Le Marxiste-Léniniste

Numéro 54 - 21 avril 2014

Pour trouver une voie vers l'avant dans
l'industrie forestière en Colombie-Britannique

Des forums affirment la nécessité d'investir le peuple du pouvoir de défendre l'intérêt public


Prince George, 12 avril 2014

Pour trouver une voie vers l'avant dans l'industrie forestière en Colombie-Britannique
Des forums affirment la nécessité d'investir le peuple du pouvoir de défendre l'intérêt public

« Renouveler nos forêts, les garder publiques et durables »
Il nous faut un mouvement à l'échelle de la province pour gouverner nos forêts et les garder publiques et durables - Remarques d'ouverture de Peter Ewart du comité Stand Up for the North
Forums très réussis à Prince George, MacKenzie et Williams Lake - Charles Boylan


Pour trouver une voie vers l'avant dans
l'industrie forestière en Colombie-Britannique

Des forums affirment la nécessité d'investir le peuple du pouvoir de défendre l'intérêt public

Des forums très réussis sur la forêt se sont tenus à Prince-George (le 12 avril), à Mackenzie (le 13 avril) et Williams Lake (le 14 avril). Le Marxiste-léniniste félicite les organisateurs et les participants d'avoir pris en main la responsabilité sociale de trouver une nouvelle direction pour l'industrie forestière dont dépendent tant de gens et de communautés. Le comité Debout pour le Nord en particulier a travaillé sans relâche pour que la lutte pour le nouveau et pour investir le peuple du pouvoir soit un succès. Tout le monde sait que ce n'est pas facile à réaliser dans cette période de repli de la révolution.

L'ordre du jour et le contenu des discours et des discussions en disent long sur le sérieux des forums et sur la détermination à cerner ce qui ne va pas dans la direction actuelle et ce qui est nécessaire pour travailler à une nouvelle direction.

Peter Ewart a fait une présentation sur « La foresterie et la nécessité d'investir du pouvoir le peuple et les communautés »; Bobby Deepak, sur « Certains concepts et la terminologie de base en foresterie »; Anthony Britneff sur « Mode d'occupation, durabilité et gouvernance: reconquérir le contrôle de vos forêts »; Vicky Husband sur « Des écosystèmes de forêts publiques et non des concessions forestières privées ». Leonard Thomas et Keith Atkinson ont parlé des « Perspectives des Premières nations sur la tenure et la durabilité des forêts et sur le Conseil forestier des Premières Nations » et les militants syndicaux Arnold Bercov, Frank Everitt, Scott Doherty et Megan Scott ont parlé des « points de vue des travailleurs sur la tenure et la durabilité des forêts ».

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« Renouveler nos forêts, les garder publiques et durables »

Il nous faut un mouvement à l'échelle
de la province pour gouverner nos forêts et
les garder publiques et durables

Au nom du comité Stand Up for the North, je vous souhaite la bienvenue à ce forum.

Amis, collègues, membres de la communauté, nous sommes réunis ici parce que nous sommes préoccupés. Nous sommes préoccupés par la santé et la durabilité de nos forêts. Préoccupés par les emplois et l'état de l'industrie forestière. Préoccupés par l'avenir des communautés forestières, que ce soit dans le nord ou ailleurs dans la province.

La raison en est, comme vous le communiqueront les orateurs pendant la journée, la multitude de problèmes auxquels nos forêts et l'industrie forestière font face. Des problèmes qui à notre avis ne sont pas pris en main par les pouvoirs en place. Pourtant, il faut s'y attaquer.

On ne peut pas sous-estimer la gravité de ces problèmes, qu'on parle de la diminution de l'allocation de coupe annuelle, des fermetures d'usines, de l'infestation du dentroctone du pin, des excès de coupe, des questions environnementales, du manque de reforestation et de sylviculture et plusieurs autres aspects. Nous avons besoin d'un examen sobre et approfondi de ces problèmes et c'est ce que nous allons faire aujourd'hui je pense.

Les communautés forestières viennent tout juste de sortir d'une période très difficile qui a commencé en 2007-2008 et il semble qu'on va vivre une période encore plus pénible pour plusieurs communautés qui vont vivre le plein effet de la chute de la récolte.

