Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 33 - 5 mars 2014

Opposons-nous au terrorisme parrainé par les États-Unis contre Cuba

Célébrons la libération du patriote cubain Fernando González des prisons américaines! Appuyons le droit d'être de Cuba! Libérez tous les cinq Cubains!

Participez aux actions du 5 mars


Ligne de piquetage
De 17 h à 17 h 30
rendez–vous devant l'église St–James United,
463, rue Ste–Catherine Ouest (près de la rue Saint–Alexandre)


De 17 h 30 à 18 h
devant le consulat des États–Unis,
coin Saint–Alexandre et René–Lévesque


CALENDRIER D'ÉVÉNEMENTS

Opposons-nous au terrorisme parrainé par les États-Unis contre Cuba
Célébrons la libération du patriote cubain Fernando González des prisons américaines ! Appuyons le droit d'être de Cuba ! Libérez tous les cinq Cubains!
Fernando le géant - Un message de Gerardo Hernández
Extraits d'une entrevue avec Fernando González


Opposons-nous au terrorisme parrainé par les États-Unis contre Cuba

Célébrons la libération du patriote cubain Fernando González des prisons américaines! Appuyons le droit d'être de Cuba! Libérez tous les cinq Cubains!


La délégation du Québec aux actions pour les Cinq Cubains à Washington le 31 mai 2013

Le 27 février, Fernando González, l'un des cinq héros cubains emprisonnés injustement aux États-Unis depuis plus de 15 ans, a été libéré après avoir purgé entièrement sa peine injuste et longue dans les prisons américaines. Fernando a été transféré du pénitencier fédéral de Safford, en Arizona, aux services d'immigration afin de débuter le processus de déportation vers Cuba. Heureusement, il a été déporté vers Cuba le lendemain. LML se réjouit de cette nouvelle avec tous ceux qui, dans le monde, luttent pour la libération des Cinq et transmet ses souhaits les plus chaleureux aux Cinq, à tout le peuple cubain et à ses dirigeants en cette occasion joyeuse.

Les cinq Cubains sont Gerardo Hernández, Antonio Guerrero, Ramón Labañino, Fernando González et René González. Fernando est le deuxième parmi les cinq Cubains de renommée internationale à être libéré, après René. Bien que relâché en 2011, René a dû compléter la période de libération conditionnelle et renoncer à sa citoyenneté américaine avant qu'il puisse retourner à Cuba en 2013.

Fernando, René, Gerardo Hernández, Antonio Guerrero et René Labañino, connus sous le nom des cinq Cubains, ont été arrêtés en 1998 alors qu'ils surveillaient des groupes terroristes basés en Floride responsables de lancer depuis le sol américain des attaques terroristes contre Cuba. Ils ont été emprisonnés après un procès tout à fait injuste. La joie du retour de Fernando à Cuba est atténuée par le fait que Gerardo, Antonio et Ramon purgent actuellement leurs peines dans les pénitenciers américains et la lutte pour gagner leur libération doit se poursuivre jusqu'à ce qu'ils puissent aussi être réunis avec leurs proches à Cuba.

Le cas des cinq Cubains souligne la politique hostile inacceptable des États-Unis envers Cuba, y compris le recours au terrorisme, pour saper non seulement la souveraineté de Cuba, mais aussi celle des pays qui ont des relations diplomatiques et des échanges commerciaux normaux avec Cuba.

C'est sur la base de la politique la plus honteuse de deux poids, deux mesures que les États-Unis disent poursuivre une guerre contre le terrorisme tout en parrainant le terrorisme contre Cuba. C'est de l'hypocrisie totale de la part des États-Unis de mettre Cuba sur la liste des pays qui soutiennent le terrorisme, pour servir leurs objectifs politiques étroits, malgré le fait que Cuba n'a jamais pris part à des actes de terrorisme. Au contraire, Cuba défend les droits humains et partage joies et malheurs avec les peuples opprimés qui souffrent dans le monde en envoyant ses brigades humanitaires partout où elles sont nécessaires, sans oublier les sacrifices consentis par Cuba lorsqu'il a répondu à l'appel du peuple angolais pour l'aider dans sa lutte contre le terrorisme de l'apartheid sud-africain.

Les cinq Cubains sont des exemples inspirants de ce que produit la révolution cubaine. Leur dignité et fermeté à défendre les principes sont des qualités humaines modernes forgées dans la lutte pour affirmer les droits et la souveraineté et ne seront jamais cédées, ce que les impérialistes américains, avec leur vision mesquine, revancharde et rétrograde, n'arrivent pas à comprendre. À l'occasion du retour à Cuba de Fernando González, debout et invaincu, le message qui doit être répété par toutes les personnes éprises de paix et de justice dans le monde au président Obama et aux cercles dirigeants américains est :

Libérez maintenant les cinq patriotes cubains des prisons américaines!
Non au terrorisme parrainé par les États-Unis contre Cuba!
Ne touchez pas à Cuba!

