Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 41 - 21 mars 2014

Élections générales au Québec le 7 avril

Une nouvelle direction pour le Québec:
arrêter de payer les riches et investir dans les programmes sociaux!


Élections générales au Québec le 7 avril
Le Parti marxiste-léniniste du Québec participe à l'élection

Notre économie, c'est nous qui décidons!
Les travailleurs ne sont pas la cause des déficits des caisses de retraite des municipalités - Claude Moreau
Entente Alcoa-Gouvernement du Québec: Le problème reste entier
Les caractéristiques de l'entente sur l'hydroélectricité avec Alcoa - Normand Fournier
Les travailleurs forestiers rejettent le «nouveau modèle» de Produits forestiers résolu - Entrevue avec Pierre Thériault, président du Syndicat national des travailleurs et travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami


Élections générales au Québec le 7 avril

Le Parti marxiste-léniniste du Québec
participe à l'élection

Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) présente 24 candidats à l'élection générale annoncée pour le 7 avril 2014.

Le programme du PMLQ est :

- Pour un État indépendant et souverain du Québec

- Pour une constitution moderne et le renouveau démocratique

- Pour une nouvelle direction de l'économie afin de garantir le bien-être du peuple et de son environnement social et naturel.

Bâtissons les Commissions sur l'avenir du Québec!

« C'est le peuple qui doit être souverain et nous l'encourageons à participer au renouveau démocratique du processus politique et à définir lui-même sa position face au présent et à l'avenir, dit Pierre Chénier, chef du PMLQ. La richesse est créée par ceux qui travaillent fort tous les jours pour subvenir à leurs besoins et à ceux de la société. Ceux-ci doivent donc être au coeur des décisions qui les affectent et décider eux-mêmes de la direction des affaires politiques, économiques, culturelles et sociales du Québec. Leur rôle ne peut être réduit, comme c'est le cas aujourd'hui, à celui d'une masse votante en faveur d'un parti politique ou un autre. »

L'information sur les candidats, noms et circonscriptions, sera disponible sur le site Web du PMLQ (www.pmlq.qc.ca) à compter de 22 mars. On trouvera également une information quotidienne sur les vues des candidats, travailleurs et jeunes, dans le journal web du PMLQ Chantier politique.

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Notre économie, c'est nous qui décidons!

Les travailleurs ne sont pas la cause des déficits
des caisses de retraite des municipalités

On parle beaucoup à l'heure actuelle des déficits des caisses de retraite du secteur municipal. La cause première des déficits actuariels des caisses de retraite de ce secteur est la politique agressive de placement des gestionnaires municipaux qui ont livré l'épargne-retraite des employés aux spéculateurs et fraudeurs financiers.

Traînant un déficit actuariel datant d'avant les fusions de municipalités en 2002, l'épargne-retraite a été grandement affectée par la crise financière de 2008, et, dans une moindre mesure, par les baisses de rendement de 2011 qui ont généré un rendement négatif. À elle seule, l'année 2008 a vu disparaître plus de 25 % des actifs de certaines caisses. Les participants ont perdu l'équivalent de près de 10 ans sur les 30 ans et plus pendant lesquels ils avaient cotisé.


Les travailleurs municipaux de Québec avec des alliés devant l'Assemblée nationale le 23 octobre 2014

« Une gestion de risque déficiente », pour reprendre les mots du rapport d'Amours[1], était rendue possible ou facilitée par l'absence de contrôle législatif ou de contrainte légale, le secteur municipal étant exclu des dispositions visant d'autres secteurs comme les compagnies d'assurances.

Pourquoi les gestionnaires municipaux ont-ils pris des risques inconsidérés ?

Dans les années 90, les rendements boursiers et les taux d'intérêt élevés ont amené les employeurs municipaux à compter d'avantage sur les hauts rendements attendus que sur les cotisations pour capitaliser le régime.

Les employeurs municipaux ont utilisé les surplus générés pour se payer des congés de cotisation et se sont montrés très réticents a réinvestir ces surplus dans des caisses spéciales en cas de mauvais jours. Ils préféraient les congés de cotisation.

