Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 6 - 27 janvier 2014

En commémoration de l'Holocauste

À la mémoire de toutes les victimes du nazisme


À gauche: Plaque commémorative pour les personnes tuées par les nazis à Auschwitz, placée en 1948 et enlevée
en 1989. À droite: Libération d'Auschwitz par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.

En commémoration de l'Holocauste
À la mémoire de toutes les victimes du nazisme

69e anniversaire de la libération d'Auschwitz par l'Armée rouge
Actualiser le sens du mot d'ordre « plus jamais » - Dougal MacDonald

Bouleversements en Ukraine
Les oligarques rivaux et leurs maîtres impérialistes font remonter le néonazisme – Magnus Tegleb


En commémoration de l'Holocauste

À la mémoire de toutes les victimes du nazisme

À l'occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, le 27 janvier, le jour où en 1945 les troupes soviétiques ont libéré les prisonniers du camp de concentration nazi d'Auschwitz, les peuples épris de paix et de justice se joignent à tous ceux dont les familles ont vécu les pires souffrances sous l'Holocauste, ce programme d'extermination systématique par l'État mis en place par les nazis hitlériens et leurs alliés, les fascistes italiens et les militaristes japonais. Il faut comprendre le mot « holocauste » dans son sens le plus large en tant que meurtre en masse de tous ceux qui ont été persécutés, emprisonnés, torturés et assassinés par les nazis en Allemagne et dans les territoires qu'elle a occupés, en particulier des juifs et d'autres qui ont été exterminés, les Roma et de nombreux Slaves de même que les opposants politiques, surtout les communistes et les combattants de la résistance. Les militaristes japonais ont commis le massacre de Nanjing et plusieurs autres atrocités en Chine et dans toute l'Asie du Sud-Est, et, encore aujourd'hui, ils doivent des réparations au peuple coréen pour leurs crimes commis contre lui.

Les puissances occidentales ont dans un premier temps été en collusion avec l'Allemagne nazie dans l'espoir qu'elle allait rayer de la carte l'Union soviétique. Des monopoles américains comme General Motors, Ford, et ITT ont bâti de l'équipement militaire pour les nazis. Standard Oil, Dupont, Alcoa et General Electric ont fait d'énormes profits en collaborant avec les nazis pendant toute la guerre. IBM a aidé les nazis à organiser le pillage systématique et la subjugation de la Pologne. Après la guerre, les États-Unis ont amené des milliers de nazis aux États-Unis. Le SS Sturmbannführer Werner von Braun, par exemple, qui a été mis en charge du programme de missiles des États-Unis, était un directeur de l'usine nazie de roquettes Mittelwerk qui utilisait de la main-d'oeuvre esclave des camps de concentration nazis. En même temps, les puissances occidentales voulaient aussi écraser l'Allemagne parce qu'elle menaçait leurs intérêts économiques et politiques. Les nazis allemands voulaient écraser tout le monde, surtout l'Union soviétique, et ils souhaitaient obtenir l'aide des puissances occidentales pour y parvenir. Le revanchisme, la guerre et l'agression étaient donc l'ordre du jour du moment et non la solution des problèmes par tous les pays sur la base d'une voie menant au progrès de la société.

Dans la lutte contre les assassins nazis, un rôle de premier plan et héroïque est revenu à la résistance antifasciste, surtout en Union soviétique, aux combattants de la résistance en Allemagne et dans les territoires occupés, et aux armées de libération de tous les pays qui ont combattu les hitlériens, les fascistes italiens et les militaristes japonais, notamment des armées britannique, canadienne et américaine. La mémoire vivante d'un grand nombre de juifs de l'Europe de l'Est de leur expérience directe du rôle des soviétiques est une contribution importante au présent. En plus de la gratitude des peuples du monde envers l'Union soviétique pour les sacrifices consentis, comme à la Bataille de Stalingrad et la Bataille de Kursk, il y a l'amour et la gratitude de nombreux juifs et d'autres personnes qui ont reçu asile ou ont été libérés par l'Armée rouge. En même temps, à cause de l'anticommunisme de la Guerre froide et du sionisme, on en voit qui ont tendance à reprendre l'idéologie anticommuniste de la Guerre froide contre l'ex-Union soviétique, en se référant à ce qui est qualifié de stalinisme comme une connotation d'oppression et de dictature. Tout cela est fait de manière irrationnelle et contredit ce qu'ils ont eux-mêmes vécu directement.

