Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 46 - 2 avril 2014

Le projet de loi C-13,
Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité

Le gouvernement Harper établit les
fondements d'un État policier


Le projet de loi C-13, Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité
Le gouvernement Harper établit les fondements d'un État policier

« La diplomatie numérique »
Le nouvel instrument de subversion du gouvernement Harper - Tony Seed -

Le Salvador a un nouveau président
Le peuple l'emporte malgré les manigances de la réaction


Le projet de loi C-13,
Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité

Le gouvernement Harper établit les
fondements d'un État policier

Le 26 mars, le débat en deuxième lecture s'est poursuivi sur le projet de loi C-13 du gouvernement Harper, la Loi modifiant le Code criminel, la Loi sur la preuve au Canada, la Loi sur la concurrence et la Loi sur l'entraide juridique en matière criminelle, dont le titre abrégé est Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité. Le projet de loi a été déposé le 20 novembre 2013 et a atteint l'étape de la deuxième lecture à la fin novembre. Le 26 mars, lorsque le débat a repris, le leader du gouvernement conservateur à la Chambre, Peter Van Loan, afin de faire obstacle à toute opposition au projet de loi, a déposé une motion imposant une limite de temps pour le faire passer en douce. Le débat sur le projet de loi a ainsi été restreint à une journée supplémentaire en deuxième lecture. La motion de Van Loan a été adoptée.

Le projet de loi C-13 prétend protéger les Canadiens contre la cybercriminalité. Si le projet de loi interdit la distribution d'images intimes en ligne sans consentement, son objectif premier est d'accorder de nouveaux pouvoirs aux corps policiers et à l'État leur permettant d'empiéter sur la vie privée des Canadiens. Selon l'organisation OpenMedia.ca, qui mène présentement une campagne nationale contre le projet de loi, celui-ci accorderait aussi l'immunité aux fournisseurs de télécoms qui partageraient l'information privée de leurs clients avec les autorités sans avoir reçu le mandat d'un tribunal.

Le ministre de la Justice, Peter MacKay, tente de justifier les nouveaux pouvoirs policiers en disant que le projet de loi est en fait une modernisation du code criminel. Dans un communiqué, le ministère de la Justice déclare que « les amendements proposés dans le projet de loi C-13 garantiraient essentiellement que les renseignements auxquels les organismes d'application de la loi ont actuellement accès dans le cas des appels téléphoniques le seraient aussi dans celui de technologies plus nouvelles comme les ordinateurs, les téléphones intelligents et Internet ».

OpenMedia.ca fait valoir que plus de 65 pages du projet de loi C-13 sont des copies conformes du projet de loi C-30, la Loi sur la protection des enfants contre les cyberprédateurs, un projet de loi similaire à celui qu'on essaie de faire adopter maintenant. Plus de 150 000 Canadiens s'étaient exprimés contre ce projet de loi qui contenait de si graves lacunes qu'il a été retiré avant même d'atteindre l'étape de la deuxième lecture. Il tentait entre autres choses de rendre possible aux fournisseurs de services télécoms d'intercepter les données en temps réel. Il cherchait aussi à rendre obligatoire la divulgation des informations des clients à la police, passant outre aux tribunaux.

L'avocat Derek James de Calgary, qui pratique le droit avec la Fondation de la constitution canadienne, écrivait dans un article du 26 mars dans le Toronto Star : « Le projet de loi C-30, déposé en février 2012, ne fait aucune mention d'enfants ou de prédateurs et, vraisemblablement, si on avait nommé le projet de loi de cette façon, c'était pour amener le public à accepter le projet de loi. En fait, il avait peu à voir avec son titre, mais visait essentiellement à accorder de nouveaux pouvoirs aux policiers dont celui d'obliger les fournisseurs de services télécoms à divulguer aux policiers l'information appartenant à l'abonné, et ce, sans la supervision du tribunal. Vic Toews, alors ministre de la Justice, avait attaqué ses opposants en déclarant : « Si vous n'êtes pas avec nous, vous êtes avec les pornographes juvéniles. »

James explique : « La ruse du projet de loi C-13 est de passer en douce une disposition de divulgation obligatoire. Le projet de loi explique que la police peut demander de divulguer l'information sur une base volontaire et de conserver les données et les documents, et que toute personne possédant de telles informations peut choisir de se plier à la demande des policiers, à condition qu'il ne soit pas illégal de le faire.