« Une véritable culture du rendement s'est ainsi graduellement installée, ceci au détriment de la préoccupation de gérer les risques en fonction du passif'. » (page 55 du rapport d'Amours )

Mais, au début des années 2000, les rendements boursiers et les taux d'intérêt ont fléchi. Le rendement des obligations canadiennes aussi a fléchi puisqu'elles étaient de plus en plus en demande de la part des caisses de retraite. Les résultats étant moindres que ce qui était projeté, cela a entraîné les déficits actuariels.

Si les employeurs étaient excités à l'idée d'avoir des congés de cotisation, ce qui a été rarement le cas pour les employés participants qui pour certains ont plutôt utilisé les surplus pour bonifier les bénéfices, la loi sur les régimes complémentaires de retraite prévoit une cotisation d'équilibre entièrement à la charge des employeurs, s'il y a un écart entre les rendements prévus et les résultats.

Au 31 décembre 2011, il y avait 170 régimes de retraite municipaux comptant 122 000 participants. Le déficit de tous ces régimes au niveau de la capitalisation atteignait 4 milliards $ et doit être remboursé sur une période de 15 ans selon la loi.

Prenant en compte que le remboursement des déficits du début des années 2000 est étiré sur 15 ans, l'impact des cotisations d'équilibre se fait de plus en plus sentir dans les budgets des municipalités. De plus, avec la chute dramatique de 2008, les gestionnaires municipaux ne peuvent plus compter sur les hauts rendements boursiers ou des taux d'intérêt élevés pour « équilibrer » les caisses. C'est donc le compte de taxes des contribuables qui écope.

Les gouvernements par leurs politiques budgétaires sont venus à la rescousse du secteur financier en 2008, mais ils n'ont pas soutenu l'épargne-retraite pour l'empêcher de s'effondrer.

Le fait que l'épargne-retraite n'ait pas été protégée des fraudes financières et des prises de risque inconsidéré entraîne un affaiblissement de la capacité et une plus grande difficulté à gérer les autres questions qui affectent les pensions comme la longévité accrue des gens.

Il existe des programmes pour les joueurs compulsifs, mais visiblement ces programmes n'existent pas pour les régimes de retraite. La vérité est que la caisse qui paie les rentes des retraités, et qui doit le faire aussi pour les retraités de l'avenir, a été jouée au jeu et ce sont les contribuables (ceux-là même que les autorités municipales disent défendre) qui doivent payer les cotisations d'équilibre.

Pour la Ville de Québec, la contribution supplémentaire en 2013 est de 2,3 millions $ pour les propriétaires d'immeubles, les contribuables, qui vont refiler une partie de la facture aux locataires. En guise d'exemple, cela représente, pour la vieille ville de Québec, de 12 $ à 250 $ pour « une résidence moyenne ».

Le rôle de l'État est-il de protéger l'épargne-retraite pour garantir le droit à la retraite ou de protéger la main invisible ou être la main invisible qui livre cette épargne aux spéculateurs et fraudeurs ? Poser la question c'est y répondre.

Note

1. Rapport d'Amours, Rapport du comité d'experts sur l'avenir du système de retraite québécois. Le comité d'experts a été mandaté par la Régie des rentes du Québec pour produire le rapport et celui-ci a été déposé en avril 2013

(Tiré de Chantier politique)

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Entente Alcoa-Gouvernement du Québec:
Le problème reste entier

L'entente conclue entre Alcoa et le gouvernement du Québec sur les tarifs d'hydroélectricité laisse entier le problème de bâtir un secteur des ressources et une économie dont le développement est décidé par le peuple et qui sert ses besoins. Le problème de la menace au lieu de la négociation comme une arme dans les mains des monopoles reste entier. L'entente qui a été signée entre Alcoa et le gouvernement est appelée négociation parce qu'il y a eu un accord de conclu, mais c'est la menace qui l'a produit et la menace et le chantage sont toujours là. L'entente signée est-elle même la résiliation sous la menace d'une entente dûment signée entre Alcoa et le gouvernement Charest en 2008. Si Alcoa a menacé de fermer ses usines au Québec si les tarifs d'électricité qu'elle avait acceptés dans l'entente de 2008 allaient maintenant entrer en vigueur, elle pourra le refaire avec cette nouvelle entente sous toutes sortes de prétextes. Les travailleurs et le peuple du Québec ne veulent pas vivre dans l'anxiété perpétuelle de pertes d'emplois et d'activités manufacturières qui sont importantes pour leur bien-être et l'économie.

