Le Marxiste-Léniniste

Numéro 109 - 26 octobre 2012

Ouverture de l'Assemblée nationale le 30 octobre

Le gouvernement Marois prépare
son agenda parlementaire

Ouverture de l'Assemblée nationale le 30 octobre
Le gouvernement Marois prépare son agenda parlementaire

À titre d'information
Le ministre des Finances énonce la position du gouvernement sur la taxe santé et les hausses d'impôts
Projet de loi sur le financement des partis politiques

Entraînement tactique de militaires dans le port de Montréal
Non à la militarisation de l'espace public! Non à la propagande de guerre dans le port de Montréal!


Ouverture de l'Assemblée nationale le 30 octobre

Le gouvernement Marois prépare
son agenda parlementaire

La 40e législature de l'Assemblée nationale issue de l'élection du 4 septembre ouvrira sa première session parlementaire le 30 octobre. Pendant que le nouveau gouvernement du Parti québécois prépare les priorités qu'il énoncera dans son discours inaugural, un climat de tractations s'est installé par lequel le système de partis de cartel  agit dans le sens de priver le peuple de la possibilité d'exercer un contrôle sur les décisions prises au parlement. La voix des travailleurs, des jeunes, des femmes et de tous ceux qui réclament leurs droits et la préservation du bien public est complètement marginalisée. Cela se fait au nom de la « civilité » et de la « coopération » à l'Assemblée nationale.

Le 5 octobre, le ministre des Finances Nicolas Marceau a déposé le Rapport mensuel des opérations financières. Il a annoncé qu'« un premier examen des finances publiques indique que les risques concernant la situation budgétaire sont plus sérieux que ne l'avait laissé entendre mon prédécesseur », mais que « cela ne nous empêche pas de réaffirmer l'engagement du gouvernement à respecter les objectifs budgétaires » fixés par le gouvernement libéral. Il a rappelé que « l'adoption de la Loi sur l'équilibre budgétaire et l'atteinte du déficit zéro sont deux réalisations d'un gouvernement du Parti québécois » et que le déficit pour 2012-2013 sera maintenu à 1,5 milliard $.

Il y a donc un « trou » de 1,6 milliard $ laissé par le gouvernement libéral pour l'année 2012-2013, dit-il. Il s'agit de 1,1 milliard $ de dépenses non prévues et d'un déficit additionnel de revenus de 500 millions $ qu'il attribue à une croissance moins rapide de l'économie du Québec pour l'année qui vient. Quelques jours après l'élection du 4 septembre, Raymond Bachand, alors encore ministre des Finances, avait évalué le trou causé par le dépassement des dépenses à 800 millions $ et dit que « ces dépassements sont chose courante ».

Puis le 10 octobre, le ministre des Finances a rendu publique la position officielle du gouvernement concernant la promesse d'abolir la taxe santé imposée par le Parti libéral (voir les détails dans le rapport ci-dessous). La « contribution santé » sera maintenue, a-t-il dit, mais appliquée d'une façon plus progressive pour aider « ceux qui sont les plus pénalisés par la taxe santé libérale ». Pour compenser la perte de revenus que cela représente pour le gouvernement, il y aura une hausse d'impôt de 1,75 % pour les personnes avec un revenu imposable de 100 000 $ et plus, contrairement à la position de septembre de hausser de 4 % l'impôt des revenus supérieurs à 130 000 $ et de 7 % celui des revenus supérieurs à 250 000 $ et d'augmenter l'impôt sur les gains en capital. Le ministre Marceau a dit que cette décision est un « compromis » entre la position initiale du Parti Québécois et les hauts cris lancés par les libéraux et la Coalition Avenir Québec à l'effet que cela allait « faire fuir » les investisseurs et que c'était irresponsable. C'est donc un « compromis » entre trois positions favorables au transfert de la richesse de la société entre les mains des monopoles les plus influents par la politique néolibérale d'imposition des individus à tous les niveaux.

