Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 101 - 28 septembre 2012

Opposition grandissante aux attaques à l'éducation en Ontario

Appuyons les enseignants et travailleurs
de l'éducation contre les attaques
du gouvernement de l'Ontario

OTTAWA
Manifestation à l'assemblée annuelle
du Parti libéral de l'Ontario


Vendredi le 28 septembre - 14 h 30
Centre des congrès d'Ottawa, 55 Colonel By Drive

Opposition grandissante aux attaques à l'éducation en Ontario
Appuyons les enseignants et travailleurs de l'éducation de l'Ontario
Des mandats de grève décisifs en réponse au diktat gouvernemental
Les étudiants sont aux premiers rangs de l'opposition à la loi contre les profs
Les enseignants et travailleurs de l'éducation en action
Des enseignants de Sudbury contestent la légitimité de «la feuille de route vers l'éducation»

Annulation de la hausse des frais de scolarité au Québec
Manifestation pour célébrer la victoire des étudiants et annoncer la poursuite de la lutte
Un appel aux victimes de la répression politique et policière du printemps dernier

Dénigrement et «autoévaluation» en Outaouais
Les enseignantes et les enseignants défendent leur honneur et la dignité de leur travail - Pierre Soublière

7e édition de la Marche et de la veille commémorative Sisters in Spirit
Brisons le silence sur les femmes disparues


Opposition grandissante aux attaques à l'éducation en Ontario

Appuyons les enseignants et travailleurs de l'éducation de l'Ontario

Aujourd'hui, le vendredi 28 septembre, des enseignants, travailleurs de l'éducation et supporteurs manifesteront devant l'endroit où se tient l'assemblée générale annuelle du Parti libéral de l'Ontario, à Ottawa, pour protester contre l'offensive déclenchée par le gouvernement McGuinty contre leurs droits. La manifestation a pour thème : « Pour donner le ton à la fin de semaine » en préparation pour les grandes manifestations appelées à Toronto et ailleurs devant les bureaux de comté des libéraux de l'Ontario. Les organisateurs appellent tout le monde à « montrer au premier ministre McGuinty, à son conseil des ministres, aux associations de comté et aux députés libéraux de l'Ontario ce que vous pensez des atteintes à vos droits de négociation collective ». Toute la population est invitée à participer.

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Des mandats de grève décisifs en réponse
au diktat gouvernemental


Des enseignants du primaire tiennent des votes de grève le 24 septembre. À gauche: Ottawa
Carleton; à droite: Hastings et Prince Edward (Belleville)

Les résultats des votes de grève entrepris par les instances de négociation de la Fédération des enseignants-enseignantes du primaire de l'Ontario (FEEO) et de la Fédération des enseignants-enseignantes des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO) à travers la province indiquent que des majorités décisives d'enseignants sont favorables à un mandat de grève qui autorisent des moyens de pression allant jusqu'au retrait complet des services dans les régions locales si nécessaire. La plupart des locaux ou districts ont fait part de leurs résultats par unité de négociation.

La FEESO explique que la tenue d'un vote de grève ne veut pas dire que celle-ci sera appliquée dans l'immédiat. Le président de la FEESO, Sam Hammond, a dit aux journalistes : « Ces votes sont de la plus grande importance dans les négociations locales mais aussi, fort de ce mandat de grève, nos membres envoient un message clair au gouvernement que le maintien du statut quo est chose du passé et que nous ne laisserons pas passivement un tel projet de loi répressif et anticonstitutionnel faire son chemin. »

La FEESO dit que d'aller chercher un mandat de grève fait partie du processus de négociation selon la Loi des relations de travail de l'Ontario qui prévoit une démarche légale des employés leur permettant non seulement de faire la grève, mais aussi de faire la grève du zèle ou encore de refuser de faire un travail qu'ils feraient normalement, même de nature bénévole.

Le 27 août, la FEESO avait annoncé qu'elle reportait tous les votes de grève pour la première semaine de septembre sauf dans les cas où les commissions scolaires avaient demandé la conciliation. On avait alors jugé que certaines percées avaient été faites au niveau des négociations locales. Des votes de grève étaient prévus depuis le mois de juin. La FEESO a changé sa décision après la campagne de peur entretenue par le gouvernement McGuinty à l'effet que les enseignants s'apprêtaient à chambarder la rentrée scolaire.

