Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 21 - 17 février 2014

Colombie-Britannique

Hausse des tarifs d'hydro pour payer les riches

Colombie-Britannique
Hausse des tarifs d'hydro pour payer les riches
Les faux prétextes du gouvernement libéral - Edith Cohen
La privatisation est une escroquerie

Justice pour les travailleurs de la scierie de Produits forestiers Babine, leurs familles et la communauté!
Non à l'impunité! Les propriétaires doivent rendre des comptes pour les décès, les blessures et la destruction matérielle - Charles Boylan
Pour que justice soit rendue : un procès aux termes de la Loi Westray
La Loi Westray gagne de plus en plus d'appuis partout au Canada


Colombie-Britannique

Hausse des tarifs d'hydro pour payer les riches

Le ministre libéral de l'Énergie, Bill Bennett, et le PDG de BC Hydro, Charles Reid, ont annoncé en novembre dernier une hausse des tarifs d'électricité de 28 % répartie sur cinq ans. La première hausse de 9 % sera en vigueur dès le premier avril 2014. Cette augmentation imposée au peuple et aux entreprises sera de 45 % pour les dix prochaines années.

L'augmentation des tarifs d'hydro est une conséquence directe de la manoeuvre de privatisation que le gouvernement libéral a faite dans le but de payer les riches en 2002 avec le projet « L'énergie garante de notre avenir : un projet pour la Colombie-Britannique ». Ce projet a interdit à l'entreprise publique BC Hydro de développer tout nouveau projet hydroélectrique, à l'exception du site C de la rivière Peace. La privatisation a obligé BC Hydro à acheter à prix fort l'électricité produite par les capitalistes privés, les Producteurs d'énergie indépendants (PEI).

L'objectif des PEI dans la production d'énergie est d'obtenir le taux de rendement sur leurs investissements le plus élevé possible le plus rapidement possible. Cet objectif est contraire à celui du peuple, qui est de produire de l'électricité afin de servir l'intérêt public, l'économie socialisée et l'environnement social et naturel. Une fois que l'objectif privé des PEI a été mis aux commandes de ce secteur public essentiel à l'économie - et dont dépend le bien-être de tous les résidents et entreprises -, on a vu le développement rapide de projets « au fil de l'eau » très contestables sur les rivières de la Colombie-Britannique et une montée en flèche des prix de marché de l'électricité.

Le gouvernement libéral de la Colombie-Britannique a forcé BC Hydro à acheter à long terme de l'électricité produite privément à des taux aussi élevés que 124 $ le mégawatt-heure (Mwh). Ce taux est outrageusement plus élevé que le coût de production de BC Hydro qui est de 5 $ à 6 $ le Mwh dans ses principales installations hydroélectriques des rivières Peace et Columbia. Au cours de la dernière décennie, pendant que le gouvernement privatisait l'énergie publique avec ses contrats à 124 $ le Mwh avec les PEI, le tarif de BC Hydro pour les principaux consommateurs industriels (les mines et les usines de pâtes) a été d'environ 40 $ le Mwh.

Les contrats privés de l'État de fourniture d'électricité avec les PEI se traduisent non seulement par une perte énorme de revenus pour le trésor public, mais par un lourd fardeau supplémentaire pour le peuple et les entreprises qui doivent payer des tarifs plus élevés. Le transfert de valeur et d'argent du public et des entreprises aux principaux détenteurs du capital des PEI est considérable. Le Rapport annuel de BC Hydro (2013) parle d'engagements contractuels à venir de 52,4 milliards $. De ce montant, 51 milliards $ sont destinés à des achats à long terme d'énergie au prix fort provenant d'investisseurs privés. L'impact de la privatisation sur les tarifs se voit maintenant dans la décision du gouvernement libéral d'imposer pour dix ans des hausses draconiennes dans le prix de marché de l'électricité. Nous devons arrêter cette destruction nationale faite pour payer les riches !

Non aux hausses de tarifs d'hydro !
Défendons un BC Hydro public !
Arrêtez de payer les riches !

