Le Marxiste-Léniniste

Numéro 87 - 1er août 2012

Une élection générale au Québec le 4 septembre

Occupons l'espace du changement!
Tous aux urnes le 4 septembre pour
défaire les libéraux!

Une élection générale au Québec le 4 septembre
Occupons l'espace du changement! Tous aux urnes le 4 septembre pour défaire les libéraux! - Pierre Chénier, chef du Parti marxiste-léniniste du Québec
Charest et ses politiques néolibérales accueillis par une manifestation au Vermont

La corruption du gouvernement Charest
Promotion du Plan Nord et des candidats libéraux à coups de millions de dollars

Bilan de la dernière session de l'Assemblée nationale
L'offensive antisociale portée à des niveaux insoutenables


Une élection générale le 4 septembre

Occupons l'espace du changement! Tous aux
urnes le 4 septembre pour défaire les libéraux!

Aujourd'hui, le 1er août, le premier ministre du Québec Jean Charest a déclenché une élection générale et annoncé que le scrutin se tiendra le 4 septembre.

Jean Charest a demandé à l'électorat d'endosser sa vision qu'il appelle « emploi et économie, responsabilité et respect de la démocratie ». C'est déjà une fraude parce que le gouvernement Charest détruit l'économie et les emplois. Il est corrompu et attaque les droits des travailleurs, de la jeunesse et du peuple dans son ensemble.

Le fait qu'ils déclenchent les élections en espérant utiliser la criminalisation des étudiants et de leur vision de société pour se faire élire et défaire ses adversaires montre à quel point les libéraux sont désespérés. Leur ordre du jour de braderie néolibérale est de plus en plus intenable et dangereux.

Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) présentera 25 candidats dans cette élection. À son avis, c'est en défaisant les libéraux que les travailleurs et notre jeunesse combative vont pouvoir avancer leur propre vision de société.

Ensemble, ouvrons la voie à un Québec nouveau qui arrête de payer les riches, augmente les investissements dans les programmes sociaux et garantit les droits de tous.

Occupons l'espace du changement !
Le 4 septembre, tous aux urnes pour défaire les libéraux !

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Charest et ses politiques néolibérales accueillis
par une manifestation au Vermont


Avant même que ne débutent les travaux de la 36e rencontre annuelle des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada qui discuteront entre autres de transports et d'énergie, en plus d'aborder le dossier des inondations du bassin du lac Champlain, plus d'un millier de personnes ont manifesté contre les politiques néo-libérales de ces gouvernements.

Les manifestants ont défilé dans les rues de Burlington et ont reçu l'appui de la population. Plusieurs arboraient fièrement le carré rouge en appui aux étudiants québécois contre la hausse des frais de scolarité, tandis que d'autres frappaient sur des casseroles pour reprendre le mouvement populaire de protestation au Québec. Les slogans populaires dans les manifestations contre les libéraux de Charest ont retenti dans les rues de Burlington, scandés par les manifestants des deux côtés de la frontière.

« On subit constamment des hausses de droit de scolarité, qui sont très élevés », a souligné Marie Salerno, qui vient de terminer ses études à l'Université du Vermont, à Burlington. Elle a ajouté qu'elle était très inspirée par la détermination des étudiants québécois.

Les manifestants sont également préoccupés par les projets de l'oléoduc Montréal-Portland et la ligne Northern Pass qui doit permettre à Hydro-Québec d'exporter de l'électricité en Nouvelle-Angleterre en passant par le New Hampshire.

Des autochtones du Nord du Québec ont également profité de l'occasion pour faire part aux chefs du gouvernement de leurs inquiétudes devant les travaux à grand déploiement d'Hydro-Québec dans leur région. Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, Justine Vollant, de la communauté innue de Sept-Îles- Maliotenam, a dit : « Quand M. Charest vient pour vendre de l'électricité, on se dit qu'il vend quelque chose auquel nous sommes opposés. » Il faut rappeler que la communauté autochtone de la Côte-Nord n'a toujours pas donné son consentement à la construction des lignes de transport qui doivent desservir le complexe hydroélectrique La Romaine.

