Le Marxiste-Léniniste

Numéro 68 - 16 mai 2014

Élection générale en Ontario: non au frauduleux programme d'austérité!

L'escroquerie du chef conservateur Tim Hudak
à propos d'«un million d'emplois»


Élection générale en Ontario: non au frauduleux programme d'austérité!
L'escroquerie du chef conservateur Tim Hudak à propos d'«un million d'emplois»
Le budget antisocial des libéraux - Dan Cerri
La lutte s'intensifie contre les coupures de prestations d'indemnisation 

Ajournement de l'Assemblée législative en Alberta: que nous réserve l'avenir?
La nécessité de la politique et des formes sociales indépendantes de la classe ouvrière
Campagne d'été pour discuter, s'organiser et lutter pour des pensions pour tous - Peggy Morton


Élection générale en Ontario: non au frauduleux programme d'austérité!

L'escroquerie du chef conservateur Tim Hudak
à propos d'«un million d'emplois»

L'insécurité économique, le manque d'emplois offrant un moyen de subsistance de standard canadien, est une préoccupation constante et sérieuse pour la majorité des Ontariens. Le nombre d'emplois créés chaque année n'est pas à la mesure de la croissance de la main-d'oeuvre. Selon les plus récentes statistiques, cinq ans après la récession de 2008-2009 le taux de chômage en Ontario est demeuré supérieur à 7 %, ce qui veut dire qu'environ deux millions de travailleurs ont connu le chômage depuis un an. Cela exerce une pression sur la sécurité d'emploi de tous les Ontariens.

Pour les travailleurs, le manque d'emplois est un incontournable dans l'élection provinciale mais les partis politiques dominants sont en déni de réalité ou refusent de s'attaquer au problème avec le sérieux qu'il faut. Au lieu de profiter de l'élection pour engager l'électorat dans une discussion sur les causes de la stagnation économique et des solutions, les libéraux, conservateurs et néodémocrates traitent les électeurs comme des crétins en leur racontant des boniments pour améliorer leurs chances électorales.

Le « plan pour créer un million d'emplois » du chef conservateur Tim Hudak et particulièrement éhonté à cet égard. D'abord ce n'est pas un « plan », c'est un slogan, une phrase. Les conservateurs prennent bien soin de rester vagues sur le sujet parce qu'ils savent qu'un examen des faits mènerait tout de suite à conclure que c'est une fraude.

On l'a vu lors des points de presse de la première semaine de la campagne électorale, quand Hudak a annoncé qu'un gouvernement conservateur créerait un million d'emplois. Il a expliqué qu'il le ferait en éliminant 100 000 emplois dans le secteur public, dont 19 000 enseignants et travailleurs de l'éducation, en changeant les règles sur la formation d'apprentis dans les métiers et en réduisant le taux d'imposition des sociétés à 8 %. Ces mesures peuvent tout au plus redistribuer les emplois existants parmi la classe ouvrière, mais elles n'en créeront pas de nouveaux. Elles vont en fait appauvrir l'économie.

L'approche des conservateurs et des autres partis dominants de l'Ontario sur la question du chômage massif chronique et l'insécurité d'emploi montre qu'ils ne sont pas capables de résoudre ces problèmes, ni intéressés à le faire. Ce sont les travailleurs qui subissent les conséquences de ces problèmes et c'est à eux de profiter des élections pour organiser une discussion sérieuse au sein de l'électorat sur le besoin de trouver une nouvelle direction à donner à l'économie. Comme contribution à cette discussion, Ontario Political Forum examinera l'escroquerie du « plan pour créer un million d'emplois » de Tim Hudak.

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Le budget antisocial des libéraux

Le ministre des Finances de l'Ontario Charles Sousa a déposé son budget le 1er mai. Un débat s'est tout de suite engagé à savoir si le budget est « progressiste » parce qu'il contiendrait quelques mesures «positives » mais tout cela est une diversion. La chef libérale Kathleen Wynne et les libéraux ne vont pas abandonner l'austérité et son corollaire la privatisation. Le budget en fait foi.

