Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 8 - 29 janvier 2014

Des actions dans tout le Canada à la reprise du Parlement

Manifestation à Ottawa pour
défendre le service postal public


Ottawa, le 26 janvier 2014

Des actions dans tout le Canada à la reprise du Parlement
Manifestation à Ottawa pour défendre le service postal public
Les actions dans les autres villes
Ce que les travailleurs avaient à dire
Les gens en ont assez des décisions qui sont prises qui ne tiennent pas compte des besoins des citoyens - Entrevue avec Magali Giroux, Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP)


Des actions dans tout le Canada à la reprise du Parlement

Manifestation à Ottawa pour
défendre le service postal public

Du 25 au 27 janvier, les travailleurs des postes et leurs alliés ont mené des actions dans tout le pays pour exprimer leur colère contre le plan du gouvernement Harper et de Postes Canada de saccager le service postal public.

La plus grande de ces actions s'est tenue à Ottawa le 26 janvier, la veille de l'ouverture du Parlement. Près de 3000 postiers et travailleurs de plusieurs secteurs sont venus du Québec et de l'Ontario pour dénoncer le « Plan d'action en 5 points » de démantèlement annoncé par Postes Canada en décembre 2013 et pour manifester leur appui au service postal public. L'énergie de la foule, les pancartes et bannières, la détermination à y être malgré la distance à parcourir exprimaient bien la conviction qui anime les travailleurs des postes de stopper le démantèlement et la privatisation du service postal et de défendre les droits de tous. En très peu de temps, les travailleurs des postes et d'autres secteurs se sont organisés pour faire le trajet et organiser la plus grosse manifestation de travailleurs à se tenir dans la capitale depuis des années. Les slogans et les pancartes des travailleurs faisaient preuve d'une grande imagination et d'un fort esprit de résistance, exprimant tout le mépris que les travailleurs ont au coeur pour la fraude orchestrée par la dictature Harper et le PDG de Postes Canada Deepak Chopra.

Les travailleurs des postes ont exposé à quel point la prétention de Harper d'être un créateur d'emplois est frauduleuse et ils ont dit très clairement que leur moyen de subsistance et leur niveau de vie dépendent de la fourniture des services par un service postal moderne public. Ils ont également exposé l'absurdité des prétentions de Postes Canada à l'effet que l'augmentation des tarifs et la réduction des services vont protéger le service postal public et non le démanteler et le détruire, ce qui est d'ailleurs le but recherché par la dictature Harper. Un thème majeur de la manifestation était de mettre en accusation la destruction nationale de la dictature Harper et d'affirmer la nécessité de travailler consciemment à la chasser du pouvoir.

En plus des travailleurs des postes, des résidents d'Ottawa provenant de tous milieux, des aînés, des jeunes et des étudiants sont venus exprimer leur opposition à la privatisation et exiger que les gouvernements assument leur responsabilité de fournir les services publics qui correspondent à une économie moderne. Des travailleurs de nombreux secteurs se sont joints aux postiers pour demander le retrait du plan du gouvernement Harper de démanteler le service postal public. On comptait notamment des membres de l'Alliance de la fonction publique du Canada, du Syndicat international des employés de service, l'Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario, de Unifor-Québec et Unifor-Canada, du Syndicat des Métallos, du Syndicat canadien de la fonction publique et du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario.

L'enthousiasme et la mobilisation en peu de temps des travailleurs des postes et de leurs alliés pour dénoncer les stratagèmes de démantèlement du service postal montrent que si les travailleurs à la base discutent des problèmes et établissent leur propre ordre du jour ils sont certainement capables de résoudre la crise d'une façon qui leur est bénéfique. En se saisissant de l'occasion qui se présente de bâtir l'unité et la capacité combative des travailleurs des postes et de leurs alliés, c'est possible de trouver les façons de stopper la destruction du service postal public et de forcer les gouvernements à être redevables de leurs actions.