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Les faux prétextes du gouvernement libéral

Bill Bennett, le ministre de l'Énergie de la Colombie-Britannique, essaie de justifier son « projet décennal » annoncé le 26 novembre et prévoyant des hausses de tarifs de BC Hydro de 45 %. La nouvelle augmentation de tarifs, qui s'ajoute à une forte hausse déjà en vigueur depuis 2013, sera de 9 % en avril 2014, suivie d'une hausse de 6 % en 2015 et de hausses annuelles moyennes de 2 % à 3 % jusqu'en 2024. Cette décision irresponsable va imposer un grand fardeau aux individus et aux divers secteurs de l'économie et affecter en particulier les travailleurs à faible revenu, les familles ou individus à revenu fixe ainsi que les programmes sociaux comme l'éducation et les soins de santé.

Bennett a cherché à justifier sa hausse en disant qu'elle est inférieure à celle qui avait été proposée le 11 août dans une étude du Groupe de travail sur les tarifs de BC Hydro qui avait été révélée au public par la section locale 378 du Syndicat canadien des employées et employés professionnels et de bureau. La hausse proposée était de 26,4 % pour 2014-2015.

Cette comparaison de la part de Bennett fondée sur les chiffres d'une agence gouvernementale est uniquement mise de l'avant pour faire accepter le nouveau tarif. Elle n'est pas crédible et n'explique rien du tout.

Bennett affirme aussi que les installations de BC Hydro requièrent des rénovations et qu'on ne peut comparer la nouvelle énergie qui est produite aujourd'hui avec celle produite à partir d'installations construites dans les années soixante. En fait, les coûts liés à la production d'énergie d'aujourd'hui devraient être à la baisse grâce aux nouvelles technologies et à une production à la hausse face aux technologies et aux installations vieilles de plus d'un demi-siècle. Ce deuxième prétexte n'a pas plus de valeur que le premier et n'explique rien lui non plus, d'autant plus que le gouvernement libéral a décrété en 2002 que BC Hydro devait cesser de construire de nouvelles usines hydroélectriques aux techniques modernes et à la productivité accrue.

La vraie raison des hausses de tarifs réside dans la privatisation et dans l'offensive néolibérale qui vise à égorger le peuple et ses institutions économiques et sociales au profit d'intérêts privés privilégiés. Ce n'est rien de moins qu'un saccage néolibéral de BC Hydro et de tout ce que le peuple a bâti dans la province au cours des décennies. La hausse de tarifs est le résultat direct des politiques et des mesures du gouvernement libéral depuis 2002, au profit principalement d'investisseurs privés comme les Producteurs d'énergie indépendants (PEI) et des entreprises comme Fortis Inc., qui contrôle la comptabilité et la facturation de BC Hydro.

En 2002, le parti libéral au pouvoir a annoncé le nouveau Projet énergétique de la Colombie-Britannique. La pierre angulaire de ce projet était en essence un projet de destruction nationale pour servir les intérêts privés étroits de certains investisseurs au détriment des intérêts publics. En effet, le Parti libéral avait interdit à BC Hydro d'entreprendre la construction de nouvelles sources d'énergie publique, à l'exception d'un barrage - le site C - et d'autres installations possibles sur la rivière Peace. Le gouvernement avait alors décrété que tout nouveau projet hydroélectrique serait dorénavant construit sur une base privée et financé à même l'électricité fournie à BC Hydro par le biais de nouveaux contrats qui garantissent des tarifs élevés et forcent BC Hydro à acheter l'électricité qu'elle en ait besoin ou non.

La privatisation de BC Hydro

La privatisation de BC Hydro a changé radicalement la façon dont la valeur produite est distribuée. Avant la privatisation, dès la réalisation de la valeur produite, celle-ci était réclamée par l'entreprise publique à des fins d'investissements, ainsi que par le gouvernement sous forme de taxes et d'une redevance annuelle non négligeable. Elle était aussi refilée aux acheteurs d'électricité aux taux les plus bas en Amérique du Nord. Une partie de la valeur ajoutée était aussi réclamée par les prêteurs à des taux d'intérêt reflétant le faible niveau de risque.

Suite à la privatisation d'une partie de BC Hydro, la valeur produite, lorsque réalisée, est réclamée par les détenteurs du capital d'investissement, principalement les PEI et par des monopoles comme Fortis Inc. Une certaine valeur est toujours réclamée par l'entreprise publique et par les gouvernements tandis que les acheteurs d'électricité doivent payer des tarifs de plus en plus exorbitants. Une partie de la valeur produite liée aux PEI est réclamée par les prêteurs à des taux d'intérêt qui se rapprochent des taux payés par les entreprises non gouvernementales.

