Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 26 - 24 février 2014

Sommet des dirigeants nord-américains

Non à l'expansion des États-Unis
des monopoles de l'Amérique du Nord!


Manifestation contre le sommet des chefs d'État nord-américains et la visite du président américain Barack Obama
devant l'ambassade des États-Unis à Mexico le 19 février 2014.

Sommet des dirigeants nord-américains
Non à l'expansion des États-Unis des monopoles de l'Amérique du Nord!
Le peuple mexicain accueille le sommet des chefs d'État nord-américains au cri de : 20 ans d'ALÉNA! No Más! - Claude Brunelle
Ne laissons pas le Canada agir comme cheval de Troie pour l'impérialisme américain dans les Amériques! - Enver Villamizar


Sommet des dirigeants nord-américains

Non à l'expansion des États-Unis
des monopoles de l'Amérique du Nord!

Le sommet des dirigeants nord-américains a eu lieu à Toluca, au Mexique, le 19 février, réunissant le premier ministre du Canada, Stephen Harper, le président des États-Unis, Barack Obama, et le président du Mexique, Enrique Peña Nieto. Ce sommet a eu lieu à tous les ans depuis 2005, à l'exception de 2013.

Sous le gouvernement Harper, le Canada a été de plus en plus intégré à la machine de guerre des impérialistes étasuniens. L'appareil de sécurité et militaire du Canada, ses agences d'espionnage et ses divers ministères sont tombés de plus en plus sous la coupe d'intérêts privés qui sont engagés dans des conflits intermonopolistes pour le contrôle des états canadiens et étasuniens, ce qui a donné lieu aux États-Unis des monopoles de l'Amérique du Nord. Tout cela a été mis en oeuvre sur la base d'ententes formelles conclues sans l'approbation du parlement du Canada ni du congrès des États-Unis, sans parler des peuples du Canada, des États-Unis ou du Mexique. La prérogative royale l'emporte sur tout obstacle aux efforts cherchant à placer le Canada sous le commandement direct de structures étasuniennes. Par le biais de projets de loi omnibus et autres méthodes « légales », le gouvernement Harper agit comme une cinquième colonne de la rivalité interimpérialiste, faisant adopter de force les pouvoirs lui permettant de tenter d'empêcher le peuple canadien de rejeter de tels arrangements.

Dans cet élan, les gouvernements des États-Unis et du Canada ainsi que les monopoles qui en ont pris le contrôle tendent à étendre ce nouvel appareil militaire de sécurité d'État au Mexique et jusqu'en Amérique centrale afin d'empêcher l'Amérique latine et les Caraïbes de s'intégrer économiquement et politiquement d'une façon qui soit bénéfique à leur développement économique et qui soutienne leur droit d'être. Tout cela a comme objectif de contrôler leurs ressources naturelles et leur territoire et d'empêcher le peuple d'affirmer son droit de décider de la direction que doit prendre leur société, sans coercition, chantage, coups d'États et terreur organisée par l'État.

Cette direction s'est accélérée depuis deux ans, surtout depuis que les pays de l'Amérique latine et des Caraïbes ont mis sur pied de nouvelles institutions qui bloquent la domination de l'hémisphère par les impérialistes étasuniens et qui permettent à leurs gouvernements de s'unir dans un climat d'égalité et de diversité, de régler leurs différends sans manipulation et ingérence d'aucune sorte. C'est ainsi que dans des pays comme le Nicaragua et le Salvador, des gouvernements ont été élus qui reflètent la détermination des peuples des Amériques à défier le diktat étasunien dans les conditions présentes. Les tentatives de déstabilisation du Venezuela démontrent à quel point les États-Unis sont devenus désespérés.

Depuis le 12 février, la violence instiguée par les États-Unis s'est poursuivie au Venezuela dans le but de renverser le gouvernement du président Nicolas Maduro. Le gouvernement du Venezuela a pris d'importantes mesures pour maintenir la paix, dont l'expulsion de trois diplomates étasuniens pour avoir participé à l'incitation à la violence.

Au sommet des dirigeants nord-américains, le président Obama a fait le commentaire suivant : « Plutôt que de tenter de détourner l'attention de ses propres échecs en accusant nos diplomates, le gouvernement vénézuélien devrait répondre aux revendications légitimes du peuple vénézuélien. »

Le président Maduro a condamné les commentaires d'Obama au Mexique, disant que le fait qu'Obama continue d'attaquer un pays libre et souverain en Amérique latine est une insulte au pays héroïque des Aztèques, de Villa et de Zapata, ainsi qu'au noble peuple mexicain.

