Le
                              Marxiste-Léniniste

Numéro 100 - 26 septembre 2012

Au parlement canadien

L'attaque insidieuse de Harper
contre les pensions des députés


Au parlement canadien
L'attaque insidieuse de Harper contre les pensions des députés

Pour un régime de pensions prosocial
Discutons de la réforme du régime de pensions
Une étude néolibérale sur les régimes de pension à prestations déterminées - K.C. Adams


Au parlement canadien

L'attaque insidieuse de Harper
contre les pensions des députés

Les députés du parlement canadien devraient reconnaître la nécessité d'une réforme prosociale du régime de retraite et dénoncer les attaques du gouvernement Harper contre leur propre régime de retraite. Ils doivent voir que si le gouvernement Harper s'en prend à eux, c'est pour justifier l'offensive contre les travailleurs du secteur public et attaquer le droit public en général et plus spécifiquement pour attaquer le droit des travailleurs à des régimes de retraite à prestations déterminées de standard canadien.

On cible d'abord les régimes des députés pour détourner de la question centrale, à savoir que le gouvernement a failli à sa responsabilité de garantir un régime de retraite à prestations déterminées qui serait la norme pour tous et pour lequel les prestations proviendraient directement des revenus généraux recueillis auprès de toutes les entreprises publiques et privées sur la base du revenu brut. La politique indépendante de la classe ouvrière prône des régimes de retraite à prestations déterminées pour tous. Ce serait un pas important dans une nouvelle direction. Cela consoliderait l'économie canadienne et permettrait de garantir la sécurité de tous de la vie à la mort.

La stratégie antisociale du néolibéralisme consiste généralement à attaquer l'universalité des programmes sociaux. Dans le cas des pensions des députés, on cible un groupe spécifique qui, ayant le pouvoir de canaliser des fonds gouvernementaux pour financer ses prestations de retraite, se trouverait en conflit d'intérêt. C'est aussi un groupe de personnes parmi lesquelles se trouvent des gens possédant une richesse personnelle considérable. Alors on les prend à partie et cela permet d'attaquer l'intégrité du programme social de régime de retraite à prestations déterminées.

Harper invoque le fait que onze millions de Canadiens n'ont aucun régime de retraite pour s'en prendre aux députés, aux travailleurs du secteur public et aux autres qui ont des régimes de retraite à prestations déterminées. C'est une façon pour lui de mousser son agenda d'austérité néolibérale, d'exercer une pression à la baisse sur le niveau de vie de la population pour que l'économie puisse mieux servir à payer les riches dans un contexte de crises économiques cycliques.

Le député libéral Marc Garneau a sauté les yeux fermés dans le piège tendu. Selon la Presse canadienne, il serait « prêt à faire comme tous les Canadiens qui doivent accepter que des changements soient apportés à leur régime de retraite ». Il affirme que son parti soutiendrait n'importe quelle mesure visant à réduire le régime de pension parlementaire parce que « les gens sont très préoccupés par les régimes de retraite en ce moment ».

Les changements qu'invoquent Harper et Garneau ne sont pas une amélioration, contrairement à ce qu'on prétend. Le but visé est d'instituer le principe de l'abolition des régimes à prestations déterminées et non pas d'élever le niveau de sécurité à la retraite. Les gens sont en effet très préoccupés par les régimes de retraite et veulent que la question soit résolue dans une direction prosociale, qui leur est favorable. S'en prendre aux régimes de retraite des députés ne résoudra aucun problème de l'économie et ne fera qu'alimenter le barrage de propagande en faveur de l'abolition des régimes de retraite à prestations déterminées.

En quoi, monsieur Garneau, faire le jeu de l'attaque de la dictature Harper contre les pensions dans le secteur public va-t-il améliorer la sécurité des Canadiens à la retraite ? En rien. L'attitude conciliante envers l'offensive néolibérale contre les pensions ne fait qu'accroître les inquiétudes à ce sujet.