Les campagnes de peur sont l'une des tactiques préférées des partisans de l'offensive antisociale. Les libéraux ainsi que les conservateurs ont tenté de brandir le spectre d'une grève déclenchée au moment de la rentrée scolaire dans le but de manipuler l'électorat visé par les élections partielles du 6 septembre dans Kitchener-Waterloo et Vaughan. Cette hystérie avait comme but de justifier l'adoption d'une loi draconienne visant à attaquer les droits de tous, la prétendue Loi donnant la priorité aux élèves. Ce faisant, ils se sont mis à croire leurs propres mensonges que le public n'appuie pas les enseignants et les travailleurs de l'éducation. Cette stratégie s'est retournée contre eux et alors que les libéraux — avec leur soi-disant approche équilibrée — et les conservateurs — avec leur soi-disant approche sans compromis — ont tous subi des défaites cuisantes aux élections partielles de Kitchener-Waterloo. Quant à l'élection partielle de Vaughan, elle n'a pas été déterminante en termes de donner un quelconque mandat aux libéraux du fait que seulement 26 % des électeurs admissibles se sont prévalu de leur droit de vote.

Dès que la Loi donnant la priorité aux élèves fut adoptée par l'assemblée législative et que les commissions scolaires furent forcées de la mettre en oeuvre, la FEESO a remis ses votes de grève en marche. Plus qu'un vote pour appuyer un mandat de grève, c'est un véritable rejet des manoeuvres de McGuinty-Hudak visant à attaquer les droits de tous.

Votes de grève de la FEEO

Keewatin-Patricia (Kenora, Dryden, Sioux Lookout, Red Lake area): 100%

Superior-Greenstone (Manitouwadge, Geraldton, Marathon, Nipigon-Red Rock area): Teachers -- 98%, Occasional Teachers -- 100%

Rainbow (Sudbury, Espanola, Manitoulin area): Teachers -- 98%, Occasional Teachers -- 98%, Designated Early Childhood Educators (ECEs) -- 95%

Near North (North Bay, Parry Sound, Sturgeon Falls area): Teachers -- 91%, Occasional Teachers -- 97%

Simcoe (Barrie, Orillia, Collingwood area): Teachers -- 97%, Occasional Teachers -- 92% Designated ECEs -- 86%, Burkvale school (Penetanguishene) -- 100%

Trillium Lakelands (Lindsay, Kawartha Lakes, Haliburton, Muskoka area): Teachers -- 99%, Occasional Teachers -- 100%, Designated ECEs -- 96%

Renfrew County (Pembroke, Renfrew, Petawawa, Deep River area): Teachers -- 95%, Occasional Teachers -- 87%, Education Support Personnel -- 91%, Professional Support Personnel -- 84%

Ottawa Carleton: Teachers -- 97%, Occasional Teachers -- 96%

Hastings & Prince Edward County (Belleville, Trenton, Picton area): Teachers -- 94%, Occasional Teachers -- 93%

Limestone (Kingston, Napanee area): Teachers -- 99%, Occasional Teachers -- 97%

Kawartha Pine Ridge (Peterborough, Port Hope, Cobourg, Bowmanville area): 98%

Durham (Oshawa, Whitby, Ajax, Pickering area): Teachers -- 98%, Occasional Teachers -- 94%, Designated ECEs -- 98% (Close to 2,000 members voting)

Hamilton Wentworth: Teachers -- 97%, Occasional Teachers -- 91%, Designated ECEs -- 91%

Grand Erie (Brantford, Dunnville, Caledonia area): Teachers -- 97%, Occasional Teachers -- 93%, Designated ECEs -- 93%

Waterloo Region (Kitchener-Waterloo, Cambridge area): Teachers -- 97%, Occasional Teachers -- 97%, Designated ECEs -- 95%

Lambton Kent (Sarnia, Chatham-Kent area): 97%

Votes de grève de la FEESO

Thunder Bay: 85%

Algoma (Sault Ste. Marie, Elliott Lake, Wawa area): Teachers -- 95%, Occasional Teachers -- 89%, Educational Support Staff -- 78%, ECEs -- 77%

Bluewater (Owen Sound, Meaford, Kincardine, Chesley area): Teachers -- 98%, Support Staff -- 87%

Simcoe (Barrie, Orillia, Collingwood area): Teachers -- 95% (More than 1,070 of 1,200 teachers voting) Educational Assistants and Designated ECEs -- 90%

Trillium Lakelands (Lindsay, Kawartha Lakes, Haliburton, Muskoka area): 99.5%

Renfrew County (Pembroke, Renfrew, Petawawa, Deep River area): 95%

Kawartha Pine Ridge (Peterborough, Port Hope, Cobourg, Bowmanville area): Teachers -- 90%

Durham (Oshawa, Whitby, Ajax, Pickering area): Teachers -- 94%, Occasional Teachers -- 87%.

