Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 9 - 30 janvier 2014

Le rôle que joue le Canada au service de l'impérialisme américain

L'aventurisme de Stephen Harper au Moyen-Orient


Le présent article examine la tournée effectuée par le premier ministre Stephen Harper au Moyen-Orient du 20 au 25 janvier 2014. M. Harper avait un entourage sans précédent : plus de 200 hommes d'affaires, représentants de communautés religieuses, représentants des médias, députés et sénateurs conservateurs. Le ministre des Affaires étrangères John Baird, le ministre de l'Emploi et du Développement social et ministre du Multiculturalisme Jason Kenney, le ministre du Développement international et ministre de la Francophonie Christian Paradis, le ministre de l'Industrie James Moore, le ministre du Commerce international Ed Fast et le ministre des ressources naturelles Joe Oliver fermaient la marche.[1]

Comme complément au programme, M. Harper a fait deux excursions en dehors des frontières de l'État d'Israël, accompagné seulement de certains ministres et leurs aides. La première fut au quartier général de l'Autorité palestinienne (AP) à Ramallah, en Palestine occupée, où il a remis au président Mahmoud Abbas un chèque de 66 millions $. Le Canada reconduit ainsi sa contribution au budget annuel de l'AP, couvrant notamment le coût de maintien de la Force de sécurité palestinienne, commandée par les États-Unis, de la police palestinienne, formée par la Gendarmerie royale du Canada. Cette force policière est chargée de 1) faire le sale travail de l'occupant israélien auprès de la population palestinienne et de 2) « protéger » le président de l'AP contre les tentatives de coup d'État et d'assassinat.

La deuxième excursion à l'extérieur des frontières israéliennes était au Royaume hachémite de Jordanie. Le Canada s'y est engagé à contribuer une aide additionnelle de 100 millions $ pour les « camps de réfugiés » sur la frontière entre la Jordanie et la Syrie. En principe ces camps sont là pour les civils non armés, presque entièrement des femmes et des enfants, fuyant le conflit armé en Syrie. En pratique, ils servent également à procurer des soins médicaux spécialisés et une zone de repos aux gangs armés constitués de fanatiques religieux de 53 pays (autres que la Syrie) qui suivent ce qu'on appelle les doctrines takfiristes, c'est-à-dire des interprétations de l'Islam qui autorisent qu'on enlève la vie à des musulmans considérés comme « non propres ». Ils sont menés par des cellules du Al-Qaïda, financés par l'Arabie saoudite ou le Qatar et équipés par la Turquie.

Ni le gouvernement canadien, ni les Canadiens n'ont un intérêt direct dans tout cela : les architectes de cette mission sont les architectes de l'empire américain.[2]

Nous examinons tous ces éléments, d'abord pris dans leur ensemble, puis chacun individuellement.

Première partie :
Pourquoi ce voyage et pourquoi cet entourage ?


Manifestation à Calgary contre le soutien du gouvernement
Harper aux crimes de guerre d'Israël le 21 juillet
2006  (T. Ford)

La première question que les gens se posent au Canada est: pourquoi ce voyage et pourquoi cet entourage ?

Mais pour y répondre il faut d'abord établir le contexte réel de ces événements.

Le voyage de M. Harper a été l'objet d'une grande couverture médiatique, un bal mené d'une part par Radio-Canada, la société d'État, et d'autre part par l'empire médiatique privé dominé par la famille Thomson (qui comprend CTV Network, Bell Media, le Globe and Mail et l'agence Reuters).

Cette couverture en apparence complète se caractérise par une incapacité, voire un refus, de situer la tournée (et la décision de la mener) dans tout contexte qui puisse faire du sens pour un lecteur informé ou observateur. Cette incapacité ou/et refus de tenir le public informé du contexte de ce voyage et des décisions prises en son nom est un acte de désinformation consciente infligé au corps politique canadien par le gouvernement Harper.

La critique dans les pages éditoriales et sur Internet s'est malheureusement confinée au spin et contre-spin donné par le groupe Harper lui-même. Pour les activistes et les forces progressistes qui suivent de près ces développements, par contre, la question n'est pas de répondre à ce spin et contre-spin, mais de reconnaître l'existence d'un mur de désinformation et de le démolir.

Plusieurs éléments importants ont façonné le contexte dont il est fait abstraction dans les reportages.