Maduro a fait valoir que les gouvernements souverains à travers le monde s'attendent à ce que la Maison Blanche explique pourquoi elle finance, encourage et défend les forces d'opposition qui ne font qu'encourager la violence au Venezuela.

Il a aussi dit que le vice-secrétaire d'État adjoint Alex Lee n'a aucun droit d'imposer des conditions au gouvernement du Venezuela ou de le menacer tout simplement parce que celui-ci a décidé de poursuivre en justice les responsables des récents actes de violence.

Le gouvernement du Venezuela, a-t-il déclaré, réitère sa ferme intention de continuer de surveiller la situation de près et de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher les agents étasuniens de répandre la violence et la déstabilisation, et d'informer tous les pays de la politique interventionniste du président Obama contre le Venezuela.

Les sommets des dirigeants du Canada, des États-Unis et du Mexique leur ont servi d'occasions d'élaborer de nouveaux arrangements dans cette direction et de coordonner leurs efforts pour empêcher que le Mexique ne consolide ses liens avec la direction nouvelle que prennent les choses en Amérique du Sud et centrale. Ces arrangements reflètent entre autres la détermination des impérialistes étasuniens à tuer dans l'oeuf les relations amicales qui se développent entre les peuples du Canada, des États-Unis et du Mexique avec Cuba. On exerce ainsi un chantage économique et politique sur les peuples canadien et mexicain et sur leurs deux pays pour qu'ils ne cherchent pas à rejeter cette pression selon laquelle ils devraient se tenir à l'écart de la tendance progressiste de défense des droits qui prend de l'ampleur en Amérique latine.

Développements au cours de cette année

Il est important de noter que le sommet de 2014 met en relief la grande préoccupation des chefs d'État vis-à-vis le transport des ressources naturelles, en particulier l'énergie sous forme de pétrole et de gaz ainsi que l'électricité. Le sommet a approuvé le développement d'un « plan de transport nord-américain, en commençant par un plan régional de transport des marchandises, en nous fondant sur les initiatives existantes ».

En surcroît, on s'est concentré sur la mise sur pied d'un plan de travail sur la compétitivité nord-américaine semblable au Conseil de coopération en matière de réglementation créé comme partie intégrante de l'entente Canada-États-Unis sur le périmètre de sécurité. Ces ententes permettent aux monopoles les plus importants d'avoir un rôle décisionnel en matière de règlements touchant aux industries dans lesquelles ils opèrent ainsi qu'aux conditions de vie et de travail de la classe ouvrière du Canada, des États-Unis et du Mexique.

Il a aussi été annoncé aux médias suite à la rencontre que les dirigeants des trois pays allaient dorénavant inclure le Mexique dans l'arrangement de « voyageur fiable » entre le Canada et les États-Unis. Cet arrangement facilite le mouvement de personnes « fiables » d'un pays à l'autre sur la base de critères qui n'ont rien à voir avec les droits de la personne. Cet arrangement donnera vraisemblablement naissance à un mécanisme dans les mains des monopoles pour qu'ils puissent choisir à volonté qui ils veulent déplacer le plus rapidement possible d'un pays à l'autre pour se doter d'une main-d'oeuvre esclave en Amérique du Nord à qui on « permettrait » de se mouvoir librement là où les monopoles en ont besoin. Il deviendrait donc possible aux monopoles d'Amérique du Nord de mettre à pied des travailleurs qualifiés dans un pays et de les expédier le lendemain dans une usine d'un autre pays. On lit dans le communiqué conjoint : « Nous faciliterons la circulation des personnes grâce à l'établissement, en 2014, d'un programme nord-américain des voyageurs fiables, en commençant par la reconnaissance mutuelle des programmes NEXUS, Global Entry, SENTRI et Viajero Confiable. »

Les dirigeants n'ont pas épargné leurs efforts pour étendre les opérations du Homeland Security des États-Unis en Amérique centrale et dans les Caraïbes sous prétexte d'arrêter le trafic de drogue et le commerce illégal d'armes, même s'il a été amplement démontré que les agences de sécurité des États-Unis opèrent au sein de ces organisations criminelles dans le but de déstabiliser ces pays en y incitant le chaos et l'anarchie et s'y présenter ensuite comme les sauveurs de la situation.

