Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 117 - 14 novembre 2012

Entente de principe entre le STTP et Postes Canada

La sécurité des travailleurs repose sur leur capacité
à lutter pour leurs droits - Non au chantage
pour extorquer des concessions!

Entente de principe entre le STTP et Postes Canada
La sécurité des travailleurs repose sur leur capacité à lutter pour leurs droits - Non au chantage pour extorquer des concessions! - Louis Lang
Recommandations de voter contre

Projet de loi antisyndical du gouvernement Harper
Un avis juridique conclut que le projet de loi C- 37 ciblant les syndicats est inconstitutionnel

Les scientifiques et professionnels du gouvernement défendent les services publics et s'opposent aux mises à pied
Rassemblement sur la Colline du parlement
Appel urgent au ministre de l'Environnement de ne pas poursuivre sa vente secrète de la région des lacs expérimentaux au secteur privé
Le rapport du vérificateur général souligne les risques importants liés aux compressions dans la fonction publique et à la sous-traitance


Entente de principe entre le STTP et Postes Canada

La sécurité des travailleurs repose sur leur capacité
à lutter pour leurs droits - Non au chantage
pour extorquer des concessions!

Après plusieurs semaines de négociations secrètes, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) et Postes Canada en sont venus à une entente de principe. C'est sous la menace de la Sélection de l'offre finale et de plusieurs autres mesures restrictives contenues dans la loi de retour au travail du gouvernement Harper que le syndicat est allé discuter avec la société. Puis en juillet dernier, Postes Canada a accru la pression en présentant une offre globale qui comprenait encore plus de demandes de concessions et de reculs.

Le syndicat tient des votes de ratification du 13 novembre au 19 décembre. Le Comité de négociation et le Conseil exécutif national recommandent de voter en faveur de l'entente de principe qui contient des concessions importantes. Plusieurs de ces concessions ont été rejetées par les travailleurs il y a moins d'un an lorsqu'ils ont donné à la direction du syndicat un mandat de grève de 94,5% pour combattre les demandes de Postes Canada qui reviennent à démanteler la convention collective.

Les reculs contenus dans l'entente de principe comprennent le remplacement des congés de maladie par un Programme d'assurance-invalidité de courte durée (PAICD) géré par une firme externe, l'imposition d'un système de salaires à deux paliers où les nouveaux engagés sont payés 6$ de moins de l'heure et un changement majeur au Régime de pensions à prestations déterminées pour les nouveaux engagés qui résultera lui aussi en un régime à deux paliers. Les travailleurs accidentés ne recevront plus que 75% de leurs salaires contrairement au 100% qu'ils reçoivent maintenant sur le programme de congé pour accident de travail. En plus, la convention durerait un an de plus sans augmentation de salaire pour la dernière année. Ce sont là certaines des concessions les plus graves que contient l'entente de principe.

Qu'est-ce qui a changé au juste? Comment se fait-il que le Conseil exécutif national recommande aujourd'hui d'accepter des clauses que le syndicat a rejetées si résolument il y a à peine quelques mois? Dans un tabloïd publié pour informer les travailleurs en vue des assemblées de ratification, le Conseil exécutif national déclare que le STTP fait face à des circonstances exceptionnelles. Il écrit dans son message aux membres:

«Nous avons atteint les limites de la négociation. La majorité des membres du Conseil exécutif national sont d'avis que ce projet de règlement est meilleur que ce qui nous serait imposé à l'arbitrage de l'offre finale. » Dans sa lettre où il recommande aux membres de voter pour l'entente, le président national du STTP Denis Lemelin écrit: « Les membres ont le choix : accepter le projet de convention collective ou remettre leur destinée entre les mains d'un arbitre nommé par le gouvernement et qui fort probablement imposera une convention collective comportant encore plus de changements négatifs d'envergure qui se répercuteront sur notre pension, nos avantages sociaux et notre sécurité d'emploi. »

L'entente de principe est inacceptable pour les travailleurs non seulement à cause des concessions et des reculs que j'ai cités plus haut, mais parce que donner notre accord va mettre à risque la sécurité future des travailleurs des postes.