Premièrement, Harper et sa bande s'affairent à attaquer la conscience de ceux qui osent leur demander directement : pour qui se prennent-ils, après avoir combattu l'effort de la Palestine à obtenir la reconnaissance du statut d'État par l'Assemblée générale de l'ONU et s'être rangés sans le moindre sens critique du côté des gangsters qui terrorisent la population civile arabe dans les territoires occupés de la Palestine ? Un article publié par la Presse canadienne le 23 janvier donne une certaine mesure quantitative de ce phénomène en révélant que « plus de 1000 lettres ont été reçues à la fin de 2012 et au début de 2013 aux bureaux du premier ministre Stephen Harper, du ministre des Affaires étrangères John Baird et de plusieurs députés conservateurs à ce sujet, provenant de gens qui, pour la majorité, reprochaient au gouvernement de ne pas représenter le point de vue équilibré des citoyens canadiens sur la question du Moyen-Orient. »[3]

La deuxième pièce importante du contexte est la révélation qui a fait éclater au grand jour les agissements mafieux entourant les réclamations de dépenses falsifiées des sénateurs conservateurs Mike Duffy et Pamela Wallin (tous deux suite à vingt années de carrière en tant que « vedettes » du reportage médiatique au Canada) avec le consentement du moins tacite et, dans certains aspects clés, la connivence du Bureau du premier ministre. Une querelle assez publique s'en est suivie entre Stephen Harper, Nigel Wright et le sénateur Duffy.

Cette querelle a fini par infliger un dommage collatéral à la réputation du principal bailleur de fonds du Parti conservateur, le sénateur Irving Gerstein, fondateur et pendant longtemps PDG de People's Jewellers, défenseur public de tout ce qui est de l'État d'Israël et, surtout, un maillon central de la section sioniste de l'oligarchie financière canadienne pour le financement du Parti conservateur dans le Grand Toronto.

Les conservateurs battent de l'aile à cause de la montée en popularité de Justin Trudeau et la machine libérale en profite pour leur arracher des bailleurs de fonds. Selon les reportages sur la rencontre estivale du Parti libéral du Canada à l'Île-du-Prince-Édouard en août dernier, de 127 000 en avril, le nombre de membres de la catégorie supporteur du Parti libéral, créée pour accroître le membership plus rapidement, est passé à 250 000. De plus, le parti compte maintenant 56 000 membres, comparativement à 20 000 au moment où M. Trudeau est devenu chef.

Qui plus est, disaient les reportages, pour la première fois en plusieurs années il y avait plus de donateurs libéraux que conservateurs. Selon les données de Statistique Canada pour le deuxième trimestre de 2013, les conservateurs avaient 30 437 donateurs individuels et les libéraux en avaient 38 014.

Les conservateurs ont ramassé 4,8 millions $ durant ce deuxième trimestre, comparé à 2,9 millions $ pour les libéraux, mais ces derniers s'enlignent pour répéter l'exploit des conservateurs à recueillir une grande quantité de petites contributions.

L'architecte principal de ce revirement, nommé responsable national du financement électoral du Parti libéral par Trudeau durant ce même événement en août, est Stephen Bronfman.[4] Mise à part la popularité du chef libéral relativement nouveau, pas encore réellement testé, c'est dans la condition toujours plus intenable des Palestiniens et le désespoir face au glissement de l'appui officiel des gouvernements du monde à l'État d'Israël qu'on trouve une explication à la mystérieuse montée en force de la machine libérale aux dépens des conservateurs. C'est également une mesure de l'incapacité des conservateurs à arrêter la saignée suite aux blessures qu'ils se sont infligées eux-mêmes avec le scandale des dépenses du Sénat.

Deuxième partie :
Que fait le Canada à soutenir l'occupation israélienne
à partir du côté palestinien ?

La semaine dernière, Stephen Harper a passé quelques heures dans la capitale de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie. La mission réelle de la visite n'a duré qu'un moment : une photo avec le président Mahmoud Abbas, l'occasion de rendre officielle l'annonce du maintien de la contribution du Canada au budget de l'AP.

