Le

                              Marxiste-Léniniste

Numéro 115 - 8 novembre 2012

Dépôt du budget du gouvernement Marois le 20 novembre

Non à l'hystérie du déficit zéro pour imposer
la primauté du droit de monopole


Dépôt du budget du gouvernement Marois le 20 novembre
Non à l'hystérie du déficit zéro pour imposer la primauté du droit de monopole

Opposition au diktat antiouvrier des monopoles mondiaux
La Pocatière: Grève à Bombardier pour les emplois et les conditions de retraite
Shawinigan: Les travailleurs de General Cable face à la tentative de démanteler leur convention collective

Opposition à l'offensive antisociale en Ontario
Ce qui se trame contre les travailleurs du secteur public pendant la prorogation
Vaste opposition aux mesures d'austérité visant les travailleurs - Christine Nugent


Dépôt du budget du gouvernement Marois le 20 novembre

Non à l'hystérie du déficit zéro pour imposer
la primauté du droit de monopole

Le 5 novembre, Nicolas Marceau, ministre des Finances et de l'Économie du Québec, a annoncé que son gouvernement déposera le 20 novembre un budget pour l'année 2013-2014. Selon les observateurs, il est exceptionnel de présenter un budget à l'automne. La dernière fois remonte à novembre 2001, quand Pauline Marois, alors ministre des Finances, avait déposé un budget pour « stimuler l'économie à la suite des attentats du 11 septembre ».

Certains disent que cette mesure exceptionnelle est prise pour garantir que certaines mesures ne seront pas menacées par un vote de confiance plus tard, puisque ni les libéraux ni les caquistes ne sont disposés à renverser le gouvernement à l'heure actuelle. D'autres disent que c'est pour se dépêcher à rassurer les milieux financiers concernant le respect des objectifs budgétaires établis. Ou serait-ce que le gouvernement Marois aimerait garantir la réalisation des demandes de l'oligarchie financière mais de façon «équilibrée», en tenant compte des demandes populaires et en essayant de satisfaire les deux? Si c'est le cas, il faut reconnaître que cela a déjà été tenté par d'autres et que ça n'a pas marché. Malgré toutes les bonnes intentions, cela ne peut pas être fait parce que l'oligarchie financière en demande toujours plus et les prescriptions néolibérales sont définies dans les capitales financières du monde et les conseils d'administration des grands monopoles mondiaux, plutôt que par les besoins du peuple et du Québec. La volonté de «tenir compte» des demandes du peuple amène justement à poser la question de qui décide. Si ce n'est pas le peuple, c'est qui?

Le gouvernement libéral de Dalton McGuinty en Ontario a lui aussi tenté cette «approche équilibrée» mais il est maintenant en crise parce que l'oligarchie financière en demande toujours plus et ne tolère plus d'attendre ou de faire des compromis. C'est la même chose partout au Canada. Il y a un assaut généralisé contre les droits du peuple: des lois sont adoptées pour briser la capacité de défense des syndicats; des campagnes médiatiques et juridiques sont lancées pour criminaliser ceux qui défendent les droits; des ententes secrètes sont conclues avec les monopoles sur l'exploitation des ressources; des manoeuvres frauduleuses permettent à des monopoles de voler les pensions des travailleurs, d'abaisser les conditions de travail en recourant à la sous-traitance, etc.

C'est pourquoi la réalisation d'un équilibre budgétaire nous échappe constamment. L'équilibre budgétaire est constamment redéfini. Au Québec on l'avait atteint avec le « consensus social » de Lucien Bouchard, par des compressions drastiques dans les programmes sociaux, mais ensuite quelqu'un a trouvé une « erreur » de comptabilité et on a tout simplement reculé l'horloge. L'offensive antisociale s'est donc poursuivie à fond de train sous le gouvernement Charest. Le nouveau gouvernement du Parti Québécois trouve à son tour des « imprévus » et menace maintenant d'être obligé de réduire «les mesures coûteuses» (c-à-d les programmes sociaux et les services pubics).

Alors qui va décider des piorités budgétaires? La recherche d'un équilibre en l'absence d'un mouvement politique qui affirme les droits de tous fait place à une offensive continuelle contre le peuple et ses droits, tandis que les réclamations des tondeurs de coupons sont considérées comme intouchables.

