Le Marxiste-Léniniste

Numéro 53 - 17 avril 2014

Privatisation des avoirs publics en Ontario

Bloquons les plans des libéraux et conservateurs de voler nos biens publics afin de payer les riches !


Privatisation des avoirs publics en Ontario
Bloquons les plans des libéraux et conservateurs de voler nos biens publics afin de payer les riches !
Le gouvernement annonce la mise sur pied d'un panel d'experts pour examiner la privatisation de biens publics

Lutte soutenue des travailleurs de l'Alberta à la défense des pensions
Un message clair au gouvernement de la province: Non, c'est non!
La désinformation faite par les experts au service des riches – Peggy Morton


Privatisation des avoirs publics en Ontario

Bloquons les plans des libéraux et conservateurs de voler nos biens publics afin de payer les riches !


Le gouvernement Wynne a annoncé qu'il va brader les biens immobiliers publics à Toronto, vendre ses actions de GM et établir un groupe spécial qui va « examiner » d'autres actifs de l'État — Hydro One, Ontario Power Generation et la Régie des alcools de l'Ontario — tout cela dans le cadre d'un plan pour garnir un soi-disant fonds de fiducie Trillium qui est créé pour financer sur plus de dix ans des projets d'infrastructure et de transport en commun au montant de 29 milliards $.

Tout cela semble très noble, bien sûr, mais il y a une raison pour laquelle toutes les décisions ont été prises dans le dos des Ontariens, qui ne sont partie prenante à aucune de ces évaluations, que ce soit des actifs ou des projets d'infrastructure. En outre, le gouvernement a annoncé qu'il déposera le 1er mai son plus récent budget pour imposer l'austérité et payer les riches.

Le vol de biens publics de l'Ontario est mené à un rythme accéléré grâce à la privatisation sous forme de partenariats publics-privés et d'autres plans pour que le public finance le profit privé. Ainsi, d'immenses quantités de valeur ajoutée sont retirées de l'économie et remises entre les mains de la minorité riche qui détruit la société afin de s'enrichir davantage et de maintenir ses positions de privilège. C'est sans parler de la façon dont ces « partenariats » sont utilisés pour attaquer les salaires et les conditions de travail des travailleurs. Pendant ce temps, le gouvernement utilise sa mainmise sur le pouvoir de décision pour dicter l'austérité aux travailleurs afin de voler plus de fonds pour réaliser ses plans.

Les libéraux espèrent que les travailleurs vont être bernés par leur affirmation à l'effet qu'il ne « faut pas présumer » du résultat de leur examen. C'est pour masquer le fait que les libéraux sont en train d'aligner leur pions pour se présenter comme le parti à élire à la prochaine élection, pour battre les conservateurs et gagner une majorité à l'assemblée législative.

Les travailleurs de l'Ontario ne peuvent pas se permettre de prendre parti pour les libéraux ou pour les conservateurs, selon la fausse croyance que l'un ou l'autre est un moindre mal. L'opposition au programme d'austérité et au corollaire de ce programme, soit la vente à rabais et la privatisation des biens publics, est la première étape sérieuse qu'on doit prendre en main pour priver les monopoles et les gouvernements à leur service du pouvoir de priver les travailleurs de ce qui leur appartient de droit: les salaires, les conditions de travail et une retraite qui est conforme au niveau de vie qu'ils ont créé pour eux-mêmes de même que le droit aux soins de santé et d'éducation pour eux et leur familles au niveau que la société a atteint. En ce qui concerne le coût des infrastructures dont les travailleurs et non les riches ont besoin, il peut être aisément financé d'une manière qui ne détruit pas l'économie et le peuple si la volonté politique de le faire est là et les gouvernements arrêtent de payer les riches.

En s'appuyant sur leur riche expérience, les travailleurs peuvent établir un nouveau point de repère à partir duquel faire progresser leur propre programme prosocial pour la société.

Ne touchez pas à nos biens publics ! Les gouvernements doivent arrêter de payer les riches ! Tenons les gouvernements redevables de leurs actes!

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Le gouvernement annonce la mise sur pied
d'un panel d'experts pour examiner
la privatisation de biens publics

Le 11 avril, le gouvernement libéral de l'Ontario a annoncé qu'il va vendre des biens publics qu'il détient actuellement et créer un groupe d'experts pour examiner les moyens « d'accroître l'efficience et d'optimiser la valeur d'Hydro One, de l'Ontario Power Generation (OPG ) et de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) ». L' annonce a été faite par le ministre des Finances et ancien directeur de la Banque Royale du Canada, Charles Sousa, alors qu'il s'adressait à l'Economic Club de Toronto.

