Le Marxiste-Léniniste

Numéro 91 - 31 août 2012

Développons la politique indépendante
de la classe ouvrière

Pour une pleine pension sécurisée pour tous!
Formation de la Coalition des associations de retraités du Québec
Produits forestiers Résolu veut tous les droits mais pas d'obligations - Pierre Chénier
Reprise des activités avec le couteau sur la gorge chez White Birch
Les retraités de Résolu au Saguenay–Lac-Saint-Jean dénoncent la menace de fermeture des fonds de pension

Nos ressources doivent nous servir
Les travailleurs de Rio Tinto à Alma demandent l'annulation de l'entente secrète sur l'hydroélectricité

Des services de santé suffisants pour tous!
Les travailleurs de la santé dénoncent les compressions au CSSS de Laval


Pour une pleine pension sécurisée pour tous!

Formation de la Coalition des associations
de retraités du Québec

Mercredi le 29 août, lors de la manifestation à Québec de plus de 300 personnes, la vaste majorité des retraités de White Birch et de Produits forestiers Résolu, à la défense des pensions, les organisateurs de l'événement ont annoncé la formation de la Coalition des associations de retraités du Québec. Le but de l'association est la défense des droits des retraités, peu importe leur provenance. La coalition adopte le carré gris comme symbole de la résistance et de la détermination des retraités à protéger leurs droits et leurs acquis.

Les retraités présents à la manifestation qui avait lieu devant l'usine Stadacona de White Birch à Québec, étaient ceux de White Birch à Québec et d'AbitibiBowater, aujourd'hui Produits forestiers Résolu, de Donnacona, de Clermont et du Saguenay-Lac-St-Jean. Deux des événements récents qui ont poussé les retraités à former la coalition sont l'arrangement conclu avec la compagnie forestière White Birch sous la Loi sur les arrangement avec les créanciers des compagnies en vertu duquel les retraités perdront au moins 30% de leurs pensions et la menace proférée par Produits forestiers Résolu de terminer ses fonds de pension alors qu'ils ont un haut déficit de solvabilité ce qui réduirait les pensions des retraités de 30 à 40%.

Avant que le rassemblement ne débute, les discussions allaient bon train parmi les retraités contre le vol légalisé des pensions des travailleurs qui ont travaillé toute leur vie et se font réduire leurs pensions alors qu'ils ont un contrat en mains signé au moment de leur mise à la retraite qui leur garantissait un montant défini de pension jusqu'à la fin de leurs jours. Le temps est venu, disaient les retraités, de forcer les gouvernements quelle que soit leur couleur politique de sécuriser une pleine pension pour tous et de cesser de permettre aux grandes entreprises d'abdiquer leurs responsabilités face aux pensions.

Au nom du Regroupement des employés retraités de White Birch-Stadacona, son président Gilles Bédard a agi comme maître de cérémonie et annoncé la formation de la coalition, une annonce qui a été chaudement applaudie par tous les participants. Il a dit notamment que la lutte que les retraités de la White Birch mènent contre le propriétaire actuel et l'acheteur potentiel de l'usine pourrait bien se transposer ailleurs, dans d'autres entreprises et même jusque dans des municipalités. Il a dit que le virus risque de se propager à l'ensemble des régimes de retraite et c'est pourquoi la formation de la coalition arrive à point. Il a présenté et cédé la parole à Gilles Papillon, Armand Gauthier et Mathias Dufour, porte-parole respectivement des retraités d'AbitibiBowater aujourd'hui Produits forestiers Résolu de Donnacona, du Saguenay-Lac-St-Jean et de Clermont qui ont exigé que les pensions soient sécurisées notamment par des changements aux lois de la protection de la faillite. Des candidats du Parti québécois et de Québec solidaire et un député du NPD ont été invités à dire quelques mots et ils se sont engagés à aider à la satisfaction des demandes des travailleurs sur la question des fonds de pension.

Le communiqué annonçant la formation de la coalition a été lu aux participants et un représentant du comité des retraités de White Birch a fourni des explications sur l'arrangement conclu avec la compagnie en vertu de la LACC. La coalition demande dans son communiqué que les employeurs soient contraints par des mesures législatives, tant fédérales que provinciales, à respecter leurs engagements, que les rentes de retraite deviennent des créances prioritaires et que les pouvoirs de la Régie des rentes soient accrus afin qu'elle puisse exercer un pouvoir de surveillance et d'action réel. En cette période électorale, la coalition demande à tous les partis politiques de se prononcer, dès maintenant, sur les engagements de leur parti à cet égard et avise le nouveau gouvernement qui sera élu du mécontentement des retraités et lui demande d'agir dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs actifs et des travailleurs retraités du Québec relativement à la protection des fonds de pension.