Garneau ajoute pour se justifier: « Nous avons vu ce que ce gouvernement a l'intention de faire avec [la Sécurité de la vieillesse], nous connaissons la fragilité de l'économie, ce qui fait que, oui, nous sommes tous dans le même bateau et nous sommes prêts à faire notre part. »

Cette « fragilité de l'économie» est due en grande partie au fait que le gouvernement refuse de renouveler l'économie sur la base des demandes prosociales : Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux ! Oui à l'industrie manufacturière, non à la destruction nationale !

L'objectif du gouvernement est d'appuyer les monopoles mondiaux et leur droit de priver les travailleurs de leur droit à un moyen de subsistance et à un régime de retraite de standard canadien. C'est de barrer la voie à l'édification d'une économie diversifiée qui suffit à ses besoins et qui est basée sur le développement de l'industrie manufacturière. La politique d'austérité consiste à faire en sorte que l'économie soit organisée pour payer les riches même dans des conditions de crise économique.

L'institution de régimes de retraite à prestations déterminées pour tous donnerait un coup de pouce à l'économie et contribuerait à la reproduction élargie. Or, au lieu de cela le gouvernement Harper a déjà augmenté l'âge de la retraite à 67 ans, il a permis à plusieurs grands monopoles de se soustraire à leur responsabilité sur le financement des caisses de retraite par des manoeuvres de faillite et s'est lancé dans une grande offensive contre les régimes à prestations déterminées dans le secteur public et ailleurs.

William Robson, président de l'Institut Howe, est outré par un aspect du régime de retraite des députés, un aspect que la classe ouvrière pourrait pourtant considérer comme un concept progressiste lorsqu'appliqué à l'ensemble des Canadiens. Les prestations des députés ne sont pas financées par le biais d'un régime d'épargne cherchant constamment un taux de rendement optimal et vulnérable aux violents ressacs de l'économie, mais à même les revenus généraux du gouvernement. Ce concept repose sur le fait que les prestations des régimes de retraite, tout comme les salaires, proviennent de la valeur ajoutée produite par la classe ouvrière au sein de l'économie actuelle.

« Ce qui laisse encore plus perplexe quand on examine la question du régime de retraite des députés, dit le président de l'Institut Howe, est qu'il n'est pas financé, il est tout simplement payé à même les revenus du gouvernement. Il n'y a pas un cent pour soutenir ces promesses. L'argent doit venir des revenus d'impôts. »

Mais voilà précisément le principal aspect positif, M. Robson! Non seulement les prestations sont-elles déterminées, mais elles représentent une réclamation faite à même l'économie sociale, recueillie auprès des entreprises actives au sein de l'économie canadienne. Ce concept de régime de retraite devrait être multiplié et appliqué à tous les Canadiens. Les régimes de retraite basés sur l'épargne sont vulnérables et peuvent s'effondrer à tout moment. Ils ne garantissent rien lorsque remis en cause et soumis aux pressions des monopoles. Vous n'avez qu'à demander aux retraités de Nortel ce qu'ils pensent de la solidité de leur régime d'épargne en vue de la retraite et de leurs prestations, et la part de ces épargnes qui peut être convertie en valeur d'usage. Ou aux retraités et aux travailleurs de Papier Fraser, qui ont vu leur régime de retraite coupé d'au moins 40 % lorsque Brookfield Asset Management a eu recours au tribunal de la faillite pour les priver de leurs prestations de retraite.

Il est important de noter également qu'au beau milieu de tout ce brouhaha au sujet des régimes de retraite des députés, le groupe de façade néolibéral de Harper, la Fédération canadienne des contribuables, qui a des liens tissés serrés avec les médias de masse contrôlés par les monopoles, a reçu l'autorisation de faire voler sa bannière au-dessus d'Ottawa pour attaquer les régimes de retraite des députés. Rappelons-nous qu'il y a à peine deux semaines, la GRC avait forcé l'atterrissage d'un avion dont la banderole critiquait Harper.

