Le Marxiste-Léniniste

Numéro 61 - 5 mai 2014

27e Assemblée nationale du Congrès du travail du Canada

Le plus grand rassemblement
de l'histoire de la centrale


Montreal le 5 mai 2014

27e Assemblée nationale du Congrès du travail du Canada
Le plus grand rassemblement de l'histoire de la centrale - Louis Lang

Premier Mai 2014
Des actions à travers le Canada


27e Assemblée nationale du Congrès du travail du Canada

Le plus grand rassemblement
de l'histoire de la centrale

La 27e Assemblée nationale du Congrès du travail du Canada (CTC) s'est ouverte à Montréal ce matin le 5 mai et se poursuit jusqu'au 9 mai.

Tout indique que ce sera la plus grande assemblée de l'histoire de la centrale. Plusieurs syndicats affiliés se sont mobilisées pour envoyer des délégations plus nombreuses que par les années passées.

Cela ne devrait pas surprendre puisque les travailleurs partout au Canada subissent une offensive sans précédente contre leurs droits par les grandes entreprises et les gouvernements à tous les niveaux. Le gouvernement Harper en tête, les gouvernements du pays adoptent l'une après l'autre des lois pour nier aux travailleurs leur droit à des salaires et un moyen de subsistance adéquats et à des conditions de travail convenables. Les luttes menées dans le cadre de la négociation collective sont criminalisées de façon routinière et la liberté d'association est la cible d'attaques des gouvernements provinciaux et du gouvernement conservateur de Stephen Harper. Des lois sur les travailleurs étrangers temporaires soumettent les immigrants les plus vulnérables à une exploitation brutale avec comme objectif d'éliminer les droits de tous les travailleurs canadiens. Il est important aussi de mentionner la lutte qui se mène contre les atteintes au droit de recevoir des prestations d'assurance-emploi et les luttes quotidiennes des travailleurs accidentés pour obtenir les indemnisations auxquelles ils ont droit.

On pourrait citer beaucoup d'autres exemples qui montrent que l'offensive antisociale des classes dominantes crée une situation urgente qui doit devenir la préoccupation première de toutes les organisations de la classe ouvrière.

Mais le plus surprenant est que cette situation ne semble pas avoir été la préoccupation principale du CTC ou de certains syndicats affiliés dans leurs préparations pour ce congrès. Les efforts de mobilisation pour envoyer le plus grand nombre de délégués ont dans bien des cas davantage à voir avec la crise au sein de l'exécutif national de la centrale. On sait maintenant que le leadership du président national sera contesté le jour de l'élection par l'actuel secrétaire-trésorier. D'autres syndicats ont aussi récemment indiqué leur intention de présenter des candidats pour les deux autres postes de vice-présidence.

Ces élections ont lieu à chaque congrès mais la différence est que cette année on assiste à une désintégration et à un factionnalisme ouvert au sein de la direction nationale et parmi certains des plus grands syndicats affiliés.

Cela rendra le travail des délégués très difficile. L'expérience nous dit que beaucoup de travailleurs viendront au congrès parce qu'ils veulent s'attaquer aux problèmes dans leur région. Le plus important de ces problèmes à résoudre pour la vaste majorité des délégués est comment s'organiser pour se défendre contre le déferlement brutal de l'offensive antisociale. Le danger évident pour les délégués est que la difficile discussion sur ces problèmes et la façon de les surmonter soit détournée par la ferveur électorale qui est déjà commencée.

Pour ramener aux membres des résultats positifs de ce congrès, les délégués doivent insister qu'il y ait discussion sur la situation réelle à laquelle les travailleurs canadiens sont confrontés. Ils doivent discuter pleinement du thème principal de l'Assemblée, qui est également la base de la campagne du CTC depuis deux ans, à savoir : «Ensemble pour un monde plus juste».

