Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 17 - 11 février 2014

Le service postal doit demeurer public

La différence entre deux mots d'ordre qui
semblent dire la même chose


Manifestation du 26 janvier 2014 à Ottawa

Le service postal doit demeurer public
La différence entre deux mots d'ordre qui semblent dire la même chose

Défendons les pensions que nous avons ! Des pensions pour tous !
Le gouvernement du Québec prépare une restructuration antiouvrière des régimes de retraite à prestations déterminées
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick s'attaque aux régimes de retraite du secteur public


Le service postal doit demeurer public

La différence entre deux mots d'ordre qui
semblent dire la même chose

Alors que le gouvernement Harper poursuit sa politique de destruction du bien public et qu'il fait tout en son pouvoir pour remettre les services publics qui sont profitables entre les mains du secteur privé, les travailleurs doivent se munir d'une orientation qui défend leurs droits et les intérêts de la société. À cet égard, les mots d'ordre que les travailleurs mettent de l'avant doivent avoir le tranchant de contribuer à la lutte à la défense du droit public et du droit des travailleurs à des salaires et des conditions de travail qui leur conviennent. Si nous comparons les deux slogans - « Sauvons le service postal public » et « Sauvons Postes Canada » - la ressemblance est à s'y méprendre, mais en réalité, ces deux slogans sont très différents. La différence la plus importante qu'il y a entre ces deux mots d'ordre se voit à la lumière des deux programmes qui sont présentés quant à l'avenir du service postal - le programme de Postes Canada et du gouvernement et celui des travailleurs des postes et du peuple canadien. Dans ce contexte, « Sauvons Postes Canada » et « Sauvons le service postal public » nous amènent dans des directions bien différentes.

Les travailleurs des postes savent sur la base de leur lutte pour leurs droits que chaque fois qu'on leur demande d'accepter des concessions et des reculs et qu'on a recours à la privatisation et à la déréglementation des services postaux, on leur présente le faux argument que la seule façon de sauver Postes Canada c'est d'attaquer le moyen de subsistance et la sécurité des travailleurs.

Lors de la dernière ronde de négociations en 2010, le thème de Postes Canada était « Pour préserver certaines choses, il faut en changer d'autres ». Dans leur document « Commentaires d'ouverture et propositions » d'octobre 2010, la société d'État déclarait : « L'avenir de notre organisation ainsi que la sécurité individuelle de chacun de nos employés sont étroitement liés au succès de la Société. »


Des slogans de la ronde de négociations avec Postes Canada en 2010

C'était une menace très claire à l'effet que les travailleurs devaient accepter un régime salarial à deux paliers, des reculs dans le nombre de congés de maladies alloués et plusieurs autres attaques à leur convention collective, sans quoi ils perdraient encore plus. Avec son thème, la Société des postes avait comme objectif d'imposer son ordre du jour sur le processus de négociation, c'est-à-dire imposer que le but c'est d'assurer « la viabilité financière de la Société » et que celle-ci est la « responsabilité partagée » de Postes Canada et du syndicat.

Les travailleurs des postes ont rejeté cette attaque vile de la Société et lorsque les négociations ont été rompues, ils ont organisé des grèves rotatives partout au pays. Ils ont lancé le message clair qu'ils ont bâti leurs organisations de défense non pas pour assurer « la viabilité financière de la Société », mais pour lutter pour leurs droits en tant que travailleurs. Ils ont aussi fait valoir que la question de la « viabilité financière » n'avait aucun fondement. Dans les dix dernières années, Postes Canada n'a connu que des profits, tout en versant des centaines de millions de dollars en dividendes au gouvernement. C'est précisément au cours de cette période que des centaines de bureaux de postes ont été fermés, qu'on a concocté la « Transformation postale » et toute une panoplie de nouvelles coupures au service postal.

Les résultats de la dernière ronde de négociations sont connus de tous. Postes Canada a mis les travailleurs en lockout, le gouvernement Harper a adopté un projet de loi criminalisant la lutte des travailleurs des postes et a eu recours au chantage et à l'intimidation jusqu'à ce que les dirigeants du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes décident, quoique avec réticence, de recommander que les travailleurs acceptent plusieurs des reculs et des concessions que la Société avait demandés dès le départ. Des réunions de ratification ont eu lieu partout au pays et les travailleurs des postes ont voté l'acceptation de la convention collective par seulement 57 % et avec un des plus faibles taux de participation de l'histoire du syndicat. Tout cela démontre que les travailleurs ont besoin d'une alternative qui renforce leur conviction et pour laquelle ils sont prêts à se battre. Que les dirigeants du syndicat aient cru ou non qu'en acceptant les concessions on allait protéger le régime de retraite à prestations déterminées et la « sécurité d'emploi » n'est pas la question. Les faits ont montré qu'on n'a rien protégé.

