Le Marxiste-Léniniste

Numéro 49 - 10 avril 2014

Résolution du VIIIe Congrès

Le travail du PCC(M-L)
pour renforcer le Parti


Au VIIIe Congrès du PCC(M-L) en aoùt 2008

Salutations du Comité central du PCC(M-L) à l'occasion du 44e anniversaire de la fondation du Parti
Résolution du VIIIe Congrès sur l'édification du Parti
La définition moderne de l'organisation de base - Extraits du discours prononcé par Hardial Bains à la Seizième Conférence consultative du PCC(M-L), août 1994 


Salutations du Comité central du PCC(M-L) à l'occasion du 44e anniversaire de la fondation du Parti


Au VIIIe Congrès du PCC(M-L) en août 2008

À l'occasion du 44e anniversaire de la fondation du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) le 31 mars 1970, le Comité central transmet ses salutations révolutionnaires à tous les membres et sympathisants du Parti à travers le pays. Les organisations du Parti tiennent des réunions pour célébrer cet anniversaire en accordant une attention de premier plan à leur propre travail organisationnel pour mobiliser la classe ouvrière et ses alliés pour résoudre à l'avantage du peuple la crise actuelle causée par la destruction néolibérale.

Il y a 44 ans, les Internationalistes, réorganisés en organisation marxiste-léniniste, ont dirigé les communistes, les étudiants et les travailleurs à la fondation du PCC(M-L). Toutes les activités menées par le PCC(M-L) depuis sont traversées par un même fil : développer le rôle dirigeant de la classe ouvrière dans la société. La force du PCC(M-L) est dans sa théorie révolutionnaire, sa ligne politique et ses organisations à différents niveaux qui portent toujours attention aux tâches particulières qui permettent d'ouvrir la voie au progrès de la société. Le tranchant de la lutte pour la période actuelle est de s'engager dans la politique pratique pour mobiliser la classe ouvrière et le peuple pour réaliser le projet d'édification nationale énoncé dans ses grandes lignes dans l'Initiative historique du Parti adoptée en 1995 pour investir le peuple du pouvoir souverain.

Nous saluons avec enthousiasme le travail entrepris par les organisations du Parti à travers le pays pour traduire les succès obtenus en victoire historique en activant le facteur humain/conscience sociale pour mettre un terme à la destruction à laquelle se livrent les riches et leurs partis politiques et agences d'État.

Le Parti s'est donné comme thème pour le travail cette année : « Bâtir les comités de citoyens ». L'important dans ce travail est de créer un espace pour le développement du facteur humain. C'est de s'assurer que les travailleurs, les femmes, les jeunes, les étudiants et les aînés aient une forme sociale pour s'adresser ensemble aux choses qui les préoccupent et qui concernent la société et le monde. En fixant leur ordre du jour, en le réalisant et en faisant le bilan des résultats, ils peuvent devenir efficaces à développer la politique indépendante de la classe ouvrière pour priver les monopoles et les gouvernements à leur service du pouvoir de priver le peuple de ses droits. Pour bâtir ces comités, le Parti propose à la classe la méthode qu'il utilise dans tout son travail : apprendre ensemble, travailler en tant que collectif et prendre la responsabilité sociale.

Pour ce faire, il y a un an, à l'occasion du 43e anniversaire du Parti, le plénum élargi du Comité central a entrepris de préparer le IXe Congrès du Parti en renforçant les organisations de base qui établissent l'autorité du Parti sur tous les fronts. La demande faite à toutes les organisations du Parti est que tout le monde participe à la mise en application du programme du Parti en établissant un plan de travail à leur niveau et en assumant la responsabilité de sa mise en oeuvre.

Une autre tâche cruciale est de consolider la presse de masse du Parti. En 1985, la presse de masse du Parti a entrepris de développer le rôle dirigeant de la classe ouvrière en bâtissant le mouvement pour les idées éclairées et en répondant aux préoccupations du peuple sur cette base.

Prenant la parole à l'occasion du 10e anniversaire de l'établissement de la presse de masse du Parti en 1995, le camarade Bains faisait remarquer : « Ce fut un travail très difficile, très éprouvant. Non pas difficile du point de vue technique ou scientifique. La difficulté réside surtout dans le facteur humain. Il y a dix ans, nous nous étions fixé comme tâche de créer, tout en construisant la base technique, un communiste, la personne, d'un nouveau genre. [ ] Durant les dix années de ce travail, il y a eu un développement formidable, mais de tous les problèmes à l'ordre du jour, le plus important est nul doute la création d'une force humaine, celle qui prend la forme d'une organisation de base, une forteresse du communisme [ ]. »

Le travail de la presse de masse de parti accompli depuis ce temps a signifié l'activation non seulement des forces d'avant-garde regroupées dans le Parti, mais de l'ensemble de la classe ouvrière et du peuple dans l'accomplissement de leurs devoirs et l'affirmation de leurs droits de façon à apporter des solutions aux problèmes de la société.


Le fondateur et dirigeant du PCC(M-L), le camarade Hardial Bains, inaugure la Presse de masse du Parti le 1er septembre 1985.