Hastings & Prince Edward County (Belleville, Trenton, Picton area): Teachers -- 92%

Limestone (Kingston, Napanee area): Teachers and occasional teachers -- 94%, Professional Student Services Personnel -- 100%

Hamilton-Wentworth: Teachers -- 97%, Occasional Teachers -- 91%, Designated ECEs -- 91%

Peel (Mississauga, Brampton, Caledon area ): Teachers -- 94.2%, Occasional Teachers -- 91.4%

York Region (Richmond Hill, Vaughan, Newmarket, Aurora area): Teachers/Occasional Teachers -- 94%

Grand Erie (Brantford, Dunnville, Caledonia area): Teachers -- 95%, Occasional Teachers -- 94.3%, Professional Student Services Personnel -- 98%, Educational Support Staff and ECEs -- 92%

Avon Maitland (Stratford, Goderich, Exeter area ): Teacher/Occasional Teachers; Professional Student Services Personnel; Office, Clerical, Technical, Educational Assistants and ECEs -- "Overwhelming support"

Waterloo: Teachers/Occasional Teachers -- 93.4%

Thames Valley (London, St. Thomas, Woodstock area): Teachers, Occasional Teachers, Professional Student Services Personnel -- 95% (2,000 members voting)

Lambton Kent (Sarnia, Chatham-Kent area): Teachers -- 99%

Greater Essex (Windsor, Essex, Leamington area): Teachers -- 96%, Occasional Teachers -- 99%, Educational Support Staff -- 91%, Professional Student Services Personnel -- 90%


Vote de grève de la FEESO District 9 (Windsor et Essex) le 17 septembre 2012

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Les étudiants sont aux premiers rangs
de l'opposition à la loi contre les profs

Les étudiants partout en Ontario appuient leurs enseignants et font mentir la désinformation médiatique qui dit qu'ils sont contre les enseignants. Ils manifestent à tous les jours et ne manquent pas une occasion d'exprimer leur opposition à la loi qui prétend «donner la priorité aux élèves» du gouvernement libéral de l'Ontario, une loi qui attaque le droit des enseignants et travailleurs de l'éducation de négocier collectivement leurs conditions de travail. Ils blâment le gouvernement pour la perte des activités extracurriculaires et considèrent que les enseignants ont raison de considérer que cette loi est une attaque contre les droits de tous.

Rassemblements et débrayages

Le 19 septembre, des centaines d'étudiants de deux écoles secondaires de Belleville ont débrayé. Le même jour plus de 200 étudiants de deux écoles secondaires d'Ottawa se sont rendus devant les bureaux de circonscription du premier ministre ontarien Dalton McGuinty sur l'heure du midi. Ils ont fait retentir dans les rues du centre-ville leur opposition à la loi qui a pour nom Loi donnant la priorité aux élèves. Sur une pancarte on lisait: « Mon premier vote ne sera pas pour vous ! ». Des étudiants ont dit à un animateur de radio qu'ils ne se mobilisaient pas seulement pour les arts et les sports, ils veulent être une voix du côté des enseignants à qui on interdit de faire la grève. Plus tôt durant la journée, quelque 300 étudiants de Richmond, dans la même région, ont dressé un camp de protestation sur le terrain de leur école.

Le 20 septembre, des étudiants du secondaire de Bowmanville, Hanover, Flesherton et Chesley ont débrayé. À Bowmanville des centaines d'étudiants du secondaire ont marché dans la direction de l'hôtel de ville où ils ont tenu un rassemblement très bruyant et vigoureux et se sont ensuite rendus devant le bureau du député conservateur John O'Toole. (Rappelons que les conservateurs ont voté en appui à la loi que ne pouvait passer seul le gouvernement libéral minoritaire.) À Flesherton, plus de 800 étudiants se sont rassemblés sur le terrain de jeu derrière l'école avec des pancartes et des bannières sur lesquelles on lisait entre autres: « Luttons pour les droits démocratiques», «La loi 115 ruine l'esprit scolaire », « Professeurs et étudiants ensemble » et « McGuinty, cesse d'être un poltron ». Une soixantaine d'élèves du primaire ont également débrayé à l'école Flesherton.

