Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 14 - 6 février 2014

Attaques contre les anciens combattants et Anciens Combattants Canada

L'ordre du jour anti-humain méprisable du gouvernement Harper


Pancartes des actions de Windsor (gauche) et Sydney, le 31 janvier 2014

Attaques contre les anciens combattants et Anciens Combattants Canada
L'ordre du jour anti-humain méprisable du gouvernement Harper
Actions inspirantes des anciens combattants et leurs partisans partout au pays


Attaques contre les anciens combattants et Anciens Combattants Canada

L'ordre du jour anti-humain méprisable du gouvernement Harper

Le 31 janvier, le jour même où le gouvernement Harper a fermé huit bureaux de district des Anciens Combattants, des anciens combattants et leurs supporters ont tenu plusieurs actions à l'échelle du pays pour dénoncer ces fermetures et la fermeture récente d'un autre bureau à Prince-George, en Colombie-Britannique. Ces bureaux offrent des services très importants aux anciens combattants dont plusieurs souffrent de blessures psychologiques ou physiques suite à leur déploiement en zones de combat. Dans certains cas, ces services doivent être fournis quotidiennement pour que l'individu puisse guérir, se réhabiliter et reprendre le cours de la vie civile. Dans les cas de blessures permanentes, un ancien combattant peut avoir besoin de ces services toute sa vie.

À Sydney en Nouvelle-Écosse le 31 janvier 2014 (AFPC)

Selon le gouvernement Harper, ces coupures et fermetures ne sont que des mesures de modernisation des services pour répondre aux besoins de rendement et de réduction des coûts et le service en serait amélioré. C'est exactement le contraire. Il s'agit d'une attaque pure et simple contre le facteur humain, ce qui est au coeur de l'offensive antisociale. Les structures d'État mises en place au XIXe siècle dans le but de défendre ce qui était reconnu comme étant le bien public, ont été modifiées au XXe siècle et sont aujourd'hui en train d'être démantelées. Les gouvernements néolibéraux ne reconnaissent même pas que la société est quelque chose d'objectif et que les individus dépendent de cette société pour leur bien-être et que les gouvernements ont le devoir de défendre le droit public, pas le droit de monopole.

Comme c'est le cas des changements à l'assurance-emploi, l'assaut du gouvernement contre les anciens combattants est un nouveau coup bas pour la société. Le cynisme du gouvernement en ce qui concerne les anciens combattants est frappant. Le gouvernement ne peut pas penser pouvoir continuer de se servir des jeunes Canadiens comme chair à canon dans ses guerres pour ensuite ne pas s'occuper des blessés et des familles de ceux qui y perdent la vie. Il pense pouvoir le faire parce qu'il compte sur la marginalisation des Canadiens dans le processus électoral. Il croit que leur opposition ne mènera nulle part. Aussi espère-t-il que les changements imposés seront tellement profonds et irréversibles que l'autorité publique sera détruite à jamais peu importe le parti qui est porté au pouvoir après lui. C'est ce qui explique le langage injurieux du ministre des Anciens Combattants et du gouvernement Harper envers les vétérans. L'humiliation vise à démontrer que ceux-ci ne comptent pour rien et qu'ils n'ont aucune voix. Mais le gouvernement pourrait très bien se tromper dans son évaluation de la situation.

Le PCC(M-L) appelle les Canadiens de tous les milieux à montrer au gouvernement qu'il a tort. Joignons-nous aux manifestations des Anciens Combattants et appuyons leurs justes demandes. Personne ne doit être abandonné à lui-même et réduit à courir les assurances, les services ou autre chose qui lui revient de droit. C'est particulièrement évident dans le cas des Anciens Combattants dont le gouvernement ne cesse de dire qu'ils sont prêts au sacrifice suprême pour leur pays.

