Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 32 - 4 mars 2014

10e anniversaire du coup d'État impérialiste en Haïti

Non à la participation du Canada à la recolonisation d'Haïti! Non à la fausse démocratie et à l'impérialisme!



10e anniversaire du coup d'État impérialiste en Haïti
Non à la participation du Canada à la recolonisation d'Haïti! Non à la fausse démocratie et à l'impérialisme!
Les Canadiens présentent des excuses publiques au peuple haïtien - www.apologytohaiti.ca
L'avocat haïtien Mario Joseph en visite au Canada pour souligner l'anniversaire du coup d'État
Haïti : « Il faut tuer les bandits » - Un film de Kevin Pina


10e anniversaire du coup d'État impérialiste en Haïti

Non à la participation du Canada à la recolonisation d'Haïti! Non à la fausse démocratie et à l'impérialisme!


Des étudiants de l’Université de Windsor tiennent un piquetage le 29 mars 2004 pour demander des comptes au gouvernement libéral de Jean Chrétien pour le coup en Haïti et d’autres de ses crimes lors de la visite de Bill Graham, le ministre des Affaires étrangères de l’époque. Graham a été pris de court par l’action des étudiants et incapable de justifier la participation du Canada au coup quand les étudiants l’ont confronté.

Il y a dix ans déjà, le 29 février 2004, le Canada, les États-Unis et la France ont perpétré un violent coup d'État contre le président démocratiquement élu d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide. Ce coup ne s'est pas produit du jour au lendemain, mais a été longuement préparé et le Canada y a joué un rôle particulièrement méprisable.


Manifestation le 26 février 2005 à Montréal pour le 1er anniversaire du coup en Haïti

L'avènement du gouvernement de Jean-Bertrand Aristide avait été un important pas en avant pour le peuple haïtien. Son gouvernement avait accédé au pouvoir suite au mouvement de masse du peuple visant à exercer son contrôle sur le pays. Il n'y a pas de doute que ce gouvernement incarnait les aspirations du peuple haïtien pour mettre fin à la corruption, à l'impunité et à la violence, ainsi qu'au pillage de la richesse d'Haïti par l'élite dominante du pays et les monopoles étrangers qui exploitaient le peuple avec une brutalité notoire.

En 2004, Jean-Bertrand Aristide entamait son deuxième mandat à la présidence. Son premier mandat de 1991 à 1996 avait été interrompu par un coup d'État en 1991. Il est retourné au pouvoir en 1994 suite aux manifestations massives des Haïtiens au pays et à l'étranger et après s'être formellement engagé auprès de l'administration Clinton de mettre en oeuvre le programme économique néolibéral du candidat appuyé par les États-Unis qu'il avait battu en 1990. En dépit de ces concessions, Aristide et l'aspiration du peuple haïtien au contrôle souverain de ses affaires étaient toujours perçus comme une menace par les gouvernements des États-Unis, du Canada et de la France. Les monopoles de ces pays avaient depuis toujours exploité le peuple haïtien comme source de main-d'oeuvre à bon marché.

La France, par exemple, en tant qu'ancienne puissance colonialiste, avait des intérêts particuliers qu'elle tentait de protéger en participant au coup. En 1804, grâce à la lutte héroïque du peuple de Saint-Domingue, celui-ci avait gagné son indépendance et le pays était alors devenu la nation d'Haïti. La France avait riposté à cette victoire par la diplomatie de la canonnière en forçant la jeune nation à rembourser les pertes financières dues à la perte du commerce d'esclaves et de propriétés françaises. À cause de ce chantage, Haïti s'était vue dans l'obligation de contracter des emprunts massifs envers la France elle-même ainsi qu'envers les États-Unis, et cette dette est encore aujourd'hui source de grande pauvreté dans le pays. En 2003, cependant, Haïti est devenu la première ancienne colonie dans le monde à demander réparation à son ancienne puissance colonialiste lorsqu'elle a demandé la restitution de sa dette. Le journaliste Kim Ives, dans un article publié le 10 mai 2013 dans Haïti Liberté, explique la situation ainsi : « Le gouvernement du président de l'époque, Jean-Bertrand Aristide, avait calculé, de façon somme toute conservatrice, que la valeur de la restitution devait être d'environ 21,7 milliards $. Et bien qu'en 2001 le parlement français avait adopté à l'unanimité une loi reconnaissant le commerce d'esclaves comme étant un crime contre l'humanité, seulement deux ans plus tard, la France a répondu à la pétition d'Haïti avec fureur. Avec rage, elle a rejeté la poursuite et s'est unie à Washington pour fomenter de façon flagrante un coup d'État contre Aristide, qui fut évincé le 29 février 2004. »

Suite au coup à Haïti, une désinformation assourdissante a été répandue sur ce qui s'était passé dans un effort pour justifier le coup et camoufler le rôle méprisable que le Canada avait joué dans sa préparation et dans son exécution. Le gouvernement actuel perpétue cette campagne de désinformation et continue de dissimuler le rôle que joue le Canada en aidant le gouvernement quisling d'Haïti à rétablir l'impunité et la violence - par le biais d'une prétendue aide humanitaire, en déployant des « gardiens de la paix » et en remettant sur pied et formant la Police nationale haïtienne que le peuple déteste - afin de priver le peuple de tout pouvoir et défendre le droit de monopole.


Manifestation à Montréal - 26 février  2005

En cette sombre occasion du 10e anniversaire du coup d'État en Haïti, LML appelle tous les Canadiens à prendre position contre toute tentative d'embellir le rôle vil que le Canada y a joué et à exiger que le gouvernement offre réparation à Haïti pour ses crimes. Ce que le Canada a fait et fait maintenant en Haïti au nom de l'humanitarisme et des valeurs canadiennes est inacceptable.

Un exemple de ces efforts déployés par l'État et par les médias monopolisés pour embellir le rôle du Canada en Haïti est ce qui se passe avec Denis Coderre, le nouveau maire de Montréal, un homme qu'on dit incorruptible et fait sur mesure pour le poste de maire. C'est ce même Denis Coderre qui était le ministre responsable de la Francophonie de 2003 à 2004. Son rôle pendant les événements qui ont mené au coup d'État était de répandre la désinformation et de tromper le peuple canadien. « Il est évident que nous ne voulons pas la tête d'Aristide. Nous pensons qu'Aristide devrait rester », disait Coderre à la Presse canadienne le 20 février 2004. Dès que le coup fut perpétré, Coderre a soutenu qu'Aristide avait démissionné par choix. Voilà la feuille de route d'opposition à la corruption du nouveau maire !

À l'occasion du 10e anniversaire du coup, LML appelle les Canadiens à continuer de combattre la désinformation au sujet du coup lui-même et du rôle que le Canada y a joué, et à bien suivre les développements dans ce pays, en particulier le mouvement du peuple pour exercer le contrôle sur sa vie et sur le pays, l'activité des monopoles canadiens pour exploiter ses ressources humaines et naturelles et le rôle du gouvernement canadien qui sert le droit de monopole. Les excuses présentées à Haïti (voir ci-dessous) sont une initiative importante et LML encourage tout le monde à l'endosser et à la disséminer.

La nécessité de se doter du pouvoir politique est une question qui ne concerne pas uniquement le peuple haïtien. Depuis le coup d'État en Haïti, et depuis que le gouvernement Harper a accédé au pouvoir, la réputation internationale du Canada est de plus en plus ternie alors que sa servilité devant les intérêts impérialistes et monopolistes est plus grande que jamais. Les Canadiens doivent prendre en main la question de comment se doter eux-mêmes du pouvoir politique pour que des relations justes entre les pays, des relations auxquelles ils aspirent, puissent se réaliser. Parmi ces aspirations, il y a la question brûlante d'offrir restitution pour le coup d'État et tous les crimes commis contre le peuple et liés au coup d'État, afin que les intrigues et les crimes commis contre Haïti ne se répètent plus jamais.

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Les Canadiens présentent des excuses
publiques au peuple haïtien


Des soldats canadiens sont déployés à Port-au-Prince le jour du coup. À gauche, un soldat à l’aéroport Toussaint Louverture; à droite, un hélicoptère militaire canadien survole le Palais présidentiel pendant le coup.

Nous, citoyennes et citoyens du Canada, signons cette déclaration pour notifier au monde entier et plus particulièrement aux Haïtiennes et aux Haïtiens, que nous sommes honteux et ulcérés par la participation active du gouvernement du Canada, dans le coup d'État qui a renversé le gouvernement légitime du président Jean-Bertrand Aristide, le 29 février 2004.

Au nom du peuple canadien dont la grande majorité ignore les différents aspects de ce coup et ses conséquences sur Haïti, nous présentons nos plus sincères excuses au peuple Haïtien.

