Le Marxiste-Léniniste

Numéro 83 - 8 juillet 2012

Matériel de référence sur l'économie politique

La lutte pour la pensée de la classe ouvrière
et pour une voie vers l'avant

LML publie ce matériel de référence pour aider ses lecteurs à s'habituer à voir au-delà des apparences du capitalisme monopoliste. Karl Marx avait cette habitude rare de ne jamais porter un jugement définitif sur un phénomène social à moins de s'être engagé lui-même dans des actes de participation consciente pour mettre en lumière sa source ou son essence. Il faisait remarquer avec cette perspicacité qu'on lui connaît que « toute science serait superflue si l'apparence et l'essence des choses se confondaient ».

Sa critique de l'économie politique vulgaire a enseigné à la classe ouvrière à être scientifique et à aller au fond des choses dans ce qu'elle fait, à être fidèle à sa propre pensée et à ne pas se laisser prendre par les individus suffisants qui posent en experts mais sont en fait des propagandistes grassement payés des propriétaires du capital dans leur combat contre la classe ouvrière.

L'économie politique vulgaire remplace l'analyse du capitalisme, de ses problèmes, de ses lois naturelles et de ses contradictions par une description facile des rapports de production. Elle affirme par exemple que puisque les propriétaires du capital paient un salaire aux travailleurs en échange de leur travail, il s'ensuit que les travailleurs sont un coût de production. L'argent se fait dans le secteur financier, très loin de tout processus de production ; il s'ensuit que le capital financier ou bancaire est séparé du capital industriel et de « l'économie réelle » ; le quartier des finances est loin du quartier ouvrier ; on peut faire de l'argent à partir de rien et le profit qui en résulte peut être consommé sans que les travailleurs produisent quoi que ce soit. Ces observations prima facie des contradictions du capitalisme, que les politiciens du capital et les médias monopolisés présentent comme le gros bon sens, détournent de la science et mènent à des déformations qui bloquent la compréhension de l'essence du capitalisme monopoliste et la façon de le changer. Mais surtout, elles créent un fossé entre des politiciens bien intentionnés et la force sociale dirigeante du changement, la classe ouvrière et son programme pour ouvrir la voie à une alternative prosociale.

Dans les extraits qui suivent, Marx montre que les économistes vulgaires sont les dupes de « cet univers magique et renversé » du capitalisme. Le fait que le produit social que la classe ouvrière produit sous le capitalisme doit d'abord être transformé en valeur d'échange et en argent avant d'être utilisé est le point de départ d'un processus de circulation qui éloigne le produit social et sa représentation monétaire de plus en plus de sa source, au point où les économistes vulgaires ne sont plus capables de concevoir d'où origine cette valeur. Ils observent la circulation de l'argent et ne sont pas capables de voir son lien essentiel avec les travailleurs qui produisent le produit social. Ils invoquent les propriétaires du capital comme des êtres mythiques capables de faire apparaître de la richesse sans que les travailleurs ne produisent quoi que ce soit. Puis, quand tout s'effondre et que frappe la crise économique, ils haussent les épaules, se frappent la poitrine et jurent que les causes sont impossibles à connaître, ce qui ne les empêche pas d'affirmer qu'ils savent exactement ce qui doit être fait, soit protéger non pas les véritables producteurs, la classe ouvrière et ses moyens de production, mais les héros de l'économie qui, selon eux, sont les propriétaires du capital les plus puissants, capables de créer de la richesse à partir de rien ou à tout le moins de déplacer la valeur avec leur cri de ralliement « acheter à bon marché, vendre à prix fort », ou ouvrir et fermer des usines ici et là . Selon eux, la seule chose à faire est d'engager les fonds publics dans le sauvetage des monopoles qui sont « trop gros pour tomber » et détruire ceux qui ne sont pas « trop gros pour tomber » ou qui n'ont pas les relations nécessaires, sans oublier d'exiger des concessions de la classe ouvrière puisqu'elle n'est après tout qu'un simple « coût de production » qu'il faut réduire si l'on veut qu'il y ait relance de l'économie. Pendant que les économistes vulgaires donnent la charge sur le plan théorique pour détruire le secteur manufacturier et extorquer des concessions aux travailleurs, ils demandent aussi qu'on détruise la société en démantelant les programmes sociaux et les services publics qui seraient selon l'économie politique vulgaire un fardeau pour l'économie. Ils nous disent qu'une fois qu'on aura démantelé les programmes sociaux et les services publics, qu'on aura réduit la dette publique et les déficits envers ces mêmes monopoles qui sont « trop gros pour tomber » et qui ont été sauvés à même les deniers publics, alors peut-être y aura-t-il relance de l'économie avant qu'une nouvelle crise ne s'abatte. Mais ils ajoutent souvent, pour sauver la face, que la relance ne sera peut-être pas au rendez-vous malgré tout.