« À première vue, cela peut sembler inoffensif. Mais la disposition qui suit celle-ci dit que quiconque fournit de telles informations sur une base volontaire suite à une requête de la police est exonéré de toute responsabilité civile et pénale.

« Cette exonération pose problème, puisqu'elle fait abstraction de la supervision des tribunaux et quelqu'un peut être tenté de tout simplement remettre l'information à la police pour cette raison. Libérés de toute responsabilité, les fournisseurs de services télécoms ayant en leur possession de l'information que demande la police auront vraisemblablement plus tendance à vouloir collaborer à des demandes de divulgation sans fondements. Cela ouvre la porte toute grande aux allégations à l'aveuglette et aux écoutes clandestines accrues. Il faut aussi se demander si la divulgation dite volontaire le sera vraiment, et si les fournisseurs sollicités ne se sentiront pas forcés de se conformer au risque de nuire à leurs relations avec la police.

« Le fait de vouloir protéger les Canadiens de la cyberintimidation est louable en soi, mais il faut voir que les nouveaux pouvoirs accordés aux policiers par le projet de loi C-13 peuvent mener aux abus de toutes sortes. Oui, la disposition de divulgation obligatoire du projet de loi C-30 n'est plus, mais le projet de loi C-13, de façon plus subtile, atteint à toutes fins pratiques le même objectif. Ne soyons surtout pas trop empressés de laisser tomber notre droit à la vie privée car il sera difficile pour nous de le reprendre. »

Le directeur général d'OpenMedia.ca, Steve Anderson, fait le point suivant : « Disons les choses comme elles sont : C-13 est un projet de loi dangereux qui permettrait ouvertement au gouvernement d'espionner des Canadiens n'ayant rien à se reprocher. Nous savons très bien que le gouvernement mène de telles activités d'espionnage contre les Canadiens par le biais de son agence d'espionnage, le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC). Maintenant ils cherchent à dissimuler ces activités en accordant une immunité légale aux fournisseurs de télécoms qui partagent déjà des informations avec les autorités. »

Anderson ajoute : « Ce qui est encore plus déplaisant, c'est le fait que le gouvernement se sert de l'intimidation envers les enfants pour faire passer en catimini cette législation d'espionnage cybernétique impopulaire. Si Peter MacKay avait le moindre scrupule, il scinderait ce projet de loi afin que toute mesure importante destinée à contrer la cyberintimidation puisse être traitée de façon distincte. Le ministre MacKay ferait preuve de courage en faisant valoir son projet de loi d'espionnage cybernétique selon ses mérites. Il semblerait que c'est trop lui demander et qu'il préfère cette approche répréhensible de tenter de passer son projet de loi par en-dessous. »

OpenMedia.ca rapporte qu'une vidéo qu'elle vient de mettre en ligne « est regardée par tout le monde et est l'un des deux items les plus consultés de Reddit Canada ». Plus de 34 000 personnes sont maintenant membres de la Coalition « Protégeons notre vie privée » qui revendique des mesures légales efficaces pour protéger la vie privée des Canadiens contre les intrusions d'espions gouvernementaux », selon OpenMedia.ca. Celui-ci annonce aussi que l'opposition officielle parlementaire s'est jointe à OpenMedia.ca et demande que le projet de loi C-13 soit scindé pour permettre aux questions liées à la cyberintimidation d'être traitées de façon distincte. Toute personne intéressée à appuyer la Coalition « Protégeons notre vie privée » peut le faire à Protect Our Privacy.

Pétition pour arrêter l'espionnage cybernétique
- Coalition « Protégeons notre vie privée » -

L'emprise du gouvernement sur notre information privée et sensible est de plus en plus secrète, coûteuse et hors de contrôle.

Secrète : L'information et les données privées d'honnêtes citoyens canadiens sera sous l'emprise des efforts d'espionnage exécutés par la CSTC, une agence qui n'a aucun compte à rendre au public et qui reste très discrète.

Coûteuse : Le gouvernement s'apprête à dépenser $ 4 milliards de nos taxes pour abriter et démarrer de nouvelles opérations d'espionnage.

Hors de contrôle : Durant les dernières quelques années, il y a eu un total de plus de 3000 infractions liées à l'information de citoyens, touchant environ 725 000 d'entre nous.

Ces initiatives d'espionnage menacent de rendre accessible votre information privée à une panoplie d'agences gouvernementales, sans qu'elles n'aient besoin d'un mandat d'accès.

