Le Marxiste-Léniniste

Numéro 52 - 16 avril 2014

Les petits partis s'opposent au projet de loi C-23,
loi sur l'« intégrité électorale »

Le projet de loi C-23 ne doit pas passer

Les petits partis s'opposent au projet de loi C-23, loi sur l'« intégrité électorale »
Le projet de loi C-23 ne doit pas passer - Communiqué conjoint

Un hommage intéressé et des louanges imméritées
Les funérailles d'État pour l'ex-ministre des Finances et l'opportunisme crasse des conservateurs
L'ancien ministre des Finances doit être tenu responsable de dommages économiques, de criminalisation des travailleurs canadiens et de budgets de guerre à répétition - Tony Seed


Les petits partis s'opposent au projet de loi C-23,
loi sur l'« intégrité électorale »

Le projet de loi C-23 ne doit pas passer

Ottawa, 11 avril 2014 — Les partis politiques enregistrés présentement sans représentation à la Chambre des communes se sont réunis à Ottawa pour discuter du projet de loi C-23, Loi modifiant la Loi électorale du Canada et d'autres lois et modifiant certaines lois en conséquence. Les partis énumérés ci-dessous se sont entendus pour émettre la déclaration suivante. Ils sont aussi préoccupés par les nombreux autres dispositions du projet de loi C-23 et invitent les médias à les contacter individuellement.

Le Parti conservateur du Canada, supervisé par le premier ministre Stephen Harper, espère voler la prochaine élection fédérale. Le projet de loi C-23, la prétendue « loi sur l'intégrité des élections », est son plan de match. Nous travaillons ensemble pour arrêter les conservateurs et protéger le droit de tous les Canadiens et de toutes les Canadiennes de voter dans des élections justes, équitables et honnêtes, libres des tactiques de suppression de votes, de fraudes électorales, de négation des droits fondamentaux, et supervisées par une Élections Canada indépendante et effective.

Les conservateurs et Stephen Harper sont terrifiés parce qu'ils ne peuvent pas gagner une élection honnêtement ; ils espèrent gagner avec une élection truquée.

L'opposition au projet de loi C-23 de Stephen Harper est quasi universelle, condamnée par des représentants d'agences électorales du Canada et du monde et par des experts sur la démocratie et les élections. Il est soutenu uniquement par les politiciens conservateurs qui espèrent bénéficier de ses pires dispositions. Le projet de loi C-23 permet à des gens de commettre la fraude électorale et de s'en sauver, encourage la confusion et de longs délais le jour de l'élection et prive des centaines de milliers de Canadiens et de Canadiennes de leur droit de vote.

Le projet de loi C-23 va même plus loin : il empêche Élections Canada de mettre en garde les électeurs qui sont la cible de fraude ou de tactiques de suppression de votes. Il va jusqu'à interdire à Élections Canada d'encourager les citoyens à voter, surtout les jeunes, les nouveaux Canadiens et les membres des Premières Nations.

À partir de maintenant et jusqu'à la prochaine élection et après, si nécessaire, nous allons travailler ensemble pour protéger les Canadiens et les Canadiennes contre cette atteinte à leur droit fondamental d'élire que commettent Stephen Harper et les conservateurs. Nous allons nous battre pour nos concitoyens et leurs droits durement acquis partout où nous le pourrons — devant les tribunaux, dans la rue, dans les élections, dans les médias sociaux, dans les classes d'école, partout où se rassemblent ceux qui croient aux droits démocratiques et en un gouvernement honnête.

Nous demandons à tous les Canadiens et à toutes les Canadiennes de nous aider à empêcher Stephen Harper et les conservateurs de voler leur élection et d'usurper leurs droits.