Les participants étaient visiblement heureux de cette action tenue en plein pendant l'élection du 4 septembre et de la formation de la Coalition des associations de retraités du Québec. Ils étaient aussi très choqués que la question des pensions qui est si importante n'a occupé aucune place dans l'élection jusqu'à maintenant et est considérée comme une patate chaude par ceux qui s'apprêtent à former le prochain gouvernement.


Produits forestiers Résolu veut tous
les droits mais pas d'obligations


Les travailleurs forestiers et leurs communautés sont sous la menace et le chantage constants de Produits forestiers Résolu (PFR). Le monopole forestier demande tous les droits et toutes les garanties mais ne se reconnaît aucune obligation. Il exige qu'une part toujours plus grande de la richesse sociale soit déversée dans ses coffres, que ce soit les réclamations des travailleurs en salaires ou avantages sociaux ou les richesses naturelles forestières ou hydrauliques. Il ne garantit rien en échange et dans les faits le monopole forestier échoue à fournir un moyen de subsistance pour un nombre croissant de travailleurs et de communautés qui dépendent du secteur forestier pour vivre.

Certains traits ont récemment attiré l'attention des gens sur le type de chantage et de menaces qui sont proférées par le monopole forestier.

L'exemple le plus récent est la question des pensions qui est revenue au premier plan avec les lettres envoyées par le monopole chez eux à des travailleurs actifs et à la retraite. Les travailleurs actifs du moulin à papier de Thunder Bay en Ontario et les retraités du Saguenay-Lac-St-Jean en ont reçu une chacun et les médias estiment qu'en tout plus de 20 000 lettres ont été envoyées par la compagnie. La raison offi­cielle de l'envoi des lettres est d'informer les gens sur la situation des fonds de pensions mais c'est le chantage et les menaces ouvertes (sans parler de la cruauté envers les retraités souvent âgés) qui s'expriment dans celles-ci. Sans rien expliquer, PFR dit aux retraités et aux travailleurs actifs que le déficit de solvabilité des fonds de pensions de la compagnie est passé de 1,3 milliard $ à 1,9 milliard $ en moins de deux ans. Puis il avertit qu'advenant qu'il termine les fonds de pension alors que ceux-ci seraient en position de déficit, les retraités pourraient perdre entre 30 et 40 % de leurs montants en pensions. Le monopole demande un « effort collectif » pour rétablir la solvabilité des pensions sinon c'est le désastre qui risque d'arriver. Pas besoin d'être sorcier pour comprendre qu'il veut utiliser les retraités et les travailleurs actifs pour entre autres faire pression sur le gouvernement pour qu'il lui accorde des allègements supplémentaires dans ses paiements de solvabilité et même lui permette de terminer les fonds de pensions sans la fraude de la loi sur les faillites qui lui a permis de commettre un vol au grand jour. Les concessions visent aussi les travailleurs actifs en faisant pression sur eux au nom de la sauvegarde de ce qui reste des pensions et des moulins que PFR ferme comme bon lui semble. En fait, Produits forestiers Résolu se positionne pour arracher encore plus de concessions et là encore c'est un puits sans fond car il affirme qu'en dernière analyse c'est lui qui prendra la décision.

De plus en plus, PFR demande des garanties en bois et en énergie électrique avant même de faire quelque production que ce soit. Il projette dans le temps ce qu'il appelle un approvisionnement garanti en bois et en revenus en tant que producteur d'électricité et en fait une condition pour démarrer ou redémarrer la production qu'il avait arrêtée. Il en fait une condition mais se réserve le droit absolu de faire ce qu'il veut. Les travailleurs se demandent si la demande de PFR pour des achats garantis par Hydro-Québec de son électricité qu'il produit par cogénération n'est pas une façon de demander un statut de producteur d'électricité qui n'est même pas rattaché au fait qu'il doit faire de la production forestière. Il demande qu'on lui assure un contrat d'achat de son électricité, il en fait une condition de son redémarrage, par exemple à Dolbeau-Mistassini, mais il ne reconnaît pas que ce privilège énergétique doit être conditionnel à faire la production forestière et assurer des moyens de subsistance. Il pourrait fermer la production ou refuser de la démarrer mais quand même faire son argent à même la production d'énergie avec un nombre minime de travailleurs.