Cette campagne du CTC pour «un monde plus juste» contribue-t-elle à faire avancer la résistance à l'offensive antisociale et aide-t-elle les travailleurs à faire valoir un programme pro-social indépendant, ou sert-elle à convaincre les travailleurs d'accepter les choses comme elles sont et de limiter leurs demandes à des plaintes sur la façon dont ils sont traités?

Voilà la discussion qui doit avoir lieu avant les élections, pour qu'on puisse tracer une voie indépendante pour les travailleurs.

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Premier Mai 2014

Des actions à travers le Canada

Des actions ont eu lieu à travers le Canada pour maquer le Premier Mai 2014 dans l'esprit de l'unité combattante et de la détermination à arrêter la destruction nationale du gouvernement Harper et des gouvernements à tous les niveaux et à faire échec au programme d'austérité qui est imposé au travailleurs partout.

Montréal

Plus de 5000 personnes ont pris part à la manifestation du Premier Mai à Montréal qui s'est tenue en soirée sous le thème: « Contre les politiques d'austérité, contre-attaquons ! ». Au Québec cette année, le Premier Mai a eu lieu 3 semaines après l'élection générale du 7 avril où les forces de l'establishment fédéral ont manoeuvré pour obtenir un gouvernement libéral majoritaire. Elles disent maintenant que les Québécois ont « rejeté la souveraineté » et « choisi l'économie » et par « économie » on entend l'ordre du jour d'austérité. En ce Premier Mai, les travailleurs ont exprimé leur ferme rejet de cet ordre du jour et leur détermination à le bloquer.

À la tête de la marche venaient les travailleurs des postes qui se battent contre la destruction du service par le gouvernement Harper et les dirigeants de Postes Canada et défendent le service postal public. Suivaient les travailleurs de Radio-Canada dénonçant le démantèlement de cette institution publique et demandant un moratoire sur les compressions budgétaires que le gouvernement Harper a annoncées pour la société d'État. Ils étaient suivis des fonctionnaires québécois et d'autres travailleurs du secteur public et des travailleurs du secteur manufacturier, métallos, construction, pâtes et papiers, travailleurs de plusieurs petites usines manufacturières de Montréal. Les étudiants étaient présents de même que des activistes de nombreuses organisations communautaires qui défendent les plus vulnérables de la société, des organisations à la défense d'un statut pour tous et plusieurs autres. Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) y avait un contingent regroupé autour de sa bannière appelant à une nouvelle direction pour le Québec, à arrêter de payer les riches et augmenter les investissements dans les programmes sociaux. Les activistes du PMLQ ont distribué la déclaration du Premier Mai du parti qui appelle les travailleurs à faire échec au programme d'austérité néolibéral et à bâtir l'alternative pro-sociale. La déclaration a eu un très bon accueil.

Le manifestation était sobre et militante, les travailleurs sont déterminés à mener la bataille qui est devant eux.










La manifestation de la Convergence anticapitaliste
est la cible de brutalité policière


La police de Montréal a brutalement attaqué la manifestation du Premier Mai organisée par la Convergence anticapitaliste. C'était un autre exemple de comment la police se sert des règlements municipaux pour attaquer les manifestants. La police avait mise en souricière et arrêté 132 manifestants à peine quelques minutes après le début de la marche. Ces derniers ont reçu des amendes pour infraction aux règlements municipaux allant jusqu'à 640$ et cinq personnes ont été arrêtées et font l'objet d'accusations de méfaits et d'assaut contre un policier. Quatre des manifestants ont dû être hospitalisés.

Québec

Environ 300 personnes ont marché jusqu'à l'Assemblée nationale pour protester contre le programme d'austérité du gouvernement du Québec. La marche était organisée par la Coalition pour la justice sociale. Les participants avaient surtout à l'esprit le budget que se prépare à déposer le gouvernement libéral majoritaire avec ses nouvelles compressions dans les services publics. «Il n'y a plus de place pour faire des coupures dans les services publics», a dit un participant. «Nous savons qu'avec le discours sur l'austérité ils vont mettre le fardeau sur le dos des pauvres et des vulnérables, ceux qui ont déjà de la difficulté à subvenir à leurs besoins.»