Pour plus de renseignement communiquer avec :

Animal Alliance Environment Voters Party of Canada, 416-462-9541, www. environmentvoters.org
Parti action canadienne, 519-852-8279, www.canadianactionparty.ca
Parti communiste du Canada, 416-469-2446, www.communist-party.ca
Parti de l'héritage chrétien du Canada, 819-281-6686, 1-888-868-3247, www.chp.ca
Parti libertarien du Canada, 613-288-9089, www.libertarian.ca
Parti marijuana du Canada, 514-507-5188, www.marijuanaparty.ca
Parti marxiste-léniniste du Canada, 416-253-4475, www.pmlc.ca
Parti pirate du Canada, 877-978-2023, www.pirateparty.ca
Parti pour la responsabilisation, la compétence et la transparence, 416-567-6913,
www.onlineparty.ca
Parti progressiste canadien, 905-853-8949, www.pcparty.org
Parti rhinocéros, 514-903-9450, www.neorhino.ca

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Un hommage intéressé et des louanges imméritées

Les funérailles d'État pour l'ex-ministre des Finances et l'opportunisme crasse des conservateurs

Nous publions dans ce numéro un article sur les réalisations véritables de l'ancien ministre des Finances qui est décédé le 10 avril. Ces réalisations visent entièrement à la destruction nationale sur la base du programme de payer les riches, d'augmenter le financement pour la guerre et l'annexion et de détruire l'autorité publique par des coupures massives aux programmes sociaux. Les médias contrôlés par les monopoles n'en sont pas mois pleins d'éloges pour l'ancien ministre des Finances et ses budgets et des funérailles d'État lui ont été organisées aujourd'hui mercredi 16 avril. Tout cela se produit à un moment où les conservateurs sont en proie aux scandales et tentent d'imposer un projet de loi à la Chambre des communes et au Sénat qui détruira le processus électoral du Canada dans le but de favoriser la réélection des conservateurs. Maintenant, l'autre partie de l'intrigue vient aussi d'être révélée. Dans le Hill Times du 14 avril, nous lisons que même si la prochaine élection est censée avoir lieu le 19 octobre 2015, « certains initiés parmi les conservateurs ainsi que les partis d'opposition disent que le premier ministre Stephen Harper pourrait décider de la déclencher plus tôt pour profiter de l'élan généré par l'équilibré budgétaire fédéral prévu pour l'année prochaine avec des milliards $ de surplus ».

« S'il y a un budget et qu'il est équilibré et il veut saupoudrer quelques bonbons, c'est une bonne occasion de le faire [déclencher des élections] et puis se lancer, plutôt que de rester là et perdre avec le temps la remontée que le budget va lui fournir ' , écrit Keith Beardsley, ancien chef-adjoint du cabinet du premier ministre Harper (Calgary-Sud-Ouest, Alberta) qui est maintenant un partenaire chez True North Public Affairs.

Le Hill Times écrit : « Les budgets fédéraux annuels sont habituellement déposés en février ou mars. Le budget de l'an prochain va probablement dégager un excédent de 6 milliards $ et le gouvernement Harper devrait annoncer un certain nombre d'allégements fiscaux pour les Canadiens, y compris le fractionnement du revenu, une mesure fiscale controversée qui va bénéficier principalement aux couples avec un conjoint à revenu élevé. Les conservateurs espèrent beaucoup se gagner un vaste appui avec ce budget et garder le momentum grâce à lui. ».

L'opportunisme crasse de la dictature Harper et des soi-disant grands partis politiques est telle que tout cela est considéré comme faisant simplement partie des règles du jeu. C'est la prérogative du premier ministre de déclencher des élections quand bon lui semble, tout comme il a fait adopter une loi pour des élections à date fixe quand c'était utile à sa promotion de sa conception néolibérale de la responsabilité. L'essence de cette notion néolibérale de la responsabilité c'est que les Canadiens ne peuvent exercer aucun contrôle sur les décisions qui affectent leur vie et c'est ce que l'ancien ministre des Finances, Jim Flaherty, a défendu jusqu'au bout. Promouvoir cette fraude de la responsabilité en tenant des funérailles d'État pour lui chanter des hymnes est quelque chose de méprisable.

Un vétéran conservateur parmi les initiés a déclaré : « Le temps ne lui est pas favorable [à Harper] Le plus longtemps vous êtes là [au gouvernement ], plus fortes sont les probabilités que quelque chose va se produire ; après plus de huit années au pouvoir, les choses ne sont plus les mêmes que ce qu'elles étaient en 2006 [lorsque Harper a été élu]. C'est un scénario très différent ' , a dit cette source, ajoutant que la question Nigel Wright-Michael Duffy pourrait également jouer un rôle clé quand la prochaine élection sera appelée. L'enquête de la GRC est toujours en cours et on n'en voit pas la fin.