Le Conseil exécutif national affirme avoir accepté avec réticence certains aspects de l'entente parce qu'il voulait protéger les travailleurs des reculs encore plus dangereux qui auraient été imposés par l'arbitre. Le Conseil ne saisit pas que cette entente n'est pas le résultat de négociations. Elle est le fait du chantage pur et simple de Postes Canada et du gouvernement Harper. Dès le début des négociations, Postes Canada ne s'est pas gênée pour dire que les « négociations collectives » sont chose du passé, que la sécurité et les plans d'affaires de la société ont préséance sur les conditions de vie et de travail des travailleurs et qu'elle a « plusieurs solutions » en réserve si le syndicat n'accepte pas volontairement de renoncer à tous ses droits.

L'acceptation de cette entendre de principe rendrait les travailleurs encore plus vulnérables face au chantage et aux autres manoeuvres de la société. Il en ressort clairement que si le syndicat veut être à la hauteur de sa responsabilité d'être une organisation de défense véritable des travailleurs, il doit agir d'une façon nouvelle.

Ce n'est pas vrai que « nous avons atteint les limites de la négociation », comme le prétend le Conseil exécutif national. Il oublie encore une fois que la force du syndicat réside dans ses membres. Si on ne met pas en jeu la conscience et la supériorité numérique des travailleurs, comment peut-on dire que nous avons atteint la limite de ce que nous pouvons obtenir par la négociation ?

Dans l'immédiat, la seule façon de garantir la sécurité des travailleurs des postes est de rejeter l'entente de principe et de dire clairement à Postes Canada et au gouvernement Harper que les concessions et l'austérité sur le dos des travailleurs ne sont pas une solution.

Pour le syndicat, agir d'une nouvelle façon veut dire reconnaître que la seule garantie de notre sécurité est dans notre capacité d'organiser et de combattre pour nos droits. Cela ne peut se faire qu'en engageant les travailleurs de toutes les sections locales dans la résolution des problèmes auxquels nous faisons face. Si la « négociation collective » est chose du passé, alors la paix industrielle est chose du passé elle aussi. Nous devons mettre le poids de toute l'organisation derrière la lutte des travailleurs à l'échelle du pays parce que les conditions de travail sont devenues intenables. C'est ainsi que nous allons créer des organisations combatives dans le syndicat au niveau local qui mobilisent la vaste majorité des travailleurs. C'est de cela que nous avons besoin en ce moment et pas du scénario d'apocalypse que nous présente le Conseil exécutif national.

Pour changer la situation il nous faut d'abord rejeter cette entente de principe et préparer les travailleurs pour les batailles à la défense de leurs droits.

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Recommandations de voter contre

Mark Platt, président du local 548 de Hamilton, octobre 2012

[...] Comme vous le savez sans doute déjà, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) a conclu des ententes de principe pour les unités de négociation des opérations urbaines, rurales et suburbaines. Les votes de ratification ont lieu tout au long de novembre et décembre. À Hamilton, nous voterons le 3 décembre pour les membres des opérations urbaines et le 5 décembre pour les unités rurales et suburbaines. Les sections locales vont envoyer des bulletins d'information aux babillards et aux délégués syndicaux. [...]

Le Comité exécutif national du STTP recommande à ses membres de voter en faveur des ententes de principe. Il considère qu'il est préférable d'avoir une entente négociée maintenant, malgré les nombreux reculs, que d'attendre que le gouvernement nomme un autre arbitre qui pencherait sans doute en faveur d'une offre finale de Postes Canada qui serait sans doute pire. Prenez bien soin de lire tous les bulletins qu'affiche le syndicat national sur le site et par les sections locales. Il y a eu plusieurs bulletins déjà et l'information qui est donnée aidera les membres à prendre une décision. Ces derniers pourront poser des questions aux membres du Comité exécutif sur sa décision et sur les détails des ententes. Les sections locales doivent recevoir une copie des ententes qu'elles pourront distribuer à leurs membres et nous le ferons aussitôt que possible.