Selon le bureau du premier ministre, les faits saillants du sommet comprennent un engagement :

« À élaborer un plan de travail sur la compétitivité nord-américaine axé sur les investissements, l'innovation et la participation accrue du secteur privé ;

« À élaborer un plan sur les transports en Amérique du Nord, premièrement au moyen d'un plan sur le transport régional des marchandises et l'établissement d'un programme nord-américain de voyageurs fiables en 2014, ce qui facilitera les déplacements des personnes ;

« À développer notre capacité à favoriser l'innovation, à donner à nos citoyens accès à la technologie et à des possibilités de formation de grande qualité ainsi qu'à permettre à la main-d'oeuvre d'acquérir les aptitudes dont elle a besoin pour réussir dans l'économie mondiale du 21e siècle ;

« À collaborer en ce qui concerne les assurances et la prévention des risques liés aux catastrophes, la gestion des incendies de forêt, l'accès à des sources d'énergie propres et abordables et la promotion du développement social durable ;

« À continuer à coordonner et à chercher de nouveaux secteurs de coopération pour contrer le trafic de stupéfiants, le trafic d'armes et les autres commerces illicites et à coopérer avec des partenaires de l'Amérique centrale et des Caraïbes ainsi qu'avec d'autres pays de l'hémisphère pour favoriser le développement, la croissance économique et la sécurité des citoyens.

« Afin de favoriser la transparence, la reddition de comptes et l'inclusivité, les dirigeants ont demandé aux responsables de rendre compte des progrès des efforts conjoints avant chaque Sommet des dirigeants nord-américains. Ils leur ont aussi demandé d'élaborer un nouveau mécanisme en 2014 qui permettra aux experts et aux parties concernées d'échanger leur point de vue sur le programme et les activités. »

Il a aussi été décidé que le premier ministre Harper soit l'hôte du prochain Sommet.

(Source ; correspondant du LML, agences de nouvelles, Bureau du premier ministre)

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Le peuple mexicain accueille le sommet des
chefs d'État nord-américains au cri de :
20 ans d'ALÉNA! No Más!

Le 19 février, la ville de Toluca, capitale de l'État de Mexico, était l'hôte du sixième sommet des chefs d'État nord-américains. Elle a reçu le président des États-Unis, Barack Obama, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, et le président du Mexique, Enrique Peña Nieto. À ce sommet les chefs d'État ont célébré les 20 ans de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entré en vigueur le 1er janvier 1994. Ce sommet qui sert depuis sa création en 2005 à développer des politiques d'intégration dans les domaines de la sécurité, de l'énergie et des structures politiques et judiciaires des trois pays est un levier important pour garantir la prospérité non pas des peuples, comme il est prétendu, mais bien des grands monopoles au détriment des peuples d'Amérique du Nord et également de ceux à travers le monde. Il sert également à négocier derrière des portes closes de nouveaux accords qui favorisent encore les grands monopoles, comme c'est le cas du Partenariat Transpacifique (PTP) appelé à actualiser l'ALÉNA aux besoins actuels des monopoles.

Pour l'opposition organisée au Canada et aux États-Unis et l'ensemble du peuple mexicain, il n'y a rien à célébrer sinon la lutte de toutes les sections du peuple contre la misère, la violence, l'insécurité, la privatisation de l'éducation et de l'énergie, la destruction de l'agriculture et des centres manufacturiers et la spoliation des ressources naturelles. En 20 ans d'ALÉNA, le Mexique a quintuplé le niveau d'échange économique avec les États-Unis, selon son ministère de l'Industrie. Mais pour le peuple mexicain, cette augmentation du niveau des échanges se caractérise par l'exportation massive des ressources humaines du pays, puisque c'est par millions que chaque année des travailleurs et professionnels mexicains doivent s'exiler vers les États-Unis et le Canada afin d'y travailler comme esclaves modernes et de pouvoir envoyer de l'argent afin d'assurer la survie de leur famille. Le taux de croissance économique du Mexique n'a pas dépassé les 1 % depuis l'entrée en vigueur de l'ALÉNA. Le pays a été transformé en pays exportateur de matières premières et doit maintenant importer des produits alimentaires de base comme le maïs et payer des redevances au monopole Monsanto, alors qu'il était autosuffisant auparavant.

