Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 47 - 4 avril 2014

Les enjeux dans cette élection

Entrevue avec Pierre Chénier,
chef du Parti marxiste-léniniste du Québec


Les enjeux dans cette élection
Un coup électoral se prépare-t-il ? - Yvon Breton
Le vote «anglo» et la souveraineté du Québec - Diane Johnston
Le PLQ demeure un obstacle à toute expression de la volonté populaire - Pierre Soublière
La participation des jeunes dans cette élection - Linda Sullivan
La lutte pour garantir le droit à l'éducation au Québec ne fait que commencer - Gabriel Girard-Bernier
Les conditions de vie et de travail des travailleurs du secteur public – un enjeu électoral - Pierre Chénier
Une retraite en sécurité : un enjeu électoral et postélectoral - Claude Moreau
Financer le processus et non les partis - Christine Dandenault

Entrevue avec le chef du PMLQ
Comment intervenir dans cette élection - Pierre Chénier


Les enjeux dans cette élection

Un coup électoral se prépare-t-il?

Un sondage de Léger/Journal de Montréal paru lundi place les libéraux de Philippe Couillard en position de former un gouvernement majoritaire. Les principaux porte-parole du Parti québécois ont tout de suite sonné l'alarme pour dire aux souverainistes qui avaient l'intention de voter Québec solidaire ou CAQ de prendre garde aux conséquences de leur geste — cela va remettre les libéraux au pouvoir.

Assisterait-on à une tentative de coup électoral ? Les maisons de sondage interviennent régulièrement dans le débat politique au Québec pour désinformer l'opinion publique dans un sens ou l'autre. Les sondeurs Léger/Journal de Montréal (de la famille Péladeau), comme CROP et d'autres, sont passés maîtres dans la désinformation de l'opinion publique. Ils font en sorte qu'il n'y ait pas de réponse cohérente et unificatrice, qui sert les intérêts du peuple. On n'a qu'à se rappeler le climat créé au sujet des « accommodements raisonnables » qui a mené à la création de la Commission Bouchard-Taylor en février 2007. Elle avait été précédée par des sondages et des articles du Journal de Montréal sur les « inquiétudes » des Québécois face à l'immigration au printemps 2006.

Quoi qu'il en soit, il s'agirait en réalité d'un contre-coup électoral. Depuis une semaine les médias monopolisés canadiens crinquent l'hystérie à propos du « séparatisme » pour essayer de venir à la rescousse de Philippe Couillard et des libéraux. Puis on apprenait cette semaine, dans une supposée fuite d'information interne sur la stratégie libérale, que les candidats libéraux sont invités à influencer le vote souverainiste en faveur de la CAQ ou de Québec solidaire. Pour les diriger vers la CAQ il s'agit de répéter que « le Parti québécois couche avec les syndicats » et dans le cas de QS il s'agit de dire que le gouvernement du Parti québécois n'a pas répondu aux attentes concernant les politiques sociales. (Comme si les libéraux avaient été les grands défenseurs des programmes sociaux !)

Le Parti québécois a répliqué en essayant d'amener le débat sur la question de l'intégrité, en parlant des liens entre Philippe Couillard et Arthur Porter, l'administrateur public présentement en prison pour avoir versé dans la corruption, et en rappelant que Couillard est passé à l'emploi d'entreprises liées à la privatisation de la santé quelques mois seulement après avoir quitté son poste de ministre de la Santé. Le Parti libéral riposte en exigeant que tous les chefs de partis divulguent des informations sur les liens d'affaires de leurs conjoints. Il vise de toute évidence le mari de Pauline Marois, qui est un homme d'affaires. Et ainsi de suite ad nauseam.

Alors que penser de tout cela ? Ces manoeuvres électorales médiatiques ont en commun qu'elles usurpent le pouvoir de décider de l'électorat. Aucune des questions soulevées n'est vraiment débattue dans le sens d'apporter des solutions à ces problèmes. Cette semaine les partis et les médias parlent d'intégrité et de corruption, mais qu'est-ce qui est à l'origine de cette corruption ? Comment l'enrayer ? Les manoeuvres électorales médiatiques actuelles, où de grands conglomérats privés interviennent à la faveur d'un parti ou d'un autre, ne sont-elles pas de la corruption ?

Même chose sur la question de la souveraineté. Peut-on vraiment déjouer l'offensive pour priver le peuple québécois de son droit de décider de son avenir en usant de manoeuvres médiatiques et de tactiques de diversion qui ont pour effet de marginaliser le peuple davantage ? Certainement pas.

Dans cette élection, il faut s'arranger pour qu'aucun des grands partis ne puisse proclamer avoir le mandat de faire ce qu'il veut. Il faut trouver les moyens de freiner leurs élans destructeurs, avec leur dogme qu'il n'y a pas d'autre solution que de payer les riches et de détruire les programmes sociaux. Il faut aussi mettre à l'ordre du jour la question nationale, la question de la direction de l'économie et la question du besoin de renouveler les institutions démocratiques en refusant de céder l'initiative du débat.