L'exécutif local de Hamilton a voté à l'unanimité contre le fait de recommander à nos membres de voter en faveur des deux ententes de principe pour plusieurs raisons. Un des votes dissidents au Comité exécutif national était celui de notre directeur régional, Gerry Deveau, et il expliquera ses raisons lors des votes de ratification. Pour les unités urbaines, il était clair que la stratégie du syndicat de contester devant les tribunaux la nomination d'arbitres qui sont favorables à l'employeur ainsi que l'atteinte à leur droit à la négociation collective fonctionnait. En votant contre l'entente, ils vont rester avec la convention présentement en vigueur jusqu'à la fin de l'arbitrage, ce qui peut prendre plusieurs années et même durer jusqu'à la prochaine convention. S'ils acceptent l'offre des employeurs, la convention collective des unités urbaines entrera en vigueur en janvier 2013, c'est-à-dire dans deux mois.

Un des points qui achoppent est le programme d'Assurance-invalidité de courte durée avec la Great West Life, qui revient à remettre le pouvoir décisionnel pour les absences pour cause de maladie à une compagnie d'assurance plutôt qu'à votre médecin. Pas d'augmentation de salaire pour la quatrième année de la convention. Pas de possibilité de faire des griefs contre la Great West Life. Une réduction du salaire pour blessure au travail à 75 % alors que la Commission des accidents de travail de l'Ontario paie 85 %. Nous avons déjà de l'expérience à négocier avec la Great West Life. Son offre de 200 $ pour les employés à temps plein et de 100 $ pour ceux à temps partiel est une insulte, surtout que le SCFP et l'AOPC ont obtenu beaucoup plus comme indemnisation pour les congés de maladie. Et le plus choquant était d'entendre les médias nous annoncer que Postes Canada a versé des bonus à 7 400 administrateurs l'année dernière malgré ses prétentions d'avoir subi des pertes, qui est la raison pour laquelle elle nous demande de faire tant de concessions.

Pour les unités rurales et suburbaines, l'exécutif local n'était pas d'accord avec le modèle de zonage pour les salaires et les pertes imposées quand un employé change d'itinéraire ou lorsqu'il y a une réduction des appels de plus de 20 %. Si d'un côté il est important d'augmenter les salaires des facteurs les moins bien rémunérés, ce n'est pas juste pour ceux qui gagnent plus que d'être obligés de subir des baisses tout juste parce que les conventions en vigueur, quand ils ont été embauchés, étaient plus avantageuses. C'est aussi injuste de recevoir un salaire inférieur tout juste parce que vous vivez dans certaines régions. Postes Canada change rapidement les itinéraires des facteurs depuis un an et elle continuera de le faire si cela signifie payer les employés moins. [...]

Jeff Callaghan, directeur national pour l'Atlantique, 12 novembre 2012

On m'a demandé quelles seront les conséquences si les membres n'acceptent pas de voter en faveur de l'entente de principe pour les opérations rurales.

La conséquence est que le syndicat continuera de se préparer pour l'arbitrage sur l'offre finale et de défendre notre cause le mieux qu'il peut pour protéger et améliorer nos avantages sociaux. Cela voudrait dire également que nous continuons de nous mobiliser, de lutter et de résister aux attaques de l'employeur et du gouvernement Harper. Voter non signifierait que notre lutte pour l'équité et le respect continuerait, sur le plancher de l'usine et dans la rue.

Je reconnais que c'est une question importante et nos membres méritent de savoir, mais pour moi la question la plus sage à poser en ce moment est que nous arrivera-t-il si nous acceptons ces ententes ? Que voudra dire l'acceptation pour les travailleurs et pour le syndicat ?

La réalité est que l'acceptation de ces reculs sur le plan des salaires et des avantages sociaux aurait pour effet de créer une profonde division parmi les membres durant les années à venir; que le syndicat aurait montré à l'employeur notre disposition à faire des concessions à la moindre menace et de renoncer à des gains que nous avons obtenus de longues luttes; et surtout, que nous dirions au gouvernement fédéral que les choses marchent très bien quand il passe des lois aussi antidémocratiques que la loi C-6 ! La ministre Lisa Raitt a déjà dit publiquement qu'elle félicitait les deux parties pour avoir « négocié » une entente !

