Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 114 - 5 novembre 2012

Nouvelle session de l'Assemblée nationale du Québec

Une nouvelle direction pour le Québec
est toujours à l'ordre du jour

Nouvelle session de l'Assemblée nationale du Québec
Une nouvelle direction pour le Québec est toujours à l'ordre du jour - Christine Dandenault
Ce que les travailleurs disent

La fraude électorale aux États-Unis
Une «coalition de centristes» est en train de naître
Le «précipice fiscal» et un congrès dysfonctionnel


Nouvelle session de l'Assemblée nationale du Québec

Une nouvelle direction pour le Québec
est toujours à l'ordre du jour

Dans son discours inaugural intitulé « Un mandat pour remettre de l'ordre et bâtir un Québec pour tous », le gouvernement du Parti Québécois cherche à ménager la chèvre et le chou. Et comme on le sait, cette position n'a pas d'avenir. Comme l'indiquait Le Marxiste-Léniniste au lendemain du discours inaugural, ce qu'il faut c'est une position tranchée : ou bien le gouvernement va soutenir le droit public ou il va continuer de faire primer le droit de monopole.

Il y a beaucoup d'illusions entretenues dans le discours, illusions de changement et faux espoirs, quand on sait que l'élément essentiel pour le progrès de la société québécoise est totalement absent, soit la nécessité d'investir le peuple des moyens de prendre les décisions qui le concernent et de contrôler leur application. Les projets de loi et réformes annoncés concernant la corruption du processus politique ne font qu'effleurer le problème et continuent dans la tradition du rapiéçage d'institutions démocratiques dépassées par les besoins d'un corps politique moderne. La marginalisation du peuple, le fait qu'il soit retourné au rôle de spectateur après avoir forcé la défaite du gouvernement libéral de Jean Charest, est l'indication première du mal de ce système démocratique anachronique. Les jeunes, les travailleurs, les femmes et les différents collectifs de la société sont laissés au rancart. L'ordre du jour est décidé d'avance, même les objectifs budgétaires du gouvernement libéral sont maintenus et on assiste à des tractations de coulisses pour essayer de créer un « consensus » entre les partis à l'Assemblée nationale, qu'on voudra ensuite présenter comme un consensus du peuple. Et pourtant rien n'est plus loin de la réalité. Le peuple continue de réclamer ses droits, ses programmes sociaux, le contrôle de ses ressources, la protection de son environnement et son droit de décider de ses affaires.

Où sont les travailleurs forestiers dans la discussion sur la crise de l'industrie forestière ? Où sont les enseignants et leurs demandes dans la discussion sur les problèmes de l'éducation, le décrochage ? Où sont les infirmières, les médecins, les préposés quant aux besoins criants dans le secteur de la santé ? Ils sont absents et on y entend plutôt les phrases qu'utilisaient les libéraux : « Nous allons relancer l'économie en commençant par les investissements privés et faire en sorte que le Québec trouve le chemin d'une prospérité durable, qui profitera à tous. »

Au niveau des finances publiques, Mme Marois a assuré la galerie qu'elle maintient l'objectif du gouvernement précédent d'atteindre le déficit zéro au terme de l'année fiscale 2013-2014, et celui de faire passer de 55 % à 45 % du produit intérieur brut le poids de la dette en 2025. On revient au dogme néolibéral du déficit zéro et de réduire le poids de la dette comme prétendu condition nécessaire à la réalisation des droits des Québécois. Le cap est maintenu pour payer les riches. Payer la dette, c'est payer les riches, et atteindre le déficit zéro, c'est pour payer les riches. Le consensus politique du peuple, c'est qu'il faut garantir en pratique les droits de tous et que les finances publiques et subventions aux entreprises et tout le reste doivent être au service de cet objectif. C'est la seule façon de résoudre la crise de légitimité et d'engager le peuple dans un consensus politique auquel il peut adhérer.