Après la guerre, la cause des hitlériens a été reprise par les Anglo-Américains qui ont trahi la cause pour laquelle les peuples de leur pays ont sacrifié leur vie, soit la libération de l'humanité du fléau du fascisme. Ils ont d'abord créé une guerre civile en Grèce, tuant les combattants communistes et exigeant de tous les combattants de la résistance qu'ils désavouent la lutte de résistance et épousent le régime de la junte militaire qui leur était imposé. Ils ont ensuite adopté l'idéologie anticommuniste de la Guerre froide pour criminaliser le communisme et désorienter des générations entières qui avaient tant souffert pour les amener à blâmer une nature humaine abstraite pour les atrocités plutôt que le système de pouvoir économique et politique concentré dans les quelques mains de l'élite financière qui cherchait à dominer afin de résoudre ses problèmes.

Pendant la période de l'après-guerre, les crimes qui avaient été commis pendant la Deuxième Guerre mondiale ont été systématiquement utilisés par les puissances anglo-américaines pour empêcher les peuples d'aller de l'avant d'une façon qui leur est bénéfique et assure que ces crimes ne se reproduiront jamais plus. La désinformation a été diffusée sur une vaste échelle de manière à justifier la création de l'État d'Israël en tant que bastion de l'impérialisme anglo-américain au Moyen-Orient. On a cherché ainsi à créer une situation permanente de ni guerre ni paix pour priver le peuple palestinien de sa patrie et de son droit à l'autodétermination et pour éliminer la lutte des peuples de tout le Moyen-Orient pour s'investir du pouvoir. Cela a conduit à des souffrances prolongées qui elles-mêmes exposent une tentative de génocide contre un peuple. Les efforts aujourd'hui de régimes comme la dictature Harper pour criminaliser l'appui à la Résistance palestinienne en la déclarant « antisémite » sont une tentative méprisable de manipuler la sympathie que les peuples éprouvent pour ceux qui ont souffert pendant la Deuxième Guerre Mondiale, en particulier les juifs.



69e anniversaire de la libération d'Auschwitz par l'Armée rouge

Actualiser le sens du mot d'ordre « plus jamais »


Les prisonniers du camp de concentration d'Auschwitz sont libérés par l'Armée rouge, le 27 janvier 1945.

Le 27 janvier 1945, l'Armée rouge entrait au camp d'extermination nazi d'Auschwitz II-Birkenau, y libérant plus de 7 000 prisonniers, dont la grande majorité était malade ou moribond. L'Armée rouge infligeait défaite après défaite aux troupes allemandes, repoussant les hitlériens toujours plus, jusqu'à l'écroulement final du Troisième Reich à Berlin le 9 mai 1945. En 2005, reconnaissant la grande signification de la libération d'Auschwitz, l'Assemblée générale des Nations unies a décidé que dorénavant le 27 janvier serait la Journée internationale de commémoration à la mémoire des millions de personnes qui ont été tuées par les nazis dans leur quête de domination mondiale.

Auschwitz, le plus grand camp de concentration de l'Allemagne nazie, a été construit par les nazis de 1940 à 1942 dans les territoires annexés à la Pologne, à environ 50 km à l'ouest de Cracovie. Dès 1942, les Nazis avaient construit plus de 300 camps de concentration en Allemagne et dans les territoires occupés.[1] Le complexe des camps d'Auschwitz était composé du camp principal, Auschwitz I, du camp d'extermination d'Auschwitz II-Birkenau où 90 % des prisonniers ont perdu la vie, et d'Auschwitz III- Monowitz, qui fournissait une main-d'oeuvre esclave au monopole de produits chimiques I.G. Farben (IGF). Plus de quarante sous-camps exploitaient les prisonniers comme travailleurs esclaves dans diverses usines industrielles et d'armements, dans des mines de charbon, sur des sites de construction et sur des fermes. Initialement, seuls les Polonais étaient emprisonnés, mais plus tard on y a aussi interné les prisonniers de guerre soviétiques, les Roms (« gitans ») et des gens de diverses nationalités.

À même un financement obtenu de la Deutsche Bank, IGF a construit l'usine chimique de Buna qui fabriquait de l'huile synthétique et du caoutchouc à base de charbon à Auschwitz III-Monowitz. IGF faisait des versements annuels de 100 000 Reichmarks au Schutzstaffel (SS), l'organisation paramilitaire qui était le principal instigateur des crimes de guerre nazis. Ainsi IGF se garantissait un approvisionnement ininterrompu de main-d'oeuvre esclave renouvelée pour son usine de Buna tout en « purgeant » les prisonniers indésirables. À son apogée, l'usine IGF à Auschwitz a eu recours à 83 000 travailleurs esclaves et prisonniers dont de 25 000 à 35 000 ont péri, selon les estimations. Les « indésirables » étaient expédiés à Auschwitz-Birkenau, le camp d'extermination, où 90 % des prisonniers furent envoyés aux chambres à gaz utilisant le pesticide Zyklon B, produit par une filiale d'IGF.[2] Le Zyklon B a aussi servi à exterminer près de 80 000 prisonniers au camp de concentration de Majdanek près de Lublin, en Pologne, libéré par l'Armée rouge soviétique en juillet 1944, ainsi que des milliers de prisonniers au camp de Sachsenhausen, au nord de Berlin, libérés par l'Armée rouge soviétique et la deuxième division d'infanterie polonaise en avril 1945.