La demande « Harper dehors, et tout de suite ! » est un pas dans cette direction et pour les travailleurs et tous les Canadiens c'est une décision pratique à mettre en application et à tourner en vie.

















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Les actions dans les autres villes

Les travailleurs des postes et leurs alliés soulignent la reprise du Parlement par de vigoureuses actions partout au pays.

Halifax



Le 27 janvier, les travailleurs des postes de Halifax et leurs supporters ont tenu une manifestation devant le centre de traitement du courrier d'Almon Street. L'action a été organisée par le Syndicat canadien des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) et le Conseil du travail de Halifax-Dartmouth et du district. Le Conseil du travail a dit qu'il va travailler de près avec le STTP pour bâtir un mouvement de solidarité dans la ville. « Notre objectif est d'arrêter les coupures dans la livraison du courrier à domicile, de congédier les dirigeants de Postes Canada et de moderniser le bureau de poste en offrant de nouveaux services tels que des services bancaires postaux », déclare le Conseil. « Nous encourageons tous les syndicats à s'impliquer dans cette campagne et à appuyer nos consoeurs et confrères des postes. [...] Nous aurons aussi une réunion de planification stratégique avec les syndicats et les organisations communautaires le mercredi 5 février à 18 heures au 3700 chemin Kempt ».

Charlottetown

Les travailleurs des postes et les résidents de l'Île-du-Prince-Édouard se sont rassemblés au centre communautaire de Charlottetown le 27 janvier pour exprimer leurs inquiétudes face aux coupures dans les services publics comme les services à Anciens Combattants Canada ou à Postes Canada.

Le chef provincial du NPD, Mike Redmond, a dit ceci : « Comment se peut-il qu'un pays aussi riche que le Canada ne puisse livrer le courrier à chaque porte ? Pourquoi plus de 10 000 résidents de l'Île doivent-ils quitter l'Île pour se faire soigner ? Comment pouvons-nous accepter des fermetures aux bureaux des Anciens Combattants ici à Charlottetown et dire à nos héros qu'ils doivent voyager à Saint-John, au Nouveau-Brunswick, pour un rendez-vous personnel avec un intervenant social ? »

Chris Clay, président du syndicat des postiers à Charlottetown a affirmé que les changements à Postes Canada affecteront 50 emplois à l'Île-du-Prince-Édouard. « Ce n'est pas négligeable », a dit Clay. « Nos membres sont inquiets et, personnellement, je suis inquiet. J'ai peur de perdre mon emploi et je sais que je ne suis pas le seul. » Il a souligné que les emplois coupés, la fin de la livraison à domicile et d'autres services, et l'augmentation des frais postaux auront de sérieuses répercussions dans les communautés partout au Canada. « Les gens ne verront jamais plus le service postal de la même façon et je crois que l'image des postes va en souffrir », a-t-il dit.

Au sujet des coupures aux Anciens Combattants, Debbie Buell, de l'Alliance canadienne de la fonction publique (ACFP) a dit que l'objectif visé de couper 800 emplois partout au pays affectera au bas mot 232 emplois au quartier-général de Charlottetown d'ici mars 2015. Le bureau régional, qui permettait à un vétéran de rencontrer personnellement un intervenant social, doit fermer ses portes ce vendredi 31 janvier.

« Notre gouvernement trahit nos vétérans », a dit Buell, qui est aussi vice-présidente nationale du syndicat représentant les employés des Anciens Combattants. « Malgré une opposition généralisée à ses projets, le gouvernement fédéral compte toujours fermer les bureaux des Anciens Combattants dans huit communautés au Canada avant la fin de cette semaine. »

Debbie Bovyer, présidente du Syndicat des employés du secteur public, a accusé le premier ministre Stephen Harper d'attaquer les syndicats. « La plupart des coupures aux Anciens Combattants touchent directement à des travailleurs de première ligne ce qui fait en sorte que nos vétérans continueront d'être fragilisés. Honte à toi, Harper », a-t-elle dit.