Il est frappant que dans le discours inaugural et les tractations entre le gouvernement et l'opposition par médias interposées, il n'y a pas un mot par exemple sur les mises à pied qui ne cessent de frapper les travailleurs du Québec. Seulement dans les deux dernières semaines, 300 employés de la Banque nationale ont appris qu'ils perdraient leur emploi ; 150 chez Transcontinental, 300 licenciements, principalement à Montréal chez le géant de l'industrie pharmaceutique Pfizer. Le gouvernement n'a pas annoncé qu'il compte protéger ces travailleurs, opposer et restreindre le droit de monopole de faire comme bon leur semble, qu'il veut mobiliser le peuple du Québec pour stopper cette destruction du moyen de subsistance. L'occasion est là de faire du changement, de « mettre de l'ordre » dans l'intérêt public. Mais il semble que « le Québec pour tous », ce soit le business as usual.

Le business as usual n'est pas une solution. Une nouvelle direction pour le Québec qui affirme la défense du bien public et des droits de tous demeure à l'ordre du jour.

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Ce que les travailleurs disent

Le travail politique du Parti marxiste-léniniste du Québec dans les places de travail et dans les quartiers et maisons d'éducation sur la nécessité d'un mouvement politique indépendant de la classe ouvrière suscite beaucoup de discussions. Les gens sont préoccupés par beaucoup de questions. Ils cherchent ce qui leur échappe car ils n'ont pas de contrôle sur ce qui se passe, sur leur vie quotidienne, leur moyen de subsistance, leur avenir, leur travail et leurs richesses.

Une employée de bureau chez Radio-Canada : la situation est très difficile à Radio-Canada. À mon retour de vacances cet été, mon poste avait été coupé. On m'a replacé, mais pour combien de temps ? Cela fait longtemps que je dis à mes collègues que Harper est en train de détruire Radio-Canada. Il y a six mois, il y avait eu des coupes budgétaires massives. Et la Société Radio-Canada vient d'annoncer encore de nouvelles compressions de 28,4 millions $ sur deux ans. Elle dit que cela aura un impact sur la programmation, mais aussi sur tous ceux qui y travaillent. On produira moins d'émissions d'origine canadienne et les rediffusions d'anciennes émissions sont plus nombreuses. Il y a aussi nos collègues des régions qui sont durement touchés. C'est bon ce que vous faites. Je vous remercie.

Un retraité de Nortel : Quand j'avais 52 ans, on m'a demandé à plusieurs reprises de prendre ma retraite et j'ai finalement accepté. Je pensais avoir assez de ma pension pour bien vivre avec mon épouse pour mes vieux jours. En 2009, Nortel Networks a amorcé sa restructuration financière sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) au Canada. Moi et plus de 19 000 personnes dans trois pays ont été touchés. On a annoncé que les retraités québécois ne toucheraient que 57 % de leurs pensions. À 62 ans, on m'a annoncé que je perdais 500 $ par mois sur ma retraite. C'est une situation insoutenable. Il nous reste un goût amer car ces entreprises agissent avec impunité. Il faut que ça change.

Une travailleuse dans un CHSLD détenue par Groupe Savoie : Je sais de quoi vous parler. Des concessions, c'est tout ce qu'ils veulent. Ils ne veulent rien payer. On est actuellement en négociation au CHSLD où je travaille. Le CHSLD du groupe Savoie, c'est le premier centre d'hébergement et de soins de longue durée en partenariat public privé (PPP). On est le premier CHSLD du groupe qui s'est syndiqué. Les travailleurs et travailleuses chez nous gagnent en moyenne 40 % de mois que ceux en CHSLD public pour un travail équivalent. Les infirmières sont payées à 17 $ l'heure, les préposés 11 $ l'heure pour prendre soin des personnes âgées. Rien ne justifie que les salariés de notre CHSLD en PPP soient traités différemment de ceux du réseau public. Pourtant, c'est le cas. J'ai hâte de lire ce que les travailleurs ailleurs disent et font pour combattre les concessions. Mais on ne va pas lâcher.