Il n'est vraiment pas réaliste de penser qu'en 2016, il y aura un employeur plus disposé à négocier ou qu'il y aura un gouvernement fédéral plus favorable aux travailleurs, ou qu'après une année sans hausse de salaire et avec des concessions majeures, les membres seront plus mobilisés.

Je crois que l'acceptation de cette entente aura des ramifications beaucoup plus ravageuses à long terme pour le syndicat et ses membres que de dire non.

La région de l'Atlantique, tous les officiers et représentants syndicaux, recommande à l'unanimité aux membres de voter contre cette entente de principe pour les opérations urbaines.

Restons forts et restons unis !

Comité exécutif de la section locale de Winnipeg

Parce que les membres ont mandaté le syndicat de négocier des améliorations aux dispositions dans la convention collective ayant trait aux avantages sociaux et à l'indemnisation qui n'ont pas été atteints;

Parce que les membres ont mandaté le syndicat de résister à toute tentative de l'employeur de diviser les membres par un système de rémunération et d'indemnisation à deux vitesses;

Les travailleurs des postes de Winnipeg ont tenu une grève
sauvage le 22 novembre 2011 pour rejeter les conditions de
travail dangereuses causées par « Les Postes modernes »,
le processus de transformation aux postes.

Parce que les membres se sont tenus fièrement debout coude à coude sur les lignes de piquetage lors des grèves tournantes et le lockout national de juin 2011 afin de parvenir à nos demandes d'équité, de respect et de partage des avantages technologiques;

Parce que les membres doivent tenir compte lors des prochaines rondes de négociations des conséquences pour le syndicat et la mobilisation des membres si des concessions sont volontairement négociées avec l'employeur à cause de la crainte engendrée par la réaction d'un gouvernement de droite qui réagirait face à la résistance des travailleurs luttant pour maintenir les acquis réalisés par les luttes passées;

Parce que l'entente provisoire de la convention collective contient des reculs touchant tous les membres actuels et futurs, qui seront presqu'impossibles de renverser lors des futures rondes de négociation alors que Postes Canada paie des primes généreuses à ces cadres de la haute direction et subalternes;

Parce que Postes Canada et le gouvernement fédéral doivent comprendre que les travailleurs des postes ne vont pas accepter passivement les attaques contre notre droit de négocier librement notre convention collective et vont lutter pour la justice;

Le comité exécutif de la section locale de Winnipeg recommande que les membres votent NON à la ratification de la version provisoire du projet d'entente sur l'exploitation postale urbaine.

LES TRAVAILLEURS DES POSTES MÉRITENT MIEUX !

Le comité exécutif de la section locale de Vancouver

Attendu que le texte de l'entente provisoire contient des concessions et des reculs significatifs sur des gains acquis durant des années de négociation;

Attendu que le comité exécutif de la section locale de Vancouver croit que les intérêts des membres seraient mieux servis en continuant de lutter pour les droits acquis au fil des années;

Attendu que nous devons continuer à lutter pour le programme raisonnable de demandes que les membres ont endossées;

Attendu que les membres du STTP ont appuyé un vote historique en faveur d'une grève pour faire valoir leurs demandes;

Il est résolu que le comité exécutif de la section locale de Vancouver recommande aux membres de la section locale de Vancouver de voter contre le projet d'entente sur l'exploitation postale urbaine lors des votes de ratification en novembre et décembre 2012.

Et qu'il soit aussi résolu que:

Le comité exécutif fera tous les efforts pour communiquer aux membres les conséquences possibles d'un vote en faveur ou contre, avant la tenue des votes de ratification.

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Projet de loi antisyndical du gouvernement Harper

Un avis juridique conclut que le projet de loi
C- 377 ciblant les syndicats est inconstitutionnel

Le 31 octobre, le Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) a reçu un avis juridique l'avisant que le projet de loi C-377, Loi modifiant la Loi de l'impôt sur le revenu (exigences applicables aux organisations ouvrières), est inconstitutionnelle. L'auteur, Alain Barré, est un avocat et un professeur de droit du travail, département de relations industrielles de l'Université de Laval, à Québec.