Leo Broderick, du Conseil des Canadiens, a dit que la direction du gouvernement Harper était très claire. « Le gouvernement Harper veut privatiser tous les services publics que nous avons dans ce pays et que nous avons bâtis au cours des ans. »

Moncton

Les postiers de Moncton ont tenu des actions tout au long de la journée pour informer le public des changements draconiens que veulent mettre en place le gouvernement Harper et le PDG de Postes Canada. La journée a débuté avec un piquetage d'information devant le centre de tri postal de Dieppe de 6 h 30 à 8 h 30. À 9 h 30, il y a eu une autre ligne de piquetage devant le site de la réunion du caucus des députés conservateurs sur Mountain Road. Un troisième piquet d'information a eu lieu devant un comptoir de détail de Postes Canada au 281, rue St-George à 11 h 30. La dernière activité de la journée a été une manifestation à 16 heures devant le bureau du député conservateur Robert Goguen sur la rue King.

Hamilton

Le 27 janvier, plus de 50 travailleurs et membres de la communauté de Hamilton ont manifesté devant un édifice fédéral à Hamilton en opposition aux attaques du gouvernement contre les travailleurs des postes et contre Postes Canada en tant que service public. En plus des travailleurs des postes de Hamilton, il y avait un contingent de membres de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos, de l'Alliance canadienne de la fonction publique, de la section locale 7135 des Métallos, de la Fédération des enseignantes et enseignants des écoles secondaires de l'Ontario ainsi que du Réseau des groupes de travailleurs accidentés de l'Ontario. Les travailleurs ont aussi exprimé leur appui envers les travailleurs du gouvernement fédéral et leur lutte contre le gouvernement Harper. Ils ont réitéré le mot d'ordre d' « Arrêter Harper ». La manifestation a pris fin après des allocutions de la part de Terry Langley, président par intérim du STTP, section locale 548, Rolf Gerstenberger, président de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos et Lorraine Diaper, représentante régionale de l'ACFP.

London

Les travailleurs des postes ont manifesté devant le centre de tri sur l'avenue Highbury à London le 27 janvier pour s'opposer aux coupures annoncées et aux autres attaques contre le service postal par le gouvernement Harper et Postes Canada. Les membres de la section locale 566 du STTP y ont reçu l'appui d'autres syndicats, de membres de la communauté ainsi que de représentants de la Société de développement économique de London.

Windsor

Les gens de Windsor ont tenu une manifestation militante devant l’Hôtel de Ville le 27 janvier. La manifestation a envoyé un message clair au gouvernement Harper de ne pas toucher au service postal public. D'autres travailleurs ont manifesté avec les travailleurs des postes, dont les travailleurs de l'automobile, des gens de métier, des enseignants et travailleurs de l'éducation, des professeurs, des employés municipaux, des membres du milieu artistique et culturel, des retraités et plusieurs autres.

Michelle Johnson, une travailleuse des postes de Windsor, a souhaité la bienvenue aux manifestants et présenté les orateurs. Jeff Carroll, président du STTP, section locale 630, a expliqué comment le gouvernement Harper et Postes Canada agissaient de façon frauduleuse en tentant de faire croire que le bureau de postes est en faillite dans le but d'éliminer les services aux Canadiens, couper des milliers d'emplois et éventuellement privatiser la société d'État. Chris Taylor, vice-président du Conseil du travail de Windsor et du district, a dénoncé le gouvernement Harper et Postes Canada et le mépris total de ces derniers envers les Canadiens qui n'ont jamais été consultés concernant les plans de mettre fin à la livraison à domicile et d'ainsi porter un dur coup à l'économie canadienne alors que 8 000 emplois vont être coupés. Le professeur Jeff Noonan de l'Université de Windsor a dit que c'est en luttant que les travailleurs des postes, avec l'ensemble de la communauté, allaient défendre leurs droits. Un activiste communautaire, qui avait initié une pétition pour empêcher qu'on ferme une piscine communautaire, a parlé de son expérience et dit que le travail ardu de bouche-à-oreille pour expliquer ce que trame le gouvernement est une façon importante d'affirmer ses droits. Un candidat pour le conseil municipal de Windsor a souligné le nombre très grand de pertes d'emplois qui se produiront s'il n'y a plus de livraison à domicile ainsi que l'importance de lutter contre ces mesures arbitraires pour défendre les droits des Canadiens. Mike Longmoore, un représentant des retraités de TCA/Unifor a expliqué que la livraison à domicile est essentielle si on veut protéger le tissu social, en particulier en ce qui concerne les aînés. Sue Markham, présidente du STTP, section locale 500, d'Amherstburg, a remercié tout le monde d'être venu appuyer la lutte que mènent les travailleurs des postes à la défense du service postal public.