Les initiés et M. Beardsley font tous état de la campagne publicitaire en cours de leur parti contre le chef du Parti libéral Justin Trudeau (dans la circonscription québécoise de Papineau), des annonces de plus en plus fréquentes du gouvernement pour promouvoir le Plan d'action économique conservateur et de la ligne dure partisane du gouvernement contre le directeur-général des élections, Marc Mayrand, des choses ultra-partisanes de la part du gouvernement qui habituellement sont réservées aux semaines précédent le déclenchement des élections.

« C'est très rare [la publicité et la ligne dure partisane] à un stade aussi précoce ' , a déclaré M. Beardsley . « Il n'y a aucune raison pour que le parti s'adonne à autant de publicité alors que les élections ne sont pas si proches. Ce sont des choses qui alertent les gens. Le projet de loi [la Loi sur l'intégrité électorale] va être adopté, ils ont la majorité. Donc, il n'y a pas besoin de faire ça [d'attaquer le directeur-général des élections]. Ils sont presque dans un état d'esprit pré-électoral où chaque jour vous faites la guerre à votre adversaire ».

« M. Beardsley a également confirmé qu'il a déjà obtenu les curriculum vitae de certains membres du personnel de la colline parlementaire qui veulent obtenir un emploi plus tôt, juste au cas où les conservateurs décident de déclencher des élections après le budget et que tout à coup des centaines de membres du personnel de la colline sont à la recherche d'emplois », écrit le Hill Times .

Tenir des funérailles d'État pour Jim Flaherty c'est en essence faire la promotion des budgets d'austérité néolibérale et de la destruction nationale du gouvernement Harper pour étouffer le fait qu'ils se vont se livrer à des élections sur la base de la fraude et de la désinformation totales. Le système à deux partis et l'équilibre parlementaire qui ont prévalu dans le passé sont fondés sur la prémisse que le parti au pouvoir est remplacé par le parti de l'opposition lorsque son programme est devenu discrédité. Cela fait longtemps que les choses n'opèrent plus de cette façon. Les élections aujourd'hui sont des coups électoraux contre le corps politique où le fait de voter « pour le moindre mal » n'est plus une valeur sûre. Pour construire l'opposition ouvrière à la destruction nationale et à l'offensive antisociale, il faut que les contingents de travailleurs organisés, les jeunes et les étudiants et les associations de citoyens et résidents canadiens s'opposent à la restructuration de l'État qui permet aux intérêts privés des monopoles de prendre directement le contrôle des institutions de l'État, de la fonction publique aux services financiers, de la sécurité, des services correctionnels et des forces armées alors que tout ce qui concerne l'autorité publique est détruit. Il faut défendre la notion moderne de droits individuels et collectifs qui appartiennent à leurs détenteurs en vertu de leur être même. Les droits ne sont pas des privilèges qui peuvent être donnés ou enlevés par une couche sociale qui a les privilèges qu'il faut pour le faire. Il est urgent de mettre en place une conception moderne des droits et de lutter pour des arrangements basés sur cette conception moderne. Cela fournit à ceux qui s'opposent à l'état de choses actuel une base solide pour vaincre les efforts du système de cartel de partis d'usurper le pouvoir de prise de décision par des coups électoraux. Partout au pays, les efforts pour vaincre la dictature Harper se multiplient. À cet égard, l'opposition ne doit pas permettre que la question soit réduite à s'opposer à telle ou telle politique au moyen d'un énoncé de politique qui est censé être meilleur. Ce ne sont pas les énoncés de politique qui sont à même de défendre les intérêts du peuple et non des riches, comme l'ont bien montré les pratiques de l'ancien ministre des Finances. Les énoncés de politique servent à masquer quels intérêts sont promus et la destruction nationale en cours.

Faisons respecter le droit public en opposition aux intérêts privés des monopoles !
Oui au secteur manufacturier, non à la destruction nationale !
À qui les ressources et la démocratie de qui ? Nos ressources et notre démocratie !
À nous de décider !