Le projet de loi cible les syndicats par le biais d'un système onéreux de déclaration publique non requise de toute autre organisation ou entreprise. Il a été déposé le 5 décembre 2011 à titre de projet de loi émanant d'un député par le député conservateur Russ Hiebert. Il forcerait notamment les syndicats à divulguer toute transaction individuelle de plus de 5000 $ et à identifier les deux parties à la transaction ainsi que l'objet et la description de l'opération. Des paiements effectués à des employés, cadres et administrateurs devront être déclarés, ainsi que le pourcentage de temps consacré aux activités politiques et de lobbying. Cette information serait affichée sur le site Web de l'Agence du revenu du Canada.

L'auteur de l'avis écrit : « Si le Projet de loi C-377 devait être adopté, puis entrer en vigueur, la loi pourrait certainement être déclarée 'inopérante' par les tribunaux canadiens sur la base de l'article 52 (1) de la Loi constitutionnelle de 1982 : son contenu est incompatible avec le partage de la compétence législative établi par la Constitution du Canada. »

L'expert juridique fait valoir que l'essence du projet de loi n'a rien à voir avec la Loi de l'impôt sur le revenu et tout à voir avec la réglementation des activités syndicales, une question qui est de compétence législative provinciale et non fédérale.

« Le projet de loi, tel que rédigé, est totalement invalide étant donné que sa ' substance ' même porte sur un domaine relevant de la compétence exclusive des provinces canadiennes », écrit M. Barré.

Le syndicat a présenté devant le Comité des finances un mémoire dans lequel il fait valoir que le projet de loi, en plus d'être incompatible avec le partage des compétences entre les gouvernements provinciaux et fédéral, est inutile parce que les syndicats divulguent déjà l'information sur leurs finances. Il fait aussi remarquer que le projet de loi contrevient à la Charte des droits et libertés. De plus, l'organisation syndicale déclare que le personnel additionnel requis pour traiter des rapports financiers du syndicat signifie des coûts financiers énormes pour le gouvernement et cela contrevient à la politique de « rigueur budgétaire ». Le président du syndicat a invité les membres du Comité des finances à recommander le rejet du projet de loi.

Le SPGQ représente quelque 23 000 professionnels du gouvernement, dont environ 16 300 dans la fonction publique, 3800 à l'Agence de revenu du Québec et quelque 3000 en santé, éducation et dans les sociétés d'État.

Mémoire du Syndicat canadien des communications,
de l'énergie et du papier (extraits)

Pour sa part, le syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) soutient que cette loi va affaiblir les organisations syndicales et les prend à partie en exigent des rapports financiers qui ne sont pas requis des organisations d'employeurs ou autres organisations de ce genre.

Dans son mémoire présenté au Comité permanent des finances qui étudie le projet de loi, le SCEP fait remarquer que « le projet de loi permettrait aux employeurs et aux groupes antisyndicalistes d'obtenir des informations détaillées sur les dépenses d'un syndicat, aux frais des contribuables et des organisations syndicales. Ainsi, ces personnes obtiendraient une connaissance sans précédent sur le syndicat avec lequel elles négocient. Elles pourraient obtenir des informations qui menaceraient un jour ou l'autre les droits à la négociation collective ainsi que les campagnes de recrutement. Aux États-Unis, une banque de données similaire mise sur pied par l'administration George Bush est utilisée par des entreprises antisyndicales pour affaiblir la position des travailleurs.

« L'adoption d'une réglementation nécessaire pour promulguer une loi forçant les syndicats à publier tous les détails de leurs dépenses entraînera de nouvelles dépenses publiques inutiles. Par exemple, il sera nécessaire de débourser pour les honoraires de nombreux vérificateurs et comptables afin d'administrer la procédure de dépôt. Il en coûterait des dizaines sinon des centaines de millions de dollars à l'ARC pour compiler des rapports détaillés déposés par 55 organisations syndicales nationales et internationales comptant plus de 25 000 sections locales, plus d'une douzaine de fédérations provinciales et territoriales ainsi que 130 conseils du travail.