Sousa a annoncé que le gouvernement allait vendre le siège social de la LCBO et éventuellement l'édifice de l'OPG à Toronto. Il prévoit également vendre ses parts dans GM qu'il a acquises en 2009 durant le plan de sauvetage de l'entreprise automobile. Sousa a déclaré: « Ce sont des choses dont nous pouvons commencer à tirer parti le plus rapidement possible. »

Le conseil consultatif a été annoncé au même moment où le gouvernement libéral a confirmé que le prochain budget pour imposer l'austérité et payer les riches sera déposé le 1er mai — Journée internationale de solidarité de la classe ouvrière. Cela signifie qu'une élection provinciale pourrait être appelée peu de temps après si le budget est rejeté au parlement.

Le ministre des Finances a dit que l'argent récolté sera utilisé pour payer les projets d'infrastructure du gouvernement. « Le Conseil visera à améliorer le rendement et à accroître les revenus afin que nous puissions investir à nouveau dans des projets d'infrastructure qui créeront des emplois et stimuleront l'économie », a-t-il dit. Le gouvernement libéral avait annoncé qu'il allait clarifier la façon dont il va financer les projets de transport et d'infrastructure dans le budget, et la première ministre Wynne avait déclaré que « les outils fiscaux » pour le faire ne comprendront pas de nouvelles taxes. De cette façon, le gouvernement Wynne essaie de faire de la question un débat à savoir si les impôts doivent augmenter ou si les biens publics doivent être vendus pour payer les transports en commun et les infrastructures. Cela sert à détourner l'attention du fait que le gouvernement Wynne a été formé pour mettre en place plus de stratagèmes pour payer les riches, y compris les monopoles liés à l'infrastructure qui vont en soutirer d'énormes profits.

Le conseil consultatif examinera les moyens « de tirer le meilleur parti possible des principaux biens du gouvernement », notamment Hydro One, l'OPG et la LCBO, a dit Sousa. Le site Web du gouvernement se réfère à une gestion efficiente, à des stratégies de croissance, à la réorganisation administrative, aux fusions et acquisitions et au partenariat public-privé comme moyens de le faire.

Sousa a décrit le mandat des membres du conseil en utilisant la notion frauduleuse « d'équilibre » chère aux libéraux, disant que la propriété du gouvernement serait préférable mais, ajoutant ceci: « Je ne vais pas présumer de ce que seront leurs recommandations mais ils vont évaluer quelle serait la meilleure utilisation de ces actifs et qui doit les posséder. » Il a ajouté que certaines décisions vont devoir être examinées avec plus d'attention et que « nous avons besoin d'experts pour nous 'assurer de protéger les intérêts des Ontariens ». Il n'a pas expliqué pourquoi les experts choisis sont des experts en matière de privatisation, ce qui révèle pourtant quel est le mandat véritable du conseil.

Les conservateurs ont répondu en s'octroyant le mérite pour la proposition des libéraux, disant qu'ils ont proposé la même chose en 2012 mais ont été ignorés par le gouvernement. Le NPD a dit quant à lui qu'il ne va pas appuyer la privatisation des biens publics.

Les commentaires de Sousa sont un autre exemple de la désinformation utilisée pour détourner les gens vers un débat sur le type de privatisation qu'ils seraient prêts à accepter. Le fait est que les libéraux continuent de mettre en oeuvre la privatisation de l'autorité publique comme l'ont fait les gouvernements précédents, en particulier dans les cas d'Hydro One, de l'OPG et de la LCBO, avec l'objectif étroit d'ouvrir de nouvelles perspectives où les riches pourront soutirer d'énormes profits, premièrement en achetant des biens publics puis en se faisant rembourser ces fonds par la réalisation de projets d'infrastructure privés à financement public (partenariat public- privé). L'objectif est de mettre en oeuvre ce programme sous le couvert « d'efficience » ce qui signifie plus d'austérité pour les travailleurs sous forme d'attaques contre leurs salaires, leurs conditions de travail et la sécurité d'emploi en prenant l'argent du trésor public pour payer les riches. Cela ne fera qu'aggraver la situation pour les Ontariens et l'économie.