Le journal Les Affaires dit qu'« en bousculant l'agenda, le gouvernement péquiste veut manifestement rassurer les milieux d'affaires sur le respect de son engagement de revenir à l'équilibre budgétaire en 2013-2014 ». La presse annonce par ailleurs que Pauline Marois se rendra à New-York en décembre pour rencontrer de hauts dirigeants des agences de cotation de crédit. Elle devrait leur présenter le plan de retour à l'équilibre budgétaire de son gouvernement, qui, comme celui du gouvernement Charest, prévoit l'atteinte du « déficit zéro » au terme de l'année financière 2013-2014.

« Nous avons constaté des dépassements de coûts importants dans plusieurs projets d'infrastructures et le prolongement de mesures coûteuses dans un contexte budgétaire difficile, dit le ministre des Finances. De plus, l'utilisation par l'ancien gouvernement de la compensation de 2,2 milliards $ pour l'harmonisation des taxes de vente afin de combler le déficit, sans l'identification des gestes récurrents qui s'imposent pour le maintien de l'équilibre budgétaire, s'est avérée un choix particulièrement mal avisé dans les circonstances puisqu'il reste un écart additionnel de 875 millions $ qu'il faudra résorber dans moins de deux ans. »

Selon Le Soleil, le budget comprendra un nouveau palier d'imposition pour les revenus supérieurs à 100 000 $ qui servira à financer la nouvelle taxe santé, comme déjà annoncé, mais limitera également la croissance des dépenses à 2 %, et non plus à 2,4 % et reverra le rythme des investissements dans les infrastructures. Les Affaires affirme que « Québec se prépare à annoncer de nouvelles mesures, soit de compression des programmes sociaux, soit d'augmentation des revenus, soit les deux à la fois. »

Raymond Bachand, porte-parole du Parti libéral du Québec en matière de Finances, a dit que c'est l'incapacité du gouvernement Marois à contrôler ses dépenses qui compromet l'atteinte de la cible de 1,5 milliards $ de déficit et le retour à l'équilibre budgétaire. Il ajoute à l'hystérie à propos des « investisseurs» et de la cote de crédit en disant: « L'improvisation du Parti Québécois provoque de l'incertitude et un ralentissement des investissements au Québec. [...] Nous demandons à ce gouvernement de faire preuve de responsabilité en contrôlant ses dépenses et en arrêtant les annonces électoralistes. »

Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, dit quant à lui:  « Je suis convaincu qu'on va trouver une façon de s'arranger avec le gouvernement pour que dans le discours, peut-être, on ajoute ou qu'on fasse des ajustements d'une sorte ou l'autre [...] J'ai été très clair, on n'ira pas défaire un gouvernement sur un discours. Par contre, s'il y a des mesures dans un budget déposé d'ici le 15 novembre qui ne font pas notre affaire, on n'hésitera pas et les 19 députés seront en Chambre. » Il a déjà averti que la hausse d'impôt, quelle qu'elle soit, fait partie de mesures « qui ne font pas notre affaire».

Il faut refuser de se soumettre à l'hystérie des investisseurs et des agences de cotation de crédit car cela détourne l'attention de la justesse des réclamations des travailleurs et du peuple. Il faut s'opposer à l'idée qu'il est extrémiste de vouloir que le gouvernement arrête de payer les riches. Ce n'est pas du tout extrémiste, c'est une question de principe. En effet, c'est au peuple de décider comment ses richesses vont être utilisées et partagées. Cela peut se faire équitablement seulement si c'est basé sur la réalisation des droits de tous et la défense du droit public. C'est de cette façon que la société sera en mesure d'ouvrir la voie au progrès. C'est la soumission au droit de monopole qui est extrémiste et qui doit cesser. Oui, il faut négocier avec les intérêts financiers, mais quand est-ce qu'une négociation inclut vendre sa mère? Jamais!

Arrêtons de payer les riches!
Augmentons les investissements dans les programmes sociaux!

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Opposition au diktat antiouvrier des monopoles mondiaux

La Pocatière: Grève à Bombardier pour
les emplois et les conditions de retraite


La Pocatière, 1er novembre 2012

Le 1er novembre, excédés par le refus de Bombardier de négocier sérieusement avec eux et même de présenter une offre globale après 39 séances de négociations, les travailleurs de Bombardier de La Pocatière ont déclenché la grève. Ils font du piquetage 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et demandent l'appui de tous les travailleurs de la région, un appui qu'ils méritent pleinement puisque leur combat en est un pour la préservation des emplois manufacturiers avec des conditions décentes à l'usine et dans toute la région du Bas Saint-Laurent.