L'Opposition ouvrière dénonce l'offensive antisociale de Harper contre les régimes de retraite, y compris ceux des députés, et appelle tous les Canadiens à intensifier la lutte à la défense des régimes de retraite à prestations déterminées tels qu'ils existent, ceux du secteur public et les autres, et à lutter pour des régimes de retraite à prestations déterminées garantis pour tous et de standard canadien.

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Pour un régime de pensions prosocial

Discutons de la réforme du régime de pensions

Pour un régime de pensions prosocial et une politique
pratique qui ouvre la voie à sa création

Presqu'en même temps, l'agence de notation Dominion Bond Rating Service (DBRS) a annoncé la mort imminente des régimes de pensions de compagnies à prestations déterminées alors que l'Institut C.D. Howe dénonçait comme étant irrationnel l'éventail de plans d'épargne du gouvernement déguisés en pensions et le manque de prestations déterminées pour les retraités.

Le droit à une retraite à un standard canadien est quelque chose qui reçoit beaucoup d'appui au Canada ; la question qui se pose, c'est comment en faire une réalité par des actes conscients de politique pratique de la classe ouvrière. L'argent ne manque pas. Les biens que les travailleurs produisent et les services qu'ils dispensent sont plus que suffisants pour garantir une retraite pour tous à des prestations déterminées à un standard canadien moderne. Les gouvernements refusent de le faire et ils doivent rendre des comptes pour leur irresponsabilité sociale. Les grandes entreprises rejettent de plus en plus les réclamations des travailleurs à une retraite avec les prestations déterminées qui leur sont dues et elles nient la nécessité d'une retraite décente et digne ; on l'a vu avec l'élimination unilatérale par US Steel de l'indexation des pensions au coût de la vie et l'utilisation par Nortel, Produits forestiers Résolu et d'autres de la fraude de la protection de la faillite pour attaquer les pensions. Les entreprises plus petites disent ne pas générer suffisamment de valeur ajoutée sur une base continuelle pour satisfaire les réclamations des retraités. La classe ouvrière n'accepte pas et ne peut pas accepter ce régime de pensions qui échoue dans sa mission ; la classe ouvrière doit ouvrir la voie à une alternative prosociale et en faire une réalité.

Un capital social sous le contrôle des travailleurs

Les réclamations des travailleurs au produit intérieur brut constituent un réservoir immense de capital social qu'on pourrait mobiliser comme un fonds collectif de réserve pour les pensions et une source de capital d'investissement dans des projets sous le contrôle de la classe ouvrière. Les travailleurs ont d'immenses fonds d'accumulés dans les fonds de pension à prestations déterminées, les régimes à contributions déterminées, les REER et les régimes de pensions du Québec et du Canada. Ce qu'il faut faire c'est arracher ces fonds des mains des capitalistes intéressés uniquement par leur sort à eux et en faire usage sous le contrôle des travailleurs. Cela voudrait dire restreindre les réclamations des capitalistes aux épargnes des travailleurs et à toute valeur ajoutée produite par les travailleurs actifs dans les projets, coopératives et entreprises financés par les fonds d'épargne des travailleurs. C'est possible d'utiliser le capital social sous le contrôle de la classe ouvrière pour financer des prestations déterminées à la retraite et bâtir la nation et sa capacité de production dans tous les secteurs, surtout dans le secteur manufacturier.

Il faut pour cela que les travailleurs développent leur propre initiative devant le fait que les monopoles internationaux et leurs représentants et partis politiques refusent de prendre au sérieux la question des pensions à prestations déterminées. Les gouvernements à tous les paliers ont échoué à résoudre le problème des pensions et les grands monopoles mènent une campagne pour éliminer les régimes de pensions à prestations déterminées des entreprises. Même l'Institut C.D. Howe pourtant pro-compagnies avertit les travailleurs à revenu faible et moyen de ne pas mettre d'argent dans les nouveaux régimes d'épargne-pension du gouvernement parce que Service Canada va déduire un montant correspondant dans leurs prestations une fois à la retraite.