Cette aide a débuté en 2004, alors que Paul Martin était premier ministre. Le but était d'équiper et de payer pour la formation d'une garde présidentielle de 2000 hommes. L'argent couvrait aussi une formation pour « contrôle avancé des émeutes » donnée par la GRC et la formation du personnel des tribunaux, y compris les juges. Peu ont remarqué à l'époque que ce personnel palestinien serait formé pour suivre des ordres administratifs émis par l'Occupation israélienne. En principe, l'AP avait la responsabilité complète des zones convenues aux termes des accords d'Oslo. Dans les faits, la soi-disant Garde palestinienne, une entité qui n'est pas prévue dans les Accords d'Oslo, était formée par le Canada, qui n'est pas partie aux Accords d'Oslo, pour appliquer des ordres de l'Occupation israélienne qui ne sont pas censés être appliqués dans les zones en question !

Le premier gouvernement minoritaire de Stephen Harper est arrivé au pouvoir à la fin de janvier 2006. À peine quelques jours auparavant, des élections en Palestine donnaient un résultat non prévu. Au terme de l'élection, le Hamas ayant gagné le plus de votes, une coalition menée par lui devait former le gouvernement, et la faction Fatah de l'Organisation pour la libération de la Palestine était chassée, forcée d'accepter le rôle de l'opposition officielle. Or, dans le contexte de la réaction hystérique d'Israël à cette élection, qui s'est mis à tout faire pour affamer et détruire l'AP, Tel Aviv a fait pression sur tous les gouvernements qui avaient reconnu l'AP pour qu'ils reviennent sur leur décision jusqu'à ce que le Hamas soit forcé de quitter. La réponse immédiate du gouvernement Harper fut de couper toute aide à l'AP, y compris les 30 millions $ par année prévus comme contribution au budget palestinien.

En juin de l'année suivante, Israël a fermé le parlement palestinien et forcé le Hamas à renoncer aux fonctions qu'il occupait à Ramallah. Le Hamas a répliqué en s'installant à Gaza, sur la bande de Gaza, à titre de gouvernement en exil de toute la Palestine. Il a chassé les représentants du Fatah qui prétendaient gouverner la bande de Gaza au nom de l'AP. Ce faisant, il a découvert des documents révélant des liaisons entre ces individus et la CIA et les a déclarés persona non grata. Israël a répliqué en assiégeant la bande de Gaza, ne laissant rien ni entrer ni sortir. L'étranglement a été d'autant plus effectif qu'il avait la coopération du gouvernement de Moubarak au Caire, l'Égypte étant le seul autre pays à avoir une frontière commune avec la bande de Gaza. Le gouvernement Harper a alors rétabli en partie le financement accordé à l'AP à Ramallah, mais en prenant soin d'exiger que soit exclue la partie du budget qui devait couvrir la population palestinienne résidant dans la bande de Gaza.

Le refus du résultat de l'élection de janvier 2006 par Israël et la complicité du Canada et d'autres pays avec le siège revanchard étaient une violation tout à fait évidente du droit humanitaire tel que stipulé dans les clauses de la Quatrième Convention de Genève de 1949. Beaucoup de gens ont choisi de croire que cela était attribuable à la tendance générale droitière et pro-américaine du gouvernement Harper. Or, ce n'était pas l'élément le plus significatif dans cette histoire.

Troisième partie :
Quelques vérités sur qui le Canada aide vraiment à Ramallah
et sur l'aide « non létale » aux « réfugiés syriens »

Si les libéraux sous Paul Martin avaient survécu à l'élection de 2006, il n'y a vraiment rien qui permette de croire qu'Ottawa aurait agi différemment, que le Canada aurait été moins ouvertement pro-israélien ou moins violemment anti-palestinien. Les différences entre l'approche des conservateurs et celle des libéraux à l'occupation israélienne de la Palestine portent davantage sur la forme. Les libéraux avaient jusqu'alors tendance à agir après avoir consulté les États-Unis d'une façon démonstrative. Les conservateurs avaient pour leur part tendance à foncer dans le tas, sans consultation préalable apparente.

L'astuce de l'approche libérale était que, si l'action était un échec ou que quelque chose tournait mal, Ottawa pouvait blâmer Washington. L'astuce des conservateurs sous Harper était et demeure qu'ils peuvent exploiter l'immense sentiment anti-impérialiste américain parmi la population canadienne et la méfiance générale envers les promesses de Washington.