Une mère de famille : Avec le nouveau gouvernement, il faut rester vigilant. J'ai été très contente qu'on mette les libéraux dehors aux élections, en particulier Jean Charest. C'était une petite victoire. Quand il racontait qu'il défendait la démocratie en opposant la rue, j'étais révoltée. Car la démocratie, c'est la rue, c'est les gens qui veulent se faire entendre parce qu'on ne les écoute pas. Il donne les définitions qu'il veut contre la réalité. Mais avec le nouveau gouvernement, il faut faire attention. Par exemple, pourquoi le gouvernement Marois a changé son fusil d'épaule sur la taxe santé ? C'était une bonne chose et on y tenait.

Un pompier de la ville de Montréal : Je suis bien intéressé de savoir ce que les travailleurs font ailleurs. Chez nous, la Ville demande des concessions de l'ordre de 7 millions $ aux pompiers sur le régime de retraite. On fait des moyens de pression depuis des mois et rien ne bouge. Ils viennent de conclure une entente avec les cols bleus parce que la ville va fêter son 375e anniversaire bientôt et voudraient qu'on fasse de même. Mais on ne peut pas plier sur la retraite.

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La fraude électorale aux États-Unis

Une «coalition de centristes» est en train de naître

Dans une annonce surprise, le maire de la ville de New-York, Michael R. Bloomberg, a donné son appui à Barack Obama. Bloomberg qui se présente comme un « indépendant » et est reconnu comme étant « un modéré », lance l'appel à mettre fin à l'impasse actuelle au Congrès et à travailler de façon « bipartisane ». En tant que maire, il dirige aussi ce qu'il appelle une des « plus grandes armées » au pays, faisant allusion au service hautement armé de la police de New York (NYPD) et à l'immense bureaucratie du gouvernement municipal. Le NYPD qui travaille aussi directement avec la CIA a ses propres chars d'assaut, hélicoptères et missiles.

Colin Powell, ancien secrétaire d'État et président de l'État-major des forces armées, a aussi annoncé qu'il appuyait Obama comme il l'a fait en 2008. Comme Bloomberg, Powell est considéré comme « un modéré », lui aussi partisan de la « bipartisannerie ». Il a aussi appuyé les guerres d'Obama en Irak et en Afghanistan. Le porte-parole d'Obama, Jen Psaki, a dit que la campagne est devenue « très excitante » suite à cet appui. « Nous croyons que c'est un message sans équivoque sur la raison pour laquelle il doit retourner pour quatre autre années en tant que Commandant en chef. » C'est un indice que le rôle d'Obama durant la période à venir sera celle de Commandant en chef et qu'il doit s'assurer que le trésor public sera utilisé pour les visées des guerres étasuniennes dans un contexte où l'économie ne montre pas de signes de reprise.

Après avoir répété qu'il n'appuierait publiquement aucun candidat et après avoir maintes fois critiqué autant Obama que Romney, Bloomberg a changé son fusil d'épaule. Il semble que l'ouragan Sandy est une des raisons principales. Le 1er novembre, il a annoncé qu'il appuyait Obama en disant que « la dévastation qu'a causé l'ouragan Sandy à la ville de New York et à une grande partie du nord-est, en termes de perte de vies, de destruction de maisons et d'entreprises, a mis en relief d'une manière sans équivoque les enjeux de l'élection présidentielle de mardi. Les inondations et les incendies qui ont ravagé notre ville ont laissé sur leur passage une telle destruction qui va nécessiter des années de travail de reconstruction. En moins de 14 mois, deux ouragans nous ont forcés à évacuer des quartiers, une chose que notre gouvernement n'a jamais faite auparavant. Si c'est une tendance, c'est insoutenable. Notre climat est en train de changer. Et même si l'augmentation des changements climatiques extrêmes que nous avons vécus à New York et ailleurs dans le monde est ou n'est pas le résultat de cela, le risque que cela peut être le cas, simplement en observant ce qui s'est passé cette semaine, doit forcer nos dirigeants élus à agir immédiatement. »