Le DBRS quant à lui donne toutes sortes de raisons, dans un communiqué de presse et une étude qu'il a commandée, pourquoi les entreprises devraient éliminer les fonds de pension à prestations déterminées et les remplacer par tel ou tel régime d'épargne sous le contrôle des capitalistes. Selon le DBRS, l'échec du régime de pensions actuel doit être mis sur le compte des crises économiques récurrentes et de l'incapacité et du refus des grands monopoles de gérer les fonds de pension proprement et de résoudre le problème de la retraite des travailleurs. Selon le DBRS, ces questions dépassent les « champs de compétence » des entreprises.

Plutôt que de demander des comptes aux gouvernements pour leur refus d'agir de manière socialement responsable et de résoudre le problème des pensions, le DBRS renvoie la balle aux travailleurs individuels et leur dit de subvenir eux-mêmes à leurs propres besoins en adhérant à des régimes d'épargne. Le DBRS qui pense que les « grands industriels » aux salaires faramineux ne comprennent rien aux pensions se tourne vers les travailleurs individuels et considère que résoudre eux-mêmes leur problème de pensions est tout à fait dans leur « champ de compétences ».

L'Institut C.D. Howe quant à lui trouve que l'épargne individuelle en vue de la retraite est une façon absurde de considérer un problème social, mais il n'a rien à dire concrètement sur comment transformer le régime antisocial de pensions en un régime prosocial.

Les travailleurs en ont plus qu'assez de tous ces manipulateurs et ils sont en train de s'organiser pour forcer l'économie socialisée et les institutions politiques à reconnaître et servir leurs intérêts collectifs.

Joignez-vous à la discussion et contribuez à la formulation des positions indépendantes de la classe ouvrière pour bâtir un régime prosocial de pensions pour tous !

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Une étude néolibérale sur les régimes de pension
à prestations déterminées

Première partie :
La légende néolibérale du ciel qui tombe sur les Régimes
de pension à prestations déterminées

Le 17 août, l'agence de notation Dominion Bond Rating Services (DBRS) a émis un communiqué ainsi qu'une étude intitulés « Les régimes de pensions : une actualisation en zone de danger ». Le communiqué et l'étude sont une attaque en règle contre les droits des travailleurs à une pension en général et à des pensions à prestations déterminées en particulier. L'approche de DBRS est typique de la méthode néolibérale consistant à décrire une situation, fictive ou réelle, dans le but de prouver une conclusion prédéterminée. La description devient une sorte de légende qu'on répète souvent et en diverses versions jusqu'à ce qu'elle devienne une réalité de l'anticonscience. L'histoire se poursuit sans débat jusqu'à son dénouement antisocial prédéterminé, qui apparaît alors comme une conclusion inéluctable.

Cette légende néolibérale impose une réalité antisociale qu'on présente comme essentiellement insaisissable, sans prologue et sans contradictions historiques devant être résolues pour que la société puisse surmonter les problèmes auxquels elle est confrontée et avancer. Dans la légende néolibérale, toutes les politiques et toutes les pistes d'action sont conformes à une résolution déjà fixée qui exclut toute alternative. Le processus en soi empêche toute participation consciente des individus à l'acte de découvrir. Il empêche toute discussion, toute élaboration d'un ordre du jour ou de politique pratique menant à une alternative prosociale. Le fait de faire obstacle à la classe ouvrière pour qu'elle ne puisse participer à la politique pratique de la résolution des problèmes économiques, politiques et sociaux est un aspect important du néolibéralisme.