Un vaste groupe de citoyens, d'experts, d'organismes et d'entreprises se sont rassemblés dans la Coalition pour Protéger notre Vie Privée (Protect our Privacy Coalition) dans l'espoir de se rassembler pour protéger les droits à la vie privée avec une déclaration commune de principes.

Joignez-vous à nous maintenant en signant cette déclaration. Cliquer ici

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«La diplomatie numérique»

Le nouvel instrument de subversion
du gouvernement Harper

Au milieu des révélations sur l'espionnage, la guerre cybernétique et les autres méfaits commis par les États-Unis à l'échelle du globe qui ont été mis en lumière depuis un an, le gouvernement Harper est en train d'étendre sa propre participation aux médias antisociaux et à la subversion électronique d'États qui essaient de suivre une voie indépendante de développement et sont considérés comme étant hostiles aux États-Unis et au bloc de l'OTAN.

Le 7 février dernier, le ministre des Affaires étrangères John Baird a visité les quartiers généraux de Google et de Twitter dans la Silicon Valley en Californie et y a dit qu'il va ajouter la « diplomatie numérique » aux armes de subversion comme les opérations clandestines, « l'aide » et la diplomatie secrètes que le gouvernement Harper utilise déjà à l'échelle internationale contre les pays ciblés.

La diplomatique numérique de Harper est le prolongement dans le Service extérieur et les affaires internationales de l'implication directe dans le gouvernement d'intérêts privés privilégiés comme Google, Twitter et Amazon. Ce dernier, par exemple, a un contrat de 600 millions $ avec la CIA pour lui fournir des services « d'informatique dématérialisée ». Lorsqu'on place ces développements dans le contexte de la « nouvelle diplomatique économique » du gouvernement Harper, on voit que les affaires étrangères et les membres du Service extérieur vont travailler directement à la promotion des intérêts privés globaux des monopoles les plus puissants au sein des États-Unis des monopoles de l'Amérique du Nord et agir contre les mouvements sociaux et les gouvernements anti-impérialistes.

Selon un communiqué de son ministère, Baird aurait fait le commentaire suivant:

« L'échange d'information en toute liberté et à toute vitesse change la nature de la diplomatie et des affaires étrangères, comme il façonne les industries. Les démarches, les dîners diplomatiques et les sommets réservés à un cercle fermé ne sont désormais plus suffisants pour projeter nos valeurs et nos intérêts.

« Pour diverses raisons, la diplomatie ne parviendra peut-être jamais à appliquer le modèle de la Silicon Valley, qui ne cesse de se réinventer et de bouleverser les choses. Cependant, dans un monde de communications instantanées et de médias sociaux, nous n'avons d'autre choix que d'évoluer plus rapidement, sans craindre la nouveauté ou les erreurs.

« Grâce aux médias sociaux et aux indices fournis par l'analyse d'un immense volume de données, nous pouvons miser sur la diplomatie directe, non réservée à une élite. À Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada, des exercices d'application des médias sociaux nous ont permis de joindre des acteurs de la société civile qui souhaitent apporter des changements politiques et sociaux positifs dans leur pays. »

Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada (AECDC) utilise déjà les médias sociaux comme « station d'écoute » virtuelle pour analyser les processus politiques dans les sociétés ciblées et les mouvements dans divers pays. Le ministère va maintenant s'ingérer directement dans les affaires intérieures d'autres pays et impliquer des « acteurs civiques », une expression codée signifiant ceux qui s'affairent aux changements de régimes, ces forces que les ambassades canadiennes et d'autres agences ont déjà identifiées sur « la carte des médias sociaux ».

Selon un article en appui au gouvernement signé par Roland Paris du Centre d'études en politique internationale à l'Université d'Ottawa, qui est financée par le gouvernement fédéral, le gouvernement Harper est déjà en train d'intervenir directement dans les affaires intérieures de la République islamique d'Iran, un gouvernement souverain, mettant de l'avant son ordre du jour politique sous couvert de grands idéaux.