(Candidat du PMLQ dans l'Acadie)

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Le vote «anglo» et la souveraineté du Québec

Pourquoi est-ce que c'est toujours présenté comme un fait accompli que les Québécois anglophones ne seront jamais en faveur de la souveraineté du Québec ? De quelle souveraineté parlons-nous ? Notre souveraineté ne repose pas sur une base linguistique. La nation québécoise a été constituée au départ des Premières Nations, des métis, des colons venus de France, d'Irlande, d'Écosse, d'Angleterre, suivis de gens venus des États-Unis pendant la guerre d'indépendance dans ce pays, puis d'arrivants plus récents provenant de partout dans le monde et qui ont fait du Québec leur nouveau domicile tout en contribuant à son enrichissement culturel et économique. En fait, plusieurs qui se disent « anglophones » sont issus de minorités nationales qui se sont établies au Québec, surtout durant le XXe siècle, et continuent d'utiliser et promouvoir leur langue maternelle.

La souveraineté du Québec est essentielle au renouvellement à la fois du Québec et du Canada et les minorités nationales sont une partie intégrale de notre Québec moderne. Le Canada et le Québec sont en train d'être intégrés aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord à une vitesse accélérée, que ce soit par ses frontières, l'économie, la défense, la politique internationale, y compris les préparatifs de guerre du côté des États-Unis, etc. La question nationale concerne tout le monde, qu'ils le veulent ou pas.

Ça irait mille fois mieux si tout le monde s'engageait là-dedans non pas sur la base des vieilles histoires de division entre anglophones et francophones, mais pour s'assurer que l'intégration aux États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord ne nous détruise pas. Il faut créer une nation qui défend les intérêts de tous, de tous les individus et de tous les collectifs, en s'assurant que le facteur humain prédomine dans les affaires qui touchent et la société et la terre. Il faut humaniser et l'environnement social et l'environnement naturel.

Le gouvernement fédéral n'a jamais reconnu le droit de la nation québécoise à l'autodétermination et a toujours refusé de négocier avec elle sur une base d'égalité de nation à nation. C'est la même chose pour les Premières Nations. En plus, le Québec, comme le Canada, a hérité au XIXe siècle d'un système parlementaire britannique qui est anachronique et qui a besoin d'être renouvelé. Les institutions dites démocratiques sont en crise, y compris le système des partis et de gouvernement de partis. Le système électoral porte des partis au pouvoir dont les candidats sont choisis par les partis et non pas par le peuple. Le processus électoral n'est plus capable de déterminer la volonté populaire et de la traduire en volonté légale.

La lutte pour la souveraineté ici au Québec contribuera aussi à celle de nos concitoyens canadiens.

Dans cette élection et après, travaillons à construire des commissions sur l'avenir du Québec.

(Candidate du PMLQ dans Mont-Royal)

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Le PLQ demeure un obstacle à toute
expression de la volonté populaire

À entendre le chef du Parti libéral Philippe Couillard, il suffit d'écarter tout référendum sur l'avenir du Québec pour que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cette notion selon laquelle il faut mettre une croix sur la question constitutionnelle et passer aux « vraies affaires » — l'économie — date de l'époque de Jean Chrétien, dans la période postréférendaire. Après s'être ingéré dans les prises de décision du peuple québécois et s'être embourbé dans le scandale des commandites, Chrétien a voulu détourner l'attention de ses propres activités illégales en continuant de s'en prendre au droit du peuple québécois de s'affirmer en tant que nation.

Si le PLQ déblatère contre un « référendum », comme si cette forme de plébiscite était l'oeuvre du diable lui-même, c'est qu'il s'oppose corps et âme à toute expression de la volonté populaire, un point c'est tout. Ne l'a-t-il pas assez démontré dans sa façon de traiter la lutte étudiante ? Le référendum de 1995 a été un exercice démocratique en bonne et due forme, avec un taux de participation beaucoup plus élevé d'ailleurs que la participation aux élections, tant fédérales que québécoises. Cette opposition maladive à la tenue d'un référendum est en fait très révélatrice de comment le PLQ tient à préserver jalousement le pouvoir qu'il ne veut surtout pas partager avec les « masses ». Elle reflète une opposition farouche au droit du peuple québécois d'exercer son droit de s'affirmer en tant que nation et de se prononcer sur quelque question que ce soit.

Au lendemain du débat des chefs, Couillard a déclaré que le Québec n'avait pas « les moyens financiers de devenir un pays ». Ces propos sont contraires à ceux tenus par Jean Charest en 2006 alors qu'il déclarait : « Nous avons les moyens de devenir indépendants. Personne ne remet en question la capacité du Québec financièrement. »

Ainsi on se rend compte comment c'est du n'importe quoi. Les libéraux, sous couvert de parler « des vraies affaires », au contraire, ressassent des vieilles affaires pour cacher qu'ils n'ont eux-mêmes rien à offrir en tant que solutions aux problèmes politiques, économiques et sociaux au Québec. Ce sont les pires fraudeurs qu'il ne peut y avoir. Si ce n'est pas d'entretenir une hystérie au sujet d'investisseurs qui ne voudront plus investir dans l'Outaouais, c'est de faire croire qu'il y aurait exode des gens anglophones du Québec advenant une majorité péquiste. Or, les statistiques démontrent que la tendance ces dernières années dans l'Outaouais est que les anglophones viennent de plus en plus s'installer au Québec, le prix des maisons étant un facteur important. Et pour le comble, la député libérale de Hull, qui en tant que bonne libérale aime entretenir ce genre d'hystérie, a déclaré face à ces statistiques qu'en fait ce sont les gens francophones qu'elle avait rencontrés qui pensaient quitter l'Outaouais advenant une majorité péquiste ! Vraiment n'importe quoi !