Bennett tente d'obscurcir les vraies raisons derrière la hausse des tarifs parce qu'il veut masquer la réalité de la privatisation et du vol par les intérêts privés de la valeur produite ainsi que les dommages que cela cause à BC Hydro et à l'intérêt public. Entre-temps, le gouvernement néolibéral oblige le peuple et les entreprises de la province à payer l'électricité plus cher, le tout se traduisant par un transfert de la richesse aux intérêts monopolistes privés. Les prétextes mis de l'avant par Bennett pour cette régression sont un effort grossier pour masquer la réalité.

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La privatisation est une escroquerie

Dès le début, les actions du gouvernement pour créer des producteurs indépendants d'énergie (PIE) ont été des manoeuvres frauduleuses faites pour servir les intérêts privés au détriment de l'intérêt public.


Carte de la production privée d'électricité en
Colombie-Britannique. Cliquer sur la carte pour l'agrandir 

Le parti libéral au pouvoir, par le biais de BC Hydro, a donné aux PIE de propriété privée des contrats garantissant la fourniture de pouvoir électrique à BC Hydro à des taux gonflés que BC Hydro en ait besoin ou non. Le gouvernement a également fourni aux PIE des informations recueillies aux frais du public détaillant dans quelles rivières de la Colombie-Britannique la production d'électricité au fil de l'eau est considérée comme réalisable. Que ces projets soient durables au sens économique ou causent des dommages à l'environnement naturel n'a pas été examiné lors des études.

Les propriétaires des PIE ont présenté leurs contrats gouvernementaux garantis à des taux gonflés aux institutions financières afin d'obtenir des prêts pour construire les projets. Les banques ont été heureuses de prêter l'argent puisque les producteurs indépendants ont des contrats garantis par l'État. En outre, les taux d'intérêt exigés ont été plus élevés que ce que les banques et autres prêteurs pourraient recevoir directement des entreprises publiques comme BC Hydro ou le gouvernement.

Une comparaison des tarifs énergétiques gonflés garantis aux PIE
avec les tarifs énergétiques moyens du marché

Le tarif gonflé, garanti par le gouvernement libéral, qui a été donné aux PIE est de 124 $ pour un MégaWatt-heure (MWh). BC Hydro vend de l'électricité aux grands clients industriels à un taux de 40 $ par MWh. Acheter de l'énergie des PIE à un tarif de 124 $ par MWh et le revendre à 40 $ par Mwh, peut difficilement être qualifié d'opération économique durable. La différence entre les deux montants est une subvention directe à des intérêts privés, ce qui est totalement inutile et rétrograde.

En outre, la plupart des contrats signés avec les PIE l'ont été alors que le gouvernement et BC Hydro savaient que les prix de référence sur le fleuve Columbia où les surplus d'électricité de la Colombie-Britannique sont souvent écoulés, oscillaient comme suit :

« Indice moyen annuel des tarifs quotidiens bilatéraux à terme, en période de pointe :

Tarif de référence tel que défini par la bourse intercontinentale (ICE) et fixé à la frontière entre la Californie et l'Oregon (COB) :

51,68 $/MWh (en 2006 ), 59,86 $/MWh (en 2007), 73,42 $/MWh (en 2008 ), 35,40 $/MWh (en 2009)

Tarif de référence défini par ICE pour la région intermédiaire de la rivière Columbia (Mid-C) :

47,98 $/MWh (en 2006), 53,59 $/MWh (en 2007) , 64,48 $/MWh (en 2008), 35,25 $/MWh (en 2009) »[1]

Outre le prix gonflé garanti, les projets « au fil de l'eau » des PIE sont mal adaptés aux besoins en électricité de la Colombie-Britannique. La production maximale d'électricité provenant des PIE se produit pendant le ruissellement de la période entre le printemps et l'été, précisément au moment où les réservoirs des grands barrages de BC Hydro sont remplis à pleine capacité en eau et l'ensemble du nord-ouest des États-Unis est inondé en électricité. Les tarifs d'électricité pour l'exportation sont à des taux bas. Au cours de la période de ruissellement du printemps-été 2013, les grands barrages de BC Hydro délestaient « l'excédent d'eau » au-dessus des barrages parce que le gouvernement avait obligé BC Hydro d'utiliser à prix élevé l'électricité produite par les PIE privés.