Les Québécois ne contrôlent rien des différents aspects de l'entente qui a été signée. Ce qui est certain, c'est que des tarifs d'hydroélectricité bien en dessous du tarif industriel grande puissance ont été accordés et que d'autres monopoles cognent maintenant à la porte pour faire abaisser leurs coûts en hydroélectricité. Les 250 millions $ d'investissements promis, qui annulent les investissements beaucoup grands qui devaient se faire en vertu d'ententes à l'aluminerie de Baie-Comeau, les promesses d'investissements pour adapter les facilités de production à la demande accrue escomptée provenant de l'industrie de l'automobile et de l'électrification des transports, sont autant de promesses qui peuvent être abandonnées aussi vite qu'elles sont faites si Alcoa invoque une conjoncture défavorable. Alcoa invoque à présent les faibles prix de l'aluminium sur les marchés mondiaux pour justifier ses menaces, mais elle ne parle pas du rôle qu'elle et les autres monopoles de l'aluminium jouent dans la manipulation de ces prix, du rôle que les monopoles jouent dans la création de l'anarchie et du chaos dans l'économie mondiale.

Le problème reste entier parce que les travailleurs et le peuple ne contrôlent pas plus aujourd'hui qu'hier les leviers des décisions économiques qui leur permettraient de jouer sur les différents facteurs à l'oeuvre et d'imprimer une nouvelle direction à l'économie pour la faire servir le peuple et non les intérêts monopolistes privés. C'est à cela que les travailleurs s'attaquent dans leurs luttes pour leurs droits parce que sans cela il ne peut pas y avoir de sécurité économique.

(Tiré de Chantier politique)

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Les caractéristiques de l'entente sur
l'hydroélectricité avec Alcoa

Le mardi 25 février, le gouvernement du Québec et l'aluminerie Alcoa, une multinationale américaine, annonçaient la conclusion d'une entente sur la tarification de l'électricité. L'entente conclue avec Hydro-Québec sera d'une durée de 15 ans pour les usines de Bécancour et de Deschambault et de 20 ans pour celle de Baie-Comeau.

Les parties en présence n'ont pas divulgué le tarif « négocié » pour toute la durée de cette entente. Il est question d'un « tarif préférentiel renouvelé » qui, selon Radio-Canada, se situerait sous les 3 cents du KWh.

Le prix à payer pour arriver à une entente

Le sauvetage de l'usine d'Alcoa de Baie-Comeau a un prix. Pour cette seule usine, c'est 150 M$ par année dans un avenir prévisible que devront assumer les Québécois. C'est 210 M$ par année au total en pertes de tarifs d'hydroélectricité, pour les trois usines d'Alcoa au Québec.

Le projet de modernisation de l'aluminerie de Baie-Comeau, évalué à plus de 1 milliard $ selon l'entente signée en 2008 avec le gouvernement libéral de Jean Charest, est abandonné en vertu de cette nouvelle entente. Alcoa dit quelle investira 250 M$ sur une période de cinq ans dans ses trois usines du Québec: 150 M$ sont prévus pour optimiser le centre de coulée de l'usine de Baie-Comeau; 71 M$ seront affectés à l'usine de Bécancour.

Le gouvernement a accordé à Alcoa un programme de tarification modulé en fonction du prix de l'aluminium sur les marchés internationaux. C'est ce que réclamait la compagnie depuis la tenue de la Commission sur l'avenir énergétique du Québec, sous la menace de fermeture des trois alumineries en cas de refus du gouvernement québécois.

En échange d'un « tarif préférentiel renouvelé », Alcoa devient partenaire de la Stratégie gouvernementale d'électrification des transports. Que cette entente « devienne un tremplin pour faire du Québec un leader mondial des transports électriques », a dit Pauline Marois.