Aussi depuis le 15 février, de nombreuses organisations de travailleurs de l'énergie, des mines, de l'éducation et des organisations sociales et de défense des droits et des communautés autochtones ont entrepris une série d'actions à travers le pays afin de dire : 20 d'ALÉNA no Más ! ! Basta 30 ans de politiques néolibérales ! Basta aux réformes structurales ! Arrêtons la vente du pays !

Le samedi 15 février, des milliers de personnes ont participé à une manifestation devant les bureaux de la maison mère de l'entreprise minière Groupe Mexico, pour par la suite se diriger au monument de l'Ange de l'indépendance sur l'avenue Réforma pour s'y regrouper et marcher jusqu'à l'ambassade américaine sur la même rue. Le lundi 17 février, des milliers d'enseignants ont pris d'assaut l'autoroute Mexico-Toluca en direction de Toluca afin d'y manifester leur opposition à la privatisation du système d'éducation et aux autres conséquences de l'ALÉNA. Ils ont été bloqués à quelques kilomètres de la ville par la police et l'armée, qui leur ont refusé l'entrée dans la ville transformée en bunker pour l'occasion.

Durant la fin semaine des 15 et 16 février, Andres Manuel Obrador, dirigeant du mouvement Morena qui regroupe plus de deux millions de personnes, s'est adressé à des milliers de manifestants à San Luis Potosi, leur disant que les chefs d'État des États-Unis et du Canada venaient fêter avec le président mexicain Peña Nieto le vol de l'or, de l'argent et du cuivre du pays ainsi que la remise du pétrole mexicain entre les mains des monopoles étrangers comme Exxon, Chevron et autres. La ville de San Luis Potosi étant un centre de lutte très active contre les conséquences de l'exploitation minières, a rappelé Obrador, précisant que 25 % du territoire nationale, soit 50 millions d'hectares sur les 250 millions que compte la république, était aux mains des compagnies minières étrangères, principalement canadiennes.

En effet, à travers tout le Mexique de nombreuses luttes se mènent contre le vol des terres des communautés autochtones par les entreprises minières, qui en plus de s'enrichir du vol des ressources du peuple mexicain, détruisent l'environnement et empoisonnent les communautés par la contamination au cyanure des nappes phréatiques, et ce, en toute impunité. Il s'agit d'une des conséquences directes de l'application de l'ALÉNA. Les monopoles utilisent le tribunal extraterritorial de cet accord pour soumettre les pays membres à leur diktat, sous menace de leur soutirer des millions en dommages et intérêts pour perte de revenu, comme ce fut le cas dans l'État du Chiapas au Mexique, mais également au Salvador et au Costa Rica. Il s'agit d'une atteinte directe à la souveraineté des pays.


Des milliers d'enseignants mexicains marchent sur l'autoroute en direction du sommet de Toluca le 17 février 2014.

Parmi les revendications importantes du peuple mexicain actuellement se trouve l'annulation de la réforme énergétique que vient d'adopter le gouvernement de Peña Nieto.

Suivant cette réforme, il sera désormais possible pour des entreprises étrangères d'investir dans l'entreprise nationale du pétrole PEMEX et d'en recevoir des dividendes, de faire de l'exploration et de participer à l'extraction. Ceci contrevient en sa totalité à la constitution du pays, qui stipule que le pétrole et ses dérivés sont un bien national qui appartient au peuple mexicain et qui ne peut être spolié ou cédé à des intérêts étrangers en tout ou en partie. Plus de deux millions de personnes ont signé une pétition demandant la tenue d'un référendum national sur la question afin que le peuple puisse se prononcer.

Mais le gouvernement du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) en alliance avec l'ancien parti au pouvoir, le Parti de l'action nationale (PAN), a usé de la majorité que cette alliance lui donne pour passer outre à ce droit que la constitution accorde au peuple et a fait adopter sa réforme. Ce processus de privatisation du pétrole mexicain a commencé avec l'imposition des politiques néolibérales il y a trente ans et n'a cessé de s'intensifier depuis. Premièrement, l'Institut de recherches scientifique de PEMEX fut éliminé, détruisant ainsi tout le centre d'expertise du pays en la matière. Puis le réseau de distribution a été privatisé, les services d'entretien donnés à des sous-traitants, la construction de nouvelles raffineries bloquée et le pétrole brut vendu directement aux monopoles américains qui l'expédient aux États-Unis, le raffinent et en revendent les dérivés au Mexique à des prix exorbitants.