Le fait que le peuple est à nouveau devenu spectateur dans les prises de décisions qui le concernent est encore plus évident dans le spectacle quotidien du bulletin de nouvelles de 18 heures avec ses révélations chocs sur l'étendue de la corruption et de la collusion dans l'industrie de la construction. Le Québec s'enfonce un peu plus chaque jour dans la crise de légitimité de ses institutions démocratiques et les révélations de la Commission Charbonneau font ressortir l'urgence du renouvellement de la démocratie.

Un des premiers projets de loi que présentera le gouvernement de Pauline Marois sera un amendement pour renforcer la loi 35 adoptée à l'unanimité en décembre dernier pour « prévenir, combattre et sanctionner certaines pratiques frauduleuses dans l'industrie de la construction ». La loi 35 avait elle-même été adoptée pour renforcer la Loi sur le bâtiment de manière à ce qu'un entrepreneur de la construction reconnu coupable de fraudes fiscales ne puisse plus soumissionner sur un contrat du gouvernement. Durant la campagne électorale, tous les partis se sont engagés à « colmater les brèches » de la loi 35 que font ressortir les révélations sur la corruption et collusion dans l'industrie de la construction. Les détails du projet de modification du nouveau gouvernement ne seront rendus publics qu'au moment du dépôt, selon la ministre du Travail Agnès Maltais.

D'autre part, le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, a annoncé qu'il déposera un projet de loi modifiant la loi sur le financement électoral. Il abaissera le plafond des dons individuels aux partis politiques de 1000 $ à 100 $ et éliminera le crédit d'impôt pour contribution politique. Mais pour compenser les pertes de revenus que cela entraîne pour les partis, le gouvernement augmentera le financement public des partis politiques.

Il s'agit donc d'une continuation des réformes de la loi électorale qui ont comme logique que la solution à la corruption est de financer les partis à même les fonds publics, puisque le financement privé est porteur d'influence. En 2010, le gouvernement de Jean Charest avait déjà modifié la loi électorale pour accroître le financement public des partis. Ce qui est remarquable, c'est que le financement public des partis politiques commencé dans les années 1970 avec pour prétendu objectif de décourager la corruption de l'« argent privé », n'a pas ralenti cette corruption, bien au contraire. Le Parti marxiste-léniniste du Québec avait fait valoir lors des audiences sur la loi de 2010 que pour éliminer l'avantage indu des partis de cartel, il faut exiger que l'État finance le processus, et non pas les partis politiques, que la responsabilité de l'État est de s'assurer que les électeurs soient informés des positions de tous les partis et candidats.

L'élection avait d'abord commencé comme un référendum sur la vision de société, c'est-à-dire la vision antisociale et antinationale des libéraux au service des monopoles mondiaux ou la vision du bien commun et de maîtrise de nos ressources que les jeunes et les travailleurs avaient réussi à faire entendre haut et fort. Les partis au pouvoir et dans l'opposition ont d'abord concédé sur la question des droits de scolarité,  sur l'abolition de la taxe santé et sur la demande que l'exploitation de nos ressources profite aux communautés et au développement économique indépendant parce que c'était incontournable. Mais aussitôt l'élection terminée, le Parti libéral, la Coalition Avenir Québec et le Parti québécois ont déclaré que la seule demande véritablement incontournable était celle de l'oligarchie financière qui exige que l'État paie les riches. La « lutte au déficit » qui est un moyen pour payer les riches est devenue un absolu, le point de départ et la chose sur laquelle « tous les partis » peuvent et doivent s'entendre.

Exigeons des comptes de tous les députés de l'Assemblée nationale pour leur rappeler que leur devoir est envers l'intérêt public, pas envers les dogmes inventés par les riches et leurs représentants politiques pour mettre les ressources de l'État et de la société au service des intérêts privés de la minorité riche.

Ne pas accepter les dogmes du néolibéralisme, cela exige que les travailleurs, les jeunes, les femmes et ceux qui luttent pour leurs droits examinent tout ce qui se passe à la lumière de leurs intérêts, des droits de tous et de l'intérêt public.

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À titre d'information

Le ministre des Finances énonce la position
du gouvernement sur la taxe santé
et les hausses d'impôt

Le 10 octobre, le ministre des Finances Nicolas Marceau a annoncé que la taxe de 200 $ par année pour tous les citoyens gagnant plus de 14 000 $ imposée par le gouvernement libéral à partir de 2012 sera remplacée à compter de 2013 par « une contribution santé équitable et progressive qui tient compte de la capacité de payer de chacun ».