Depuis 2002, 900 emplois ont été perdus chez Alcoa, dont 700 depuis 2008. L'entreprise emploie environ 2000 personnes au Centre-du-Québec et 900 à Baie-Comeau.

Faisons un petit rappel des événements précédant cette entente. En octobre 2013, Alcoa menace le gouvernement Marois de fermer ses trois alumineries au Québec si un nouveau tarif d'électricité ne lui est pas accordé, afin que l'entreprise demeure dans le premier centile des usines bénéficiant des tarifs d'énergie électrique internationaux les plus bas. À ce moment-là, Alcoa, en vertu de contrats spéciaux et avantageux, payait environ 2,8 cents le KWh. Ce tarif devait, en vertu d'une entente signée avec le gouvernement du Québec d'alors, augmenter au tarif préférentiel L, dit de grande puissance, soit à 4,3 cents du KWh à partir de 2014. Alcoa prétendait que cette hausse future allait augmenter de 250 M$ par an sa facture d'électricité, pour atteindre 570 M$, et que sa rentabilité et sa capacité de compétitionner à l'échelle internationale étaient menacées à cause de cela.

En février 2014, Alcoa en venait à une entente avec la ville de Baie-Comeau concernant l'évaluation municipale de son usine. Alcoa contestait son rôle d'évaluation à Baie-Comeau qui était de 261,6 M$. Selon l'entente obtenue, l'évaluation de l'usine diminue de 19 M$ pour 2013, de 24 M$ en 2014 et de 29 M$ en 2015. La justification de cette baisse du compte de taxes résultant de la diminution de l'évaluation est la fermeture des vieilles cuves Söderberg de l'aluminerie. La ville de Baie-Comeau recevra 769 000 $ en moins pour 2013, 887 000 $ et 1,1 M$ pour les années 2014-2015.

Les justifications du gouvernement

Sur l'entente abandonnée de la modernisation de l'usine de Baie-Comeau, « nous pensons que le prix de l'aluminium va se ressaisir et qu'à ce moment-là, dans quelques années, un projet de modernisation pourra redevenir pensable pour Baie-Comeau », a déclaré la ministre des Ressources naturelles et ministre responsable du développement nordique, Martine Ouellet. « Avec ce qu'on a mis en place, nous avons sauvé l'usine de Baie-Comeau », a-t-elle ajouté.

« Nous faisons le nécessaire pour consolider des emplois de qualité en région, a dit Pauline Marois lors de l'annonce faite à Baie-Comeau. Je suis particulièrement fière de la conclusion de cette entente, qui marque un nouveau départ dans notre relation avec Alcoa, en plus d'assurer la pérennité de ses activités au Québec et le maintien d'emplois de qualité dans nos régions pour une période d'au moins 15 ans. [...] Notre gouvernement mise sur sa stratégie d'électrification des transports pour mobiliser de nombreux acteurs, tels qu'Alcoa, autour d'une vision ambitieuse et porteuse pour l'avenir. »

De son côté, la ministre Martine Ouellet mise sur la poursuite du développement d'une batterie fonctionnant à l'air et à l'aluminium avec Alcoa et son partenaire Phinergy. De plus, elle présente l'usage par l'industrie automobile de 22 millions de plaques d'alliage comme un débouché pour « utiliser les surplus d'électricité pour le développement économique [...] De nombreuses innovations sont attendues dans le secteur de l'automobile au cours des prochaines années, et le Québec mise sur la capacité d'innover de ses entreprises dynamiques, telle qu'Alcoa, pour se distinguer. »

Suite à cette annonce, le Syndicat national des employés de l'aluminium de Baie-Comeau a dit qu'une « insécurité planait sur Baie-Comeau depuis quelques mois ». Le président du syndicat Michel Desbiens se dit rassuré que les 900 emplois restent en place. « Ça devenait lourd pour les familles », explique-t-il. « Par contre, oui, on aurait aimé que la modernisation soit dans l'entente », ajoute-t-il.