Nous avons vu que les concessions et reculs drastiques n'ont pas satisfait Postes Canada. À peine quelques semaines après la ratification de la convention collective en décembre 2012, la Société a annoncé la fermeture des centres de traitement du courrier à Windsor, North Bay et dans d'autres villes. Cela faisait partie de son plan de concentrer le traitement du courrier dans quatre principaux centres au pays ce qui va causer la perte de milliers d'emplois, des coupures dans les services et des dommages à l'économie de plusieurs grandes villes. Postes Canada a également continué de vendre des franchises postales à Shoppers Drug Mart et à d'autres détaillants nationaux avec comme conséquence que plusieurs bureaux de postes ont fermé leurs portes.

C'est Postes Canada qui est derrière les spéculations récentes au sujet de sa crise financière. Elle a brandi les rapports du Conference Board du Canada et de l'Institut Fraser pour tenter de justifier de nouvelles attaques contre le service postal public et déclaré qu'elle n'est pas en mesure d'attendre à la prochaine ronde de négociations pour effectuer d'autres changements draconiens aux régimes de retraite.

Tout ceci fait partie de l'offensive de privatisation et de déréglementation du gouvernement Harper. Il a totalement embrassé l'offensive de mondialisation néolibérale en mettant aux enchères des institutions publiques comme Postes Canada et Énergie atomique du Canada Limitée, tout en essayant de dissimuler la vérité aux travailleurs des postes et au peuple canadien.

Cela nous montre qu'il ne peut pas y avoir d'alternative autrement que sur la base de la lutte des travailleurs pour leurs droits et pour les droits de tous.

Dans le contexte actuel, les travailleurs ne peuvent pas faire leur le mot d'ordre « Sauvons Postes Canada » puisque celui-ci les incite à abandonner la défense du service postal public. Il ne faut pas permettre à ce mot d'ordre de miner la lutte des travailleurs des postes car il nie l'expérience de toutes ces années de lutte et l'instinct des travailleurs de mener leurs combats à partir de leur propre ordre du jour et de leurs propres besoins. Toute cette expérience est bien représentée par le mot d'ordre « Sauvons le service postal public » et c'est lui d'ailleurs qui expose le gouvernement et les gestionnaires de Postes Canada et leur objectif de détruire le service postal public.

Peut importe à quel point la lutte semble difficile, il n'y a aucune raison d'accepter la demande de Postes Canada pour la protection de « la viabilité financière de la Société » et la « responsabilité partagée» avec le syndicat. Cela ne sert qu'à affaiblir la lutte de tous les travailleurs qui savent que leur sécurité réside dans la capacité de s'organiser à la défense de leurs droits.

Le mot d'ordre du gouvernement et de Postes Canada à l'effet de sauver Postes Canada n'est qu'une ruse pour créer l'impression que la solution passe par de nouveaux compromis au moment même où Postes Canada et les gouvernements refusent de participer à quelque négociation que ce soit. Ils imposent tout simplement leur diktat et à grands coups de chantage et d'extorsion, ils exigent que les organisations des travailleurs acceptent cet état de fait sans quoi le gouvernement l'imposera par voie législative. C'est ce qui se produit dans tous les secteurs de l'économie et il faut que ça cesse. Les travailleurs doivent forcer la Société à négocier des contrats d'une façon qui reconnaît ce qui appartient de droit aux travailleurs et au public - des salaires et des conditions de travail qui permettent d'accomplir leur travail de façon sécuritaire et humaine, et les services nécessaires à une société moderne. Ces objectifs ne peuvent être atteints que par la lutte des travailleurs et de leurs alliés à la défense des droits de tous les Canadiens à un service postal public. C'est précisément cette lutte qui expose la fraude mise de l'avant par les gestionnaires de Postes Canada et le gouvernement et c'est le fait de la mener qui fait en sorte que les vrais problèmes sont mis sur la table afin d'y trouver des solutions.

Le facteur clé de cette lutte, c'est la mobilisation de la force la plus importante, c'est-à-dire, la vaste majorité des travailleurs qui, de par la supériorité de leur nombre et leur conscience et organisation avancées, sont en mesure de défaire les plans du gouvernement Harper pour imposer le droit de monopole. Seule cette lutte peut ouvrir une nouvelle direction pour l'économie, une direction qui reconnaît le droit public. Nous pouvons le faire ! Nous devons le faire !