Aujourd'hui, le besoin pour la classe ouvrière de se doter de ses propres instruments de propagande et d'information est plus important que jamais à cause du niveau sans précédent de désinformation et de mésinformation faites par les cercles dominants à tous les niveaux de gouvernement et dans les médias monopolisés. Le but de ces forces est de priver la classe ouvrière et le peuple de leur propre pensée et de la possibilité de former leurs positions et solutions indépendantes aux problèmes de la société, de manière à favoriser leurs propres intérêts. En cela, la presse du Parti joue un rôle décisif en apportant la théorie, l'information et les nouvelles et en permettant l'échange de points de vue pour que la classe ouvrière et le peuple puissent pleinement affronter l'assaut idéologique des cercles dominants contre la pensée, en lui opposant leur propre conception du monde, leurs positions indépendantes et leur conviction. Ce travail est crucial pour investir le peuple du pouvoir de décider de ses affaires et pour mener au changement que la société réclame de partout.

L'activation du facteur humain/conscience sociale en plaçant le travail organisationnel au niveau requis par le travail du Parti pour investir le peuple du pouvoir de décider de ses affaires est le défi auquel s'attaquent les camarades partout au pays à l'occasion du 44e anniversaire du Parti.

Avançons ensemble pour transformer les succès historiques
en victoire historique ! Vive notre Parti !

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Résolution du VIIIe Congrès
Sur l'édification du Parti
 

Attendu que la thèse présentée dans le Rapport d'activité du Comité central Jeter les fondements du parti communiste de masse — Les principes organisationnels léninistes est le travail pour transformer le PCC(M-L) en parti communiste de masse, créer l'effectif de masse du Parti, renforcer la vie interne du Parti et professionnaliser le travail d'édification du Parti de façon à élever la direction organisationnelle du Parti au niveau de son programme et de ses mots d'ordre politiques ;

Attendu qu'il est essentiel en ce moment de transformer le PCC(M-L) en un parti communiste de masse ;

Le VIIIe Congrès du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)

1) adopte le Rapport d'activité du Comité central sur les principes organisationnels léninistes ;

2) confie au 8e Comité central la tâche de :

1. porter attention à la qualité de membre du PCC(M-L) ;

2. renforcer le Parti en s'assurant que l'ensemble du travail organisationnel est assis sur une base idéologique et politique saine ;

3. voir à ce que le leadership organisationnel soit à la hauteur de la tâche de réaliser les mots d'ordre et décisions politiques.

3) donne au Comité central le mandat de réaliser les tâches suivantes :


Au VIIIe Congrès du PCC(M-L) en août 2008

1. Faire un examen approfondi des mesures prises pour consolider la vie interne du Parti depuis 1970 en général et depuis 1985 en particulier. Cet examen doit mettre le poids du Parti derrière la Branche du 7 Mai du Comité central afin qu'elle puisse accomplir le travail nécessaire pour éduquer les organisations du Parti à tous les niveaux. Cet examen doit être fait comme une critique et autocritique approfondies et une mise à nu des lacunes dans le travail. Son objectif est de fournir les guides à l'action pour que les organisations du Parti à tous les échelons soient des instruments révolutionnaires du Parti et de la classe ouvrière conformément aux statuts.

2. La méthode de mobilisation idéologique de masse et de mobilisation politique de masse doit être appliquée à tous les niveaux de l'organisation du Parti, de sorte que les problèmes d'organisation sont abordés sous l'angle idéo-politique en partant de la pensée et de la conception du monde du Parti et non en faisant du comportement la question dans le style bourgeois traditionnel.

3. La rectification doit se faire uniquement dans le contexte de la mobilisation de la classe ouvrière et de ses alliés pour qu'ils se saisissent du programme du Parti sous forme de mesures pratiques et de mots d'ordre concrets qui les organisent pour faire le travail à leur niveau.

4. Les membres du Parti doivent diriger par l'exemple en prenant comme guide : Apprendre ensemble, travailler collectivement et prendre ses responsabilités sociales.

5. Les organisations de base du Parti doivent porter une attention de premier plan à la professionnalisation de la vie interne du Parti sur la base des ordres du jour établis par les membres en veillant à leur travail constant et au recrutement et à la formation de nouveaux cadres.


Au VIIIe Congrès du PCC(M-L) en août 2008

6. Tous les comités exécutifs, secrétariats et secrétaires doivent être responsables devant les membres. Chaque échelon de direction doit rendre des comptes à l'échelon de direction supérieur et accepter son verdict sur le travail. Seulement le travail dûment autorisé et contribuant à la réalisation du plan d'action du Parti pour la période peut être entrepris.

7. À tous les échelons, les guides du Parti sur la discussion ouverte des questions idéologiques et politiques et le maintien strict de la discipline sur les questions organisationnelles doivent être appliqués.

8. En renforçant le travail de vérification de l'exécution des décisions, la Commission de contrôle du Parti doit jouer pleinement son rôle de s'assurer que les décisions et la pratique à tous les échelons respectent la ligne générale du Parti.

9. Après la procédure régulière, des mesures administratives seront prises pour radier des rangs du Parti les éléments récalcitrants. La persuasion devrait être utilisée lorsqu'applicable quand la personne est devenue non révolutionnaire ou démoralisée. Lorsque les circonstances l'exigent, des mesures disciplinaires comprenant l'avertissement, l'avertissement sérieux, la suspension et l'expulsion doivent être envisagées. Dans les cas où l'individu ou l'organisation refuse de régler les différends dans le Parti et les rend publics, l'expulsion s'impose et doit être également rendue publique.

10. Sur la base de ces mesures, les statuts du PCC(M-L) doivent être modernisés. Le CC est chargé de rédiger les statuts et de les soumettre à l'adoption par vote à la majorité simple de tous les membres après avoir été pleinement discutés et approuvés du sommet à la base et de la base au sommet.