Accueil digne d'un héros à Cuba


Dès son arrivée à Cuba, Fernando est accueilli par sa mère et sa conjointe Rosa Aurora.


Le président cubain Raúl Castro accueille Fernando de retour chez lui.


De gauche à droite: le commandant de la révolution Ramiro Valdez; le ministre de l'Intérieur le général Abelardo Colome Ibarra; José Ramón Machado Ventura, deuxième secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba.


De gauche à droite: Miguel Díaz-Canel Bermúdez, premier vice-président du Conseil d'État et du Conseil des Ministres; Esteban Lazo, président de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire; l'ex-président de l'Assemblée nationale Ricardo Alarcón de Quesada, un ferme combattant pour la cause des Cinq.

Concert dédié à Fernando et à la libération de tous les cinq

Le 1er mars, sur les marches historiques de l'Université de La Havane, des musiciens de tous âges se sont rassemblés pour réclamer la libération de Gerardo Hernandez, Antonio Guerrero et Ramón Labañino qui purgent toujours de lourdes peines dans les prisons américaines et ils ont célébré le retour de Fernando González. L'événement a été présidé par Miguel Díaz-Canel Bermúdez, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste de Cuba et premier vice-président des Conseils d'État et des ministres. Étaient également présents d'autres membres du Politburo dont Mercedes López Acea, première secrétaire du Parti communiste à La Havane, et Bruno Rodriguez Parrilla, ministre des Affaires étrangères, ainsi que le héros de la république René González et les parents de cinq combattants cubains antiterroristes. Le discours d'ouverture a été donné par Crespo Yuniasky Baquero, membre du Comité central et premier secrétaire de l'Union des jeunes communistes (UJC), qui a souligné la joie extraordinaire du peuple à la nouvelle du retour de Fernando. Fernando Gonzalez a dit à quel point il a apprécié l'événement et a appelé tout le monde à redoubler d'effort dans la lutte pour libérer Antonio, Gerardo et Ramón.



(Sources provenant d'AIN. Photos : LML, CubaDebate, Estudios Revolución)

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Fernando le géant

Chacun d'entre nous, les Cinq, possède une qualité plus ou moins unique. Ramon est le plus grand, suivi de près par René. Fernando est le plus petit de taille, alors que la deuxième place dans cette catégorie, je l'ai enlevée à Tony d'un poil.

Fernando s'est mérité ce « titre » en partie par affection, en partie à cause de cette habitude enracinée en nous, à cause de nos conditions, d'éviter les noms, d'où cette appellation de « le petit » que nous utilisions parfois.


Une accolade chaleureuse entre frères d’armes: de retour au pays, Fernando est accueilli par René González, le 28 février 2014.  (Estudios Revolución)

Ce que je viens de dire peut sembler étrange ou frivole, mais, en ces journées de joie et d'anxiété, alors que quelques heures seulement le séparent de sa liberté (et souhaitons-le, de son retour), je me souviens de tant de manifestations de grandeur de notre frère. Je réalise l'ironie que renferme l'expression « le petit » appliquée à ce géant.

Lors de notre arrestation, Fernando avait de bonnes raisons de ressentir de l'angoisse, de la douleur, de la frustration. Pour utiliser des termes de baseball, dont il est un passionné, il a souvent lancé des matches complets, mais, à Miami, il était plutôt lanceur de courte relève. Il devait retourner à Cuba rapidement. Son mariage approchait rapidement. Sa fiancée, Rosa la guerrière, qui lui sacrifia sa vie entière, avait presque sa robe de mariée sur le dos. Et pourtant jamais une plainte ne s'échappa-t-elle de ce géant.

J'étais présent lorsque son avocat au procès, Joaquin Méndez, lui donna son meilleur conseil professionnel en lui disant que, compte tenu du caractère plus léger des accusations qui pesaient sur lui, tout défenseur qui se respecte choisirait la stratégie de faire examiner son affaire séparément de celle des autres inculpés. La réponse de Fernando, comme celle de René face à une semblable suggestion, fut tranchante et sans équivoque.

Quinze ans et demi plus tard, Fernando, comme René, sortira de la prison la tête haute. À lui non plus on ne lui a fait aucun cadeau. Il a été condamné à la peine la plus lourde possible, et la partie de sentence qui lui a été déduite pour bonne conduite était pleinement méritée et une obligation légale.