Des manifestants ont été sauvagement attaqués par la police, qui a tiré de nombreuses balles de caoutchouc et utilisé le poivre de Cayenne.

Quant à Jean Charest, il a défendu son rôle de commis-voyageur pour les monopoles : « La rencontre avec les gouverneurs ici, elle est très importante pour nous, a plaidé M. Charest lors d'un point de presse à l'issue de la rencontre. C'est vraiment un forum où on fait la promotion de nos intérêts pour créer de l'emploi, créer de la richesse. » « Le Québec et ses partenaires régionaux ont saisi aujourd'hui une occasion en or d'aller plus loin dans leurs échanges et leurs actions, et ce, dans des secteurs clés de nos économies, dont l'énergie et le transport. Je me réjouis que l'expertise et le savoir-faire du Québec puissent ainsi contribuer de manière significative à notre prospérité mutuelle. »

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La corruption du gouvernement Charest

Promotion du Plan Nord et des candidats libéraux
à coups de millions de dollars

Les jeudi et vendredi 19 et 20 juillet, Jean Charest a entrepris une tournée de l'Est et du Nord-Est du Québec. Il a visité la ville de Fermont et le projet de La Romaine, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine. À chacune de ces escales il a fait la promotion du Plan Nord et a annoncé des investissements de plusieurs millions de dollars. Le journal Le Devoir a calculé que les libéraux ont annoncé pour 445 millions $ de projets ne serait-ce que durant cette tournée, dont les annonces pour près de 215 millions faites dans l'Est du Québec.

De plus, le vendredi 20 juillet, Charest est retourné en Gaspésie où il a rencontré « l'élite de l'industrie éolienne de la Gaspésie » pour annoncer qu'à l'automne 2012, deux appels d'offres pour 700 nouveaux mégawatts (MW) seront publiés. De ces derniers, 250 MW seront réservés pour des projets issus des communautés autochtones.

Il y a été accueilli par près de 150 manifestants aux cris de « On va te trouver une job dans le Nord ! ».

Puis le 27 juillet, Charest a présenté les 2 candidats qui représenteront le Parti libéral dans le territoire du Plan Nord. Dans la circonscription d'Ungava, M. Gérald Lemoyne, maire de Lebel-sur-Quévillon, et dans Duplessis, sur la Côte-Nord, la mairesse de Fermont, Lise Pelletier, représenteront le PLQ.

Dans chacune de ces circonscriptions le gouvernement de Jean Charest a annoncé 200 millions $ pour les municipalités du Plan Nord et a signé récemment une entente avec la nation crie sur la gouvernance du territoire. Les deux candidats se sont engagés à promouvoir et défendre le Plan Nord.

C'est donc près de 2 milliards $ en investissements publics que le gouvernement libéral a annoncé au cours du mois de juillet, dont 1,4 milliard $ dans les 23 derniers jours. On se dirige vers la tenue d'élections classiques où le parti au pouvoir va poursuivre les annonces et la distribution des fonds publics. Voilà un exemple de corruption que le peuple du Québec méprise et dont il veut se débarrasser.

C'est ce qui caractérise depuis 2003 la vie politique du parti libéral. Les révélations de la Commission Charbonneau sur la corruption et la collusion dans le secteur de la construction, ainsi que le financement des partis politiques avec de « l'argent sale » en provenance des firmes de génie conseil et les liens avec la mafia de députés du PLQ, sont d'autres aspects de la gouvernance de Charest et ne peuvent plus être niés.

Ceux qui acceptent de représenter le PLQ lors des prochaines élections le font en toute connaissance de cause.

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Bilan de la dernière session de l'Assemblée nationale

L'offensive antisociale portée
à des niveaux insoutenables

La dernière session du troisième gouvernement consécutif de Jean Charest qui s'est terminée le 15 juin dernier a exposé encore plus un gouvernement en contradiction avec les besoins d'une société moderne et d'une économie au service de la nation. Voici quelques faits saillants de la 2e session de la 39e législature de l'Assemblée nationale.