Comment allons-nous passer à travers cette période? Comment allons-nous nous assurer que les travailleurs forestiers et leurs communautés et tous ceux qui se soucient de la forêt ne seront pas laissés en marge? Comment nous assurer que les forêts reviennent à la santé et à la durabilité?

Avant de m'engager plus avant sur ces sujets, je veux discuter de deux mots et de deux définitions. La premier mot est la « force ». Selon le dictionnaire cela réfère à la puissance qui se dégage de quelque chose. Le deuxième mot est lié au premier. Il s'agit du « potentiel ». Selon le dictionnaire, il s'agit de ce qui a la capacité de se produire.

Voyons comment ces deux mots s'appliquent à nos forêts.

Comme nous le savons tous, la Colombie-Britannique est très riche en forêts. En fait, notre province possède une des concentrations les plus riches et les plus diversifiées de forêts de la planète. On entend souvent parler de la diversité des produits qui sont dérivés du pétrole et d'autres produits pétrochimiques. En fait, le bois est une matìère organique complexe qui est à la base de nombreux produits et usages, les maisons et édifices, les produits d'ingénierie, la bioénergie, les produits pharmaceutiques, les tissus, les produits chimiques et beaucoup d'autres produits.

Nos forèts ont aussi plusieurs autres usages et fonctions, la récréation et le tourisme, la spiritualité, et elles sont source de vie pour les plantes et les animaux. En cette période de changement climatique, elles jouent un rôle clé dans la captation et la séquestration du carbone et elles sont le poumon de la planète. Mais chose encore plus importante, à la différence du pétrole et des autres produits pétrochimiques, nos forêts constituent une ressource renouvelable.

Il existe cependant un autre facteur en ce qui concerne la force et le potentiel.

Il s'agit du facteur humain. La Colombie-Britannique possède une grande ressource humaine sur tout son territoire, les travailleurs de la forêt et les bûcherons, les techniciens et les professionnels de la foresterie, les scientifiques, les gens d'affaires, les environnementalistes et la liste ne s'arrête pas là. Cette ressource humaine est autochtone et non autochtone et elle est riche en qualifications, expertise et en expérience, et, dans le cas des autochtones, on parle d'une ressource humaine qui remonte à des milliers d'années.

On dit que la source de toute nouvelle valeur et richesse est le travail appliqué à la nature. Compte tenu d'une telle richesse forestière et de notre ressource humaine talentueuse et dure à l'ouvrage, saurait-on douter qu'on est capable de surmonter les problèmes, de ramener nos forêts à la santé et de libérer une nouvelle valeur? Peut-on douter qu'on ait ici-même en Colombie- Britannique et la force et le potentiel? Peut-on douter qu'une fois cette période très difficile derrière nous, nos forêts et notre industrie forestière connaîtront un grand avenir?

Ceci étant dit, si on veut faire jouer cette force et ce potentiel, il nous faut nous attaquer aux problèmes sérieux auxquels nous faisons face et qui nous bloquent la voie.

À notre avis, les pouvoirs en place, et cela comprend l'actuel gouvernement provincial, ne s'attaquent pas à ces problèmes. En fait, ce sont les politiques et le programme de ces pouvoirs en place, en ce qui concerne la politique et la gestion forestière, qui nous ont mis dans les sérieuses difficultés dans lesquelles nous nous trouvons aujourd'hui. Malheureusement, les politiques qu'ils proposent ne feront qu'aggraver ces problèmes dans les années qui viennent.

Bien sûr, ils ont leurs solutions aux problèmes:

- exporter plus de billots bruts; troquer le bois, consolider les opérations et fermer les usines; couper la ressource à l'excès; déplacer les installations manufacturières aux États-Unis et en Chine; convertir les permis de bois en vastes concessions de terres forestières contrôlées par une poignée d'entreprises.

La liste continue.

Mais ce ne sont pas des solutions; elles font partie du problème.

Quelles sont donc certaines des solutions qui sont dans l'intérêt des communautés et vont nous permettre de traverser la période qui vient? L'une d'entre elles, à mon avis, c'est ce que nous faisons ici aujourd'hui. Nous devons nous doter de pouvoir, travailler ensemble dans nos communautés, générer de la discussion et des actions, que nous soyons travailleurs, techniciens ou professionnels forestiers, Premières Nations, environnementalistes, gens d'affaires ou activistes communautaires.