Les grandes questions en litige dans la grève sont la sous-traitance, le régime de retraite et les salaires. La convention collective est échue depuis le 30 septembre 2011 et les choses n'ont toujours pas bougé, même après 39 rencontres. Les travailleurs ont d'ailleurs décidé de sortir en grève suite à deux journées de négociations devant le conciliateur les 30 et 31 octobre derniers lorsque les représentants de Bombardier ont présenté des offres sur des points spécifiques qui selon les travailleurs sont des reculs même par rapport au contenu de la convention collective échue il y a plus d'un an. Quelques jours avant d'aller en grève, le 27 octobre, les travailleurs avaient voté à plus de 95 % des membres présents un mandat de grève pour faire pression sur la compagnie afin qu'elle se décide à négocier sur la base de leurs demandes et préoccupations. Les travailleurs en grève sont membres du Syndicat des employés de Bombardier de La Pocatière affilié à la CSN. Ils sont environ 330 travailleurs actifs en ce moment et ils produisent des wagons de métro.

Même si peu de détails ont filtré sur les négociations, c'est connu que la question première pour les travailleurs est de limiter la sous-traitance qui abaisse le nombre d'employés à l'usine encore plus vite que les changements technologiques. En 2006, les travailleurs de la production étaient plus de 1000 à l'usine et aujourd'hui ils ne sont plus que 330 environ. La sous-traitance à Bombardier se fait à la fois au sein des usines de l'empire Bombardier à travers ses usines du Canada, des États-Unis et du Mexique et elle se fait aussi par l'envoi de travail autrefois effectué par les travailleurs de Bombardier vers des usines appartenant à d'autres entreprises. Bombardier déplace sa production sans aucun égard à l'impact que cela a sur les travailleurs et les communautés et sans même donner d'explication.

La destruction du secteur manufacturier est justifiée en invoquant le dogme néolibéral que les travailleur sont un « coût » et non pas ceux là mêmes qui créent toute la richesse, et qu'il est nécessaire de réduire ces « coûts » pour être concurrentiel sur les marchés mondiaux. Les travailleurs n'acceptent pas de voir disparaître leur moyen de subsistance. L'usine de La Pocatière est l'une des seules des grosses usines manufacturières qui restent dans la région et toute réduction de l'activité à l'usine a vite des répercussions sur l'activité industrielle de toute la région.

La plus grosse question en ce qui concerne la sous-traitance concerne l'octroi en 2010 du contrat de fabrication de la nouvelle flotte de 468 wagons pour le métro de Montréal. Quelque temps avant d'obtenir le contrat, Bombardier avait décidé, en invoquant le Buy America Act, de transférer la part de la fabrication des wagons pour le métro de Chicago, qui se faisait à La Pocatière, à son usine de Plattsburgh. Les travailleurs de La Pocatière ont toujours dit que cet argument de Bombardier était faux et intéressé puisque dans leur activité de production des wagons de métro pour les villes américaines, ils utilisaient depuis longtemps des composantes fabriquées aux États-Unis et respectaient les pourcentages requis par la législation américaine. Malgré cela, pour éviter des procédures légales très onéreuses à contester le geste de Bombardier, les travailleurs se sont saisis de l'occasion du contrat de Montréal pour signer une entente avec Bombardier selon laquelle les pièces primaires de même que les sous- ensembles mineurs et majeurs des wagons de Montréal seraient construits à La Pocatière.

Les travailleurs disent que Bombardier a violé cette entente et que la compagnie fait fabriquer ces composantes là où bon lui semble. Le syndicat a levé un grief à ce sujet qui sera entendu d'ici la fin de l'année. C'est donc d'autant plus important pour les travailleurs de faire inscrire dans la convention des limitations à la sous-traitance afin de faire tout en leur possible pour préserver les emplois manufacturiers à l'usine et dans la région.

Le Marxiste-Léniniste appuie fermement le juste combat des travailleurs de Bombardier contre la destruction du secteur manufacturier.

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Shawinigan: Les travailleurs de General Cable face à la tentative de démanteler leur convention collective

Les travailleurs de General Cable à Shawinigan sont sous le coup des demandes de leur nouvel employeur, le monopole américain General Cable, qui équivalent à une réécriture complète de leur convention collective. L'usine faisait partie de Cable Alcan, une division de Rio Tinto Alcan jusqu'à l'été 2012 lorsque RTA l'a vendue à General Cable. Le monopole américain est un des plus gros producteurs de câbles pour les secteurs des communications et de l'énergie avec 55 usines dans 25 pays.