Winnipeg





Le 25 janvier, des centaines de travailleurs des postes et leurs supporters ont participé à une manifestation devant l'Assemblée législative du Manitoba, pour s'opposer à la destruction du service postal public par Postes Canada, et surtout, pour exiger que la livraison à domicile ne soit pas abolie.

Parmi les orateurs à la manifestation il y avait George Floresco, 3e vice-président national du STTP, Barbara Byers, vice-présidente exécutive du CTC, Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique, Robyn Benson, présidente nationale de l'ACFP, Pat Martin, député de Winnipeg Centre et porte-parole de l'opposition officielle en matière des Travaux publics et des services gouvernementaux, Sharon Blady, député du Manitoba dans Kirkfield Park et ministre d'un Mode de vie sain et des Aînés, Jesse Turner, présidente de la ligue du Manitoba des personnes handicapées et Harry Paine, président de la Société des aînés du Manitoba. Darren Steinhoff, représentant de santé et de sécurité pour le STTP de Winnipeg, a été le maître de cérémonie.

Calgary


Le 27 janvier, les gens de Calgary ont piqueté devant l'édifice fédéral Harry Hays pour exiger que Harper démissionne sur-le-champ et que le gouvernement Harper maintienne en place un service postal public. Des travailleurs postaux, des membres d'autres syndicats, dont l'ACFP, des aînés, des étudiants et membres du public ont brandi leurs pancartes bien en vue, permettant aux passagers d'autobus et aux automobilistes de l'heure de pointe de bien noter les messages exigeant que la décision touchant à la livraison à domicile soient renversée de même que celle d'augmenter les frais postaux et d'éliminer plus de 8 000 emplois. Avant la tenue du piquetage, les travailleurs des postes ont au courant de la journée amassé des signatures pour une pétition exigeant que le gouvernement canadien revienne sur sa décision de couper dans les services postaux de façon si draconienne.

Cette action a été organisée suite à un préavis de seulement une journée. Lorsque les Calgariens contre la dictature Harper ont tenu leur première réunion de 2014 le 26 janvier, ils ont pris la décision de souligner la session d'ouverture du parlement fédéral en envoyant un message à Stephen Harper et à ses démolisseurs : « Démissionne immédiatement ! » et « Ne touchez pas au bureau de poste public ! »

Edmonton



Le STTP a organisé un forum public le 25 janvier à Edmonton pour discuter des changements annoncés par Postes Canada au service postal. Le syndicat a dit que cette réunion était en réaction aux déclarations du PDG de Postes Canada, Deepak Chopra, à l'effet que Postes Canada avait consulté les communautés avant d'en arriver à ces changements.

« Nous ne savons pas à qui il a parlé ici à Edmonton, nous n'avons croisé personne en tous cas. Nous avons donc décidé de tenir ce forum, ouvert au public, afin de vraiment entendre la vraie voix des Canadiens », a dit la présidente du STTP local, Bev Ray.

Ray a dit que le STTP avait invité Postes Canada à participer au forum mais qu'il n'avait pas reçu de réponse. Les agences de nouvelles, pour leur part, ont par contre reçu un communiqué de Postes Canada prétendant que ce sont les achats en ligne qui ont rendu la livraison à domicile caduque.