Une chose similaire se passe avec les approvisionnements en bois. PFR projette dans le temps ses besoins en approvisionnement et exige qu'ils soient garantis avant même de commencer à produire. Le but recherché semble être de demander le droit absolu de fermer d'autres usines afin de s'accaparer leur bois au nom de garantir son approvisionnement en matière ligneuse dans les usines qu'il choisit. Une des expressions préférées du PDG Richard Garneau et d'autres dirigeants de l'entreprise est de dire qu'ils devront fermer ailleurs pour se garantir l'approvisionnement en copeaux, par exemple pour les usines de pâtes et papier qu'ils envisagent de maintenir en production. Récemment les travailleurs du Québec ont pu voir que les menaces de PFR vont encore plus loin. Lorsque le gouvernement Charest a investi 35 millions $ dans l'empire White Birch au nom de la reprise de l'usine de Stadacona, PRF a immédiatement rétorqué que l'usine Stadacona ne devrait pas être autorisée à continuer de produire du papier annuaire sinon PFR pourrait bien fermer son moulin à papier d'Alma qui produit le même type de papier !

Le chantage est un modus operandi pour PFR et le monopole met ses menaces à exécution, fermant ici et là sans aucune considération pour le bien-être des travailleurs, des communautés et de l'industrie. C'est un monopole qui a échoué à assurer le moyen de subsistance dans les régions où il opère mais il persiste à exiger qu'une partie toujours plus grande de la richesse sociale lui soit versée sinon il sévira encore contre les populations. Cette richesse est perdue à l'utilisation qui pourrait en être faite si les travailleurs, les communautés et les nations autochtones en assumaient le contrôle et bâtissaient une industrie qui ne sert plus à enrichir un empire privé mais sert le bien public.

Une chose qui a beaucoup frappé les travailleurs c'est la demande de PFR d'être un acteur politique au Québec. À la fin 2011 et au début 2012, le PDG de l'entreprise a fait une tournée des maires du Saguenay-Lac-St-Jean les enjoignant de se joindre à lui dans sa croisade pour garder sa centrale hydroélectrique Jim-Gray. Cette centrale lui a été enlevée par le gouvernement du Québec, du moins en théorie, quand il a refusé de s'engager à faire des investissements précis dans la production forestière dans la région pour les dix prochaines années. Garneau a enjoint les maires à se joindre à lui politiquement pour exiger que le gouvernement du Québec annule sa décision parce que, dans les mots mêmes du PDG, «il va falloir que les maires posent des questions eux aussi, car ça va les toucher. Il faut continuer le dialogue, car c'est sérieux pour les communautés, c'est toute la région qui est concernée. Il faut que les gens saisissent les enjeux et les conséquences des gestes posés. »

En ce qui concerne la centrale Jim-Gray, les faits sont que le gouvernement du Québec a annoncé le 31 décembre 2011 qu'il en reprenait possession parce que PFR ne veut s'engager à rien, mais sept mois plus tard la centrale est toujours dans les mains de PFR et personne ne connaît la nature des discussions encore une fois secrètes que le gouvernement Charest a avec le monopole forestier. On entend dire de part et d'autres que les « négociations » continuent et le gouvernement Charest ne cesse de répéter qu'il ne veut pas nuire aux intérêts du monopole et mettre en danger l'industrie forestière de la région qui est presque entièrement entre les mains de PFR. Un signe d'égalité est mis entre l'intérêt privé de monopole et l'intérêt public pour cacher que c'est le monopole qui met les intérêts de la région en péril.

Les travailleurs et les communautés s'opposent aux chantages et aux menaces de Produits forestiers Résolu et tiennent le gouvernement responsable parce qu'il permet que le monopole mette la région en danger.

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Reprise des activités avec le couteau
sur la gorge chez White Birch

Le 13 juillet dernier, le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad,a annoncé la réouverture de l'usine de Québec du monopole forestier White Birch le 2 août. L'usine était fermée depuis le 9 décembre suite au refus des travailleurs de l'usine d'accepter la batterie de concessions antiouvrières exigées par les propriétaires de White Birch.