Tout cela est « le gros bon sens » pour les économistes vulgaires et les politiciens du capital. La classe ouvrière a appris que les néolibéraux aiment à se réclamer du gros bon sens et abominent toute compréhension scientifique des phénomènes sociaux. L'ex-premier ministre de l'Ontario Mike Harris s'est même rendu célèbre pour sa « révolution du bon sens » et plusieurs variantes de cette pensée néolibérale sont promues par McGuinty en Ontario, Ford à Toronto, Charest au Québec, Redford en Alberta, Clark en Colombie-Britannique et bien sûr l'homme qui a donné un sens religieux à la croisade moderne contre la science, M. Stephen Harper. À leur façon les politiciens vulgaires font échec aux efforts de la classe ouvrière pour résoudre les problèmes sociaux, économiques et politiques et ouvrir la voie à une alternative prosociale.

Le spécialiste du Globe and Mail pour le secteur automobile, Jeremy Cato, a fait le commentaire suivant récemment sur la crise dans ce secteur au moment où s'amorcent les négociations avec les trois grands de l'automobile : « Toute solution ou tout ensemble de solutions doit porter sur la question clé que les hauts dirigeants des compagnies automobiles ont en tête quand ils décident où investir dans la production d'automobiles : la question des coûts. »

Évidemment, dans l'esprit de M. Cato et des économistes vulgaires du Canada, ces « coûts » qui préoccupent les sauveurs et les grands capitaines de l'industrie sont les salaires, les avantages sociaux et les pensions des travailleurs de l'automobile qui, contrairement à ce que dit M. Cato, sont ceux qui produisent la valeur dont lui-même, ses collègues propagandistes du capital et les hauts dirigeants des compagnies automobiles ont besoin pour continuer de mener leur vie de pacha en tant que membres de l'intelligentsia officielle et de la classe dirigeante. Ils ne voient rien et sont aveuglés par leur « bon sens » et ils croient les travailleurs incapables de comprendre ce qui doit être fait dans le secteur automobile et les autres secteurs. Les économistes et les politiciens vulgaires ne voient pas que c'est la classe ouvrière qui a l'intérêt, le désir et la capacité d'approfondir sa compréhension de ce qui doit être fait par des actes de participation conscience et de découverte. C'est avec ces actes de participation consciente et de découverte que les travailleurs vont aller au-delà des apparences et du « bon sens » et saisir comment ouvrir une nouvelle voie dans la lutte pour une alternative prosociale ; la raison en est que la classe ouvrière, lorsqu'elle s'en tient à sa propre pensée et à son propre programme, est l'architecte et le bâtisseur du nouveau.

Karl Marx au sujet de l'économie vulgaire

(Note : Dans les extraits suivants du Capital, Karl Marx analyse le capitalisme anglais du XIXe siècle où, contrairement à aujourd'hui, l'aristocratie foncière faisait encore une réclamation substantielle au produit social sous forme de rente à cause de sa propriété historique de la terre.)

L'économie politique vulgaire se borne, en fait, à transposer sur le plan doctrinal, à systématiser les représentations des agents de la production, prisonniers des rapports de production bourgeois, et à faire l'apologie de ces idées. Il ne faut donc pas s'étonner qu'elle se sente tout à fait à l'aise précisément dans cette apparence aliénée de rapports économiques, phénomène évidemment absurde et parfaitement contradictoire — d'ailleurs toute science serait superflue si l'apparence et l'essence des choses se confondaient — ; il n'y a pas à s'étonner que l'économie politique vulgaire se sente ici parfaitement dans son élément et que ces rapports lui paraissent d'autant plus évidents, que leurs liens internes restent plus dissimulés, tandis que ces rapports sont courants dans la représentation qu'on s'en fait ordinairement. Pour cette raison, elle ne se doute pas le moins du monde que son point de départ, la trinité : terre-rente, capital-intérêt, travail-salaire ou prix du travail représente trois combinaisons dont l'impossibilité éclate.

Nous avons tout d'abord la valeur d'usage, la terre, qui ne possède aucune valeur et la valeur d'échange, la rente ; de sorte qu'un rapport social, conçu comme un objet, est mis en relation avec la nature. Il s'agit donc là d'un rapport entre deux grandeurs incommensurables.