« De moins en moins de courrier année après année nous mène à apporter des changements nécessaires pour protéger le service postal canadien. Si nous ne tenions pas compte de cette réalité, les pertes seraient suffisantes pour mettre son existence même en péril. Siphonner les contribuables n'est pas une option viable », lit-on dans le communiqué de Postes Canada.

Ray a fait valoir que Postes Canada avait connu des profits au cours des 18 dernières années sauf une.

« Un entrepreneur qui veut planifier sa stratégie financière ne dira jamais : « Nous avons eu une année difficile, il est temps de fermer boutique. » Il faut examiner ce qui a été accompli et envisager comment augmenter les revenus. »

« Il s'agit d'un bureau de postes public. Le mandat des Postes vient du Protocole du service postal canadien, ce qui veut dire qu'il existe des lois et que les Canadiens doivent pouvoir avoir un mot à dire dans la prise de décisions affectant leur bureau de postes », a dit Ray.

Victoria


Les travailleurs des postes de la Colombie-Britannique ont manifesté devant le bureau de postes de la rue Yates à Victoria le 27 janvier pour exprimer leur opposition aux attaques contre le service postal et ont exigé que le gouvernement revienne sur sa décision d'augmenter le prix des timbres, et de couper la livraison à domicile ainsi que 8 000 emplois.

Janet Barney, présidente de la section locale du STTP a fait valoir que les prétentions de Postes Canada à l'effet qu'il faut changer Postes Canada afin d'éviter un déficit massif ne tiennent pas la route. « L'argent rentre à Postes Canada. [...] Des 17 dernières années sur un total de 18, l'argent rentre à Postes Canada », a-t-elle dit.

Prince George


Manifestation mercredi devant le bureau du député de Prince-George-Peace River, Bob Zimmer, contre les changements annoncés par Postes Canada.

(Source: correspondants du LML, AFPC, HDDLC, Journal Pioneer, CTV News, CBC News. Photos: LML, T. Sprackett)

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Ce que les travailleurs avaient à dire

Les journalistes du Forum ouvrier et du Workers' Forum ont discuté avec les participants à la manifestation d'Ottawa le 26 janvier. Voici ce qu'ils avaient à dire.

Un postier de Sherbrooke

Je suis ici parce que nous voulons sauver nos emplois. Nous voulons que le gouvernement arrête les coupures dans nos emplois et le service et arrête d'augmenter les tarifs.

Nous voulons garder ce que nous avons et nous voulons continuer à travailler. Ils veulent privatiser Postes Canada. Ils ne le disent pas ouvertement mais tout le monde sait que c'est là qu'ils s'en vont. Ils prennent avantage du fait qu'ils sont un gouvernement majoritaire. J'espère qu'ils vont débarquer à la prochaine élection. Ils nous ramènent aux années 1950. Le fossé entre les riches et les pauvres s'élargit toujours plus. Les gens doivent se mettre sur l'assurance-emploi ou l'aide sociale pour vivre. Les emplois qui sont créés paient 10-12 $ de l'heure. Quand il y a de bons emplois, il faut les garder. En plus de ça, Postes Canada et le gouvernement Harper prennent leurs décisions sans consulter personne. Ils font juste couper et c'est décidé derrière des portes closes.

Une travailleuse des postes de la ville de Québec

Nous allons partout pour nous opposer à cette décision de Postes Canada et du gouvernement Harper. Récemment nous avons tenu une table d'information à une foire agricole et en une fin de semaine nous avons amassé plus de 3000 noms sur notre pétition pour défendre le service postal public. Nous avons parlé à tout le monde et tout le monde signait. Je pense que le gouvernement Harper est en train de réveiller des gens qu'il prenait pour acquis. Les gens des milieux ruraux, les aînés et les retraités s'impliquent. Cela représente un grand nombre de voteurs. S'ils se joignent à nous, le gouvernement Harper est en difficulté.