C'est en février 2010 que White Birch, l'un des principaux producteurs de papier journal en Amérique du Nord, a demandé la protection de la faillite aux États-Unis et au Canada. White Birch opère trois usines au Québec (Stadacona à Québec, Rivière-du-Loup, et Masson dans l'Outaouais) et une autre à Ashland, en Virginie. La protection de la faillite a entraîné une restructuration sous forme d'un consortium formé par White Birch lui-même et Black Diamond Capital Management pour faire l'acquisition des trois usines québécoises. Les tribunaux du Québec ont accepté la transaction à condition que le consortium en arrive à des ententes de principe avec les syndicats représentant les travailleurs des trois usines.

L'annonce du 13 juillet coïncidait avec la signature par les trois sections locales du Syndicat canadien de l'énergie, des communications et du papier (Rivière-du-Loup, Masson et Québec) des ententes convenues entre les syndicats et l'employeur et entérinées il y a quelques mois après par les travailleurs. L'annonce coïncidait aussi avec l'octroi d'un prêt de 35 millions $ par le gouvernement du Québec à White Birch qui servira à financer à 75 % des investissements de 46 millions $ prévus notamment pour élargir la gamme de produits offerts par l'usine de Québec. On ne sait pas exactement combien des quelque 600 travailleurs de l'usine de Québec seront rappelés au travail.

Ce qui est certain c'est que la reprise annoncée de l'usine de Québec (les deux autres usines ont continué de produire pendant cette période) s'est faite alors que les travailleurs des trois usines avaient le couteau sur la gorge. Depuis plus de deux ans maintenant, les propriétaires de White Birch s'acharnent à extorquer des concessions aux travailleurs, surtout en ce qui concerne les fonds de pension que White Birch voulait simplement fermer. Pendant deux ans, les travailleurs ont rejeté les concessions dans de multiples assemblées générales et c'est seulement il y a quelques mois qu'ils les ont finalement acceptées et c'est cette entente qui vient maintenant d'être signée. Les concessions diffèrent en étendue selon qu'il s'agit de Rivière-du-Loup, Masson et Québec, mais elles sont drastiques.

D'après les données fournies par le syndicat, le point le plus chaud des concessions concerne l'élimination des régimes de pensions actuels à prestations déterminées (avec la fin du déficit actuariel de 300 millions $) et leur remplacement par un nouveau régime à prestation cible financé à 8 % du salaire des employés et 10 % de l'employeur. On prévoit que les conséquences pour les travailleurs de Rivière-du-Loup et de Masson seront une perte d'environ 10 % pour les retraités et de 15 % pour les travailleurs actifs. À Québec les pertes dans les pensions seront d'environ 30 % pour les retraités et 50% pour les futurs retraités.

Il y a aussi d'importantes pertes salariales équivalant à une baisse de salaire de 10 % sur la durée du contrat de travail qui est de neuf ans et une baisse de la paie de vacances d'entre 2,2 % à 2,4 %.

Les retraités de l'usine de Québec, tout en se disant contents que les travailleurs retournent à l'ouvrage, rejettent la coupure de 30 % dans le montant de leurs pensions. Le président des retraités de l'usine Stadacona, Gilles Bédard, a dit que son association entend tout faire ce qui peut être fait légalement pour contester la coupure. « C'est comme si quelqu' un vient dans mes poches, prend 100 $ et me dit que je suis chanceux puisqu'il aurait pu me voler 1000 $ ,c ‘est exactement cela, a-t-il dit aux médias. On ne blâme pas les travailleurs, nous sommes bien contents pour eux. Ce qu'on déplore, c'est que le système a permis de couper dans les économies d'individus qui n'ont pas eu le droit de parole. C'est ça qui est tragique... Le système a permis de laisser un multimilliardaire de venir sabrer dans nos économies. ». Il a ajouté que le tiers des 875 retraités ont plus de 75 ans et retirent moins de 15 000 $ annuellement pour leur régime de retraite et qu'une coupure de 30 % pour eux va leur créer de très grands problèmes.