Ensuite nous avons capital-intérêt. Si l'on prend le capital comme une certaine somme de valeur autonome, exprimée en argent, il est évidemment absurde de dire qu'une valeur a plus de valeur qu'elle ne vaut. C'est précisément dans la formule capital-intérêt que toute médiation disparaît et que le capital est réduit à son expression la plus générale, mais aussi, par là même, à une formule absurde et inexplicable par elle-même. C'est pour cela que l'économiste vulgaire préfère la formule capital-intérêt, impliquant la qualité occulte d'une valeur qui serait différente d'elle-même, à la formule capital-profit parce qu'on approche ici davantage du rapport capitaliste réel. Puis, de nouveau, ayant le sentiment inquiet que 4 ne peuvent être 5 et que 100 thalers ne peuvent pas en être 110, il abandonne le capital en tant que valeur pour chercher refuge dans la substance matérielle du capital : sa valeur d'usage en tant que condition de production du travail machines, matières premières, etc. Il réussit alors à remplacer la première équation incompréhensible, 4 = 5, par un rapport tout à fait incommensurable entre, d'une part, une valeur d'usage, un objet et un certain rapport social de production, la plus-value, de l'autre ; même chose dans le cas de la propriété foncière. Dès qu'il a abouti à ce rapport incommensurable, l'économiste vulgaire croit avoir tout compris et n'éprouve plus le besoin de réfléchir davantage. Car il a précisément atteint le « noyau rationnel » de la conception bourgeoise.

Enfin, la formule travail-salaire, prix du travail, est, comme nous l'avons démontré au Livre 1er, une expression qui prima facie [au premier coup d'oeil] est en contradiction avec la notion de valeur et avec celle de prix qui, en général, n'est lui-même qu'une forme déterminée de la valeur. Parler du « prix du travail » est chose aussi irrationnelle qu'un logarithme jaune. Mais parvenu à ce point la satisfaction de l'économiste vulgaire est à son comble puisqu'il est arrivé à l'idée profonde du bourgeois s'imaginant qu'il paie le travail avec de l'argent et que la contradiction existant entre la formule et la notion de valeur le dispense de comprendre cette valeur elle-même.

Marx au sujet de l'humanité socialisée

Nous avons vu que le procès capitaliste de production est une forme historiquement déterminée du procès social de production. Ce dernier concerne les conditions matérielles d'existence de l'homme et représente en même temps un procès se déroulant dans le cadre de rapports de production spécifiques, historico-économiques. Il produit et reproduit ces rapports de production eux-mêmes, partant les agents de ce procès, les conditions matérielles de leur existence et leurs rapports réciproques, c'est-à-dire la forme économique déterminée de leur société. Car l'ensemble des rapports des agents de la production entre eux et avec la nature, leurs conditions de production constituent précisément la société sous l'aspect de sa structure économique. Comme tous les précédents, le procès capitaliste de production se déroule dans certaines conditions matérielles qui sont en même temps les supports de rapports sociaux déterminés où se trouvent engagés les individus au cours du procès de leur reproduction. Ces conditions matérielles et ces rapports sociaux sont d'une part, des conditions préalables, d'autre part des résultats et des créations du procès capitaliste de production ; c'est lui qui les produit et les reproduit. Nous avons vu en outre que le capital (le capitaliste n'est que du capital personnifié ; dans le procès de production il fait seulement office de porteur du capital) extorque, au cours du procès social de production, une certaine quantité de surtravail aux producteurs directs ou aux travailleurs ; il reçoit sans équivalent ce surtravail, qui reste essentiellement du travail forcé, pour autant qu'il puisse sembler résulter d'une convention contractuelle librement consentie. Ce surtravail se traduit par une plus-value qui, elle, consiste en un surproduit. Le surtravail pour autant qu'il est un travail excédant le niveau des besoins donnés devra toujours exister. Dans le système capitaliste, comme dans le système esclavagiste, etc., il ne revêt qu'une forme antagoniste et se complète par l'oisiveté totale d'une partie de la société. Le besoin de s'assurer contre les hasards de la production et l'extension progressive du procès de reproduction qu'entraînent inéluctablement le développement des besoins et l'accroissement de la population nécessitent une certaine quantité de surtravail, ce qui, du point de vue capitaliste, s'appelle accumulation. C'est un des aspects civilisateurs du capital que la manière dont il extorque ce surtravail et les conditions dans lesquelles il le fait sont plus favorables au développement des forces productives, des rapports sociaux et à la création des éléments d'une structure nouvelle et supérieure, que ne l'étaient les systèmes antérieurs de l'esclavage, du servage, etc. Cela permet, d'une part, d'atteindre une étape où disparaissent la contrainte et la monopolisation, par une fraction de la société au détriment de l'autre, du progrès social (y compris ses avantages matériels et intellectuels). D'autre part, le surtravail crée les moyens matériels et le germe d'une situation qui, dans une forme plus élevée de la société, permettrait d'établir une corrélation entre ce travail et le temps consacré au travail matériel qui serait plus restreint. Car, suivant que la force productive du travail est plus ou moins développée, le surtravail peut être important pour une courte journée de travail totale ou relativement faible pour une longue journée de travail. Si le temps de travail nécessaire = 3, le surtravail = 3, la journée de travail totale est alors égale à 6 et le taux du surtravail 100 %. Si le travail nécessaire = 9 et le surtravail = 3, la journée de travail totale sera 12 et le taux du surtravail seulement 33 1/3 %. Mais la quantité de valeurs d'usage produites dans un temps donné, donc aussi pour un temps donné de surtravail, dépend également de la productivité du travail. La richesse véritable de la société et la possibilité d'un élargissement ininterrompu de son procès de reproduction ne dépendent donc pas de la durée du surtravail, mais de sa productivité et des conditions plus ou moins perfectionnées dans lesquelles il s'accomplit. En fait, le royaume de la liberté commence seulement là où l'on cesse de travailler par nécessité et opportunité imposée de l'extérieur ; il se situe donc, par nature, au delà de la sphère de production matérielle proprement dite. De même que l'homme primitif doit lutter contre la nature pour pourvoir à ses besoins, se maintenir en vie et se reproduire, l'homme civilisé est forcé, lui aussi, de le faire et de le faire quels que soient la structure de la société et le mode de la production. Avec son développement s'étend également le domaine de la nécessité naturelle, parce que les besoins augmentent ; mais en même temps s'élargissent les forces productives pour les satisfaire. En ce domaine, la seule liberté possible est que l'homme social, les producteurs associés règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu'ils la contrôlent ensemble au lieu d'être dominés par sa puissance aveugle et qu'ils accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité. C'est au delà que commence le développement des forces humaines comme fin en soi, le véritable royaume de la liberté qui ne peut s'épanouir qu'en se fondant sur l'autre royaume, sur l'autre base, celle de la nécessité. La condition essentielle de cet épanouissement est la réduction de la journée de travail.