La véritable préoccupation du « bon médecin » et sa gang, en fin de compte, est de continuer de tout décider pour nous et ça ne doit pas passer ! Partout où nous pouvons leur infliger une défaite, il ne faut pas hésiter à le faire.

(Candidat du PMLQ dans Chapleau)

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La participation des jeunes dans cette élection

Selon un sondage de Léger Marketing pour le compte de TVA Nouvelles effectué du 28 février au 3 mars, les jeunes de 18 à 24 ans tendraient à 30 % à voter pour le Parti libéral du Québec (PLQ), à 29 % pour le Parti québécois (PQ), à 18 % pour Québec solidaire (QS) et à 15 % pour la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le sondeur annonce une chute de la participation des jeunes à cette élection comparativement à 2012, quand le mouvement des étudiants pour le droit à l'éducation battait son plein. (Il oublie de dire que ce sont les jeunes qui ont forcé la tenue d'une élection et qui ont provoqué la défaite des libéraux et de Jean Charest.)

Ces chiffres ne font aucun sens présentés de cette façon. On semble vouloir toujours revenir au même refrain, que les jeunes sont apolitiques ou qu'ils considèrent la question de l'avenir du Québec comme quelque chose de « dépassé ». En fait, tous les sondages commandés par les grands médias et partis donnent habituellement un pourcentage séparé des intentions de vote chez les francophones et les anglophones. On voit tout de suite dans quelle perspective on veut canter la question de l'avenir du Québec, comme si ce n'était pas une question qui appartient à l'ensemble du corps politique sans égard à la langue, à l'origine nationale, aux croyances religieuses, aux convictions politiques ou au statut social.

Si le taux de participation des jeunes est à la baisse dans cette élection (il l'est probablement pour l'ensemble des électeurs car c'est la tendance depuis une vingtaine d'années à l'exception de l'élection de 2012), c'est parce que les jeunes ne voient pas pour qui voter, ils ne voient pas leurs intérêts collectifs représentés dans le choix des partis.

Il ne fait pas de doute que les jeunes ont de la méfiance envers le PQ. Non seulement a-t-il poursuivi l'offensive antisociale durant ces 18 mois de gouvernement, mais ils ne veulent pas être associés à la perspective obscurantiste que ce gouvernement a laissé poindre dans le débat sur la question des valeurs et de la laïcité. Les jeunes ont une perspective tournée vers comment on peut bâtir une société qui permette l'épanouissement de l'être humain, c'est-à-dire une société où c'est le peuple qui a la possibilité d'exercer un contrôle sur son environnement social et naturel.

Pour les jeunes, les alternatives sont très importantes. Quelle est l'alternative ? Certainement pas les libéraux. Ils sont les champions toute catégorie de l'offensive antisociale et de la destruction nationale. Puis leur refus de même parler du renouveau constitutionnel et leurs notions hypocrites sur la « préséance des droits individuels » ne font que maintenir la division du corps politique. Leur définition des droits individuels n'inclut pas toi et moi, elle comprend seulement les droits des monopoles constitués en tant qu'individu juridiquement.

Ce n'est pas le débat sur l'avenir du Québec qui fait que les jeunes se désintéressent des élections. Ce n'est pas vrai qu'ils considèrent que « c'est un vieux débat qui appartient aux années 1960 ». Ce qu'ils rejettent, c'est la division du corps politique entre « séparatistes » et « fédéralistes », entre « francophones » et « anglophones », entre « Québécois de souche » et « nouveaux arrivants ». La discussion sur l'avenir du Québec appartient à tous les Québécois et toutes les Québécoises. Dans cette élection, le PMLQ appelle les jeunes et les étudiants à s'organiser pour refuser toute majorité aux partis de l'offensive antisociale, pour refroidir leurs ardeurs sur ce front. Mais surtout, il faut entreprendre le travail pour créer les Commissions sur l'avenir du Québec dans les quartiers, les endroits de travail, les établissements scolaires et ailleurs pour arracher le débat sur l'avenir du Québec des mains du système de cartel de partis.

(Candidate du PMLQ dans Châteauguay)

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La lutte pour garantir le droit à l'éducation
au Québec ne fait que commencer

C'est l'avis de plusieurs, les médias et les partis des monopoles ont volontairement caché un gros morceau de leur agenda électoral : l'éducation. Probablement encore sous le traumatisme de la grève générale des étudiants de 2012, toutes les préoccupations liées au système d'éducation ont été balayées sous le tapis. Pourtant, le PLQ, le PQ et la CAQ s'entendent tous pour hausser les frais de scolarité et refuser de parler de l'avenir du système d'éducation.

Le point central de la question de l'éducation au Québec est de garantir le droit à l'éducation pour tous, ce qui signifie, entre autres, la fin des droits de scolarité cachés, aussi appelés frais afférents, qui varient d'une institution à l'autre, d'investir massivement à tous les niveaux du système d'éducation, d'instaurer la gratuité de la maternelle au doctorat et de bâtir des institutions pour maintenir un dynamisme à tous les niveaux.