Un document soviétique en date du 6 mai 1945 et officiellement reconnu par les tribunaux des Crimes de guerre de Nuremberg (1945-49), a révélé que les nazis avaient exterminé quatre millions de personnes seulement à Auschwitz, par l'exécution, la torture, la famine, la maladie, l'épuisement et les expériences médicales fatales. Ainsi, de 1945 à 1989, un monument commémoratif a été érigé sur le site du camp en hommage à la mémoire des quatre millions de victimes. Tentant de diminuer l'ampleur et l'horreur des crimes nazis, les impérialistes ont ensuite réduit le nombre de morts à Auschwitz à 1,5 millions, qui est le nouveau chiffre « officiel » gravé sur le nouveau monument commémoratif d'Auschwitz en janvier 1995. Cette réduction du nombre de victimes des nazis a plu aux néonazis qui répandent le grand mensonge que les nazis et leurs collaborateurs n'ont tué personne.

Les forces anglo-américaines, sachant très bien ce qui se passait à Auschwitz, n'ont rien fait pour venir en aide aux prisonniers, ce qui aurait pu se faire par des bombardements stratégiques, le larguage d'armes aux prisonniers, le survol des lieux pour permettre aux prisonniers de s'évader, ou encore une attaque pour libérer les prisonniers ou le sabotage des voies ferrées qui menaient les prisonniers au camp. Le principal responsable de cet état de fait était le banquier John J. McCloy, qui était aussi l'assistant au secrétaire à la Guerre des États-Unis. McCloy, qui avait partagé une loge avec Adolph Hitler lors des Olympiques de Berlin en 1936, fut conseiller juridique pour I.G. Farben de 1936 à 1940. En 1950, McCloy a amnistié et relâché tous les criminels de guerre qui avaient été condamnés par le tribunal de Nuremberg, y compris les PDG de I.G. Farben. McCloy était aussi le président de la Chase Manhattan Bank des Rockefeller, laquelle avait aidé les nazis à échanger leurs marks contre des dollars. McCloy était aussi un lobbyiste pour le Standard Oil (aujourd'hui Exxon) de Rockefeller, qui avait conclu des ententes secrètes en temps de guerre avec I. G. Farben.

Aujourd'hui, alors que nous commémorons les victimes du nazisme, nous ne pouvons que constater la place prédominante de ces mêmes intérêts bancaires et industriels nazis aujourd'hui, ainsi que la place prédominante de leurs collaborateurs anglo-américains qui ont profité grassement des nombreuses déprédations des nazis, même en prétendant s'y opposer. Il ne suffit pas non plus de simplement constater que ces industriels et ces magnats des banques ont construit Auschwitz et d'autres camps de concentration et qu'ils ont bénéficié de leur main-d'oeuvre esclave et des programmes d'extermination. Pour nous assurer qu'Auschwitz et d'autres événements aussi horribles ne se reproduisent jamais plus, ce qu'il faut aujourd'hui, c'est saisir ce qu'eux et leurs représentants politiques trament maintenant non seulement en Allemagne, mais aussi aux États-Unis, au Canada et dans d'autres pays.

Les travailleurs et les jeunes au Canada peuvent saisir l'occasion du 69e anniversaire de la libération d'Auschwitz par l'Armée rouge en examinant attentivement les tentatives des gouvernements actuels, y compris la dictature Harper, pour réhabiliter les criminels de guerre nazis en prétendant que ceux-ci n'étaient que des gens ordinaires, victimes des « crimes » commis par le soi-disant communisme totalitaire. Aujourd'hui, dans toute leur arrogance, Harper, Kenney et d'autres du même acabit font campagne pour la construction d'un monument national pour commémorer ces mêmes criminels de guerre, et ce, aux frais des Canadiens. En plus, ils s'attaquent aux travailleurs, démantèlent les programmes sociaux, soutiennent des guerres d'agression à l'étranger et tiennent un discours belliciste au pays, criminalisent la dissension et construisent toujours plus de prisons. Pourquoi agissent-ils ainsi ? Quels objectifs nourrissent-ils aujourd'hui et pourquoi cela touche-il non seulement la classe ouvrière et la jeunesse du Canada mais aussi les personnes de toutes origines, y compris ceux qui ont sacrifié leur vie au cours de la Deuxième Guerre mondiale pour débarrasser le monde de la menace nazie ? La voie sinistre que trace la dictature Harper nous appelle à redoubler de vigilance. Nous devons donner un sens actuel à la déclaration solennelle des peuples : Plus jamais !