Paris écrit: « En plus, le gouvernement s'est associé à l'École Munk de l'Université de Toronto pour créer le Dialogue mondial sur l'avenir de l'Iran, lequel utilise la technologie des médias sociaux pour déjouer la censure du gouvernement iranien, permettant ainsi aux Iraniens, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, de communiquer librement entre eux. Même si certains se sont demandé si une initiative de ce genre était du ressort d'une université et si l'École Munk avait accepté de devenir de facto l'instrument de l'obsession du gouvernement pour l'Iran en politique étrangère, cette initiative n'en représente pas moins une utilisation créatrice d'outils numériques qui permet de maintenir l'Internet comme quelque chose d'ouvert. »

L'ingérence dans les affaires d'un pays souverain devient ainsi synonyme de défense de la liberté, de « société ouverte » à la manière du réseau international Soros et « d'utilisation créatrice d'outils numériques ».

L'auteur de l'article écrit que « dans les derniers six mois, le ministère des Affaires étrangères a ouvert 60 comptes sur Twitter et 50 sur Facebook ».

Sur un autre ton, le ministre Baird a eu les mots suivants dans son communiqué avec un cynisme sans bornes:

« Les outils favorisant la liberté d'expression peuvent alors se transformer en outils de répression.

« Les gouvernements fermés et instables craignent de donner une voix à leurs propres citoyens. En conséquence, ils s'opposent désormais à la liberté qu'offre Internet. Ils réagissent en utilisant le pouvoir de la technologie pour bloquer l'accès à l'information, restreindre la liberté d'expression et cibler les dissidents.

« Le Canada et les États-Unis doivent continuer de collaborer pour assurer un réseau Internet libre, innovateur et ouvert, pour le bénéfice social et économique de tous les utilisateurs. Et nous n'y parviendrons que si le gouvernement travaille main dans la main avec le secteur privé et la société civile. » (Les caractères en gras sont de moi.)

Non seulement a-t-il révélé que les plus grands consortiums de sécurité piratent eux-mêmes les systèmes de sécurité d'États rivaux, mais le ministre Baird blâme les services de sécurité des États ciblés de faire échec à la guerre cybernétique afin que les entreprises et les gouvernements mettent leur confiance dans ces consortiums pour les protéger du contre-espionnage.

Un instrument de «diplomatie économique»

La « diplomatie numérique » est un instrument de la « nouvelle diplomatie économique » du gouvernement Harper qui modifie comment les ressources du Canada en matière d'affaires étrangères et de missions diplomatiques sont déployées.

Suite au coup électoral de 2011 qui a mis au pouvoir un gouvernement majoritaire conservateur, le premier ministre Harper a demandé au nouveau ministre du Commerce international, Ed Fast, de guider les changements vers ce qu'il a appelé « une nouvelle diplomatie économique ».

Le Projet d'information du Marxiste-léniniste hebdomadaire écrivait dans son édition du 11 janvier :

« Lors d'un discours au Economic Club du Canada, le 27 novembre dernier, le ministre Ed Fast a dit avoir mis à contribution ' l'expertise d'un comité consultatif formé d'éminents dirigeants d'entreprises et chefs de file de l'industrie. Ils provenaient d'associations nationales comme le Conseil canadien des chefs d'entreprise, l'Alliance canadienne du commerce agroalimentaire, la Chambre de commerce du Canada, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et les Manufacturiers et Exportateurs du Canada. '

« Le comité consultatif a préparé un plan d'action appelé Plan d'action sur les marchés mondiaux, l'équivalent d'un livre blanc sur la politique étrangère. Le Plan d'action appelle le ministère des Affaires étrangères, du commerce et du développement ' à incorporer le concept de 'diplomatie économique' comme force motrice des activités de promotion des échanges commerciaux du gouvernement du Canada au sein de son réseau diplomatique international. Suivant ce plan, toutes les ressources diplomatiques du gouvernement du Canada seront mobilisées au nom du secteur privé. ' Le Plan d'action appelle les diplomates canadiens et d'autres représentants officiels ' à ouvrir des portes, repérer des clients potentiels et résoudre des problèmes ' pour les monopoles nord- américains.

« Selon un article du Globe and Mail sur le Plan d'action sur les marchés mondiaux, ' Le gouvernement conservateur de Stephen Harper va faire de la 'diplomatie économique' au service de l'industrie privée la clé de voûte de la politique étrangère du pays, ce qui marque un changement historique de l'approche du Canada face au monde '.

