Prensa y Sociedad (IPYS), Sin Mordaza et GALI. Tout au long de l'année qui vient de s'écouler, une guerre médiatique sans précédent a été menée contre le gouvernement vénézuélien et directement contre le président Maduro, laquelle s'est intensifiée au cours des derniers mois de protestations.

En violation directe de la loi vénézuélienne, la NED a également financé la coalition de l'opposition, la Table de l'unité démocratique (MUD), par le biais de l'Institut républicain international (IRI) des États-Unis, grâce à une somme de 100 000 $ afin de « partager les leçons apprises [avec les groupes antigouvernementaux] au Nicaragua, en Argentine et en Bolivie ... et permettre d'adapter l'expérience vénézuélienne à ces pays ». En ce qui concerne cette initiative, le rapport annuel de 2013 de la NED stipule expressément son objectif: « Développer la capacité des acteurs politiques et de la société civile du Nicaragua, de l'Argentine et de la Bolivie à travailler sur des programmes nationaux axés sur les enjeux de leur pays respectif en utilisant les leçons apprises et les meilleures pratiques de leurs homologues vénézuéliens qui ont réussi. L'Institut va faciliter l'échange d'expériences entre la Table ronde pour l'unité démocratique au Venezuela et ses homologues en Bolivie, au Nicaragua et en Argentine. L'IRI va permettre à ses acteurs de se réunir grâce à une série d'activités adaptées qui permettront de transposer dans ces pays l'expérience vénézuélienne. »

L'IRI a aidé à bâtir les partis d'opposition de la droite, Primero Justicia et Voluntad Popular, et a travaillé avec la coalition antigouvernementale au Venezuela depuis la période précédant le coup d'État contre Chavez en 2002. En fait, le président de l'IRI à l'époque, George Folsom, a applaudi de l'étranger le coup d'État et a célébré le rôle de l'IRI dans un communiqué de presse affirmant que « L'Institut a servi de pont entre les partis politiques du pays et tous les groupes de la société civile pour aider les Vénézuéliens à se forger un nouvel avenir démocratique. »

Selon les détails fournis dans un rapport publié en 2010 par l'institut espagnol FRIDE, les organismes internationaux qui financent l'opposition vénézuélienne violent les lois de contrôle monétaire afin de faire parvenir leur argent aux bénéficiaires. Le rapport de FRIDE confirme aussi que la majorité des organismes internationaux, à l'exception de la Commission européenne, font parvenir des devises étrangères et l'échangent sur le marché noir, en violation flagrante de la loi vénézuélienne. Dans certains cas, comme le rapporte l'analyse de FRIDE, les organismes ouvrent des comptes bancaires à l'étranger pour les groupes vénézuéliens ou leur apportent de l'argent comptant. L'ambassade des États-Unis à Caracas pourrait également utiliser la valise diplomatique pour apporter dans le pays de grandes quantités de dollars et d'euros non comptabilisés qui sont ensuite remis illégalement à des groupes antigouvernementaux au Venezuela.

Ce qui ressort clairement c'est que le gouvernement des États-Unis continue d'alimenter les efforts de déstabiliser le Venezuela en violation flagrante de la loi. Des mesures juridiques et légales plus coercitives peuvent s'avérer nécessaires pour assurer la souveraineté et la défense de la démocratie au Venezuela.

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca