Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 29 - 27 février 2014

Sur le résultat de l'élection partielle dans Niagara Falls en Ontario

Intensifions la lutte pour les droits
et contre l'austérité !


Sur le résultat de l'élection partielle dans Niagara Falls en Ontario
Intensifions la lutte pour les droits et contre l'austérité!
Opposons-nous à l'assaut brutal des libéraux contre les fonctionnaires
Hudak forcé de retraiter sur sa loi de travail esclavagiste

Résistance en Alberta aux attaques contre les pensions
Ne touchez pas aux pensions du secteur public! - Peggy Morton
Des attaques majeures contre les pensions du secteur public


Sur le résultat de l'élection partielle dans Niagara Falls en Ontario

Intensifions la lutte pour les droits
et contre l'austérité!


Piquetage lors du Conseil des libéraux ontariens à Hamilton contre les versions libérale et conservatrice
de l’austérité, le 28 septembre 2013

La classe ouvrière a à nouveau porté un coup au programme d'austérité en Ontario en battant les libéraux et les conservateurs dans Niagara Falls. Les travailleurs ont démontré qu'ils rejettent les méthodes de chantage d'un système de partis qui définit les options à la place de l'électorat, plutôt que de s'adresser à ses préoccupations.

Au cours de l'élection partielle, les libéraux ont tenté d'influencer l'électorat par des méthodes de chantage et de pots-de-vin de toutes sortes, y compris plusieurs promesses faites aux syndicats et à d'autres à la dernière minute. Les conservateurs ont eu recours à la diffamation et à une campagne de peur comme quoi les syndicats se préparaient à tout contrôler, tandis que le NPD a tenté d'encourager les travailleurs à devenir une source de votes pour eux comme certains l'ont été pour les libéraux par le passé. Rien de tout cela n'a réussi à convaincre les travailleurs d'abandonner leur propre lutte pour leurs droits.

Maintenant les libéraux et les conservateurs veulent revenir au point de départ dans le but de convaincre les travailleurs d'abandonner leur organisation indépendante pour leurs droits et contre l'austérité. Les conservateurs veulent faire croire qu'ils peuvent changer leur nature. Entretemps, les libéraux ont déclenché une nouvelle série d'attaques contre les travailleurs du secteur public, question d'apaiser les cercles dominants qui exigent que de plus en plus de fonds soient retirés des programmes sociaux pour payer les riches. Leur défaite dans Niagara Falls ne les a pas fait abandonner leur fidélité à l'austérité, par contre leur fraude à l'effet qu'ils consultent davantage et qu'ils sont équitables a été complètement exposée.

La réponse aux libéraux et aux conservateurs aux défaites de Niagara Falls démontre que l'opposition des travailleurs à l'austérité se poursuit et continue de porter des coups aux libéraux et aux conservateurs dans leurs efforts pour se faire passer pour les champions de l'austérité. Ainsi il devient important d'intensifier les actions contre le programme antiouvrier d'austérité, peu importe qui s'en fait le champion. Une nouvelle occasion se présente en ce sens. Il s'agit de la réunion générale annuelle du Parti libéral qui aura lieu du 21 au 23 mars. Tous ont avantage à lutter pour leurs droits et pour les droits de tous : enseignants et travailleurs de l'éducation, travailleurs accidentés, fonctionnaires et travailleurs industriels, qui tous subissent les attaques de monopoles que le gouvernement refuse d'arrêter. Faisons de l'occasion de cette réunion générale annuelle une nouvelle expression de la détermination des travailleurs à renverser le programme d'austérité et à établir une nouvelle direction pour l'Ontario !

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Opposons-nous à l'assaut brutal des
libéraux contre les fonctionnaires

Comme les conservateurs du gouvernement Harper, les libéraux et les conservateurs de l'Ontario prennent à partie les travailleurs du secteur public qui livrent les services desquels dépendent les Ontariens. Cette fois-ci, c'est aux fonctionnaires qu'ils s'en prennent.