L'importance de cette discussion sur le vrai sens des deux mots d'ordre - « Sauvons le service postal public » et « Sauvons Postes Canada » est qu'elle permet aux travailleurs de constater que le point de départ pour rejeter le chantage et l'extorsion de Postes Canada est de démystifier les prétentions néolibérales à l'effet que les concessions sauveront le service postal. Il faut se faire à l'évidence que le projet d'un Postes Canada privatisé n'a rien à voir avec la sauvegarde du service postal, une institution publique fondée sur la défense du bien public et non d'intérêts privés. Que ce soit dans les entreprises publiques ou privées, la lutte des travailleurs pour leurs droits est la même. Les concessions ne règlent rien! Notre sécurité est dans la lutte pour les droits de tous !

Luttons pour un service postal public !

(Photos : LML, STTP)

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Défendons les pensions que nous avons! Des pensions pour tous!

Le gouvernement du Québec prépare une restructuration antiouvrière des régimes de
retraite à prestations déterminées

Dans le cadre de son plan d'action visant ce qu'il appelle la restructuration des régimes de retraite à prestations déterminées, le gouvernement du Québec a tenu trois forums dans la semaine du 21 janvier regroupant les représentants patronaux et syndicaux de trois secteurs, à raison d'un forum par secteur, soit les municipalités, le secteur universitaire et le secteur privé.

Le plan d'action, qui s'intitule « Vers des régimes de retraite équitables et durables », prévoit un processus étalé sur deux ans, menant à la restructuration des régimes de retraite à prestations déterminées dans le but déclaré d'en éliminer les déficits qui, selon le gouvernement, les mettent en péril. Le gouvernement déclare que c'est par la voie de l'implication des parties, la voie des négociations, que la question va se régler. Il n'en prévoit pas moins l'adoption de deux lois qui fixeraient des conditions qui sont présentement signées aux tables de négociations, comme le pourcentage des cotisations employeurs/travailleurs aux caisses de retraite.

Au sortir des forums, la ministre du Travail et de l'Emploi, Agnès Maltais, a déclaré que ceux-ci ont été un succès sur la voie de la négociation entre les parties sur les régimes de retraite au sujet desquels il y aurait consensus au Québec.

« D'abord, tout le monde s'entend, il y a un consensus [sur le fait] qu'il faut prioriser la négociation, la négociation fait foi de tout. Deuxièmement, le gouvernement s'engage à déposer une législation rapidement, on parle de février », de dire la ministre. Dans son plan d'action publié en décembre 2013, la ministre Maltais disait aussi qu'il y a consensus au Québec à l'effet que les régimes de retraite sont en difficulté financière et que le « statu quo n'est pas une option ».

Selon le gouvernement, le consensus reposerait sur la reconnaissance que les régimes de retraite à prestations déterminées sont en crise. Il en donne pour preuve les énormes déficits de solvabilité que déclarent plusieurs de ces régimes. Ces déficits sont des projections actuarielles sur les performances futures des régimes de retraite. Les médias lancent les chiffres les plus alarmants sur ces déficits projetés, surtout en ce qui concerne les régimes de retraite des municipalités qui, nous dit-on, se chiffreraient à environ 5 milliards $.

Le gouvernement ne prévoit pas contester ou vérifier l'affirmation que les régimes de retraite sont en crise et si oui, pourquoi. Au lieu de saisir l'occasion et de lancer une discussion publique sérieuse et informée sur l'État de ces régimes de retraite et les problèmes qu'ils confrontent, le gouvernement du Québec part de la prémisse que les régimes sont en crise et que les travailleurs doivent payer davantage au nom de la survie des régimes et de la défense des contribuables. Le refus de soumettre à la discussion l'état des régimes de retraite permet entre autres choses d'éviter d'examiner le rôle que les congés de cotisations des employeurs ont joué dans l'État des régimes, celui qu'a joué la perte de l'argent des travailleurs dans les aventures spéculatives sur les marchés, le rôle de la destruction du secteur manufacturier dans la baisse de la production sociale qui est la source des pensions et notamment dans la multiplication des prises de retraite anticipées, etc.