Ils nous ont fermé notre bureau de poste de Québec en 2005. À cause de nos clauses de sécurité d'emploi, plusieurs d'entre nous se sont replacés ailleurs dans le service. Nous travaillons toujours mais dans l'ensemble la fermeture a été un coup dévastateur pour les bons emplois dans la ville. Elle a eu beaucoup d'impact sur le service et sur l'économie.

C'est important de saisir que la baisse des conditions de travail et la détérioration du service ça fait partie des plans de privatiser Postes Canada. Ça prépare la privatisation. Ils attaquent tellement le service qu'à un moment donné ils vont dire qu'il n'y a pas d'autre choix que de le privatiser. C'est contre ça qu'on se bat.

Une travailleuse des postes de St-Catharines

C'est important d'être ici aujourd'hui parce que les pertes d'emplois qui ont été annoncées aux postes vont avoir un effet dévastateur dans notre communauté déjà très affectée par les pertes d'emplois manufacturiers. Où les jeunes vont-ils aller pour se trouver un emploi ? C'est criminel. Pour plusieurs personnes, payer plus cher pour les timbres va être très difficile parce qu'ils n'ont pas d'emploi et en plus les services sont réduits maintenant.

Un représentant de la FTQ dans l'Estrie

Il faut que le mouvement grandisse parce qu'on parle d'un service public qui est en train d'être coupé, un service pour la société qui est là depuis longtemps. C'est un service dont nous avons besoin et qui mérite d'être maintenu. Si le service postal est vendu, où est-ce que ça s'arrête ? C'est un service qui nous appartient. On ne doit pas le regarder comme un service qui doit générer des profits. Les coûts sont une question mais il faut que le service soit maintenu pour la population. Notre population est vieillissante, ça n'a pas de sens de demander aux gens âgés de se déplacer pour aller chercher leur courrier. En plus de cela, mettre des grosses boîtes postales partout c'est de la pollution visuelle. Il faut qu'on s'occupe de notre société. Postes Canada nous appartient. C'est un joyau qu'on s'est créé. On doit le garder. Ce que fait Postes Canada c'est une attaque contre la société et une attaque contre des Canadiens ordinaires qui travaillent à servir la population. Ils veulent éliminer le service et pour faire cela ils s'attaquent à la classe ouvrière.

Un représentant du Syndicat des Métallos

Notre délégation des Métallos est venue ici aujourd'hui parce que Harper est l'ennemi de tous les travailleurs pas seulement des travailleurs des postes. Il est l'ennemi des droits de tous les travailleurs. On n'a qu'à regarder les projets de lois C-525 et C-377 et toutes les lois ouvrières. C'est une offensive généralisée contre les syndicats et nous allons être là avec ceux qui sont aux lignes de front dans cette bataille-là. C'est pour ça que nous sommes là aujourd'hui. L'action d'aujourd'hui est une action citoyenne et les syndicats sont importants là-dedans parce que les syndicats ont joué un grand rôle pour faire avancer les droits des gens y compris les droits des membres les plus vulnérables de la société. Avec cette attaque contre le service postal, ils s'en prennent aux aînés, ils veulent leur enlever des choses. C'est cruel. Ils savent très bien que pour les personnes âgés c'est dangereux de marcher pour aller chercher leur courrier. Le gouvernement Harper s'attaque aux droits de tout le monde.

Une travailleuse de l'aérospatiale de Pratt and Whitney à Longueuil

Je suis ici dans une délégation d'Unifor. C'est important d'être ici aujourd'hui parce que quelque soit notre métier ou le syndicat auquel on appartient nous devons être unis et montrer notre solidarité. Ce combat n'est pas juste le combat des travailleurs des postes mais celui de tous les travailleurs. Ce n'est pas un combat juste pour le service postal mais pour tous les services publics. Nous sommes tous humains, nous voulons tous une société qui défende l'égalité pour tous.