Nous devons approfondir nos liens avec d'autres communautés.

Un sentiment qui grandit à l'échelle de la province c'est que nous voulons plus de contrôle au niveau local et communautaire sur ce qui advient de notre ressource forestière. En fait, cette question est un train de devenir un point focal de l'unité parmi les gens de tous milieux.

Nous ne voulons pas que les décisions importantes qui concernent notre ressource forestière soient prises par des financiers siégeant sur des conseils d'administration Dieu sait où ou par des politiciens de quelque bureau gouvernemental loin de nous. Nous ne voulons pas que nos forêts soient tournées en jetons de casino qu'on échange et sur lesquels on spécule sur les marchés internationaux.

Nous ne voulons pas que l'autorité publique et la surveillance publique soient détruites comme c'est déjà le cas depuis quelques années.

Les droits de quelques entreprises mondialisées ne doivent pas supplanter les droits des Premières Nations et des populations non autochtones, les droits des travailleurs, des petits hommes d'affaires et contracteurs ou des techniciens, professionnels et scientifiques de la forêt ou des gens des communautés forestières.

Ce que nous voulons, c'est un nouvel équilibre dans cette province qui favorise tous les secteurs de l'industrie forestière et tous les habitants de la Colombie-Britannique et qui donne plus de pouvoir au peuple au niveau local et communautaire.

L'élément clé de ce nouvel équilibre c'est le travail pour investir le peuple du pouvoir, pour créer de nouveaux mécanismes et de nouvelles façons de faire qui permettent aux gens d'avoir leur mot à dire et d'avoir le contrôle sur ce qui advient de notre ressource forestière que ce soit en matière de tenure, de durabilité ou d'autres questions.

C'est de cette manière que nous pouvons contribuer à nos communautés et à notre province.

Ensemble, nous avons la force. Ensemble, nous avons le potentiel. Ensemble, nous pouvons assumer la responsabilité et renouveler nos forêts.

Notre comité est à discuter de la tenue d'autres rencontres dans les prochains mois à Prince-George et dans d'autres communautés à travers la province. Nous demandons à tout le monde de se joindre à ce travail.

Nous allons travailler avec tous les autres groupes et organisations ici-même et à l'échelle de la province qui travaillent fort à garder nos forêts publiques et durables,.

Un dernier mot. L'an dernier, le projet de loi 8 du gouvernement provincial sur les concessions de terres forestières est mort de sa belle mort et a été retiré à cause de la vaste opposition populaire.

Quelle leçon en tirons-nous? Que le pouvoir du peuple est réel.

Nous devons développer ce pouvoir et bâtir un mouvement à l'échelle de la province qui va changer la façon dont sont gouvernées les forêts et garantir qu'elles resteront publiques et durables.

Merci beaucoup.

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Forums très réussis à Prince George,
MacKenzie et Williams Lake

Prince George


Le samedi 12 avril, deux cent personnes ont participé au forum organisé par le comité Debout pour le Nord au collège de New Caledonia, à Prince-George, sous le thème : « Renouveler nos forêts, les garder publiques et durables ». Parmi les orateurs et les participants on comptait des travailleurs de scieries et d'usines de pâtes et papier, des syndicalistes, des travailleurs en forêt, des éleveurs, un trappeur, des environnementalistes, des éducateurs, des forestiers et des membres des Premières Nations. Ils ont fait des présentations, discuté des problèmes qui affectent l'industrie forestière et fait valoir la nécessité d'une nouvelle direction, laquelle demande qu'on investisse le peuple du pouvoir de décider.

La présidente de la conférence, la professeure Dawn Hemingway de l'Université de Northern BC, a ouvert le forum en reconnaissant le territoire de la nation des Lheidli T'enneh. Elle a expliqué que l'objectif de la réunion était de « réféchir collectivement » afin de se préparer aux « temps difficiles » qui sont devant nous, pour qu'on puisse « répondre aux besoins des communautés sur la base de solutions mises de l'avant par le peuple».