Dix (10) années après ce tragique événement, nous signons cette pétition parce que des faits troublants, aisément vérifiables dérangent encore la conscience collective.

1) Le Canada a joué un rôle de premier plan dans la planification du coup d'État. En effet, une année à l'avance 31 janvier et 1er février 2003, le gouvernement canadien organisa la fameuse Initiative d'Ottawa sur Haïti. Ce forum controversé, s'est tenu au Lac Meech dans le Parc de la Gatineau au Québec, pour articuler et mettre au point les détails de l'opération « Aristide doit partir ».

2) Le Canada, a joué un rôle majeur et s'est impliqué directement dans le renversement du président Aristide, et de son exil en Afrique. Il a été établi que, les soldats des Forces Armées Canadiennes du Joint Task Force 2 ont coordonnés leurs opérations, avec les paramilitaires et mercenaires haïtiens ainsi qu'avec les troupes américaines déployées illégalement en Haïti.

Les archives de la Chambre des Communes nous démontrent que le 10 mars 2004 soit dix (10) jours après le coup d'État, Stockwell Day MP, critique de l'Opposition Conservatrice en matière d'Affaires étrangères, déclarait au Parlement du Canada : « Il y a maintenant un chef d'État élu, Aristide. Nous n'aurions peut-être pas voté pour lui. Il n'est peut-être pas le type de chef pour qui nous aurions voté. Toutefois, le gouvernement décide qu'il devrait y avoir un changement de régime dans ce pays. Voilà une question sérieuse qui mérite d'être abordée. Sur quels critères était fondée cette décision ? Nous devons en discuter... Oui, il y a bien eu un changement de régime. Et, qu'il nous plaise ou non de l'admettre, nous y avons participé... »

3) Le Coup a été suivi par plusieurs massacres, tueries, détentions et arrestations arbitraires de défenseurs de la démocratie. En outre, toute l'infrastructure politique et économique mise en place par le gouvernement élu démocratiquement a été systématiquement démantelée. De graves violations des droits humains caractérisent les régimes post-coup installés par les États-Unis.

4) Une des conséquences les plus désastreuses du Coup d'État et de l'occupation étrangère est que Haïti où aucun cas de choléra n'a été signalé depuis plus de cent (100) ans fait face maintenant à la pire des épidémies de choléra de l'histoire moderne. Le nombre de personnes mortes du choléra a déjà atteint 8 500 et en janvier 2014 plus de 700 000 malades ont étés répertoriés.

Plusieurs études scientifiques indépendantes mettent en cause, de manière précise, la responsabilité directe de l'ONU dans la contamination d'une des ressources les plus importantes du pays. Il est désormais bien établi qu'en octobre 2010 des soldats de la force onusienne ont déversé des matières fécales dans la rivière la Meille, un affluent du fleuve Artibonite. Jusqu'à présent, les Nations unies persistent dans leur refus de reconnaître leur responsabilité dans cet acte criminel, qu'il eusse été délibéré ou non.

Nous appuyons fermement les efforts soutenus des organisations de défense des droits humains comme le Bureau des Avocats Internationaux et Institute for Justice and Democracy in Haïti qui exigent de l'ONU justice et réparation en faveur des milliers de victimes du choléra en Haïti.

5) Le secteur démocratique et populaire, qui a courageusement combattu et contribué à renverser la brutale dictature de Jean-Claude Duvalier en 1986, a encaissé des coups très durs et subi des reculs importants depuis le coup d'État. Le peuple haïtien est actuellement gouverné par un pouvoir néoduvaliériste, imposé par les États-Unis et soutenu par le Canada. L'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier bénéficie ouvertement du soutien de puissants alliés nationaux et internationaux et se moque impudemment de ses victimes depuis son retour en Haïti en janvier 2011.

Le rôle joué par le Canada dans la planification et l'exécution du coup d'État du 29 février 2004 ainsi que dans l'illégale et désastreuse tutelle onusienne imposée à Haïti, afin d'y asseoir ce coup d'état, représente une source de misère et de grande injustice fait au peuple haïtien. Nous demandons instamment aux Canadiennes et Canadiens et à leurs organisations de prendre toute action efficace concourant à contraindre les forces étrangères d'occupation de la république d'Haïti, à reconnaître et faire amende adéquate pour les torts causés à ce pays.

Pour signer cette déclaration, cliquer ici

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L'avocat haïtien Mario Joseph en visite au Canada pour souligner l'anniversaire du coup d'État


L’avocat des droits humains Mario Joseph lors du forum public à Toronto le 24 février 2014.