Cette fois le gouvernement attaque les prestations postretraite des fonctionnaires provinciaux. Environ 84 000 fonctionnaires du gouvernement et officiers de la Police provinciale de l'Ontario et de la société des alcools LCBO seront touchés. Le gouvernement a annoncé le 18 février, le jour de la reprise des travaux parlementaires, que les prestations de postretraite pour la santé et autres avantages sociaux passeront à « un modèle de partage des coûts » pour tous ceux qui prendront leur retraite à compter du 1er janvier 2017. Il a annoncé le même jour le début des négociations avec l'Association des employés et employées gestionnaires, administratifs et professionnels de la Couronne de l'Ontario (AMAPCEO). Si à présent le gouvernement, en tant qu'employeur, verse 100 % des cotisations, ceux qui prendront leur retraite à compter de la date indiquée devront payer 50 % des cotisations à un programme de santé et assurance-vie. De plus, le gouvernement double le nombre d'années de travail requis pour bénéficier du régime de retraite et limite l'adhésion à ceux qui prennent leur retraite dès qu'ils sont admissibles à une pension non réduite.

Dans un communiqué du 20 février, l'AMAPCEO présente les détails de ce qu'elle appelle « une longue liste de concessions offensantes » présentée par le gouvernement au tout premier jour des négociations. Concernant les mesures sur les prestations postretraite, l'association « considère cette action unilatérale de l'employeur, délibérément annoncée à l'ouverture des négociations, comme une tentative évidente d'intimider nos membres. La mesure elle-même est la renonciation à des engagements de longue date de l'employeur envers nos membres et nos futurs retraités. » Elle dit examiner ses options de poursuites légales.

Le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO), qui représente une bonne partie des fonctionnaires visés, affirme dans un communiqué que le retraité moyen de la fonction publique en Ontario gagne 27 000 $ brut par année et qu'une cotisation additionnelle de 1 500 $ pour la couverture santé pour une famille, ou 800 $ pour une personne, équivaut à une baisse de salaire de 5,5 %. Ceux qui ne peuvent pas payer le 1500 $ et se retirent du programme perdront environ 3000 $ en prestations.

Le gouvernement est si déterminé à imposer son diktat qu'il n'a même pas avisé le SEFPO avant d'annoncer les coupures de prestations, ce qui expose encore une fois la fausseté de la présentation de la première ministre Kathleen Wynne de favoriser une approche plus « consultative ». La logique donnée, que le gouvernement veut ramener les prestations postretraite de ses fonctionnaires au même niveau que leurs homologues dans les autres juridictions canadiennes et dans le secteur privé, révèle encore une fois la fausseté de la prétention de favoriser une approche « équitable ». La première ministre s'est affublée de ces prétentions quand elle a pris les rênes du parti libéral qui avait de la difficulté à justifier les bouleversements régressifs qu'il amenait dans la vie des gens en Ontario.

Voici ce que pense la Région 2 du SEFPO de l'approche plus « équitable » de ce gouvernement dans les relations de travail : « Il se peut qu'une partie du public gobe cette logique qui dit que puisque tout le monde n'a pas la chance d'avoir ce type de prestations de retraite, les fonctionnaires de l'Ontario ne devraient pas en avoir. Avec cette logique, nous aboutirions tous avec le salaire minimum, n'aurions plus de pensions ni avantages sociaux. Nous en tant que syndicat sommes clairs : ce n'est pas une course vers le fond. Ce que nous avons, nous le voulons pour tout le monde. On entend souvent dire en rapport aux élections : n'importe qui sauf Hudak [le chef conservateur]. Je crois qu'il est temps de reconnaître que les libéraux sont tout aussi dangereux que Hudak. »

L'arbitraire démontré dans le dossier des prestations postretraite des fonctionnaires est une indication de l'approche que le gouvernement libéral prendra envers les autres travailleurs du secteur public qui devront commencer les négociations collectives plus tard cette année, comme les enseignants et les travailleurs de l'éducation, les travailleurs de la santé et les enseignants des collèges. Cela veut dire qu'ils doivent être prêts à se battre pour défendre leurs droits.

LML dénonce cette offensive inacceptable contre les fonctionnaires de l'Ontario qui est une reprise de l'attaque du gouvernement Harper contre les retraites des travailleurs de la fonction publique fédérale. Il faut le dire une fois pour toute : les libéraux, comme les conservateurs, ne voient pas d'alternative que d'attaquer les travailleurs pour payer les riches et ils doivent être défaits.