Lorsque les contrats gonflés garantis se termineront dans 15 à 25 ans d'ici, toutes les installations des PIE deviendront la propriété privée des monopoles qui les ont achetées. Il s'agit notamment des géants mondiaux comme General Electric et Siemens qui les ont achetés des investisseurs initiaux des PIE. De cette façon, les monopoles mondiaux ont étendu leur contrôle sur l'économie de la Colombie-Britannique, ce qui se reflète dans leur contrôle de l'appareil gouvernemental et de l'État.

Le moment est venu d'organiser pour investir le peuple du pouvoir et intensifier la résistance à la régression néolibérale et lutter pour une nouvelle direction pour l'économie qui servira l'intérêt public.

Note

1. http ://www.ferc.gov/market-oversight/mkt-electric/northwest/elec- nw-reg-des.pdf

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Justice pour les travailleurs de la scierie de Produits forestiers Babine,
leurs familles et la communauté!

Non à l'impunité! Les propriétaires de Produits forestiers Babine doivent rendre des comptes pour les décès, les blessures et la destruction matérielle


À Burns Lake le 28 avril, Jour de deuil pour les travailleurs blessés ou tués au travail (Worksafe BC)

Lors du quart de travail fatidique de l'après-midi du 20 janvier 2012 à la scierie de Produits forestiers Babine de Burns Lake en Colombie-Britannique, une explosion suivie d'un feu a tué deux travailleurs, Robert Luggi et Karl Charlie, et causé des blessures à 19 autres travailleurs. La scierie a été à un tel point endommagée que 250 travailleurs se sont retrouvés sans travail du jour au lendemain. WorksafeBC a mené une longue et onéreuse enquête pour trouver la cause de la tragédie. Il a publié son rapport le 16 janvier 2014. Même si selon celui-ci l'accident aurait pu être « évité », justice n'est pas pour autant rendue aux travailleurs de la scierie, aux familles et au peuple de la Colombie-Britannique. Au contraire, le rapport sert plutôt d'entrave à la justice.

Même avant que le rapport ne soit rendu public, le bureau du procureur de la Couronne avait annoncé le vendredi 10 janvier qu'il n'engagerait aucune poursuite contre qui que ce soit pour la tragédie en vertu des lois régissant l'indemnisation des accidents du travail ou la santé et la sécurité au travail. Aucune accusation de culpabilité n'a été retenue contre les personnes responsables, les propriétaires et les principaux dirigeants de Hampton Affiliates d'Orégon, qui sont devenus propriétaires à 89 % de la scierie en 2006.

Si les personnes en position d'autorité ne sont pas tenues responsables et obligées de rendre des comptes bien que les preuves démontrent sans l'ombre d'un doute que l'explosion aurait pu être évitée, comment est-ce possible pour le peuple et la communauté de tirer les leçons de cette tragédie, de prévenir de futurs incidents et de tourner la page comme société ? Si les raisons de cette terrible destruction ne sont pas mises en évidence et qu'il n'y a pas de conséquences pour une négligence et un acte criminel d'une telle ampleur, alors comment les gens peuvent-ils rebâtir leur scierie, leur économie et leur vie en ayant pleinement confiance qu'un tel incident ne se reproduira plus ? Le fait que les responsables de cette tragédie ne sont pas forcés d'assumer les conséquences de leurs gestes est contraire aux normes qui régissent comment une société moderne doit fonctionner, apprendre, se développer et évoluer.

Neil Mackenzie, un porte-parole de la section de justice criminelle de la Colombie-Britannique qui a abandonné toute poursuite au criminel, a dit que certaines erreurs commises par WorksafeBC, comme de ne pas avoir informé les témoins de leur droit à l'assistance d'un avocat et ne pas avoir respecté la procédure en recueillant les preuves sur le site de l'explosion, empêchent que des accusations ne soient portées. Jeff Dolan, le directeur des enquêtes à WorksafeBC, a réfuté cette affirmation. Il a dit à la CBC : « Les questions de loi qui ont été soulevées par la Couronne lors de cette enquête n'ont jamais été soulevées lors d'enquêtes précédentes. » Dolan a dit que cela fait 10 ans qu'on recueille les preuves de la façon dont cela a été fait sur le site de l'explosion de Burns Lake et que ce genre de preuves « ont été acceptées » dans d'autres procès.