Marx au sujet de la division du produit social produit
par la classe ouvrière au XIXe siècle

(Note : Dans les colonies comme le Canada et avec la transformation du capitalisme monopoliste à la fin du XIXe siècle et l'explosion du gouvernement contrôlé par les propriétaires du capital en tant que représentant de la société, avec la croissance surtout de ses forces armées, de sa police, de la bureaucratie gouvernementale, de l'infrastructure et notamment de la mise en commun de fonds publics et d'autres avoirs à la disposition des propriétaires du capital, la classe des propriétaires fonciers a perdu une bonne partie de son pouvoir. Aujourd'hui, les réclamations principales au produit social créé par la classe ouvrière sont celles de la classe ouvrière, des gouvernements et des propriétaires du capital.)

Dans la société capitaliste, cette plus-value ou ce surproduit sont répartis entre les capitalistes sous forme de dividendes, proportionnellement à la quote-part du capital social que chacun d'eux détient (abstraction faite des fluctuations fortuites dans cette répartition et en ne considérant que sa loi régulatrice et ses limites normales). Sous cette forme, la plus-value revêt l'aspect du profit moyen qui échoit au capital et qui, à son tour, se scinde en profit d'entrepreneur et en intérêt ; sous ces deux formes, il peut aller à différentes sortes de capitalistes. Cette appropriation et cette répartition de la plus-value (ou du surproduit) par le capital sont toutefois limitées par la propriété foncière. De même que le capitaliste actif extorque à l'ouvrier le surtravail, partant, sous forme de profit, la plus-value et le surproduit, le propriétaire foncier reprend une partie de cette plus-value ou du surproduit au capitaliste, sous forme de rente, en vertu des lois que nous avons développées précédemment.

Par conséquent, si nous parlons ici du profit comme de la part de plus-value revenant au capital, nous pensons au profit moyen (égal au profit d'entrepreneur augmenté de l'intérêt) que la déduction de la rente du profit total (identique, quant à sa masse, à la plus-value totale) a déjà restreint ; nous supposons donc que la rente a été déduite. Le profit du capital (profit d'entrepreneur plus intérêt) et la rente foncière sont donc simplement des éléments particuliers de la plus-value, des catégories qu'on distingue selon qu'elle revient au capital ou à la propriété foncière ; mais l'essence même de la plus-value n'est en rien modifiée par cette classification. En additionnant ces deux fractions, on obtient la somme de la plus-value sociale. Le capital soutire directement aux ouvriers le surtravail que représentent la plus-value et le surproduit. En ce sens, on peut le considérer comme producteur de la plus-value. La propriété foncière n'a rien à voir avec le procès réel de production. Son rôle se limite à faire passer une partie de la plus-value produite des poches du capitaliste dans les siennes propres. Cependant, si le propriétaire foncier joue un certain rôle dans le procès capitaliste de production, ce n'est pas simplement parce qu'il exerce une pression sur le capital et pas non plus parce que la grande propriété foncière est une condition préalable et sine qua non de la production capitaliste : (elle dépossède les ouvriers de leurs moyens de travail), mais spécialement parce qu'il apparaît comme la personnification d'une des conditions essentielles de la production.

Enfin, propriétaire et vendeur de sa force de travail personnelle, l'ouvrier reçoit, sous le nom de salaire, une partie du produit représentant la partie de son travail que nous qualifions de nécessaire ; ce travail est en effet nécessaire au maintien et à la reproduction de cette force de travail, peu importe qu'ils se fassent dans des conditions plus ou moins riches ou plus ou moins favorables.