L'objectif est également de réduire au silence l'opposition des travailleurs de toutes les manières possibles, y compris par l'utilisation d'un soi-disant conseil d'experts qui sont censés représenter l'intérêt public. Toutefois, cette désinformation ne cesse d'être rejetée. Comme ce fut le cas avec les enseignants et les travailleurs de l'éducation et tous ceux qui ont refusé d'accepter la fraude d'austérité quand elle est sortie de la bouche du banquier de TD Canada, Don Drummond, à la tête de Commission sur la réforme des services publics de l'Ontario en 2012, cette fraude de privatisation des biens publics va être rejetée encore aujourd'hui.

Les travailleurs doivent tout mettre en oeuvre pour empêcher libéraux et les conservateurs de pouvoir créer l'impression que leur programme a l'appui du peuple. Leur destruction de l'autorité publique qui leur sert à rendre les riches encore plus riches est inacceptable.

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Lutte soutenue des travailleurs de l'Alberta à la défense des pensions

Un message clair au gouvernement de la province: Non, c'est non!

Le gouvernement de l'Alberta a déposé son projet de loi sur les régimes de retraite mercredi le 16 avril. Les travailleurs du secteur public, les syndicats et leurs alliés passent à l'action pour défendre leurs droits. L'heure est venue pour les travailleurs actifs et à la retraite d'intensifier la lutte à la défense de leurs régimes de retraite et pour tous les collectifs de s'y joindre en disant que Notre sécurité est dans la lutte pour les droits de tous!

Le premier ministre par intérim, Dave Hancock, a déclaré que rien n'allait changer suite à la démission d'Alison Redford et que l'extrémisme et la violence contre la classe ouvrière allaient se poursuivre. L'ordre du jour d'austérité a été totalement rejeté par les Albertains mais le gouvernement refuse d'accepter la volonté du peuple et refuse de servir l'intérêt public. Le gouvernement progressiste-conservateur a l'intention de poursuivre son offensive antisociale à pleine vitesse et il cible déjà les travailleurs du secteur public et leur droit à une retraite en sécurité. Les conservateurs ont annoncé de façon unilatérale des changements aux régimes de retraite du secteur public, forçant les travailleurs à rester sur le marché du travail plus longtemps tout en fragilisant leurs régimes de retraite. La vaste majorité des travailleurs qui prendront leur retraite avant 65 ans, ou après 90 ans d'ancienneté et d'années de service combinées, écoperont d'énormes réductions à leur régime de retraite, ce qui fait qu'il sera dorénavant impossible de prendre une retraite anticipée. L'indexation au coût de la vie des régimes de retraite est aussi affectée.

Le gouvernement a l'intention de se donner encore plus de pouvoirs arbitraires lui permettant d'imposer des changements aux régimes de retraite sans avoir recours aux négociations ou aux consultations. Le projet de loi va éliminer l'obligation qui est présentement faite aux conseils d'administration des régimes de retraite d'autoriser les changements. Le gouvernement pourra dorénavant et en tout temps dicter de nouvelles coupures aux prestations des régimes de retraite.

Préparant le terrain pour l'adoption du projet de loi, des éléments parasitaires financés par les monopoles mondiaux s'en donnent à coeur joie pour attaquer ouvertement les travailleurs du secteur public et leurs organisations. L'institut Fraser, la Fédération canadienne des contribuables et d'autres organismes du genre ont les médias à leur disposition et ils en profitent pour répandre les pires scénarios d'apocalypse, accusant les syndicats de ne pas vouloir regarder la réalité en face.

La propagande des monopoles et de leurs porte-parole et des médias vise à faire pression sur les travailleurs pour qu'ils abandonnent leur propre perspective et acceptent l'idée que la sécurité même la plus minime à la retraite n'est plus viable. La classe ouvrière rejette ce point de vue rétrograde et soutient que non seulement la sécurité à la retraite est possible mais qu'elle est nécessaire dans une société moderne.