Le ministre Hamad a été le principal promoteur du point de vue que l'entente est positive et que les retraités et aussi les travailleurs actifs y ont gagné. De façon cynique et irresponsable, il a averti chiffres en mains les retraités que s'ils bloquent la réouverture de l'usine c'est près de la moitié et non 30 % de leurs prestations qu'ils perdront. Il a dit que la solvabilité du régime de retraite de White Birch serait à 57 % sans une relance de la compagnie ce qui voudrait dire qu'ils perdraient jusqu'à 43 % de leurs prestations.

Non seulement le ministre a-t-il déclaré que la perte des retraites était acceptable mais il a passé en douce sur le fait qu'on a permis à White Birch de fermer son régime de retraite déficitaire plutôt que de maintenir le régime et permettre aux propriétaires d'étaler leurs paiements de solvabilité sur une plus longue période comme le gouvernement l'a fait avec AbitibiBowater en lui donnant un délai de 15 ans. La « solution « AbitibiBowater est déjà grave source d'inquiétude pour les travailleurs parce qu'advenant qu'AbitibiBowater se replace sous la protection de la loi de la faillite, les fonds de pensions seraient encore plus sous financés qu'ils ne le sont aujourd'hui. Dans le cas de White Birch , plutôt que d'étaler le remboursement dans le temps, on ferme le fonds de pension déficitaire. C'est un pas de plus de la part de ce gouvernement dans l'endossement du droit de monopole d'abdiquer leurs responsabilités en ce qui concerne les pensions. Le ministre, plutôt que de répondre aux inquiétudes des gens a préféré les écarter du revers de la main. « Évidemment, a-t-il dit aux médias, il faut que les entreprises soient en faillite, il y a plein de conditions pour en arriver là. Pour nous ce n'est pas une subvention aux régimes de retraite, c'est pour moderniser l'usine. »

L'entreprise américaine White Birch, maintenant placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies depuis 2010 pourra maintenant procéder à la vente de ses trois usines au consortium formé du Fonds d'investissement Black Diamond et de White Birch lui-même.

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Les retraités de Résolu au
Saguenay–Lac-Saint-Jean dénoncent
la menace de fermeture des fonds de pension

Les retraités de Produits forestiers Résolu au Saguenay-Lac-St-Jean dénoncent fermement les menaces du monopole forestier de fermer les fonds de pension. Le journal Le Quotidien cite un extrait d'une des lettres qui ont été envoyées aux pensionnés :

« Actuellement la compagnie n'envisage aucunement de mettre fin au régime. Cependant, s'il devenait nécessaire de terminer le régime pendant qu'il est en position de déficit de solvabilité et que la compagnie n'était pas en mesure de combler le déficit, vos prestations seraient réduites. Cette réduction dans vos prestations pourrait être plus importante si la cessation du régime survenait pendant que les mesures d'allégement s'appliquent. »

Les retraités du Saguenay-Lac-St-Jean ont publiquement dénoncé la menace de PFR dès qu'ils ont reçu leur lettre. Ils ont fait référence aux arrangements qui ont été accordés à AbitibiBowater (devenu Produits forestiers Résolu) par le gouvernement du Québec à la fin de 2010 lui permettant d'étaler sur 15 ans et non 10 ses paiements de solvabilité dans les fonds de pension. Cette mesure faisait partie des arrangements par lesquels AbitibiBowater a émergé des procédures de protection de la faillite. Les retraités s'étaient vus accorder le choix entre transférer leur pension à la Régie des rentes et perdre environ 25 % de leurs montants de pension (selon le niveau de financement de chacun des fonds) ou demeurer avec Produits forestiers Résolu, toucher leur pleine pension pour le moment mais risquer de perdre encore plus qu'avec la Régie si PFR se replace sous la loi de la protection de la faillite. Les retraités avaient dit et ils disent encore que ce n'est pas un choix et que la seule option c'est de garantir les pensions pour eux et pour tous les travailleurs à la retraite. Produits forestiers Résolu a maintenant l'audace de dire que son déficit de solvabilité, qui était de 1,3 milliard $ lorsqu'il s'est restructuré sous la protection de la faillite a maintenant atteint 1,9 milliard $ et il s'en prend aux travailleurs actifs et retraités pour son propre refus de mettre les argents nécessaires dans les fonds.