Le budget de cette année poursuit dans la voie des recommandations de la Commission Drummond, surtout en ce qui concerne l'imposition d'encore plus d'austérité. Sousa a clairement dit que les services publics vont continuer d'être au centre des mesures d'austérité dans les années à venir. Il a dit: « Le gouvernement provincial entend établir une cible annuelle d'économies découlant de l'examen des dépenses de programmes. Cette cible est établie à 250 millions $ pour 2014-2015 et à 500 millions $ par exercice pour 2015-2016 et 2016-2017. Pour fixer la cible, on visera à maintenir ou à améliorer la prestation des services publics tout en réduisant les coûts qui ne sont pas essentiels à la prestation d'un service. » Les travailleurs du secteur public savent par expérience que cela veut dire encore plus d'attaques contre leurs salaires et conditions de travail.

Sousa a mentionné spécifiquement comment son gouvernement entend imposer l'austérité dans le domaine de la santé en poursuivant la transition d'une formule de financement garanti vers une formule basée sur la performance. « L'Ontario entame la troisième année d'une grande réforme du mode de financement du secteur de la santé pour passer d'une approche de financement global fondée sur le fournisseur à une approche davantage axée sur la personne et sur les activités pour les hôpitaux, les foyers de soins de longue durée et les centres d'accès aux soins communautaires. » C'est cette même approche justifiant l'austérité qui a mené à la fermeture de programmes et services publics et à leur prise en main par le privé.

« Dans le cadre de la réforme, d'ajouter Sousa, les budgets des hôpitaux seront établis de façon à ce que 30 % de leur financement soit fondé sur les types et le volume des services et traitements qu'ils dispensent, à un prix établi selon des pratiques optimales qui ont fait leurs preuves, compte tenu de la complexité des procédures et des besoins des patients. Les hôpitaux ont avantage à considérer attentivement la façon dont les services sont fournis et ce qu'ils coûtent, et à en améliorer l'efficience et la qualité afin de pouvoir dispenser les traitements au prix correspondant aux pratiques optimales. » Ce sont les travailleurs d'hôpitaux qui vont faire les frais de cette attaque renouvelée contre le secteur de la santé par des surcharges de travail, des heures plus longues et le stress physique et mental qui en découle.

Sousa a parlé de la nécessité de contrôler les salaires dans le secteur public et en particulier du personnel cadre qui est en place depuis longtemps, mais c'est une façon de demander à tous les travailleurs d'accepter des reculs dans leurs salaires et avantages sociaux. « Le gouvernement a présenté le projet de loi 179, la Loi de 2014 sur la responsabilisation et la transparence du secteur public et des députés. Si elle était adoptée, cette loi donnerait au gouvernement le pouvoir d'établir des cadres de rémunération, comprenant des plafonds sectoriels obligatoires. [...] Le gouvernement [...] a proposé le projet de loi 177, la Loi de 2014 sur le gel des traitements des députés, afin de prolonger le gel des traitements des députés provinciaux jusqu'à ce que l'équilibre budgétaire soit atteint. Le traitement des députés provinciaux est gelé depuis 2009. Si cette loi était adoptée, le gel des traitements pourrait durer jusqu'à ce que l'équilibre budgétaire soit atteint en 2017-2018 et confirmé dans les Comptes publics de cet exercice. Nous allons continuer de rendre les agences plus redevables de façon à contrôler les coûts dans toutes les sphères d'activité du gouvernement. »

Encore plus de privatisation pour payer les riches

Le budget propose plusieurs façons de « transformer » la façon dont les services publics sont dispensés en les confiant aux intérêts privés au nom de « l'efficience ».

« L'Ontario continuera de mettre en oeuvre et, dans certains cas, d'accélérer les initiatives de transformation qui ont eu pour effet d'accroître l'efficience et l'efficacité. Le gouvernement entend continuer sur sa lancée dans ses efforts constants pour transformer les services publics en changeant la façon dont les programmes et les services sont dispensés, afin de garantir des résultats et un meilleur rendement pour les deniers publics investis. » C'est un langage codé pour faire dispenser encore plus de services par les partenariats public-privé (les PPP). L'ex-ministre des Finances Dwight Duncan a parlé clairement de la nécessité d'accroître les PPP en tant que co-président d'un panel de la Chambre de Commerce de l'Ontario-KPMG-Maximum Canada qui a récemment remis son rapport intitulé « Libérer le potentiel de l'économie du service public: Une approche nouvelle des services fournis en PPP ». Parlant de ce qu'il appelle un niveau de dette « monstrueux » et du besoin de trouver des façons moins chères de dispenser les services, Duncan a dit que peu importe qui formera le nouveau gouvernement, il devra se pencher sur cette approche le plus tôt possible.