Notes

1. Les camps de concentration ont d'abord été utilisés par les colonialistes des États-Unis contre leurs premières nations puis par les impérialistes britanniques pendant la Seconde Guerre des Boers de 1899 à 1902.
2. Le Zyklon B produisait de l'acide cyanhydrique mortel, un procédé copié de celui utilisé pour les exécutions dans les prisons américaines de 1924 à 1999.

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Bouleversements en Ukraine

Les oligarques rivaux et leurs maîtres impérialistes font remonter le néonazisme


Manifestations anti-gouvernementales à Kiev en Ukraine le 23 janvier 2014 (Xinhua)

Les événements récents en Ukraine sont l'occasion pour la dictature Harper, ses maîtres impérialistes américains et de l'Union européenne (UE) pour dire que le problème principal est que l'Ukraine se détourne de « l'Europe démocratique » pour se tourner vers « la Russie autocratique ». L'élément déclencheur des bouleversements récents s'est passé à la fin novembre, quand le président ukrainien Victor Ianoukovitch a rejeté un projet d'accord de libre-échange avec l'UE et s'est prononcé pour des liens plus étroits avec la Russie. Le traité avec l'UE aurait permis aux monopoles européens de s'emparer de l'important marché énergétique ukrainien. Les monopoles allemands fournissent déjà du gaz naturel à l'Ukraine expédié par pipeline à travers la Pologne et la Hongrie et ils vont utiliser des pipelines slovaques l'an prochain, ce qui va briser la dépendance de l'Ukraine envers le gaz russe. Plutôt que de signer le traité avec l'UE, Ianoukovitch s'est rendu à Moscou le 17 décembre et y a signé plusieurs accords avec le président russe Vladimir Poutine qui vont réduire du tiers le coût du gaz que la Russie vend à l'Ukraine. La Russie a aussi accepté de prêter 15 milliards $ à l'Ukraine à des conditions peu contraignantes.

Bien que Ianoukovitch soit le président élu, le véritable pouvoir en Ukraine est tenu par une douzaine de gens d'affaires ou « oligarques » qui à eux seuls représentent 1/5 du produit domestique brut du pays. Ces oligarques, qui sont devenus riches en accaparant et privatisant les ressources du gouvernement précédent suite à la soi-disant « chute du communisme », avaient jusqu'à maintenant appuyé pour l'essentiel le président Ianoukovitch. Rinat Akhmetov, qui est devenu l'homme le plus riche au pays en acquérant les propriétés d'État dans les secteurs de l'acier, du charbon et du pouvoir électrique, a contribué au financement de la campagne présidentielle de Ianoukovitch en 2010, mais son réseau de télévision ukrainien donne maintenant du temps d'antenne aux dirigeants de l'opposition.[1] Un journal appartenant au deuxième homme le plus riche d'Ukraine, le milliardaire de l'acier Viktor Pinchuk, a ouvert un bureau pour les journalistes étrangers qui sont anti-Ianoukovitch.

Alors que Akhmetov, Pinchuk, et d'autres oligarques voient l'abandon des accords commerciaux avec l'Union européenne comme une énorme perte potentielle pour eux et leurs empires, d'autres capitalistes voient dans le resserrement des liens entre l'Ukraine et la Russie une façon de devenir encore plus riches. Le roi du titane Dmytri Firtash entretient des liens étroits avec la Russie. De janvier à juin 2013, les exportations de dioxyde de titane ukrainien vers la Russie ont atteint environ 13 000 tonnes, soit 19,5 % de toutes les exportations aux marchés étrangers. Un autre groupe qui conteste la suprématie des oligarques dominants, et qui a des liens avec la Russie, est un groupe lié étroitement au fils du président, Oleksandr Ianoukovitch. Il comprend le « roi du gaz » de 27 ans, Sergei Kurchenko, lui aussi possesseur d'un empire médiatique.