Les discours des riches et de leurs partis qui présentent les coûts de l'éducation comme l'affaire des étudiants est une fraude totale. Les libéraux ont poussé leurs attaques contre les étudiants à point tel que leur gouvernement a tout fait pour criminaliser les luttes pour garantir le droit à l'éducation notamment en militarisant les Cégeps et les universités en 2012. Refusant toujours de revenir sur la grève générale des étudiants, les libéraux ont simplement rayé le thème de l'éducation de leur campagne électorale. Le PQ continue de vouloir éternellement hausser les frais de scolarité et pour la CAQ, elle vogue toujours sur son obsession d'éradiquer les commissions scolaires, comme si cela allait résoudre les problèmes de l'éducation.

Le Parti marxiste-léniniste du Québec propose de donner une nouvelle direction pour le Québec avec le programme d'exiger que l'État arrête de payer les riches et fasse de nouveaux investissements dans les programmes sociaux. L'éducation est un droit et le système d'éducation doit reposer sur ce principe. C'est pourquoi nous proposons les mesures suivantes :

1- Investir massivement en éducation ;

2- Imposer un gel immédiat des frais de scolarité pour les baisser progressivement et ensuite les abolir ;

3- Transformer progressivement le système de prêts et bourses en programme national de bourses pour s'assurer que chaque étudiant ait droit à un moyen de subsistance ;

4- Abolir les frais afférents ;

5- Imposer un plafond aux frais de scolarité pour les étudiants internationaux, leur faciliter l'accès au travail et réduire leurs frais de scolarité.

(Candidat du PMLQ dans Hull)

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Les conditions de vie et de travail des travailleurs
du secteur public — un enjeu électoral

Les conventions collectives des plus de 400 000 travailleurs des secteurs public et parapublic, santé, services sociaux, éducation, enseignement supérieur et fonction publique, arriveront à échéance le 31 mars 2015. Les syndicats se sont engagés à travailler en front commun et à présenter leurs demandes d'ici la fin de 2014. La question des conditions de vie et de travail dans le secteur public doit être au premier plan dans cette campagne électorale. Les conditions de vie et de travail de ces employés sont les conditions mêmes de la livraison des services dont les Québécois dépendent dans leur vie. Il faut s'assurer que les travailleurs de ces secteurs aient les conditions qui correspondent au travail qu'ils font pour la société.

Il est devenu coutume pour les cercles dirigeants et leurs partis de dénigrer le secteur public et parapublic et les travailleurs qui y oeuvrent comme « un coût » et leurs pensions comme « un fardeau » pour la société, un coût qui doit être réduit pour le bien de la société. Cela mène à la détérioration des conditions dans le secteur. La situation créée permet ensuite d'appeler à une privatisation à fonds de train des services publics comme supposée solution à une crise créée de toutes pièces.

Dans la logique perverse des partis des riches, il faut « d'abord créer la richesse » avant de pouvoir investir dans les programmes sociaux et services publics. En fait, ce qu'ils appellent « créer la richesse » consiste à transférer une partie toujours plus grande de la richesse sociale à des intérêts monopolistes privés, rien de plus. Ils créent l'impression qu'il n'y a pas d'alternative au saccage des programmes et services sociaux.

Pour la classe ouvrière, les programmes sociaux et les services publics font partie de la richesse que les travailleurs créent par leur travail. Plus ces services répondent adéquatement aux besoins des travailleurs et de la population en général, plus l'économie est forte. Et le contraire s'applique aussi : plus on appauvrit les services et programmes sociaux, plus on appauvrit l'économie et sa capacité à créer de la richesse. Les programmes sociaux et les services publics sont une composante essentielle de l'humanisation de la société.

(Chef du PMLQ et candidat dans Marie-Victorin)

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Une retraite en sécurité : un enjeu électoral et postélectoral

Non, les travailleuses et les travailleurs, les personnes retraitées ne se laisseront pas dépouiller de leur épargne-retraite ou couper leurs pensions. Nous n'accepterons pas de payer plus et travailler plus longtemps et de nous retrouver dans l'insécurité, ni de nous faire voler des milliards dans nos caisses de retraite ! Nous exigeons que l'on veille au bien-être des personnes âgées et qu'on leur assure une retraite en toute quiétude.

En 2012,* des 121 122 retraités de 65 ans et plus des secteurs public et parapublic, la majorité, soit 86 440, sont des femmes qui reçoivent en moyenne 9 990 $ par an. En y ajoutant la pension de la Régie des rentes, elles gagnent si peu qu'elles se qualifient aussi pour le supplément de revenu garanti du fédéral, à moins d'avoir d'autres revenus.

Elles sont où les « retraites dorées », les fonds de pension « mur à mur » tant décriés par les haut-parleurs néolibéraux ?

Au fédéral, une personne seule, en plus de sa pension de la sécurité de la vieillesse, avec des revenus autres de moins de 16 728 $, a droit au supplément de revenu garanti. Comme le soulignait le rapport d'Amours, l'ajustement annuel de la pension fédérale ne suit pas celle des salaires, ce qui creuse l'écart entre le revenu à la retraite et les salaires.

On nous sert une propagande irrationnelle sur les « déficits » dans le but de faire accepter les attaques contre l'épargne-retraite des travailleuses et travailleurs aussi bien que les régimes publics sous forme de baisses des bénéfices, hausses des cotisations quand ce n'est pas la disparition de plusieurs dizaines de milliards en 2008.

Le gouvernement fédéral reporte l'âge de la pension à 67 ans graduellement à partir de mai 2023 (personnes nées à partir de 1958).