L'usine de Shawinigan produit notamment des bandes plates en aluminium de même que des câbles d'aluminium pour Hydro-Québec qui servent à amener le courant des centrales hydro-électriques jusqu'à leur point d'utilisation. Les quelque 130 travailleurs de l'usine Saint-Maurice sont membres du Syndicat national de l'usine Saint-Maurice affilié à la CSN.

Le 17 septembre, la convention collective d'une durée de cinq ans avec Rio Tinto Alcan est venue à terme. Lorsque les représentants du syndicat se sont présentés à la table de négociations, ils se sont vite aperçus que General Cable voulait démanteler leur convention collective et ne se cachaient même pas de ne vouloir rien négocier du tout avec le syndicat.

« Quand nous nous sommes assis à la table de négociations, a dit au LML Steve Dupont, président du syndicat de l'usine, le représentant de la compagnie nous a dit que l'offre de la compagnie n'était pas à prendre point par point mais comme un tout. Il a ajouté que la compagnie avait besoin que le tout soit accepté par nous, et que cela n'était pas négociable. Nous avons dit qu'alors il n'y aura pas de négociations ! Il a dit que non, la compagnie va faire une restructuration complète de l'usine. Il n'y a pas de choix. Vous devez accepter l'offre dans son ensemble. »

« Ils sont arrivés avec des coupures de salaires de 25 % à 30 %, selon les métiers », a dit Dupont au journal Le Nouvelliste. « Si on calcule également le fonds de pension, les avantages sociaux qu'ils veulent nous enlever, je dirais que la diminution frôle même 35 % à certains endroits. Ça n'a pas de sens. »

Les travailleurs qu'on appelle les remplaçants sont censés quant à eux subir une coupure de salaires de 20 %. Ce sont les travailleurs engagés le plus récemment à l'usine. Ils n'ont pas de poste préétabli, mais sont utilisés pour faire des remplacements, par exemple lorsqu'un travailleur est malade. Leurs conditions de travail sont inférieures à celles des autres. Les autres principaux points des demandes de General Cable concernent le fonds de pension et la sous-traitance.

« Notre fonds de pension a été transféré dans une fiducie. Il va falloir qu'on négocie la structure du fonds de pension. C'est une grande source d'inquiétude pour les gens. Pour l'instant, le fonds de pension est appliqué comme il l'a toujours été. Mais ils doivent enregistrer un nouveau régime et on ne sait pas comment cela va fonctionner. Est-ce qu'il va être à prestations déterminées ou à cotisations déterminées, nous ne le savons pas. Tout ça reste à être négocié. De la sous-traitance, on n'en a pas encore et on veut que ça reste comme ça. Dans leur offre il y a un article qui parle de la sous-traitance. Nous avons des concierges bien rémunérés et ils veulent nous les enlever et donner leurs emplois en sous-traitance. On ne veut pas laisser rentrer cela. Remarquez qu'avec les coupures de salaires qu'ils nous demandent, on peut dire qu'ils veulent nous traiter tous comme des sous-traitants. »

En plus des demandes de concessions, la compagnie a mis à pied environ 20 travailleurs remplaçants ces deux dernières semaines.

Le président du syndicat a dit au LML que les travailleurs sont prêts à se battre si la compagnie ne recule pas dans son diktat et ses demandes de concessions.

« La compagnie ne veut pas que cette usine devienne une usine-étalon pour ses autres usines en vertu de nos bonnes conditions. Elle veut nous ramener au niveau des conditions de travail de son usine de Saint-Jérôme. (Steve Dupont se réfère ici à la lutte très âpre que les travailleurs de l'usine de Saint-Jérôme ont livrée pendant plus d'un an en 2008-2009 contre les demandes de concessions de General Cable. Les travailleurs avaient été capables d'écarter certaines des concessions, mais leurs conditions de travail s'en étaient tout de même trouvé amoindries — NDLR). En fait, l'offre qu'ils nous ont faite est plus basse que celle qu'ils avaient faite à Saint-Jérôme au début de leurs négociations. Nous n'allons pas accepter ça. Depuis que nous avons été achetés d'abord par Rio Tinto et maintenant par General Cable, nos conditions de travail n'ont cessé de s'amoindrir. Nous sommes déterminés à nous battre si la compagnie ne recule pas et nos travailleurs portent en ce moment des macarons qui expriment leur solidarité avec le comité de négociation. On va mettre plus de pression sur la compagnie si elle ne retire pas ses demandes inacceptables. »