Cela a permis au gouvernement de Stephen Harper d'occuper l'espace à droite de toute objection à l'attitude d'Ottawa face à Washington et de paraître plus pro-israélien que les Israéliens. En même temps, cette tactique allège la pression sur Washington, qui peut maintenant poursuivre la politique américaine tout en prétendant qu'il s'agit de décisions « unilatérales » du Canada.

Au centre de la politique étrangère du Canada se trouvent les intérêts de l'empire américain, non seulement vis-à-vis notre hémisphère, mais aussi dans certaines régions éloignées où les États-Unis ont d'ores et déjà perdu tout respect. Les politiques du Canada en matière de défense et d'affaires étrangères sont entièrement annexées aux intérêts de l'empire américain. La poudre jetée aux yeux des Canadiens par les médias monopolisés grâce à la partie israélienne de ce qui semble de plus en plus être la première et la dernière grande visite de Stephen Harper a permis d'obscurcir cette vérité essentielle.

Les gens sont inconsciemment amenés à voir la visite de Harper à Ramallah et en Jordanie principalement dans son rapport avec Israël. Or, c'est la position tranchée de l'administration Bush qui a soutenu Israël durant les élections de 2006 et dans sa détermination à assiéger la bande de Gaza. Le gouvernement israélien était lui-même pratiquement paralysé au moment des élections palestiniennes, son premier ministre Ariel Sharon étant tombé dans un coma suite à un ACV. Le soutien inconditionnel de l'administration Bush fut la véritable politique d'assurance de Tel Aviv dans son offensive subséquente contre le Hamas et la bande de Gaza. Le rôle du Canada dans cette constellation était également conditionné par le fait que le gouvernement Harper avait besoin de l'appui des États-Unis à cause de sa position de gouvernement minoritaire.

C'est la même chose en ce qui concerne les rapports entre le Canada et la Jordanie. Le Canada est le troisième bailleur de fonds en importance, après les États-Unis et la Grande-Bretagne, de la soi-disant aide aux civils syriens poussés dans les camps de réfugiés à cause de la guerre chez eux. Depuis l'année dernière, le ministre des Affaires étrangères John Baird et le premier ministre Stephen Harper ont annoncé au total plus de 200 millions $ en aide au cours des quatre prochaines années pour financer les opérations « de secours et de soutien aux réfugiés » dans les camps établis sur la frontière jordanienne. Les médias monopolisés ont surtout évité d'attirer l'attention sur le fait qu'un grand nombre de combattants des bandes mercenaires en provenance de 53 pays qui tentent de renverser le gouvernement syrien traversent régulièrement la frontière syrienne dans les camps comme ceux établis en Jordanie et en Turquie et s'y installent au mépris des besoins réels des réfugiés civils. Les civils peuvent satisfaire leurs besoins seulement après que des gangsters aient bu et mangé à satiété et se soient emparés des médicaments pour la douleur. Il est particulièrement révoltant d'entendre à cet égard les représentants britanniques, américains et canadiens répéter qu'ils ne donnent pas d'aide létale aux forces non syriennes qui courent les campagnes de la Syrie et les régions frontalières.

Conclusion

Qu'est-ce que l'aventurisme ? C'est quoi être aventurier ?

Il y a un incohérent « débat » depuis quelques années au Canada sur pourquoi le Canada est devenu plus israélien que les Israéliens. Mais pendant qu'on discute de cela, le fait indéniable est que les politiques du Canada à la défense et aux affaires étrangères ont enfoncé le pays encore plus dans les manoeuvres de désespoir des impérialistes américains pour vaincre tous leurs rivaux, actuels et potentiels.

L'examen des faits les plus pertinents entourant ce voyage de M. Harper au Moyen-Orient et son contexte mène à une seule conclusion évidente. Le voyage était aventuriste pour la galerie, si l'on peut dire. Dans les territoires comme la Palestine occupée ou la frontière entre la Jordanie et la Syrie, les gens ne sont pas très chauds à la présence américaine officielle. Arrivent donc Stephen Harper et compagnie, avec une mission aventurière, hors de l'ordinaire, au service de l'impérialisme américain. Est particulièrement aventurière la reconduction de l'« aide » à l'AP, qui est davantage une corde pour se pendre qu'une aide véritable. Le soutien financier du gouvernement canadien et les actes d'interférence politique qui servent à maintenir les apparences pour le système de « justice » imposé par l'occupant, ne servent à rien sinon à masquer l'injustice grossière dans une apparence d'incohérence. De même, sur le théâtre de guerre syrien, l'aide « non létale » accordée à ceux qui maintiennent cette partie du monde embrasée, bouleversant tous les rapports sociaux normaux et nécessaires, ne sert qu'un seul objectif évident. Cet objectif, c'est de gagner du temps avant l'inévitable regroupement et exfiltration de toute cette gamme de « forces de guérilla ». Mais la marge de manoeuvre se rétrécit rapidement.