Le 21 septembre, les étudiants de Meaford, Kirkland Lake, Mississauga et Brampton ont organisé un débrayage concerté. Le 24 septembre, une cinquantaine d'élèves des 7e et 8e années d'une école de Peterborough ont quitté leurs classes vers 14 h pour participer à une bruyante manifestation dans la cours d'école, avec pancartes et bannières et en scandant: « Nous voulons nos sports ! » et « Nous avons notre mot à dire! ».

En plus des débrayages et manifestations devant les bureaux des députés, les étudiants organisent différentes initiatives à l'échelle de la province pour encourager leurs camarades à se faire entendre. Ils organisent également une grande manifestation provinciale devant l'assemblée législative à Toronto le 29 septembre à 13 h. Ils demandent aux participants de porter des vêtements noirs en guise de solidarité avec les enseignants et travailleurs de l'éducation.

Pétitions

Une autre initiative des étudiants est la mise en ligne de plusieurs pétitions contre la Loi donnant la priorité aux élèves et en appui aux enseignants. Deux de ces pétitions ont jusqu'à présenté recueilli au total plus de 7 500 signatures. L'une d'entre elles s'intitule « Donnez la priorité aux élèves: abrogez la loi 115 ». Elle se lit en partie comme suit:

« Nous les étudiants de l'Ontario croyons fermement que l'adoption du projet de loi 115 et en particulier les dispositions restreignant le droit des enseignants de faire la grève sont moralement inacceptables. Une société où le pouvoir de faire la grève peut être révoqué selon les priorités du gouvernement du jour peu importe les conséquences pour ceux qui cela touche est une société en danger. Bien que le 'droit à la grève' ne soit pas un droit inscrit dans la constitution, dans notre pays ce principe est généralement accepté comme un principe d'une société juste et libre avec des conditions de travail modernes. Sans le droit de grève, les syndicats deviennent impuissants. Nous demandons à l'assemblée législative et à la ministre de l'Éducation Laurel Broten de ne pas oublier ce qu'étaient les conditions de travail il y a un siècle et le rôle que jouent les syndicats et le droit de protester dans nos lois modernes »

Elle demande ensuite l'abrogation de la loi 115 et que les enseignants puissent négocier leurs conventions collectives. Elle conclut avec une déclaration à l'effet que les signataires « continueront d'exercer leur droit de grève en tant qu'étudiants au nom de nos enseignants, jusqu'à ce que l'assemblée législative modifie la Loi donnant priorité aux élèves de manière à tenir compte de l'opinion des élèves qu'elle prétend défendre ». Un postscriptum est ajouté pour expliquer pourquoi les étudiants sont si inquiets concernant la perte d'activités extracurriculaires: « Il est également important de voir à ce que les droits de nos enseignants soient rétablis pour que cesse les grèves du zèle auxquelles on assiste. Les étudiants comptent sur les activités extracurriculaires pour l'accès à l'université. »

Dans une autre pétition on lit:

« En adoptant la loi 115, on enlève aux enseignants le droit de grève. Les enseignants ont décidé de riposter. Parce qu'ils n'ont plus le droit de faire la grève et de débrayer, toutes les activités extracurriculaires ont été annulées comme moyen de riposte contre le gouvernement. Cela veut dire qu'il n'y aura pas d'aide additionnelle pour les étudiants. Cela veut dire qu'il n'y aura pas de clubs étudiants. Cela veut dire qu'il n'y aura pas de sports d'équipe. Tout ce qui rend l'école agréable est annulé.