Tout cela montre qu'au moment où nous entamons l'année du centenaire du début de la Première Guerre mondiale, le Canada se trouve à un moment décisif. Le temps est venu de se débarrasser de gouvernements dont le but est de payer les riches. Des réformes sont nécessaires, mais ce doit être des réformes qui consolident le facteur humain/conscience sociale plutôt que de s'y opposer.

Les anciens combattants ne doivent pas être obligés de se débrouiller seuls ! Non aux fermetures des bureaux des Anciens Combattants et aux coupures au personnel des Anciens Combattants !

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Actions inspirantes des anciens combattants
et leurs partisans partout au pays

Le 31 janvier, des milliers d'anciens combattants canadiens de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui, âgés souvent de 80 et même 90 ans, ont participé aux côtés de gens de tous milieux, dont plusieurs représentants syndicaux, à des actions devant les bureaux de district d'Anciens Combattants Canada qui fermaient ce jour-là dans huit villes, soit de Kelowna en Colombie-Britannique à Corner Book à Terre-Neuve, en passant par Saskatoon, Brandon, Thunder Bay, Windsor, Sydney et Charlottetown. Une demande commune à ces actions était la démission immédiate du ministre des Anciens Combattants, Julian Fantino, et du premier ministre Harper en raison de leur traitement méprisable des anciens combattants.

Les actions ont eu lieu alors que les anciens combattants et leurs organisations, côte à côte avec les travailleurs qui leur fournissent les services, dénoncent depuis des mois les fermetures et les efforts du gouvernement pour tromper les anciens combattants. En effet, le gouvernement présente ces attaques à leur bien-être comme une amélioration de la prestation des services et promet que cela ne réduira pas l'accès des anciens combattants aux services dont ils ont besoin. Les manifestants ont exigé que le gouvernement arrête de rejeter les préoccupations des anciens combattants et de les considérer comme un coût devant être réduit.

Les préoccupations des anciens combattants vont plus loin que les fermetures des bureaux et touchent à la manière anti-humaine et antisociale avec laquelle ils sont traités. Ils s'opposent aux manoeuvres du gouvernement qui cherche à délaisser sa responsabilité sociale envers ceux qu'il a envoyés à la guerre en versant un montant forfaitaire aux anciens combattants blessés et les abandonnant ensuite à eux-mêmes, plutôt que de leur fournir les soins nécessaires toute leur vie pour panser leurs blessures mentales et/ou physiques.

Les suicides récents de soldats qui ont servi en Afghanistan donnent un exemple du mépris du gouvernement pour les anciens combattants. Ces derniers, leurs proches et ceux qui leur fournissent des soins dénoncent le mépris du gouvernement qui nie les soins requis aux soldats qui rentrent chez eux souffrant de stress post-traumatique et d'autres maladies mentales. Tout cela n'a fait que convaincre les anciens combattants que le gouvernement Harper n'a aucun respect pour leurs droits malgré ses prétentions « d'honorer leur sacrifice ». L'épitaphe « N'oublions jamais » aux soldats tombés au combat sonne faux.

Pour tromper les anciens combattants et justifier les fermetures, le gouvernement répète sans cesse que les anciens combattants vont recevoir les mêmes services malgré les importantes réductions de personnel et la fermeture des bureaux qui les forceront dans certains cas à faire huit à dix heures de route vers le bureau le plus proche pour rencontrer quelqu'un d'Anciens Combattants Canada.


Le 28 janvier 2014, une délégation d'anciens combattants, jeunes et vieux, vont au Parlement pour exprimer leurs préoccupations pour la réduction des services et rencontrer le ministre des Anciens Combattants, Julian Fantino, qui s'est présenté une heure en retard à la rencontre prévue avec eux.