Ces mesures visent à mettre tout en place pour réaliser la transformation du Parti en un parti communiste de masse. En élevant le travail d'organisation du Parti au niveau de la direction politique requise par la société présentement et en établissant l'effectif de masse du Parti sur la base d'une saine vie interne, le travail pour transformer le Parti en parti communiste de masse progressera à coup sûr. Sans une mobilisation complète dans toutes les conditions et en toute circonstance pour s'assurer la mise en oeuvre des décisions du Parti, le temps sera gaspillé et nous manquerons à notre devoir de préparer la classe pour les tempêtes révolutionnaires à venir.

Tout en oeuvre pour transformer le PCC(M-L) en un parti communiste de masse !


Un contingent de jeunes accueillent les congressistes.


 
Disponible du Centre national de publications

Jeter les fondements du
parti communiste de masse

Le PCC(M-L) - Quel genre de parti


Rapport d'activité du Comité central
au VIIIe Congrès

Sandra L. Smith



10,00$ (taxes et frais de manutention inclus)
Envoyer chèque ou mandat à l'ordre du:
Centre national de publications, CP 264,
Station Adelaide, Toronto, ON M5C 2J8.


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La définition moderne de l'organisation de base

Une définition moderne de l'organisation de base est cruciale pour établir une définition moderne du parti communiste, et c'est intentionnellement que nous avons posé le problème de cette façon. La définition bien connue de l'organisation de base est là où se trouve le travail, et les communistes se joignent au Parti en adhérant à l'organisation de base. Or, ce qui est décisif c'est d'avoir des organisations de base qui sont des organes de la lutte de classe à leur niveau.

Strictement parlant, l'organisation de base est une innovation du vingtième siècle. Au dix-neuvième siècle, les partis politiques tant socialistes que capitalistes étaient organisés en fonction de la participation à la politique parlementaire. Ces partis avaient leurs organisations de circonscription et ils menaient des campagnes électorales. Ils avaient leur base respective, certains avaient des liens avec la classe ouvrière, d'autres avec d'autres secteurs, et leur activité se limitait à gagner des sièges au parlement. Le concept d'organisation de base est né avec les activités de Lénine, quand les communistes ont entrepris d'organiser politiquement non plus en fonction de la politique parlementaire, mais plutôt en fonction de la politique révolutionnaire, c'est-à-dire la politique pour organiser la révolution sociale. Cette distinction est essentielle. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la plus grave attaque contre le communisme est venue de ceux qui voulaient revenir au paradis de la politique parlementaire. Un certain nombre des partis communistes, en particulier en Europe de l'Ouest, changèrent leur programme et se présentèrent comme des partis qui allaient amener la révolution sociale par des moyens parlementaires. En conséquence, leur forme changea, le contenu de leur activité changea, de même que ce sur quoi ils mettaient l'accent. Des partis marxistes-léninistes sont nés en opposition à ce phénomène et pour rétablir la méthode et le contenu du parti communiste, de l'organisation de base d'auparavant, en d'autres mots pour rétablir un parti léniniste.


Bannière dans la salle du VIIIe Congrès en août 2008

L'organisation de base constitue non seulement l'organe de lutte de classe au niveau local ou là où se fait le travail du Parti, elle est en fait le seul moyen de recruter des communistes dans le Parti. S'il n'y a pas d'organisation de base, le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) ne peut recruter de membres. On ne peut se joindre directement aux autres organisations, comme le comité régional, directement. On ne peut se joindre au Comité central. Il n'y a aucune façon de joindre le Parti sans passer par l'organisation de base.

Dans le travail de consolidation organisationnelle du Parti de même que dans d'autres domaines, on a mis beaucoup l'accent sur l'organisation de base au cours de la période actuelle. La raison en est qu'il est inconcevable de se joindre au parti communiste, si des organisations qu'on peut appeler organisations de base dans le sens strict du terme ne sont pas établies. Selon la constitution de notre Parti, une personne ne peut entrer au Parti communiste que sur la recommandation de deux membres. Elle doit suivre un stage de formation d'une période qui peut durer six mois, un an ou deux ans. La période peut être prolongée ou réduite, mais quiconque veut devenir membre du Parti doit passer par cette période de formation. S'il n'y a pas d'organisation de base ou si l'organisation de base ne possède aucun des traits d'une véritable organisation de base, comment pourra-t-on recruter de nouveaux membres ? [...]

[...] Si l'organisation de base ne fonctionne pas comme elle le devrait, elle sera nécessairement remplie d'idées bourgeoises, de notions bourgeoises. Dans le sens organisationnel, la notion bourgeoise veut que les individus dans la société sont bien intentionnés, ils gravitent spontanément vers diverses causes, et quand ces individus bien intentionnés viennent pour se joindre au Parti communiste, ils n'ont besoin d'aucun entraînement, ni d'être remodelés d'aucune façon. Ils feront très bien l'affaire comme communistes. Autrement dit, leur spontanéité remplace la conscience dans l'organisation et, le plus souvent, l'organisation de base devient l'instrument de l'exécution d'une tâche. Si la raison d'être de votre organisation de base est simplement d'exécuter diverses tâches, alors il ne faut pas y associer le nom de Lénine. Quand la bourgeoisie est arrivée sur la scène de l'histoire et qu'elle a traversé la révolution industrielle, elle a été parfaitement capable d'établir des comités et d'autres formes organisationnelles pour exécuter un certain nombre d'actions dans un but spécifique. Il en va de même pour la bourgeoisie et ses partis aujourd'hui. Prétendre qu'une organisation de base est l'équivalent d'un comité qui facilite ces choses, c'est éliminer le concept du communisme de l'organisation de base et la transformer en une coquille qui devient ensuite un instrument pour empêcher les gens de se joindre au Parti.