Le budget propose des façons d'accroître les projets en PPP par le biais du Modèle de diversification des modes de financement et de l'approvisionnement que le gouvernement présente comme le modèle propre à l'Ontario pour dispenser les projets d'infrastructure. Le budget poursuit aussi dans la voie de l'annonce faite par le gouvernement de l'Ontario qu'il va « dégager la valeur des biens provinciaux », par exemple en vendant les actions de GM que détient l'Ontario, et possiblement d'autres biens du gouvernement, y compris les avoirs immobiliers et les sociétés de la Couronne telles que l'Ontario Power Generation, Hydro One et la Régie des alcools de l'Ontario. « Cela ne veut pas nécessairement dire que nous les vendrons, de dire Sousa. Pour dégager la valeur optimale de ces biens, on pourra notamment améliorer leur efficience et leur rendement. » Sousa a ajouté que le gouvernement est à examiner d'autres façons de maximiser ce qu'il appelle l'efficience des avoirs publics. Il a parlé de «panels d'experts » dont un qui existe déjà et a pour mandat d'examiner les avoirs publics et qui est présidé par l'ancien président et PDG, maintenant à la retraite, du TD Bank Group, Ed Clark.

Le budget indique clairement quelle direction les libéraux proposent pour l'Ontario qui ressemble à s'y méprendre à celle suivie par McGuinty et Duncan. C'est encore plus d'austérité pour le peuple en même temps que les libéraux veulent dépenser plus de fonds publics dans les projets de livraison des services publics en partenariat avec les intérêts privés.

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Justice pour les travailleurs accidentés

La lutte s'intensifie contre les coupures
de prestations d'indemnisation

Le 9 mai, le Réseau ontarien des groupes de travailleurs accidentés (le ONIWG) tenait le premier d'une série de trois piquets d'information devant les bureaux du ministère du Travail. Y ont participé des travailleurs accidentés de Toronto et des délégations du Syndicat des Métallos et du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario. Les travailleurs accidentés veulent ainsi dénoncer les coupures de prestations qui sont mises de l'avant par la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail (le WSIB) par le biais de son Examen des politiques d'indemnisation. Ils veulent notamment informer le public de la décision récente du WSIB de réduire ou éliminer les prestations d'indemnisation basées sur les « troubles préexistants » et l'âge.

À leur arrivée, les travailleurs se sont fait dire que, après 20 ans de rassemblements devant les bureaux du ministère, on leur refusait dorénavant de se tenir en haut des escaliers menant aux bureaux pour y tenir leurs actions. Comme si ce n'était pas déjà un travesti de justice de les obliger à tenir des piquets pendant 20 ans pour obtenir justice ! Karl Crevar, un ancien membre de l'exécutif du réseau, a dit que ces piquets sont une façon pour les travailleurs accidentés de réclamer leurs droits. « Je trouve ça outrageant et renversant, a-t-il dit. Les représentants du ministère oublient qu'ils louent ces bureaux à même l'argent des payeurs de taxes. En dépit de cela, on se fait dire qu'on ne peut plus parler à nos gens et informer le public de ce qui se passe du haut de ces escaliers. C'est juste une autre façon d'essayer de mettre sous le tapis les problèmes que vivent les travailleurs accidentés et les familles dans cette province. » Il a ajouté que ce piquet sera suivi d'un piquet par semaine jusqu'à la Journée des travailleurs accidentés le premier juin à Queens' Park.

Les travailleurs portaient des pancartes sur lesquelles on lisait: « Pas de paix sans justice ! », « Nous ne sommes pas ici pour demander une faveur ! », « Justice pour les travailleurs accidentés » et « Congédiez le PDG du WSIB David Marshall ! Engagez des travailleurs accidentés ! » Ils se sont engagés à faire entendre la voix des travailleurs accidentés pendant la campagne électorale en cours.