(Tiré de Chantier politique)

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Les travailleurs forestiers rejettent le «nouveau modèle» de Produits forestiers Résolu


Manifestation contre la fermeture de la machine numéro 6 à l'usine de Produits forestiers Résolu de Kénogami
le 26 novembre 2011 (FTQ)

En décembre dernier, le syndicat qui représente les travailleurs CSN (autres que les travailleurs de la machine à papier et les employés de bureau) de l'usine de papier Kénogami de Produits forestiers Résolu (PFR), au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a émis un communiqué faisant état du refus des travailleurs d'accéder à une nouvelle demande de concessions de la part de PFR. Cette demande expose à la fois la méthode de menaces employée par PFR et sa tentative d'imposer ce qu'il appelle son « nouveau modèle » de conditions de travail. Chantier politique s'est entretenu récemment avec Pierre Thériault, le président du Syndicat national des travailleurs et travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami.

Pour la compréhension du lecteur, disons que PFR possède un réseau de sept centrales hydroélectriques dans la région (Hydro-Saguenay), dont la centrale Jim Gray sur la rivière Shipshaw qui alimente les usines de papier de Kénogami et Alma. L'accès à cette ressource énergétique qui est un énorme privilège pour PFR fait l'objet d'ententes avec le gouvernement du Québec, notamment en vertu de la Loi 8 qui prévoit des obligations d'investissement et de maintien des usines en opération par le monopole forestier. Le bail de la rivière Shipshaw arrivait à terme à la fin 2011 et le gouvernement libéral de l'époque a invoqué le refus de PFR de s'engager à faire des investissements pour les 10 prochaines années pour résilier le bail. Plus de deux ans plus tard, PFR possède et opère toujours la centrale.

Chantier politique: Le syndicat a émis un communiqué vers la fin de 2013 dans lequel il dit que les travailleurs ont rejeté de nouvelles demandes de concessions de la part de Produits forestiers Résolu au moulin à papier de Kénogami. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Pierre Thériault: Cette demande s'adresse aux travailleurs que je représente, soit les travailleurs de la production de la pâte, de la voie ferrée, ceux qui font les chargements de copeaux, la finition et l'entretien, qui sont syndiqués CSN, environ 115 travailleurs. L'usine comprend une soixantaine de travailleurs qui oeuvrent sur la machine à papier comme tel, qui sont syndiqués Unifor (anciennement SCEP), et une dizaine d'employés de bureau qui sont membres du Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau, le SEPB.

Pour faire un petit historique, au début de l'année 2012, PFR a fermé une machine, la machine numéro 6. Nous sommes présentement une usine à une seule machine. Quand ils ont fermé la machine numéro 6, ils ont fait des coupures de postes drastiques pour réduire leurs coûts de production au maximum. C'est près de 130 emplois qui ont été perdus avec la fermeture de cette machine.

On pensait après cela qu'on allait avoir la paix. Les patrons nous ont rencontrés au mois de novembre et nous ont demandé de rouvrir notre convention parce qu'ils voulaient réduire nos effectifs d'une trentaine de postes pour donner ces emplois à des sous-traitants. Ils voulaient qu'on donne les travailleurs de la voie ferrée, les travailleurs qui font les chargements de copeaux, la finition et une partie de l'entretien. Dans ce cas-ci, ils n'ont pas fait de demandes aux travailleurs de la machine comme tel.

Ils nous ont demandé cela à cinq mois de l'échéance de notre convention collective. Notre convention arrive à échéance le 30 avril 2014. Il n'y a aucun sentiment d'urgence. À Kénogami, notre coût de production est excellent, c'est un des plus bas de la compagnie. Ce que veut PFR, c'est implanter un modèle. Ils ne veulent pas réduire les coûts parce que nous ne sommes pas profitables, ils veulent implanter un modèle.

CP: Comment décrivez-vous ce nouveau modèle ?

PT: Ils ont reparti récemment les usines de Dolbeau et de Gatineau, des usines qui avaient été fermées en 2009. Ils les ont reparties mais pour les repartir ils se sont assis avec ces travailleurs-là et leur ont demandé s'ils étaient prêts à accepter des conditions moindres et les travailleurs, c'est compréhensible, ont dit oui. C'est cela le nouveau modèle qu'ils essaient d'implanter dans les autres usines au Québec, le maximum de sous-traitance, faire entrer la sous-traitance partout où ils le peuvent.