L'attitude spontanée à l'égard du sympathisant, comme se contenter d'appeler les gens quand une tâche a besoin d'être accomplie, ne marchera pas. [...] Avec cette façon de faire, le contenu du communisme est transformé en une simple question de sentiments et l'organisation de base n'est qu'une structure pour faciliter certaines activités. Quand on demande à un communiste : « Explique-nous, s'il te plaît, en quoi tu es politique, quels sont tes caractéristiques communistes dans le sens politique ? » La personne vous répondra : « Je fais ce que dit le Parti. » Si c'est tout ce que signifie être politique, alors pourquoi une organisation de base ? Pourquoi ne pas appeler cela un comité facilitateur, un comité de coordination, un comité qui peut faciliter certains genres d'activités ? Mais appeler cela une organisation de base pour la distinguer du Comité central c'est vider le terme de son sens.

L'organisation de base qui a ses racines parmi les larges sections de travailleurs dans une usine par exemple, mène, entre autres, des activités politiques qui concourent à la réalisation des buts de la classe ouvrière. Elle élabore les tactiques, les formes tactiques d'organisation nécessaires pour que la classe fasse des pas en avant. Si on s'écarte d'une telle définition de l'organisation de base, alors le Parti communiste n'aura pas ses fondements ; ses liens avec la classe seront faibles. En d'autres mots, ce sera une organisation qui n'existe que de nom. Un parti communiste dont l'organisation ne tient qu'à des formes est une coquille vide. L'organisation communiste se définit par son contenu, par ce qu'elle fait. [...]

Une définition moderne du parti communiste


Bannière au VIIIe Congrès

Une définition moderne du parti communiste doit être que c'est une organisation qui met de l'avant la politique qui mènera au communisme. Quelle est cette politique ? Elle doit être identifiée à partir de la situation présente. Un parti communiste qui ne peut pas définir cette politique et s'en tient à des énoncés de principe n'est pas un parti communiste. Le parti communiste doit aussi avoir une définition moderne de l'organisation de base, une organisation de base qui est l'organe de base ou l'organe local de lutte de classe à son niveau, de cette politique moderne qui rapprocherait le peuple du communisme. Sinon, ce n'est pas une organisation de base.

Avec le développement du mouvement, il y a des périodes où des choses qui n'étaient pas considérées comme tellement importantes dans le passé prennent maintenant une grande importance. Quand elle a pris le pouvoir, pendant son ascension, la bourgeoisie a avancé le slogan des droits civils et lorsque les partis marxistes-léninistes et les partis communistes ont vu le jour, ils n'ont pas considéré ces questions comme étant aussi vitales pour le développement du mouvement révolutionnaire que l'est le problème du pouvoir politique. Il s'agissait alors du problème clé à résoudre, que ce soit en Russie, où le pouvoir politique de l'aristocratie tsariste devait être écrasé afin d'ouvrir la voie à la révolution démocratique, ou ailleurs. Il aurait été ridicule pour les communistes de l'époque de dire aux gens qu'ils devaient lutter pour les libertés civiles et en rester là. Dans les conditions actuelles, la bourgeoisie mondiale a traîné dans la boue même les questions rattachées aux libertés civiles qu'elle avait défendues dans son ascension. Elle a rejeté tous les idéaux démocratiques. Même l'idéal de la nation est rejeté, suivant la logique que la souveraineté n'est qu'une image extérieure.

Les communistes dans les pays capitalistes et ailleurs ne devraient-ils pas hisser ces bannières ? Ne devraient-ils pas organiser la classe ouvrière sous ces bannières ? Ne devraient-ils pas empêcher la montée des forces réactionnaires et les empêcher de créer les tragédies et les désastres qu'elles ont entraînés dans le passé ? À mon avis, c'est ce qu'ils devraient faire. En d'autres mots, l'organisation de base devrait jouer son rôle comme lors de la fondation du Parti en 1970, alors qu'une organisation de base était clairement définie comme étant constituée de ceux qui viennent du mouvement révolutionnaire et servent à leur tour le mouvement révolutionnaire. Dans les conditions actuelles, l'organisation de base doit se définir comme l'organisation à ce niveau qui met de l'avant la politique qui rapproche la classe ouvrière du communisme. De là, toutes les autres exigences doivent être satisfaites. Une personne qui veut joindre les rangs du Parti doit avoir 18 ans, être d'accord avec la ligne générale, ne pas appartenir à une classe exploiteuse, être prête à travailler au sein d'une organisation de base et verser des cotisations.

Une organisation de base devra d'abord définir sa politique et ce n'est qu'en définissant sa politique qu'elle pourra faire avancer la cause du communisme. On peut alors commencer à entraîner ceux qui veulent être des communistes, qui désirent joindre les rangs de telles organisations. En d'autres mots, le travail commence et un parti communiste a ses fondements, ses assises, ses liens avec les larges masses du peuple. Nous n'allons pas faire le tour pour demander aux gens de nous montrer comment ils sont organisés, mais au fur et à mesure qu'il avance, notre parti va se séparer de ceux qui ne se fondent pas sur cette définition moderne.