Le discours antisocial se heurte aux étudiants
qui réclament les droits de tous

La 1ère et la 2e sessions de la 39e législature ont été marquées par la hausse du ton de la rhétorique à propos du «manque d'argent », du besoin de « changement de mentalité » concernant les programmes et services publics et du besoin que « chacun fasse sa part ».

Dans le budget de mars 2011 qui avait pour thème « Tournés vers l'avenir : un plan pour le Québec », le gouvernement s'était donné pour objectif d'éliminer le déficit de 3,8 milliards $ avant la fin de son mandat. Il allait le faire par la poursuite des mesures précédentes augmentées d'une hausse de 75 % sur cinq ans des droits de scolarité, d'une hausse des cotisations à la Régie des rentes du Québec et de l'abolition et de la réduction de plusieurs services. La réduction du déficit allait aussi se faire avec la poursuite des mesures antérieures comme la « taxe santé », la hausse de la TVQ, la hausse de la taxe sur l'essence et la hausse des tarifs d'électricité.



Plus de 50 000 personnes ont manifesté dans les rues de Montréal contre le budget anti-social
déposé par le ministre des Finances le 12 mars 2011.

La « lutte au déficit » avait été annoncée par le ministre des Finances Raymond Bachand comme « une révolution culturelle » qui appelle à un « changement de mentalité » et à cesser de penser que tout est acquis sur le plan des programmes et services publics. Les citoyens doivent dorénavant se voir comme utilisateurs-payeurs devant être « responsables » et apprendre à « payer leur juste part ».

Les étudiants du Québec ont déclenché la grève en février 2012 pour exiger le retrait de la hausse de 75% sur cinq ans des frais de scolarité. Le courage des étudiants qui ont mis leur session en péril et sont descendus dans la rue pour bloquer la hausse et défendre le droit à l'éducation pour tous a été une inspiration pour tous ceux et celles qui luttent pour leurs droits. Les étudiants ont dit non à l'abandon de la notion d'une société garante du bien-être de tous.

Non disposé à reconnaître la légitimité des revendications des étudiants, le gouvernement a choisi d'invoquer la loi et l'ordre et a finalement adopté la loi spéciale, une loi de mesure de guerre qui criminalise le droit de s'organiser et de résister. On a alors assisté à un spectacle assez bizarre : les ministres du gouvernement sont allés sur toutes les tribunes pour dire que ceux qui s'opposent aux politiques de leur gouvernement sont « violents » et «irresponsables ».

L'incohérence des cris continuels de « violence ! » de la part d'un gouvernement qui répond aux revendications légitimes de ses citoyens par le silence et la répression policière n'ont pas manqué d'attirer l'attention. Il est évident que le gouvernement Charest cherche à profiter de la situation pour continuer de restreindre, encadrer et abolir le droit des Québécois et de leurs organisations de faire valoir leurs intérêts contre les politiques d'un gouvernement au service des monopoles mondiaux. (Voir LML du 5 juin 2012 « Qu'y a-t-il derrière la suspension des libertés civiles par le gouvernement Charest?»)


Montréal, le 23 février 2012 (Photo: John Jantak)

Les libéraux incapables d'étouffer la vérité
sur la corruption de leur gouvernement

La 2e session parlementaire a également été marquée par l'approfondissement de la crise politique, notamment en ce qui concerne le financement des partis et l'octroi des contrats dans la construction. Avec l'allocation de plus de 50 milliards $ pour les infrastructures du Québec sur cinq ans, des sommes sans précédant, la rivalité pour les contrats parmi les entreprises privées a provoqué l'éclatement de scandales au sujet d'enveloppes brunes reliées au financement obscur des partis politiques.

Le premier ministre Charest a refusé pendant plus de deux ans de répondre à la demande d'une commission d'enquête sur la collusion et la corruption dans la construction. Le 19 octobre 2011 il a finalement annoncé la formation de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (CECI) sous la présidence de la juge France Charbonneau. La commission a débuté ses audiences publiques le 8 juin.