« ll était convenu, a dit Armand Gauthier, le président de l'Association des retraités d'Abitibi-Consolidated (ARAC), qu'un représentant de la Régie des rentes du Québec avise le gouvernement dès qu'il y aurait une baisse de 5 % de la solvabilité. Nous avons une baisse de 8 % et personne n'a encore parlé. On parle de Plan Nord et d'économie chaque jour et une véritable catastrophe se prépare et personne ne semble s'en préoccuper. » Le président de l'ARAC avait obtenu des informations concernant la solvabilité de la caisse de retraite. Malgré son insistance auprès du cabinet de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale Julie Boulet, la Régie des rentes du Québec a refusé de bouger, prétextant qu'elle devait attendre les résultats de l'étude actuarielle quinquennale.

Le président de l'ARAC a ajouté que la question des pensions doit devenir un enjeu de l'élection actuelle et que les candidats et les partis doivent prendre une position tranchée sur le sujet. Les retraités veulent obtenir des garanties des partis politiques qu'ils auront la protection du gouvernement contre toute tentative de Résolu de décréter la terminaison des régimes de retraite. L'ARAC a commencé à rencontrer les candidats de la région pour leur demander de prendre position.

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Les travailleurs de Rio Tinto à Alma demandent l'annulation de l'entente secrète sur l'hydroélectricité

Le directeur québécois du Syndicat des Métallos, Daniel Roy, presse les partis politiques en lice dans la présente campagne électorale de s'engager à faire cesser le rachat des surplus d'électricité de Rio Tinto par Hydro-Québec en cas de conflit, et ce, à un prix supérieur au coût de production.

«De telles ententes déséquilibrent les rapports de force. En 2015, l'ensemble des 3500 travailleurs syndiqués de RTA au Saguenay-Lac-St-Jean renégociera leur convention collective. Les instances politiques doivent s'assurer que le scénario vécu cette année lors du lockout des 780 travailleurs à Alma ne puisse pas se reproduire. Un tel gaspillage de fonds public au profit d'une multinationale est honteux», fait valoir M. Roy.

Lors du lockout des 780 travailleurs de l'aluminerie d'Alma, qui a pris fin en juillet dernier, Hydro-Québec a dû dépenser au bas mot 90 millions $ inutilement pour racheter l'énergie excédentaire de RTA. Si on reporte ce montant à l'ensemble de la production énergétique de RTA, cela équivaut à une somme de 700 millions $ par année.

«Exploiter notre hydro-élecricité, c'est un privilège. Nous n'avons aucun problème à ce que cela fasse partie des avantages consentis à RTA pour favoriser l'activité économique au Québec. Mais qu'une compagnie détourne cet avantage pour faire financer un lockout par les contribuables québécois, cela devient odieux. Les politiciens doivent s'assurer que cela ne se reproduise plus!», conclut Daniel Roy.

Le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma a publié une page publicitaire dans le journal Le Quotidien à cet effet à l'occasion de la campagne électorale.

Le syndicat y demande l'annulation de l'entente secrète de 2007 entre le gouvernement du Québec, Hydro-Québec et Rio Tinto Alcan sur la question des achats par Hydro-Québec de l'hydroélectricité excédentaire de RTA en cas de grève ou de lockout. Il écrit à propos de l'achat de 90 millions $ de l'électricité non utilisée par Rio Tinto à Hydro-Québec durant le lockout : «Ce scandale a assez duré ! Exigeons, ensemble, plus pour nos ressources. En cette veille d'élection, le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma exige que le prochain gouvernement corrige les erreurs du passé en mettant fin aux ententes secrètes. »

Dans son message à la population, le syndicat remercie tous ceux qui l'ont appuyé dans sa bataille et présente le problème que crée cette entente secrète.

« Les Métallos de l'Usine Alma tiennent à remercier chaleureusement tous les citoyens, syndicats, politiciens et commerçants qui nous ont soutenus alors que nous subissions un lockout difficile financé par Hydro-Québec ». Le syndicat rappelle que cet appui a fait toute la différence et a permis de protéger, pour le futur, des emplois de qualité en obtenant un plafond de sous-traitance.

Le 3 mai dernier le syndicat a remis une pétition de plus de 12,000 noms à l'Assemblée nationale demandant l'arrêt des achats par Hydro-Québec de l'hydroélectricité produite par RTA et non utilisée pendant le lockout.