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Opposition à l'offensive antisociale en Ontario

Ce qui se trame contre les travailleurs
du secteur public pendant la prorogation
de l'Assemblée législative


Le gouvernement libéral de l'Ontario vient d'annoncer ses couleurs sur la question des régimes de retraite à cotisations déterminées de 227 000 travailleurs des services publics en soins de santé et des collèges communautaires. C'est la toute dernière manoeuvre du gouvernement McGuinty dans sa vaste offensive contre les droits et les moyens de subsistance des travailleurs du secteur public ontarien, et ce, pendant que l'Assemblée législative est prorogée.

Le 23 octobre, le ministre ontarien des Finances Dwight Duncan a dit qu'il avait réussi à imposer des changements aux cotisations gouvernementales touchant aux régimes de retraite des travailleurs du secteur public. Duncan a fièrement annoncé aux médias que ces changements permettront au gouvernement de ne pas respecter ses engagements envers ses cotisations au régime de retraite de l'ordre de 1,5 milliards $ au cours des cinq prochaines années.

Lors de l'annonce, Duncan a même vanté le fait que la prorogation antidémocratique de l'Assemblée législative par le Parti libéral s'était avérée une stratégie des plus efficaces pour imposer l'offensive néolibérale des riches. « Les ententes que nous venons de conclure sont la preuve vivante que le gouvernement peut accomplir son travail même lorsque l'Assemblée n'est pas en session », a-t-il affirmé aux médias.

Ces mesures changeront la donne en ce qui touche aux prestations de retraite des nouveaux retraités qui verront leurs prestations diminuer si les méthodes frauduleuses servant à calculer le régime de retraite venaient à découvrir des « déficits ». Advenant un revenu moindre des fonds de placement, on fera payer ce manque à gagner aux retraités, transformant dans les faits ces régimes à prestations déterminées en une sorte de régime hybride à cotisations déterminées.

L'annonce de Duncan a été faite au lendemain de rencontres le 22 octobre avec les partenaires syndicaux des régimes de pension. Bien qu'on prétende qu'il s'agisse de « négociations », ces rencontres se sont tenues dans une ambiance de menace puisque Duncan a laissé entendre que le gouvernement imposerait ces changements par le biais de mesures législatives s'il n'y avait pas d'entente avec les partenaires syndicaux des régimes. Les régimes de retraite affectés sont le Healthcare of Ontario Pension Plan (HOOP), le régime de retraite du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (OPSEUPP) ainsi que le régime de retraite des Collèges des arts appliqués et de technologie (CAATTPP) :

Régimes de pension du secteur public du grand Ontario
Syndicat des employés de la fonction publique: 47 000 membres
Teacher's Pension Plan: 175 000 membres
Healthcare of Ontario Pension Plan: 170 000 membres
Collèges des arts appliqués et de technologie: 19 000 membres

Il semblerait qu'au cours des rencontres, Duncan ait proposé un compromis pour restreindre, du moins de façon temporaire, le plan d'imposer une absorption des régimes de pension des travailleurs du secteur public par des « superfunds ». Le OPSEUPP et le CAATTPP ont été exemptés du projet d'amalgamation des fonds promu par le conseiller spécial de Dwight Duncan sur la réforme des régimes de pension des travailleurs du secteur public, Bill Morneau. Il y a à l'heure actuelle une certaine discussion parmi les travailleurs à l'effet que cette menace d'imposer l'absorption des régimes de pension n'aurait été qu'une façon de faire pression sur les copartenaires des régimes syndicaux.