Un des principaux témoins appelés, l'ex-patron de l'Unité anticollusion Jacques Ducheneau, auteur d'un rapport antérieur sur la collusion dans la construction, a annoncé le 18 juin, trois jours après l'ajournement de l'Assemblée nationale, qu'il avait suffisamment de preuves pour démontrer que jusqu'à 70 % du financement des partis politiques se fait par des moyens illicites. La Commission Charbonneau est prévue remettre son rapport final en octobre 2013.

Braderie des ressources naturelles

Le ministre des Finances Raymond Bachand a annoncé dans son budget de mars 2012 qu' « en 2011-2012, les redevances brutes provenant des ressources naturelles — mines, forêts, eau — atteindront près de 1,2 milliard $, soit près de 500 millions $ de plus que le niveau moyen des redevances perçues de 2006-2007 à 2009-2010 ». Il dit que d'ici 2016, elles atteindront 1,48 milliard $. La fraude est que le gouvernement donne l'impression qu'il veut restreindre le pouvoir des monopoles mondiaux de s'enrichir aux dépens de nos ressources naturelles sans rien laisser au Québec et ses régions. Mais le ministre omet de dire que ces redevances « augmentées » ne sont rien comparées aux milliards que l'État utilise pour « attirer » les investisseurs mondiaux, que ce soit par la construction des routes, ports, aéroports et voies ferrées, ou par l'expansion du réseau hydro-électrique offert sur un plateau d'argent ou autres « incitatifs ». Ne serait-ce que dans le cadre du plan de braderie appelé «Plan Nord », le gouvernement « bâtisseur » de Jean Charest prévoit des dépenses de près de 50 milliards $ par l'entremise d'Hydro-Quebec et 30 autres milliards $ en infrastructures.

La question des redevances n'est qu'un aspect de la réforme de la loi sur les mines que le gouvernement Charest a entreprise pour faciliter l'exploitation de nos ressources par les monopoles étrangers. Charest avait déjà présenté un projet de loi sur les mines à la session précédente mais a dû le retirer à cause de l'opposition populaire, tant des communautés des régions minières que des environnementalistes et de la population en général, notamment sur la question de l'attribution des claims, c'est-à-dire les droits d'exploitation des sous-sols concédés à des entreprises privées pour des sommes diricules.

Dans son budget de mars 2012, le gouvernement a créé Ressources Québec avec un fonds de 1,2 milliards $ pour des participations dans des projets d'exploitation des ressources québécoises. Cette somme servira à attirer quelque 80 milliards $ en investissement dans le cadre du Plan Nord et les recettes de ces prises de participation du gouvernement seront également utilisées à cette fin. « Ces investissements nous permettront de retirer, comme partenaires des sociétés, une part plus grande des profits, tout en assumant une partie du risque qui y est associé », de dire le ministre des Finances Raymond Bachand.

La stratégie en 4 volets pour la prise de participation est la suivante: 1) 500 millions déjà annoncés dans le budget 2011-2012 pour des prises de participation dans des projets porteurs et structurants sur le territoire du Plan Nord. L'enveloppe passera de 500 M à 1 milliard sur 5 ans. 2) négociation d'option de participation dans tous les projets pour lesquels un soutien gouvernemental est demandé, notamment pour des infrastructures et la détermination de tarifs d'électricité. 3) les taux de crédit d'impôt dont peuvent bénéficier les sociétés réalisant des travaux d'exploration seront réduits de plus du quart à compter du 1er janvier 2014. Les sociétés qui font de l'exploration dans le sous-sol québécois pourront, à leur choix, bénéficier d'une bonification des crédits d'impôt à l'exploration en échange d'une option de prise de participation de l'État dans l'exploitation éventuelle. 4) le gouvernement et Ressources Québec consacreront jusqu'à 100 millions de dollars au cours des cinq prochaines années à investir dans l'exploration et la mise en valeur de sites miniers prometteurs, en partenariat avec des entreprises privées. Ces derniers investissements seront réalisés par SOQUEM.   