« Les rapports détaillés exigés par le projet de loi C-377 menaceront les droits individuels à la vie privée. En vertu de la loi proposée, les régimes de pension et d'avantages sociaux associés aux syndicats (qui ne sont pas financés par des cotisations syndicales ni administrés par les syndicats) seront tenus de divulguer publiquement ' le nom et l'adresse ' des personnes qui reçoivent une prestation de plus de 5 000 $ ainsi que la ' description ' des prestations payées. Ces rapports pourraient comprendre des renseignements médicaux personnels. Selon le conseiller juridique du régime de retraite du SCEP, Koskie Minsky, s.r.l. :

« Bien que le projet de loi soit présenté comme un amendement à la Loi de l'impôt sur le revenu, il n'a vraiment rien à voir avec la fiscalité, mais vise plutôt à compliquer le fonctionnement des syndicats comme force progressiste dans la société canadienne. Il entraînera des dommages collatéraux sur les fonds de pension et d'avantages sociaux, même ceux qui n'ont rien à voir avec la façon dont les syndicats dépensent leur argent [...] Ce projet de loi vise plutôt à compliquer le fonctionnement des syndicats et des régimes d'avantages sociaux. Le United States Office of Management and Budget estime qu'aux États-Unis, la préparation des formulaires en vertu d'une législation similaire exige environ 550 heures de travail annuellement de chaque syndicat. La transparence est un objectif primordial de tous les syndicats, mais seulement en ce qui concerne leurs propres membres. Les syndicats et les régimes de retraite doivent être transparents à l'égard de leurs membres et bénéficiaires, mais il n'existe aucune justification pour exiger une divulgation publique complète des détails relatifs à la façon dont l'argent est dépensé ni de raison pour permettre une invasion aussi flagrante de la vie privée qu'entraînera le projet de loi C-377 s'il est adopté. » (Koskie Minskie s.r.l., Pension and Benefits Report, édition de l'automne 2012)

Le SCEP continue : « Le projet de loi ainsi que les amendements proposés sont inadéquats pour protéger la vie privée. De façon générale, la Loi de l'impôt sur le revenu prévoit que la divulgation des renseignements fiscaux est traitée de façon confidentielle, mais le projet de loi C- 377 rendra toutes les informations disponibles au grand public. En obligeant les syndicats à détailler les paiements de plus de 5 000 $ versés aux cabinets d'avocats, le projet de loi C-377 menace le secret professionnel. Nous croyons que la collecte de ces renseignements constitue une invasion dans la vie privée des Canadiennes et Canadiens.

« Ce projet de loi est discriminatoire. L'ARC a répertorié plus de 90 000 organisations considérées comme sans but lucratif.

« Cependant, le gouvernement conservateur n'exige pas que d'autres associations professionnelles dont les membres versent des frais ou des cotisations, notamment l'Association médicale canadienne ou les ordres des avocats, se soumettent aux dispositions du projet de loi C-377. Le Congrès du travail du Canada écrit : 'Aucune organisation au Canada, pas une seule société cotée en bourse ni aucun des 85 917 organismes caritatifs inscrits auprès de l'ARC ni aucune des quelque 90 000 organisations à but non lucratif, sauf les organisations syndicales, ne sera tenue de divulguer des renseignements confidentiels de la façon dont ce projet de loi l'exigera des syndicats.' Les partisans du projet de loi C-377 justifient ce projet de loi en évoquant l'argument que les syndicats sont subventionnés par les contribuables puisque les membres peuvent déduire leurs cotisations de leurs revenus imposables. Cette affirmation est tout simplement fausse. Le même article de la Loi de l'impôt sur le revenu qui permet la déduction des cotisations syndicales permet également à tout contribuable membre d'une association professionnelle, notamment celles mentionnées plus haut (l'Association médicale canadienne et les ordres d'avocats), de déduire également leurs cotisations professionnelles. [...]