Bien que ces rapports puissent paraître fort disparates, ils ont tous ceci de commun : bon an, mal an, le capital rapporte du profit au capitaliste, la terre de la rente au propriétaire foncier et la force de travail du salaire à l'ouvrier, — du moins dans des conditions normales et tant que cette force de travail reste utilisable. Ces trois fractions de la valeur totale annuellement produite et les fractions correspondantes du produit total annuellement obtenu peuvent être consommées, tous les ans, par leurs propriétaires respectifs (nous ne tenons pour l'instant pas compte de l'accumulation), sans que la source de leur reproduction tarisse. Elles ressemblent aux fruits, tous les ans renouvelés, d'un arbre vivace ou plutôt de trois arbres ; elles constituent le revenu annuel de trois classes : les capitalistes, les propriétaires fonciers et les ouvriers. Ces revenus sont répartis par le capitaliste actif : c'est lui qui emploie le travail et extorque directement le surtravail. Le capitaliste considère son capital, le propriétaire foncier sa terre, l'ouvrier sa force de travail ou plutôt son travail lui-même (il ne vend réellement en effet la force de travail que lorsqu'elle se manifeste et pour lui le prix de cette force de travail, comme nous l'avons déjà montré, se présente nécessairement, en régime capitaliste de production, sous l'aspect du prix de son travail) comme trois sources différentes de leurs revenus spécifiques : le profit, la rente foncière et le salaire. Elles le sont en effet, dans un certain sens : pour le capitaliste, le capital est une machine perpétuelle à pomper du surtravail ; pour le propriétaire foncier, la terre représente un aimant perpétuel destiné à attirer une partie de cette plus-value soutirée par le capital ; enfin le travail est la condition et le moyen sans cesse renouvelés qui permettent d'acquérir, sous la dénomination de salaire, une fraction de la valeur créée par l'ouvrier, donc une partie du produit social correspondant à cette fraction de valeur, les subsistances nécessaires. Elles sont encore sources de revenus en ce sens que le capital fixe, sous forme de profit, une fraction de la valeur, donc du produit du travail annuel ; la propriété foncière en fixe une autre fraction sous forme de rente et le travail salarié une troisième sous forme de salaire ; en vertu de cette conversion, ces trois fractions deviennent les revenus du capitaliste, du propriétaire foncier et de l'ouvrier, sans que cette transformation crée la substance même, qui se distribue entre ces différentes catégories de personnes. La répartition suppose, au contraire, l'existence de cette substance, c'est-à-dire la valeur totale du produit annuel, valeur qui n'est autre que la matérialisation du travail social. Cependant ce n'est pas ainsi que les agents de la production, les titulaires des différentes fonctions du procès de production voient la chose ; l'image qu'ils en ont est au contraire tout à fait faussée ; dans la suite de notre étude nous examinerons plus en détail pourquoi il en est ainsi. Capital, propriété foncière et travail apparaissent à ces agents de la production comme trois sources différentes et autonomes de trois éléments différents de la valeur annuellement produite, donc aussi des produits dans lesquels elle existe. Pour eux, ce ne sont pas seulement les diverses formes de la valeur qui sous forme de revenus échoient à divers agents du procès social de production, c'est la valeur elle-même qui provient de ces sources, partant la substance de ces revenus.

(Ici une feuille du manuscrit manque [F. E.].)

L'univers enchanté et perverti du capitalisme et de l'économie
politique vulgaire dans lequel le capital devient la force productive
et le travail un coût de production

Le capital suppose évidemment que le travail est du travail salarié. Mais il est tout aussi évident que si l'on part du travail salarié, de sorte que la confusion entre travail et travail salarié semble aller de soi, alors il faut bien que le capital et la terre monopolisée soient pris pour la forme naturelle des moyens de travail vis-à-vis du travail en général. Désormais, il semble que ce soit la forme naturelle des moyens de travail que d'être du capital, que c'est là un de leurs caractères purement matériel et qui a son origine dans la fonction même qu'ils remplissent dans le procès du travail. Ainsi les expressions « capital » et « moyen de production créé » deviennent identiques. Il en va de même pour la terre et la terre monopolisée par la propriété privée. Les moyens de travail en tant que tels, capital par nature, deviennent ainsi la source du profit, comme la terre en tant que telle devient la source de la rente.