Au lieu de s'appliquer à tous ceux qui gagnent plus de 14 000 $ par année, la nouvelle taxe s'appliquera selon le niveau de revenu. Une personne avec un revenu de 18 000$ ou moins, c'est-à-dire le salaire minimum à temps plein, ne paiera plus la taxe. Une personne avec un revenu entre 20 000 $ et 40 000 $ paiera 100 $ par année au lieu de 200 $ tandis que ceux qui gagnent entre 40 000 $ et 130 000 $ continueront de payer 200 $ et ceux qui font plus que 130 000 $ devront verser une contribution graduelle pouvant atteindre 1 000 $.

Ce qui est particulièrement frappant dans les chiffres que donne le ministre est que la nouvelle formule abolit la taxe santé pour 900 000 personnes. Cela veut dire que, si on ajoute ceux qui gagnent moins que 14 000 $ par année, il y a plus d'un million de personnes au Québec qui gagnent moins que le salaire minimum à temps plein.

Puis, puisque le gouvernement considère que l'atteinte des objectifs budgétaires fixés par le gouvernement libéral pour 2012-2013 n'est pas négociable, pour compenser en partie la perte de revenus que représente la nouvelle formule de la taxe santé le gouvernement annonce qu'il y aura une hausse d'impôt de 1,75 % pour les personnes avec un revenu imposable de 100 000 $ et plus. Il n'y aura pas de hausse pour les entreprises. Le gouvernement renonce aussi à hausser l'impôt sur les gains de capital et les dividendes parce que, après révision des faits, cela pourrait toucher les individus « de la classe moyenne » qui détiennent des actifs financiers et immobiliers.

Il s'agit d'une « négociation » de la position annoncée en septembre de faire passer de 24 % à 28% le taux d'imposition des revenus supérieurs à 130 000 $ et à 31 % celui des revenus supérieurs à 250 000 $, puis de faire passer de 50 % à 75 % l'impôt pour les gains en capital et de réduire de moitié le crédit d'impôt sur les dividendes.

Le ministre Marceau a dit que cette décision est celle d'un gouvernement responsable qui, dans une situation minoritaire, doit « penser d'abord à ceux qui sont les plus pénalisés par la taxe santé libérale ». Son gouvernement a « pris le temps d'écouter et de consulter » et « tenu compte des objections soulevées » pour aboutir à ce compromis. Il fait référence aux hauts cris lancés par le Parti libéral et la Coalition Avenir Québec que la hausse d'impôt ferait fuir les investisseurs. Le ministre Marceau a dit que c'est une concession qu'il doit faire aux partis de l'opposition puisque le PQ est minoritaire. Son gouvernement respecte l'esprit de l'engagement électoral, à savoir « rétablir une progressivité et une équité dans la contribution de chacun au financement de nos soins de santé, et ce, sans incidence sur les finances publiques ».

Ce changement requiert une modification à la loi sur les impôts, ce qui signifie qu'il doit nécessairement faire l'objet d'un vote à l'Assemblée nationale. Le ministre Marceau a dit que la chose sera mise au vote à l'automne sans faute et a mis au défi les partis de l'opposition d'expliquer à la population pourquoi ils sont contre l'idée de rendre la contribution santé progressive.

Réactions des partis de l'opposition

Parti libéral: L'ancien ministre libéral des Finances, Raymond Bachand, a dit que certaines des nouvelles dispositions pouvaient être discutées. Il a dit que le Parti libéral n'est pas en désaccord avec le fait de rendre la taxe santé plus progressive. « Elle était déjà progressive, dit-il, car 1,5 million de personnes en étaient depuis le début exemptées » (référence aux personnes qui gagnent moins de 14 000 $ par année). M. Bachand a fait deux critiques. Il a dit que le PQ « trahit ses engagements envers les personnes de la classe moyenne » qui s'attendaient à ne pas payer la taxe santé en 2013. (Déclaration étonnante de la part de celui qui a institué la taxe santé!)