Les ententes secrètes

La dernière session de l'Assemblée nationale a également permis d'exposer les ententes secrèts que le gouvernement du Québec conclut avec les monopoles sur les ressources hydro-électriques qui cèdent des droits pour des période de 25 ans et plus. C'est au grand mérite des travailleurs de Rio Tinto à Alma que l'entente secrète signée en 2007 par le gouvernement du Québec et le monopole de l'aluminerie a finalement été divulguée et exposée. Pendant les six mois qu'a duré le lockout, la compagnie a pu empocher environ 60 millions $ par la vente de son électricité inutilisée à Hydro-Quebec en vertu de cette entente secret selon laquelle la société d'État s'engage à acheter l'électricité non utilisée en cas de lockout ou grève ou autre cas de «force majeure», une fraude totale. Les travailleurs d'Alma ont demandé au gouvernement de revoir cette entente à cause de l'avantage que cela conférait au monopole dans une situation de conflit de travail mais le gouvernement a refusé d'intervenir, disant qu'il ne pouvait «rien y faire» parce que l'entente avait été signée en bonne et due forme. Des ententes semblables ont été signées avec d'autres monopoles dans le secret et le peuple réclame leur divulgation et leur annulation. Les travailleurs d'Alma ont dit que même si le lockout est terminé, ils vont continuer de se battre pour faire annuler cette entente.


Les travailleurs en lockout de Rio Tinto Alcan d'Alma lors de la grande manifestation du Jour
de la terre à Montréal le 22 avril 2012.


Une offensive contre les droits des travailleurs

Attaque contre les travailleurs de la construction et leurs organisations de défense : Le 2 décembre, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité le projet de loi 33, la Loi éliminant le placement syndical et visant l'amélioration du fonctionnement de l'industrie de la construction, malgré l'opposition des deux principaux syndicats de la construction. Un aspect majeur de la loi est l'élimination du placement syndical qui servait à combattre la discrimination et le favoritisme des employeurs et à réduire la concurrence entre les travailleurs. La loi prévoit que dorénavant tout placement de main-d'oeuvre devra se faire par le biais du Service de référence de main-d'oeuvre de l'industrie de la construction administré par la Commission de la construction du Québec, une agence du gouvernement du Québec.

La loi élimine aussi la procédure établie du 50 % plus un pour la ratification des conventions collectives, selon laquelle si un ou deux syndicats représentant ensemble 50% plus 1 de tous travailleurs de la construction ratifiaient une convention, celle-ci était ratifiée pour tout le secteur. Dorénavant il faudra que trois des cinq syndicats oeuvrant dans la construction ratifient une convention collective, ce qui revient en pratique à donner un droit de veto à un des syndicats, même s'il est très minoritaire. Un autre changement dans la loi vise à établir un état de maraudage permanent dans le secteur en accordant à un travailleur individuel la possibilité de changer de syndicat en dehors de la période ouverte prescrite s'il dit ne pas être bien représenté.

La loi a été passée au milieu d'une vaste campagne antiouvrière dépeignant les syndicats de la construction comme étant corrompus et violents. Cela a servi à détourner l'attention de la corruption et de l'intimidation véritables, celles pratiquées par le gouvernement, les entrepreneurs et les firmes d'ingénierie, et à masquer la violence et l'intimidation dont sont victimes à chaque jour les travailleurs du secteur qui affiche des taux records de blessures et de décès.

Loi sur le régime complémentaire de retraite : Le 8 juin 2011 l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi 11, Loi modifiant la loi sur les régimes complémentaires de retraite. Cette loi abolit le droit public de dire non aux manoeuvres d'AbitibiBowater (maintenant Papiers forestiers Résolu) pour se soustraire à ses responsabilités sur les pensions. Ce projet de loi néolibéral, qui tente déjà l'appétit des autres monopoles, donne aux travailleurs retraités d'AbitibiBowater le choix entre deux options antisociales : la première est de se retirer du régime de pension à prestations déterminées et de s'en remettre à la Régie des rentes du gouvernement, moyennant une perte de plus de 25 % des prestations, et la seconde est de rester avec le fonds de retraite d'AbitibiBowater, mais sans garantie qu'il ne soit jamais entièrement capitalisé ou qu'il survivra au-delà de quelques années.