Célébration du 40e anniversaire du travail du Parti à
Toronto le 27 mars 2010

Notre parti communiste est une institution politique. Ce n'est pas un groupe d'individus qui veulent organiser un putsch dans la société. Ce n'est pas une organisation qui constitue une clique dont les membres vivraient gentiment en communistes entre eux et organiseraient des intrigues. Au contraire, il s'agit de l'expression la plus avancée et la plus organisée de la conscience de la classe ouvrière, sous sa forme la plus organisée dans les conditions actuelles. Il doit fonctionner en vue de ce changement en toutes circonstances et non en tant qu'instrument de tel événement ou telle action. On ne peut vraiment pas le réduire au rôle de facilitateur.

Il y a un grand besoin du parti politique au Canada, en premier lieu pour élever le niveau de la politique aux yeux des masses. La bourgeoisie a créé une situation extrêmement dangereuse où elle a ces partis politiques qui ne font que prendre le pouvoir pour écarter le peuple de la politique. Ce qu'ils appellent la politique, c'est simplement l'habileté à manoeuvrer pour faire croire qu'ils font quelque chose pour le peuple afin que le peuple ne se révolte pas contre eux. Ils ont pour ce faire toute la machine d'État et les médias avec eux. Il y a des contradictions dans les rangs de la bourgeoisie et elle les règle de différentes manières, y compris par une concurrence entre des partis politiques qui rivalisent pour se faire porter au pouvoir. Le but des partis politiques de la bourgeoisie n'est pas de rendre les gens responsables socialement, de les politiser, d'élever leur niveau.

L'expérience du Parti communiste du Canada vient de la tradition de ne pas prendre part à la politique. Il se contentait de se présenter comme gauchiste à partir d'une position morale. Il s'était fait une niche dans la classe ouvrière en tant qu'organisation de ce genre. Ses cadres sont devenus des militants syndicaux luttant pour des postes au sein de la classe ouvrière ou comme conseillers municipaux ou fonctionnaires dans les commissions scolaires. [ ] Il présente aussi comme sacrées des positions qui ne portent même pas sur une question de principe, et en fait une ligne de démarcation et une raison de condamner telle ou telle force politique. Le fait d'être d'accord ou non avec l'Union soviétique ou avec tel ou tel dirigeant du parti n'est jamais une question politique.

Même quand l'Union soviétique était considérée par l'humanité progressiste comme la patrie libérée de tous les travailleurs, il n'était ni permis ni pardonnable pour un parti communiste d'être l'ami d'un tel pays sans que ce parti lui-même ne soit politique et ne soit capable de vaincre son ennemi de classe. Par exemple, il est facile de dire que le Parti libéral devrait être battu au Québec et de faire de sa défaite un slogan. Mais où sont les tactiques et la politique qui permettraient de faire mal aux libéraux ? Où sont les actions qui permettraient d'arriver à battre les libéraux ?

En l'absence de cette politique, comment parler d'un parti communiste ? En l'absence d'organisations de base qui organisent les gens sur la base de cette politique, qui les éduquent dans la discipline du Parti, comment peut-on penser qu'on apporte la conscience à la classe ouvrière. Comment de telles organisations peuvent-elles créer et devenir l'instrument le plus important de la révolution, la force subjective de la classe ouvrière ? C'est impossible.

Des pressions sont exercées sur nous pour que le parti communiste cesse d'être un parti communiste. Qu'est-ce que le communisme ? Le communisme est la condition de l'émancipation complète de la classe ouvrière. En d'autres mots, en termes de leur conscience et de leur façon de travailler, les communistes doivent rompre complètement avec leur vieille conscience. Il est impossible d'avoir une idéologie et une conception du monde bourgeoises et d'essayer de créer les conditions pour l'émancipation complète de la classe ouvrière.

Le communisme est une rupture immédiate et radicale avec les anciennes conditions. Mais souvent on entend dire que les gens n'aiment pas l'expression «rupture radicale», ils n'aiment pas qu'on dise que cela doit se faire «immédiatement». Ceux qui disent ces choses vous diront «le mois prochain je ferai une rupture radicale», ou peut-être dans un an. Le parti communiste doit posséder les caractéristiques, les qualités d'un parti communiste. Ses membres doivent être actifs dans le sens politique. Il doit être actif dans le sens politique et tout doit être organisé en fonction de cette politique, des objectifs que cette politique poursuit.

On a souvent entendu des gens dire quels sont leurs buts, leurs objectifs. Si quelqu'un me dit qu'il veut aller à Tombouctou, mais qu'il ne sait même pas où est Tombouctou ni comment on peut s'y rendre, je ne le suivrai pas. Mais de nos jours, en politique on trouve des gens qui sont prêts à suivre ceux qui ne disent pas où ils s'en vont, comment on peut y arriver ni ce qu'ils font pour y arriver. Comment peut-on parler de parti communiste quand le parti se contente d'énoncer ses intentions, ses principes, et de les répéter de temps à autre? Comme vous le savez, une des raisons pour lesquelles la bourgeoisie est si arrogante et qu'elle parvient à imposer ses objectifs est que les partis communistes ne sont pas actifs dans l'arène politique. Au Canada, par exemple, la bourgeoisie et les médias capitalistes nous isolent durant les élections. Pourquoi parviennent-ils à nous isoler durant les élections ? Parce que nous n'avons pas une grande influence parmi la classe ouvrière. Parce que nos organisations de base n'existent pas sur une grande échelle dans la classe ouvrière. Par conséquent, notre capacité à provoquer la discussion, à nous adresser aux travailleurs et à les éduquer à propos de diverses tactiques, est entravée. Il est stupide de croire que c'est à cause de la puissance des médias que les gens continuent à agir comme ils le font. Ce n'est pas la puissance des médias qui pose problème. C'est le manque d'organisations politiques dans la classe ouvrière — des organisations qui vont déterminer l'ordre du jour, développer les tactiques, mener la lutte idéologique pour expliquer aux gens comment avancer, quelles sont les pièges à éviter. En l'absence de telles organisations politiques, des occasions sont ratées.