Ayant donc placé l'entreprise nationale dans une telle situation de perte de revenu, le gouvernement néolibéral de Peña Nieto a dit que pour éliminer le déficit, il fallait exploiter les grandes ressources pétrolières que possède le pays, dont celles du golfe du Mexique. Or, le pays n'a pas l'expertise pour le faire et il doit donc s'associer à des entreprises étrangères dans ce travail de modernisation des équipements d'exploration et d'exploitation et d'extraction.

Le mouvement de lutte contre cette privatisation ne cesse de se développer dans tout le pays. Toutes sortes d'actions sont menées pour bloquer la réforme en question, comme l'intensification des mesures pour exiger que le gouvernement respecte le droit du peuple d'exiger la tenue d'un référendum sur la question ou encore le dépôt à la Cour suprême d'une demande pour trahison de la nation contre le président Peña Nieto et tous ceux qui ont voté en faveur de la réforme. Tout cela s'accompagne de manifestations et de rencontres dans lesquelles avancent la discussion et l'organisation des différentes sections du peuple pour changer la situation.

Le 19 février, des milliers de personnes se sont donné rendez-vous dans la ville de Toluca devant l'endroit où s'est tenu le sommet et ont fait savoir aux « tres amigos » que 20 ans d'ALÉNA No Más !

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Ne laissons pas le Canada agir comme cheval de Troie pour l'impérialisme américain dans les Amériques!

Avant le Sommet des dirigeants nord-américains de cette année, le premier ministre canadien Stephen Harper a effectué sa première visite officielle au Mexique pour s'entretenir avec le président mexicain Enrique Peña. En outre, il a rencontre les représentants du monopole canadien de l'énergie TransCanada qui opère au Mexique.

Selon ce qu'on sait de cette rencontre, tout indique que l'accent a été mis sur l'intégration de l'armée mexicaine au U.S. Northern Command (Commandement nord-américain) en augmentant la participation des militaires mexicains aux diverses activités des forces armées canadiennes. Cela fait partie intégrante des nouveaux arrangements pour mettre en place à l'échelle continentale de nouvelles institutions parmi les trois forces armées. C'est d'autant plus important que l'armée mexicaine ne fonctionne pas encore de la même manière que les forces armées canadiennes et américaines, c'est-à dire avec un commandement centralisé pour toutes les branches, au moyen d'arrangements tels que les chefs d'état-major. L'armée et la marine mexicaines relèvent de deux ministères distincts, le secrétariat de la Défense nationale et le secrétariat de la Marine, et maintiennent deux chaînes indépendantes de commandement, sans direction conjointe autre que celle du président du Mexique.

Il y a une autre différence notable entre la façon dont les forces armées du Mexique ont traditionnellement fonctionné par rapport à celles des États-Unis et, de plus en plus, le Canada, par sa participation à l'OTAN et en tant qu'appendice de l'armée américaine. L'armée mexicaine a opéré presque exclusivement à l'intérieur du pays plutôt que comme une force expéditionnaire. C'est également un fait connu que, selon la Constitution mexicaine, les forces armées ne peuvent quitter le territoire mexicain sans une déclaration de guerre et l'approbation du Congrès. C'est en 1942 que cette disposition a été invoquée la dernière fois et cela concernait l'envoi d'une force expéditionnaire aux Philippines, alors que la guerre avait été déclarée à l'Allemagne et au Japon, suite au naufrage de deux navires mexicains par des sous-marins allemands. En 1990, le président Carlos Salinas de Gortari a demandé l'autorisation du Congrès pour envoyer des troupes participer à la guerre du Golfe, mais la demande a été refusée car il n'y avait pas de déclaration de guerre contre l'Irak.

En 2012, le Canada a accueilli la réunion inaugurale des Rencontres des ministres de la Défense de l'Amérique du Nord (MDAN) « pour discuter des défis de défense et de sécurité continentales et régionales, ainsi qu'explorer les possibilités de collaboration dans les tribunes hémisphériques sur la défense ». Depuis la réunion inaugurale, une évaluation de la menace continentale est maintenant complétée et une simulation d'exercice trilatéral d'aide humanitaire et de réponse aux catastrophes est prévue pour mars 2014 au Mexique.