La méthode néolibérale sert en tant qu'instrument idéologique et politique à imposer l'offensive antisociale à travers le monde. Par exemple, on décrit les finances d'un pays comme étant en piètre état et irrémédiablement criblées de dettes. En Europe, aux États-Unis, au Canada, au Québec et en Ontario, la situation du système impérialiste d'États est à peu près la même, ainsi va la rengaine. Le seul recours possible selon la légende néolibérale, un récit de dettes et de déficits, est l'austérité, s'en prendre aux programmes sociaux et imposer des concessions à la classe ouvrière. Toute discussion d'une alternative prosociale est rejetée et déclarée absurde puisque l'austérité et les concessions sont les seules issues à cette légende faite de dettes, de déficits et de concurrence mondiale. Harper, Charest, McGuinty et tous les autres reprennent ce mantra néolibéral de la dette et des déficits, de la nécessité d'être compétitif sur le marché mondial, d'austérité antisociale et de concessions comme s'il allait mener au Saint-Graal du renouveau économique pour les capitalistes monopolistes. Toute alternative prosociale est strictement interdite dans la pensée et la politique pratique, puisqu'elle relève de l'hérésie et est contraire à la légende néolibérale, laquelle est répétée ad nauseam dans les médias de masse.

La légende néolibérale de DBRS

Le communiqué de DBRS annonce son étude faisant état d'une situation catastrophique pour les pensions à prestations déterminées, annonçant à toute fin pratique l'effondrement des régimes de pension. Suivant une description tirée de son imagination, DBRS affirme que les pensions à prestations déterminées sont vouées à disparaître et que chaque travailleur devra subvenir à ses propres besoins en ayant recours à des régimes d'épargne à contributions déterminées sur une base individuelle, ou par le biais du gouvernement ou d'une compagnie, ce qui offrira aux travailleurs des prestations indéterminées au moment de leur retraite.

Notez l'émotivité des termes utilisés dans le communiqué pour embellir la légende et la rendre en apparence inattaquable :

« L'environnement continu de taux d'intérêts à la baisse a contribué à un déficit grandissant du financement des pensions... Plusieurs régimes et leur taux de financement sont maintenant en zone de danger... DBRS note qu'en 2011 un nombre croissant de régimes de pension ont glissé dans cette zone de danger de sous-financement... Plus des deux tiers des régimes étudiés au cours de l'année actuelle étaient considérablement sous-financés... En raison de cet état pitoyable des pensions, DBRS a décidé de revoir ses prédictions optimistes au sujet du financement des pensions... DBRS s'attend à ce que les régimes à prestations déterminées soient discrètement démantelés et retirés d'ici quarante ans... Nous observons que de moins en moins de compagnies offrent des régimes à prestations déterminées à leurs nouveaux employés...L'étude démontre une tendance grandissante où les employeurs aux États-Unis offrent aux travailleurs des régimes à contributions déterminées plutôt qu'à prestations déterminées, ce qui semble être la tendance au Canada ainsi qu'à l'étranger. »

La méthode néolibérale n'a pas comme prérequis que la description des faits soit conforme à la réalité ni ne se préoccupe-t-elle du comment et du pourquoi de la « tendance grandissante ».

DBRS définit la « zone de danger pour le taux de sous-financement...comme étant un taux financé à moins de 80 % ». Cependant, l'étude de DBRS cite le Bureau du surintendant des institutions financières, le principal organisme de réglementation des régimes de pension privés qui relèvent des champs de compétence du fédéral, comme suit : « En 2011, le ratio moyen de financement était de 81 % (contre 81,7 % sur la base des échantillons de DBRS). » « Moyen » se réfère en général à un montant ou à un niveau typique de quelque chose. La moyenne de 81,7 % relevée par DBRS est loin du « deux tiers des régimes » qui seraient « sous-financés de façon importante ». Un bel exemple de comment les néolibéraux ne tiennent même pas compte de leurs propres chiffres.