« Démontrant que la ' nouvelle diplomatie économique ' politise les intérêts privés internationaux des monopoles les plus puissants au sein des États-Unis des monopoles d'Amérique du Nord, Ed Fast a dit dans son discours que ' notre gouvernement s'est engagé, dans le Plan d'action économique de 2012, à s'appuyer sur la réussite de la Stratégie commerciale mondiale pour tenir de vastes consultations avec les milieux d'affaires canadiens afin de repérer de nouveaux marchés et dénicher de nouvelles forces et occasions d'affaires... Ajoutons à cela un marché mondial dans lequel la libre circulation des marchandises et des services — tout comme la prolifération des chaînes de valeur mondiales — prédomine, et vous arriverez à la conclusion que la conduite des affaires se déroule maintenant selon un paradigme entièrement nouveau... Bref, le gouvernement axera le Plan sur les points forts du Canada et veillera à ce que toutes ses ressources diplomatiques soient mises à contribution pour soutenir la réussite commerciale des entreprises et des investisseurs canadiens. ' » (Les caractères en gras sont du LML).

« La diplomatie numérique » est précisément au service des « entreprises et des investisseurs canadiens », de leurs besoins immédiats et de leur programme stratégique.

Les intérêts privilégiés privés qui bénéficient des actions de Harper sont les monopoles qui ne tolèrent aucune opposition à leur poursuite du plus haut taux de profit partout dans le monde.

La guerre cybernétique

« La diplomatie numérique » est un euphémisme pour la guerre cybernétique menée par le biais des médias antisociaux, le piratage et autres moyens.

Les médias antisociaux comme le réseau Twitter qui est utilisé par le gouvernement Harper sont intégrés aux agences militaires et d'espionnage des États-Unis. Le réseau joue un rôle de plus en plus grand dans les changements de régime organisés par les États-Unis et la fomentation de conflits violents tribaux, religieux, ethniques et autres. Les impérialistes américains ont utilisé Twitter avec succès ainsi que son service vidéo Vine afin de répandre des cancans, rumeurs et de la désinformation non vérifiables et qui ne peuvent être contestés dans de courts messages textuels et vidéos.

L'intervention camouflée des États-Unis en Syrie, au Venezuela, en Iran et en Égypte fournissent des exemples de ce modus operandi qui est maintenant devenu notoire. On a récemment exposé de fausses images qui ont été publiées comme provenant de la Syrie ou du Venezuela. Dans ce dernier cas, des images de répression policière dans des pays comme le Brésil, l'Espagne et le Chili ont été présentées faussement comme provenant du Venezuela et elles ont circulé sur Twitter. Lorsque ces images ont été finalement exposées comme étant des faux, elles avaient déjà circulé partout dans le monde. Cela a aidé les agences d'espionnage et les forces armées des États-Unis à créer le chaos et des bouleversements dans les pays ciblés. Cette activité vise aussi à créer de l'appui pour l'ingérence de grande puissance dans des pays souverains comme la Syrie, le Venezuela et l'Ukraine sous prétexte de la « responsabilité de protéger ».

Le Canada est lui aussi passé maître dans l'art de mener des campagnes internet et ne va pas se laisser distancer, écrit Gerard Di Trolio sur Venezuelanalysis.com au sujet de la nomination du nouvel ambassadeur du Canada au Venezuela, Ben Roswell, à la fin février dans le sillage de l'annonce faite par Baird au sujet de la politique de « diplomatie numérique ». Roswell est le premier « guerrier numérique » du gouvernement Harper.

Une offensive mondiale

Twitter répand aussi le culte de figures dominantes de la culture impérialiste américaine. Twitter et d'autres médias contrôlés par les États-Unis affaiblissent les États ciblés et pavent la voie à la subversion et à l'implication militaire des États-Unis à l'échelle du globe (surtout en Amérique latine, en Asie de l'ouest et en Afrique en ce moment) et cherchent à détruire l'opinion publique qui s'oppose à la guerre impérialiste et à la violation de la souveraineté des nations.

La course des États-Unis à l'hégémonie mondiale, à laquelle les monopoles et l'État annexés du Canada participent, vise au contrôle des marchés, des sources de matières premières, des travailleurs et des régions stratégiques.

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Le Salvador a un nouveau président

Le peuple l'emporte malgré les
manigances de la réaction


Le 25 mars 2014, les candidats du Front Farabundo Martí de libération nationale, Salvador Sánchez Ceren (à gauche) et Oscar Ortiz se font respectivement confirmer en tant que président élu et vice-président élu du Salvador par le Tribunal électoral suprême à San Salvador.