Un des orateurs principaux à l'action a été Peter Page, l'ancien président de ONIWG qui a parlé de la création d'un fonds légal de défense des travailleurs accidentés. Il a dit que le fonds est créé en réponse aux plus récentes attaques contre le droit des travailleurs accidentés à leurs prestations d'indemnisation. Il a parlé de la lettre ouverte qu'il a écrite récemment au sujet des attaques renouvelées qui sont faites contre les travailleurs accidentés sous la direction du PDG et de la présidente du WSIB au nom du déficit de capitalisation de la Commission, lequel est devenu un problème uniquement après que le gouvernement Harris ait gelé le taux des primes payées par les employeurs à la fin des années 1990. Dans cette lettre, il dénonce les coupures et éliminations de prestations d'indemnisation comme une attaque aux droits humains des travailleurs accidentés, une attaque qui va si loin que ceux-ci doivent maintenant compter sur l'aide sociale ou la pension d'invalidité du Régime de pensions du Canada pour survivre. Il y écrit que si les politiques qui sont proposées par le gouvernement au sujet des « troubles préexistants » et de l'âge sont mises en oeuvre, les travailleurs accidentés vont être systématiquement blâmés pour leur condition et leurs prestations coupées d'autant et il a demandé que les travailleurs accidentés reçoivent les prestations qui leur reviennent de droit quelque soit leur âge ou les autres facteurs qui peuvent les rendre plus vulnérables aux accidents.

Le Réseau ontarien des groupes de travailleurs accidentés appelle tous les travailleurs accidentés, les syndicats, les cliniques juridiques et tous les activistes qui les appuient à l'aider à amasser de l'argent pour le Fonds légal de défense. Celui-ci servira à faire de la défense collective par des recours collectifs ou des contestations en vertu de la Charte contre la violation des droits humains des travailleurs accidentés.

Les chèques doivent être faits au ONIWG Legal Defence Fund et envoyés à ONIWG Legal Defence Fund 203-620 Concession Street, Hamilton, ON, L8V 1B6.

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Ajournement de l'Assemblée législative en Alberta: que nous réserve l'avenir?

La nécessité de la politique et des formes sociales indépendantes de la classe ouvrière

Le gouvernement conservateur de l'Alberta s'est servi de sa majorité pour ajourner la 28e législature de l'Alberta le 8 mai, trois semaines à l'avance, pour donner libre cours à la lutte à la chefferie du Parti progressiste conservateur de l'Alberta. L'Assemblée législative ne s'est réunie que pour un total de 27 jours. La session d'automne débutera le 27 octobre et les sessions législatives ne dureront que 20 jours. Entre-temps, il y aura nomination et élection du nouveau chef du parti conservateur, qui sera alors assermenté en tant que premier ministre.

La démission d'Alison Redford en tant que première ministre et chef conservatrice est une indication de la concurrence féroce qui déchire les intérêts privés monopolistes et comment ceux-ci s'arrachent l'élite dominante. La lutte sans merci pour le contrôle des ressources, l'autorité publique et la richesse produite par les travailleurs de l'Alberta s'exprimera dans la lutte pour le contrôle du Parti conservateur. Tout indique que les barons du pétrole de Calgary ont choisi Jim Prentice, un ancien ministre du gouvernement Harper, pour être à la tête du Parti conservateur, et l'argent roule à nouveau allègrement dans les coffres de ce parti.

La lutte s'intensifie donc pour le contrôle du Parti conservateur et pour choisir un premier ministre ainsi qu'un grand champion des monopoles mondiaux de l'énergie. Il y a nécessité pour la classe ouvrière de faire le bilan de sa propre expérience afin de planifier pour l'avenir.

Selon certains commentateurs, Alison Redford avait été élue par une « coalition progressiste » qu'elle aurait trahie en ne respectant pas ses promesses. Peut-on vraiment prétendre que les électeurs ayant voté pour Redford dans le but de bloquer le Wildrose Party formaient une « coalition progressiste » ? La principale caractéristique d'une coalition est d'être un ensemble de gens, de groupes ou de pays s'étant regroupés pour une cause commune, ou encore, une alliance temporaire dans le but d'une action commune, en parlant tout particulièrement de partis politiques formant un gouvernement. En d'autres mots, chaque partenaire au sein de la coalition a un mot à dire sur l'ordre du jour aussi longtemps que dure la coalition. Il est évident qu'il n'y a pas de telle « coalition progressiste » pour bloquer le Wildrose.

Il n'y a pas d'objectif commun entre l'élite dominante, qui contrôle le Parti conservateur et Wildrose, et la classe ouvrière de l'Alberta. Le but des riches est de trouver les moyens d'imposer l'ordre du jour d'austérité et de privatisation néolibéral et antisocial. Il défend les intérêts privés des monopoles et va contre les intérêts publics de la classe ouvrière et d'autres sections du peuple.