Les cotisations à la Régie des rentes du Québec sont augmentées, mais la rente pour les 60 ans est diminuée non plus de 30 % mais de 36 %, cela aussi graduellement.

Les retraités de White Birch à Québec et d'autres ont vu leurs pensions coupées de moitié.

Un projet de loi provincial fixe les cotisations à 50-50 pour les municipalités, oblige les travailleurs à participer au redressement des déficits et ouvre même la porte pour impliquer aussi les retraités. Tout cela alors que, dans le but de profiter des hauts rendements des années 90 créant des surplus qui ont permis aux employeurs de se payer des congés de cotisation, les gestionnaires municipaux ont livré l'épargne-retraite aux spéculateurs et fraudeurs financiers qui, avec la crise de 2008 et les rendements négatifs de 2011, ont creusé les déficits de ces caisses.

Les fonds de travailleurs sont pris à partie aussi. Le fédéral va annuler progressivement les avantages fiscaux de ces fonds, alors qu'une campagne est menée pour séparer les syndicats de leurs fonds. C'est le fond de solidarité FTQ, mais la FTQ n'a pas le droit d'être à la présidence ! Les banques elles, qui ont des fonds, qui est-ce qui les dirige ? Veut-on mettre à la tête des fonds de travailleurs le même genre de personnes qui nous ont fait perdre des dizaines de milliards d'épargne-retraite à la Caisse de dépôt et placement de Québec ?

La Caisse de dépôt et de placement du Québec a un actif de 200,1 milliards $ au 31 décembre 2013. À lui seul, le régime de retraite du secteur public et parapublic, (2012) RREGOP, détient 48,7 % des dépôts (85 863 milliards $) et la RRQ, 22 %,(39 070 milliards $). Les cotisations au RREGOP viennent d'être augmentées aussi.

Le rôle de l'État ne doit-il pas être de garantir une retraite en toute sécurité et de protéger l'épargne-retraite, et non de livrer les milliards de dollars cotisés par les travailleurs et travailleuses aux spéculateurs et fraudeurs financiers ?

Une retraite en sécurité est un enjeu de cette élection et le restera après les élections.

* CARRA, analyse actuarielle au 31 décembre 2011.

(Candidat du PMLQ dans Jean-Lesage)

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Financer le processus et non les partis

Un des commentaires les plus fréquents que nous entendons quand nous rencontrons les gens dans le cadre du travail électoral, c'est à quel point ils se sentent peu informés malgré les dépenses massives qui sont faites par les partis et le gouvernement en publicité de toutes sortes.

Le directeur général des élections du Québec (DGEQ) a annoncé que les élections en cours coûteront environ 88 millions $. Ces dépenses incluent : le matériel électoral, les activités préparatoires, le matériel informatique, les salaires du personnel du DGEQ et du personnel électoral, le transport et les communications, les services d'administration, les loyers, fournitures et approvisionnement et le remboursement des dépenses électorales (le DGEQ rembourse 50 % des dépenses électorales de tout candidat élu qui remporte 15 % du vote).

À cela s'ajoutent les dépenses permises par les partis politiques lors d'élections au-delà de celles remboursées par le gouvernement. Pour les élections du 4 septembre 2012, les partis étaient autorisés à dépenser 81 232 106 $.

C'est sans compter les ressources et les salaires des journalistes et du personnel technique que les médias monopolisés et des agences de sondage consacrent et qui servent principalement à couvrir les activités des partis arbitrairement considérés comme étant « élisibles ». Ces gigantesques conglomérats médiatiques y consacrent un pourcentage considérable de leurs ressources durant la campagne. C'est une forme de publicité gratuite, non couverte par la loi sur les dépenses électorales, en offrant à ces partis entrevues, émissions spéciales (ex : la boussole électorale), sondages tendancieux et reportages quotidiens.

Les partis emploient de dispendieuses firmes de marketing et dépensent ces dizaines de millions de dollars qu'ils sont autorisés à dépenser dans de vastes campagnes publicitaires, de marketing, de pancartes, de sollicitations téléphoniques et de mécanismes sophistiqués.

Financement de l'État

Le coût d'une élection ne se limite pas à ces dépenses. S'y ajoute le financement de l'État par le versement des allocations annuelles aux partis, le remboursement des frais de vérification et le versement de contributions du DGEQ.

Les allocations annuelles: L'État verse aux partis politiques des allocations annuelles qui sont en fonction du nombre de votes obtenus lors d'une élection. Ainsi, en 2010 l'État a versé une allocation aux partis politiques de 0,50 $ par vote obtenu.* Cette allocation est passé à 0,82 $ en 2010, à 0,83 $ en 2011 et à 0,85 $ en 2012. Un système de crédit d'impôt pour contribution politique était aussi en place pour les donateurs.

À la fin de 2012, la loi a été modifiée et l'allocation de l'État est passée à 1,50 $ par vote obtenu. La loi abolit les crédits d'impôt et limite les contributions à un parti à 100 $ par électeur mais en revanche le DGEQ verse des contributions directes aux partis proportionnellement aux dons reçus.

En 2012, l'État a versé en allocation aux 9 partis politiques autorités une somme de 4 986 118 $. De ce montant, le PQ, le PLQ et la CAQ ont reçu 4 806 922 $, soit 96 % du total des allocations. Ce montant représente 57 % des revenus des partis politiques.