Le refus d'engager des poursuites pénales a bouleversé les survivants de l'explosion, la communauté de Burns Lake, la classe ouvrière de la Colombie-Britannique ainsi que tout le pays. Ces incidents ne peuvent pas rester impunis sinon ils ne vont que se répéter comme c'est déjà le cas dans les milieux de travail partout au pays, causant décès et blessures. Ne pas faire porter leurs responsabilités aux autorités impliquées dans cette explosion est une insulte aux droits et à la dignité des personnes tuées ou blessées et à tous ceux qui ont perdu leur emploi dans cette tragédie, et cela laisse un vide immense dans le coeur des gens.

Le Syndicat des Métallos, qui représente les travailleurs des scieries du nord de la Colombie-Britannique, les Premières Nations, les travailleurs forestiers et leurs communautés et tout le corps politique de la Colombie-Britannique unissent leur voix pour mettre fin à l'impunité pour les détenteurs du capital qui défendent leur colonne de profits en mettant la vie, la sécurité et les moyens de production en danger. Le peuple exige que le procureur général Susan Anton porte des accusations contre les propriétaires et les principaux gestionnaires de Produits forestiers Babine pour violation de la loi Westray, le projet de loi C-45.

Les preuves présentées dans le rapport de WorksafeBC permettent amplement de déterminer que les propriétaires et les gestionnaires de la scierie Babine n'ont pas pris les « mesures adéquates permettant d'éviter des blessures à cette personne ou à toute autre personne liée à ce travail ou à cette tâche. » Pour que justice soit rendue, et pour apaiser l'âme des gens et permettre à la société d'aller de l'avant, ceux qui sont responsables de la sécurité des travailleurs de Burns Lake doivent être arrêtés, accusés et jugés pour leurs crimes.

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Pour que justice soit rendue :
Un procès en vertu de la Loi Westray

Les survivants de l'explosion de la scierie de Produits forestiers Babine, la communauté de Lake Burns et le peuple de la Colombie-Britannique exigent que justice soit rendue. Tous se demandent pourquoi aucune accusation n'a été portée en vertu du code criminel. Le procureur général de la Colombie-Britannique n'a même pas tenu compte de la loi Westray, qu'on nomme aussi le projet de loi C-45 :Projet de loi visant à amender le code criminel (la responsabilité criminelle d'organisations) et ayant reçu la sanction royale le 7 novembre 2003.

Dans cette loi, on peut lire : « Quiconque gère comment une tierce personne doit travailler ou accomplir une tâche, ou quiconque a l'autorité de le faire, a l'obligation légale de prendre les mesures voulues pour empêcher tout dommage corporel envers cette tierce personne ou toute autre personne, dommage qui serait lié directement au travail ou à la tâche en question. »


Jour de deuil à Burns Lake le 28 avril (Worksafe BC)

Le rapport émis par WorksafeBC au sujet de l'explosion de la scierie dit entre autres que les patrons de la scierie savaient depuis quelque temps déjà que le système d'aspiration et de récupération des poussières était insuffisant pour le travail qui s'y faisait. Le rapport fait porter le blâme directement aux gestionnaires de l'usine. On peut y lire : « L'accumulation de déchets de bois avant l'explosion indique que les superviseurs ne suivaient pas de façon adéquate ou efficace le travail qui se faisait. La poussière était compactée et soumise à une friction due aux courroies et aux réas en rotation quasi constante. La poussière de bois a pris feu et celui-ci s'est propagé à la poussière de bois dispersé dans l'air ambiant. Il s'est ensuivi une explosion et le feu s'est propagé partout dans la scierie, secouant et dispersant la poussière de bois accumulée et occasionnant d'autres explosions qui ont presque complètement détruit la scierie, tuant deux travailleurs et en blessant vingt, dont plusieurs grièvement. »

Le rapport ajoute que l'alimentation électrique de la scierie n'était pas suffisante pour le nouveau système de récupération de poussière en place et fait le constat accusateur suivant : « Une amélioration des installations électriques était prévue, mais plutôt que de suspendre la production jusqu'à ce que l'installation du nouveau système soit complétée, on a choisi d'augmenter les niveaux de production. »