Le travail en tant que tel, si on le définit simplement comme une activité productive utile, est en relation avec les moyens de production non pas sous leur forme sociale définie, mais en leur qualité de substance matérielle, en tant que matériel et moyens du travail, qui, à leur tour, se différencient les uns des autres, uniquement par leur matière, en tant que valeurs d'usage : la terre d'une part, moyen de travail non créé, le reste, moyens de travail produits par l'homme. Si le travail et le travail salarié se confondent, la forme sociale déterminée dans laquelle les moyens de travail font face au travail coïncide, elle aussi, avec l'existence matérielle de ces moyens. Les moyens de travail sont alors du capital et la terre de la propriété foncière. L'indépendance formelle que les conditions de travail ont acquise vis-à-vis du travail, la forme particulière de cette indépendance par rapport au travail salarié devient alors une qualité inhérente à ces moyens de travail en tant que choses, conditions de production matérielles ; c'est un caractère inné, immanent, qu'ils ont nécessairement en tant qu'éléments de production. Ce caractère social déterminé par une période historique donnée et qu'ils possèdent dans le procès capitaliste de production, on en fait un caractère matériel, inné, qu'ils ont de par nature et pour ainsi dire de toute éternité en leur qualité d'éléments du procès de production. La participation au procès de production de la terre d'une part, champ d'activité originel du travail, domaine des forces naturelles, arsenal où préexistent tous les objets du travail et, d'autre part, des moyens de production créés (outils, matières premières, etc.) doit alors se traduire apparemment dans les parts respectives qui leur reviennent, comme capital et comme propriété foncière, ou plutôt échoient à leurs représentants dans la société, sous forme de profit (intérêt) et de rente, tout comme revient à l'ouvrier, dans le salaire, la part que son travail a prise au procès de production. Rente, profit et salaire semblent ainsi être issus de la fonction que jouent, dans le procès de travail simple, la terre, les moyens de production créés et le travail, même si nous considérons que ce procès se déroule seulement entre l'homme et la nature en dehors de toute détermination historique. C'est encore la même chose, mais sous une autre forme, que de dire : le produit représentant le travail que le salarié effectue pour lui-même, ce que ce travail lui rapporte, son revenu, constitue seulement le salaire, c'est la fraction de valeur (donc la fraction du produit social dont cette valeur est la mesure) qu'exprime son salaire. Si travail salarié et travail tout court coïncident, le salaire coïncidera avec le produit du travail et la fraction de valeur que ce salaire représente, avec la valeur tout court que crée le travail. Mais, de ce fait, les autres fractions de valeur, le profit et la rente, deviennent tout aussi autonomes et font face au salaire ; il faut donc bien qu'ils naissent de leurs propres sources, de sources spécifiquement différentes, indépendantes du travail, il faut bien par conséquent qu'ils découlent des autres éléments qui participent à la production et qu'ils reviennent aux propriétaires de ces derniers ; le profit découlera donc des moyens de production, éléments matériels du capital et la rente de la terre, représentée par le propriétaire foncier, ou de la nature. (Roscher.)

Propriété foncière, capital et travail salarié étaient des sources de revenus au sens suivant : le capital procure au capitaliste, sous forme de profit, une fraction de la plus-value qu'il soutire au travail, le monopole de la terre donne au propriétaire foncier une autre fraction, sous forme de rente, et le travail assure à l'ouvrier, sous forme de salaire, la dernière fraction de valeur encore disponible. Grâce à ces sources de revenus, une fraction de valeur se convertissait en profit, une autre en rente et une troisième en salaire. Maintenant ils deviennent les sources réelles d'où naissent ces fractions de valeur elles-mêmes et les parts correspondantes du produit dans lesquelles elles se réalisent et contre quoi elles s'échangent. C'est là l'origine dernière de la valeur même du produit. (« Salaire, profit et rente sont les trois sources premières de tout revenu, comme de toute valeur d'échange. » (A. Smith : [Wealth of Nations, L. 1er, chap. VI, Édition Wakefield, vol. I, p. 138].

Pour les catégories les plus simples du mode capitaliste de production et même de la production marchande, pour la marchandise et l'argent, nous avons déjà démontré la mystification qui transforme les rapports sociaux, auxquels, dans la production, les éléments matériels de la richesse servent de substrats, en propriétés de ces choses elles- mêmes (marchandise) et qui, c'est encore plus manifeste, transforme en chose le rapport de production lui-même (argent). Toutes les formes de société connaissant la production marchande et la circulation d'argent participent à cette mystification. Mais dans le mode capitaliste de production et pour le capital, qui en est la catégorie dominante, le rapport de production déterminant, cet univers magique et renversé connaît d'autres développements encore.