Par contre, il est contre la hausse d'impôt pour les personnes gagnant 100 000 $ par année et dit être « catégoriquement contre toute hausse d'impôt puisque cela nuit à la compétitivité de l'économie ».

Coalition Avenir Québec: François Legault de la Coalition Avenir Québec (CAQ) a dit qu'il s'agissait d'une proposition qui « n'est pas raisonnable ». « Le principal problème est qu'on ne vient pas soulager les personnes de la classe moyenne. En fait, toutes les personnes qui gagnent des revenus entre 42 000 $ et 130 000 $ qui s'étaient fait promettre des baisses de taxe n'auraient pas avec ces propositions une baisse de taxe. Toutes les personnes qui gagnent plus de 42 000 vont avoir une situation similaire ou pire. » Il a ajouté que « madame Marois pense que quand on gagne plus de 40 000 on ne fait plus partie de la classe moyenne » et pourtant ces gens « ont besoin d'un soulagement fiscal ».

L'autre problème, dit Legault, est l'augmentation de l'impôt. « Ce n'est pas le temps étant donné la situation qui est pire que prévu et que les autres provinces et États sont en compétition pour attirer des cadres des entreprises. Ce n'est pas le temps. Pas pour donner quelque chose aux personnes qui gagnent plus de 100 000  $ mais pour le bien de l'économie, donc pour l'ensemble des Québécois. » Il a conclu en disant que le gouvernement doit réduire les dépenses plutôt qu'augmenter les impôts.

Québec solidaire: « Nous trouvons que le gouvernement Marois a lâché le morceau bien vite face au chantage émotif des chambres de commerce et de leurs fidèles porte-voix du côté des autres partis d'opposition, a dit Françoise David. Même appliquée plus progressivement, cette taxe attaque de plein fouet la classe moyenne, les travailleurs et travailleuses qui paient beaucoup d'impôts pour de moins en moins de services publics. » Par exemple, une personne qui a un revenu net de 20 000 $ devra payer 200 $ cette année et 100 $ à l'avenir. « Ce n'est pas riche 20 000 $ de revenu ! »

Québec solidaire déplore « la timidité du gouvernement qui n'ajoute qu'un seul palier d'imposition pour les particuliers les plus fortunés », et que le ministre des Finances abandonne l'idée de réduire les crédits d'impôt sur les gains en capitaux et les dividendes.

Plutôt que de prendre des mesures qui touchent les particuliers, le co-porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir dit que le gouvernement doit aller chercher plus de revenus auprès des grandes entreprises et des institutions financières. « Des milliards leur sont octroyés en subventions et avantages de toutes sortes, leur taux d'imposition est très bas et d'autres milliards s'échappent dans les paradis fiscaux. Le gouvernement pourrait dégager rapidement des marges de maoeuvre pour les finances publiques en cessant la complaisance fiscale envers les grandes fortunes », dit-il.

Autres réactions

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) se dit déçue de la décision du gouvernement du Parti québécois « qui se voit contraint de revenir sur des engagements électoraux ». « Force est de constater que la position minoritaire du gouvernement le fait aboutir à un compromis désolant pour la majorité de la population québécoise. Il semble que la mise en scène orchestrée par les deux principaux partis d'opposition, les libéraux et les caquistes, et appuyée par les gens d'affaires l'a emporté », d'affirmer Jacques Létourneau, président par intérim de la CSN.

La CSN dit vouloir un système fiscal plus progressif. « Nous croyons qu'il est grand temps que nous retrouvions une plus grande progressivité dans notre système fiscal. Nous n'en serions peut-être pas là si le gouvernement précédent n'avait pas diminué les impôts de façon si importante en 2008, soit de près d'un milliard de dollars, et cela à la faveur des personnes dont les revenus sont les plus élevés. Par ailleurs, nous saluons l'initiative du gouvernement d'ajouter un nouveau palier d'imposition et d'augmenter le taux marginal qui s'y applique. C'est l'un des rôles de l'État, par la fiscalité, de redistribuer la richesse. Nous pensons qu'il y a là une piste intéressante à explorer pour le futur également », de rappeler Pierre Patry, trésorier de la CSN.

Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) « trouve malheureux que le Parti Québécois n'ait pas réussi à imposer sa solution d'abolir la taxe santé comme il l'avait promis en campagne électorale ». « Depuis sa mise en place par le gouvernement libéral lors du budget 2010-2011, nous avions dénoncé cette taxe inéquitable. Dans un contexte de gouvernement minoritaire, nous comprenons la nécessité d'en arriver à une proposition de compromis. Cependant, la nouvelle mouture de la contribution santé, sous des apparences de progressivité, demeurerait une taxe régressive pour les ménages de la classe moyenne puisqu'en proportion du revenu, les contribuables dont le revenu est de 42 000 $ paieront toujours autant que ceux de 130 000 $ », déclare la porte-parole du SISP, madame Louise Chabot.

Le SISP croit que le financement des services publics doit se faire par le biais du Fonds consolidé et à l'aide d'une fiscalité plus juste et plus progressive. «En outre, les entreprises québécoises ayant une imposition parmi les plus basses au monde, il y a aussi une marge de manoeuvre de ce côté que doivent choisir les élus. »

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Projet de loi sur le financement des partis politiques

Le 15 octobre, le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, a annoncé que son gouvernement déposera un projet de loi abaissant le plafond des dons individuels et augmentant le financement public des partis politiques pour compenser la perte. Le plafond des dons individuels passerait donc de 1000 $ à 100 $ et « les économies ainsi générées seraient transférées aux partis politiques en fonction des résultats obtenus lors des élections. » La nouvelle loi éliminerait également le crédit d'impôt auquel ont droit les donateurs à l'heure actuelle.

« L'avantage d'un système comme celui-là, c'est que l'argent qu'on verse déjà sous forme de crédits d'impôt, on le donne aux partis politiques sous forme de financement public », dit le ministre Drainville. « C'est comme ça qu'on va pouvoir permettre aux partis politiques d'avoir les sous dont ils ont besoin pour fonctionner. »

Il s'agit donc d'une continuation des réformes de la loi électorale qui ont comme logique que la solution à la corruption est de financer les partis à même les fonds publics, puisque le financement privé est porteur d'influence. Selon le ministre, renforcer le financement public et diminuer le financement privé « constitue le meilleur moyen pour mettre fin au système des prête-noms et réduire l'influence des collecteurs de fonds ». « Tu attaches moins tes partis, tu attaches moins tes élus à des intérêts privés et à des lobbys, et tu assures un financement démocratique à tout le monde », dit-il.

Il ajoute qu'il est clair que le témoignage de Lino Zambito à la Commission Charbonneau confirme l'existence d'un mécanisme qui a permis que des « extras et des chèques de complaisance se retrouvent dans la caisse du PLQ ». Or, « les citoyens se disent que ça n'a pas de bon sens que nos taxes et nos impôts servent à financer un système pourri, poursuit-il. [...] La conclusion qu'on tire est que les fonds publics ont servi à financer illégalement, de façon occulte, le PLQ. »

En vertu de la loi électorale telle que modifiée par le gouvernement libéral en 2010, l'État utilise des fonds publics pour financer les partis politiques à hauteur de 2 980 343 $ en 2010 et de 4 735 271 $ par année à compter de 2011, suivant l'allocation de 0,82 $ par vote obtenu à la dernière élection. À cela s'ajoute près de 6,5 millions $ par année à titre de crédit d'impôt accordé aux individus pour dons politiques. C'est donc plus de 10 millions $ que l'État verse aux partis politiques chaque année.

Positions des autres partis

Bernard Drainville prévoit obtenir l'appui unanime des autres partis politiques pour cette modification à la loi électorale. « Rarement a-t-on eu, dans l'histoire du Québec, une si belle occasion de démontrer la volonté de la classe politique tout entière d'assainir le financement des partis politiques que maintenant.  » Il a envoyé une lettre aux délégués du Parti libéral du Québec réunis en congrès et écrit que « la Coalition avenir Québec a indiqué qu'elle était favorable à une telle mesure et il n'y a pas lieu de croire que Québec solidaire s'y opposerait.  »

La dernière modification à la loi, le projet de loi 113 qui a entre autres augmenté l'allocation publique versée aux partis de 0,50  $ à 0,82  $ par vote obtenu, avait aussi été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale.