« Haïti : le coup d'État, dix ans plus tard », tel était le sujet d'un forum public tenu à l'Université de Toronto le 24 février. On y a discuté entre autres du rôle des puissances impérialistes étrangères, y compris celui du gouvernement canadien, dans le sabotage de la démarche démocratique indépendante du peuple haïtien. Les hôtes de l'événement étaient le Programme d'études sur les Caraïbes à New College (Université de Toronto) et le Comité d'action Toronto-Haïti. Ce forum a eu lieu dans le cadre d'une tournée organisée par le Réseau d'action Canada-Haïti à l'occasion du 10e anniversaire du coup d'État.

L'orateur principal de la soirée fut Mario Joseph, un avocat haïtien spécialisé en matière de droits de la personne membre du Bureau des avocats internationaux (BAI) qui offre des services juridiques gratuits aux personnes incapables de payer et à celles qui n'ont pas accès à la justice. Le BAI cherche présentement à obtenir justice pour les gens qui vivent dans des conditions inhumaines depuis qu'ils ont été déplacés par le séisme de 2010, pour les victimes de violence politique aux mains de la dictature de Jean-Claude Duvalier, ainsi que pour les travailleurs qui sont victimes de conditions inhumaines dans les usines.

Dix ans après le coup d'État qui a renversé le président Jean-Bertrand Aristide, la force militaire des Nations unies, la MINUSTAH, occupe toujours Haïti pour imposer la volonté de puissances étrangères, même si, selon M. Joseph, l'ONU n'a légalement aucun droit d'envoyer des troupes pour occuper un pays membre. L'article 7 de la charte de l'ONU n'était pas une justification valide, a-t-il expliqué, puisqu'Haïti n'était pas en situation de guerre et ne représentait pas une menace pour ses voisins immédiats. La raison donnée pour le coup d'État était qu'on prétendait qu'Aristide était devenu un dictateur et qu'il violait les droits de la personne. C'était tout à fait faux, mais certains individus, y compris des gens dits progressistes, se sont laissés prendre par ces rumeurs et d'autres ont tout simplement été payés par USAID, une agence au service de la politique étrangère des États-Unis, pour accuser Aristide. Il ne faut pas oublier qu'une majorité d'Haïtiens avaient élu Aristide à la présidence, et ce, deux fois plutôt qu'une, et qu'il avait toujours l'appui populaire, mais cette situation n'allait pas dans le sens des intérêts des puissances impérialistes étrangères comme le Canada, les États-Unis et la France, qui ont orchestré ce coup pour défendre leurs intérêts. M. Joseph a dit que tout le monde se souvient du rôle qu'a joué Denis Coderre dans ce coup. L'actuel maire de Montréal était ministre de la Francophonie du gouvernement libéral de Paul Martin au moment du coup d'État de 2004.

Dans les premières années suivant le coup, a expliqué M. Joseph, le rôle de la MINUSTAH a été de réprimer le soulèvement populaire contre le coup et contre l'occupation étrangère. Cette répression a surtout eu lieu dans les quartiers pauvres comme Cité Soleil et Belair, où de nombreuses personnes sans défense ont été tuées et de nombreuses violations des droits de la personne perpétrées par des soldats étrangers.

Suite au séisme de janvier 2010, a affirmé l'orateur, des millions de dollars en dons ont été recueillis par des organisations telles que la Croix-Rouge et Oxfam, mais rien n'a vraiment été fait pour répondre aux besoins du peuple. La plupart des ONG ont quitté le pays, a-t-il dit, mais la situation reste pénible. Pour plusieurs qui vivent toujours dans les camps, il n'y a pas de services sanitaires ou d'eau potable, même dans la région où l'épidémie de choléra a éclaté.

L'épidémie de choléra qui a éclos en octobre 2010 est due aux soldats népalais faisant partie de la force d'occupation de la MINUSTAH. À ce jour, plus de 8 000 Haïtiens sont décédés et 700 000 sont tombés malades, mais l'ONU refuse d'en assumer la responsabilité. En novembre 2011, le BAI a tenté de poursuivre l'ONU en justice devant une cour fédérale aux États-Unis au nom des victimes de l'épidémie de choléra mais la cour a invoqué l'immunité pour les soldats étrangers agissant sous l'autorité de l'ONU. Cette poursuite judiciaire vise à ce que les victimes reçoivent des excuses des Nations unies, de l'aide au gouvernement haïtien pour construire une infrastructure d'assainissement d'eau et une compensation pour les victimes.