En 2013, l'État a versé 10 640 246 $ à 18 partis politiques autorisés (ayant participé aux élections de 2012). De ce nombre, 90 % a été versé au Parti Québécois, au Parti libéral du Québec et à la Coalition Avenir Québec, soit 9 576 222 $.

Le remboursement des frais de vérification: La Loi électorale prévoit que le DGEQ rembourse aux partis autorisés la moitié des frais de vérification du rapport financier jusqu'à concurrence de 15 000 $. En 2012, l'État a remboursé aux partis politiques 74 561 $ pour ces frais.

Le versement de contributions: Depuis janvier 2013, en plus des allocations, le DGEQ verse des contributions aux partis politiques.  Ces contributions sont de  2,50 $ pour chaque dollar versé à titre de contributions reçues par les partis autorisés de leurs supporteurs jusqu'à concurrence de 20 000 $ par parti par année, puis de de 1,00 $ pour chaque dollar reçu en sus de cette limite, jusqu'à concurrence d'un montant annuel de 200 000 $ par parti.

En 2013, selon les données disponibles, le DGE a versé au minimum 250 000 $ chacun au Parti Québécois, au Parti libéral du Québec et à la CAQ pour un total de 750 000 $, sans compter les sommes versées aux autres partis.

Les gens ont raison de dire que ces dépenses massives sont un gaspillage si toute la publicité, sinon la très majeure partie de la publicité, se résume à de la propagande en faveur des partis des riches et qu'au bout de la ligne les électeurs ne sont pas davantage informés sur les solutions aux problèmes de la société. C'est un signe que le processus électoral et le financement électoral ne sont pas centrés sur l'électeur en tant que facteur humain, en tant que décideur, qui doit être informé des enjeux de façon impartiale et qui doit avoir l'information sur tous les candidats et tous les partis pour faire un choix éclairé.

L'élection à une fonction officielle est un projet public. Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour informer les électeurs sur tous les candidats en lice et leur programme ainsi que sur les autres questions d'intérêts publics reliés à une élection ? Ceux qui travaillent dur tous les jours pour faire fonctionner cette société méritent d'être au coeur des élections, pas en marge. Pour le PMLQ, un élément central de toute réforme du processus électoral qui veut réellement investir le peuple du pouvoir de décider est que toutes les dépenses en temps d'élection doivent servir à financer le processus, pas les partis.

(Candidate du PMLQ dans Hochelaga-Maisonneuve)

______________

* Précision : l'allocation se calcule en divisant entre ces partis, proportionnellement au pourcentage des votes valides obtenus par ces derniers aux dernières élections générales, une somme égale au produit obtenu en multipliant le montant fixé (0,82 $, 0,83 $, 1,50 $) par le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales utilisées lors de ces élections.

(Sources : Statistiques sur les rapports financiers des partis politiques provinciaux, direction du financement politique, Septembre 2013; site du DGEQ)

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Entrevue avec le chef du PMLQ

Comment intervenir dans cette élection

Chantier Politique : L'élection est lundi prochain le 7 avril. Quelles sont les prédictions du PMLQ ?

Pierre Chénier : De nos jours il est difficile de faire des prédictions à cause du phénomène de coups électoraux auxquels on assiste depuis quelque temps. Les soi-disant partis majeurs et les médias monopolisés emploient des méthodes de marketing pour provoquer des réactions de peur et lancer des diversions pour désinformer l'électorat. Le PMLQ croit que le meilleur résultat serait que le peuple élise encore un gouvernement minoritaire pour qu'aucun des partis n'ait les coudées franches pour appliquer à fond de train leurs programmes destructeurs. Pour cela il faut un effort concerté, il faut reconnaître que le peuple peut faire une différence par la façon dont il vote.

CP : Il reste quatre jours et les sondages prédisent une majorité libérale. Qu'en pensez-vous ?

PC : Les sondages continuent de donner un gouvernement libéral majoritaire. Le plus récent, celui de Forum Research le 1er avril, commandé par The Gazette, donne les libéraux majoritaires avec 41 % des voix, le PQ en deuxième avec 29 %, la CAQ en troisième avec 19 % et Québec solidaire en quatrième avec 7 %.

Cela confirme le sondage du 25 mars de Léger Marketing commandé par le Journal de Montréal qui donnait aussi les libéraux majoritaires : les libéraux avec 40 % des voix, le PQ 33 %, la CAQ 15 % et Québec solidaire 9 %.

Ces sondages sont-ils fiables ? Selon nous ils ne le sont pas. De récents exemples en Alberta et en Colombie-Britannique ont confirmé que les sondages sont manipulés par des intérêts en place avec des méthodes assez extraordinaires. Dans certains cas, un parti répand lui-même la nouvelle que l'opposition va gagner pour faire peur à ses propres partisans et les inciter à venir à sa défense. Ainsi, les gens qui votent habituellement PQ mais qui ont des griefs légitimes contre le gouvernement Marois doivent penser aux conséquences de leur geste parce que les libéraux sont en position de former un gouvernement majoritaire et un retour des libéraux ne serait pas une bonne chose pour le Québec non plus.

CP : Expliquez-nous comment vous voyez la diversion opérer en ce moment.