« Le projet de loi exige que les syndicats établissent 'le pourcentage de temps consacré à des activités politiques et de lobbying.' Cette information est extrêmement difficile à cerner. Une représentante ou un représentant syndical peut, lors de la même journée de travail, prêter main-forte à une négociation en avant-midi, joindre des piquets de grève en après-midi et prendre la parole lors d'un forum contestant une législation forçant un retour au travail en soirée. Quelle proportion de ces activités pourrait être considérée comme du lobbying ou des activités politiques ? Cet aspect du projet de loi C-377 est une attaque contre la décision de la Cour suprême du Canada dans l'affaire Lavigne, qui protège le droit des syndicats de s'impliquer dans des activités politiques sans restriction. »

Le SCEP représente quelque 110 000 travailleurs partout au pays dans la foresterie, l'énergie, les télécommunications, les médias et autres secteurs.

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Les scientifiques et professionnels du gouvernement défendent les services publics et s'opposent aux mises à pied

Rassemblement sur la Colline du parlement


Vendredi le 16 novembre
11 h 40 -- Rassemblement devant l'hôtel Delta, 101, rue Lyon
11 h 55 -- Marche en direction du parlement
12 h 15-12 h 45 -- Rassemblement devant le parlement
Pour l'affiche, cliquer ici.
Organisé par l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada

Le vendredi 16 novembre, l'Institut professionnel de la fonction publique de Canada (IPFPC) tient un rassemblement sur la Colline du parlement pour défendre les services publics et pour s'opposer aux mises à pied et aux coupures rétrogrades imposées par le gouvernement Harper.

L'IPFPC déclare dans son invitation : « Les Canadiens veulent de l'eau et des aliments salubres et sains, mais les nombreuses réductions de services du gouvernement compromettent la qualité de ces produits de première nécessité, et de plus encore. Ces compressions irresponsables menacent le bien-être et la sécurité des Canadiens. CELA DOIT CESSER ! »

La tenue du rassemblement concorde avec la première journée de l'Assemblée générale annuelle de l'IPFCP. Celui-ci affirme que ses membres dans la région de la capitale nationale ainsi que ses délégués à l'AGA « défileront au centre-ville d'Ottawa pour défendre les services publics et ils aimeraient que vous vous joigniez à eux. Les participants se rassembleront en face de l'hôtel Delta City Centre, sur la rue Lyon, à 11 h 40, et commenceront le défilé à 11 h 55 pour arriver sur la Colline parlementaire à 12 h 15. Le président de l'Institut, Gary Corbett, et d'autres invités de marque s'adresseront à eux, puis le rassemblement prendra fin à 12 h 45. »

Avec ses 60 000 membres, l'IPFPC est l'un des plus grands syndicats au Canada composé de scientifiques et de professionnels travaillant aux paliers fédéraux, provinciaux et des territoires.

La toute dernière ronde de coupures aux services publics fédéraux a eu lieu le 25 octobre alors que 94 employés de Conseil national de recherche (CNR), qui oeuvrent dans diverses régions du pays, ont été avisés que leurs services pourraient prendre fin sous peu. Ces employés sont des scientifiques, des chercheurs, des agents d'expansion des entreprises qui travaillent dans les divisions des sciences de la vie, de l'ingénierie et de la gestion des affaires, divisions que l'on retrouve à Halifax, à Moncton, à Fredericton, à London, à Régina, à Winnipeg et à Ottawa.

Il s'agit d'une deuxième ronde de coupures au Conseil national de recherche depuis le dépôt du budget 2012. Plus tôt cette année, une trentaine de chercheurs et de scientifiques de l'IPFCP ont reçu de tels avis. Les coupures au CNR mettent fin aux recherches en matériels médicaux touchant à la neuroscience, la résonance magnétique, l'électroencéphalographie ainsi qu'à l'imagerie médicale, la spectroscopie et l'acquisition de données obtenues par magnétoencéphalographie.