Lors d'une cérémonie tenue à San Salvador le 25 mars, Salvador Sánchez Ceren et Oscar Ortiz du Front de libération nationale Farabundo Martí (FMLN) ont été confirmés dans leur fonction respective de président élu et vice-président élu du Salvador par le président du Tribunal électoral suprême du Salvador (TES ). Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste), qui a envoyé un membre pour se joindre à la mission internationale d'observateurs pour le premier tour de l'élection, félicite le nouveau président et le vice-président et en particulier le peuple du Salvador et son organisation le FMLN pour cette réalisation remarquable. Grâce à son travail acharné, sa mobilisation persistante et sa capacité à rester calme face aux provocations répétées, le peuple a pu mettre en échec un coup de force électoral par ARENA, le parti de droite du pays, un transgresseur notoire des droits humains et une agence de l'impérialisme américain.

Avant cela, le 17 mars, le TES a confirmé les résultats du second tour de l'élection présidentielle du pays qui s'est tenu le 9 mars. L'équipe du FMLN composée de Salvador Sánchez Ceren et Oscar Ortiz a été déclarée gagnante avec 1 495 815 ou 50,11 % des voix. Le parti ARENA a reçu 1 489 451 voix, soit 49,89 %. Près de 3 millions de votes ont été exprimés, environ 300 000 de plus que durant le premier tour de scrutin qui s'est tenu le 2 février, la participation historique la plus élevée d'électeurs au pays pour ce genre d'élection. Le second tour de l'élection a été rendu nécessaire parce qu'aucun parti n'a obtenu le pourcentage requis de 50 % plus une voix au premier tour.

De nombreux gouvernements ont fait parvenir leurs félicitations au nouveau président Sánchez Ceren dont l'Argentine, le Belize, la Bolivie, le Brésil, Costa Rica, Cuba, l'Équateur, le Guatemala, le Nicaragua, Panama, le Venezuela, la République dominicaine et l'Uruguay, de même que la Fédération de Russie et les États-Unis.

Le nouveau président et le vice- président entreront officiellement en fonction le 1er juin pour un mandat de cinq ans. Sánchez Ceren et les autres porte-parole du FMLN ont dit qu'ils ont l'intention de poursuivre et d'approfondir les changements entrepris sous le premier gouvernement du président sortant du FMLN, Mauricio Funes. Le nouveau président a déclaré qu'il a l'intention de gouverner pour tous les Salvadoriens - ceux qui ont voté pour le FMLN et ceux qui ne l'ont pas fait - dans un gouvernement inclusif qui poursuivra les intérêts communs des entreprises, des travailleurs et d'autres secteurs. Il a appelé ARENA et les autres forces dans le pays à initier un dialogue avec son administration pour travailler ensemble pour le bien de la nation et conclure un pacte national.

Parlant de ce qu'il espérait accomplir pendant son mandat, Sánchez Ceren a fait le point en disant que le FMLN ne voit pas le développement économique séparément du développement social et que son gouvernement allait continuer à investir dans les programmes sociaux. Il a dit qu'il serait important pour l'Assemblée législative d'approuver une loi garantissant le financement de ces programmes. Il a déclaré que le rôle le plus important de son gouvernement sera de subvenir aux besoins de la population et, à cette fin, une de ses premières actions sera de demander des réunions avec toutes les forces productives du pays. La création d'emplois, l'augmentation de la productivité dans le pays et une plus grande sécurité pour la population sont parmi ses principaux objectifs, a-t-il dit.

Sánchez Ceren a déclaré que le développement du pays sera fondé sur un « modèle salvadorien » faisant référence à des plans pour la réalisation de la souveraineté alimentaire et pour faire du Salvador un corridor logistique et une destination touristique. Quant aux mesures économiques prévues au cours de son mandat, le président a expliqué qu'il espère établir un dialogue national avec les différents secteurs pour discuter des questions importantes telles que la dette extérieure, les pensions et les questions connexes.

Sánchez Ceren a dit que son cabinet serait composé de membres du FMLN, de responsables du gouvernement actuel, de représentants de la société civile et de membres de différents secteurs qui ont soutenu sa candidature.

Les efforts de l'oligarchie financière de renverser les
résultats électoraux et déstabiliser le pays


Les partisans du FMLN célèbrent la victoire, le 9 mars 2014.