PC : Les médias monopolisés font beaucoup d'effort pour dire que la CAQ et François Legault montent dans les intentions de vote depuis le deuxième débat des chefs. Ils s'entendent généralement pour dire que le point tournant de la campagne est l'arrivée de Pierre Karl Péladeau qui s'est présenté comme candidat du PQ en levant le poing et en disant que son ambition dans la vie est de « bâtir le pays ». Les médias continuent de répéter que la question centrale dans cette élection est que le PQ a l'intention de tenir ou de préparer un référendum s'il est élu alors que personne n'en veut. C'est le cheval de bataille des libéraux dans cette élection : ils disent que l'élection d'un gouvernement libéral est la seule façon de s'assurer qu'il ne va pas y avoir de référendum car eux veulent s'occuper de l'économie (« des vraies affaires »).

Tout cela fait diversion parce que, en ce qui concerne la souveraineté du Québec, contrairement à ce qui est prétendu, ce n'est pas une affaire d'anglophones contre francophones, de fédéralistes contre séparatistes ou de préférer la stabilité à l'instabilité. Le Québec, tout comme le reste du Canada, est en train d'être intégré à un nouvel État sous le contrôle de monopoles privés. Tout le monde doit s'intéresser à la question nationale, à l'édification nationale, sinon le peuple n'aura pas le contrôle de la situation au Québec. Il est urgent que tout le monde s'intéresse à cette question suivant sa propre logique et ses propres arguments, et non pas la logique donnée par les médias ou par d'autres.

La deuxième diversion est de dire que les libéraux vont s'occuper « des vraies affaires ». Les « vraies affaires » de qui ? Celles du peuple ? Certainement pas.

Depuis que les médias ont commencé ce refrain, le PQ est passé à la défensive. Au lieu d'argumenter qu'avec la souveraineté on pourra défendre les intérêts du Québec et ceux des Québécois, il répète qu'il ne tiendra pas de référendum tant que les gens ne seront pas prêts. Il a ensuite tenté de se présenter comme le parti de l'identité québécoise. Il revient sur sa charte des valeurs québécoises, qui est très controversée. Il a lancé l'élection avant d'avoir entendu tous ceux qui voulaient intervenir sur le projet de charte et il a laissé savoir très clairement que s'il est élu majoritaire il a l'intention de l'adopter quoi que les gens disent. Le PMLQ est d'avis que c'est très inapproprié parce que sur la question de la charte le PQ ne défend pas une position progressiste.

Quoi qu'il en soit, le PQ a essayé de mener sa campagne en disant qu'il défend les intérêts du Québec et qu'il est un bon gouvernement, qu'il a de bonnes réalisations sur le plan économique. Les médias ont alors dit que cette tentative de tourner l'attention sur l'intégrité et la lutte à la corruption n'a pas donné les résultats escomptés parce que le PQ a été forcé de répondre à des allégations de malversation autant que les libéraux. Selon les médias le PQ n'est pas parvenu à recentrer la campagne sur l'identité québécoise non plus.

CP : Une autre caractéristique de la situation actuelle est que beaucoup de gens qui votent habituellement PQ ne veulent pas le faire cette fois-ci à cause de l'offensive antisociale, à cause de Péladeau, à cause de Marois qui est perçue comme étant arrogante et hautaine, parce qu'il n'a pas tenu sa promesse d'abolir la taxe santé et ainsi de suite. Qu'en pensez-vous ?

PC : Oui, nous rencontrons beaucoup de sympathisants du PQ qui ne sont pas en faveur de la charte des valeurs et qui croient que cela fait du tort à la cause souverainiste. L'affaire Péladeau est difficile elle aussi à avaler à cause de son antisyndicalisme notoire. Bien sûr, la question nationale existe indépendamment qu'on soit pour le capitalisme ou le socialisme et il est urgent que la classe ouvrière prenne les devants là-dessus. C'est pourquoi le PMLQ appelle les travailleurs, les jeunes et les étudiants et les personnes âgées à créer les Commissions sur l'avenir du Québec, pour pouvoir eux-mêmes avoir une influence sur ce qui en ressortira.

Décider pour qui voter en se basant sur son dépit pour le PQ peut cependant conduire à une majorité libérale et cela ne serait pas bon pour le Québec. Les Québécois doivent voter de manière à donner le meilleur résultat dans la situation donnée. Aucun des partis politiques qui veulent former le gouvernement ne défend les intérêts du peuple. C'est pourquoi il ne faut pas leur donner une majorité, pour qu'aucun d'entre eux ne se sente libre de faire ce qu'il veut. L'opposition ouvrière doit refroidir leurs ardeurs.

CP : Et Québec solidaire là-dedans ?

PC : La stratégie de Québec solidaire dans cette élection est de critiquer le PQ le plus possible dans l'espoir de ramasser le vote des péquistes désabusés. Il dit qu'il est le vrai parti de la souveraineté et en fait cette fois-ci il dit qu'avec un gouvernement de QS il y aurait un référendum au premier mandat. Il ramasse aussi les promesses rompues du PQ. Il dit que le PQ a viré à droite et ainsi de suite. Le PMLQ est d'avis que le vrai problème est le processus électoral où les partis politiques doivent diviser le corps politique pour avancer leurs chances électorales. Ce genre de politique ne contribue à résoudre aucun problème. Ça ne va pas nécessairement faire augmenter les votes de QS, mais, au contraire, pourrait aussi faire élire les libéraux. Mais évidemment Québec solidaire a le droit de demander qu'on vote pour lui autant que les autres. Pour nous, il s'agit de considérer le résultat pour le peuple québécois et de l'alerter à la nécessité d'occuper lui-même l'espace du changement et de ne pas penser que quelqu'un d'autre défendra ses intérêts à sa place.