Le but de ces exercices est de simuler des scénarios d'urgence pour voir comment les politiques et protocoles, ainsi que les limites constitutionnelles, peuvent être transformer afin que l'armée et des agences civiles puissent fonctionner sous un commandement centralisé, c'est-à-dire sous NORAD /U.S. Northern Command.

Lors d'une rencontre préliminaire avec le président Peña, Harper a annoncé que le Canada et le Mexique signeront en avril 2014 une déclaration d'intention sur la coopération de défense, visant à « renforcer davantage les relations bilatérales de défense ». Les autorités qui la mettront à exécution sont les Forces armées canadiennes (FAC), le ministère canadien de la Défense nationale (MDN), le secrétariat de la Défense nationale du Mexique et la marine mexicaine.

Pour donner un sens aux activités en cours pour amener l'armée mexicaine sous le commandement des États-Unis, il a été annoncé qu'en juin 2012, deux fonctionnaires de la marine mexicaine ont participé au Programme des observateurs internationaux de l'exercice Maple Flag 45 (série 1) des observateurs internationaux, à Cold Lake, en Alberta. C'était la première fois qu'un navire de la marine mexicaine participait à un exercice au Canada.

Le gouvernement Harper a également souligné les liens permanents suivants qui sont renforcés par la nouvelle déclaration d'intention :

« Direction de l'instruction et de la coopération militaires — Le Mexique est membre du Programme d'instruction et de coopération militaires (PICM) du Canada depuis 2004. Jusqu'à maintenant, 168 étudiants mexicains ont reçu de l'instruction dans le cadre du PICM. La Direction de l'instruction et de la coopération militaires, qui administre le PICM, et le Commandement des opérations interarmées du Canada se penchent sur des moyens innovateurs d'élargir la coopération de base avec le Mexique. »

« Discussions politico-militaires entre le Canada et le Mexique — Établis en 2006, ces rendez-vous réguliers entre les ministères des Affaires étrangères et de la Défense au Canada et au Mexique servent de point de départ pour développer la coopération en matière de défense et de politique étrangère sur les questions de sécurité hémisphériques ou internationales. La septième ronde de pourparlers a eu lieu au mois de décembre 2013 au Mexique et des discussions fructueuses sur la sécurité régionale, l'instruction militaire et la justice militaire s'y sont tenues. »

« Discussions Canada-Mexique au niveau de l'état-major — En misant sur la réussite des discussions politico-militaires, le Canada et le Mexique ont entamé au mois de mai 2011 des discussions Canada-Mexique au niveau de l'état-major pour maintenir une relation efficace et durable entre les forces armées des deux pays. La troisième ronde d'entretiens au niveau de l'état-major a eu lieu au Canada, au mois de mai 2013 ».

« Initiative nord-américaine de sécurité maritime (INASM) — Cette initiative trilatérale a été établie pour permettre aux États-Unis, au Mexique et au Canada d'échanger de l'information et d'améliorer l'interopérabilité maritime, la connaissance de la situation et l'intervention conjointe face à des menaces maritimes. »

Dans le cadre de la rencontre préliminaire, il a été annoncé que le Canada et le Mexique ont signé un accord visant à établir « un cadre ouvert pour les vols directs de tous les transporteurs aériens canadiens ou mexicains ; une plus grande souplesse pour les transporteurs aériens qui souhaiteront offrir de nouveaux prix en réponse à la demande des consommateurs ; de solides dispositions pour garantir la sûreté et la sécurité des vols entre les deux pays. ».

Des accords ont également été signés entre Exportation et Développement Canada (EDC) et la Banco Nacional de Comercio Exterior, S.N.C. (Bancomext) afin d'améliorer les possibilités de financement pour les entreprises canadiennes et mexicaines, ainsi que d'un « accord-cadre de coopération (ACC) » entre EDC, Bancomext, la Banque Scotia, la Banque de Montréal, HSBC Mexique, Banorte, BBVA Bancomer, Banamex et un fonds de capitaux privés administré par les institutions financières mexicaines appartenant à l'État. L'accord mettra en place « une collaboration » visant à fournir un soutien financier, des garanties, du capital-investissement et de l'aide aux projets et aux entreprises mexicaines et canadiennes, « en mettant particulièrement l'accent sur la promotion des exportations des petites et moyennes entreprises des deux pays ».

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