Les partenaires syndicaux du régime des enseignantes et enseignants de l'Ontario refusent les changements imposés par le gouvernement à leur régime de pension. Il s'agit d'un des régimes de retraite le plus important au pays et ses membres ont refusé de s'en laisser imposer. De surcroît, les enseignants de l'Ontario ont déjà subi de sérieuses réductions de leurs prestations de retraite ces dernières années. Aussi, les ajustements face à l'inflation pour les enseignants prenant leur retraite après 2010 ont été réduits tandis que les cotisations payées par les enseignants actifs ont monté en flèche. Devant le refus des enseignants, Duncan a riposté par de nouvelles menaces : « Nous avons toujours les moyens de forcer une entente par voie de législation, mais je crois qu'il y a encore espoir qu'ils reviennent sur leur décision. »

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a aussi refusé d'endosser les changements. Le SCFP représente 30 000 travailleurs d'hôpitaux dans des centaines d'unités de négociation qui sont membres du HOPP — soit 18 % des membres actifs du HOPP. Dans son arrogance, Duncan a tout simplement réduit l'opposition du SCFP à une question « interne entre les membres du conseil d'administration du HOPP ».

Les changements que le gouvernement ontarien cherche à imposer aux travailleurs au moyen de chantage et de menaces poussent les régimes de pension des travailleurs du secteur public dans une direction diamétralement opposée à celle exigées par la classe ouvrière. Les travailleurs à travers le pays mènent une lutte pour défendre leurs régimes de retraite à prestations déterminées, à la fois pour ceux qui en bénéficient déjà, mais aussi pour les futurs retraités de sorte à ce que tous soient protégés par le gouvernement.

Pour les travailleurs, la lutte pour les régimes de retraite en tant que droit pour chaque travailleur et travailleuse de prendre sa retraite dans la dignité et la sécurité doit être gagnée. Les attaques du gouvernement libéral ne réussiront qu'à attiser l'opposition à sa croisade antiouvrière ainsi que la crise de légitimité qui tenaille le Parti libéral au pouvoir.

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Vaste opposition aux mesures d'austérité
visant les travailleurs


Le 18 octobre, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) section Ontario a organisé une réunion de délégués de tous les secteurs syndicaux à Richmond Hill. Les participants y ont adopté à l'unanimité une résolution à l'effet de déclencher une campagne à l'échelle de la province et dans tous les secteurs pour défendre les droits des travailleurs contre les attaques menées contre eux. Le SCFP-Ontario représente 230 000 travailleurs du secteur public, qui travaillent en soins de santé, dans les municipalités, dans les services sociaux, dans Hydro One et Ontario Power Generation, pour des agences à but non-lucratif qui reçoivent des subventions provinciales, ainsi qu'en éducation. Le secteur de l'éducation comprend 55 000 secrétaires, gardiens, éducateurs spécialisés, éducateurs de la petite enfance, moniteurs, bibliothécaires, surveillants de dîners et autres personnels de soutien des écoles anglaises, françaises, publiques, séparées, primaires et secondaires de l'Ontario.

Le but premier de la réunion : organiser la résistance à la mise en oeuvre de la loi 115, Loi donnant la priorité aux élèves, adoptée récemment par le gouvernement McGuinty dans le but d'attaquer les droits des enseignants et des travailleurs de l'éducation.

Les délégués ont aussi discuté de l'avant-projet de loi, la Loi protégeant les services publics qu'a annoncé le ministre des Finances, Dwight Duncan, le 26 septembre, et qui fait partie des efforts déployés par le gouvernement McGuinty pour réduire les programmes sociaux de 13 milliards $, détruire les services publics et réduire le nombre de travailleurs qui fournissent et qui défendent ces services.[1]

« La réponse claire de nos délégués nous donne un mandat sans équivoque pour la mobilisation intense de nos membres de Kenora à Cochrane, de Windsor à Cornwall, et dans tous les coins de l'Ontario», a dit le président du SCFP Ontario, Fred Hahn. « En adoptant à l'unanimité la résolution du SCFP-Ontario, les responsables de secteurs ont exprimé leur engagement et leur détermination à ne pas laisser passer des lois qui en bout de ligne minent les droits de tous les travailleurs », a-t-il dit.

« Nous prendrons toutes les mesures à notre disposition pour défendre les droits du peuple », a déclaré Candace Rennick, secrétaire-trésorière du SCFP-Ontario. « L'énergie dégagée aujourd'hui est palpable et les délégués vont transmettre cette énergie dans chacune de leurs communautés. Nous les aiderons dans cette mobilisation du début à la fin de cette campagne. »

Pour des informations au sujet de cette campagne et comment participer aux évènements dans votre communauté et dans l'ensemble de la province, visitez le site web de SCFP Ontario.

Note

1. Pour en savoir plus long au sujet de la Loi protégeant les services publics, voir le Ontario Political Forum du 1 octobre 2012 - volume 2, numéro 1

(Traduction: LML)

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