L'étude de DBRS continue de contredire sa propre légende en indiquant que « 47 % » des régimes de pensions à prestations déterminées au fédéral et au provincial sont « en bonne santé selon les critères établis par DBRS ». En dépit de cette conclusion que « 47 % des régimes sont en bonne santé », DBRS persiste à prétendre que : « Plus des deux tiers des régimes étudiés au cours de l'année actuelle étaient sous-financés de façon importante ». C'est ce communiqué de presse qui a servi aux médias de masse dans leurs reportages. Seulement un journaliste ou deux s'est donné la peine de consulter l'étude comme telle.

Le contenu de divers tableaux et commentaires de l'étude contredit aussi la légende promue par DBRS à propos du ciel qui tombe sur les régimes à prestations déterminées. C'est le cas de la section « Rendement général de 2002 à 2011 », où les tableaux démontrent comment le taux de financement peut augmenter de façon significative au moindre signe de regain de l'économie. Des 451 régimes examinés, 374 ont amélioré leur taux de financement en 2006 et 389 ont fait de même l'année suivante. De 2004 à 2007, les cotisations de l'employeur ont baissé tandis que certains employeurs ont fait des surplus du fait que le taux de financement s'était grandement amélioré. En 2007, le nombre de régimes qui étaient sous-financés par plus de 20 % représentaient environ 13 % du total alors que les régimes avec surplus ont augmenté de presque 40 %.

Avec le déclenchement de la crise économique en 2008, les avoirs de la plupart des régimes ont chuté, provoquant une hausse du taux de sous-financement semblable à celle provoquée par la crise de 2001, mais rien qui ressemble de près ou de loin à l'affirmation de DBRS à l'effet que deux tiers des régimes sont sous-financés par plus de 20 %. Dans la préface de ce chapitre, l'étude de DBRS vient contredire encore davantage sa propre hystérie néolibérale contre les régimes à prestations déterminées en déclarant : « Les tableaux suivants démontrent la volatilité du taux de financement et comment il est influencé d'abord et avant tout par les facteurs économiques qui prévalent à chaque période. » Si l'état des régimes à prestations déterminées « est influencé d'abord et avant tout par les facteurs économiques qui prévalent à chaque période », alors comment le fait de les éliminer va-t-il résoudre le problème des crises économiques cycliques ? Les néolibéraux ciblent les programmes sociaux parce qu'ils veulent transférer la richesse collective des mains de la classe ouvrière et des plus vulnérables de la société vers les détenteurs du capital monopoliste. Leurs politiques et leurs pratiques antisociales ne font qu'aggraver les contradictions économiques sous-jacentes qui sont à l'origine des crises. Les coupures aux programmes sociaux et les concessions soutirées à la classe ouvrière ne sont pas des solutions !

La préoccupation et la conscience sociale du peuple doivent s'intéresser à découvrir pourquoi les crises économiques sont des événements cycliques qui ont des conséquences néfastes pour tous. Cette préoccupation prosociale signifie participer de façon consciente à la politique et aux actes pratiques pour combattre les crises économiques cycliques et découvrir la cause de ces crises pour qu'une nouvelle direction pour l'économie puisse être trouvée et mise en marche. Le fait d'attaquer les programmes sociaux tels que les régimes de pension à prestations déterminées nécessaires à tous et qui devraient être garantis dans une société moderne, ne résoudront pas les problèmes économiques du pays, mais rendront la situation encore plus précaire pour le peuple et pour l'économie socialisée.

Deuxième partie :
Défendre les régimes à prestations déterminées que
nous avons ; lutter pour des régimes à prestations
déterminées pour tous

L'attaque contre les régimes de retraite à prestations déterminées renforce la direction antisociale de l'économie, qui n'est pas du tout une solution et qui fait du tort aux intérêts et aux droits de la classe ouvrière. La société moderne possède la capacité productive nécessaire pour soutenir les régimes de prestations déterminées pour tous suivant un standard canadien. La question pour la classe ouvrière est de s'organiser et de s'engager dans la politique pratique pour transformer la nécessité en réalité.