Les « think tanks » au service des intérêts privés des monopoles sont aux antipodes d'un monde moderne, d'une économie socialisée qui est tout à fait en mesure de garantir les droits de tous. La perspective selon laquelle la classe ouvrière et toutes les autres couches de la société, les travailleurs actifs et retraités, doivent laisser tomber leur bien-être et laisser libre cours aux monopoles et à leur accumulation de richesse privée et à l'édification de leurs empires mondiaux est chose du passé. La classe ouvrière a ses propres revendications et son propre ordre du jour prosocial, dont la revendication d'une retraite en sécurité pour tous. Non seulement devons-nous défendre nos régimes de retraite, nous devons aussi nous assurer que des régimes de retraite à prestations déterminées sont accessibles à tous.

Les conservateurs ont déclaré récemment que les régimes de retraite du secteur public n'étaient pas en crise. Ils ne s'en font pas plus que cela puisqu'ils avouent maintenant sans ambages que leur seul objectif est de réduire coûte que coûte les contributions des employeurs aux régimes de retraite. Les millions $ volés aux travailleurs du secteur public pourront ainsi être détournés vers les intérêts privés des monopoles par le biais de l'une de leurs nombreuses manigances pour payer les riches.

LML en appelle à tous à se joindre à cette lutte importante et à y participer activement. La lutte à la défense des régimes de retraite là où ils existent est cruciale à la lutte pour des régimes de retraite pour tous et pour le droit à une retraite en sécurité.

Demandons tous que le gouvernement cesse d'attaquer les régimes de retraite du secteur public! Une retraite en sécurité est un droit! Ne touchez pas à nos régimes de retraite!

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La désinformation faite par les experts
au service des riches

Les bonzes néolibéraux de l'Institut Fraser, de la Fédération canadienne des contribuables et d'autres « think tanks » des riches ne cessent de proclamer que les régimes de retraite sont en crise. Ces éléments parasitaires, financés par les monopoles mondiaux, produisent semaine après semaine des études fondées sur la désinformation et des argumentations irrationnelles dans le but de faire pression sur les travailleurs pour qu'ils abandonnent leur propre point de vue. Le refrain de ces bonzes varie peu : le bien-être de la classe ouvrière et des autres couches de la société, les gens actifs et la retraite, doit céder la place devant les monopoles, leur accumulation de richesse et de profit privé et leur édification d'empires mondiaux. Pour quelque raison que ce soit, que les néolibéraux ne peuvent expliquer de façon cohérente, même une retraite avec un minimum de sécurité n'est plus viable. En prônant que le droit à une retraite en sécurité n'est pas possible, les think tanks et les médias espèrent placer les travailleurs du secteur public sur la défensive et les forcer à abandonner leur juste cause et leur politique indépendante.

Le Edmonton Journal publiait récemment une lettre d'opinion de Mark Milke, de l'Institut Fraser, dans laquelle celui-ci attaque les syndicats du secteur public pour leur défense du droit à des régimes de retraite et à une retraite en sécurité. Il écrit : « Le déni se manifeste par des études sur les régimes de retraite financées par les syndicats selon lesquelles il n'y aurait pas de problèmes liés aux régimes de retraite, ce qui fait penser au film de Monty Python et le Graal alors que le Chevalier Noir perd bras et jambes tout en se disant en parfaite santé. [...]

« Le déficit actuariel des régimes de retraite du secteur public de l'Alberta est substantiel. Le dernier budget a établi la part gouvernementale du déficit actuariel — seulement la part gouvernementale, dois-je répéter — à 10,7 milliards $ en 2014. Ces chiffres faramineux ne baissent jamais même si les taux de cotisation des contribuables albertains sont en hausse et que ceux-ci versent depuis six ans des contributions spéciales à ces régimes de retraite. »

Milke n'offre aucune preuve qui soutienne la véracité des montants qu'il avance de façon hystérique. Il offre plutôt des fabulations et répand le maximum de confusion sur la signification de ces montants.

Selon les données rendues facilement accessibles par le gouvernement albertain, les quatre régimes de retraite du secteur public ont un déficit actuariel totalisant 7,4 milliards $. La part de l'employeur — le gouvernement — dans ce déficit ne peut donc pas être de 10,7 milliards $. Une analyse actuarielle indépendante révèle que ce 7,4 milliards $ lui-même est gonflé de près d'un milliard, ce qui fait que Milke gonfle librement le déficit actuariel d'environ 4,3 milliards $ dans sa tentative d'impressionner le lecteur.