Dans son introduction, le porte-parole du comité Debout pour le Nord, Peter Ewart, a souligné les mots « possibilité» et « force » comme étant les mots clé pour contrecarrer les politiques destructrices des « gens au pouvoir». Le discours de Peter fut très bien reçu. (Voir ci-haut)

Anthony Britneff, un forestier en chef à la retraite avec 40 ans d'expérience au ministère des Opérations en forêts, terres et ressources naturelles de la Colombie-Britannique a présenté une analyse détaillée de l'échec des politiques gouvernementales dans une présentation intitulée: « Tenure forestière, durabilité et gouvernance : reconquérir le contrôle de nos forêts». Selon Britneff, la Loi sur les forêts et les terres adoptée en 2001 par le gouvernement libéral a créé une « tempête parfaite », la mauvaise gestion menant à une stratégie de privatisation des forêts combinée à l'arrivée de l'épidémie de dentroctone du pin.

Britneff a dit que les syndicats, les conservationnistes et les Premières Nations n'avaient pas été consultés sur la direction de l'industrie. On a assisté alors à la mise en place d'une nouvelle terminologie, la supposée « fiabilité professionnelle», par laquelle on essaie de cacher que les compagnies forestières dorénavant ne rendent plus de comptes à personne. Par conséquent, les excès de coupe de West Fraser et de Canfor dans la région de l'approvisionnement de bois Morice (TSA), située dans le plateau central intérieur de la Colombie-Britannique, n'étaient « pas illégaux» puisque les faits et gestes de ces compagnies ne sont contrôlés par aucune loi. Les excès de coupe deviennent alors une question de « fiabilité professionnelle», un mot fourre-tout qui dissimule l'auto-régulation des monopoles et la destruction de l'autorité publique. Britneff a dit que ces compagnies sont toujours à l'oeuvre dans la région de Morice et qu'elles ne rendent compte à personne de leurs activités.

« En 2012, 185% d'une zone de la région Morice a été récoltée — l'épinette, le sapin baumier .. Votre approvisionnement en bois à moyen terme. Comment les professionnels de la forêt peuvent-ils tenir les compagnies responsables alors que ces coupes sont légales?», a demandé Britneff. « Le mandat du Bureau des pratiques forestières se limite à contrôler la situation en vertu de la loi provinciale. Je peux vous l'affirmer, ces forêts ne sont pas gérées de façon viable, puisque la loi n'autorise pas qu'une gestion viable soit faite. »

Britneff a aussi parlé des problèmes qu'on voit au ministère sur les questions touchant l'industrie. « En 2008, le forestier en chef a commandé un rapport sur les changements climatiques, ce qui a été fait en mars 2009 », a-t-il dit. Nos hivers ne sont plus été assez froids pour tuer le dendoctrone et empêcher qu'il ne se répande dans l'intérieur de la Colombie-Britannique.

Britneff a dit que le rapport avait conclu que l'approvisionnement en bois serait affecté de façon importante par des maladies affectant les arbres suite aux épidémies, par la compétition due à l'arrivée d'espèces étrangères et par des facteurs climatiques. Ce rapport n'a à peu près pas été diffusé et peu de mesures ont été prises suite à sa parution, a-t-il dit, ajoutant que « Pour le ministère des Forêts, la nouvelle science à la mode maintenant est celle du pratico-pratique.»

Il a expliqué comment le ministère mène de soi-disant consultations, comme celle sur une proposition d'augmenter la tenure basée sur les régions et d'accroître la concession de terres forestières, une consultation qui a commencé le 1 avril et qui doit prendre fin le 30 mai. « Cette démarche n'a rien à voir avec une consultation publique. Le gouvernement essaie simplement d'avoir une réponse à ce que lui-même a l'intention de faire », a-t-il dit.

Citant un article d'Arthur Williams dans le Prince George Citizen, Britneff a dit : « Le but de passer à un système basé sur les zones ou système de concessions forestières est de faire en sorte que les compagnies soient encore plus motivées à investir dans la sylviculture et dans la gestion de zones pour lesquelles elles auront des droits de coupe exclusifs. En vertu du système actuel, la majorité des ententes de propriété sont basées sur le volume, ce qui veut dire que les compagnies ont le droit de couper un certain montant d'arbres dans une zone d'approvisionnement de bois désignée. »

Britneff a expliqué que les concessions forestières ont le taux de gaspillage le plus élevé , toutes catégories de gestion confondues. « Les concessions de terres forestières sont loin d'être un modèle. Le passage à ces concessions n'est qu'une mesure pour privatiser les profits tout en socialisant les coûts», a-t-il dit. Selon lui, la province assume entre autres choses les coûts de la gestion des feux encourus par les opérateurs de terres forestières — lorsqu'un feu se déclare dans des forêts publiques adjacentes — de même que le coût de la construction de chemins.