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L'ancien ministre des Finances doit être tenu responsable de dommages économiques, de criminalisation des travailleurs canadiens et de budgets de guerre à répétition


Les travailleurs manifestent devant le bureau de campagne de Flaherty dans Whitby-Oshawa pendant l'élection de 2008.

Les médias ne cessent de faire les éloges de Jim Flaherty (1949-2014) décédé de façon soudaine le 10 avril. Avant sa retraite récente, Flaherty était ministre fédéral des Finances et ce, depuis le coup électoral de 2006 qui a propulsé le gouvernment Harper au pouvoir.

Selon les médias et le discours politique officiel, peu importe ce qu'on peut penser des politiques de Flaherty, il faut reconnaître qu'il avait des « qualités humaines ». Il aurait mis de côté « toute partisanerie » dans l'objectif commun de « faire croître l'économie canadienne », et pour cette raison, « les politiciens au delà de toutes affiliations regrettent son départ ». En somme, peut-être que les patrons des médias cherchent-ils à projeter le parfait alliage : un homme qui est un exploiteur sans merci mais qui peut donner un visage humain à cette exploitation.

Par exemple, la télévision de Radio-Canada a déclaré que : « Notre ministre des Finances reçoit des condoléances de partout dans le monde » et est « respecté partout dans le monde ». En réalité, les hommages proviennent exclusivement des membres des pays riches du G-8, qu'on fait passer pour la « communauté internationale ». Parmi eux, on retrouve le Fonds monétaire international mondialiste et Jack Lew, le secrétaire du Trésor des États-Unis, qui affirme que Flaherty « a veillé à ce que les travailleurs aient la possibilité de prendre leur retraite dans la dignité » - un mensonge éhonté puisque le gouvernement des États-Unis a lui-même affirmé que la prochaine génération de travailleurs n'aurait tout simplement pas de régime de retraite.

Radio-Canada avait peut-être en mémoire les manifestations des travailleurs actifs et retraités des travailleurs de l'automobile et des métallos devant son bureau de comté de Whitby-Oshawa quand elle s'est demandée de façon rhétorique : « Qu'est-ce que les Canadiens vont retenir de Flaherty ? » comme si son opinion n'était pas déjà faite.

Ce n'est pas du tout fortuit que le gouvernement Harper ait mis les drapeaux en berne pour son homme de main et ait organisé des funérailles d'État le 16 avril à Toronto, quelque chose de très rare dans la vie politique canadienne et habituellement réservé aux premiers ministres qui décèdent.

La feuille de route de Flaherty révèle au delà de tout doute qu'il devrait être tenu responsable de dommages économiques, de criminalisation des travailleurs canadiens et de nombreux budgets de guerre. Flaherty, un conseiller juridique d'entreprise de profession, était un représentant politique de l'élite financière ainsi qu'un champion néolibéral de l'offensive antisyndicale, antiouvrière, antisociale et antinationale. Il fut ministre fédéral des Finances de 2006 à 2014. Il fut aussi ministre des Finances du gouvernement de l'Ontario de 2001 à 2002, lorsqu'il fut rétrogradé.

C'est un Flaherty sans conscience sociale et sans aucun sens des responsabilités qui avait lancé l'appel à jeter les sans-abris en prison lors de sa campagne à la chefferie du Parti conservateur en 2002, laquelle avait été menée sur le thème de la « loi et l'ordre » et de la privatisation de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO). Après sa défaite, Flaherty s'est essayé à nouveau pour être défait encore une fois par John Tory en 2005. C'est à ce moment qu'il s'est joint à l'équipe Harper au fédéral, avec certains comparses dont John Baird, tous tenants de la « révolution du bon sens » de Harris qui avait été combattue becs et ongles par la classe ouvrière de l'Ontario. En vertu de sa nomination en tant que ministre des Finances en 2006, il est aussi devenu gouverneur de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui ont fait tant de dommages aux économies des pays dépendants. Il avait aussi été nommé ministre fédéral désigné responsable de la région du grand Toronto. Sa conjointe Christine avait hérité de son siège à l'Assemblée législative de l'Ontario.