Les oligarques et leurs maîtres européens et russes se livrent à leur bataille économique en essayant de mobiliser l'appui populaire derrière leurs propres intérêts. C'est ce qui a donné lieu aux grandes manifestations de rue, à l'adoption de nouvelles lois par le gouvernement et aux attaques des politiciens et médias monopolisés étrangers. Les choses sont présentées comme étant une bataille pour la démocratie, mais en réalité la bataille se joue des deux côtés dans l'intérêt des monopoles pro-UE ou pro-Russie. La clameur provenant de l'étranger qui met un signe d'égalité entre les forces pro-UE et démocratie est devenue si ridicule que de frauduleuses organisations de droits humains comme le Human Rights Watch, qui est financé par le Département d'État américain, se sont mises à attaquer le gouvernement ukrainien pour son adoption de lois qui criminalisent la dissidence. Et pourtant les mêmes lois sont adoptées depuis des années par les États-Unis, le Canada et d'autres soi-disant démocraties occidentales, des lois qui par exemple bannissent les rassemblements « illégaux », les occupations d'édifices, le port de masques et même l'érection de tentes !

L'Union européenne, sous la direction de l'Allemagne et avec l'appui tacite des États-Unis, est en train de mobiliser les protestataires anti-Ianoukovitch autour du boxeur poids lourd Vitali Klitschko et son Alliance démocratique ukrainienne pour la réforme (UDAR) en le dépeignant comme le dirigeant des forces « pro-démocratie ». Klitschko vit en Allemagne et l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne a admis ouvertement lui avoir « assigné » la tâche de construire un parti de droite en Ukraine afin de créer une majorité permanente pro-UE à Kiev. Lors d'un événement à Bruxelles, le député allemand Elmar Brok a révélé l'intérêt que l'Allemagne porte à l'Ukraine, vantant celle-ci comme un pays aux « vastes possibilités économiques », doté d'une « population bien éduquée » et avec de « bonnes bases en agriculture ». L'histoire qui lie l'Ukraine et l'Allemagne semble se répéter.

Il ne faut pas croire que c'est seulement Klitschko et son UDAR qui forment la direction des forces pro-UE en Ukraine. En réalité, on a affaire à une alliance ténébreuse de groupements conservateurs, fascistes et revanchards qui s'agglutinent autour des anciens collaborateurs nazis, surtout du groupe de Stephan Bandera lui-même décédé depuis plusieurs années. C'est Bandera qui a dirigé l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) qui s'est jointe aux nazis lors de l'invasion de l'Union soviétique en juin 1941. De nombreux monuments à la mémoire de Bandera ont été érigés ces vingt dernières années, surtout dans l'ouest de l'Ukraine y compris à Lviv qui a été le site d'un des plus grands pogroms anti-juifs. Suite à la Révolution orange de 2004 en Ukraine, une autre soi-disant victoire de la démocratie orchestrée et encensée par les impérialistes, le président qui en est sorti, Viktor Yushchenko, a officiellement déclaré Bandera et son alter ego nazi Roman Shukhevych « héros de l'Ukraine ». Pas étonnant alors que parmi les plus grands promoteurs du mouvement pro-UE et du chaos généralisé se trouve le parti néonazi Svoboda, qui a maintenant 50 sièges au Parlement ukrainien et est l'instigateur principal des violences de rue des récentes manifestations.

Rien de tout cela n'est de bon augure pour l'Ukraine. L'effondrement de l'Ukraine et des autres régimes d'Europe de l'Est et leurs réformes capitalistes ont démontré que le capitalisme ne connaît pas d'autre étape de développement. L'Ukraine et tous les pays qui entreprennent de construire le capitalisme sous les mots d'ordre de « l'économie de libre marché » sont plongés dans l'anarchie et le chaos économique. Attacher l'Ukraine à l'une ou l'autre puissance impérialiste est peut-être une « solution » qui peut bénéficier à une poignée de capitalistes monopolistes, mais cela conduit l'avenir des peuples dans un cul-de-sac.

La montée du néonazisme comporte aussi des conséquences sinistres pour l'avenir du peuple. On estime que pendant la Deuxième Guerre mondiale, les nazis et leurs collaborateurs ont tué plus de 4 millions de personnes en Ukraine. Les disciples de Svoboda et de Bandera sont des descendants directs de ces meurtriers de masse.

La seule voie vers l'avant qui s'ouvre au peuple d'Ukraine c'est de combattre pour une Ukraine souveraine et indépendante qui est dirigée par le peuple et dans l'intérêt du peuple et qui contrôle son économie et bâtit des relations avec les autres pays sur la base de l'avantage mutuel.

Note

1. La maison de Londres d'Akhmetov est évaluée à environ 225 millions $.

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