Forum public à Ottawa lors du référendum sur
l'Accord de Charlottetown en 1992

Dans le contexte canadien, des événements comme le référendum sur l'Accord de Charlottetown sont de bonnes occasions de faire avancer le travail. Partout où nous avions des liens, que ce soit dans les universités ou dans la classe ouvrière, il n'était pas difficile de discuter et d'organiser le peuple pour rejeter l'ordre du jour de la bourgeoisie. Là où nous n'avions pas ces liens, il n'a pas été possible d'aller aux gens.

Un parti communiste ne peut exister sur la seule base de quelques idées. Les partis communistes ne croient pas que les idées sont le facteur déterminant dans le mouvement vers l'avant de la société. Les idées jouent un rôle, mais ce ne sont pas les idées qui gouvernent le monde. Le monde est gouverné par ses propres contradictions. Ces contradictions se manifestent indépendamment de la volonté de qui que ce soit. Il en va de la compétence et de l'habileté des communistes de déterminer à quel point ces contradictions sont mûres, comment elles se manifestent, comment profiter de la situation pour avancer, pour gagner les larges masses du peuple au socialisme, pour parvenir aux objectifs qu'ils se sont fixés. Quand on croit que ce sont les idées qui mènent le monde, on passe son temps à chercher des idées aveuglément. Il n'est pas possible alors de quel point les contradictions se sont manifestées. À mesure que les contradictions s'accentuent, diverses forces sociales agissent différemment, et il faut déterminer comment ces classes sociales vont se comporter, sur la base de prédiction, sur la base de la théorie.

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, avec la défaite du nazisme et du fascisme, avec la victoire du peuple sur le fascisme, toute l'intelligentsia a déserté la bourgeoisie. Les intellectuels se sont rapprochés de la classe ouvrière et on se trouvait dans une situation nouvelle où la bourgeoisie était isolée et où la classe ouvrière faisait de grands pas en avant. Dans ce contexte on assiste à l'avènement du révisionnisme avec ses fausses théories sur la « voie parlementaire ». Cela a finalement mené à la dégénérescence totale, à la conviction que les idées sont le facteur crucial pour déterminer la voie de la société, et tout fut réduit à une question de savoir si vous étiez d'accord avec telle ou telle personne, si vous vous adressiez à telle force de classe ou telle couche. Cela a conduit au désastre, car une force qui est incapable d'analyser comment les contradictions se révèlent et quelle est la position des différentes classes aujourd'hui, quel est leur comportement, ne peut pas faire de percée.

Partout de nos jours le mouvement de la classe ouvrière est dans le marasme. Il est dans cet état parce que tout l'ancien leadership est discrédité et un nouveau leadership ne s'est pas encore formé. En d'autres mots, la classe ouvrière veut donner le jour à un nouveau leadership issu de ses rangs — des gens en qui elle peut avoir confiance, des gens qui vont faire de sa libération leur objectif. C'est entretenir des illusions que de croire que certains syndicalistes vont se réformer, que ce leadership va devenir plus démocratique, qu'il va débarrasser le mouvement de la classe ouvrière des aristocrates syndicaux. On peut en dire autant de la couche moyenne, en particulier l'intelligentsia, qui ne sait plus où aller. Elles jouent leur petit jeu et se tournent de plus en plus vers tout ce qui est moyenâgeux. Mais où cela les mènera-t-il ? Je crois qu'elles sont déjà allées aussi loin qu'elles le pouvaient dans cette voie.

De même, la bourgeoisie ne peut plus financer tout ce qu'elle finançait ni faire tout ce qu'elle pouvait faire auparavant. Cela est vrai en particulier aux États-Unis. Tôt ou tard le rapport des forces de classe va changer. Une situation favorable va se présenter. Se trouvera-t-il alors un parti communiste avec une définition moderne de ses organisations de base, présent pour enseigner au peuple comment on peut créer un monde nouveau ? Se trouvera-t-il un parti communiste avec une définition moderne voulant que c'est par la politique que la classe ouvrière peut réaliser tous ses objectifs ? Voilà la question qui se pose aujourd'hui.

En ce moment, toutes sortes de pressions sont exercées sur le Parti pour l'empêcher de s'adresser à ses vrais problèmes. En d'autres mots, le vieux communisme, les vieilles définitions, sont tous finis. Le malheur est que certaines personnes préfèrent cette situation. Elles veulent en rester là, plutôt que d'aller résolument de l'avant et sortir de cette situation. Avec le programme que le Parti s'est fixé, il lui est impossible d'en rester à ce niveau et de faire quelque compromis que ce soit avec le bois mort qui tente d'exercer des pressions sur le Parti. Le Parti mène son travail avec beaucoup de résilience, et ce travail attirera les éléments politiques, ceux qui vont répondre aux définitions modernes et qui vont vouloir un parti communiste moderne. Nous serons là, comme leurs camarades, pas des vieux camarades ou des vétérans, mais des camarades pleins de jeunesse et de vitalité, que forts que jamais. Nous avons traité des problèmes tels qu'ils se présentent, les problèmes d'organiser la classe, de mettre de l'avant cette politique et de prévoir le genre de problèmes qui vont se poser.