Le raccourci pris par le gouvernement permet surtout d'éviter de prendre la position de principe que les travailleurs, en produisant la richesse sociale, les biens et les services qui font fonctionner la société, ont déjà payé pour le financement des pensions et qu'une portion de cette richesse sociale doit être mise de côté pour garantir des pensions décentes pour les travailleurs et pour tous. Si ces questions et d'autres qui sont pertinentes ne sont pas soumises à la discussion publique, le tout va être une manoeuvre de plus pour attaquer le droit aux pensions par des restructurations antiouvrières.

On voit déjà que les mesures prévues dans les projets de lois qui se préparent font porter le fardeau des problèmes et de la restructuration aux travailleurs actifs et à la retraite. Cela semble déjà considéré comme acquis que le projet de loi qui sera présenté en février va rendre obligatoire le partage des contributions entre les employeurs et les travailleurs actifs à 50/50 pour les services futurs dans les régimes du secteur public. Cette mesure était déjà inscrite dans le plan d'action du gouvernement publié en décembre avant même que ne débutent les forums.

Il semble également acquis que la loi va comprendre des mécanismes pour amener les travailleurs et même les retraités à faire les frais des déficits passés des régimes de retraite publics. Écoutons la ministre Agnès Maltais : « J'avais dit que si c'était nécessaire, et c'est bien important, si la négociation aboutit au fait que pour arriver à pérenniser un régime de retraite il faut ouvrir sur le passé, nous allions en donner la possibilité aux gens. Là-dessus, on a bien clarifié les choses. »

Le gouvernement considère même s'en prendre dans la loi aux retraités qui pourraient voir leurs prestations attaquées au nom du remboursement des déficits des caisses de retraite. La ministre s'est dite disposée à la sortie d'un des forums à légiférer pour rendre la chose possible. « Si c'est le moyen que les partenaires trouvent pour régler leurs problèmes, on a le devoir dans cette période exceptionnelle, parce que ça va durer deux ans, d'ouvrir tous les moyens », a-t-elle dit. Ne prenant aucune responsabilité pour les problèmes que cela va causer entre les syndicats et les retraités, elle a ajouté que les employeurs vont devoir obtenir l'assentiment des syndicats avant de pouvoir aller puiser dans les poches des retraités. « On est dans le domaine des relations de travail, tout passe par la négociation. » Le gouvernement propose de créer par la loi une façon de plus de voler l'argent des retraités, puis il dira que « c'est vous qui l'avez négocié ».

Au sujet de cette négociation proclamée qui revient constamment dans la bouche de la ministre, voici en quoi elle consiste selon le plan du gouvernement. Suite aux forums, une période de négociations entre les employeurs et les syndicats est censée s'ouvrir qui doit durer un maximum de six mois. Si les deux parties ne sont pas capables d'en arriver à une entente, le processus prévoit l'application d'un mécanisme en deux temps : d'abord la nomination d'un conciliateur sous la responsabilité du ministère du Travail, pour une autre période de six mois, puis, si nécessaire, l'intervention de la Commission des relations du Travail qui prendra alors la décision.

Les travailleurs du Québec doivent rejeter à la fois le processus et le contenu de cette démarche. Les pensions sont un droit. Le gouvernement doit reconnaître ce droit et le garantir en pratique.

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Le gouvernement du Nouveau-Brunswick
s'attaque aux régimes de retraite du secteur public


Plus de 2000 travailleurs actifs et à la retraite manifestent à la défense de leurs pensions à Fredericton
le 6 novembre 2013 

Le premier janvier 2014 est entrée en vigueur au Nouveau-Brunswick la Loi 11, la Loi concernant la pension de retraite au titre de la Loi sur la pension de retraite dans les services publics. Cette loi a été adoptée sous le bâillon par le parlement provincial en décembre dernier. La Loi abroge la Loi sur la pension de retraite dans les services publics (le régime de retraite LPRSP) et convertit le régime de retraite à prestations déterminés du LPRSP en régime de retraite à risques partagés. Ce régime de retraite couvre environ 19 000 travailleurs et 13 000 retraités du secteur public. Le gouvernement conservateur de David Alward a annoncé qu'il entend convertir d'autres régimes de retraite du secteur public en régimes à risques partagés. L'adoption de la Loi 11 a été précédée et accompagnée d'une campagne de propagande assourdissante à l'effet que les régimes de retraite à prestations déterminées ne sont pas viables, que le régime LPRSP a un déficit de 1 milliard $ et que les coffres du gouvernement (« l'argent des contribuables ») sont en train d'être pillés pour payer pour les retraites des employés du secteur public, etc.