La loi prolonge de 5 à 15 ans le délai accordé à AbitibiBowater pour pleinement financer le fonds de retraite, qui est présentement sous capitalisé à 30 %. Il ne donne aucune garantie de capitalisation entière par AbitibiBowater ou que la compagnie ne déclarera pas faillite et ne laissera pas les retraités avec des prestations mêmes inférieures à celles de la Régie des rentes. Il ne pose aucune condition sur l'utilisation des revenus d'AbitibiBowater, comme par exemple mettre une limite sur les réclamations des actionnaires, obligataires et autres gestionnaires ou sur le choix des investissements futurs. La loi ne prévoit pas de mécanisme garantissant qu'AbitibiBowater utilise ses revenus pour combler le manque à gagner dans le fonds de retraite ou lui interdisant de dissoudre le fonds complètement dans un proche avenir en invoquant la loi sur les faillites. En abdiquant sa responsabilité sociale et en capitulant au droit de monopole, le gouvernement laisse les travailleurs et leurs organisations sans moyen de garantir de fonds de retraite ou la viabilité de l'usine.

Projet de loi 80 sur les régimes volontaires d'épargne-retraite: Le 12 juin la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet, a présenté le projet de loi 80 à l'Assemblée nationale du Québec, la Loi sur les régimes volontaires d'épargne-retraite (RVER). Le régime variable d'épargne-retraite (RVER) n'est pas un régime de pension à prestation déterminée. C'est un REER sous un autre nom, donc de l'impôt reporté. L'article 3 de la loi dit qu'un RVER doit, selon les modalités prévues par règlement, être enregistré auprès de la Régie des rentes du Québec.

Le 13 juin, le lendemain de l'annonce de la ministre Julie Boulet, la Standard Life a annoncé sans plus tarder qu'elle s'engage à offrir des RVER aux Québécois. « Comme la sécurité financière des Québécois est l'une de ses principales préoccupations, la Standard Life s'engage à offrir un RVER à la majorité des Québécois qui n'ont pas accès à un programme d'épargne et de retraite collectif afin de les aider à épargner pour la retraite. »

Ce nouveau type de régime volontaire d'épargne-retraite ne va finalement profiter qu' à de gigantesques institutions financières, des banques internationales. C'est un autre moyen de drainer l'argent des travailleurs vers ces institutions. Tout le risque repose sur les épaules du travailleur. Il comporte une foule d'inconvénients. Le travailleur voit son revenu diminuer suite à une nouvelle convention collective de travail, ou il perd son emploi et ne peut maintenir sa contribution au niveau antérieur. Son futur de retraité en est menacé, amoindri. De plus, il n'a aucun contrôle sur ses épargnes, sur la façon dont elles seront investies et dans quel secteur de l'économie. C'est le marché et la spéculation boursière qui vont déterminer le rendement du régime volontaire épargne retraite.

Résoudre la crise en notre faveur

À l'occasion de l'ajournement de la session, le Parti libéral de Jean Charest a lancé une campagne publicitaire dans laquelle le premier ministre affirmait qu'il faut « prendre des décisions responsables, quelles que soient les pressions » et qu'« on ne peut jamais être parfait » mais « j'ai fait le choix de la responsabilité ». Le Parti libéral mise de toute évidence sur la poursuite d'une désinformation brutale sur les problèmes de la société — une attaque en règle contre la raison et un avilissement de la culture politique.

Seule la cohérence d'un programme pro-social peut venir à bout de cette incohérence et ouvrir une voie au progrès de la société. Les travailleurs du Québec font face à la nécessité d'intervenir avec leur propre programme pour donner une nouvelle direction à l'économie et à la société. Ils sont placés devant le défi de formuler un programme pour une économie indépendante qui suffit à ses besoins, se développe dans tous les secteurs et toutes les régions et répond aux besoins toujours plus grands de la population. Contrairement au dogme officiel qui dit que le gouvernement « n'a pas d'argent », ils doivent faire valoir que le Québec abonde en richesses de toutes sortes et possède une classe ouvrière instruite et très productive qui peut satisfaire les besoins de tous et garantir les droits d'une société moderne.

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