Or, les anciens combattants ne croient pas aux balivernes du gouvernement et, le 28 janvier, ils ont envoyé une délégation à Ottawa rencontrer le ministre des Anciens Combattants, Julian Fantino. Celui-ci, affichant un manque de respect flagrant, s'est non seulement présenté 70 minutes en retard à la réunion, mais a passé son temps avec les anciens combattants à essayer de nier la validité de leurs demandes. Il les a en outre insultés en disant qu'ils se font duper par l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et il a prétendu que le seul intérêt du syndicat est de sauver les emplois de ses membres, une remarque odieuse qui a également été reprise par le premier ministre au Parlement. Le manque de respect du ministre Fantino envers la délégation des anciens combattants illustre très bien ce à quoi les anciens combattants doivent s'attendre avec les fermetures et les autres mesures antisociales qui sont prises à leurs dépens: des voyages spéciaux à des milles de chez eux pour trouver quelqu'un qui leur prête l'oreille, se faire mettre sur une liste d'attente et se faire refuser les services dont ils ont besoin. Avec leurs remarques arrogantes, le ministre et le premier ministre montrent bien qu'à leurs yeux il n'y a rien de mal là-dedans.


Le 28 janvier 2014, des anciens combattants tiennent une conférence de presse sur la Colline du Parlement.

Un ancien combattant de la marine et président de la section locale de la Légion qui avait pris un jour de congé pour prendre la parole à la manifestation de Thunder Bay était furieux des remarques de Fantino sur les anciens combattants qui se faisaient « tromper » par l'AFPC. « De quel droit peut-il me dire, à moi, un citoyen canadien qui a défendu la démocratie pendant 25 ans, avec qui je peux parler ou m'associer? », a-t-il dit.

Dans un autre geste de rejet des préoccupations des anciens combattants et de leurs supporters, le gouvernement Harper a utilisé sa majorité pour « déplacer » une motion de l'opposition provenant du NPD qui appelait le Parlement à voter pour garder les bureaux ouverts. Le vote qui devait avoir lieu le mercredi 29 janvier, avant les fermetures prévues vendredi le 31 janvier, a été déplacé au lundi 3 février, une fois que les bureaux aient été fermés.

C'est évident que Harper et sa bande croyaient que les anciens combattants allaient simplement « faire confiance » aux vagues promesses sur le maintien des services et n'allaient pas exiger l'affirmation de leurs droits.

Dans les Maritimes


Sydney

À Sydney, en Nouvelle-Écosse, près de 1500 personnes ont participé à une « veille » devant le bureau local des Anciens Combattants. La fermeture de ce bureau signifie que plus de 4000 anciens combattants ne seront plus en mesure d'obtenir un service personnalisé au bureau de Sydney. L'un des orateurs, le sergent à la retraite Ron Clarke, qui a participé à la réunion du 28 janvier à Ottawa avec le ministre Fantino, a dit: « Tout ce que nous essayons de faire, c'est de réveiller le gouvernement en place. » « Nous voulions organiser une forme de funérailles pour souligner la fermeture du bureau. Nous avons besoin que ces bureaux restent ouverts pour des gens comme moi qui ont le syndrome de stress post-traumatique. »

« Nous allons voir combien de conservateurs sont d'accord avec le premier ministre, a-t-il ajouté. Ceux qui votent pour la fermeture des bureaux vont en payer le prix. Et nous allons nous en assurer. »

Les anciens combattants et leurs partisans ont déposé des gerbes noires devant le bureau et enfilé des rubans noirs pour montrer leur désarroi face à la fermeture. Une semaine avant, quatre anciens combattants ont tenu un sit-in au même bureau.


Des manifestations ont également eu lieu à Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard, et à Corner Brook, à Terre-Neuve. À Corner Brook, les anciens combattants locaux et leurs supporters sont venus de tout l'ouest de Terre-Neuve pour y participer.

En Ontario


Windsor

À Windsor, près de 200 anciens combattants et leurs partisans ont organisé une manifestation vigoureuse devant le bureau des Anciens Combattants. Ils ont été rejoints par de nombreux membres de la communauté et des représentants des syndicats locaux. Les orateurs ont unanimement dénoncé le ministre des Anciens Combattants, Julian Fantino, le premier ministre Stephen Harper et le député conservateur d'Essex, Jeff Watson, pour leur mépris envers les anciens combattants. Ils ont également exprimé leur indignation devant la façon dont les graves préoccupations qu'ils ont soulevées ont été ignorées ou rejetées.