Bloomberg qui publie un blog intitulé Bloomberg News, a titré son éditorial : « Un vote pour le président qui va prendre le dessus face aux changements climatiques ». Il écrit : « Nous avons besoin de leadership à la Maison blanche et durant les quatre dernières années, le président Barack Obama a fait des pas importants pour réduire nos émissions de carbone dont les normes environnementales plus strictes quant aux émissions provenant des véhicules et des camions. Son administration a aussi adopté des contrôles plus sévères quant aux émissions de mercure, ce qui va entraîner la fermeture des centrales thermiques au charbon les plus polluantes (un effort que j'ai appuyé par le biais de mes activités caritatives) qui tuent annuellement selon les estimations 13 000 Américains. »

Bloomberg prétend que Romney a « changé de cap » en ce qui a trait aux questions de changements climatiques. Il a dit que « Si une version 1994 ou 2003 de Mitt Romney se présentait comme candidat à la présidence, j'aurais pu voter pour lui car, comme de nombreux indépendants, j'ai trouvé que les quatre dernières années ont été décevantes.

« En 2008, Obama s'est présenté comme quelqu'un qui peut sur une base pragmatique apporter des solutions et rassembler tout le monde. Mais en tant que président, il n'a pas dévoué beaucoup de temps et d'effort à développer et soutenir une coalition de centristes, ce qui nous a fait perdre espoir à un quelconque progrès sur les questions des armes illégales, l'immigration, la réforme fiscale, la création d'emplois et la réduction du déficit. Et plutôt que d'unir le pays autour d'un message de partage des sacrifices, il s'est employé à mener des attaques partisanes et a épousé un ordre du jour populiste pour diviser les gens, tout en se concentrant sur la redistribution de la richesse plutôt que de la créer. »

Il continue en disant qu'Obama a réalisé quelques victoires importantes. Bloomberg a dit à propos d'Obama et « son programme en éducation intitulé Race to the Top, dont une grande part a été combattue par les syndicats d'enseignants, une base d'électeurs traditionnellement voués au Parti démocrate, a permis de mettre en place des réformes tant attendues partout au pays, donnant aux diverses autorités locales le pouvoir de renforcer l'imputabilité au niveau de chaque classe et d'augmenter le nombre d'écoles à vocation privée. Sa loi sur les soins de santé, malgré tous ses défauts, va permettre de fournir une assurance à ceux qui en ont le plus besoin et de sauver des vies ».

Il conclut en disant qu' « aucun des candidats a mentionné quelles sont les décisions difficiles qu'il va devoir prendre pour remettre sur les rails notre économie tout en équilibrant le budget. Mais, au bout du compte, ce qui compte ce n'est pas la forme que prend une proposition particulière ; c'est le travail qui doit être accompli pour rassembler les membres du Congrès à trouver des solutions bipartisanes ». Il a dit qu'Obama pourra réussir s' « il écoute les gens des deux côtés de la clôture et gagne la confiance des modérés ».

Une coalition de modérés

Dans un contexte où la machine des deux partis est en train de se désintégrer et que des candidats se présentent sur une base individuelle avec leur propre organisation appuyée par des factions rivales parmi les riches, la solution recherchée n'est pas d'unir les deux partis. Ce n'est pas ce qui est sous-entendu par la bipartisannerie. Au contraire, l'appel est de mettre sur pied une « coalition de centristes » qui va travailler ensemble pour « en arriver à des solutions bipartisanes ». Bloomberg, lui-même un milliardaire et un représentant de Wall Street, se positionne pour faire partie de ce groupe de « modérés » et participer à sa création.