La béatification du règne de Flaherty vise à obscurcir la direction actuelle de l'État canadien et à insinuer que la résistance continue du peuple canadien vient du fait que celui-ci ne fait que s'objecter à certaines politiques individuelles adoptées, mais que dans l'ensemble, les objectifs de ces politiques sont louables car elles visent à « faire croître l'économie ». Au sujet du dernier budget fédéral de Flaherty, LML écrivait :

« La chute des dépenses de programmes fédérales, qui a débuté avec les gouvernements libéraux Chrétien et Martin et se continue avec Harper, est telle qu'elles ne représentent maintenant que 13 % du produit intérieur brut, soit le pourcentage le plus bas en 70 ans. Des milliards de dollars de coupures de programmes vont bientôt entrer en vigueur. Si on ajoute à cela le gel des dépenses de programmes annoncé dans ce budget, on obtient une réduction d'ensemble des dépenses de programmes en santé, en éducation, dans les affaires autochtones et les services aux anciens combattants et dans d'autres secteurs à un niveau qu'on n'avait pas connu depuis la période d'avant la Deuxième Guerre mondiale.

« Tous sont au courant maintenant des coupures dans l'assurance-emploi, du dénuement de la réglementation et de l'effondrement de l'autorité publique qui est censée garantir la sécurité alimentaire, le système de transport et les autres aspects qui font partie d'une société moderne. L'essence des mesures de destruction des programmes sociaux et des services publics est de détruire toute autorité publique qui protège le bien-être et la sécurité des Canadiens et restreint le droit de monopole. »

Plutôt que de financer les programmes veillant au bien-être du peuple canadien et à l'édification nationale, les budgets de Flaherty ont détourné des sommes de plus en plus grandes des fonds publics vers les intérêts privés. Flaherty l'a fait ouvertement en siphonnant le trésor public pour les monopoles, surtout pour les monopoles étrangers - en particulier les monopoles étasuniens de l'automobile - par le biais de son Fonds d'innovation. Il l'a aussi fait de façon plus discrète en fournissant des fonds publics du trésor fédéral aux intérêts privés par le biais de partenariats publics-privés favorisant la construction d'infrastructures et les préparatifs de guerre.

Les travailleurs canadiens ne verseront pas une larme pour Flaherty. Lors d'une autre manifestation devant son bureau en 2011, Len Harrison, le président du Comité exécutif des travailleurs retraités des Travailleurs canadiens de l'automobile, avait dit : « Flaherty nous a poignardés dans le dos. Plutôt que de respecter ses promesses envers les retraités en faisant en sorte que le régime de pensions du Canada augmente peu à peu, permettant à tout le monde d'avoir un régime de retraite, Flaherty a viré capot et est allé retrouver ses amis de la communauté financière. » Près de 70 % des Canadiens n'ont aucun régime de retraite et doivent compter sur la pension de retraite du Canada et sur le supplément de revenu pour personnes âgées, finissant ainsi leurs jours dans la pauvreté. Flaherty a trahi sa promesse de consolider la pension de vieillesse et a plutôt choisi un régime d'épargne privé destiné à payer les riches, tout en n'offrant aucune subvention pour les programmes sociaux de base tels l'éducation, la santé, les logements abordables et les services de garderie universels.

Les métallos de Hamilton, les travailleurs d'Air Canada et de Postes Canada, ainsi que ceux de Vale, d'Xstrata et de Produits forestiers résolu (AbitibiBowater) partout au Canada ont tous courageusement défendu leurs droits contre les voleurs corporatifs et la dictature Harper, tandis que Flaherty s'est fait le plus grand défenseur de ces derniers.

La criminalisation des travailleurs canadiens


Les travailleurs de lignes aériennes s'opposent à une loi de retour au travail devant le bureau de la ministre du Travail Lisa Raitt le 13 octobre 2011.

La grève des travailleurs des lignes aériennes en 2011 révèle le rôle de propagandiste de Flaherty et comment celui-ci s'est servi de son poste de ministre de la Couronne pour intervenir contre la classe ouvrière. Malgré le fait qu'Air Canada était directement responsable des effets néfastes de la grève sur l'économie et que les relations de travail ne relevaient pas de la responsabilité ministérielle, Flaherty a joint sa voix à celle de la ministre du Travail, Lisa Raitt pour appuyer les préparatifs d'un projet de loi forçant les travailleurs à retourner au travail, criminalisant ainsi les travailleurs plutôt que de les défendre. Belle « qualité humaine », en effet ! Par le biais de mesures parlementaires et bureaucratiques injustes et tout à fait nuisibles visant à nier les droits des travailleurs de l'industrie aérienne et des postiers, la machine d'État, dirigée par les Harpériens, a été exposée en tant qu'instrument des détenteurs du grand capital contre la classe ouvrière.