L'ordre du jour néolibéral comprend aussi en ce moment faire approuver de force les nouveaux oléoducs, trouver des marchés pour les produits du pétrole, principalement à l'état brut, construire des terminaux pour le gaz liquide naturel, augmenter l'investissement étranger dans l'extraction et le transport de matières premières et annexer davantage le Canada aux États-Unis des monopoles de l'Amérique du Nord. Il s'agit aussi d'intégrer le Canada à la machine de guerre des États-Unis, dans leurs préparatifs de guerre et dans leurs aventures militaires actuelles. C'est une offensive antisociale au service des monopoles les plus puissants visant à détruire la base industrielle, les services publics et les infrastructures sociales du Canada et à déchaîner des assauts à répétition contre les droits, les salaires, les avantages sociaux et les régimes de retraite des travailleurs.

On ne peut être progressiste dans de telles conditions à moins d'organiser et de lutter pour restreindre les monopoles mondiaux et leurs politiciens et les priver de leur capacité de faire comme bon leur semble. Pour ce faire, il faut organiser pour les empêcher d'attaquer l'intérêt public avec impunité, il faut avant tout lutter pour que le peuple se dote du pouvoir et du droit de décider. C'est une question de renouveler le processus démocratique.

Dans cette lutte, l'opposition ouvrière met de l'avant sa propre alternative prosociale à la destruction nationale, et de plus en plus de personnes se mettent en action à la défense de leurs droits et de l'intérêt public. Les travailleurs du secteur public, avec l'appui de tous les travailleurs, ont été très actifs à rejeter le programme d'austérité. La classe ouvrière dit Non ! au programme de salaires de famines de Harper. Les Premières Nations réclament leurs droits et affirment leur souveraineté et le droit d'avoir un mot à dire sur comment la Terre Mère est traitée et sa richesse distribuée. Des gens de tous les milieux, scientifiques, médecins, jeunes et autres, exigent que les monopoles n'aient plus carte blanche pour malmener la Terre Mère en lui retirant le bitume à des vitesses inouïes. Les travailleurs et leurs alliés demandent une nouvelle direction pour l'économie.

La classe ouvrière a le nombre et la conviction prosociale nécessaires pour défendre l'intérêt public, consolider la volonté populaire, se doter du pouvoir et en finir avec ce diktat et cette destruction nationale des monopoles et leur contrôle direct des gouvernements et de leurs agences d'État.

L'obstacle à l'épanouissement du nouveau est le manque d'organisation, la vieille façon de penser et la perspective démodée dans laquelle le peuple doit compter sur les riches pour sa pensée, ses organisations et sa politique. Les représentants des monopoles et les riches disent au peuple quoi penser et quoi faire avec leurs commentaires et leurs analyses télévisés sans fin. Le point de départ est de fermer la télé et de commencer à penser par nous-mêmes, à discuter parmi nous, à analyser par nous-mêmes les conditions concrètes telles qu'elles sont et non telles qu'elles nous sont servies et à nous organiser par le biais de nouvelles formes sociales adaptées aux conditions modernes.

Les travailleurs et leurs alliés défendront de toutes leurs forces un ordre du jour et des formes sociales qu'ils ont eux-mêmes contribué à développer, à établir et à organiser. L'habilitation du peuple incarnée en une forme sociale organisée créera un momentum pour bâtir le nouveau qui ne sera pas arrêtable.

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Campagne d'été pour discuter, s'organiser et lutter pour des pensions pour tous

Cet été, des audiences publiques auront lieu sur le projet de loi du gouvernement sur les pensions, ce qui crée la possibilité de développer une vaste campagne pour défendre les pensions que nous avons et lutter pour des pensions pour tous. Une discussion dans tous les endroits de travail quant à la manière de renforcer la campagne veillera à ce que le plein poids des organisations de travailleurs et la conscience soient mises à contribution pour poursuivre et élargir cette lutte. C'est un excellent moment pour tout mettre en oeuvre pour que la demande pour la sécurité à la retraite demeure un droit que les gouvernements doivent garantir.