Bloomberg, avec l'ancien secrétaire d'État Gates, l'ancien président de l'État-major des forces armées Mike Muller et maintenant probablement Colin Powell, font tous partie des forces « bipartisanes » et « modérées », tout comme Bill Clinton qui est probablement le meilleur exemple de ce qu'est un « centriste ».

Est-ce qu'un marché a été conclu pour rallier Bloomberg à cette « coalition de centristes » ? Est-ce que ces forces forment un comité pour garantir le contrôle sur la trésorerie ? Ou peut-être pour avoir une place dans la prochaine administration américaine ?

Si c'est le cas, cela veut dire qu'Obama a ses forces qui contrôlent à la fois les villes de Chicago et New York ainsi que leurs immenses forces policières. Cela veut aussi dire que de nombreuses différentes alliances s'activent pour mettre en place cette « coalition de centristes ». Si Obama peut réussir à unir ces différentes forces, comme l'indique ces récents appuis, c'est une preuve de plus que les cercles dirigeants le voient comme le champion qui peut préserver l'Union selon les conditions de la présente guerre civile froide qui deviendrait réelle. Il est celui qui peut réussir à accaparer la trésorerie de l'État pour la remettre directement dans les mains des monopoles financiers, maintenir la répression du peuple tout en maintenant l'Union entière, du moins c'est ce qu'espère l'élite dirigeante.

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Le «précipice fiscal» et un congrès dysfonctionnel

À l'approche du jour d'élection il y a une désinformation omniprésente sur ce qu'on appelle aux États-Unis le « précipice fiscal ». C'est en référence aux compressions budgétaires automatiques, notamment dans les forces armées, une hausse d'impôt pour la majorité des citoyens et, encore une fois, l'atteinte du « plafond de la dette », tout cela durant la session du Congrès qui siègera entre l'élection du 6 novembre et l'assermentation le 3 janvier 2013.

Les cercles dominants et les médias monopolisés font référence à certains éléments précis, comme les compressions de 50 % des budgets de tous les départements en vertu du mandat de la loi de 2011 sur le contrôle budgétaire si un nouveau budget n'a pas été adopté d'ici l'assermentation. Cela comprend le Pentagone aussi bien que les programmes sociaux. Évidemment, on veut tout faire pour empêcher une compression automatique des budgets militaires. On veut aussi d'autres compressions dans les programmes sociaux. Et ce, en dépit des sondages qui indiquent que la majorité des Américains sont contre les guerres dans lesquelles les États-Unis sont engagés et réclament un effort sérieux pour redresser les programmes sociaux.

Les financiers monopolistes disent que le pays sera acculé au « précipice fiscal » si le Congrès n'agit pas immédiatement. Ils proposent entre autres la création d'un comité des « modérés » sous la présidence de l'Office du Président pour établir un budget et éviter le précipice. Ils menacent de grande incertitude et instabilité si le Congrès et le Président ne mettent pas « de l'ordre dans la maison ». Les financiers et les médias exigent du Congrès qu'il fasse immédiatement des compressions dans les programmes sociaux. L'ancien secrétaire à la Défense Gates dit que c'est un cas de « tout ou rien ».

Le Congrès de 2011 s'était donné plus d'un an pour résoudre les conflits, mais ça n'a pas suffit. Il est maintenant dysfonctionnel. Les vieux arrangements permettant de régler les différents, basés sur les accords entre les deux partis des riches et leurs machines, qui agissent à l'aide d'intermédiaires, ne fonctionnent plus.