L'attaque de DBRS contre les régimes à prestations déterminées privés et publics ramène la société en arrière. L'agence prétend décrire un virage fble vers les régimes d'épargne-retraite, et donc à l'imprévisibilité des prestations avec la possibilité toujours présente d'un épuisement à court ou à long terme.

DBRS écrit : « Les employés vont s'appuyer de plus en plus sur leurs épargnes-retraite — le virage dans la tendance à l'opposé des régimes à prestations déterminées et le fait que les prestations de sécurité sociale du gouvernement sont inadéquates forceront la plupart des employés à assumer la responsabilité de leur propre planification de la retraite. »

La classe ouvrière ne peut accepter que cette tendance est inévitable. Les attaques contre les régimes à prestations déterminées ne sont pas une tendance, elles sont une offensive politique et médiatique bien orchestrée contre les droits des travailleurs. L'Opposition ouvrière est déterminée à défendre les pensions à prestations déterminées pour tous. La tendance progressiste de l'histoire est vers des pensions à prestations déterminées pour tous garanties par le gouvernement et financées par une imposition de toutes les entreprises en fonction de leurs revenus bruts.

L'Opposition ouvrière organise sa propre politique pratique et campagne médiatique pour défendre les pensions à prestations déterminées dans le secteur privé et repousser l'offensive néolibérale. Ces régimes d'entreprises privées sont un pas vers les régimes universels à prestations déterminées garantis par le gouvernement pour tous suivant un standard canadien.

Troisième partie :
Le but premier des attaques contre les pensions à prestations déterminées est de priver les retraités de leur droit à une réclamation au revenu


La grande entreprise cherche à éliminer ses contributions aux fonds de pension à prestations déterminées, lesquelles, selon le DBRS, se chiffraient à 85 milliards $ en 2011. La cible de cet assaut est la réclamation au revenu de l'entreprise pour qu'il finance les prestations déterminées. Les grands monopoles veulent que le revenu qui présentement va aux pensions soit transféré dans leurs fonds généraux de revenus et utilisé comme bon leur semble plutôt que de servir à fournir des pensions à un standard canadien aux retraités. Tout le bavardage au sujet de l'obligation de financer les pensions, de leur déficit de solvabilité, des changements démographiques, de la pertinence ou non que les entreprises soient impliquées dans le financement des retraites, ne sert qu'à détourner l'attention de l'offensive antisociale des monopoles visant à utiliser les revenus prévus pour les pensions pour payer les riches.

Dans une société moderne les pensions à prestations
déterminées sont un droit

Selon DBRS, les réclamations au revenu qui servent à financer les pensions à prestations déterminées jouent un rôle négatif dans l'économie. L'Opposition ouvrière conteste cette affirmation en faisant valoir que le but d'une économie moderne est de permettre à tous les membres de la société de vivre dignement à un standard canadien, qu'ils travaillent, soient incapables de travailler parce que blessés ou malades ou à la retraite. Une société moderne ne peut pas avoir comme objectif de rendre certains individus riches par l'exploitation de la classe ouvrière et espérer que cela produira des retombées économiques pour les autres pendant qu'on laisse à la charité le soin de résoudre les problèmes sociaux et de servir l'intérêt général de la société. Un objectif antisocial comme celui-là est en contradiction avec la base socialisée d'une économie moderne et avec le fait que les humains ont des droits en vertu de leur humanité.

Les propriétaires du capital monopoliste sont les premiers à admettre que leur plus grande priorité est de défendre et d'étendre leur richesse et leurs empires personnels et d'ériger un mur entre eux-mêmes et les problèmes sociaux et l'intérêt général de la société. Cet objectif et cette priorité de payer les riches sont en contradiction avec ceux qui vivent de l'autre côté du mur et qui ont des droits en tant qu'êtres humains dont le droit à une retraite décente et digne avec des prestations de pensions déterminées.