« Les enseignants travaillent si fort pour créer ces activités pour nous et ne devraient pas se faire flouer par le gouvernement. Toutes les activités extracurriculaires, toute l'aide additionnelle, tout le travail que font les entraîneurs, TOUT CELA EST FAIT SUR UNE BASE VOLONTAIRE. ILS NE SONT PAS PAYÉS POUR CES ACTIVITÉS. Alors montrons au gouvernement à quel point nous apprécions le travail qu'ils vont pour nous et appuyons-les ! »

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Les enseignants et travailleurs
de l'éducation en action


Rassemblement devant les bureaux du député libéral Glen Murray à Toronto le 21 septembre 2012

Suivant la première série de rassemblements les 14, 15 et 21 septembre, les enseignants et travailleurs de l'éducation appartenant à différents syndicats du secteur de l'éducation ont poursuivi leur bataille avec des manifestations devant les bureaux des députés libéraux et conservateurs à Guelph, Toronto et Oakville. Le 21 septembre, ils ont également tenu une militante ligne de piquetage devant le Caboto Club de Windsor où le ministre des Finances et député local Dwigth Ducan s'adressait aux membres de la Chambre de commerce à un dîner donné par la firme PricewaterhouseCoopers.

Entretemps, les enseignants et le personnel de soutien continuent de porter le noir une journée par semaine et beaucoup d'enseignants se sont retirés des activités extracurriculaires.


Manifestation à Windsor devant la Chambre de commerce où le ministre des finances Dwight Duncan
prononçait un discours le 21 septembre 2012

(Photos: L. Wolfe, LML)


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Des enseignants de Sudbury contestent la légitimité de «la feuille de route vers l'éducation»

Le 21 septembre, le local de Sudbury de l'Association des enseignants des écoles catholiques anglophones de l'Ontario (OECTA) annonçait dans un communiqué que l'équipe de négociation a voté à l'unanimité de déposer une plainte auprès de la Commission des relations de travail de l'Ontario contre l'exécutif provincial du syndicat pour avoir «manqué à son devoir de représentation équitable» en signant un protocole d'entente avec le gouvernement ontarien le 5 juillet 2012. Le gouvernement s'est servi du protocole signé par l'OECTA sous pression pour déclarer que des milliers d'enseignants ont légalement adhéré à sa « feuille de route de l'éducation ». Dans son communiqué, le syndicat local affirme que les membres de l'OECTA et même ses présidents ont été privés du droit de refuser le protocole d'entente et que cela représente une atteinte à leurs droits fondamentaux. Il conteste ainsi la prétention mensongère du gouvernement McGuinty que « 55 000 enseignants et enseignantes de l'Ontario ont signé la feuille de route » et soulève des doutes sur la légitimité de l'entente obtenue sous pression que le gouvernement veut maintenant imposer à l'ensemble de la commission scolaire.

Kent MacNeil, président de l'unité des enseignants du primaire de l'OECTA, écrit dans le communiqué: « Nous croyons que dans notre société, la démocratie doit être suprême. Tous et chacun doivent avoir le droit de vote. Tous et chacun doivent avoir voix au chapitre sur leurs conditions de travail. Le protocole d'entente enlève ces droits fondamentaux à nos membres. Pire encore, avec ce protocole nos membres perdent beaucoup plus que tous les autres locaux du syndicat de la province, comme le confirme le président provincial, et pourtant ils n'ont plus le droit de refuser ce protocole. Dans les faits, les présidents de tous les locaux de l'OECTA avaient été convoqués à une réunion spéciale des présidents en juillet pour se faire dire que même si le conseil ne signait pas le protocole, il serait ratifié par l'exécutif provincial et que la chose était à toute fin pratique conclue. »

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Annulation de la hausse des frais de scolarité au Québec

Manifestation pour célébrer la victoire des étudiants
et annoncer la poursuite de la lutte


Le 22 septembre à 14 h, près de 3000 étudiants et leurs alliés ont répondu à l'appel de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et se sont donné rendez-vous au Parc Lafontaine pour la septième manifestation du 22 du mois depuis le début du mouvement de grève contre la hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest. C'était pour célébrer la victoire puisque la hausse a été annulée par le nouveau gouvernement.

Les porte-parole de la CLASSE ont réitéré que la victoire est l'aboutissement du rapport de force établi durant les six derniers mois qui devait se poursuivre. « Cette victoire est une inspiration pour les mouvements sociaux à travers le monde qui combattent également des mesures d'austérité. Les gains qu'a faits le mouvement étudiant québécois sont une exception, pour le moment, et laissent entrevoir que rien n'est immuable en politique », a déclaré Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la CLASSE.

Plusieurs milliers d'étudiantes et d'étudiants ont adopté des mandats de grève pour la journée de du 22 septembre, jour de cours dans plusieurs établissements.