Air Canada, par exemple, a ainsi tenté de profiter de sa position dominante pour trahir ses engagements envers les travailleurs sur les régimes de retraite et pour imposer des conditions à deux vitesses dans les endroits de travail, même si ces engagements étaient un prérequis pour que les tribunaux acceptent le plan et les arrangements mis de l'avant par Air Canada pour que celui-ci n'ait pas recours à la protection de la faillite (dont Air Canada a aussi profité pour faire de l'argent sur le dos des travailleurs).

Le fait que le gouvernement du Canada et Flaherty en personne aient participé à l'élaboration de ces arrangements signifie qu'ils ont manqué à leur devoir de défendre les travailleurs, en plus d'être en conflit d'intérêt flagrant. Les travailleurs ont tout en main pour tenir Flaherty et le gouvernement responsables.

Lors d'une sortie publique, Flaherty avait reconnu sa responsabilité dans cette affaire : « Je suis très au courant de la situation à Air Canada. J'y ai joué un rôle en 2009 lorsque nous avons élaboré une entente avec les syndicats et les gestionnaires sur la question des régimes de retraite pour gagner du temps - plusieurs années, en l'occurrence. Mais il s'agit d'une question à caractère économique, et je suis heureux de constater que la ministre du Travail va agir. »

Un destructeur de la nation

Les monopoles comme Air Canada, Postes Canada, US Steel, les monopoles de l'automobile, de la foresterie et de l'agriculture font toujours valoir leurs soi-disant préoccupations face à l'économie, qu'elles appellent leurs efforts pour « rendre le Canada concurrentiel », pour justifier l'usage de leur position dominante pour extorquer des concessions aux travailleurs. Leurs représentants politiques et les médias prétendent que le gouvernement n'intervient pas dans ces extorsions de concessions. En fait, plutôt que d'exiger que ces compagnies rendent des comptes, Flaherty et le gouvernement Harper se sont rangés de leur bord en invoquant leurs inquiétudes pour l'économie et en intervenant pour criminaliser et isoler les travailleurs, tout en donnant carte blanche aux compagnies.

Flaherty et son cabinet avaient déclaré en 2011, pour employer les mots de Tony Clement, que « maintenant, US Steel peut faire tout ce qu'il veut ». US Steel a pris le contrôle de Stelco Inc.et a mis 1 500 travailleurs à la porte dans ses usines de Hamilton et de Lake Erie en 2009 pour avoir refusé de se plier aux concessions exigées par la compagnie. Elle a ensuite cessé la production de l'acier à l'usine de Hamilton Stelco en 2013 - pour de bon, selon son dire - en violation de tous ses engagements contractuels en vertu de la Loi sur l'examen de l'investissement étranger. La section locale 1005 du Syndicat des métallos a vaillamment tracé une ligne dans le sable sur la question des régimes de retraite, des concessions, de la destruction de l'industrie manufacturière et de l'élimination de la production de l'acier, un atout national de l'économie canadienne. Plutôt que de réagir aux propositions sensées du syndicat, qui avaient l'aval du conseil municipal de Hamilton, le gouvernement de Harper et celui de Wynne ont lâchement facilité la destruction de Stelco. Aujourd'hui, la production canadienne de l'acier a été détruite. La destruction de la production manufacturière, particulièrement en Ontario et au Québec, a réduit le montant de richesse que les travailleurs produisent et le montant requis pour les programmes sociaux, tout en facilitant l'annexion du Canada à l'empire étasunien.