Résolu fait le tour des usines une après l'autre. Il faut bien le dire, Résolu utilise la menace partout, que ce soit à Alma, à Laurentides, à Baie-Comeau et ailleurs. Résolu a débarqué à Laurentides il y a deux ans et a demandé des concessions. Les travailleurs de Laurentides ont dit non et deux jours après il leur annonçait une fermeture indéterminée pour manque de commandes. On sait très bien que ce n'était pas vrai. C'était des représailles à leur positionnement parce que c'est nous à Kénogami qui avons commencé à faire les commandes de Laurentides. On avait la preuve que les commandes existaient.

À Kénogami on a décidé de leur dire non parce que sinon il n'y aura pas de fin à ça.

À l'assemblée générale, qui a eu lieu au début décembre, nous avons fait le tour de leurs demandes. Les membres se sont exprimés. On a passé au vote, ils ont voté à 99 % de rejeter les demandes de l'employeur et d'attendre la négociation. Nous étions environ 75 % de nos membres qui étaient présents, ce qui est un nombre élevé par les temps qui courent. J'avais averti mes membres que peut-être il faut s'attendre à des représailles. J'ai hâte de voir aux négociations. Aux négociations, la compagnie aura le droit de lockout, on verra comment le rapport de forces va se situer. On sent qu'on a quand même un bon rapport de force à cause de nos centrales hydroélectriques.

Chantier politique: Quel rôle voyez-vous que jouent les centrales hydroélectriques dans votre contexte ?

PT: Le gouvernement libéral du temps en la personne de monsieur Clément Gignac, le ministre des Ressources naturelles, avait annoncé qu'il prenait possession de la centrale parce que la compagnie ne respectait pas des points de la Loi 8. La Loi 8 est la loi qui couvre la gestion des centrales hydroélectriques sur la rivière Shipshaw. La Loi les oblige à investir environ 400 millions $ entre 2012 et 2022 dans leurs installations au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Quand il a vu cela, monsieur Garneau, le PDG de Résolu, a dit qu'il n'investira pas dans ces installations-là. Il n'a pas réussi à négocier avec le gouvernement et le gouvernement a pris possession de la centrale. Sauf que la rétrocession qui a été faite est virtuelle parce que depuis ce temps-là, PFR continue à entretenir cette centrale-là et continue à profiter de ses avantages. Présentement le gouvernement du Parti Québécois a pris le dossier en main et nommé un négociateur. Il y a des négociations qui se passent entre le gouvernement et PFR par le biais du négociateur.

Ce que la Loi dit, c'est qu'en plus de les obliger à investir pour avoir le droit d'utiliser l'eau de la Shipshaw et de profiter de ces centrales, il faut que les usines d'Alma et de Kénogami opèrent. C'est peut-être là que se trouve notre rapport de force en ce moment et qui explique que Résolu n'a pas mis en place de représailles suite à notre décision de refuser de rouvrir notre convention collective alors qu'il l'a fait partout ailleurs.

On demande qu'ils respectent la Loi. Tout ce qu'on demande c'est qu'ils fassent les investissements requis par la Loi.

Chantier politique: Que voulez-vous dire en conclusion ?

PT: À Kénogami, on garde le cap sur la sauvegarde de nos emplois; ce sont des emplois de qualité. Transférer nos emplois à la sous-traitance ce n'est pas seulement qu'on perd des emplois ici à Kénogami, c'est aussi qu'on perd des emplois de qualité et c'est aussi l'appauvrissement de la communauté. Quand il n'y aura plus que des emplois à 13-14 $ de l'heure dans notre communauté, c'est toute l'économie qui va en souffrir. On veut garder nos emplois de qualité dans nos usines. Ce sont des personnes non syndiquées qu'ils engagent en sous-traitance. Bien souvent ils vont mettre une seule personne qualifiée qui va gagner une vingtaine de dollars de l'heure et les autres ce sont des manoeuvres à 14-15 $ de l'heure, pas de fonds de pension, pas d'avantages sociaux.

(Tiré de Chantier politique)

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