Nous tous qui l'aimons et l'admirons allons fêter sa libération. Nous sommes convaincus que notre lutte sort renforcée de ce nouvel exemple. Nos plus chaleureuses accolades à Fernando et nous lui disons :

Nos félicitations, géant!
Merci pour ton exemple!

Gerardo Hernández Nordelo
Prison fédérale de Victorville
Californie, le 25 février 2014.

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Extraits d'une entrevue avec Fernando González

Le blogue cubain CubanitoenCuba a mené une entrevue avec Fernando González quelques jours avant sa libération. Dans cette entrevue qui parcourt plusieurs sujets, Fernando exprime sa gratitude envers le mouvement international dévoué à la libération des Cinq. Il y partage ses années formatives pendant lesquelles il a été l'un des nombreux Cubains à s'acquitter de son devoir internationaliste en prêtant assistance à l'Angola et il parle de son amitié avec le patriote et prisonnier politique portoricain Oscar Lopez Rivera. LML publie ci-contre des extraits de cette entrevue traitant de son expérience de prisonnier politique aux États-Unis.

***

[...]

Question : Même si être en prison met vos principes à l'épreuve, comment expliquez-vous le respect et la reconnaissance que les Cinq se sont mérités dans les pénitenciers étasuniens ? Y a-t-il eu des expressions de solidarité de la part des autres détenus ?

Fernando González : J'attribue le respect et la reconnaissance pour les Cinq dans les prisons étasuniennes à un nombre de facteurs. D'abord, lorsque les autres détenus nous observaient, ils se rendaient compte que nous étions des individus sérieux qui se tenaient à l'écart des tractations typiques de la vie carcérale qui peuvent facilement mener à des conflits entre détenus. Ils ont aussi remarqué notre calme et le sérieux des opinions et des conseils que nous donnions à quiconque les demandait et ils ont vu également que nous étions très discrets face à tout problème ou situation qu'un détenu partageait avec nous. Tout cela nous a valu le respect des autres, mêmes de ceux qui ne connaissent rien de l'histoire des Cinq.

D'autre part, ceux qui défient les juges et les procureurs qui vous traînent devant les tribunaux s'attirent habituellement un certain respect parce que ce n'est pas chose courante.

Aussi, lorsque certains ont appris pourquoi nous avions été condamnés, même s'ils ne connaissaient pas tous les détails de notre histoire, le respect qu'ils avaient pour nous s'est encore accru parce qu'ils réalisaient que non seulement nous avions été traînés devant les tribunaux - ce qui est déjà digne de respect, comme je l'ai mentionné - mais en plus nous avons affronté sans flancher toute la haine que le gouvernement des États-Unis réserve à ceux qu'il considère ses ennemis politiques.

Il y a un autre facteur qui est à la base de tout ce respect : c'est le fait que même ceux qui ne connaissent rien de l'histoire des relations entre Cuba et les États-Unis, ou qui ne s'intéressent pas du tout aux questions politiques, savent d'instinct que Cuba s'est tenu debout et se tiendra toujours debout face au pouvoir du gouvernement des États-Unis. Ainsi, ils voient en nous l'incarnation de cette résistance dont nous sommes partie intégrante. Ils nous associent à cette résistance, et cela génère le respect.

Ajoutez à ces facteurs le fait qu'ils constatent l'appui que nous recevons autant du peuple cubain que d'amis partout dans le monde. Ils n'en connaissent pas les détails, mais ils ont une petite idée de tous les courriels que nous recevons et que nous envoyons, et ils voient bien l'appui dont nous jouissons.

Tous ces facteurs forment un tout et incitent les autres détenus à nous percevoir comme des individus sérieux et dignes et ils nous respectent pour cela.

Q : Jusqu'à quel point ces messages et ces signes d'appui de la part de Cuba et d'ailleurs ont-ils joué dans votre capacité de résister ?

Fernando González : Ils ont joué un très grand rôle. Évidemment, même sans ces appuis, nous aurions tenu le coup, mais c'est certain qu'un tel appui vous encourage à résister. Le fait de savoir que nous pouvons compter sur la compréhension et sur l'appui de tout un peuple militant et de centaines de milliers d'amis partout dans le monde inspire la confiance dans la victoire. Nous avons appris aussi comment ceux qui luttent pour nous s'y prennent, surtout lorsqu'ils doivent agir dans des pays où le simple fait de défendre les Cinq exige beaucoup d'effort, d'initiative et de persévérance.