La Coalition avenir Québec (CAQ) est d'accord avec la baisse du plafond de la contribution individuelle en faveur d'une hausse du financement public, mais croit que le projet de loi ne doit pas se limiter à plafonner les dons. « Oui, c'est beau de vouloir baisser les contributions privées — on est d'accord avec ça — mais il faut aussi accoupler cela à la réduction des dépenses en campagne électorale  », soutient Gérard Deltell, porte-parole de la CAQ.

La CAQ déposera elle aussi un projet de loi pour établir un plafond des dépenses de 4 millions  $ par parti lors des campagnes électorales. « Plus on dépense, plus on a besoin d'argent, et plus les moyens qu'on utilise pour en obtenir peuvent être malheureux  », dit Deltell. « À partir du moment où vous réduisez les dépenses électorales, vous réduisez la pression de ramasser de l'argent et aussi la pression d'en avoir de l'État pendant les périodes entre les campagnes électorales. Donc, c'est vraiment gagnant  », dit M. Deltell.

Bien que le Parti libéral ait indiqué qu'il commentera le projet de loi une fois qu'il sera déposé, le député libéral et candidat à la chefferie Pierre Moreau s'est dit ouvert à ce changement, et en particulier à l'idée que l'abaissement du plafond s'accompagne d'une augmentation de l'allocation publique à tous les partis. « Il faut qu'il y ait une forme de compensation  », dit-il.

Québec solidaire est d'accord pour abaisser le plafond des dons individuels à un parti politique permis annuellement et augmenter la contribution publique au financement des partis politiques et défendait déjà l'idée d'abaisser le plafond des dépenses permises dans les campagnes électorales. Il proposait également le financement public de certaines dépenses (publicités télévisées, distribution du programme politique à tous les citoyennes et citoyens par l'État, etc.) et des sanctions plus sévères pour ceux qui contreviennent à la loi.

Durant la campagne électorale Option nationale proposait dans sa plate-forme le financement public intégral des partis politiques.

Dans son mémoire sur le projet de loi 113 du Parti libéral de 2010, le Parti marxiste-léniniste du Québec a présenté et expliqué la demande que l'État finance le processus et non les partis. « Avec le financement public, la loi permet de financer des activités de nature privée avec des fonds publics : les batailles de pancartes, les sondages, le télémarketing, les menaces, le chantage et les querelles intestines, les courses à la direction, les congrès d'orientation — toutes des choses qui concernent les partis et leurs membres. Le financement ne devrait-il pas être la responsabilité des membres, pour que ce soit eux qui soient en position d'exiger des comptes ? Est-ce qu'on accepterait, par exemple, que les congrégations religieuses qui oeuvrent dans le domaine public soient financées à même les fonds publics ? Non. »

« Les fonds de l'État devraient être utilisés pour financer le processus électoral, de sorte que les électeurs puissent poser un geste informé. Les fonds publics devraient servir à créer l'égalité des chances, à diffuser de l'information sur tous les candidats et à faire respecter les droits de tous. »

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Entraînement tactique de militaires dans le port de Montréal

Non à la militarisation de l'espace public!
Non à la propagande de guerre
dans le port de Montréal!


Le 21 octobre, des activistes ont tenu une ligne de piquetage et distribué la déclaration du Parti marxiste-léniniste du Québec dénonçant les exercices les exercices militaires dans le Port de Montréal à l'occasion de l'entraînement tactique de militaires. Plus de 200 soldats et officiers ont tenu un entraînement de techniques de combat en zone urbaine au cours de la fin de semaine du 19 au 21 octobre. On rapporte que déjà le samedi, 5000 munitions avaient été utilisées par les soldats. Beaucoup de passants ont remercié les activistes de leur action pour dénoncer cette activité proguerre.