Personnellement, je suis très confiant qu'une telle organisation de base va voir le jour, qu'un tel parti communiste fondé sur des définitions modernes va naître et que le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) est l'outil qui permettra de le réaliser.

Nous avons près de trois décennies d'expérience. Nous avons aussi l'expérience d'autres partis communistes. Nous ne pouvons pas faiblir et ne pas réaliser les objectifs fixés pour cette période. Voilà ce que nous dit notre optimisme révolutionnaire.

L'organisation de base est le propre du parti communiste. Il n'y a pas d'autre association politique dont l'assise soit l'organisation de base. On se joint au PCC(ML) par l'organisation de base. Cette découverte par Lénine de l'organisation de base comme épine dorsale du Parti communiste constitue la plus grande réalisation de la théorie et de la pratique de la révolution au vingtième siècle. A l'heure où il se manifeste un intérêt grandissant pour le travail du PCC(ML), il importe d'avoir une discussion franche et ouverte sur le rôle de l'organisation de base et de renouveler l'appel à renforcer le travail des organisations de base.

Les quelque trois cents dernières années ont connu d'innombrables révolutions et guerres révolutionnaires. Durant la première phase, la bourgeoisie était à la tête des transformations révolutionnaires et, ce faisant, a donné naissance au parti politique fondé sur un arrangement entre forces rivales. Ce parti politique, directement lié au pouvoir politique bourgeois, était constitué de représentants de sections bien précises des classes possédantes. Ce type de parti politique a apporté une contribution seulement dans la mesure où le permettaient les intérêts de ces classes.

Dans son développement le capitalisme a donné naissance à une classe de prolétaires modernes, et ce fut sa plus grande réalisation. Il est vite devenu évident que le parti politique bourgeois ne saurait représenter les intérêts de la classe ouvrière. Il n'y avait pas de place au sein d'un même parti pour les classes non possédantes et les classes possédantes. La coexistence au sein d'un seul parti était devenue impossible en raison des intérêts de classe divergents. Les différentes classes utilisaient toutes les règles et méthodes possibles pour se porter au pouvoir. À la fin, les classes possédantes se servirent du pouvoir économique et politique dont elles disposaient contre les prolétaires et contre les autres sections non possédantes de la population, pour les écarter du pouvoir bien qu'ils représentent la vaste majorité de la population. Le droit de vote fut établi en fonction de la propriété, du sexe et de la race et c'est seulement au vingtième siècle, et dans beaucoup de pays seulement après la Deuxième Guerre mondiale, que fut institué le suffrage universel.

Le parti prolétarien doit nécessairement être non pas seulement différent du parti politique bourgeois, mais tout à fait le contraire puisqu'il représente des intérêts de classe contraires. Durant la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, sentant le pouvoir du nombre et de l'organisation, une partie importante de la population commença à se regrouper autour de la classe ouvrière. Apparurent alors des partis travaillistes et socialistes qui rivalisèrent avec les partis bourgeois en utilisant les méthodes parlementaires. Ces partis étaient organisés tout comme les partis bourgeois sauf que leur but était de faire triompher les intérêts de la classe ouvrière. La bourgeoisie se servit des lois pour saboter au départ les partis politiques de la classe ouvrière, lesquels étaient continuellement détruits et sapés par des éléments provocateurs. Il va sans dire que les méthodes parlementaires et les autres méthodes des partis bourgeois rendirent la tâche difficile au prolétariat.

Karl Marx et Friedrich Engels, qui proposèrent au monde le Manifeste du Parti communiste en 1848, virent de leur vivant la dégénérescence des partis prolétariens sur le plan de la théorie et de la pratique et sur le plan organisationnel. La Première Internationale, fondée au milieu des années 1860, dut se saborder après l'écrasement de la Commune de Paris à cause des activités provocatrices des anarchistes (Bakounine et d'autres). Plus tard les révolutionnaires russes découvrirent que les anarchistes étaient financés par les tsars et de riches industriels. La IIe Internationale fut créée par Friedrich Engels après la mort de Karl Marx en 1883 mais Engels lui-même la vit commencer à dégénérer avant sa mort en 1895. Lénine, dont l'action politique commence au début des années 1890, se heurta de plein fouet à différents éléments des partis sociaux-démocrates de l'époque, en particulier le parti auquel il appartenait, le Parti du travail social-démocrate russe.


Lénine s'adresse à la foule sur la Place rouge
le 2 janvier 1919.

Marx et Engels combattirent toute leur vie la tentative de réduire le marxisme à un simple énoncé de principe ou à un dogme. Ils luttèrent pour la formation d'un véritable parti de la classe ouvrière, un véritable parti communiste. Mais c'est à Lénine qu'incomba la tâche d'entreprendre la construction d'un parti révolutionnaire de type nouveau. Un débat éclata au début du siècle au sujet des règles du parti. Ce fut le début d'une scission, d'une différenciation entre ceux qui voulaient un véritable parti communiste révolutionnaire et ceux qui étaient satisfaits d'un parti de type bourgeois prétendant défendre les intérêts de la classe ouvrière. Ce qui distingua Lénine des autres est qu'il insistait pour que chaque membre milite au sein d'une organisation du parti. En plus, pour être membre il fallait avoir l'âge nécessaire, ne pas être un exploiteur et être d'accord avec la ligne générale du parti. C'est par son travail dans l'organisation de base que le membre stagiaire pouvait s'aguerrir et se transformer afin de devenir un membre en règle.