La prétention de Milke, répétée à satiété, au sujet de la « part phénoménale» du déficit de solvabilité qui revient au gouvernement est un exemple classique de désinformation visant à créer une atmosphère de catastrophe imminente et à influencer le lecteur comme quoi ce désastre est inévitable à moins que le gouvernement n'agisse contre les syndicats du secteur public. Milke n'explique pas la signification de ce qu'est un déficit actuariel, les ramifications d'un tel déficit, ni comment il peut être géré, mais s'en sert pour attaquer les régimes de retraite des travailleurs du secteur public. Il donne l'impression aux lecteurs qu'un déficit actuariel est l'équivalent d'une dette pesant sur le gouvernement albertain, obligeant les contribuables, y compris le lecteur, à payer des intérêts aux prêteurs d'argent et à souffrir personnellement de cette dette.

Les champions des intérêts privés des monopoles déforment le sens et les ramifications d'un déficit actuariel. Une évaluation de solvabilité est un processus par lequel on peut déterminer l'ampleur d'un déficit actuariel. On a recours à ce processus lorsqu'on veut prédire la situation advenant qu'une entreprise déclare faillite et que tous les travailleurs sont congédiés et que les régimes de retraite ne bénéficient plus d'aucune cotisation de la part des employés ni de l'employeur. L'évaluation détermine alors si le régime existant peut débourser toutes les prestations à partir des actifs existants et aussi ce que ces actifs réduits sont en moyen de générer sans l'apport de cotisations additionnelles. L'analyse permet aussi de déterminer ce que le régime doit avoir en mains au moment de la faillite pour honorer tous ses engagements envers les prestations des travailleurs selon leur âge et d'autres facteurs. Le déficit actuariel est en fait ce qui manquerait au régime en cas de faillite pour honorer ses obligations envers les retraités.

Il faut se demander en premier lieu pourquoi on a recours à une telle analyse pour évaluer la santé des régimes de retraite du secteur public. Le gouvernement albertain n'est pas à la veille de fermer ses portes et de congédier tous les travailleurs, malgré sa direction néolibérale et antisociale actuelle. Les membres du régime vont continuer de cotiser au régime et celui-ci va continuer de générer des revenus grâce à ses actifs existants.

De plus, la présomption à l'effet que le revenu généré par les actifs du régime est statique ne reflète aucunement la réalité. Le niveau de capitalisation des régimes de retraite fluctue considérablement d'année en année en vertu des taux d'intérêts, des revenus d'investissements et d'autres facteurs. En fait, la plupart des régimes de retraite à prestations déterminées seront bientôt entièrement capitalisés et plusieurs connaissent même un surplus. Selon l'agence d'évaluation et de notation AON Hewitt, un service d'expertise en matière de ressources humaines, le ratio médian de solvabilité des régimes de retraite dont tient compte AON Hewitt — c'est-à-dire rien de moins que 275 régimes de retraite publics, semi-publics et privés — a augmenté de 25% en un an. En date du 31 décembre 2013, le ratio médian de solvabilité était de 93,4%. L'indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite, qui détermine le niveau de capitalisation d'un régime de retraite à prestations déterminées hypothétique, a évalué ce niveau à 106% le 31 décembre 2013, alors qu'il était à 82% au début de 2013 et qu'il est à son niveau le plus élevé depuis juin 2001. Près de 40% des régimes de retraite qui ont été évalués par Mercer sont entièrement capitalisés, alors que leur proportion était de 6% au début de 2012.

La lettre d'opinion de Milke démontre l'arrogance des cercles dominants qui savent que tout ce qu'ils mettent de l'avant ne sera pas contesté par les médias de masse. Ils savent qu'il peuvent déblatérer tant qu'ils le veulent, prôner des argumentations basées sur l'irrationalité et la désinformation pour servir leurs intérêts privés étroits sans que jamais les médias ne les obligent à rendre des comptes pour ce qu'ils avancent.

Pour ne pas être mis sur la défensive, la classe ouvrière et ses organisations doivent intensifier leurs propres actions avec analyse et veiller à ce que leur voix atteigne le peuple. L'Opposition ouvrière doit tenir ces gouvernements, ces monopoles et leurs think tanks redevables de leurs actions et passer à l'offensive en faveur d'une alternative prosociale. Les travailleurs du secteur public et leurs organisations doivent continuer de ne pas broncher sur leur position à la défense du droit de tous à une retraite en sécurité et doivent mettre de l'avant leur propre alternative sous la forme d'un ordre du jour et un programme servant l'intérêt public.

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