Selon un communiqué du 34e Groupe-brigade du Canada des Forces armées canadiennes, « Au cours de la fin de semaine, les troupes s'exerceront aux attaques de peloton dans des zones restreintes du Port de Montréal. Les soldats circuleront par voie maritime et terrestre afin de simuler des opérations dans un port fictif. Ils utiliseront des munitions à blanc et des pièces pyrotechniques mineures ainsi que des transports de troupes. »

Cet entraînement a lieu avec l'autorisation et la collaboration des autorités portuaires, du centre d'entraînement des pompiers de Montréal ainsi que la Ville de Montréal. Les infrastructures de la ville sont ainsi mises à contribution pour assister l'armée dans ses exercices militaires. Ces véhicules militaires circuleront entre les unités de Montréal et le port. Pour justifier l'événement, le communiqué ajoute qu'aucun impact sur l'environnement ou sur la circulation locale n'est envisagé et que l'entraînement sera dans un lieu isolé du port.

La question est que ces activités font partie de la militarisation de l'espace public, d'habituer la population à la présence de l'armée et de ses véhicules dans les lieux publics, voire présenter ces activités comme un attrait touristique. Des centaines de personnes circulent dans le Vieux Port les fins de semaine. On est en droit de se demander pourquoi la ville de Montréal collabore et accepte que ces infrastructures soient utilisées à des fins de guerre.

C'est la troisième fois en moins de trois mois que des activités des forces canadiennes ont eu lieu dans le port de Montréal à des fins militaires et proguerre. En août, il y a eu la visite de navires de guerre canadiens et américains en tournée dans les ports du Canada dont celui de Montréal. Du 31 août au 3 septembre, un festival culturel militaire de Montréal appelé « Armée de culture  » a eu lieu dans le port de Montréal et a été vivement opposé par la population, et maintenant cet entraînement militaire.

Le 34e Groupe-brigade du Canada (34 GBC) est un groupe-brigade de la Première réserve du Secteur du Québec de la Force terrestre de l'armée canadienne et est constitué de 14 unités, dont huit sont localisées sur l'Île de Montréal, comprenant des unités blindées, d'artillerie, du génie et de l'infanterie. Le motto du secteur du Québec de la force terrestre est «Combattre, Vaincre ou Mourir ». Dans le cadre de l'intégration croissante des forces canadiennes à la machine de guerre des États-Unis, son rôle est en premier lieu d'assurer la surveillance et le contrôle du territoire, des eaux territoriales et de l'espace aérien canadien et de servir les obligations du Canada envers l'OTAN. Le 34e Groupe-brigade a d'ailleurs servi aux opérations Palladium Roto XIV (en Bosnie Herzégovine), Athena (en Afghanistan) et Halo (en Haiti).

Les Montréalais s'opposent aux activités militaires dans les lieux publics et s'opposent fermement aux activités proguerre du gouvernement Harper au service de la machine de guerre étatsunienne à travers le monde. Il est clair qu'on veut imposer cette manière de faire et que la population n'a rien à dire.

Ces activités se tiennent dans le contexte de l'intégration accrue du Canada via son économie, ses ressources humaines et matérielles et la perturbation des relations diplomatiques (comme avec l'Iran) pour servir les visées agressives étatsuniennes. Le gouvernement Harper prétend qu'une conjoncture économique difficile le force à diminuer les dépenses gouvernementales pour les services dont les Canadiens et les Québécois ont besoin, et donne des dizaines de milliards  $ aux monopoles impliqués dans la production de guerre pour des projets visant à établir un système militaire intégré sous le commandement de l'impérialisme américain. Le gouvernement canadien dépensera 25 milliards  $ ne serait-ce que pour l'achat d'appareils F-35. C'est pratiquement l'équivalent des dépenses totales du gouvernement du Québec pour la santé et les services sociaux en 2011.

Il faut non seulement dénoncer le gouvernement de guerre de Stephen Harper et toutes ces activités d'entraînement, d'exercices et de combat pour que les troupes canadiennes servent pour la guerre et l'agression, mais exiger un gouvernement antiguerre qui refusera toute logique qui considère la guerre, la menace, l'agression et l'occupation comme un facteur de paix.

Opposons-nous à la militarisation de notre espace public!
Pas de pratiques militaires dans le Port de Montréal !

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