Selon le bulletin des travailleurs de l'acier, Information Update : « Depuis son invasion du Canada en 2007 dans le but de prendre le contrôle des usines d'acier de Stelco, US Steel met de l'avant sa politique de la table rase. Il a dit que c'est futile de la part de la ville de Hamilton que de produire de l'acier. Selon US Steel, il faut détruire la production de l'acier au Canada afin de pouvoir réduire la compétition avec la production d'acier de ses usines aux États-Unis, qui depuis des années ont un faible taux d'utilisation de leurs capacités. » Face à cette destruction nationale, Flaherty a capitulé et s'est mis au lit avec US Steel plutôt que de prendre position en faveur de l'acier et des producteurs canadiens.

La désinformation sur la nature des budgets de Flaherty

L'obesssion de Harper -Flaherty pour réduire les impôts des entreprises et ensuite monter en épingle les déficits et les dettes qui en résultent est devenue une arme politique et idéologique de premier plan. Harper et Flaherty se sont alors mis à répéter ad nauseam que le gouvernement n'était pas capable de pourvoir financièrement à la demande du peuple canadien pour des régimes de pension pour tous, pour un système national de services de garderies et pour un système public d'assurance-maladie et d'assurance-médicaments et toute autre mesure visant à assurer le bien-être du peuple.

On vante le ministre des Finances pour être venu à la « rescousse » du Canada suite à la récession de 2008, alors qu'en réalité ce sont les ressources publiques qui en ont atténué l'impact. Le budget de Flaherty avait alors été qualifié de « non-idéologique » parce qu'il permettait un déficit. La désinformation a eu beau jeu sur ce budget, par exemple sur comment Flaherty a « tenu tête » à Harper et comment il s'est opposé à son « conservatisme » ainsi qu'aux pressions exercées par des organismes extrémistes comme l'Institut Fraser et le Frontier Centre qui exigeaient des mesures comme d'importantes baisses de salaires pour éliminer le déficit.

En disant écouter son coeur et suivre ses idées et non celles des extrémistes, Flaherty a pu présenter ses budgets comme étant « modérés », « représentatifs », « non-partisans » et « non-idéologiques », se distinguant ainsi des mesures promues par l'extrême-droite, celles-ci étant conservatrices, idéologiques et ouvertement au service du grand capital.

Pendant tout ce temps, les ressources furent mobilisées par l'État à des fins privées, et non publiques. Et c'est cela qu'on prétend être non idéologique !

L'une des mesures les plus promues par Flaherty a été la privatisation néolibérale. En 2009, une nouvelle agence fut créée, PPP Canada, qui obligeait les municipalités à faire du « partenariat » avec les grandes entreprises pour le financement à profit d'infrastructures publiques et de services. Le budget initial de PPP Canada était de un milliard $.

Des budgets pour l'annexion et la guerre

Flaherty a mis tous ses budgets au service des États- Unis des monopoles de l'Amérique du Nord et leurs efforts de domination mondiale, en particulier par le biais de la stratégie du pivot vers l'Asie d'Obama. C'est une stratégie de militarisation de l'économie, de la création du Périmètre de sécurité nord-américain, de l'intégration des forces armées et de leur déploiement jusqu'aux confins de l'empire étasunien. Alors que, tel que mentionné plus haut, les dépenses totales pour les programmes sociaux ont été réduites drastiquement, Flaherty a plus que doublé le budget militaire fédéral dans les huit dernières années depuis le budget de 11 milliards $ des libéraux de Paul Martin. On évalue à 100 milliards $ le programme sur plusieurs années visant à bâtir une nouvelle flotte de navires de combat bluewater ainsi que des navires de garde côtière destinée à dégager le passage du Nord-Ouest pour faciliter les allées et venues des monopoles du gaz et du pétrole. Des milliards $ supplémentaires sont prévus pour les côtes de l'Atlantique, du Pacifique et de l'Arctique pour des plans liés aux soi-disant « gateway », menant à la modernisation des ports et des infrastructures inter-modaux du transport, permettant ainsi d'accélérer le transport de produits, de ressources et de personnel militaire et d'armements d'outre-mer jusqu'au coeur des États-Unis et vice-versa.