« Nous voilà devant un autre exemple de la part du gouvernement d'une approche illogique envers le CNR, a dit le président de l'IPFPC, Gary Corbett. L'importante contribution de la recherche gouvernementale envers le progrès scientifique dans l'intérêt public est encore une fois diminuée. Les futures activités du CNR seront dictées par les exigences du marché et par la commercialisation. Désormais, la recherche publique et les retombées économiques qui proviennent d'études qui sont à la fine pointe de la science ne serviront plus les Canadiens. »

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Appel urgent au ministre de l'Environnement de ne pas poursuivre sa vente secrète de la région des lacs expérimentaux au secteur privé

L'Institut professionnel du service public du Canada (IPSPC) prête sa voix aux scientifiques chevronnés et à divers porte-paroles pour exiger du ministre de l'Environnement, Peter Kent, qu'il empêche sur-le-champ son gouvernement de privatiser la région des lacs expérimentaux (RLE) et de mettre à risque la capacité du Canada d'assurer la santé de ses lacs et la viabilité de ses ressources d'eau douce.

Une nouvelle circule à l'effet que le ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO) s'apprête à céder la région des lacs expérimentaux (RLE) à un exploitant privé, et cette nouvelle a incité scientifiques et experts à interpeller le ministre de l'Environnement et à exiger qu'il assume ses responsabilités et qu'il empêche son gouvernement d'abandonner cette ressource scientifique de renommée internationale.

« La région des lacs expérimentaux est un acquis scientifique qui n'a pas de prix et qui est parfaitement conforme au mandat d'Environnement Canada », dit Gary Corbett, président de l'IPSPC. « Franchement, le ministre Kent devrait apprécier le fait qu'il a la collaboration de la RLE lui permettant d'acquitter ses responsabilités de défendre un environnement durable et sécuritaire pour les Canadiens. »

Dans sa lettre ouverte publiée aujourd'hui, la Coalition pour sauver la RLE, une organisation nationale de scientifiques et de citoyens ordinaires, a exigé du ministre Kent qu'il conserve la RLE en tant que programme scientifique public pour s'assurer que la recherche dans la RLE continue de répondre aux priorités gouvernementales, qu'il continue de guider toute politique publique et qu'il demeure dans l'intérêt public. La Coalition demande au ministre d'intervenir pour céder la RLE ainsi que son équipe scientifique à Environnement Canada (EC) afin qu'elle demeure un programme public et qu'elle relève du gouvernement du Canada. [...]

(IPSPC, 9 novembre 2012)

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Le rapport du vérificateur général souligne les risques importants liés aux compressions dans la fonction publique et à la sous-traitance

Les conclusions du rapport de l'automne 2012 du vérificateur général, publiées au début de la semaine, n'ont rien de surprenant pour l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, qui représente plus de 5 000 employés touchés par le démantèlement de l'infrastructure publique de notre pays entrepris par le gouvernement.

Selon le rapport, le gouvernement fédéral dépense annuellement des milliards de dollars sur des entrepreneurs externes sans avoir évalué pleinement les coûts, les avantages et les risques que cela implique. La situation est particulièrement grave à Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC) et à Santé Canada, deux ministères qui consomment ensemble 25 % du budget de sous-traitance fédéral. Le rapport met également en évidence les préoccupations persistantes relatives à la vulnérabilité du Canada aux cyberattaques touchant notamment certaines parties importantes de l'infrastructure nationale, dont les systèmes informatiques du gouvernement fédéral, le réseau électrique, et les réseaux de télécommunication.

« Le rapport du vérificateur général ne pouvait viser plus juste », lance le président de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, Gary Corbett. « Cela confirme ce que les employés de la fonction publique disent depuis le début : on ne peut pas éliminer des milliers d'emplois de la fonction publique pour les donner à des entrepreneurs du secteur privé et conserver le même niveau de protection, de sécurité et de responsabilité financière. Les Canadiens savent qu'il y a un véritable prix à payer pour les compressions que le gouvernement ne cesse d'imposer à la fonction publique du pays ».

« Ce n'est pas par hasard que près de 1 400 membres de l'Institut employés dans ces deux ministères ont reçu un 'avis d'employé touché' cette année et que des centaines d'autres ont été mutés à Services partagés Canada avant même qu'un plan détaillé n'ait été mis en place », conclut M. Corbett. [...]

(IPFPC, 26 octobre 2012)

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