Si l'on considère d'abord le capital dans le procès de production immédiat — en sa qualité de soutireur de surtravail, ce rapport y est encore très simple et les liens internes réels du phénomène s'imposent aux agents de ce procès, aux capitalistes, qui ont conscience de ces liens. Une preuve frappante en est la lutte violente au sujet des limites de la journée de travail. Mais, même à l'intérieur de la sphère immédiate, dans le cadre de ce procès entre le travail et le capital, les choses se compliquent. Avec le développement de la plus-value relative dans le mode de production spécifiquement capitaliste qui entraîne l'extension des forces productives sociales du travail, ces forces et les liens sociaux complexes du travail dans le procès de travail immédiat apparaissent comme étant transférés du travail au capital. Cela fait déjà du capital un être fort mystique ; toutes les forces productives sociales du travail semblent en effet être dues au capital et non au travail. Elles semblent jaillir de son sein. Intervient alors le procès de circulation qui transforme, dans leur substance et leur forme, toutes les parties du capital, capital agricole compris, et cela dans la mesure même où se développe le mode de production spécifiquement capitaliste. Dans cette sphère de circulation, les rapports de la création originelle de la valeur passent totalement à l'arrière-plan. Déjà, dans le procès de production immédiat, le capitaliste a une double activité : il est producteur de marchandises et directeur de la production marchande. Le procès de production ne se présente donc pas pour lui simplement comme le procès de la production de plus-value. Mais quelle que soit la plus-value que le capital a retirée du procès de production direct pour l'exprimer en marchandises, la valeur et la plus-value contenues dans les marchandises doivent d'abord être réalisées au cours du procès de circulation. La restitution des valeurs avancées dans la production et la plus-value que contiennent les marchandises ne semblent pas simplement, se réaliser dans la circulation, mais plutôt en découler. Deux faits confirment cette illusion : primo, le profit réalisé dans une vente et qui procède de l'escroquerie, de la ruse du vendeur, de sa connaissance de l'affaire, de son adresse et de mille conjonctures du marché ; secundo, à côté du temps de travail intervient ici un deuxième élément déterminant : le temps de circulation. Sa seule fonction est de limiter négativement la formation de valeur et de plus-value, mais, en apparence, il en est une cause tout aussi positive que le travail lui-même et il semble apporter un élément déterminant provenant de la nature même du capital et indépendant du travail. Au Livre 11, nous devions, bien entendu, présenter la sphère de circulation sous le seul rapport des formes définies qu'elle engendre et montrer comment la structure du capital y poursuit son développement. Mais, dans la réalité, cette sphère est celle de la concurrence ; à considérer chaque cas isolément, on voit que c'est le hasard qui y règne ; la loi interne qui s'impose au sein de ces accidents fortuits et les régularise ne devient visible que lorsque ces accidents fortuits sont groupés par grandes masses : c'est-à-dire que la loi reste donc invisible et incompréhensible pour chaque agent individuel de la production elle-même. Allons plus loin : le procès réel de production, c'est-à-dire l'ensemble du procès de production immédiat et du procès de circulation, donne naissance à de nouvelles structures dans lesquelles le fil conducteur des liens et rapports internes se perd de plus en plus, les rapports de production deviennent autonomes vis-à-vis les uns des autres, enfin, où les éléments de valeur se sclérosent respectivement dans des formes autonomes.

Comme nous l'avons vu, la conversion de la plus-value en profit est tout autant déterminée par le procès de circulation que par le procès de production. Dans le profit, la plus-value n'est plus rapportée à la partie du capital dépensée en travail, dont elle est issue, mais au capital total. Le taux de profit est réglé par ses propres lois qui permettent et même conditionnent sa modification alors que le taux de plus-value reste constant. Cet ensemble de faits dissimule de plus en plus la véritable nature de la plus-value, partant les ressorts réels du capital ; cela est encore plus vrai lors de la conversion du profit en profit moyen et des valeurs en prix de production, pour aboutir aux moyennes régulatrices que sont les prix de marché. Ici intervient d'ailleurs un procès social compliqué : la péréquation des capitaux, qui sépare les prix moyens relatifs des marchandises de leurs valeurs et les profits moyens dans les différentes sphères de production de l'exploitation effective du travail parles capitaux particuliers (abstraction faite des investissements individuels de capital dans chaque sphère particulière de production). Ce n'est pas seulement en apparence, mais effectivement, que le prix moyen des marchandises diffère ici de leur valeur, donc du travail réalisé en elles ; et le profit moyen d'un capital particulier diffère de la plus-value que ce capital a extorquée aux ouvriers qu'il occupe. La valeur des marchandises ne se manifeste plus directement que dans l'influence qu'exercent les changements de la productivité du travail sur la hausse et la baisse des prix de production, sur leur mouvement, mais nullement sur leurs limites ultimes. En apparence, le profit n'est plus déterminé que de façon accessoire par l'exploitation directe du travail : dans la mesure où celle-ci permet aux capitalistes, devant les prix régulateurs de marché qui semblent exister indépendamment de cette exploitation, de réaliser un profit qui s'écarte du profit moyen. Les profits moyens normaux eux-mêmes paraissent être une vertu immanente du capital et indépendante de l'exploitation ; l'exploitation anormale ou encore l'exploitation moyenne dans des conditions exceptionnellement favorables ne semblent conditionner que les écarts par rapport au profit moyen et non ce profit lui-même. La division du profit en profit d'entrepreneur et en intérêt (sans même parler de l'intervention du profit commercial et du profit bancaire, fondés sur la circulation, dont ils semblent entièrement résulter, plutôt que du procès de production lui-même) achève de donner à la forme de la plus-value une existence autonome, sclérose cette forme par rapport à sa substance, son essence. Une partie du profit, par opposition à l'autre, se détache complètement du rapport capitaliste en tant que tel, et semble découler non pas de l'exploitation du travail salarié, mais du travail salarié du capitaliste lui-même. Par opposition, l'intérêt paraît alors être indépendant à la fois du travail salarié de l'ouvrier, et du travail du capitaliste et avoir dans le capital sa source propre, autonome. Si, primitivement, le capital faisait figure, à la surface de la circulation, de fétiche capitaliste, de valeur créatrice de valeur, il réapparaît ici sous forme de capital porteur d'intérêt : sa forme la plus aliénée et la plus caractéristique. Pour cette raison, il est plus logique d'adjoindre la formule : « capital — intérêt » à celles : « terre — rente » et « travail — salaire » plutôt que la formule « capital — profit » ; car dans le profit subsiste toujours un souvenir de son origine, alors que dans l'intérêt celui-ci a disparu et a même pris une forme à l'opposé de cette origine.