Une représentante de la CSN a dit que la centrale fera tout en son pouvoir pour faire échec au programme d'austérité. «Ça va être un été chaud, ça va être un automne chaud et ça va être plusieurs années qui vont être chaudes. Ce n'est pas vrai qu'on va accepter ce discours-là.»

Halifax

Il y a eu une ligne de piquetage devant l'assemblée législative de la Nouvelle-Écosse à Halifax le Premier Mai organisé par «le Comité omnibus du Premier Mai». Parmi les orateurs il y avait des représentants du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, du comité «No Habour for War», du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) et plusieurs individus. Ils ont parlé du besoin de défaire Harper et de la longue et fière tradition du Premier Mai en tant que journée internationale de lutte et de solidarité de la classe ouvrière.

Ottawa

Plus de 600 personnes ont marché dans les rues du centre-ville d'Ottawa pour dénoncer les coupures dans les services publics et protester contre les mesures d'austérité imposées par les gouvernements à tous les niveaux. Des travailleurs de plusieurs secteurs, dont le transport, la fonction publique, l'éducation et les postes, ainsi que des organisations des Premières Nations, des associations étudiantes et des organisations communautaires ont marché sous la bannière: «Arrêtez les coupures! Solidarité contre l'austérité!»

Un contingent d'environ 100 fonctionnaires, enseignants et étudiants de Gatineau, qui avait traversé le pont, est venu rejoindre la manifestation en marche vers la colline du parlement.

Devant le bureau du premier ministre sur la rue Wellington, des représentants des étudiants, des travailleurs du secteur public, des postiers et des Premières Nations ont dénoncé le gouvernement conservateur de Stephen Harper pour ses attaques contre les travailleurs partout au pays. Ils ont dénoncé l'attaque contre les travailleurs des postes et l'élimination du courrier à domicile pour la vaste majorité des Canadiens en faveur de la privatisation des services les plus payants, au profit de monopoles privés. Ils ont également parlé des frais de scolarité aux études post-secondaires et du besoin de hausser le salaire minimum.

Un groupe de la première nation algonquine a battu les tambours et entonné des chants traditionnels pour souhaiter la bienvenue aux manifestants sur leur territoire.





Toronto

Le Premier Mai à Toronto a commencé avec une ligne de piquetage sur l'heure du midi devant l'Hôtel Royal York où le PDG de Postes Canada Deepak Chopra s'adressait aux membres du Canadian Club sur «la transformation du service postal», l'expression utilisée pour parler de la destruction du service public.

Des membres de syndicaux locaux de travailleurs des postes ont distribué un tract informant le public de l'importance de combattre les compressions dans le service postal au Canada et les attaques contre les conditions de travail et les salaires. Ils ont souligné que loin de résoudre les problèmes du service postal, la remise des avoirs publics à des intérêts privés mènera à l'élimination de milliers d'emplois, à l'élimination des services en région et à l'augmentation des coûts.

En après-midi, environ mille personnes ont participé à la marche annuelle du Premier Mai. La vaste majorité des participants étaient des jeunes. Tous y étaient avec leurs bannières et leurs demandes. Ils ont également exprimé leur appui au droit souverain du peuple vénézuélien de décider de ses affaires et exigé la libération des cinq combattants antiterroristes cubains. Un contingent du PCC(M-L) y a participé sous la bannière: «Arrêtez de payer les riches, augmentez les investissements dans les programmes sociaux» et distribué le numéro de mai du Workers' Forum.





Hamilton

Environ 250 travailleurs ont participé aux activités du Premier Mai à Hamilton qui ont commencé par un rassemblement devant les clôtures de la compagnie Max Aicher North America. Il y a eu plusieurs intervenants, dont plusieurs représentants des métallos, le maire de Hamilton et des conseillers municipaux responsables du comité chargé d'examiner les plans de US Steel de fermer ses portes.