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Hudak forcé de retraiter sur sa
loi de travail esclavagiste


Juillet 2013: piquetage mensuel devant le bureau de circonscription du leader conservateur de l'Ontario
Tim Hudak pour s'opposer au programme d'austérité

S'adressant à la Chambre de commerce de Toronto le 21 février après la défaite des libéraux et des conservateurs dans l'élection partielle de Niagara Falls, le chef conservateur, Tim Hudak, a annoncé que s'il est élu, il ne va pas déposer son projet de loi de travail esclavagiste connu sous le nom de loi du « droit au travail ». Tentant de dissimuler son humiliation, il a affirmé que cette direction « n'aurait pas les résultats escomptés ». « Après tout, seulement 15 % des travailleurs du secteur privé en Ontario sont syndiqués aujourd'hui. La plupart d'entre eux ne réussissent pas à joindre les deux bouts, pas plus que les 85 % qui ne sont pas syndiqués », a-t-il dit.

« Cette question du ' droit au travail ' n'a tout simplement pas la portée ou le pouvoir de résoudre les problèmes qui menacent 100 % des emplois manufacturiers en Ontario. Donc, si nous sommes élus, nous n'allons pas le faire, nous n'allons pas changer la soi-disant ' formule Rand '. Notre programme est beaucoup plus vaste et beaucoup plus ambitieux que cela », a-t-il ajouté. Il a réitéré son engagement à attaquer les travailleurs en utilisant sa majorité, s'il l'obtient, pour décréter par loi les salaires du secteur public et éliminer des arrangements pour les métiers spécialisés qui protègent la sécurité publique.

Certains pensent qu'Hudak va ramener « le droit au travail » si son parti forme le gouvernement et que les travailleurs devraient en faire leur préoccupation principale. D'autres croient qu'il a autre chose dans son sac d'aussi nauséabond. Tout cela est vrai. Mais pour les travailleurs, la principale conclusion à tirer c'est qu'ils peuvent freiner les plans des cercles dirigeants et éventuellement défaire tout le programme d'austérité en mettant de l'avant leurs initiatives indépendantes et en rejetant le chantage à l'effet que tout ce qu'ils peuvent faire c'est de répondre à ce qui leur semble être la principale attaque du moment.

Comme les libéraux avec le projet de loi 115, les conservateurs ont été forcés de reculer face à la résistance des travailleurs pendant et entre les élections partielles. Les cercles dirigeants étaient derrière la poussée des conservateurs pour les lois de « droit au travail » jusqu'au point où les conservateurs n'ont pas été capables d'aller chercher les résultats que les firmes de sondage voulaient créer dans les élections partielles en commençant par celle de Kitchener-Waterloo. C'est cette résistance, qui a permis à tous ceux qui s'opposent aux lois de travail esclavagiste à se joindre au travail et à prendre position pour les droits, qui a bloqué les conservateurs

Les travailleurs, en mettant de l'avant leur propre politique indépendante en opposition aux préceptes néolibéraux qui visent à les priver de leurs droits, ont forcé les conservateurs à reculer alors que les libéraux n'ont pas été en mesure d'en tirer avantage. Cela a créé une toute nouvelle équation dans laquelle les cercles dirigeants ont été incapables de créer un champion qui peut livrer la marchandise de leur programme frauduleux d'austérité. Au lieu de cela, les travailleurs ont acquis une expérience précieuse qui a montré qu'en prenant l'initiative et en défendant fermement leurs droits, ils peuvent faire des avances.

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Résistance en Alberta aux attaques contre les pensions

Ne touchez pas aux pensions du secteur public!

Une retraite en sécurité, qui inclut une pension et des soins humains pour les personnes âgées dans des centres de santé modernes, est un droit qui appartient à tous. Les attaques contre les pensions du secteur public font partie de l'assaut néolibéral qui vise à abaisser les conditions du peuple au lieu de les élever en garantissant des régimes de retraite à prestations déterminées à tous qui assurent une retraite en sécurité.

Les régimes de retraite du secteur public en Alberta couvrent plus de 300 000 travailleurs actifs et à la retraite. Le gouvernement Redford a annoncé des changements à ces régimes qui vont en réduire les prestations et menacer leur viabilité. Les travailleurs et leurs organisations ont immédiatement défendu leurs pensions en organisant des actions par toute la province. Ils ont organisé des forums partout, établi un site web d'information appelé www.truthaboutalbertapensions.ca, tenu des manifestations, écrit des milliers de lettres aux députés leur disant de ne pas toucher à leurs pensions ; les travailleurs n'ont pas manqué une occasion de dire aux députés que la seule place qui convienne à cette loi contre les pensions c'est la poubelle.

La Coalition du travail à la défense des pensions organise une manifestation à Edmonton le 2 mars à laquelle on attend des travailleurs de Calgary, Red Deer, de Fort McMurray et d'autres villes. Une autre manifestation se tiendra le lendemain à l'occasion de la reprise du parlement pour la session de printemps.