La Loi 11 impose des changements majeurs au régime de retraite des travailleurs. LML en a parlé récemment avec Daniel Légère, le vice-président général du Syndicat canadien de la fonction publique pour le Nouveau-Brunswick.

« Avant l'adoption de la Loi, a-t-il dit, le régime de retraite de ces travailleurs était un régime à prestations déterminées. Le gouvernement l'a converti en un régime qu'il appelle à risques partagés. Selon moi, on devrait plutôt l'appeler un régime à prestations cibles. En fait, les risques ne sont pas partagés mais sont entièrement transférés de l'employeur qui dans ce cas est le gouvernement vers les travailleurs membres du plan. La Loi établit une limite aux contributions que le gouvernement fait au plan. Il n'y mettra plus d'argent au-delà de la limite convenue par la Loi. Pour le gouvernement, c'est parfait : il n'assume aucun risque parce que peu importe si le régime est en très mauvaise situation suite à une autre crise économique, sa contribution n'augmentera pas. Avec la nouvelle loi, la contribution des travailleurs au régime de retraite passe de 5 % à 7,5 % de leur salaire. L'âge auquel on peut prendre sa retraite sans pénalité passe de 60 à 65 ans. La pénalité pour ceux qui prennent leur retraite avant 65 ans passe de 3 à 5 %. Les travailleurs travaillent plus longtemps et paient plus s'ils prennent leur retraite plus tôt. Comme c'est un régime à prestations cibles et non à prestations déterminées, le montant que le travailleur va toucher en prestations n'est pas garanti. Le régime garantit l'indexation des prestations de retraite uniquement s'il en a les moyens. Si l'économie va mal, il n'y a plus de garantie d'indexation qui tienne. »

Les travailleurs actifs et à la retraite ont tenu plusieurs manifestations contre le projet de loi en 2013. Les retraités en particulier ont manifesté leur colère contre ce qu'ils ont appelé un bris de confiance et de contrat de la part du gouvernement envers eux. Ils ont rappelé que lorsqu'ils ont joint le régime de retraite LPRSP, il y avait une entente contractuelle reconnue par le gouvernement à l'effet qu'une fois à la retraite ils allaient recevoir une prestation déterminée et pleinement indexée au coût de la vie. Ils ont travaillé toute leur vie avec ce contrat en main et le contrat en ce qui concerne la retraite est d'ailleurs une des raisons principales pourquoi ils n'ont pas changé d'emploi. Avec la nouvelle loi, ont-ils dit, le gouvernement a violé le contrat.

Dans le but de faire taire les retraités, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a ajouté une garantie écrite à la Loi disant que les prestations de retraite des retraités ne seraient jamais inférieures à ce qu'ils touchent présentement. Ceux-ci n'ont pas été dupes. Ils ont dit avec raison qu'un gouvernement qui a utilisé la loi pour briser leur contrat n'hésitera pas à le faire dans l'avenir également en invoquant quelque circonstance exceptionnelle. De plus, le gouvernement ayant mis une limite à l'argent qu'il mettra dans le régime sans égard aux circonstances, le fardeau s'en trouve transféré aux travailleurs actifs qui devront y mettre plus d'argent pour éviter une baisse des prestations des retraités si l'on déclare que le régime est en crise. Avec la Loi 11, ce n'est plus le gouvernement lui-même qui sera l'administrateur du régime mais un conseil d'administration fait de représentants des employeurs et des syndicats du secteur public. Les retraités considèrent ce geste du gouvernement comme une abdication de ses responsabilités et leur transfert à d'autres que lui, ce qui créera une pression sur les syndicats ou bien d'accroître les contributions de leurs membres ou permettre une réduction des prestations des retraités.

La Coalition des retraités du Nouveau-Brunswick a annoncé que, bien que la Loi soit maintenant en vigueur, la lutte continue. Elle a dit être en train notamment d'examiner la possibilité de contester la constitutionnalité de la Loi et elle s'engage à travailler à ce que le gouvernement Alward soit défait lors de la prochaine élection provinciale prévue pour l'automne prochain.

Pendant ce temps, le gouvernement Alward a annoncé vouloir convertir les régimes de prestations déterminées d'autres travailleurs du secteur public en régimes à risques partagés.

Le modèle de régime à risques partagés a lui-même été enchâssé dans la Loi au Nouveau-Brunswick en 2012. Le régime de retraite LPRSP est le 9e de la province à avoir été converti en régime à risques partagés.

(Photos: Pension Coaltion NB)

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