Le dernier intervenant était Rolf Gerstenberger, président de la section locale 1005 du Syndicat des métallos. Il a dit qu'à l'occasion du Premier Mai «nous lançons l'appel à tous d'exiger des gouvernements qu'ils défendent le droit public, pas le droit de monopole». Les gouvernements doivent garantir les droits des travailleurs, des aînés et des jeunes, a-t-il ajouté, et «l'expérience nous montre que les choses empirent rapidement quand les travailleurs ne se battent pas directement pour un programme qui défend leurs intérêts».


London


Windsor

Environ 200 personnes de tous les milieux ont participé à la marche du Premier Mai à Windsor. Un membre du comité organisateur a expliqué que le thème des droits a été choisi cette année pour dire que les droits des travailleurs, loin d'être le problème et loin d'être ce qui retient l'éconmie, sont la condition pour le progrès de l'économie et la construction d'un avenir brillant pour tous.

La marche a été ouverte par un grand contingent de travailleurs des postes. Ont suivi des contingents d'enseignants et travailleurs de l'éducation, travailleurs de la santé, travailleurs de l'automobile, employés municipaux et étudiants des niveaux secondaire, collégial et universitaire, de retraités et d'activistes communautaires.

La marche s'est terminée avec un spectacle où on a rendu hommage à des personnages importants de la lutte de la classe ouvrière pour ses droits, y compris une recréation du massacre de Haymarket et du procès qui a suivi présentée par les travailleurs industriels, des chants dédiés à la lutte des enseignants et des travailleurs de l'éducation, un discours d'un jeune sur la signification du Premier Mai et une interprétation émouvante du chant «We Only Want the Earth» du patriote irlandais James Connolly par des activistes du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste).







Saskatoon


Edmonton







Calgary





Prince George

Le banquet annuel du Premier Mai de Prince-George, en Colombie-Britannique, a été un franc succès. Plus de 130 travailleurs y ont participé, représentant 17 syndicats et autres organisations. C'était la participation la plus nombreuse depuis le début de cette tradition il y a cinq ans.

Plusieurs secteurs étaient représentés, notamment l'industrie forestière, la construction, les services publics, l'éducation et les postes. La célébration a commencé par moment de silence en l'honneur des travailleurs tués à la scierie de la Western Forest Productions à Nanaimo la veille.

Un des thèmes de la soirée était la nécessité que les travailleurs s'activent politiquement, entre autres dans les élections municipales et fédérales, en plus d'intensifier leur résistance à l'offensive antisociale et antiouvrière.

Vancouver

Quelque 250 travailleurs, jeunes et aînés ont marché sous des bannières syndicales et politiques dans le centre-ville de Vancouver. Lillian Rose Howard, travailleuse à la retraite et activiste de longue date de la nation Nuu-chah-nulth, a parlé de la lutte pour les droits des Premières Nations et des travailleuses. Il a déclaré que les pipelines Enbridge et Kinder-Morgan peuvent être arrêtés.

Après la marche, une trentaine de personnes se sont rassemblées au centre communautaire de Trout Lake pour une discussion sur le Premier Mai. Charles Boylan a ouvert la rencontre avec une revue des principales luttes de résistance en Colombie-Britannique, comme par exemple la lutte des camionneurs qui ont réussi à faire plier l'autorité portuaire et le gouvernement provincial avec leur grève pour de meilleures conditions de travail. Des travailleurs du rail et de la construction ont parlé de la nécessité de tenir les gouvernements responsables pour la santé et la sécurité des travailleurs. Des travailleurs de la santé ont parlé de la résistance à l'offensive antisociale. Deux invités du consulat du Venezuela ont parlé de ce qui se passe dans leur pays présentement où les travailleurs sont descendus en masse dans la rue pour affirmer leur révolution et soutenir leur gouvernement révolutionnaire.

(V. Penney, R. Devet, SCFP 4628, A. Querry, G. Gray, D. Blackport, UNA,)

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