La fermeture signifie que le bureau le plus proche pour les anciens combattants de Windsor pour obtenir un service personnalisé direct est à deux heures de là, à London. L'un des orateurs a annoncé que la Légion de London a décidé d'interdire l'accès à leurs installations aux députés conservateurs jusqu'à ce que la décision de fermer les bureaux d'Anciens Combattants soit renversée.


Windsor

Le député néo-démocrate local, Brian Masse, a rejeté les allégations du gouvernement qu'il n'y a pas de perte de services en vertu des fermetures, que les services seront tout simplement transférés aux bureaux de Service Canada. Il a souligné que son bureau reçoit déjà des appels d'électeurs qui utilisent Service Canada et se plaignent de longues files d'attente et d'avoir à attendre des heures au téléphone. Un ancien combattant a souligné que quand il va à Service Canada, il amène maintenant un lunch, sachant que ce sera une longue attente avant de voir quelqu'un.


Thunder Bay

Des anciens combattants ont parlé avec beaucoup d'émotion du fait qu'ils ont été trahis par un gouvernement qui dit honorer leur sacrifice. Un jeune vétéran de la guerre en Afghanistan qui a subi une blessure grave à la tête qui lui rend difficile de se souvenir des noms a dit qu'il ne va pas oublier le nom du député conservateur Jeff Watson qui a dit au Parlement qu'il se souviendrait du sacrifice du jeune soldat, une promesse qui s'avère maintenant vide de sens. Il a également parlé à la presse des trois « D » du gouvernement Harper envers les militaires qui sont « Déni, Délai, Décès » plutôt que « Défense, Diplomatie et Développement ».

Le premier ministre prétend que l'opposition aux fermetures est l'oeuvre de trouble-fête poussés par les syndicats. Le maître de cérémonie a souligné que c'est en fait le gouvernement Harper qui agit pour des motifs intéressés. N'eut été de l'action de l'AFPC, les anciens combattants et les Canadiens auraient été tenus dans l'ignorance et le gouvernement aurait simplement fait adopter en catimini les fermetures par le Parlement sans que personne ne le sache sauf quand c'est déjà fait.

Lors des manifestations à Thunder Bay, le vétéran Peter Ewasuki a dit: « Nous avons mis nos vies en danger, nous avons versé notre sang et maintenant tout ce que nous obtenons ce sont de belles paroles. J'ai honte de ce gouvernement et du ministre Fantino. »


Thunder Bay

L'ouest canadien

Les anciens combattants de Brandon et Saskatoon ont tenu des actions dans les bureaux qui devaient fermer.

À Saskatoon, où 4500 anciens combattants seront affectés par la perte du bureau local, les anciens combattants et leurs partisans ont tenu une conférence de presse. Bill Dubinski, âgé de 83 ans, y a dit à la foule qu'il se sent trahi par la décision du gouvernement . « Vous voyez à quel point ça va mal ; qu'est-ce qui va se passer pour ces gens qui ont mis leur vie en danger et qui s'attendaient d'obtenir de l'aide ? »

La seule ville touchée par une fermeture où une manifestation publique ne s'est pas tenue est Kelowna, en Colombie-Britannique. Les anciens combattants de cet endroit ont craint des représailles s'ils parlaient ouvertement.

Un neuvième bureau des Anciens Combattants situé à Prince George, en Colombie-Britannique, a été fermé avant le 31 janvier et la lutte se mène pour qu'il rouvre.

(Source: correspondants du LML, Postmedia, CBC, CTV, GlobalNews, Globe and Mail, Toronto Star, RJ1200 Radio; Photos: LML, APFC)

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