Les changements annoncés par le gouvernement minent sérieusement les régimes de retraite à prestations déterminées du secteur public, menacent leur viabilité et les caisses de retraite dans leur ensemble. Ces changements régressifs sont une attaque directe contre les travailleurs du secteur public et leur niveau de vie canadien et une attaque indirecte au droit de tous à des pensions à prestations déterminées.

Les pensions que touchent les travailleurs du secteur public sont une réclamation à la valeur qu'ils créent dans l'économie et une reconnaissance du travail important qu'ils font en fournissant leurs services aux Canadiens. Les attaques aux pensions font partie du transfert de la richesse, qui est ainsi détournée des programmes sociaux, de la classe ouvrière et de l'économie, vers la concentration toujours plus poussée de la richesse et du pouvoir dans les mains des monopoles internationaux de l'énergie et d'autres secteurs.

Les riches et leur élite dirigeante déclarent que les retraités sont un coût pour la société dans un effort pour justifier leur pillage des pensions et de nier le droit de tous à une retraite en sécurité. En se mobilisant contre la loi déposée par le gouvernement Redford, les travailleurs montrent qu'ils rejettent l'hystérie contre les régimes de retraite et mettent de l'avant leur propre ordre du jour prosocial.

L'opposition ouvrière combat pour une solution prosociale à la question des pensions, qui défend et renforce les régimes de retraite à prestations déterminées et les étend à tous afin de garantir le droit de tous à une retraite digne et en sécurité. Cela veut dire qu'il faut élever la retraite de tous au niveau de pensions à prestations déterminées garanties par le gouvernement et à un niveau de vie qui correspond à celui atteint pendant leur vie active.

Cette attaque au droit à une pension est une relique de l'époque ancienne du privilège aristocratique de classe qu'on doit abolir de notre pensée et de notre pratique sociale. L'opposition ouvrière soutient le principe qu'une économie moderne doit assurer que les producteurs participent à tous les aspects des affaires économiques et politiques à la mesure de leurs capacités et, en échange du travail qu'ils font, vivent dignement de la naissance à la mort.

La sécurité à la retraite comprend les pensions à prestations déterminées et le soin humain aux aînés dans des centres de santé modernes en tant que droit. Les pensions doivent devenir un programme social semblable au régime de santé public universel qui revient de droit aux travailleurs en vertu de la valeur qu'ils créent dans l'économie pendant leur vie active. On doit défendre les pensions qui existent et demander leur extension à tous avec autant de passion qu'on défend les soins de santé et demande leur expansion.

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Des attaques majeures contre les
pensions du secteur public

Les attaques contre les régimes de retraite du secteur public ne visent pas uniquement ce secteur, mais le droit de tous à des pensions à un niveau canadien. Détruire ou même affaiblir les régimes de retraites à prestations déterminées du secteur public c'est créer un climat où toutes les pensions à prestations déterminées sont présentées comme un rêve utopique.

Les changements annoncés par le ministre des Finances Doug Horner, qui sont censés entrer en vigueur en 2016, vont notamment imposer un régime de retraite à deux paliers. Les taux de contribution des travailleurs et des employeurs vont être plafonnés, ce qui va affaiblir les régimes de retraite et menacer leur survie. Les travailleurs vont devoir travailler plus longtemps avant de prendre leur retraite. Ils ne seront plus autorisés à prendre leur retraite avec pleine pension quand le total de leur âge et de leurs années de service atteint 85 ans. Toute personne qui prendra sa retraite avant d'avoir 65 ans va subir une pénalité beaucoup plus grande qu'elle ne l'est actuellement pour chaque année entre le moment de sa retraite et ses 65 ans. L'indexation des pensions à 50 % du coût de la vie (au lieu du 60 % garanti comme c'est le cas à l'heure actuelle) va devenir la norme et même là le 50 % pourra être réduit selon la performance du fonds. Les travailleurs ne vont plus cesser de mettre de l'argent dans le régime après 35 années de service comme c'est le cas maintenant.

En s'attaquant aux pensions du secteur public en Alberta et au niveau fédéral, les gouvernements Redford et Harper veulent empêcher tout mouvement prosocial pour des régimes de retraite à prestations déterminées qui pourrait très bien se faire par la modernisation et le renforcement du Régime de pensions du Canada. L'opposition ouvrière est déterminée à changer les choses en faveur du peuple et de son ordre du jour prosocial.

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