L'organisation de base est le lien entre le PCC(ML) et la classe ouvrière et les larges masses du peuple. Plus les organisations de base du parti sont fortes, plus ses liens avec la classe sont forts. En tant qu'organe de la lutte de classe à son niveau, l'organisation de base établit l'unité indissoluble entre d'une part l'avant-garde de la classe ouvrière et d'autre part la masse des travailleurs et les larges masses du peuple. En d'autres mots, l'organisation de base incarne le pouvoir exécutif et législatif du parti là où elle existe. Elle est l'organe de recrutement de nouveaux membres, le véhicule de la lutte de classe à son niveau et le moyen de forger l'unité entre l'avant-garde et les masses. Enfin, les organisations de base élisent des délégués aux instances supérieures du parti, dont le congrès national qui décide de la ligne et qui élit la direction nationale du PCC(ML). Sans l'organisation de base, le PCC(ML) ne peut se renforcer et devenir un parti communiste de masse capable de diriger la classe ouvrière dans le renversement du pouvoir de la bourgeoisie et du système capitaliste et dans l'édification du système socialiste.

À nouveau la question se pose: quel genre de parti communiste? Le PCC(ML) lutte pour le renouveau démocratique qui fera en sorte que le peuple se gouverne lui-même et exerce un pouvoir effectif sur les choses qui le concernent lui et la société. Dans le mouvement pour le renouveau démocratique, le rôle de l'organisation de base assume une importance encore plus grande. Il est impossible d'établir des groupes dans les endroits de travail, les institutions d'enseignement, les quartiers et les centres pour personnes âgées sans des organisations de base qui dirigent le travail à ce niveau.

Le PCC(ML) n'est pas un parti parlementaire. Il n'est pas fondé sur la notion de tactique-procès. Il est fondé sur un plan pour créer les conditions subjectives de la révolution et poursuit ce plan depuis un quart de siècle. L'établissement d'organisations de base dans les endroits de travail, les institutions d'enseignement, les quartiers et les centres pour personnes âgées est directement lié au plan pour créer les conditions subjectives de la révolution.

Dans les conditions actuelles il est impossible d'avoir un parti politique qui n'ait pas comme mission dans la vie d'organiser les masses, d'élever leur niveau idéologique et politique pour qu'elles puissent se gouverner elles-mêmes. Le PCC(ML) est le seul parti politique à travailler dans ce sens aujourd'hui.

Bâtir l'organisation de base du PCC(ML) comme fondement de tout travail est une question sur laquelle se mène une vive lutte de classe. Quelle classe doit diriger la société, la bourgeoisie ou la classe ouvrière? Tant qu'il n'y a pas d'organisation de base comme assise du travail du PCC(ML), la classe ouvrière n'aura pas la possibilité de diriger la société. Telle est la question fondamentale en toute chose aujourd'hui.

Il y en a beaucoup dans le monde aujourd'hui qui veulent combattre l'offensive antisociale ou défendre les intérêts des travailleurs syndiqués ou non syndiqués. Que doivent-ils faire? Dans la classe ouvrière il existe déjà une bureaucratie. Cette bureaucratie peut réussir dans une certaine mesure lorsqu'il s'agit de mener des luttes qui se rapportent directement aux ententes entre les grandes entreprises, le mouvement syndical et le gouvernement. Mais pour ce qui est de gagner la guerre de classe ou de mener les batailles nécessaires pour préparer la classe ouvrière à gagner la guerre de classe, cette bureaucratie est incapable de se mesurer au pouvoir de la bourgeoisie.

Les travailleurs possédant une conscience de classe doivent sérieusement réfléchir à ce que dit le PCC(ML). La seule façon d'aller à la victoire est de bâtir les groupes de rédacteurs et diffuseurs comme précurseurs des organisations de base. La seule réponse logique à l'offensive antisociale brutale de la bourgeoisie est d'agir de façon organisée. Les travailleurs conscients, les éléments avancés de la classe ouvrière, doivent être gagnés à l'idée de former des groupes de rédacteurs et de diffuseurs et des organisations de base du parti.

Tous ceux et celles qui ont à coeur les meilleurs intérêts de la classe ouvrière et des masses du peuple reconnaissent que Le Marxiste-Léniniste est la seule voix conséquente de la classe ouvrière. À ce titre, tous ceux et celles qui s'opposent à l'offensive antisociale ont intérêt à le renforcer, qu'ils soient d'accord avec le PCC(ML) ou pas. Tous ceux et celles qui luttent pour une cause juste trouveront un allié dans Le Marxiste-Léniniste. Tous ceux et celles qui se trouvent sur le champ de bataille, à combattre l'offensive antisociale sous une forme ou une autre, doivent nous faire parvenir des rapports de leurs actions.

Bâtissons les groupes de rédacteurs et diffuseurs et les organisations de base en renforçant Le Marxiste-Léniniste. Bâtissons les organisations de base pour diriger le peuple dans sa lutte pour le renouveau démocratique pour qu'il puisse se gouverner lui-même. Bâtissons les organisations de base du Parti en tant que piliers implacables dans la lutte contre l'offensive antisociale et pour l'édification d'une société nouvelle.

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