Enfin, à côté du capital, se place, comme source autonome de plus-value, la propriété foncière, qui impose des limites au profit moyen et transfère une partie de la plus-value à une classe qui ne travaille pas elle-même ni n'exploite directement les travailleurs ; elle ne peut pas non plus, comme dans le cas du capital porteur d'intérêt, trouver une consolation morale édifiante en prétextant le risque et le sacrifice courus quand on prête son capital. Étant donné qu'ici une partie de la plus-value ne semble pas directement rattachée à des rapports sociaux, mais à un élément naturel, la terre, la séparation des différentes parties de la plus-value est donc accomplie, ainsi que leurs aliénation et sclérose réciproques ; leurs liens internes sont définitivement rompus, leur source originelle disparaît entièrement sous les décombres et cela précisément parce que les rapports de production liés aux divers éléments matériels du procès de production sont devenus autonomes les uns vis-à-vis des autres.

Dans la formule capital — profit, ou, mieux, capital — intérêt, terre — rente foncière, travail — salaire, dans cette trinité économique qui veut établir la connexion interne entre les éléments de valeur et de richesse et leurs sources, la mystification du mode capitaliste de production, la réification des rapports sociaux, l'imbrication immédiate des rapports de production matériels avec leur détermination historico-sociale se trouvent accomplies ; et c'est le monde enchanté et inversé, le monde à l'envers où monsieur le Capital et madame la Terre', à la fois caractères sociaux, mais en même temps simples choses, dansent leur ronde fantomatique. C'est le grand mérite de l'économie politique classique d'avoir dissipé ces fausses apparences et ces illusions : l'autonomisation et la sclérose des divers éléments sociaux de la richesse, la personnification des choses et la réification des rapports de production, cette religion de la vie quotidienne. Elle a en effet ramené l'intérêt à une partie du profit et la rente à l'excédent sur le profit moyen de sorte que tous deux ressortissent à la plus-value. En outre, elle présente le procès de circulation comme une simple métamorphose formelle et enfin, en ce qui concerne le procès direct de la production, elle réduit la valeur et la plus-value des marchandises au travail. Néanmoins, même les meilleurs de ses porte-parole restent plus ou moins captifs des apparences de cet univers que leur critique a disséqué (du point de vue bourgeois, il ne pouvait pas en être autrement) ; ils sombrent donc tous plus ou moins dans les inconséquences, les demi-vérités et les contradictions non résolues. D'un autre côté, il est tout aussi naturel que les agents réels de la production se sentent parfaitement chez eux dans ces formes aliénées et irrationnelles : capital — intérêt, terre — rente, travail — salaire ; car ce sont là précisément les formes illusoires au milieu desquelles ils se meuvent tous les jours et auxquelles ils ont affaire. Il n'est donc pas moins naturel que l'économie vulgaire, simple interprétation didactique, plus ou moins doctrinale, des conceptions courantes des agents de production réels — dans lesquelles elle introduit d'ailleurs un certain ordre intelligible — trouve dans cette trinité où tous les liens internes réels ont été effacés la base naturelle, et qu'il n'est pas question de mettre en doute, de ses platitudes prétentieuses. Cette formule correspond en même temps aux intérêts des classes dirigeantes, puisqu'elle proclame la nécessité naturelle et la légitimité éternelle de leurs sources de revenus, en les élevant à la hauteur d'un dogme.

(Extraits du Capital, Livre troisième, Septième section, Les revenus et leurs sources, Chapitre XLVIII, La formule trinitaire, Éditions sociales, Paris, 1960)

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