La pétition disait dans ses considérations que les ressources naturelles sont un bien qui appartient à toute la collectivité québécoise; qu'en signant une entente de continuité en décembre 2006, le gouvernement a cédé une partie de nos ressources naturelles à RTA sans que la population du Québec n'ait été consultée; que la population du Saguenay-Lac-St-Jean a clairement signifié, lors d'un référendum en 2005, que toute l'énergie privée produite dans la région doit servir exclusivement au développement industriel et à la création d'emplois; que l'entente de continuité n'a été rendue publique que plusieurs mois plus tard et que parallèlement à cette entente, d'autres ont été signées avec RTA et avec le gouvernement et/ou Hydro-Québec; que ces ententes sont demeurées confidentielles à ce jour; qu'Hydro-Québec était en train d'acheter l'énergie libérée par le lockout à l'usine Alma et que le gouvernement ne doit pas prendre partie dans un conflit de travail.

En conséquence les signataires demandaient que cesse l'achat ou l'échange d'énergie entre Rio Tinto Alcan et Hydro-Québec afin de respecter l'équilibre des forces dans le conflit à l'usine Alma et ils demandaient que soient rendues publiques toutes les ententes entre RTA, le gouvernement et Hydro-Québec.

Au nom du gouvernement Charest, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune Clément Gignac avait répondu que l'obligation d'Hydro-Québec d'acheter les surplus de RTA était en essence une relation commerciale entre Hydro-Québec et RTA qui ne pouvait être modifiée unilatéralement par l'une des deux parties sans conséquences légales. Il avait ajouté que la remise en question de l'entente par le gouvernement du Québec créerait des inquiétudes chez les grands investisseurs et les amènerait à remettre en question des projets de développement industriel à l'échelle du Québec. Il en allait selon le ministre de la crédibilité du Québec à l'échelle internationale. Les travailleurs de Rio Tinto Alcan avaient rejeté ces arguments comme un refus du gouvernement de prendre ses responsabilités envers la population de la région et du Québec et ils les rejettent encore.

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Des services de santé suffisants pour tous!

Les travailleurs de la santé dénoncent
les compressions au CSSS de Laval

Le syndicat des travailleurs et travailleuses du Centre de santé et de services sociaux de Laval (STT CSSSL-CSN) et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) ont dénoncé les compressions de l'ordre de 12 millions $ dans les services à la population au Centre de santé et de services sociaux de Laval.

Ils rappellent dans un communiqué qu'« en février 2012, plusieurs membres du gouvernement libéral se sont présentés au Centre intégré de cancérologie de Laval (CICL) pour son inauguration. Lors de cette journée, ils ont annoncé un investissement de 65,9 millions $ en infrastructure et en équipement. On nous annonçait à ce moment que le bâtiment de près de 7000 mètres carrés devait desservir la région de Laval, des Laurentides et de Lanaudière. Cette annonce s'intégrait dans une stratégie régionale visant à réduire le temps d'attente à moins de quatre semaines pour la population de la couronne nord.

« Au début d'août, le CSSS Laval a annoncé à la partie syndicale des coupures de l'ordre de 12 millions$ suite à des compressions décrétées par le présent gouvernement. Plus précisément, le nouveau CICL devait originairement avoir un budget de 10 millions $ pour son fonctionnement. Toutefois, dans l'enveloppe décrétée, il y a un manque à gagner de 40 %, soit 4 millions $. Par conséquent, les temps d'attente risquent fortement de s'allonger au détriment des gens souffrants de cancer, contrairement à l'objectif du gouvernement annoncé en février dernier.

« Au niveau du budget général du CSSS Laval, l'employeur a aussi annoncé des compressions de 8 millions $. Ces coupures ne pourront faire autrement que de toucher des services essentiels à la population.

« Le syndicat ne peut faire autrement que de dénoncer le double discours du présent gouvernement, alliant investissement dans le béton et désengagement dans les services directs à la population. Le gouvernement a annoncé haut et fort qu'il avait augmenté le budget en santé de Laval de 60 %, mais ce que l'on remarque dans le concret, c'est que le CSSS Laval se retrouve avec des coupes de 12 millions$. Comment expliquer cette situation ? »

Pour Luc Bastien, vice-président pour la région de Montréal-Laval à la FSSS-CSN, « il est inacceptable que les coupures qui représentent environ 240 équivalents temps complet soient cachées à la population lavalloise, d'autant plus quand on pense à l'impact important que celles-ci auront sur les services à la population ».

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