En dépit des organisations sociales et d'autres observateurs internationaux qui ont tous attesté de l'efficacité, de la transparence et du professionnalisme avec lesquels le Tribunal suprême électoral a effectué ses fonctions, ARENA et ses bailleurs de fonds au sein de l'oligarchie ont refusé de reconnaître les résultats de l'élection au second tour tenue le 9 mars jusqu'au 26 mars lorsque la Cour suprême a jugé irrecevable la requête d'ARENA pour un recomptage du vote. Une fois les avenues juridiques épuisées pour monter un dossier contre les résultats de l'élection, ARENA a publié un communiqué disant qu'il accepterait les résultats. Cependant, cela a été aussi utilisé comme une occasion de poursuivre sa campagne de désinformation contre le FMLN. Dans sa déclaration, ARENA a déclaré que s'il acceptait la décision du tribunal de grande instance, il le ferait « en dépit des inégalités et des conditions déloyales vécues durant la campagne électorale ». Poursuivant ses efforts pour calomnier le FMLN, ARENA a ajouté qu'il surveillerait de près le nouveau gouvernement « afin de s'assurer qu'il respecte la loi et mettrait en évidence ses échecs et erreurs, en particulier s'il ose violer les institutions démocratiques ou compromettre la souveraineté du pays ».

Ce second tour de l'élection présidentielle a donné lieu à une guerre de propagande implacable basée sur la désinformation et les campagnes de peur menées contre le FMLN, appuyée financièrement par de grands intérêts financiers liés à ARENA et, par extension, aux États-Unis. Des millions $ ont été versés pour submerger la nation d'avertissements à la télévision, la radio et sur les médias sociaux sur les conséquences désastreuses d'élire « un chef de la guérilla » en tant que président qui voudrait détruire l'économie du pays et le transformer en un « autre Venezuela. ». En même temps, on a rapporté que des votes ont été achetés autour des bureaux de scrutin, les électeurs se faisant dire que leur emploi était en péril sauf s'ils votaient pour ARENA, et d'autres manigances ont été organisées par ces forces de la réaction pour tenter d'obtenir le résultat escompté.

Lorsque le FMLN est sorti vainqueur en dépit de la campagne de peur et d'autres activités sans scrupules, ARENA a immédiatement tenté de faire annuler l'élection, alléguant « une fraude ». Afin de préparer le terrain pour ce qui était à venir, avec à peine 50 % des votes dépouillés le soir des élections, le candidat d'ARENA Norman Quijano et d'autres à la direction du parti ont déclaré qu'ils avaient gagné l'élection. À mesure que le dépouillement procédait, le FMLN se dirigeant vers la victoire et gardant une avance légère mais stable, les dirigeants de l'ARENA ont lancé des appels provocateurs aux membres du parti à se mettre « sur un pied de guerre » et aux forces armées de se préparer à passer à l'action « pour défendre la démocratie ». Le commandement militaire a toutefois déclaré qu'il prend ses ordres du président et n'a pas l'intention de répondre à l'appel de la direction d'ARENA pour ce que plusieurs ont considéré comme un coup d'État militaire.

Les dernières tentatives d'ARENA ont été son refus de reconnaître les résultats et sa présentation de pétitions devant le TES et la Cour suprême pour exiger que l'élection soit annulée et/ou pour un recomptage vote par vote. Les deux requêtes ont été jugées comme étant sans fondement après mûre délibération qui a été faite en présence d'observateurs de l'Organisation des États américains et de l'Union européenne.

L'objectif des forces réactionnaires alliées aux grands intérêts financiers et des affaires semble avoir été de déstabiliser la situation, en s'inspirant de la façon dont les forces de l'opposition de droite ont exploité la situation au Venezuela contre le gouvernement bolivarien du président Nicolás Maduro. En fait ARENA a utilisé un « consultant en marketing » du Venezuela qui se spécialise dans l'organisation de campagnes de déstabilisation durant et après les élections dans les pays où l'oligarchie financière internationale veut imposer sa volonté au peuple. Les dirigeants d'ARENA ne dissimulent pas leur alliance avec ceux qui ont tenté en vain de faire destituer le président d'alors, Hugo Chavez, dans un coup d'État en 2002 et tentent de faire la même chose maintenant au président Nicolas Maduro.

(Sources : Semanario Siglo XXI, Diario CoLatino, CISPES 2014 élections El Salvador blog, Photos : FMLN, CISPES)

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