Il ne faut pas davantage d'information aux juridictions pénales pour que celles-ci déposent des accusations en vertu du projet de loi C-45. Cette preuve prima facie à l'effet que les gestionnaires de la scierie n'ont pas créé un milieu de travail sécuritaire pour les travailleurs est suffisante pour que des accusations soient portées contre les responsables. Contrairement à ce que prétend le bureau du procureur de la Couronne, les gens contre qui on porterait les accusations auraient toutes les garanties à l'effet que leurs droits constitutionnels seront protégés devant un juge ou un juge et jury devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Chacun aurait le droit de se faire lire ses droits. Les avocats de la défense pourraient remettre en cause toute preuve recueillie par WorksafeBC. Par contre, point important, les travailleurs eux-mêmes pourraient alors témoigner sous serment pour expliquer ce que la compagnie a fait pour rendre cette tragédie presque inévitable.

Sous serment, les travailleurs pourraient dire si oui ou non Hampton avait réduit la récupération des poussières dans la scierie, mesure qui avait été respectée par les propriétaires précédents. Ils pourraient dire si les superviseurs avaient bel et bien été informés de l'odeur d'« oeufs pourris » qu'on associe généralement à des fuites de gaz naturel, ou encore si les superviseurs ont eu recours aux services de spécialistes en fuite de gaz pour qu'ils vérifient le fondement de ces plaintes ou s'ils ont plutôt demandé à des mécaniciens qui n'ont pas l'expertise pour ce genre d'inspection. Ils pourraient clarifier si en fait des travailleurs avaient été suspendus juste avant la tragédie parce qu'ils avaient refusé de travailler avec de l'équipement qu'ils jugeaient dangereux dans des conditions de froid extrême. Les travailleurs pourraient aussi témoigner de ce qui s'est passé les jours précédant l'explosion et exposer l'attitude de la compagnie en matière de sécurité. Ils pourraient aussi exposer l'hypocrisie des déclarations de la compagnie à l'effet que « si seulement elle avait su », elle aurait pris des mesure préventives pour assurer la sécurité des travailleurs.

Par le biais d'un tel procès en vertu du projet de loi C-45, les travailleurs, les familles et la communauté obtiendraient au moins une certaine satisfaction, peu importe la tournure du procès. Ainsi la vérité serait exposée par les travailleurs et il y aurait au moins apparence de justice.

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La Loi Westray gagne de plus en plus
d'appuis partout au Canada

La demande d'avoir des accusations criminelles portées en vertu du projet de loi C-45 pour les responsables de l'explosion à la scierie des Produits forestiers Babine est conforme aux aspirations du mouvement ouvrier. Le 5 février, le conseil municipal de Hamilton en Ontario a adopté à l'unanimité une résolution en appui à la campagne nationale du Syndicat des Métallos pour exiger que les procureurs généraux des provinces mettent en application le projet de loi C-45.

La Loi Westray est une loi sur la responsabilité suite à la mort ou à des blessures de travailleurs en raison d'une négligence de la part des propriétaires et/ou de la direction. Le syndicat des Métallos a d'abord lutté pour qu'une loi soit promulguée et il lutte maintenant pour qu'elle soit mise en application.

La campagne du syndicat pour le projet de loi C-45 est le résultat de la catastrophe qui a eu lieu tôt le matin du 9 mai 1992 lorsque 26 mineurs ont été tués à la mine Westray, en Nouvelle-Écosse. La tragédie a été clairement identifiée comme étant le résultat de la négligence des propriétaires de la mine cherchant cupidement à maximiser leurs profits. Pourtant, depuis que le Parlement a adopté la loi C-45, pas un seul propriétaire ou directeur n'a passé une journée en prison pour avoir violé cette loi. Cette absence de poursuites se perpétue malgré le fait que 1000 travailleurs canadiens meurent d'accidents ou de maladies liés au travail chaque année, soit environ quatre par jour.

La campagne du syndicat des Métallos pour mettre en application le projet de loi C-45 doit être prise en main par l'ensemble des travailleurs de la Colombie-Britannique. Un progrès dans la direction de s'assurer que la responsabilité est reconnue dans les cas de décès et de blessures au travail serait de déposer des chefs d'accusation dans le cadre de la catastrophe à la scierie des Produits forestiers Babine.

(Source : DISCUSSION Vancouver Co-op Radio, Radio-Canada, Globe and Mail)

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