Notes

1. L'entourage de M. Harper en Israël comprenait 21 rabbins juifs et plus de 56 représentants de groupes de lobbying sionistes et d'écoles juives privées. Il y avait de plus dix représentants de groupes évangélistes chrétiens « avec un appui inconditionnel aux positions israéliennes les plus extrêmes ». La délégation comprenait des membres de l'Alliance missionnaire chrétienne du Canada, la Evengelical Fellowship of Canada, la Trinity Bible Church, Crossroads Christian Communications et les Assemblées de la Pentecôte du Canada.

En plus des six ministres et de huit députés conservateurs, le premier ministre a amené avec lui « plus de 27 chefs d'entreprises canadiennes, des avocats et deux présidents d'université ». On dit que l'ancien ministre conservateur Stockwell Day et son épouse Valorie ont eu droit à des sièges gratuits. « Stockwell Day siège au conseil d'administration du Centre consultatif des relations juives et israéliennes, le plus important groupe de lobby pro-israélien au Canada. »

« L'arrière de l'avion était réservé aux représentants des médias. Le coût : 8 000 $ pour le vol, l'hôtel et le transport au sol pour chaque reporter et photographe couvrant le voyage. » (Faits et citations tirés d'un article de Judy Haiven et Sid Schniad du Independent Jewish Voices —Canada)

2. On a fait grand cas dans les médias canadiens, avant et durant la tournée, au sujet de la présence en si grand nombre de rabbins juifs et de prédicateurs évangélistes chrétiens, dont les représentants de la Mission Church au Canada, la dénomination à laquelle appartiennent Stephen Harper et sa famille.

Comme tout le monde en vient à l'apprendre tôt ou tard, l'utilisation des qualificatifs « au Canada », « du Canada » ou « (Canada) Ltée » signale l'existence de maisons mères aux États-Unis.

Au XIXe et XXe siècles, la Mission Church envoyait des missionnaires presbytériens en Chine et au Japon pour « civiliser » les autochtones. Une des familles de missionnaires les plus connues de la Mission Church est la famille Dulles, notamment les parents de John Foster Dulles, futur secrétaire d'État du président Eisenhower durant les années 1950, et son frère Allen Dulles, le premier directeur de la CIA, nommé par Harry Truman en 1948, qui ont amené l'évangile chrétienne en Chine impériale vers la fin du XIXe siècle durant ce qu'on a appelé la « politique des portes ouvertes ».

Il y a un peu plus de dix ans, la Mission Church a été la première dénomination américaine à ouvrir une église chrétienne à Bagdad, après sa « libération » du pays du régime de Saddam Hussein.

3. Mike Blanchfield, « Canada's Palestinians Statehood Stance Cost Tories Votes, Disclosed Letters Suggest », Huffington Post Canada, 23 janvier 2014.

4. Stephen Bronfman est présentement le membre le plus en vue de la famille Bronfman dans le monde financier au Canada.

Le clan Bronfman a ses origines dans la contrebande de l'alcool durant la prohibition aux États-Unis. En échange d'un appui de la communauté juive de Montréal grâce à un financement généreux, les libéraux de Mackenzie King, dont la machine était gérée par Paul Martin sénior, ont effacé toute tache à la réputation du patriarche Samuel Bronfman et se sont ainsi gagné un appui stable parmi les contributeurs politiques de la communauté juive pour les cinquante prochaines années.

Dans les années 1970, la direction de la famille Bronfman au Canada a été assumée par l'aîné de la famille, Charles Bronfman, un important bailleur de fonds pour la couverture médiatique de Pierre Trudeau et un grand partisan de la « solution des deux États » au conflit israélo-palestinien. Après la mort de Charles Bronfman en 2006, la direction des affaires a été reprise par son aîné Stephen.

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