Les conflits au sein des cercles dirigeants s'accentuent rapidement, et c'est ce qui rend le Congrès dysfonctionnel. On demande que le pouvoir exécutif établisse un comité prétendument bipartisan pour assurer le contrôle du pouvoir de dépenser. Obama serait le héros du jour en protégeant l'union contre le danger de guerre civile, et c'est pourquoi il cite constamment Abraham Lincoln pour décrire sa situation. Il a dit que « le leadership est, plus que toute autre chose, une affaire de tracer le trajet et de décrire une vision pour le peuple. Abraham Lincoln avait bien compris que nous formons une et une seule nation. Et il a fallu une guerre civile et de terribles souffrances pour réaliser cette vision. »

En tant que président et commandant en chef, Obama est responsable de maintenir l'Union qui exige le maintien d'une continuité dans la gouvernance. Le Congrès ne fonctionne plus malgré qu'il ait le contrôle de la trésorerie publique. De nouveaux arrangements sont requis qui vont dans le même sens que l'importante augmentation des pouvoirs exécutifs sous Bush et Obama. La dernière session du Congrès avant que les coupures soient appliquées de manière automatique, semble être l'arène où doit se décider de tels arrangements. La campagne de peur à propos du « précipice fiscal » est une forme de tromperie du public comme quoi un grand danger existe qui ne peut être résolu que si le « Commandant en chef » prend le contrôle de la trésorerie publique. Qui cela va servir est facilement envisageable.

Parmi les questions clés qui ne sont pas adressées dans le cadre de cette diversion qu'est le « précipice fiscal », il y a le financement des guerres sans fin et le rapatriement des troupes, une façon majeure de réduire le déficit, renforcer l'économie et contribuer à la paix mondiale. Aussi, il n'y a aucune discussion sur la question même de geler les paiements de la dette à l'oligarchie financière, une autre source de financement à la portée du Congrès. Étant donné le fait que l'oligarchie financière est avant tout responsable de la crise économique actuelle et que les travailleurs n'en sont pas responsables, le gel des paiements de la dette serait la mesure évidente à prendre.

Au lieu de cela, le contenu principal des propositions vient des mêmes oligarques financiers qui mettent de l'avant encore plus de coupures massives aux programmes sociaux, incluant l'assurance-maladie et la sécurité sociale. Cela veut aussi dire que les travailleurs gouvernementaux vont éventuellement faire face à des mises à pied et aussi à des coupures dans les pensions et avantages sociaux.

Leurs diverses propositions fiscales n'incluent pas des augmentations des impôts des entreprises ou même des garanties qu'ils seront payés. Ils n'incluent pas l'exigence que si des fonds sont garantis en mettant fin aux « évasions » fiscales ou en éliminant les déductions, ils doivent être utilisés pour rembourser les dettes gouvernementales, avant tout à eux-mêmes et à leurs intérêts privés. Cela veut dire garantir que les États-Unis font leurs paiements aux monopoles financiers sur la dette, qui est évaluée à environ à 500 milliards $ sur une base annuelle.

Tout cela confirme que la « coalition des centristes » qui va probablement être mise sur pied advenant l'échec du Congrès va guider le « comité du budget » sous l'égide du président. Les membres de cette coalition de soi-disant centristes vont probablement être nommés à des postes au sein du cabinet. C'est la prochaine étape de la mainmise de l'autorité publique par les intérêts privés.

La promotion de la notion de « précipice » est une façon de justifier cette manoeuvre, pour convaincre le public de sa nécessité à l'heure où le peuple est atterré par l'effondrement du rêve américain, la promesse de prospérité, de bonheur et d'espoir de l'Amérique. Ce rêve américain devait être rétabli par Obama au cours des quatre dernières années pour que les Américains puissent surmonter l'humiliation des atrocités que lui ont fait subir l'administration Bush. Les années de l'administration Bush avaient laissé le rêve américain en lambeaux. Or, le refus des élites dominantes de permettre les changements nécessaires aujourd'hui et leurs efforts pour dépolitiser le corps politique ont créé une situation où les sentiments d'humiliation sont submergés par les sentiments de désespoir, à défaut de quoi ils pourraient éveiller une résistance qui mène à des changements fondamentaux dans les structures politiques et économiques des États-Unis d'Amérique. Entre-temps, les élites dominantes continuent de se servir du pouvoir d'État pour piller et détruire leur propre pays et piller les peuples du monde et l'animal finira pas se dévorer lui-même.

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