Depuis que Michel Martelly a été installé à la présidence d'Haïti en mai 2011, une crise politique a été créée de toute pièce, minant les institutions du gouvernement haïtien, a dit M. Joseph. Depuis trois ans, il n'y a pas eu d'élections, ce qui fait qu'un tiers des sièges au sénat sont vacants, et cette situation est appelée à se détériorer avec la nouvelle ronde de nominations. Martelly a nommé illégalement trois juges à la plus haute cour d'Haïti, la Cour de Cassation, malgré la résistance. En même temps, il n'a pas nommé de juges à une autre branche de la Cour supérieure, celle qui veille à la gestion des finances. Et pourtant, lorsque Martelly s'est rendu aux États-Unis la semaine dernière à l'invitation du président Obama, celui-ci a déclaré que, selon lui, tout allait bien en Haïti.

L'économie d'Haïti n'a jamais été aussi déplorable, a dit M. Joseph. Le taux de chômage est de 75 % et aucun argent ne circule. La présence de la MINUSTAH et de nombreuses ONG font en sorte que la situation est pire que jamais parce qu'on utilise des dollars étasuniens pour payer des articles locaux, ce qui fait grimper les prix pour des nécessités telles le loyer. Haïti possède amplement de ressources pour répondre à ses besoins, mais elle reste pauvre parce que les puissances étrangères la maintiennent dans la pauvreté. Haïti a demandé une aide de 11 milliards $ pour remettre son économie sur pied, mais cette aide n'est pas dans les plans de la communauté internationale, a-t-il dit.

Une victoire à noter, par contre, pour le BAI, celle du 20 février impliquant les victimes de violence politique sous le régime Duvalier, régime qui a pris fin en 1986 lorsque Duvalier fut forcé de fuir Haïti. Une cour d'appel d'Haïti a jugé que les victimes sont en droit de poursuivre Duvalier devant les tribunaux haïtiens pour crimes contre l'humanité, contredisant ainsi l'argument de la défense à l'effet que le droit de prescription n'était plus valide. La cour a décidé qu'elle voulait entendre les preuves des témoins de ces crimes. Martelly s'oppose à ce recours légal, a dit M. Joseph, qui s'attend à une lutte ardue avant d'avoir gain de cause.

Suite à la présentation de Mario Joseph, la professeure Melanie Newton, directrice du Programme d'étude des Caraïbes à New College, a fait une mise à jour importante de la situation vécue par les citoyens de la République dominicaine d'origine haïtienne, et de la discrimination dont ils sont victimes, en particulier suite à la décision 168/13 du 23 septembre 2013 de la Cour constitutionnelle de la République dominicaine. Cette décision retire la citoyenneté à des centaines de milliers de Dominicains d'origine haïtienne, les faisant de fait des personnes apatrides.

Lors d'une entrevue avec LML après la réunion, M. Joseph a dit que les médias étrangers envoient un message à la communauté internationale qui peint une réalité fausse de ce qui se passe en Haïti. Il a expliqué qu'après le coup d'État, le peuple a organisé des manifestations exigeant le retour d'Aristide et la résistance du peuple n'a pas lâché prise depuis ce jour. Il a dit que la résistance prenait plusieurs formes, y compris des manifestations, des conférences et des sit-ins. Il a dit que les forces populaires tentent de contrecarrer la propagande contre elles, une situation qui est rendue d'autant plus difficile du fait que les impérialistes contrôlent les médias. Joseph a déclaré : « Moi, le problème que j'ai avec les impérialistes et leurs extrémistes de droite, c'est qu'ils sont tous des menteurs. Ils mentent, et à partir de leurs mensonges, des prétextes sont créés. » La situation est ardue, a-t-il dit, mais le peuple trouve toujours le moyen de « foncer et de résister ».

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Haïti : « Il faut tuer les bandits »

LML vous présente le film du journaliste américain Kevin Pina Haïti : Il faut tuer les bandits qui donne une bonne vue d'ensemble des événements survenus en Haïti depuis le début des années 1990. Cliquer sur l'image pour voir le documentaire au complet avec sous-titres en français (durée de 66 min). (Note: si les sous-titres n'apparaissent pas, cliquer sur l'image « CC » au bas de l'écran et choisir la langue de sous-titre.)



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