Un fonctionnaire fédéral d'Ottawa

Notre syndicat, l'Alliance de la fonction publique du Canada a des membres qui travaillent à Postes Canada. Je suis ici pour exprimer ma solidarité. Je ne veux pas avoir à marcher pour aller chercher mon courrier. Le PDG de Postes Canada dit que ça va être une bonne chose pour les gens âgés de marcher pour se rendre à leur boîte postale. Je préfère marcher comme on le fait aujourd'hui, en manifestant. Nous sommes tous ici pour manifester. Postes Canada c'est plus que la livraison du courrier et de la correspondance, c'est une partie importante du tissu social du pays que Harper veut détruire. Le service postal est un moyen de garder les gens ensemble.

Une travailleuse de la raffinerie de cuivre d'Xstrata-Glencore à Montréal

Je suis ici aujourd'hui pour défendre une cause, la cause du système postal public. C'est un mouvement pour changer la direction des choses. Nous vivons dans une société qui est de plus en plus à droite. Le gouvernement Harper pense même à éliminer la Formule Rand. Il n'est pas question pour nous d'accepter ça. On va défendre chèrement notre peau de travailleurs.

Une étudiante d'université à Ottawa

Je suis venue ici pour appuyer les travailleurs des postes. Quand ils sont sortis en grève il y a quelques années les étudiants étaient solidaires avec eux et les ont appuyés. Ce qui se passe maintenant est une attaque contre les services publics. La même chose se passe en éducation postsecondaire pour laquelle nous nous battons. Pour nous c'est clair qu'une attaque contre les travailleurs cela affecte les étudiants et leur avenir, cela affecte l'avenir de tous les Canadiens.

Un enseignant de l'élémentaire à Ottawa

Je suis venu ici pour défendre le travail qui est syndiqué. C'est complètement fou d'éliminer 8000 très bons emplois. C'est un ordre du jour de droite, ils attaquent les syndicats de tous bords tous côtés. Pour moi c'est une question de solidarité. Je suis ici pour exprimer mon appui.

Un enseignant du secondaire à Ottawa

En tant que syndicats nous devons nous appuyer mutuellement parce que nous sommes tous attaqués au Canada et dans toute l'Amérique du Nord. Postes Canada doit évoluer, toutes les organisations doivent évoluer mais le genre de décisions qu'ils prennent comme celle d'éliminer les facteurs est simplement horrible. Ça n'est pas de l'évolution. Un grand nombre de Canadiens, qui sont handicapés ou très âgés, ne peuvent pas vivre sans livraison de courrier à domicile. On n'a pas pensé à eux du tout. Quand vous prenez des décisions qui impliquent de l'argent et que vous le faites de façon insensée, juste pour remplir la colonne des profits, alors c'est de la destruction, pas de l'évolution.

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Les gens en ont assez des décisions qui sont prises
qui ne tiennent pas compte des besoins des citoyens

Le Marxiste-Léniniste : Vous étiez responsable pour le STTP de la mobilisation des travailleurs des postes de Montréal pour la manifestation. Près de 1000 postiers de Montréal y ont participé. Comment voyez-vous la signification de cette action ?

Magali Giroux : Je crois que la journée est symboliquement forte parce qu'aujourd'hui il faisait très froid et malgré le froid il y a eu quelques milliers de personnes qui sont sorties dans la rue pour venir dire leur mécontentement à Deepak Chopra et à Stephen Harper. Ce ne sont pas seulement les travailleurs des postes qui ont participé, ce qui rend notre geste encore plus fort. Il y a beaucoup de personnes de la population, on a eu des gens d'autres syndicats, des citoyens de tous milieux, des aînés de la FADOQ. Je pense qu'il y a un message qui est clair. J'espère qu'il va être entendu, j'espère qu'il y a des gens à Ottawa qui vont ouvrir grand leurs oreilles et qui vont prendre le temps d'analyser les conséquences de cette décision-là qui a été prise. Le message est qu'au travers de tout cela, il y a un ras-le-bol de la population, les gens en ont assez de ces décisions qui sont prises, et cela commence à arriver de plus en plus fréquemment avec ce gouvernement-là, des décisions qui ne tiennent pas compte des besoins des citoyens, qui ne tiennent pas compte de la population. C'est clair que c'est un gouvernement qui veut privatiser et je pense que la population voit de plus en plus clair là-dedans.