CP :  Alors vous croyez qu'il y a une véritable possibilité que les libéraux forment le prochain gouvernement ?

PC : Ça en a tout l'air, mais, comme je le disais, ça reste très imprévisible. Les Québécois sont des gens politiques. Ils ont un sens profond de l'intervention politique. Cela dépend beaucoup du taux de participation et de la mesure dans laquelle le vote caquiste, dans les comtés détenus par la CAQ, va se tourner vers les libéraux.

Ce ne serait pas bon pour le Québec, politiquement parlant, que les libéraux reviennent au pouvoir. D'abord cela alimenterait un sentiment d'impuissance, le sentiment chez les travailleurs, les étudiants et les jeunes que le mouvement n'a pas pu s'appuyer sur les progrès faits à l'élection de 2012 pour faire valoir les demandes d'un Québec qui défend les droits de tous. Une victoire libérale serait interprétée comme un appui au statu quo et à l'offensive néolibérale brutale. La privatisation de la santé, le pillage des ressources, le Plan Nord, la pression constante sur le niveau de vie et les pensions des travailleurs, ce serait donner le feu vert à tout cela. Les libéraux ont créé tous les conflits qu'ils ont pu en criminalisant la lutte des jeunes, des travailleurs du secteur public, de la construction, pour empêcher la discussion politique sur les problèmes soulevés. Il faut empêcher cela. Le PMLQ appelle les travailleurs partout au Québec à faire ce qu'ils peuvent pour ne pas donner le feu vert à cette offensive antisociale.

D'autre part, une victoire libérale servirait bien sûr à dire qu'au niveau fédéral les libéraux ont une base au Québec. Il ne faut pas oublier que les libéraux représentent les forces qui ont appuyé les accords de Meech et Charlottetown que le peuple a résolument rejetés, tant au Québec qu'au Canada. Depuis ils n'ont jamais accepté que leur position constitutionnelle soit défaite. Il faut dire aux gens de les rejeter encore une fois dans cette élection.

Tout montre que les travailleurs doivent mettre leurs propres options sur la table car les choix qu'on leur donne ne correspondent pas à leurs intérêts. Rien ne changera dans l'intérêt du peuple si les travailleurs ne développent pas leur politique indépendante pour avoir suffisamment d'influence pour empêcher les intérêts monopolistes de détruire la société et l'autorité publique.

CP : Alors quel appel lancez-vous à la veille du scrutin ?

PC : Notre appel demeure qu'il faut empêcher les libéraux de revenir au pouvoir et que les travailleurs doivent prendre les devants dans la construction d'un Québec souverain qui défend les droits de tous. Dans la situation actuelle, où les travailleurs sont pris entre deux feux, la meilleure chose serait d'élire un gouvernement minoritaire du Parti québécois et d'exiger ensuite des lois pro-sociales, la fin des ententes secrètes sur les ressources, la fin de la privatisation de la santé et de l'éducation, la défense des pensions et du niveau de vie des travailleurs et ainsi de suite. Une demande importante pour ne pas voir des élections absurdes se répéter serait que le gouvernement s'en tiennent à la loi sur les élections à date fixe.

Le PMLQ lance l'appel à ne pas permettre aux libéraux de revenir au pouvoir. Leur idée d'éliminer toute possibilité d'un référendum sur la souveraineté quoi que les gens pensent et de « s'occuper des vraies affaires » est un appel à bloquer la voie au progrès sur tous les fronts. Ils interpréteraient leur victoire comme un mandat pour intensifier l'offensive antisociale plus brutalement encore et pour bloquer la voie à une décision sur l'avenir du Québec et à l'édification nationale, alors que c'est ce dont ont besoin le Québec et toutes les nations à l'heure de la destruction nationale par les cercles dominants sous la botte de l'impérialisme américain. Les aspirations du peuple au Québec et au Canada doivent prévaloir aujourd'hui et la présente élection peut ouvrir une voie pour que cela devienne possible. Ce serait le résultat le plus souhaitable.

CP : Désirez-vous ajouter quelque chose ?

PC : Pour ce qui est de l'élection d'un gouvernement du Parti québécois, pour les travailleurs la question demeure la même et cela est démontré encore une fois par le fait que les libéraux sentent le pouvoir et qu'ils ne sont pas très loin derrière. La question demeure que les travailleurs doivent prendre les devants pour définir et lutter pour un Québec souverain qui défend les droits de tous pour ne laisser aucun espace aux gouvernements qui veulent poursuivre l'offensive antisociale et imposer les politiques néolibérales et une conception très étroite de l'identité québécoise.

De plus, le PMLQ présente des candidats dans des comtés qui ne sont pas des comtés chauds et où les libéraux peuvent être défaits. Nous appelons les électeurs à voter pour le PMLQ dans ces circonscriptions en guise de reconnaissance de la nécessité des Commissions sur l'avenir du Québec.

Merci.

(Reproduit du Chantier politique, journal du PMLQ. www.pmlq.qc.ca)

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Christian Legeais, agent officiel du Parti marxiste-léniniste du Québec


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