Si le mouvement a eu gain de cause sur la question des frais de scolarité, la CLASSE rappelle à nouveau que d'autres enjeux guettent l'éducation postsecondaire. Parmi ceux-ci se trouvent le financement et l'allocation des fonds en recherche, l'aide financière aux études, la qualité de l'enseignement et la gouvernance des institutions d'enseignement.

« Nous ne serions pas plus avancés si le gel des frais de scolarité était financé par la contrition du régime d'aide financière aux études ou par des compressions dans les postes de professeurs », observe Jeanne Reynolds. « Par ailleurs, de nombreuses étudiantes et de nombreux étudiants sont toujours dans une situation précaire à cause de la suspension des versements d'aide financière aux études pour la fin de la session d'hiver. C'est une situation urgente à laquelle le gouvernement doit remédier », ajoute Camille Robert, également co-porte-parole de la CLASSE.

Avant que le cortège ne se mette en branle, les policiers se sont livrés à une provocation en tentant de procéder à l'arrestation d'un petit groupe de manifestants et ce, sous le prétexte qu'il était habillé en noir et portait des cagoules. Les manifestants se sont interposés et ont réussi à faire échouer l'arrestation et chasser les policiers de la manifestation en criant : pas de policiers dans nos manifestations !

Les manifestants ont emprunté les rues du centre-ville et ont à nouveau reçu l'appui des résidents et touristes. Au coin de Guy et Sherbrooke, sans aucune raison apparente, les policiers se sont livrés à une nouvelle provocation en annonçant que la manifestation était devenue illégale et en attaquant les manifestants. Ils ont invoqué le règlement municipal adopté le printemps dernier par la Ville de Montréal et qui décrète que les organisateurs d'une manifestation ont l'obligation de remettre leur itinéraire aux policiers avant même que l'événement ne débute. Ils ont procédé à l'arrestation de deux jeunes de 20 et 24 ans. Le porte-parole du SPVM a dit qu'ils avaient été interpellés parce qu'ils étaient des « éléments perturbateurs ».

Cette brutalité à l'encontre des jeunes et ces arrestations arbitraires font ressortir à nouveau la nécessité de tenir une enquête publique et indépendante sur le comportement des policiers. Les Québécois s'opposent à la pratique qui permet que ses policiers se comportent comme pouvoir au-dessus des autres, sans compte à rendre au public.

L'éducation est un droit ! Appuyons la juste lutte des étudiants !






(Photos: LML, A. Guedon)

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Un appel aux victimes de la répression politique
et policière du printemps dernier


La Ligue des droits et libertés, l'Association des juristes progressistes et la CLASSE lancent un appel aux victimes de la répression politique et policière du printemps dernier au moment où l'on vient d'apprendre que le Commissaire à la déontologie policière - qui a vu les plaintes augmenter de 14 % en 2012 -, a rejeté 46 % de toutes les plaintes déposées durant le conflit étudiant. Plusieurs de ces dernières étaient accompagnées de preuves vidéos et de témoignages.

Les trois organismes ont confié lors d'un point de presse tenu le 27 septembre qu'elles comptent produire un rapport sur les violations des droits commises durant la grève étudiante. Les victimes et les témoins de faits sont donc invités à participer à cette cueillette d'information pour ainsi contribuer à convaincre le gouvernement Marois de la nécessité de tenir une enquête publique. À ce propos, mentionnons qu'une pétition mise sur le site de l'Assemblée nationale en juin 2012 et réclamant la tenue d'une enquête publique a recueilli plus de 11 000 noms en moins d'un mois. Un collectif de 131 enseignants a fait la même demande à la mi-septembre, ainsi que Québec solidaire.

La grève étudiante qui a duré un peu plus de six mois a donné lieu à 3387 arrestations. Selon le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), cela correspond à trois fois le nombre d'arrestations couvrant la période de 1990 à 2010. Rappelons qu'en 2005, le Comité des droits de l'homme de l'ONU, préoccupé par les arrestations de masse, a souligné que seul un acte criminel commis pouvait mener à l'arrestation d'un manifestant. Quant aux arrestations préventives, la Ligue des droits et libertés a déjà mentionné que cette notion d'arrestation préventive n'existe pas dans le droit québécois.