Dans ce contexte, des propositions concrètes pour renforcer les régimes de retraite du secteur public doivent être discutées. Deux demandes immédiates sont: Arrêter la privatisation des services publics et des programmes sociaux ! Rétablir les services privatisés en tant qu'entreprises publiques ! Mis à part le reste, la privatisation divise la classe ouvrière et affaiblit ses régimes de retraite à prestations déterminées, rendant les travailleurs individuels vulnérables aux pratiques frauduleuses telles que les plans d'épargne « ciblés » et l'extrême pauvreté à la retraite. Faire marche arrière sur le programme rétrograde néolibéral de privatisations augmenterait le nombre des travailleurs actifs dans le secteur public ainsi que des participants à leurs régimes à prestations déterminées. Non seulement plus de travailleurs auront plus de sécurité à la retraite mais avec plus de participants actifs, les régimes de retraite se stabiliseraient.

Fournir aux travailleurs actifs plus de sécurité d'emploi dans le secteur public et augmenter le nombre d'emplois équivalents à temps plein (ETP), où les travailleurs veulent travailler à temps plein, sont des moyens de renforcer les régimes de retraite. Pourquoi les employeurs du secteur public seraient-ils autorisés à afficher des emplois quand l'ETP est conçu de manière à les rendre inéligibles pour les pensions et les avantages sociaux, par exemple au lieu d'afficher un poste à 0,4 ETP il est présenté comme un poste à 0,39 ETP ? Quel serait l'effet d'augmenter le nombre d'emplois à temps plein pour tous les travailleurs qui veulent travailler à temps plein ? Combien de travailleurs se voient retarder l'accès aux régimes de retraite existants en raison de l'utilisation de postes temporaires et occasionnels pour ce qui est ou devrait être du moins un travail permanent ? Quels changements peuvent être faits qui assureront la sécurité d'emploi maintenant et la sécurité à la retraite pour l'avenir ?

Les retraités et leur famille doivent être impliqués dans cette lutte. Ils doivent être informés que si le gouvernement va de l'avant avec ses « réformes », leurs pensions seront moins sûres et les directions des régimes de pension pourront être contraintes de réduire leur indexation au coût de la vie ou même la pension de base.

La sécurité à la retraite nous concerne tous. Les régimes ou plans d'épargne comme substitut des régimes de retraite sont une fraude et sont rétrogrades. Ils forcent les travailleurs à mettre en commun leurs économies pour que cela devienne du capital social, ce qui est ensuite volé et abusé par l'oligarchie financière internationale. Aucune indemnité de départ à la retraite n'est garantie avec des plans d'épargne.

Un aspect important est d'élargir la lutte pour y inclure les pensions pour tous. Le gouvernement de l'Alberta doit être contraint de soutenir un régime de pensions du Canada élargi pour assurer dans un premier temps la sécurité à la retraite pour tous. Les audiences publiques sont l'occasion d'impliquer tout le monde dans cette discussion et dans la campagne pour les pensions du Congrès du travail du Canada, La sécurité des retraites pour tous !

En tant que plus grande force organisée, les travailleurs du secteur public doivent parler au nom des travailleurs du secteur privé, en particulier ceux qui n'ont pas les syndicats. L'antisocial projet de loi 10 permettra aux employeurs de détruire de façon rétroactive les régimes à prestations déterminées et de les transformer en plans d'épargne ciblée, sans pension de retraite garantie, augmentant ainsi l'insécurité durant la retraite.

Le contraire du projet de loi 10 doit être réalisé, ce qui signifie forcer les employeurs du secteur privé, en particulier les plus grands, à avoir tous leurs employés inscrits à un régime provincial (ou fédéral) de retraite à prestations déterminées. Les régimes de retraite publics et privés à prestations déterminées doivent être garantis par une réclamation au produit social annuel de la province, ce que le gouvernement fédéral doit mais refuse de faire parce qu'il est antisocial, antiouvrier et dominé par les intérêts privés des monopoles.

La discussion sur la façon de résoudre le problème de la retraite doit se faire sur la place publique sans s'écarter de sa ligne directrice fondamentale, que la sécurité à la retraite est un droit. Il est ridicule de suggérer que la société canadienne est incapable de fournir ce droit avec une garantie et que les personnes âgées doivent être obligées de se débrouiller elles-mêmes et de faire face à la pauvreté et à l'insécurité durant la vieillesse.

Notre sécurité est dans la lutte pour la défense des droits de tous !
Faisons-le par la discussion, l'organisation et la résistance !

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