Britneff a aussi dit que plus de 1 000 emplois avaient été éliminés au ministère, ce qui a du même coup rendu impossible tout contrôle public. Ces coupures et d'autres du genre ont contribué à l'anarchie dans les forêts, permettant aux compagnies de faire des excès de coupes et de ne pas assumer leurs obligations en termes de replantation ni leurs responsabilités envers les terres forestières sous leur contrôle. « Où était-elle la planification lorsque les usines de Houston et de Quesnel ont fermé leurs portes? » a-t-il demandé. Selon Britneff, il faut une forme de gouvernance entièrement nouvelle qui permettra de revitaliser les forêts et d'assurer la durabilité de l'industrie forestière, et il a fait des suggestions quant à une direction de l'industrie qui favoriserait le peuple.

Vicky Husband, une environnementaliste aguerrie originaire de la Colombie-Britannique, a dit que les forêts de la Colombie- Britannique devaient au départ être des écosystèmes forestiers publics et non des concessions forestières privées exploitées par des monopoles privés. Faisant la comparaison entre le manque de contrôle sur les forêts de la province et la destruction de la pêche à la morue des Grands Bancs, elle a expliqué qu'un nouveau modèle de gouvernance pour les forêts de la Colombie-Britannique était nécessaire, disant qu'il faut aller au-delà de la simple valeur monétaire des arbres coupés et tenir compte d'un ensemble de facteurs tels l'environnement, le maintien de l'écosystème, l'eau, la faune et le tourisme. Tout comme Ewart et Britneff, elle a souligné l'irrationalité qui anime les excès de coupe dans l'approvisionnement à moyen terme de matière ligneuse, expliquant qu'il s'agit d'arbres « verts» immatures qui doivent soutenir l'industrie avant que les arbres infestés par le dendoctrone du pin ne soient récoltés dans un avenir rapproché. Tous les orateurs ont sonné l'alarme à l'effet qu'une sérieuse « pénurie » se pointait à l'horizon, et qu'il fallait s'attendre à une réduction abrupte de l'approvisionnement en matière ligneuse dans la période qui vient due à la coupe excessive et à la faible replantation.

« Nous n'avons vraiment pas bien géré nos écosystèmes publics. J'ai étudié jusqu'à un certain point la pêche à la morue en Atlantique, qui était la pêche la plus productive au monde, et nous l'avons tuée», a-t-elle dit. « Ma crainte est que nous fassions exactement la même chose à nos forêts.»

Bien que les concessions de terres forestières soient sensées permettre l'accès aux activités de loisir, il y a tout de même de nombreuses barrières et une impossibilité d'accès là où ces concessions sont accordées, a dit Husband. « Nous avons beaucoup d'expérience en matière de terres forestières sur la côte, et malheureusement elle est négative», a-t-elle dit. « Le bois passe avant toute autre considération.»

Husband a souligné qu'il fallait commencer par la préservation du caractère public de nos forêts publiques, pour ensuite améliorer et consolider les règlements actuels jusqu'à ce que des règlements plus rigoureux puissent être mis en place. « Notre Loi sur les forêts n'a pas de dents...et aucune valeur écologique n'est protégée», a-t-elle dit. « Personne ne défend l'intérêt public.»

Husband a corroboré le point fait par Britneff au sujet des mises à pied au ministère et comment elles ont éliminé tout contrôle public. Elle a fait valoir que le nombre d'inspections sur place menées par le personnel forestier étaient de 25 000 en 2002 et de 8 000 en 2012. Un rapport spécial du Bureau des pratiques forestières l'année dernière confirme que les inspections sur le terrain n'ont pas cessé de diminuer depuis, a-t-elle ajouté.

Tous les orateurs ont accusé le gouvernement en place de la Colombie-Britannique et son intention de transformer les permis basés sur le volume en propriétés privées. Pour remplacer cette proposition, qui mènera inévitablement à la privatisation des forêts et une plus grande concentration du pouvoir entre les mains des monopoles forestiers, les orateurs ont prôné de nouveaux arrangements de gouvernance des forêts basés sur la dotation de pouvoir aux travailleurs, aux communautés, aux Premières Nations aux petites entreprises et à d'autres acteurs de la forêt.