DBRS cherche des raisons pour attaquer les pensions à prestations déterminées et il applaudit à leur destruction. Parmi ses raisons, on compte en premier lieu les crises économiques épisodiques qui secouent l'économie capitaliste, la concurrence mondiale intermonopoliste et l'édification d'empire à l'intérieur du système impérialiste mondial d'États. Au lieu de s'attaquer à ces problèmes et de les résoudre, et de donner une nouvelle direction à la société, les néolibéraux se retranchent derrière une défense destructrice irrationnelle du statu quo. Ils déclarent que les crises et l'édification concurrentielle d'empires internationaux sont quelque chose d'inévitable pour lequel il n'existe pas d'alternative. Afin de sauver leur propres empires, leurs propres privilèges de classe et leur autorité, ils attaquent les programmes sociaux et les réclamations des travailleurs et notamment leur droit à des pensions à prestations déterminées.

Dans le but de camoufler la vraie raison pour laquelle ils s'attaquent aux pensions à prestations déterminées, qui est de stopper les réclamations des travailleurs au revenu des entreprises, DBRS a le front de suggérer qu'en privant les nouveaux engagés des régimes de pensions à prestations déterminées, on agit en réalité dans l'intérêt des nouvelles générations de travailleurs.

Dans la section intitulée « Une pression accrue à la fois sur les employeurs et les employés », DBRS écrit : « Ce tournant en faveur des fonds de pension à cotisations déterminées va également permettre de réduire le fardeau des travailleurs à venir parce que les nouveaux engagés doivent présentement aider à soutenir financièrement les retraités qui ont des prestations déterminées lorsque le fonds est déficitaire. » Selon le DBRS, les réclamations des travailleurs actifs et à la retraite au revenu des entreprises constituent une forme de « pression » tant sur les propriétaires que sur les travailleurs.

Les salaires des jeunes travailleurs et des travailleurs plus âgés sont des réclamations légitimes au revenu des entreprises. Si ce revenu existe, c'est qu'il a été créé par les mêmes travailleurs qui présentent une réclamation à ce qu'ils ont produit. Selon la logique centrée sur le capital de DBRS, les réclamations des travailleurs au revenu sous formes de salaires, d'avantages sociaux et de pensions constituent une « pression » sur eux-mêmes et sur les compagnies. Pour soulager cette « pression », les néolibéraux demandent aux travailleurs de faire des concessions en disant que si les entreprises sont soulagées de la « pression » exercée par les réclamations des travailleurs en salaires, avantages sociaux et pensions, elles seront capables de survivre aux crises économiques périodiques et de s'engager à fond dans la concurrence mondiale pour bâtir leurs empires respectifs. Selon les travailleurs, la pression sur le revenu exercée par les réclamations des propriétaires du capital en vue d'augmenter continuellement leurs profits est dommageable à l'économie et aux travailleurs et contraire à l'intérêt public.

L'Opposition ouvrière déclare que dans la situation actuelle, il faut établir un équilibre qui repose sur la reconnaissance des droits de la classe ouvrière. Les concessions arrachées à la classe ouvrière ne règlent pas le problème des crises économiques, de l'édification concurrentielle d'empire à l'échelle mondiale ou tout autre problème au sein de l'économie socialisée. Les concessions créent un déséquilibre. Il faut donner une nouvelle direction à l'économie et bâtir un équilibre qui repose sur la reconnaissance des droits de la classe ouvrière. On ne trouvera pas cette nouvelle direction et cet équilibre dans les propos de DBRS et sa conciliation avec la négation du droit de tous à des prestations de pensions déterminées. L'Opposition ouvrière rejette l'étude de DBRS avec tout le mépris qu'elle mérite.

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