« Le nouveau ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a déclaré, la semaine dernière, qu'il comptait voir s'il y avait lieu de déclencher une enquête sur le travail des policiers. Sa déclaration nous est apparue bien timide en regard de la répression, souvent très brutale, dont ont été victimes les manifestants durant la grève étudiante », évalue Nicole Filion, porte-parole de la Ligue des droits et libertés. Rappelons que la Ligue réclame, depuis le printemps dernier, une enquête publique sur l'ensemble des événements qui se sont produits depuis février 2012. « La responsabilité des élus doit également être considérée et les victimes de violations de droits doivent obtenir réparation. L'enquête doit aussi être l'occasion de réaffirmer la nécessité de préserver la liberté d'expression et le droit de manifester », indique la porte-parole de la Ligue.

Les deux autres organisations ont également insisté sur l'importance de savoir d'où sont venus les ordres durant ces arrestations, dont les arrestations de masse.

Elles ont mentionné avoir reçu déjà plus d'une centaine de témoignages et souhaitent par cet appel public répertorier le plus largement possible les cas de violations de droits survenues dans plusieurs villes du Québec, notamment Québec, Sherbrooke, Gatineau, Victoriaville et Montréal.

« La grève étudiante a donné lieu à des milliers d'arrestations, fouilles et détentions arbitraires et abusives », rappelle la représentante du comité légal de la CLASSE, Émilie Breton-Côté. « Des personnes ont été blessées gravement, d'autres ont été brutalisées, intimidées, privées de leur droit de manifester alors qu'elles ne faisaient que porter sur la place publique leur message à l'égard d'un gouvernement qui refusait de les entendre. On ne peut tourner la page sur ces violations de droits et se taire », poursuit la représentante.

Ce rapport fera également l'analyse des dispositifs législatifs et réglementaires que les policiers ont invoqués lors de leurs interventions. « Les policiers disposent en effet de tout un arsenal juridique qui leur confère des pouvoirs d'intervention discrétionnaires. Ces pouvoirs peuvent laisser prise aux pratiques de profilage et, dans le cas des manifestations étudiantes, c'est de profilage politique dont il aurait été question », indique Me Sibel Ataogul, porte-parole de l'Association des juristes progressistes. « L'enquête publique doit aussi porter sur ces pratiques de profilage et cibler les dispositions législatives et réglementaires qui favorisent ces pratiques ».

Les personnes voulant livrer leur témoignage sont invitées à le faire d'ici le 15 octobre 2012 en consultant le site de la Ligue des droits et libertés ainsi que celui de la CLASSE.

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Dénigrement et «autoévaluation» en Outaouais

Les enseignantes et les enseignants défendent
leur honneur et la dignité de leur travail

Face à une campagne menée par leur commission scolaire sur la place publique pour dénigrer leur travail, les enseignantes et les enseignants de la Commission scolaires des Draveurs (CSD) de l'Outaouais refusent de collaborer à toute autoévaluation qu'exigeront leurs directions d'écoles. Les directions de certaines écoles ont commencé à rencontrer un petit nombre d'enseignantes à la fois pour leur demander de choisir elles-mêmes deux compétences selon lesquelles elles seront évaluées.

Le processus peut sembler bien anodin, mais il est le résultat d'un double discours de la CSD qui reflète bien le double discours tenu par le ministère de l'Éducation. Pendant la semaine des enseignantes et des enseignants, par exemple, que des louanges et des félicitations pour notre bon travail ! Puis, paf !, à chaque occasion sur la place publique, attribuer tous les maux de l'éducation non pas à un sous-financement de plus en plus draconien, mais aux enseignantes en tant que boucs émissaires. C'est ce qu'a fait la CSD sur la place publique en s'inquiétant des résultats des élèves de ses écoles tout en tenant les enseignants responsables. Les mesures d'évaluation sont un résultat direct de ces sorties contre la qualité de l'enseignement à la CSD. Voilà pourquoi le syndicat, dans des rencontres tenues en début d'année, a recommandé de refuser de collaborer à ces évaluations, d'autant plus que l'aspect « autoévaluation » n'est pas prévu dans les conventions collectives.