Recevoir autant de messages de solidarité et de sympathie a un impact pratique, palpable. Je vous ai expliqué un aspect de cet impact, mais il y a aussi le fait que les autorités carcérales et un certain nombre de détenus finissent par savoir qui nous sommes et tout l'appui que nous recevons, ce qui jusqu'à un certain point les rend prudents dans leur façon d'agir envers nous dans certaines circonstances. Non pas que nous ayons un traitement privilégié, mais quand même ils doivent faire attention à la façon dont ils nous traitent.

[...]

Q : L’héroïsme pour plusieurs c'est quelque chose qu'on voit dans un film d'Hollywood ou des livres d'histoire. Vous-même, vous voyez-vous comme un héros ?

Fernando González : Pas du tout. J'ai fait et je continue de faire ce qu'à mon avis des millions de Cubains auraient fait. En tous cas, je peux dire que pour moi ce fut un privilège de faire ce que des millions de personnes auraient aimé avoir la chance de faire. Dans des circonstances difficiles, à un moment décisif, j'ai adopté une position qui, je crois, est digne de l'histoire de mon peuple, de son esprit combatif et de sa profonde résistance. La vaste majorité des Cubains - et non seulement nous les cinq - portent ces valeurs dans leur coeur, dont l'histoire de lutte de notre peuple nous a imprégnés. C'est pour cette raison que d'après moi des millions de Cubains auraient fait la même chose, et c'est pourquoi la Révolution est bel et bien vivante et qu'elle continue d'avancer.

[...]

Q : Qu'est-ce qui vous a aidé à purger votre peine avec intégrité et sans que votre volonté ne s'effrite ? Avez-vous une anecdote ou un « mot d'ordre » - quelque chose en fin de compte qui aurait contribué à vous aguerrir et qui vous a aidé d'une façon ou d'une autre ?

Fernando González : Ce qui m'a le plus aidé à purger ma peine sans abandonner mes principes c'est la conscience que nous défendons une cause qui est juste. C'est ce qui m'a permis de rester calme et de surmonter même les difficultés les plus pénibles et de toujours placer notre situation dans son contexte.

Nous savons qu'en agissant ainsi envers nous le gouvernement des États-Unis tente de punir Cuba pour son audace d'édifier une société juste face à l'animosité du pays le plus puissant au monde, qui refuse jusqu'à ce jour de reconnaître que Cuba est une nation indépendante et souveraine.

Le fait de comprendre cela nous a aidés à mettre les choses en perspective et à accepter nos épreuves avec honneur et dignité. Cela nous a également permis de comprendre comment notre cas doit être placé dans le contexte de l'hostilité des États-Unis envers la Révolution cubaine. Sans vouloir prétendre être un symbole ou rien comme ça, j'espère par contre que le gouvernement des États-Unis se rendra compte un jour qu'il ne peut détruire la Révolution, pas plus qu'il n'a pu rompre l'esprit des Cinq.

Nous n'aurions jamais abandonné nos principes, même dans les moments les plus éprouvants lorsque nous étions isolés des autres détenus dans les premières années de notre incarcération, et je suis confiant que nos frères qui continuent d'être détenus feront de même peu importe les conditions qu'on leur fera subir. En même temps, la solidarité et l'appui que nous avons reçus de la part du peuple cubain et de tant d'amis à l'étranger ont fait en sorte que notre sentence a été en quelque sorte allégée et notre capacité de résister et de combattre consolidée.

[...]

Q : Quels sont vos projets dès votre arrivée sur l'île ?

Fernando González : D'abord et avant tout, passer du temps avec ma famille et [ma partenaire] Rosa Aurora, de qui j'ai été séparé depuis tant d'années. Je veux embrasser la belle-famille de mon frère, renouer avec des amis que je n'ai pas vus depuis très longtemps, et essayer autant que je peux de m'imprégner de la vie de l'île et de goûter au rythme de vie auquel je me suis habitué il y a quinze ans et qui m'a tellement manqué. J'ai hâte de me baigner dans la mer - si la température le permet - et de me promener dans les rues de la Havane. Ce sont là mes projets immédiats. Après quoi je prendrai le temps de faire d'autres plans.

De façon générale, je vais participer à la lutte pour exiger la libération de mes frères qui restent incarcérés et travailler en ce sens avec toute la force de mon être.


De gauche à droite: Mirta Rodríguez, la mère d’Antonio Guerrero; la mère de René, Irma Sehweret et Maruchi Fernando Guerrero, la soeur d’Antonio


De gauche à droite: Elizabeth Palmeiro, l’épouse de Ramón Labañino et Adriana Perez, l’épouse de Gerardo Hernández.

(Photos : CubaDebate, Estudios Revolución, CubanitoenCuba.)

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