À gauche: Leonard Thomas, officier de développement économique des Nak'asdli de Fort St-James; à droite:
Keith Akinson,  premier dirigeant du conseil forestier des Premières Nations.

Après le dîner, deux porte-parole forestiers des Premières Nations ont pris la parole : Leonard Thomas, officier de développement économique des Nak'asdli de Fort St-James, une grande communauté du peuple Carrier, et Keith Akinson, premier dirigeant du conseil forestier des Premières Nations.

Akinson a décrit le gouffre qui sépare les promesses gouvernementales proclamant une « nouvelle relation » avec les Premières Nations et la réalité d'aujourd'hui qui en est une de pauvreté perpétuelle des communautés autochtones. Il a parlé du peu d'accès des autochtones aux ressources naturelles sur leurs propres terres et aux bénéfices qui en découlent.

Quatre dirigeants syndicaux — Frank Everitt, président de la section locale 1-424 du Syndicat des Métallos, Arnord Bercov, président du Syndicat des travailleurs canadiens des pâtes et papiers et du bois, Scott Doherty, représentant d'Unifor et Megan Scott, représentante du Syndicat des employés du secteur public et des agences gouvernementales de la Colombie-Britannique, ont lancé l'appel à continuer à travailler ensemble et poursuivre la discussion visant à investir le peuple du pouvoir pour qu'il puisse assumer le contrôle des forêts de la Colombie-Britannique et pour que ce soit le peuple et non les monopoles qui décide comment elles doivent être utilisées de façon durable.


Participants au forum et organisations qui l'ont endossé

Mackenzie

Le dimanche 13 avril le porte-parole du comité Debout pour le Nord, Peter Ewart, ainsi que les orateurs invités Anthony Britneff et Vicky Husband ont visité Mackenzie, une municipalité forestière à 185 km.au nord-est de Prince George, d'une population d'environ 3 000 habitants. Mackenzie a vu le jour en 1966 sur les rives du lac Williston.

Environ 40 personnes se sont déplacées pour écouter et discuter, dont plusieurs travailleurs de l'usine locale de pâtes et papier. Suite aux présentations, les participants ont poursuivi la discussion avec les orateurs.

Williams Lake

Le forum de Williams Lake a eu lieu le lundi 14 avril à la Société du Centre des arts Caribou avec la participation de 75 résidents locaux.

Un compte-rendu du Williams Lake Tribune souligne :

« Anthony Britneff a expliqué aux participants qu'en Colombie- Britannique les forêts ont un potentiel formidable. Le problème, c'est que nous n'en tenons pas compte. Le gouvernement a créé une ‘tempête parfaite', un mariage entre une mauvaise gestion des forêts publics en 2001 et le début de l'épidémie de dendoctrone du pin. Britneff a laissé entendre que la Loi sur les pratiques en forêts et en terres avait laissé le contrôle des forêts au secteur privé et que les règlements gérant ces pratiques avaient été remplacés par un concept de fiabilité professionnelle. Par la suite, la réduction des effectifs, les compressions budgétaires, la réorganisation et la fermeture de bureaux et de départements au ministère des Forêts ont aggravé le problème.

« En 2002, alors qu'il était responsable du programme provincial en sylviculture, Britneff a observé un nombre ‘grandissant' de terres mal reboisées.

« Selon lui, le budget consacré à la sylviculture a été coupé de 90%, passant de 100 millions $ à environ 8 millions $. Il est maintenant à 40 millions$.

« Entre 2001 et 2012, le budget provincial total a augmenté de 56%, tandis que tous les budgets combinés touchant aux ministères de ressources renouvelables comme les parcs, l'environnement et la foresterie ont chuté de 52%, selon Britneff.

« Vicky Husband a expliqué qu'un droit de coupe à 25 cents le mètre cube est en train de ‘vendre nos forêts à rabais ' et ne contribue que très peu de revenu au service du peuple de la Colombie-Britannique.

« ‘Il y a très peu d'avantages économiques mais le coût écologique est énorme ', a-t-elle dit. »

(Source: Prince George Citizen et Williams Lake Tribune)

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