La dictature

Le 4 octobre 2011, Flaherty a déposé le projet de loi C-13, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget de 2011 telles que mises à jour le 6 juin 2011 et autres mesures. Le titre du projet de loi donnait l'impression qu'il s'agissait uniquement de mesures de financement de certains programmes gouvernementaux. C'était loin d'être le cas. Il contenait d'importants changements au Régime de pensions du Canada, y compris des mesures visant à établir des régimes d'épargne individuels pour remplacer un régime public de pensions, des changements aux règlements du commerce international, à la Loi canadienne sur les droits de la personne et à la Loi sur Élections Canada. Même s'il ne se nommait pas ainsi, il s'agissait bel et bien d'un projet de loi omnibus ( 644 pages divisées en 22 sections) contenant de vastes changements à l'État canadien.

En guise de présentation du projet de loi, Flaherty avait déclaré : « « Notre gouvernement se concentre sur les questions qui importent aux Canadiens, c'est-à-dire la création d'emplois et la croissance économique. Bien que le Canada ait la plus forte croissance de l'emploi observée dans le G-7, avec près de 600 000 emplois nets créés depuis juillet 2009, et que, selon les prévisions du FMI, la croissance économique du Canada figurera parmi les plus fortes des pays du G-7 au cours des deux prochaines années, nous ne sommes pas à l'abri des perturbations économiques mondiales. C'est pourquoi nous devons maintenir le cap et mettre en oeuvre la prochaine phase du Plan d'action économique du Canada. » Afin d'empêcher toute discussion digne de ce nom sur ce projet de loi et sur la direction qu'il impose au Canada, et malgré sa majorité parlementaire, le gouvernement a passé une motion le 6 octobre limitant le débat sur le projet de loi à trois jours de séance parlementaire.

La nécessité de bâtir l'opposition ouvrière

Le défi qui est posé au peuple est de s'unir pour stopper et renverser cette direction antisociale du gouvernement Harper qui place les demandes et les intérêts privés étroits des monopoles mondiaux avant le peuple canadien et l'intérêt public.

Le refus des monopoles mondiaux et de leurs représentants politiques comme le ministre des Finances de reconnaître le droit public et les droits des véritables producteurs, la classe ouvrière, est ce qui crée un déséquilibre au pays. Ce déséquilibre se manifeste dans l'incapacité et le refus des monopoles mondiaux et de la classe politique de résoudre la crise économique de façon qui soit favorable au peuple. Qui plus est, les monopoles mondiaux et la classe politique se servent de la crise comme prétexte pour extorquer des concessions, pour consolider leur pouvoir économique et politique et pour empêcher la classe ouvrière d'assumer des positions d'autorité lui permettant de mettre en pratique son propre programme et son propre ordre du jour afin de résoudre les problèmes et la crise d'une façon qui serve les intérêts du peuple et de la société.

L'économie canadienne est affectée tant par des facteurs conscients que par des facteurs spontanés. L'intervention gouvernementale dans l'économie par le biais de budgets et de politiques comme le libre-échange peut directement affecter les facteurs spontanés. Les facteurs conscients et spontanés fixent la direction de l'économie pour le meilleur ou pour le pire. Afin de défendre ses droits et les droits de tous et de fournir une nouvelle direction à l'économie qui favorise le peuple et l'édification de la nation, le mouvement ouvrier doit intervenir dans l'économie avec son propre programme pour influencer les facteurs conscients et spontanés.

Ainsi faut-il examiner le contenu de l'intervention gouvernementale, par exemple les budgets fédéraux, provinciaux et municipaux et déterminer comment les politiques conscientes du gouvernement en question affectent les facteurs spontanés et la direction générale de l'économie. À partir de cette analyse, le mouvement ouvrier peut tenir le gouvernement responsable et exiger qu'il rende des comptes pour ses actions et il peut par le fait même développer son emprise sur son propre ordre du jour indépendant afin d'intervenir dans l'économie à la défense de ses droits et des droits de tous.

L'ampleur de l'hommage inhumain et a-historique des médias pour le ministre des Finances a atteint son apogée le 16 avril à l'occasion des funérailles d'État. Cette mise en scène met en lumière la nécessité d'une Opposition ouvrière puissante et efficace qui peut mobiliser le peuple pour exiger un changement dans la direction de l'économie. La question qui se pose au peuple canadien est de tout mettre en oeuvre pour organiser et bâtir cette Opposition ouvrière.

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