Comme a dit une enseignante : « Si je n'avais pas chacune des compétences énumérées, je ne serais pas ici ». Et une autre : « Si une enseignante a des difficultés dans son enseignement — qui sont liées en grande partie au manque de ressources humaines auprès des élèves — alors c'est du devoir de la direction de venir en aide à l'enseignante, et non de lui nuire ». Les enseignantes et les enseignants respectent donc la consigne syndicale de refuser de choisir elles-mêmes les compétences et laissent l'initiative de ces évaluations- dont elles rejettent d'emblée le fondement — entre les mains de la direction. Ce geste défend aussi l'intégrité des ententes conclues entre le syndicat et le MELS ainsi que les commissions scolaires locales. Comme dans tous les endroits de travail en ce moment, l'employeur, plus souvent qu'autrement, a tendance à ignorer ou à contourner ces ententes, et la pression générale est qu'elles disparaissent pour de bon pour que l'employeur puisse traiter avec « ses » employés sur une base individuelle et non sur une base collective par le biais de l'organisation syndicale.

En conclusion, voici un commentaire d'une autre enseignante qui résume bien les enjeux : « Nous sommes appelées à former un équipe-école et de travailler dans un véritable esprit d'équipe. Il en va de même pour les questions où nous affirmons nos droits. Il faut défendre l'intégrité de nos décisions comme une équipe qui se tient. »

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7e édition de la Marche et de la veille commémorative Sisters in Spirit

Brisons le silence sur les femmes disparues


4 octobre 2012
7e Marche et veille commémorative Sisters in Spirit



Chicoutimi
20 h
Saguenay Centre d'Amitié

Kahnawake
Heure à venir
Cabot Square

Listuguj First Nation Community

En début de soirée (précision à venir)

Notre-Dame-du-Nord

20 h
Salle communautaire des Premières nations Timiskamig

Ailleurs au Canada:
Terreneuve & Labrador | Nouvelle-Écosse | Nouveau-Brunswick | Ile du Prince-Édouard | Québec | Ontario | Manitoba | Saskatchewan | Alberta | Colombie-Britannique | Territoires du Nord-Ouest | Nunavut | Yukon | États-Unis

Pour plus d'information voir: www.october4th.ca

Le 4 octobre, Sisters in Spirits invite la population à participer à sa 7e Marche et veille commémorative qui partira du Parc Émilie-Gamelin à Montréal à 18 h. C'est à l'initiative de Bridget Tolley de Kitigan Zibi Anishabeg que l'on doit cette action. On se souviendra que le 4 octobre 2005, Gladys Tolley, la mère de Bridget, a été heurtée et tuée par un automobiliste de la Sûreté du Québec. Personne n'a été accusé ou tenu responsable de cette tragédie, et toutes les demandes pour une enquête indépendante ont été refusées.

Le but de l'événement est d'honorer la mémoire des femmes et filles disparues ou assassinées, de sensibiliser la population et d'exiger que le gouvernement soutienne les démarches des familles et des communautés. Les activistes revendiquent notamment le renouvellement du budget de recherche de Sisters in Spirit (SiS), une initiative de l'Association des femmes autochtones du Canada, qui a mené des recherches importantes sur les cas connus entre 2004 et 2010.

Bien que le travail soit loin d'être complété, le gouvernement conservateur insiste pour remplacer la recherche par l'accroissement des ressources policières. Il a choisi d'investir des ressources dans une base de données génériques de personnes disparues, gérée par la GRC, en plus d'accroître les pouvoirs de la police en facilitant l'émission de mandats et l'utilisation de dispositifs d'écoute électronique. Pour plusieurs activistes, il est clair que ces nouveaux privilèges policiers seront employés par le gouvernement du Canada pour intensifier la criminalisation des communautés autochtones plutôt que d'améliorer la sécurité des femmes autochtones.

Selon l'Association des femmes autochtones du Canada, 600 femmes autochtones ont été portées disparues ou ont été assassinées depuis 1980, approximativement. D'autres organismes et militantes estiment le nombre à 3000. Les femmes autochtones sont cinq fois plus à risque de périr d'une mort violente que les femmes non autochtones. Pour Sisters in Spirit, les politiques gouvernementales sexistes et racistes, les stéréotypes à l'égard des femmes autochtones, le manque d'attention médiatique et la négligence des forces de police sont tous des facteurs qui contribuent à perpétuer cette violence. Elle considère également que le cruel manque de données sur le sujet constitue une autre forme de violence.

Le Marxiste-Léniniste lance l'appel à tous à participer aux événements du 4 octobre pour aider à briser le silence sur cette situation et exiger que justice soit faite pour les femmes et filles des nations autochtones et les Premières Nations de l'ensemble du Canada.

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