Les gens sont avec nous. Moi je suis factrice, je suis sur la rue régulièrement. Jamais on ne m'a arrêtée autant pour me dire à quel point on nous appuie. On nous laisse des messages, les gens nous laissent des messages sur leur boîte aux lettres, des messages d'appui et il y en a beaucoup qui font cela. Il y a des initiatives qui sont faites avec les gens de la FADOQ, dans les groupes citoyens, les groupes communautaires. Cela fait 8 ans que je suis aux postes, c'est la première fois que je sens autant de solidarité, autant de soutien, les gens tiennent à leur service postal.

LML : Comment voyez-vous cette poussée qui se fait vers la privatisation de Postes Canada ?

MG : Premièrement, depuis les dernières années, ils ont fermé beaucoup de comptoirs postaux et il y a encore beaucoup de fermetures prévues dans les prochaines années. Ils ferment des comptoirs postaux, mais les services sont quand même en demande, alors ils rouvrent des concessions dans des pharmacies, qui vont ouvrir là où ce sont des gens qui ne sont pas syndiqués, qui ne sont pas des employés de Postes Canada, qui sont payés au salaire minimum. C'est une privatisation déguisée.

On sait aussi que M. Chopra, avant de devenir le PDG de Postes Canada, était chez Pitney Bowes qui est un des plus grands fournisseurs mondiaux de tout ce qui est matériel postal. Pitney Bowes gère aussi beaucoup de services postaux qui ont été privatisés, notamment le tri du courrier. On a privatisé beaucoup de petites compagnies postales dans les pays d'Amérique du Sud qui sont allées aux mains de Pitney Bowes. Je vois là un conflit d'intérêt assez majeur et assez évident.

LML : Comment s'est faite la mobilisation des postiers de Montréal ?

MG : Les deux dernières semaines on a dû bouger assez rapidement. Cela s'est vraiment décidé il y a 2 semaines, qu'il y a une manifestation qui aura lieu à Ottawa le 26 janvier. On a agi rapidement. On a mobilisé nos délégués. On est allé sur les planchers de travail. On a rencontré les travailleurs, souvent un à un. On a pris soin de rejoindre les employés temporaires qui malheureusement sont souvent un peu oubliés parce qu'ils se promènent d'une succursale à l'autre et des fois ils tombent entre deux réunions de plancher. Les gens se sont beaucoup mobilisés. On a pris 1200 inscriptions de Montréal. Il y en a un certain nombre qui ne sont pas venus à cause de la température mais on était quand même nombreux de Montréal et en fin de compte cela a été une belle journée.

LML : Quelles actions envisagez-vous dans la période qui vient ?

MG : On sait qu'il y a un mouvement qui est parti d'un facteur de Chicoutimi, il a commencé cela sur Facebook. Cela s'intitule Je marche avec mon facteur. Cela va se passer en début mai, il va y avoir une journée, un samedi, où la population va être invitée à venir marcher avec les facteurs. La population de partout au Canada, on essaie de rendre cela national, dans toutes les villes, petites et grandes, il y aurait une journée où tout le monde à la même heure marcherait avec les facteurs. C'est en train de se développer. On a les pétitions qui roulent beaucoup, on a les cartes postales, les lettres aux députés. On continue à y penser quotidiennement. On doit aller partout et parler à tout le monde. Nous portons une grande attention à aller parler aux aînés et aux retraités. Nous avions plusieurs personnes aujourd'hui avec nous de la FADOQ.

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